Billet

Les réseaux du CAC 40

Billet publié le 28/08/2009

Comment s’organise le capitalisme français ? Si l’on prend la composition des conseils d’administration des entreprises du CAC 40, trouverait-on… trouverait-on quoi ?
Comme je n’ai pas trouvé facilement de belle image sur internet, j’ai cherché la composition de ces conseils, je suis tombé sur des données datant de 2005 [Mise à jour : les données proviennent de l’Opesc, j’aurais du l’écrire tout de suite. Voir aussi la mise à jour en bas], et après nettoyage, mon vaillant R (et son mignon, le “package sna”) ont fait le reste. Voici ce que cela donne.
Chaque rond rouge est une personne (Bébéar, Fourtou…) et chaque losange bleu une compagnie du CAC 40 (Axa, Accor…). Un trait noir qui relie un point rouge à un losange bleu signifie que le point rouge est membre du CA (ou du CS) de cette compagnie.
C’est un petit monde…
cac40
téléchargez le graphe au format PDF

Un petit zoom :
cac40zoom
Si quelqu’un me trouve des données plus récentes, 2008 ou 2009, ça m’intéresse [j’ai bien peur d’avoir attrapé la grippe réticulaire et de vouloir tout transformer en réseau].
Note : Je n’ai pas eu le temps de faire les recherches bibliographiques, mais je sais que l’étude des liens croisés qui unissent les boards sont assez nombreuses. N’hésitez pas à les indiquer en commentaire…

Mise à jour : En visitant le site de l’Opesc je découvre aujourd’hui qu’un grand nombre de graphiques sont disponibles, dont le réseau des patrons en 2007. [Lors de ma précédente visite, je n’avais consulté que les annuaires.]

22 commentaires

Un commentaire par Léo (28/08/2009 à 22:51)

Je profite de cette grippe réticulaire pour poser une petite question ! ;-)

J’ai essayé de me pencher sur le package sna il y a quelques temps, mais je dois avouer que ma tentative s’est avérée peu concluante… Existe t-il des instructions détaillées quant à son utilisation ? Je me suis penché sur le fichier d’aide inclus avec le package, mais ça m’a pas franchement aidé…

Un commentaire par Godechot (28/08/2009 à 23:28)

Dudouet F.-X. ; Grémont E. (2007), « Les grands patrons français et l’Etat en France 1981-. 2007 », Sociétés Contemporaines, N°68.

Un commentaire par Pierre M (29/08/2009 à 0:07)

Impressionnant mais on s’y attendait… A la limite le plus surprenant c’est de découvrir qu’il restait encore 2 sociétés (arcelor et STMicro) dont seulement un administrateur est membre du CA d’une autre société du CAC40. Mais si on zoom sur le PDF, on se rend compte qu’il y a bcp d’étrangers dans ces deux CA, on peut faire l’hypothèse qu’ils participent à des CA de sociétés étrangères.

Un commentaire par Fr. (29/08/2009 à 0:14)

Prochaine étape, tu repères les individus qui connectent les CA du CAC 40 aux églises africaines et tu publies la suite de Structural Holes – WIN.

Un commentaire par Baptiste Coulmont (29/08/2009 à 8:07)

>PierreM : sur les étrangers dans les CA, j’ai parcouru un article : “Conseils d’administration et réseaux d’administrateurs en Europe” ( Gilles Guieu et Pierre-Xavier Meschi http://www.cairn.info/revue-francaise-de-gestion-2008-5-p-21.htm ) mais je n’ai pas trouvé de graphique dedans.
>Godechot : Merci !
>Fr. : on y travaille
>Léo : j’ai suivi ces instructions http://www-desir.lip6.fr/~thiriot/index.php/docs/212 [Mais pour l’instant, je ne sais faire que des graphes avec gplot, rien d’autre. Pas de calcul de “centralité” ou autres…]

Un commentaire par XavierM (29/08/2009 à 8:56)

