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	<title>Comments on: La démission de Xavier Dunezat</title>
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	<description>Sociologies</description>
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		<title>By: Baptiste Coulmont</title>
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		<dc:creator>Baptiste Coulmont</dc:creator>
		<pubDate>Wed, 24 Oct 2007 16:48:12 +0000</pubDate>
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		<description>Merci à tous pour vos commentaires. J&#039;aimerai conclure en soulignant que si j&#039;avais choisi de diffuser la lettre de Xavier Dunezat sur mon blog, ce n&#039;était pas par aigreur envers l&#039;université ou le CNRS, mais pour poursuivre une conversation qui a lieu, le plus souvent, entre deux portes, sur un mode mineur. 
J&#039;ai fini par trouver dérangeant une partie des commentaires, qui, en s&#039;accumulant, finissait par donner l&#039;image d&#039;une université peuplée de &quot;tous pourris&quot;. Sentiment qui n&#039;est pas dû à un seul commentaire, mais à la succession de textes qui ne vont, finalement, que dans un sens. Les histoires heureuses ne se racontent pas aussi facilement.
(Les commentaires sont désormais fermés.)</description>
		<content:encoded><![CDATA[<p>Merci à tous pour vos commentaires. J&#8217;aimerai conclure en soulignant que si j&#8217;avais choisi de diffuser la lettre de Xavier Dunezat sur mon blog, ce n&#8217;était pas par aigreur envers l&#8217;université ou le CNRS, mais pour poursuivre une conversation qui a lieu, le plus souvent, entre deux portes, sur un mode mineur.<br />
J&#8217;ai fini par trouver dérangeant une partie des commentaires, qui, en s&#8217;accumulant, finissait par donner l&#8217;image d&#8217;une université peuplée de &#8220;tous pourris&#8221;. Sentiment qui n&#8217;est pas dû à un seul commentaire, mais à la succession de textes qui ne vont, finalement, que dans un sens. Les histoires heureuses ne se racontent pas aussi facilement.<br />
(Les commentaires sont désormais fermés.)</p>
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	<item>
		<title>By: mez</title>
		<link>http://coulmont.com/blog/2007/09/30/la-demission-de-xavier-dunezat/comment-page-2/#comment-26569</link>
		<dc:creator>mez</dc:creator>
		<pubDate>Tue, 23 Oct 2007 06:33:38 +0000</pubDate>
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		<description>[Merci de ne pas modifier de texte, publiable uniquement tel quel]

Merci pour ce blog.

Comme M. Dunezat, je suis enseignant du secondaire (agrégé). J&#039;ai occupé divers postes dans l&#039;enseignement supérieur  et la recherche publique (non-univ.), avec un rythme moyen de 4 ans sur la/le même activité/poste, donc pas mal de &quot;démissions&quot;. Ce rythme de changement est considéré depuis 20 ans comme optimal par les gens  chargés de réfléchir à l&#039;avenir de la fonction publique...  Je suis actuellement en disponibilité (&quot;convenances personnelles&quot;) : après avoir participé à la création d&#039;une entreprise (encore en vie), j&#039;exerce aujourd&#039;hui comme consultant indépendant, en profession libérale. C&#039;est très difficile de gagner sa vie. Je suis souvent en concurrence avec des grandes écoles ou universités: labos ou profs exerçant en libéral pour leur argent de poche, affranchis entre autres des délais de paiement. Si je compare avec la carrière &quot;normale&quot; que j&#039;aurais pu faire, j&#039;ai perdu beaucoup  d&#039;argent, disons le prix d&#039;une belle maison. Mais je fais un travail passionnant, j&#039;apprends  des tas de choses, et n&#039;ai aucun problème de conscience. J&#039;ai en outre la chance d&#039;être un observateur un peu atypique, placé à un poste-frontière entre la recherche publique et l&#039;entreprise - sans gilet pare-balles. Je me permets de vous livrer quelques obervations  de ma petite lorgnette. Pour la petite histoire, j&#039;arrive désormais à la fin de ma dispo et vais demander ma réintégration, mais je ne compte pas candidater dans le supérieur.
 
- Il y a quelques temps, j&#039;ai fait des vacations à l&#039;université,  pensant que l&#039;on avait besoin de gens ayant à la fois une formation universitaire solide, une expérience forte d&#039;application et une connaissance de l&#039;économie et de l&#039;entreprise. J&#039;ai monté des tp/tds nouveaux pour un salaire horaire inférieur à celui d&#039;un employé de maison, payé avec un délai de plusieurs mois. J&#039;ai dû arrêter en fin d&#039;année pour éviter de me &quot;suicider&quot; économiquement. Dans le passé,  j&#039;ai été enseignant en classe prépa. Je constate que l&#039;état français paye environ 10 fois plus (coût employeur) pour servir en &quot;colle&quot; des exercices éculés à trois étudiants  que pour monter des tp/tds innovants (stat./économétrie) pour une promotion de master!

- Les entreprises qui veulent bénéficier d&#039;un crédit d&#039;impôt-recherche  pour une recherche &quot;en interne&quot; doivent prouver à l&#039;administration fiscale qu&#039;elles ont fait un réel travail de recherche et qu&#039;il ne s&#039;agit pas d&#039;une fraude fiscale. Soit. L&#039;administration  ne demande pas la même chose  aux organismes publics, mais je ne vois pas bien selon cette logique comment on peut continuer à rémunérer un chercheur qui n&#039;a rien publié depuis plusieurs années(?)

- J&#039;ai été convié à un traditionnel &quot;dîner de cons&quot; de recrutement sur un poste PAST très obscur, comme semble-t-il la plupart des postes de ce type. Les PAST semblent en pratique dispensés de travail recherche(?), et ne sont donc que des enseignants comme les PRAG (agrégés du secondaire) avec en gros &quot;1 Past = 0.40 Prag&quot;. Il m&#039;aurait cependant fallu en cas de succès démissionner de mon statut d&#039;agrégé pour &quot;re-rentrer&quot; à l&#039;université après des journées de démarches administratives, avec un salaire moindre et un statut de CDD assez exotique. Passons. Le jury s&#039;est largement moqué de moi: &quot;votre entreprise, elle sera encore en vie dans 3 ans?&quot; (rires). Il est inquiétant de voir que des universitaires peuvent être ainsi coupés de la réalité économique, et faire preuve d&#039;une outrecuidance et d&#039;une autosatisfaction aussi pathétiques. J&#039;invite tous ceux d&#039;entre eux qui pensent pouvoir gagner beaucoup dans le privé... à le faire: la  disponibilité est faite  pour cela! Écrire une lettre de motivation et passer des  entretiens est aussi un exercice très salutaire auquel les professeurs devraient  s&#039;exercer de temps en temps. 

