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Prénoms et mentions au bac, édition 2015

bac2015mentionprenoms
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J’ai récupéré les prénoms des quelques 350 000 candidats qui ont obtenu 8 ou plus au bac général et technologique de 2015. Pas pour le plaisir, mais parce que l’étude des prénoms fait partie de mes centres d’intérêt professionnel (je suis l’auteur de Sociologie des prénoms, un petit ouvrage publié par les éditions La Découverte).
Le graphique ci-dessus représente, en abscisse la proportion de mention “Très bien”, et en ordonnées le nombre de candidats, le tout par groupe de prénom. 22% des 328 Joséphine ont obtenu la mention “Très bien”, à comparer avec 2,6% des 982 Dylan. Il y a beaucoup de Camille (près de 4000) et relativement peu d’Alban (environ 200) et leur proportion de mention “Très bien” est semblable (environ 11,5%).
Il est possible de lire le graphique plus en détail.
Au centre du graphique, de haut en bas, on peut lire une transposition du palmarès des naissances de 1997 : Thomas, Alexandre, Nicolas, Camille, Maxime, Lea, Manon, Quentin, Marie sont les prénoms les plus appréciés des parents à cette époque. Mais si Nicolas est au 3e rang des naissances, il est au 13e rang en nombre de candidats au bac général et technologique (ci-après G/T). Un bon nombre de Nicolas n’ont pas survécu jusqu’à la terminale G/T : sortie précoce du système scolaire, orientation vers un bac pro. Les filles survivent mieux : les prénoms féminins comme Camille ou Marie gagnent ont un rang plus élevé dans la population des bacheliers.
Plus largement, certains prénoms gagnent de nombreuses places au palmarès des prénoms fréquents à la naissance et au bac : Joséphine est, en 1997, le 277e prénom le plus donné aux bébés, c’est le 199e prénom le plus fréquent chez les bacheliers G/T. Hortense, Astrid, Segolene, Apolline, Philippine, Annabelle, Lucille, Diane, Eugenie, Mailys, Louison, Lauren ou Mariam gagnent chacunes plus de 80 places. De leur côté les prénoms Cynthia, Nabil, Alison, Esteban, Jordan, Wendy perdent 80 places. Ils survivent moins que d’autre aux rigueurs du système scolaire. C’est ainsi que la population des bacheliers G/T ne ressemble pas à la population des bébés de 1997.
Ainsi, celles et ceux qui survivent le mieux : Joséphine, Apolline, Capucine, Gabrielle, Clotilde, Alix, Adèle, Constance… sont celles et ceux qui obtiennent fréquemment une mention “Très bien”. De l’autre côté, ceux qui ont presque totalement été éliminés (sur les 969 Brandon nés en 1997, nous n’en trouvons plus que 112, c’est à dire 11%, au bac G/T) sont aussi ceux qui obtiennent moins souvent cette mention distinctive.
Prendre comme variable la mention “Très bien” intensifie a priori les écarts entre groupes de prénoms (indicateurs imparfaits de l’origine sociale), et il serait possible de signaler a contrario que 80% des Adèle n’obtiennent pas cette mention. Mais prendre une autre variable (le taux de survie) conduirait à la mise en évidence d’écarts aussi puissants. Quand on comprend que ces deux variables interagissent, l’on comprend que l’école n’est un lieu heureux que pour une toute petite partie d’entre nous.

 

Pour en savoir plus, vous pouvez examiner les graphiques des années précédentes : 2014,2013, 2012 ou 2011… ou lire Sociologie des prénoms (édition La Découverte) [sur amazon, dans une librairie indépendante].
Par ailleurs un mini-site interactif qui vous permet de consulter les résultats de votre prénom est disponible ici : http://coulmont.com/bac/