Au colloque SASE cet été, il y avait un chercheur néerlandais, Eelke Heemskerk, qui a fait une communication sur le thème “European Integration and the Business Elite: The formation of a pan-European network of interlocking directorates?”. En gros donc, il s’agissait de savoir, en s’inspirant de l’euroclash de Neil Fligstein, si l’on assistait à l’émergence d’une europe des conseils d’administrations. Il avait fait des graphes en s’appuyant sur les boards des 300 plus grosses entreprises européennes. J’ai résumé ça comme ça (article à paraitre) :
A travers l’analyse de la constitution des conseils d’administration 300 plus grandes entreprises européennes, il montre que le nombre d’administrateurs actifs dans au moins deux pays européens est relativement faible (4 % de l’ensemble des administrateurs), et inégalement distribué selon les pays. Se dessine clairement un axe France-Allemagne, avec des participations réciproques, comme entre les pays scandinaves. L’explication est-elle géographique, culturelle… ou les deux ? Toujours est-il que parmi les administrateurs transfrontaliers, 16 hommes concentrent la moitié des liens, qui sont pour l’essentiel d’anciens PDG. On trouve parmi eux les français Louis Schweitzer (ancien PDG de Renault), Arnaud Lagardère, l’ancien patron de Daimler-Chrysler Manfred Bischoff, l’ancien commissaire européen belge Karel Van Miert… Bref, l’europe des conseils d’administration n’en est encore qu’à ses balbutiements, et ressemble pour l’instant à un « club de vieux garçons ». Si l’Europe a su créer une monnaie unique et une banque centrale européenne, elle n’a pas transnationalisé la gouvernance de ses entreprises. En ce domaine, les traditions nationales restent fortes. Ce qui peut expliquer, selon E. Heemskerk, le manque d’action concertée pour lutter contre la crise financière.

J’ai les slides imprimés sur papier en tout petit (power point était en rade), et le son de l’intervention en très mauvaise qualité, si ça intéresse quelqu’un….

La page web de Heemskerk : http://home.medewerker.uva.nl/e.m.heemskerk/

Un commentaire par Lory (29/08/2009 à 21:06)

[HS] Est-il possible de savoir à quoi correspond le graphique qui se trouve tout en haut, à droite (ça ressemble à une étagère de livres) : http://coulmont.com/vordpress/wp-content/plugins/sparkstats/curstats.png

Apparemment, il s’agit de statistiques ; est-il indiscret de savoir ce que cela represente ?

Un commentaire par Baptiste Coulmont (29/08/2009 à 21:12)

>XavierM : intéressant !
>Lory : ce n’est pas indiscret : la hauteur des barres correspond au nombre de billets mensuels publiés sur le blog, et la couleur (plus ou moins foncée) au nombre de commentaires. [Mais malheureusement, on dirait qu’il y a un problème ce mois-ci…]

Un commentaire par J. Finez (02/09/2009 à 19:48)

Bonjour,

J’ai réalisé mon mémoire de Master 2 sur les “liens interlocks” entre les dirigeants du CAC 40. Voici quelques références susceptibles de vous intéresser :

CHABI Sylvie & MAATI Jérôme (2005). « Les réseaux du CAC 40 », La revue du financier, no 153, p. 45-62.
MAATI Jérôme (2006). Les administrateurs européens du FTSEurofirst 100 constituent-ils un petit monde ? Working paper, Congrès international de l’Association française de finance, IAE de Poitiers, 25 & 26 juin 2006.
AGARDI Driss & ALCOUFFE Alain (2007). « Les réseaux d’entreprises en France et en Allemagne de 1992-2006 », Notes du LIRHE – Toulouse, no 448, p. 1-20.
DUDOUET François-Xavier & GRÉMONT Éric (2007). « Les grands patrons et l’État en France : 1981-2007 », Sociétés contemporaines, no 68, p. 105-131.

Ensuite, concernant l’analyse de ces liens, un article de Mark Mizruchi est particulièrement intéressant :

MIZRUCHI Mark S. (1996). « What Do Interlocks Do : An Analysis, Critique, and Assessment of Research on Interlocking Directorates », Annual review of sociology, vol. 22, p. 271-298.

En France, en 2006 (d’après mes calculs), sur les 620 individus qui composent les instances dirigeantes du CAC 40 :
-2 dirigeants sont présents dans 5 sociétés du CAC 40 (Louis Schweitzer et Michel Pébereau)
-6 dirigeants sont présents dans 4 sociétés du CAC 40
-19 dirigeants dans 3 sociétés
-63 dirigeants dans 2 sociétés
-les autres, soit 85% des membres des instances dirigeantes, sont présents dans une seule société.