Il n&#039;y a rien de terrible dans le &quot;localisme&quot; s&#039;il est assumé, équitable et limité - facile à vérifier &quot;ex-post&quot; sans monter de nouvelles usines à gaz. Il est en revanche très douteux que des gens soient payés pendant des jours  comme  &quot;jury&quot; d&#039;une pseudo-compétition truquée, sans avoir conscience que c&#039;est au détriment  du contribuable et de candidats souvent démunis, victimes d&#039;une véritable humiliation. 

Sur ce blog ou ailleurs, l&#039;ampleur des dicussions sur certains thèmes (comme le &quot;localisme&quot;) est à mon avis décalée par rapport à l&#039;état de notre système de recherche-innovation et d&#039;enseignement supérieur. Taux de chômage de docteurs inédit dans le monde, paupérisation des étudiants, auto-reproduction des élites, désindustrialisation dans les secteurs de pointe, pénurie de brevets, tarissement et sur-masculinisation des vocations scientifiques ou techniques, etc.  En outre, une partie des structures de recherche publique disparaitra nécessairement dans les années à venir, ne serait-ce que comme conséquence d&#039;engagements pris depuis des années (ouverture/régulation de certains marchés, montée de structures internationales): il est donc urgent de remettre à plat pas mal de choses.  On a un gros paquebot qui prend l&#039;eau depuis des lustres, qui n&#039;est plus manoeuvrant et est à désamianter complètement; ce n&#039;est plus le moment de nettoyer le pont ou de lustrer les cuivres.  J&#039;invite ceux qui consacrent du temps et de l&#039;énergie sur ce  thème à ne pas rester aussi centrés sur l&#039;université, et à ne pas être autant  &quot;franco-français&quot;. Pensez recherche et formation dans un cadre plus global!</description>
		<content:encoded><![CDATA[<p>[Merci de ne pas modifier de texte, publiable uniquement tel quel]</p>
<p>Merci pour ce blog.</p>
<p>Comme M. Dunezat, je suis enseignant du secondaire (agrégé). J&#8217;ai occupé divers postes dans l&#8217;enseignement supérieur  et la recherche publique (non-univ.), avec un rythme moyen de 4 ans sur la/le même activité/poste, donc pas mal de &#8220;démissions&#8221;. Ce rythme de changement est considéré depuis 20 ans comme optimal par les gens  chargés de réfléchir à l&#8217;avenir de la fonction publique&#8230;  Je suis actuellement en disponibilité (&#8220;convenances personnelles&#8221;) : après avoir participé à la création d&#8217;une entreprise (encore en vie), j&#8217;exerce aujourd&#8217;hui comme consultant indépendant, en profession libérale. C&#8217;est très difficile de gagner sa vie. Je suis souvent en concurrence avec des grandes écoles ou universités: labos ou profs exerçant en libéral pour leur argent de poche, affranchis entre autres des délais de paiement. Si je compare avec la carrière &#8220;normale&#8221; que j&#8217;aurais pu faire, j&#8217;ai perdu beaucoup  d&#8217;argent, disons le prix d&#8217;une belle maison. Mais je fais un travail passionnant, j&#8217;apprends  des tas de choses, et n&#8217;ai aucun problème de conscience. J&#8217;ai en outre la chance d&#8217;être un observateur un peu atypique, placé à un poste-frontière entre la recherche publique et l&#8217;entreprise &#8211; sans gilet pare-balles. Je me permets de vous livrer quelques obervations  de ma petite lorgnette. Pour la petite histoire, j&#8217;arrive désormais à la fin de ma dispo et vais demander ma réintégration, mais je ne compte pas candidater dans le supérieur.</p>
<p>- Il y a quelques temps, j&#8217;ai fait des vacations à l&#8217;université,  pensant que l&#8217;on avait besoin de gens ayant à la fois une formation universitaire solide, une expérience forte d&#8217;application et une connaissance de l&#8217;économie et de l&#8217;entreprise. J&#8217;ai monté des tp/tds nouveaux pour un salaire horaire inférieur à celui d&#8217;un employé de maison, payé avec un délai de plusieurs mois. J&#8217;ai dû arrêter en fin d&#8217;année pour éviter de me &#8220;suicider&#8221; économiquement. Dans le passé,  j&#8217;ai été enseignant en classe prépa. Je constate que l&#8217;état français paye environ 10 fois plus (coût employeur) pour servir en &#8220;colle&#8221; des exercices éculés à trois étudiants  que pour monter des tp/tds innovants (stat./économétrie) pour une promotion de master!</p>
<p>- Les entreprises qui veulent bénéficier d&#8217;un crédit d&#8217;impôt-recherche  pour une recherche &#8220;en interne&#8221; doivent prouver à l&#8217;administration fiscale qu&#8217;elles ont fait un réel travail de recherche et qu&#8217;il ne s&#8217;agit pas d&#8217;une fraude fiscale. Soit. L&#8217;administration  ne demande pas la même chose  aux organismes publics, mais je ne vois pas bien selon cette logique comment on peut continuer à rémunérer un chercheur qui n&#8217;a rien publié depuis plusieurs années(?)</p>
<p>- J&#8217;ai été convié à un traditionnel &#8220;dîner de cons&#8221; de recrutement sur un poste PAST très obscur, comme semble-t-il la plupart des postes de ce type. Les PAST semblent en pratique dispensés de travail recherche(?), et ne sont donc que des enseignants comme les PRAG (agrégés du secondaire) avec en gros &#8220;1 Past = 0.40 Prag&#8221;. Il m&#8217;aurait cependant fallu en cas de succès démissionner de mon statut d&#8217;agrégé pour &#8220;re-rentrer&#8221; à l&#8217;université après des journées de démarches administratives, avec un salaire moindre et un statut de CDD assez exotique. Passons. Le jury s&#8217;est largement moqué de moi: &#8220;votre entreprise, elle sera encore en vie dans 3 ans?&#8221; (rires). Il est inquiétant de voir que des universitaires peuvent être ainsi coupés de la réalité économique, et faire preuve d&#8217;une outrecuidance et d&#8217;une autosatisfaction aussi pathétiques. J&#8217;invite tous ceux d&#8217;entre eux qui pensent pouvoir gagner beaucoup dans le privé&#8230; à le faire: la  disponibilité est faite  pour cela! Écrire une lettre de motivation et passer des  entretiens est aussi un exercice très salutaire auquel les professeurs devraient  s&#8217;exercer de temps en temps. </p>
<p>Il n&#8217;y a rien de terrible dans le &#8220;localisme&#8221; s&#8217;il est assumé, équitable et limité &#8211; facile à vérifier &#8220;ex-post&#8221; sans monter de nouvelles usines à gaz. Il est en revanche très douteux que des gens soient payés pendant des jours  comme  &#8220;jury&#8221; d&#8217;une pseudo-compétition truquée, sans avoir conscience que c&#8217;est au détriment  du contribuable et de candidats souvent démunis, victimes d&#8217;une véritable humiliation. </p>
<p>Sur ce blog ou ailleurs, l&#8217;ampleur des dicussions sur certains thèmes (comme le &#8220;localisme&#8221;) est à mon avis décalée par rapport à l&#8217;état de notre système de recherche-innovation et d&#8217;enseignement supérieur. Taux de chômage de docteurs inédit dans le monde, paupérisation des étudiants, auto-reproduction des élites, désindustrialisation dans les secteurs de pointe, pénurie de brevets, tarissement et sur-masculinisation des vocations scientifiques ou techniques, etc.  En outre, une partie des structures de recherche publique disparaitra nécessairement dans les années à venir, ne serait-ce que comme conséquence d&#8217;engagements pris depuis des années (ouverture/régulation de certains marchés, montée de structures internationales): il est donc urgent de remettre à plat pas mal de choses.  On a un gros paquebot qui prend l&#8217;eau depuis des lustres, qui n&#8217;est plus manoeuvrant et est à désamianter complètement; ce n&#8217;est plus le moment de nettoyer le pont ou de lustrer les cuivres.  J&#8217;invite ceux qui consacrent du temps et de l&#8217;énergie sur ce  thème à ne pas rester aussi centrés sur l&#8217;université, et à ne pas être autant  &#8220;franco-français&#8221;. Pensez recherche et formation dans un cadre plus global!</p>
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	<item>
		<title>By: piste?</title>
		<link>http://coulmont.com/blog/2007/09/30/la-demission-de-xavier-dunezat/comment-page-2/#comment-26422</link>
		<dc:creator>piste?</dc:creator>
		<pubDate>Sun, 21 Oct 2007 15:00:56 +0000</pubDate>
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		<description>Ex-doctorante: 
est-il possible que vous ayez porté sur vos épaules un &quot;conflit d&#039;écoles&quot; venant l&#039;incarner en votre personne devant votre directeur? 