Quinze Cartes Blanches — Bilan d’étape

bilancartesblanchesDepuis près de deux ans, j’écris, toutes les six semaines, pour le cahier “Sciences” du journal Le Monde une “Carte blanche”. J’y ai pris la succession de Pierre Mercklé. 3500 caractères sur un thème sociologique. Le temps est venu d’un mini-bilan.
J’ai écrit 15 textes en deux ans. Ces textes portent sur des articles publiés récemment, ou une question liée à l’actualité. J’y expose le travail d’un sociologue ou de son équipe. J’ai cherché à diversifier les thèmes et les méthodes. Une petite moitié des “Cartes blanches” exposent des travaux reposant sur des méthodes dites “qualitatives” (entretiens, observations), le reste sur des méthodes “quantitatives”. Le thème le plus fréquent est lié à la description du travail sociologique, suivi des questions de famille et de sexualité.
J’y ai cité le nom de 49 sociologues et assimilés (on y trouve quelques économistes, par exemple). Les sociologues les plus fréquemment cités sont Emile Durkheim (à deux reprises), Max Weber (à deux reprises) et Etienne Ollion (à deux reprises). 19 de ces sociologues sont étatsuniens (au sens où ils travaillent dans une université nord-américaine). 29 sont français (même principe de classication). Et Weber est allemand. Je suis limité ici par mes connaissances linguistiques: il n’y a qu’en français et en anglais que je suis capable de bien lire. Mon allemand est rustique, et mon roumain presque oublié.
12 femmes ont été citées, et 37 hommes l’ont été, ce qui est loin de respecter la parité (dès qu’on l’oublie, elle disparait). Mais ces 12 femmes sont souvent les auteures centrales de la chronique, celles dont les travaux sont exposés (alors que de nombreux hommes, Tarde, Weber, Sorokin, Krugman… ne sont cités qu’en appui au texte).
Si les “Cartes Blanches” reprennent à la rentrée, il va falloir que je diversifie un peu plus mes connaissances et mes centres d’intérêt.

Jacobus, by any other name would smell as sweet

carlosmarxKarl Marx, né Carl Marx, est aussi connu en espagnol sous le nom de Carlos Marx : il est « conocido también en castellano como Carlos Marx » nous dit wikipedia. Il faut dire que ce celui qui est William ici, devient, au delà des Pyrénées, Guillermo, duque de Cambridge (fils de Carlos, époux de Catalina, père de Jorge et de Carlota).
En France, nous avons cessé de traduire ainsi les noms au début du XIXe siècle. L’on parlait bien de Godefroy Guillaume de Leibnitz (né à Leipsick) et encore d’Emmanuel Kant… mais on disserte rarement d'”Edmond” Husserl, sauf sous la plume d’Emmanuel Levinas, lui-même né Emanuelis / Эммануэль). Maria Antonia est bien devenue Marie Antoinette et Maria Ludovica Marie Louise… mais après, en gros, ça s’arrête.
Revenons à Carl/Karl : Dans la première section du 3e chapitre du livre 1 de Das Kapital (1867), l’on peut lire : [de] Ich weiß nichts vom Menschen, wenn ich weiß, daß ein Mensch Jacobus heißt.
Ce qui a été traduit, diversement, dans diverses langues. [fr] Je ne sais rien d’un homme quand je sais qu’il s’appelle Jacques. — [en] I know nothing of a man, by knowing that his name is Jacob. — [es] Nada sé de un hombre si sé que se llama Jacobo. — [ro] Eu nu ştiu nimic despre un om dacă ştiu numai că se numeşte Iacob. — [it] Se so che un uomo si chiama Jacopo, non so nulla sull’uomo. — [pt] Não sei nada de um homem quando sei apenas que ele se chama Jacó.
Le Jacobus latin germanique, qui n’est pas tout à fait Jakob, a été le plus souvent nationalisé : Jacques en français, Jacob, Iacob, Jacó… Cela a même pu inciter certains à décrire ce “Jacob” ainsi : « we know that that man, Jacob, to whom Marx referred is, most probably, an ex-Jew » Après tout, pourquoi pas ? Mon interprétation est différente : Jacobus est un nom de baptême latin (probablement catholique) ce qui était fréquent dans l’espace germanique. Ainsi Mozart fut-il déclaré-baptisé sous les prénoms de “Joannes Chrysost[omus] Wolfgangus Theophilus“. Mais ce nom de baptême n’est qu’un nom de papier, il n’est pas utilisé dans la vie courante : il n’y a pas de Jacobus pour les proches. Il y a peut-être une ironie à voir que l’exemple marxien, basé sur l’universalité du latin, est de suite traduit sous une forme nationale.