En provenant d&#039;une filière non habituelle, voire habituellement soumise, vous boulversiez peut-être la donne des rapports ancestraux entre les deux filières, remettant en cause la domination et/ou le mépris de la 1ère sur la 2nde? Peut-être même votre directeur voyait-il resurgir en vous les professeurs de votre ex-matière avec qui il était lui-même pris dans un rapport &quot;conflictuel&quot;? Ma question est donc la suivante: ne pensez-vous pas, comme on peut en faire l&#039;hypothèse à lire votre premier post, que les enjeux de pouvoir entre la matière dont vous proveniez et la matière dans laquelle vous arriviez peuvent expliquer la violence du rejet de votre directeur?
Malheureusement votre &quot;effroyable honnêteté&quot; ne pouvait pas beaucoup vous prémunir contre de tels enjeux de pouvoir dépassant de beaucoup votre personne... Sans doute, cette spontanéité et cette insoumission ont aggravé votre cas dans l&#039;esprit d&#039;un directeur déjà fort mal disposé et vraisemblablement peu scrupuleux par ailleurs.
Avez-vous pensé à chercher des directeurs/école doctorale qui pourraient être mieux disposés à votre égard et accueillir votre travail pour ce qu&#039;il est? ...loin de votre ex-directeur, éventuellement dans une autre université. Dans ce type de cas, il est peut-être possible de s&#039;inscrire pour un an? C&#039;est sans doute très difficile pour vous... mais cela vaudrait peut-être vraiment le coup. Avez-vous parlé de cela avec les professeurs avec qui vous avez fait une pré-soutenance?</description>
		<content:encoded><![CDATA[<p>Ex-doctorante:<br />
est-il possible que vous ayez porté sur vos épaules un &#8220;conflit d&#8217;écoles&#8221; venant l&#8217;incarner en votre personne devant votre directeur?<br />
En provenant d&#8217;une filière non habituelle, voire habituellement soumise, vous boulversiez peut-être la donne des rapports ancestraux entre les deux filières, remettant en cause la domination et/ou le mépris de la 1ère sur la 2nde? Peut-être même votre directeur voyait-il resurgir en vous les professeurs de votre ex-matière avec qui il était lui-même pris dans un rapport &#8220;conflictuel&#8221;? Ma question est donc la suivante: ne pensez-vous pas, comme on peut en faire l&#8217;hypothèse à lire votre premier post, que les enjeux de pouvoir entre la matière dont vous proveniez et la matière dans laquelle vous arriviez peuvent expliquer la violence du rejet de votre directeur?<br />
Malheureusement votre &#8220;effroyable honnêteté&#8221; ne pouvait pas beaucoup vous prémunir contre de tels enjeux de pouvoir dépassant de beaucoup votre personne&#8230; Sans doute, cette spontanéité et cette insoumission ont aggravé votre cas dans l&#8217;esprit d&#8217;un directeur déjà fort mal disposé et vraisemblablement peu scrupuleux par ailleurs.<br />
Avez-vous pensé à chercher des directeurs/école doctorale qui pourraient être mieux disposés à votre égard et accueillir votre travail pour ce qu&#8217;il est? &#8230;loin de votre ex-directeur, éventuellement dans une autre université. Dans ce type de cas, il est peut-être possible de s&#8217;inscrire pour un an? C&#8217;est sans doute très difficile pour vous&#8230; mais cela vaudrait peut-être vraiment le coup. Avez-vous parlé de cela avec les professeurs avec qui vous avez fait une pré-soutenance?</p>
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	</item>
	<item>
		<title>By: Damien - Chercheur au Royaume-Uni</title>
		<link>http://coulmont.com/blog/2007/09/30/la-demission-de-xavier-dunezat/comment-page-2/#comment-26421</link>
		<dc:creator>Damien - Chercheur au Royaume-Uni</dc:creator>
		<pubDate>Sun, 21 Oct 2007 14:59:29 +0000</pubDate>
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		<description>Je commencerai aussi par poser des préalables:
1) Les prises de position politiques partisanes desservent largement le propos de M. Dunézat. Cela est regrettable. Loin d&#039;être une analyse ou déconstruction sociologique argumentée, une doxologie mass-médiatique hors sujet nous est servie, que je préfère ignorer. 
2) Les jugements idéologiques proférés à l&#039;encontre du monde de l&#039;entreprise sont tendancieux. Je doute que M. Dunézat connaisse suffisamment ce dont il parle sur ce sujet. Cela est symptomatique d&#039;un des échecs majeur de l&#039;université française (et plus largement du monde intellectuel) qui se complait dans un dénigrement stérile de l&#039;entreprise plutôt que d&#039;interagir efficacement avec elle et de tenter de la penser.
3) Malgré la noirceur de ce qui va suivre, je souhaite affirmer qu&#039;il existe des laboratoires universitaires d&#039;excellente qualités qui fonctionnent efficacement et sainement sous l&#039;impulsion d&#039;individualités responsables, combinant compétences et qualités humaines. Cependant, je ne pense pas que cela soit la règle générale.
 
Ces préalables étant posés, la lettre de M. Dunézat est un document rare et donc précieux. Elle constitue une première brisure de l&#039;omertà sur la « médiocratie universitaire républicaine ».  Quelques papiers parus ces années passées dans les pages Débats du Monde avaient déjà initiés le processus. M. Dunézat ayant passé peu de temps au cœur de l&#039;institution, beaucoup de turpitudes lui ont sans doute échappé. Le corps de l&#039;enseignement supérieur étant exceptionnellement fermé, Il serait souhaitable qu&#039;un espace de débat existe afin que ses personnels qui le souhaitent puissent parler et que ses dysfonctionnements propres apparaissent en toute clarté.
J&#039;appartiens au monde des sciences dites « dures ». J&#039;ai été thésard/moniteur, puis ATER dans une université de province de taille moyenne. Empli d&#039;un dégout profond pour l&#039;institution universitaire française après les cinq années passées en son sein, je suis parti travailler comme chercheur dans une université américaine. A présent je suis chercheur dans un laboratoire national britannique.
Mon expérience et mes observations sur le système français rejoignent largement les descriptions faites par M. Dunézat. 

Le mépris
Je confirme M. Dunézat dans ses propos et le mépris est une des premières choses que l&#039;université m&#039;a apprise. 
Comme dans tout corps fermé, rigide, et formellement hiérarchisé le mépris est un élément fonctionnel du corps et participe des relations entre les différents statuts. Dans une structure professionnelle complexe, un département des ressources humaines (le terme est horrible j&#039;en conviens) a pour but de fluidifier ces interactions. A l&#039;université un tel département n&#039;existe pas.
Le mépris commence par celui de l&#039;étudiant (surtout de feu DEUG). Il n&#039;est vu que comme de la chair à enseigner, mais une statistique attentivement surveillée tout de même car liée aux octrois de postes. Évidemment l&#039;université ne s&#039;est jamais adaptée à l&#039;objectif politique de 80% d&#039;une classe d&#039;âge obtenant le BAC, et les deux premières années universitaires ne sont rien d&#039;autre qu&#039;une sélection dont on ne veut pas dire le nom pour des raisons idéologiques. Prompt à qualifier cette chair à enseignement de nulle et incapable, le corps enseignant faute en se réfugiant dans une infaillibilité pédagogique.  Systématiquement on attribue l&#039;échec de la  transmission de savoir à l&#039;étudiant. Qu&#039;en ait-il de la responsabilité de l&#039;enseignant ? Personnellement j&#039;ai suivi de nombreux enseignements ou un automate exhumait de sa sacoche des feuilles jaunies par le temps et ânonnait machinalement une mélopée soporifique sans intention de faire un travail de qualité. J&#039;ai aussi eu des enseignants exceptionnels, de ceux qui initient  aux jouissances intellectuelles, mais faisant un bilan général, la pédagogie universitaire était loin d&#039;être à la hauteur de ce que l&#039;on doit en attendre.  Les enseignants doivent se remettre en cause aussi, ils doivent accepter l&#039;évaluation. 
Le doctorant quant à lui est plutôt le combustible d&#039;avancement des carrières. Pour le statutaire, ce n&#039;est surtout pas un collègue. J&#039;ai le souvenir d&#039;un président de département proférant devant les doctorants rassemblés qu&#039;il ne considérait pas les doctorants comme des collègues, pour ensuite expliquer qu&#039;ils n&#039;étaient que des « chienchiens courant après un su-sucre » je cite exactement). Le doctorant corvéable a merci, sera l&#039;occasion d&#039;obtenir primes d&#039;encadrement, sa productivité en la matière sera même augmentée par le truchement des co-encadrements (étonnamment plus on a de co-encadrants moins on est encadré, et l&#039;encadrement est de toute manière très souvent ectoplasmique). Si le doctorant publie des articles, alors nombreux sont ceux qui exigent d&#039;être co-auteur, bien qu&#039;aucun travail substantiel n&#039;est été produit pour la publication à venir. Il est encore plus simple de voler son travail et de le publier à son insu. Le doctorant est généralement tenu malléable par les promesses de poste s&#039;il se comporte comme on le souhaite. Faussement on lui inculque que quoiqu&#039;il puisse lui arriver de positif, il devra en être éternellement reconnaissant envers son encadrement.
L&#039;ATER lui se situe dans les limbes. J&#039;avoue avoir ri (jaune) aux larmes quand le mouvement « Sauvons la recherche » soudain instrumentalisa la précarité des doctorants et ATER pour un intérêt politique de circonstance, alors qu&#039;un mutisme assourdissant et une pusillanime acceptation fut toujours la règle de l&#039;institution.
Ensuite, la place manque, mais le mépris se décline sous toutes les formes entre divers type de personnel, entre différentes disciplines, entre les différentes équipes d&#039;un même laboratoire, entre les différents groupes d&#039;une équipe, entre les membres d&#039;un même groupe. Ce mépris généralisé nuit à un fécond travail d&#039;échange et en équipe, et est particulièrement délétère et contre-productif. Amis sociologues pourquoi ne pas entreprendre un travail mettant a jour ces mécaniques. Auriez-vous peurs d&#039;être à la fois sujet et objet?

Recrutement
En accord avec M. Dunézat, c&#039;est une vaste fumisterie. Pourtant c&#039;est un enjeu d&#039;importance et conditionne l&#039;avenir de l&#039;institution. Hélas, comme tout corps clos, la tendance est à la reproduction à l&#039;identique et rend pessimiste sur les chances d&#039;une possible évolution venant de l&#039;intérieur du système. Opacité, hyper-profilage, arrangements de circonstance, localisme effréné, combinatoire carriériste. Élément essentiel de l&#039;égalité des chances républicaine, comme je l&#039;ai écrit plus haut, la méritocratie a été dévoyée en médiocratie. Le localisme est une exception française et une catastrophe pour le brassage et la circulation des idées. 
La promptitude à blâmer le système est aisée. Quid de la responsabilité individuelle ? Au sein des commissions, si à un moment donné, un membre délibérément fait le choix d&#039;un candidat qu&#039;il sait pertinemment être moins méritant qu&#039;un autre pour le poste proposé n&#039;y a t-il pas là engagement de sa responsabilité ? Vous me direz tout être humain a sa part de médiocrité particulièrement quand des intérêts personnels sont en compétition avec les intérêts de la chose publique.
En tout cas, au cours de mes cinq années passées dans l&#039;université, je n&#039;ai vu qu&#039;un seul professeur claquer la porte et démissionner de la commission car outré de ses pratiques.