Modes bourgeoises

Chaque année, Le Figaro publie un palmarès des prénoms les plus fréquents dans les faire-parts de naissance du “Carnet du jour”. Formidable observatoire des convenances de la bourgeoisie parisienne et de la noblesse française.
Le Carnet des prénoms 2015 vient d’être publié. “Comment choisir le bon prénom ?”, et surtout “des prénoms chics, raffinés et charmants !” se demandent les rédacteurs de ce palmarès. Un palmarès, en effet, ce n’est pas qu’une compilation des actes passés, c’est parfois un guide pour les pratiques du futur.

Et l’on découvre l’appétence de certains et certaines pour Constance, Joséphine, Arthur ou Oscar.

carnet-prenoms-2015

L’on remarquera que, en 2015, alors que plus d’un tiers des filles, en France, naissent avec un prénom qui se termine en -A (Sarah, Léa, Nina…) ce n’est pas un goût bourgeois, qui préfère qu’un prénom féminin se termine avec les sons -S, -N, -D, -R, -Z, -X, -T, ou -L… ou -I, à la rigueur.

Le Carnet propose même, cette année, un retour en arrière de 20 ans et 10 ans, ce qui permet de repérer du changement dans la permanence :
carnet-1994-2004

Cela dit, si vous avez une particule (voire deux), ne choisissez pas dans cette liste. Choisissez « Amicie », qui est ce qu’Emma est aux hoi polloi.

amicie

 

Pour en savoir plus : Sociologie des prénoms (La Découverte, 2014)

Miracles à l’affiche

Dans le cahier “Culture et Idées” du Monde (daté du 20 juin 2015) se trouve un article, “Miracles à l’affiche“, qui reprend certaines des conclusions de mes travaux sur les églises noires de la banlieue parisienne :

201506-miraclesaffiches

Si vous souhaitez en savoir plus, vous pouvez consulter :

Et plus largement, je recommande Une ethnographie des pentecôtismes africains en France de Damien Mottier, qui me semble être à la fois la meilleure introduction et l’ouvrage le plus fouillé sur ce monde protestant issu des diasporas africaines.

Les âges et les saisons des tentatives de suicide

On connaît assez bien la saisonnalité des suicides : leur maximum est au printemps, et leur minimum en décembre-janvier. On sait aussi que le taux de suicide augmente avec l’âge (même s’il a tendance à s’égaliser). Qu’en est-il des tentatives de suicide.
Un travail très intéressant a été réalisé par l’INVS (Christine Chan Chee et Delphine Jezewski-Serra (dir). Hospitalisations et recours aux urgences pour tentative de suicide en France métropolitaine à partir du PMSI-MCO 2004-2011 et d’Oscour® 2007-2011.) dans lequel on trouve des informations sur les hospitalisations suite à des tentatives de suicide.
Il ne s’agit donc pas d’informations sur les quelques 200 000 tentatives de suicide réalisées en France chaque année, ni même d’informations sur les tentatives connues par des médecins, ni même de celles qui parviennent aux urgences, mais d’environ 40% de ces tentatives, celles qui ont donné lieu à des hospitalisations.

Le graphique suivant représente l’écart mensuel à la moyenne. Certains mois comptent plus de tentatives qu’attendu, et d’autres moins. S’il y a environ 7000 hospitalisations par mois, certains mois sont à 8000, d’autres à 6000.
L’interprétation des variations est compliquée. Comment comprendre la diminution en août ? Dans une perspective durkheimienne classique il s’agirait des conséquences du repos social : la société est moins “effervescente” en août : «il se produit durant la belle saison un véritable exode des principaux agents de la vie publique, qui, par suite, manifeste une légère tendance au ralentissement» (p.106).
saisonnalite-tentatives-suicides
Saisonnalité des tentatives de suicide [voir note méthodologique plus bas]

Ce ralentissement pourrait se percevoir aussi en décembre et avril, au moment des congés scolaires. Mais ne peut-on pas, dans une autre perspective, voir dans cette saisonnalité le reflet de l’activité hospitalière ? La baisse des hospitalisations en août peut-elle être liée à un nombre moins élevé de lits disponibles en raison des congés? Comment, dans ce cas, expliquer le grand nombre de tentatives en juin? Les examens ? Il faudrait pouvoir disposer d’indications quantifiées sur la saisonnalité de l’ensemble des tentatives de suicide (mais elles échappent en partie à tout enregistrement).