Il y a aussi une certaine méfiance envers les candidats de qualité: ils ont le pouvoir potentiel de mettre a jour, et a mal, la médiocrité ronronnante et les intrigues. Je me souviens des paroles d&#039;un professeur se targuant de pratiquer un cynisme affiché. Du fait de cette posture, il était enclin à faire des diagnostics clairs du système duquel il jouait avec délectation (alors que la politique de l&#039;autruche est plutôt de mise). Quand ce dernier apprit que je démissionnai de mon poste d&#039;ATER pour partir dans une université américaine il me tint ses propos: « je préfère vous prévenir, si vous souhaitez revenir dans une université en France vous aurez très peu de chances. Auréolé de votre expérience américaine, vous serez une menace et ferez peur aux équipes en place. » 

Vie professionnelle au sein d&#039;un laboratoire
Cette fois encore M. Dunézat a vu juste. De toutes mes expériences professionnelles, c&#039;est a l&#039;université que j&#039;ai rencontré les ambiances de travail les plus conflictuelles, les plus malsaines. Dans ce milieu la notion chrétienne d&#039;héritage de la faute a encore cours. (D&#039;ailleurs une comparaison avec les abbayes et leurs intrigues pourrait être pertinente)  D&#039;un professeur, les conflits se répercutent sur les doctorants et perdurent ad vitam aeternam.  Les égos et les gestions de carrières s&#039;affrontent et s&#039;entrechoquent au grand dam du travail d&#039;équipe et de l&#039;efficacité. Les haines sont vivaces, anciennes, souvent puériles, et se reproduisent.  Elles consomment l&#039;essentiel des énergies, qui se dissipent dans l&#039;élaboration des coups tordus qui actualisent ces haines. Le paroxysme est atteint quand de nouvelles attributions de postes sont en jeu. J&#039;ai eu l&#039;occasion d&#039;assister à des épisodes vraiment burlesques de crachats entre enseignants, de courses poursuites à travers le campus avec intention d&#039;en venir aux mains. Encore une fois l&#039;équivalent d&#039;un département des ressources humaines fait cruellement défaut. 
D&#039;autres situations absurdes apparaissent quand, comme l&#039;écrit M. Dunézat, les énergies sont utilisées à minimiser au maximum la charge de travail. Le coté absurde venant du fait que la mise en place de ces stratégies d&#039;évitement d&#039;une tâche nécessite parfois plus d&#039;efforts que de faire la tâche elle même!  L&#039;impunité totale, l&#039;absence de contrôle se traduit par l&#039;absentéisme (personnels venant faire leur service règlementaire et disparaissant le reste du temps), ou bien une inactivité complète sur le lieu de travail. D&#039;une manière générale la conscience professionnelle et l&#039;éthique sont sérieusement a revoir. Cela vaut aussi au niveau scientifique (publications croisées, multi-publication, technique du salami qui consiste à délayer un travail unique dans le plus grand nombre de publications possibles, dossiers gonflés...etc...). 
La vocation ultime des personnels n&#039;est pas une transmission efficiente du savoir, ni l&#039;avancée des connaissances, mais la gestion d&#039;une carrière personnelle et par tout les moyens, même parfois les plus abjects. La profonde perversité du système se trouve dans le fait que l&#039;avancement est totalement découplé des objectifs théoriques affichés de l&#039;institution. Évaluer, contrôler, rendre transparents et redevables les actes à tous les niveaux (recherche, enseignement, recrutement, management, promotions, ...) me parait une tache essentielle d&#039;assainissement. Des monceaux d&#039;argent public sont engloutis, et ne serait ce que pour cette raison, l&#039;institution devrait justifier les activités entreprises avec cette manne. L&#039;éternel slogan de l&#039;institution universitaire « des sous, des postes » ne tient plus la route. Avant d&#039;injecter d&#039;avantage de moyens (résolument nécessaires) il doit y avoir une réorganisation en profondeur afin d&#039;assurer la bonne utilisation de ces moyens. 

M. Dunézat s&#039;interroge sur les syndicats. Ils ont très présents mais de manière opaque. Tout comme le CNU, c&#039;est un sous système dans le corps, particulièrement important car c&#039;est un instrument puissant de gestion de carrière (et n&#039;a pas grand chose à voir avec une instance de défense des personnels). N&#039;étant pas statutaire, j&#039;avoue ne pas avoir observé leurs mécanismes. Cependant, je me souviens d&#039;un épisode de promotion « professeur hors classe » que je vous soumets en guise d&#039;illustration. La situation était caricaturale. Deux candidats étaient en lice: un professeur connu pour être un bourreau de travail, reconnu par tous pour ses compétences et la qualité de son travail. L&#039;autre candidat était très connu aussi, mais plutôt pour son absentéisme exemplaire, et l&#039;inexistence de son travail de recherche. C&#039;est bien sur le deuxième qui fut promu. Les néophytes furent stupéfaits. Renseignements pris, c&#039;est par des réseaux syndicaux que le tour de force fut réussi. 