Le deuxième graphique met formidablement bien en lumière les différences entre hommes et femmes. Les tentatives de suicides sont surtout des tentatives féminines, quel que soit l’âge (il n’y a égalité que vers 30 ans, et après 80 ans).
Il met aussi en évidence la fréquence importante des hospitalisations des jeunes femmes, entre 15 et 19 ans. Est-ce parce que leur mal-être est plus médicalisé que celui des jeunes hommes ? Est-ce alors un effet du diagnostic médical aux urgences ? Est-ce parce qu’elles font réellement plus de tentatives de suicide (les jeunes hommes pouvant faire des accidents de scooter, de mobylette, de voiture…)? Peut-on y voir le caractère morbidifère du lycée, de ses rythmes, de ses examens, de ses classements, pour une population — les jeunes femmes — plus scolaires que les jeunes hommes ?
age-tentatives-suicides
Taux d’hospitalisation pour tentative de suicide, pour 10 000 habitants.

Disposer des données individuelles, avec l’âge, le sexe et la date de l’hospitalisation, permettrait d’en savoir plus. La saisonnalité des tentatives des jeunes femmes diffère-t-elle de celles des femmes plus âgées, et de celles des hommes ? Est-elle liée aux rythmes scolaires (dates du bac, date des congés)?

 
Pour une mise en contexte plus large sur ce thème, vous pouvez consulter : Sociologie du Suicide (pdf).
 

Note méthodologique : C. Chan Chee de l’INVS, avec qui j’ai eu un échange par mail, m’indique ceci concernant la saisonnalité des hospitalisations : «pour des raisons de confidentialité, nous n’avons accès qu’aux mois et année de sortie ainsi qu’à la durée de séjour. La date de sortie a donc été estimée au 15 du mois, et la durée de séjour a été soustraite, pour obtenir une date approximative d’entrée. A priori, je pense que le biais n’est pas trop grand car la durée de séjour est moins d’une semaine pour 90 % des patients.»

L’anomie contre-attaque

Vous parcourez peut-être ces lignes parce que vous venez de lire le billet publié dans Le Monde, à la une du cahier « Science & Médecine » du mercredi 29 avril 2015, et que vous avez voulu en savoir un peu plus ?

  1. L’article que j’évoque dans ma “carte blanche” est Bringing Anomie Back In: Exceptional Events and Excess Suicide de Mark Anthony Hoffman, Peter S. Bearman, publié dans la revue Sociological Science
  2. Cette revue a une politique intéressante : les articles qui lui sont soumis sont soit acceptés tels quels, soit refusés. Il n’y a pas de «revise and resubmit» (remarquons toutefois qu’il y a des formes de «conditional acceptance».
  3. Sur les débats Durkheim/Tarde, il existe une immense littérature. Les Lois de l’imitation de Tarde sont disponibles sur Gallica. Idem pour le texte du Suicide de Durkheim qui consacre un chapitre à l’étude de l’imitation. On trouvera une réponse de Tarde aux arguments de Durkheim dans Borlandi (Massimo), Cherkaoui (Mohamed) (dirs.). Le suicide, un siècle après Durkheim. Paris, Presses Universitaires de France, 2000. Réponse qui était restée à l’état de manuscrit. Ce texte «Contre Durkheim à propos de son Suicide» est disponible sur le site des Classiques des sciences sociales.
  4. Quelques morceaux d’un cours que je donne à Paris 8 sur Le Suicide de Durkheim

Les particules électorales

Les fichiers nominatifs des candidatures aux élections locales, en France, permettent de repérer des candidates et des candidats portant des “noms à particule”, que j’appelle des “nobles” (même si, je sais…).
J’avais exploré, il y a quelques années, les noms des candidates à la députation. Est-ce que le gradient politique repéré alors (plus de nobles à droite qu’à gauche) est aussi visible lors des départementales ?

Le tableau suivant synthétise les données. Je n’ai enlevé que les “Autres Extrême Droite” qui n’étaient pas nombreux. Là encore, “Monsieur de Puypeu” et “Madame de Horan” sont plus présents à droite qu’à gauche. Le MoDem, présidé par un admirateur d’Henri IV, le FN, qui possède une branche royaliste maurassienne et “Debout la France” (qui n’est pas le groupuscule présidé par Philippe de Villiers, mais qui est un autre groupe à la droite de la droite présidé par Nicolas Dupont-Aignan). Mes nobles de gauche sont, assez souvent, des De Almeida ou des De Souza dont je n’ai pas trouvé la trace dans le Bottin Mondain.