Ce commentaire est déjà trop long, il faut conclure. Comme en témoigne certains aspects de la lettre de M. Dunézat, la situation des conditions de travail et du fonctionnement des universités est catastrophique et alarmante. Je ne crois plus à la réforme de cette institution qui, finalement, dans ses filières longues ne forment qu&#039;aux métiers de l&#039;enseignement.  Une remise à plat générale pour préparer l&#039;avenir me semble nécessaire. L&#039;extraordinaire complexité de l&#039;enseignement supérieur français (grandes écoles, écoles d&#039;ingénieur, CNRS, universités, ...) ne facilite la tâche en rien.</description>
		<content:encoded><![CDATA[<p>Je commencerai aussi par poser des préalables:<br />
1) Les prises de position politiques partisanes desservent largement le propos de M. Dunézat. Cela est regrettable. Loin d&#8217;être une analyse ou déconstruction sociologique argumentée, une doxologie mass-médiatique hors sujet nous est servie, que je préfère ignorer.<br />
2) Les jugements idéologiques proférés à l&#8217;encontre du monde de l&#8217;entreprise sont tendancieux. Je doute que M. Dunézat connaisse suffisamment ce dont il parle sur ce sujet. Cela est symptomatique d&#8217;un des échecs majeur de l&#8217;université française (et plus largement du monde intellectuel) qui se complait dans un dénigrement stérile de l&#8217;entreprise plutôt que d&#8217;interagir efficacement avec elle et de tenter de la penser.<br />
3) Malgré la noirceur de ce qui va suivre, je souhaite affirmer qu&#8217;il existe des laboratoires universitaires d&#8217;excellente qualités qui fonctionnent efficacement et sainement sous l&#8217;impulsion d&#8217;individualités responsables, combinant compétences et qualités humaines. Cependant, je ne pense pas que cela soit la règle générale.</p>
<p>Ces préalables étant posés, la lettre de M. Dunézat est un document rare et donc précieux. Elle constitue une première brisure de l&#8217;omertà sur la « médiocratie universitaire républicaine ».  Quelques papiers parus ces années passées dans les pages Débats du Monde avaient déjà initiés le processus. M. Dunézat ayant passé peu de temps au cœur de l&#8217;institution, beaucoup de turpitudes lui ont sans doute échappé. Le corps de l&#8217;enseignement supérieur étant exceptionnellement fermé, Il serait souhaitable qu&#8217;un espace de débat existe afin que ses personnels qui le souhaitent puissent parler et que ses dysfonctionnements propres apparaissent en toute clarté.<br />
J&#8217;appartiens au monde des sciences dites « dures ». J&#8217;ai été thésard/moniteur, puis ATER dans une université de province de taille moyenne. Empli d&#8217;un dégout profond pour l&#8217;institution universitaire française après les cinq années passées en son sein, je suis parti travailler comme chercheur dans une université américaine. A présent je suis chercheur dans un laboratoire national britannique.<br />
Mon expérience et mes observations sur le système français rejoignent largement les descriptions faites par M. Dunézat. </p>
<p>Le mépris<br />
Je confirme M. Dunézat dans ses propos et le mépris est une des premières choses que l&#8217;université m&#8217;a apprise.<br />
Comme dans tout corps fermé, rigide, et formellement hiérarchisé le mépris est un élément fonctionnel du corps et participe des relations entre les différents statuts. Dans une structure professionnelle complexe, un département des ressources humaines (le terme est horrible j&#8217;en conviens) a pour but de fluidifier ces interactions. A l&#8217;université un tel département n&#8217;existe pas.<br />
Le mépris commence par celui de l&#8217;étudiant (surtout de feu DEUG). Il n&#8217;est vu que comme de la chair à enseigner, mais une statistique attentivement surveillée tout de même car liée aux octrois de postes. Évidemment l&#8217;université ne s&#8217;est jamais adaptée à l&#8217;objectif politique de 80% d&#8217;une classe d&#8217;âge obtenant le BAC, et les deux premières années universitaires ne sont rien d&#8217;autre qu&#8217;une sélection dont on ne veut pas dire le nom pour des raisons idéologiques. Prompt à qualifier cette chair à enseignement de nulle et incapable, le corps enseignant faute en se réfugiant dans une infaillibilité pédagogique.  Systématiquement on attribue l&#8217;échec de la  transmission de savoir à l&#8217;étudiant. Qu&#8217;en ait-il de la responsabilité de l&#8217;enseignant ? Personnellement j&#8217;ai suivi de nombreux enseignements ou un automate exhumait de sa sacoche des feuilles jaunies par le temps et ânonnait machinalement une mélopée soporifique sans intention de faire un travail de qualité. J&#8217;ai aussi eu des enseignants exceptionnels, de ceux qui initient  aux jouissances intellectuelles, mais faisant un bilan général, la pédagogie universitaire était loin d&#8217;être à la hauteur de ce que l&#8217;on doit en attendre.  Les enseignants doivent se remettre en cause aussi, ils doivent accepter l&#8217;évaluation.<br />
Le doctorant quant à lui est plutôt le combustible d&#8217;avancement des carrières. Pour le statutaire, ce n&#8217;est surtout pas un collègue. J&#8217;ai le souvenir d&#8217;un président de département proférant devant les doctorants rassemblés qu&#8217;il ne considérait pas les doctorants comme des collègues, pour ensuite expliquer qu&#8217;ils n&#8217;étaient que des « chienchiens courant après un su-sucre » je cite exactement). Le doctorant corvéable a merci, sera l&#8217;occasion d&#8217;obtenir primes d&#8217;encadrement, sa productivité en la matière sera même augmentée par le truchement des co-encadrements (étonnamment plus on a de co-encadrants moins on est encadré, et l&#8217;encadrement est de toute manière très souvent ectoplasmique). Si le doctorant publie des articles, alors nombreux sont ceux qui exigent d&#8217;être co-auteur, bien qu&#8217;aucun travail substantiel n&#8217;est été produit pour la publication à venir. Il est encore plus simple de voler son travail et de le publier à son insu. Le doctorant est généralement tenu malléable par les promesses de poste s&#8217;il se comporte comme on le souhaite. Faussement on lui inculque que quoiqu&#8217;il puisse lui arriver de positif, il devra en être éternellement reconnaissant envers son encadrement.<br />
L&#8217;ATER lui se situe dans les limbes. J&#8217;avoue avoir ri (jaune) aux larmes quand le mouvement « Sauvons la recherche » soudain instrumentalisa la précarité des doctorants et ATER pour un intérêt politique de circonstance, alors qu&#8217;un mutisme assourdissant et une pusillanime acceptation fut toujours la règle de l&#8217;institution.<br />
Ensuite, la place manque, mais le mépris se décline sous toutes les formes entre divers type de personnel, entre différentes disciplines, entre les différentes équipes d&#8217;un même laboratoire, entre les différents groupes d&#8217;une équipe, entre les membres d&#8217;un même groupe. Ce mépris généralisé nuit à un fécond travail d&#8217;échange et en équipe, et est particulièrement délétère et contre-productif. Amis sociologues pourquoi ne pas entreprendre un travail mettant a jour ces mécaniques. Auriez-vous peurs d&#8217;être à la fois sujet et objet?</p>
<p>Recrutement<br />
En accord avec M. Dunézat, c&#8217;est une vaste fumisterie. Pourtant c&#8217;est un enjeu d&#8217;importance et conditionne l&#8217;avenir de l&#8217;institution. Hélas, comme tout corps clos, la tendance est à la reproduction à l&#8217;identique et rend pessimiste sur les chances d&#8217;une possible évolution venant de l&#8217;intérieur du système. Opacité, hyper-profilage, arrangements de circonstance, localisme effréné, combinatoire carriériste. Élément essentiel de l&#8217;égalité des chances républicaine, comme je l&#8217;ai écrit plus haut, la méritocratie a été dévoyée en médiocratie. Le localisme est une exception française et une catastrophe pour le brassage et la circulation des idées.<br />
La promptitude à blâmer le système est aisée. Quid de la responsabilité individuelle ? Au sein des commissions, si à un moment donné, un membre délibérément fait le choix d&#8217;un candidat qu&#8217;il sait pertinemment être moins méritant qu&#8217;un autre pour le poste proposé n&#8217;y a t-il pas là engagement de sa responsabilité ? Vous me direz tout être humain a sa part de médiocrité particulièrement quand des intérêts personnels sont en compétition avec les intérêts de la chose publique.<br />
En tout cas, au cours de mes cinq années passées dans l&#8217;université, je n&#8217;ai vu qu&#8217;un seul professeur claquer la porte et démissionner de la commission car outré de ses pratiques.<br />
Il y a aussi une certaine méfiance envers les candidats de qualité: ils ont le pouvoir potentiel de mettre a jour, et a mal, la médiocrité ronronnante et les intrigues. Je me souviens des paroles d&#8217;un professeur se targuant de pratiquer un cynisme affiché. Du fait de cette posture, il était enclin à faire des diagnostics clairs du système duquel il jouait avec délectation (alors que la politique de l&#8217;autruche est plutôt de mise). Quand ce dernier apprit que je démissionnai de mon poste d&#8217;ATER pour partir dans une université américaine il me tint ses propos: « je préfère vous prévenir, si vous souhaitez revenir dans une université en France vous aurez très peu de chances. Auréolé de votre expérience américaine, vous serez une menace et ferez peur aux équipes en place. » </p>
<p>Vie professionnelle au sein d&#8217;un laboratoire<br />
Cette fois encore M. Dunézat a vu juste. De toutes mes expériences professionnelles, c&#8217;est a l&#8217;université que j&#8217;ai rencontré les ambiances de travail les plus conflictuelles, les plus malsaines. Dans ce milieu la notion chrétienne d&#8217;héritage de la faute a encore cours. (D&#8217;ailleurs une comparaison avec les abbayes et leurs intrigues pourrait être pertinente)  D&#8217;un professeur, les conflits se répercutent sur les doctorants et perdurent ad vitam aeternam.  Les égos et les gestions de carrières s&#8217;affrontent et s&#8217;entrechoquent au grand dam du travail d&#8217;équipe et de l&#8217;efficacité. Les haines sont vivaces, anciennes, souvent puériles, et se reproduisent.  Elles consomment l&#8217;essentiel des énergies, qui se dissipent dans l&#8217;élaboration des coups tordus qui actualisent ces haines. Le paroxysme est atteint quand de nouvelles attributions de postes sont en jeu. J&#8217;ai eu l&#8217;occasion d&#8217;assister à des épisodes vraiment burlesques de crachats entre enseignants, de courses poursuites à travers le campus avec intention d&#8217;en venir aux mains. Encore une fois l&#8217;équivalent d&#8217;un département des ressources humaines fait cruellement défaut.<br />
D&#8217;autres situations absurdes apparaissent quand, comme l&#8217;écrit M. Dunézat, les énergies sont utilisées à minimiser au maximum la charge de travail. Le coté absurde venant du fait que la mise en place de ces stratégies d&#8217;évitement d&#8217;une tâche nécessite parfois plus d&#8217;efforts que de faire la tâche elle même!  L&#8217;impunité totale, l&#8217;absence de contrôle se traduit par l&#8217;absentéisme (personnels venant faire leur service règlementaire et disparaissant le reste du temps), ou bien une inactivité complète sur le lieu de travail. D&#8217;une manière générale la conscience professionnelle et l&#8217;éthique sont sérieusement a revoir. Cela vaut aussi au niveau scientifique (publications croisées, multi-publication, technique du salami qui consiste à délayer un travail unique dans le plus grand nombre de publications possibles, dossiers gonflés&#8230;etc&#8230;).<br />
La vocation ultime des personnels n&#8217;est pas une transmission efficiente du savoir, ni l&#8217;avancée des connaissances, mais la gestion d&#8217;une carrière personnelle et par tout les moyens, même parfois les plus abjects. La profonde perversité du système se trouve dans le fait que l&#8217;avancement est totalement découplé des objectifs théoriques affichés de l&#8217;institution. Évaluer, contrôler, rendre transparents et redevables les actes à tous les niveaux (recherche, enseignement, recrutement, management, promotions, &#8230;) me parait une tache essentielle d&#8217;assainissement. Des monceaux d&#8217;argent public sont engloutis, et ne serait ce que pour cette raison, l&#8217;institution devrait justifier les activités entreprises avec cette manne. L&#8217;éternel slogan de l&#8217;institution universitaire « des sous, des postes » ne tient plus la route. Avant d&#8217;injecter d&#8217;avantage de moyens (résolument nécessaires) il doit y avoir une réorganisation en profondeur afin d&#8217;assurer la bonne utilisation de ces moyens. </p>
<p>M. Dunézat s&#8217;interroge sur les syndicats. Ils ont très présents mais de manière opaque. Tout comme le CNU, c&#8217;est un sous système dans le corps, particulièrement important car c&#8217;est un instrument puissant de gestion de carrière (et n&#8217;a pas grand chose à voir avec une instance de défense des personnels). N&#8217;étant pas statutaire, j&#8217;avoue ne pas avoir observé leurs mécanismes. Cependant, je me souviens d&#8217;un épisode de promotion « professeur hors classe » que je vous soumets en guise d&#8217;illustration. La situation était caricaturale. Deux candidats étaient en lice: un professeur connu pour être un bourreau de travail, reconnu par tous pour ses compétences et la qualité de son travail. L&#8217;autre candidat était très connu aussi, mais plutôt pour son absentéisme exemplaire, et l&#8217;inexistence de son travail de recherche. C&#8217;est bien sur le deuxième qui fut promu. Les néophytes furent stupéfaits. Renseignements pris, c&#8217;est par des réseaux syndicaux que le tour de force fut réussi. </p>
<p>Ce commentaire est déjà trop long, il faut conclure. Comme en témoigne certains aspects de la lettre de M. Dunézat, la situation des conditions de travail et du fonctionnement des universités est catastrophique et alarmante. Je ne crois plus à la réforme de cette institution qui, finalement, dans ses filières longues ne forment qu&#8217;aux métiers de l&#8217;enseignement.  Une remise à plat générale pour préparer l&#8217;avenir me semble nécessaire. L&#8217;extraordinaire complexité de l&#8217;enseignement supérieur français (grandes écoles, écoles d&#8217;ingénieur, CNRS, universités, &#8230;) ne facilite la tâche en rien.</p>
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	</item>
	<item>
		<title>By: Ex doctorante.</title>
		<link>http://coulmont.com/blog/2007/09/30/la-demission-de-xavier-dunezat/comment-page-2/#comment-26419</link>
		<dc:creator>Ex doctorante.</dc:creator>
		<pubDate>Sun, 21 Oct 2007 14:30:12 +0000</pubDate>
		<guid isPermaLink="false">http://coulmont.com/blog/2007/09/30/la-demission-de-xavier-dunezat/#comment-26419</guid>
		<description>M. Pihet : je comprends que vous soyez interloqué. Il est également naturel que vous vous posiez la question de savoir &quot;pourquoi ?&quot; .  Je pourrai donner une analyse, voire une simple explication, si j&#039;avais moi-même posé cette question aux intéressés. Je ne l&#039;ai pas fait et ne le ferai pas, vous vous en doutez.