Départementales 2015 Nb Manants NB Particule % Nobles
PartiGauche 176 0 0
Régionalistes 185 0 0
DVG 1736 3 0,17
FrontGauche 1029 5 0,48
SOC 2423 13 0,53
RadicalGauche 172 1 0,58
PCF 1502 9 0,6
DIV 465 4 0,85
EELV 1064 11 1,02
ExtremeGauche 81 1 1,22
UDI 790 12 1,5
DVD 2174 37 1,67
UMP 1821 32 1,73
DeboutLaFrance 283 6 2,08
FN 3727 96 2,51
MoDEM 224 6 2,61
Ecologistes(Autres) 68 2 2,86

Le gradient politique est maintenu.
Si l’on examine maintenant les 933 000 candidatures aux élections municipales de 2014, nous voilà confrontés à un petit problème. Nombreuses, très nombreuses sont les listes sans affiliation politique. Impossible de produire aussi rapidement la même analyse.
Mais il est possible de repérer l’inégale répartition, sur le territoire métropolitain, des descendants du Second Ordre. Il y a une géographie locale de la noblesse et il est aussi possible de repérer que le Diocèse de Paris compte un bon nombre de prêtres à particule. De la même manière, Paris attire la noblesse. 2,7% des candidats, à Paris, portent une particule, et ce n’est le cas que de 0,3% des candidats du Bas Rhin (j’avoue ne pas avoir considéré les von Kälkechoz comme des nobles). À Versailles même, les candidats à particule représentent plus de 11% de l’ensemble des candidats aux municipales.
noblescandidats-municipales-carte

Voici le TOP 14 des communes de plus de 50 000 habitants ayant la proportion la plus importante de candidats à particule :

Versailles 11,6
Paris 7eme secteur 11,1
Neuilly-sur-Seine 5,6
Paris 16eme secteur 4,8
Paris 5eme secteur 4,5
Paris 15eme secteur 3,9
Vannes 3,8
Colombes 3,3
Asnières-sur-Seine 3,2
Annecy 3,1
Sartrouville 3,0
Saint-Maur-des-Fossés 2,6
Nantes 2,6
Boulogne-Billancourt 2,5

Il serait sans doute plus utile de travailler à partir de la liste des quelques 3000 noms de famille que l’on trouve dans les annuaires de la “véritable” noblesse, et de distinguer ainsi, parmi les particules, les prétendues et les autres.

Municipales 2014 NbManants NbNobles %Nobles
Communistes 4657 21 0,449
PartiGauche 1817 9 0,493
ExtremeGauche 12743 66 0,515
DiversGauche 107871 634 0,584
PartiSocialiste 29122 182 0,621
FrontGauche 13648 91 0,662
MoDem 2829 19 0,667
UnionGauche 30156 212 0,698
UDI 13308 109 0,812
SansEtiq 403005 3339 0,822
Divers 85958 717 0,827
Verts 5288 46 0,862
DiversDroite 147551 1465 0,983
UMP 22784 262 1,137
UnionCentre 2346 31 1,304
FrontNational 19906 285 1,412
UnionDroite 20839 304 1,438
ExtremeDroite 760 15 1,935

Un dernier graphique : dans les communes où l’on trouve peu de nobles sur les listes de candidats tout comme dans les communes dans lesquelles on trouve beaucoup de nobles sur les listes, le gradient politique est maintenu. Les partis situés à gauche rechignent à la particule.
nobles-listes-municipales

Si l’on s’intéresse aux professions des élus, on retrouvera un gradient social. 4% des élus municipaux qui sont “magistrats” sont nobles. Ce n’est le cas que de 0,2% des élus qui sont “agents subalternes des entreprises publiques”.

Professions % Nobles
Magistrat 4,07
Propriétaire 3,48
Conseiller juridique 3,28
Administrateur de sociétés 3,06
Avocat 2,95
Grands corps de l’état 2,77
Notaire 2,11
Homme de lettres et Artiste 1,90
Agent d’assurances 1,81
Journaliste et autre média 1,76
Marin (patron) 1,72
Agent immobilier 1,69
Industriel-Chef entreprise 1,68
Cadre supérieur (secteur privé) 1,63
Vétérinaire 1,58
Ingénieur conseil 1,44
…[coupure]… …///…
Salarié agricole 0,50
Employé (autres entrep. publiques) 0,50
Retraité de l’enseignement 0,49
Ouvrier (secteur privé) 0,48
Fonctionnaire de catégorie C 0,45
Retraité des entreprises publiques 0,42
Agent subalterne (entr.publiques) 0,20
Source : Fichier des élus municipaux. Calculs B. Coulmont
Licence ODbL © IdeesLibres.org 04/2014, Ministère de l’Intérieur 03/2014
Est « Noble » tout porteur de nom à particule

D’autres documents s’avèrent intéressants : par exemple la liste des parrainages aux présidentielles. Les particules, là encore, sont inégalement réparties entre les candidats. 13% des parrains de Christine Boutin — située à la droite de la droite catholique — portent une particule. Ce n’est le cas que de 0,2% des parrains de Robert Hue, qui se présentait sous l’étiquette du Parti Communiste.

Candidat %Nobles
Christine Boutin 13,2
Philippe de Villiers 6,7
Jean-Marie Le Pen 5,1
Edouard Balladur 4,2
Alain Madelin 2,8
Nicolas Sarkozy 2,4
Jacques Chirac 1,9
Jacques Cheminade 1,8
François Bayrou 1,7
Frédéric Nihous 1,6
Jean Saint-Josse 1,6
Brunot Mégret 1,4
Lionel Jospin 1,2
Ségolène Royal 1,2
Corinne Lepage 1
Daniel Gluckstein 1
Arlette Laguiller 0,6
José Bové 0,6
Olivier Besancenot 0,5
Christiane Taubira 0,4
Marie-George Buffet 0,4
Dominique Voynet 0,2
Gérard Schivardi 0,2
Noël Mamère 0,2
Robert Hue 0,2
Jean-Pierre Chevènement 0

La France des spécialités agricoles

La France, c’est le pays des fromages, des agneaux, des miels, des vins, du cresson, etc… et depuis longtemps, ces productions font l’objet de protection diverses. Attention à ne pas produire de Camembert à Roquefort, ou de Champagne à Brie.
Deux bases produites par l’INAO (l’Institut national de l’origine et de la qualité), portant sur les aires géographique des AOC-AOP et des IGP, nous donnent un aperçu des France agricoles, si l’on relie ces bases au fichier des communes de l’IGN.
J’ai combiné ces deux fichiers pour cartographier, pour chaque commune de France métropolitaine, le nombre cumulé d’IGP et d’AOC/AOP. Le Nord de Paris est plutôt vide : est-ce parce que le blé et les betteraves n’ont ni AOC ni IGP, ni appellation d’origine, ni indication géographique protégée? Il apparaît en grisé (voir note). Certaines communes sont le lieu de plus d’une dizaine d’AOC/IGP : on y produit vins, fromages, boeufs, cresson, oies, bergamotes, miels, rillettes et saucisses, toutes plus authentiques les unes que les autres.
La France industrielle et minière y apparaît en vert : le charbon du Nord n’a pas d’AOC, l’acier de Lorraine non plus. Et le porc de Bretagne a sans doute tout eclipsé.

france-aoc-igp
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La victoire revient à la petite commune de Chassagne-Montrachet en Côte d’Or, lieu de 73 AOC/AOP et IGP (principalement du vin).

Note : J’ai choisi le grisé, car les bases n’indiquent pas “zéro” IGP dans ces communes. Elles n’apparaissent simplement pas dans les bases de l’INAO. Probablement parce que c’est “zéro”, mais on ne traite pas des “vides” comme des “zéros”, si ?

Il y a 33 ans, jour pour jour, à Paris 8

L’un des événements marquant de l’Université dans laquelle je travaille, Paris 8, est l’anniversaire de la « Lettre du 25 mars ». Des réunions publiques, des colloques, des minutes de silences sont organisés un peu partout pour se souvenir, se recueillir et apprécier.
Nous venons de fêter cette année le 33e anniversaire de la Lettre, en visitant les lieux mentionnés. Rien n’a changé: Paris 8 est toujours fidèle à l’esprit de Vincennes.
Ci-dessous, la Lettre :
1982-toilettes-1

1982-toilettes-2

La Lettre du 25 mars (1982), en PDF