Donc, je ne peux proposer que quelques théories unilatérales : 
- Comme le dit très justement Mambo &quot;les fouteurs de merde, on ne les laisse pas monter en grade&quot;. Vu mon effroyable honnêteté, j&#039;étais très certainement considérée comme une fouteuse de merde. J&#039;ai, par exemple, rit lorsque à l&#039;entrée en DEA, au premier cours, le directeur de l&#039;ED nous a sorti &quot;vous êtes l&#039;élite de la nation&quot; et &quot;concernant les femmes, je vous interdis de tomber enceinte pendant votre thèse&quot;... il y a de quoi se demander où on est tombé et pour qui se prennent les gens qui pensent être supérieurs aux autres alors qu&#039;ils sont censés être à leur service.
- Comme l&#039;énonce Tortuga &quot;sachez par exemple que parfois, le directeur de ce meme DEA est le president de l’ecole doctorale. En sachant que le souci d’independance n’effleure meme pas une seconde l’esprit de ces gens la&quot;. C&#039;était le cas dans cette ED donc le mandarinat classique (que beaucoup citent dans leur commentaire) s&#039;appliquait implacablement.
- M. Dunezat dénonce le recrutement hypocrite de candidats locaux. Il y a encore plus hypocrite : dans le laboratoire de gestion que je mentionne, la politique officielle annoncée est &quot;pas de recrutement local, tout le monde doit partir&quot;. En réalité, le directeur de l&#039;ED choisit chaque année un doctorant qu&#039;il prend sous sa coupe aide et place.
- Au niveau du sexisme dénoncé également par M. Dunezat et même si certains se voilent la face à ce sujet, je dois dire que j&#039;ai toujours refusé de me mettre en mini-jupe et décolleté pour être reçue par mon directeur de thèse. Contrairement à mes collègues, je n&#039;étais donc pas reçue.
- Pour finir, &quot;simple punition&quot; me semble légèrement réducteur, mais oui, le fond de l&#039;histoire est peut-être que n&#039;étant ni issue de l&#039;IAE, ni de l&#039;Ecole Normale, ni du programme préférentiel réservé aux étrangers , je n&#039;avais rien à faire là.

J&#039;imagine que le tout combiné, on atteint un début d&#039;explication. Mais je n&#039;aurai pas la prétention d&#039;assurer que c&#039;est la bonne,vu le biais astronomique que j&#039;y introduis. Il me semble juste que mon témoignage est une bonne illustration de l&#039;aboutissement de ce qui ne fonctionne pas à l&#039;université.</description>
		<content:encoded><![CDATA[<p>M. Pihet : je comprends que vous soyez interloqué. Il est également naturel que vous vous posiez la question de savoir &#8220;pourquoi ?&#8221; .  Je pourrai donner une analyse, voire une simple explication, si j&#8217;avais moi-même posé cette question aux intéressés. Je ne l&#8217;ai pas fait et ne le ferai pas, vous vous en doutez.<br />
Donc, je ne peux proposer que quelques théories unilatérales :<br />
- Comme le dit très justement Mambo &#8220;les fouteurs de merde, on ne les laisse pas monter en grade&#8221;. Vu mon effroyable honnêteté, j&#8217;étais très certainement considérée comme une fouteuse de merde. J&#8217;ai, par exemple, rit lorsque à l&#8217;entrée en DEA, au premier cours, le directeur de l&#8217;ED nous a sorti &#8220;vous êtes l&#8217;élite de la nation&#8221; et &#8220;concernant les femmes, je vous interdis de tomber enceinte pendant votre thèse&#8221;&#8230; il y a de quoi se demander où on est tombé et pour qui se prennent les gens qui pensent être supérieurs aux autres alors qu&#8217;ils sont censés être à leur service.<br />
- Comme l&#8217;énonce Tortuga &#8220;sachez par exemple que parfois, le directeur de ce meme DEA est le president de l’ecole doctorale. En sachant que le souci d’independance n’effleure meme pas une seconde l’esprit de ces gens la&#8221;. C&#8217;était le cas dans cette ED donc le mandarinat classique (que beaucoup citent dans leur commentaire) s&#8217;appliquait implacablement.<br />
- M. Dunezat dénonce le recrutement hypocrite de candidats locaux. Il y a encore plus hypocrite : dans le laboratoire de gestion que je mentionne, la politique officielle annoncée est &#8220;pas de recrutement local, tout le monde doit partir&#8221;. En réalité, le directeur de l&#8217;ED choisit chaque année un doctorant qu&#8217;il prend sous sa coupe aide et place.<br />
- Au niveau du sexisme dénoncé également par M. Dunezat et même si certains se voilent la face à ce sujet, je dois dire que j&#8217;ai toujours refusé de me mettre en mini-jupe et décolleté pour être reçue par mon directeur de thèse. Contrairement à mes collègues, je n&#8217;étais donc pas reçue.<br />
- Pour finir, &#8220;simple punition&#8221; me semble légèrement réducteur, mais oui, le fond de l&#8217;histoire est peut-être que n&#8217;étant ni issue de l&#8217;IAE, ni de l&#8217;Ecole Normale, ni du programme préférentiel réservé aux étrangers , je n&#8217;avais rien à faire là.</p>
<p>J&#8217;imagine que le tout combiné, on atteint un début d&#8217;explication. Mais je n&#8217;aurai pas la prétention d&#8217;assurer que c&#8217;est la bonne,vu le biais astronomique que j&#8217;y introduis. Il me semble juste que mon témoignage est une bonne illustration de l&#8217;aboutissement de ce qui ne fonctionne pas à l&#8217;université.</p>
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	</item>
	<item>
		<title>By: christian Pihet</title>
		<link>http://coulmont.com/blog/2007/09/30/la-demission-de-xavier-dunezat/comment-page-2/#comment-26330</link>
		<dc:creator>christian Pihet</dc:creator>
		<pubDate>Sat, 20 Oct 2007 16:49:27 +0000</pubDate>
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		<description>Ex-doctorante : vous livrez un témoignage hallucinant et qui doit vous être particulièrement douloureux.
Mais le lecteur est interloqué. Quelle analyse, quelles explications donnez-vous à cette situation? A vous lire, on pense qu&#039;il s&#039;agit simplement d&#039;une &quot;punition&quot; liée à votre origine hors-filière. Est-ce bien cela ou autre chose?</description>
		<content:encoded><![CDATA[<p>Ex-doctorante : vous livrez un témoignage hallucinant et qui doit vous être particulièrement douloureux.<br />
Mais le lecteur est interloqué. Quelle analyse, quelles explications donnez-vous à cette situation? A vous lire, on pense qu&#8217;il s&#8217;agit simplement d&#8217;une &#8220;punition&#8221; liée à votre origine hors-filière. Est-ce bien cela ou autre chose?</p>
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