À noter que si les dirigeants sont présents dans un maximum de 5 sociétés, c’est parce que la loi NRE de 2001 interdit de cumuler plus de 5 mandats. D’aileurs, selon Christiane Alcouffe :
“En limitant à cinq le nombre de mandats qu’une même personne peut détenir dans un conseil d’administration ou de surveillance, la loi sur les nouvelles régulations économiques (NRE) de 2001 a entraîné nombre de démissions parmi des dirigeants qui détenaient 10, 12 voire 17 mandats, comme J. Peyrelevade, M. Pébereau et C. Bébéar”
ALCOUFFE Christiane (2004). « Entre spécificité et alignement : la gouvernance d’entreprise en France », Notes du LIRHE – Toulouse, no 400, p. 1-13.

Si vous désirez avoir plus de renseignements sur les liens interlocks entre les dirigeants des entreprises du CAC 40, notamment sur ce qui peut expliquer leur existence, n’hésitez pas à me le faire savoir !

PS : Concernant l’obtention de données plus récentes, il y a la base de données Dafsaliens. Notons qu’elle contient pas mal d’erreurs…

Un commentaire par J. Finez (02/09/2009 à 22:27)

A voir aussi, le site de l’Opesc (Observatoire politico-économique des structures du capitalisme) auquel sont affiliés F.-X. Dudouet et E. Grémont : http://www.opesc.org/commun/index.php

Un commentaire par Denys (03/09/2009 à 16:22)

A vrai dire, ce genre de chose me laisse un peu dubitatif. Il me paraît d’abord vain de chercher à tenir ces données à jour, puisqu’elles sont périmées avant même d’être publiées. Pas seulement par rapport à 2005 avec les entrées et sorties de l’indice qui se sont produites depuis, mais même dans le commentaire de Xavier M, puisque Karel Van Miert aurait depuis juin dernier bien du mal à être membre de quoi que ce soit.
Surtout, prendre le CAC et seulement le CAC comme référence, et en particulier comme représentant “l’organisation du capitalisme français” me semble bien problématique. D’abord, le CAC n’est pas français, mais rassemble juste les quarante plus grosses capitalisations boursières côtées à Paris. On y trouve donc des sociétés de nationalité luxembourgeoise, comme Arcelor, aujourd’hui ArcelorMittal, ou néerlandaise, comme STMicro. Arcelor a été crée en fusionnant des actifs français, espagnol et luxembourgeois, STM est franco-italien : rien d’étonnant alors à ce que les nationalités de leurs administrateurs, ne serait-ce que pour des raisons statutaires, divergent du reste, et la remarque de Pierre M perd sa pertinence.

C’est tout le problème qu’il y a à faire dire ce qu’il ne dit pas à un critère qui n’a pas été conçu pour ça, mais qui malgré tout dit forcément quelque chose. D’autre part, un tel graphique est forcément statique, et ne dit rien des évolutions. Il me semblerait plus intéressant de ne pas s’arrêter au seul CAC mais d’analyser les choses secteur par secteur. Ce serait plus lisible et, en plus, on verrait si les membres des Grands Corps sont toujours dans leurs secteurs favoris (l’énergie, les infrastructures, la finance) et si certaines sociétés sont à l’écart, soit parce qu’elles ne les intéressent pas (la grande distribution, qui est présente par le seul Carrefour, certains services comme Accor ou le BTP qui a de plus comme particularité la présence d’un fort actionnariat salarié) soit parce qu’elles gardent un actionnariat familial important (PPR, Pernod ou L’Oréal).

Bon, cela dit, j’ai bien compris que c’était surtout histoire de rigoler, hein.

Un commentaire par Baptiste Coulmont (03/09/2009 à 17:52)

>Denys : votre puritanisme méthodologique vous perdra. Le CAC40 est une bonne approximation, rapide, de ce que peut être un indicateur grossier du capitalisme français.
Et ce n’était pas juste pour rigoler : c’était pour faire tourner R et apprendre un peu à repérer les structures des réseaux. En une bonne heure, j’ai pu recoder un fichier pour obtenir une petite base avec 40 entreprises et quelques 600 individus.
>J.Finez : merci de tout cela !

Un commentaire par J. Finez (03/09/2009 à 20:40)

A Denys : Effectivement, le CAC 40 ne regroupent pas que des entreprises françaises. Effectivement, le CAC 40 n’est pas LE reflet exact du capitalisme français actuel. N’empêche…
Je pense que le graphe de Baptiste est loin d’être parfait mais quil constitue un premier élément permettant d’ouvrir le débat. Le CAC 40 constitue une première étape dans la recherche.
Il serait intéressant de regarder ce qui se passe au niveau des 100 ou des 200 premières entreprises cotées à la Bourse de Paris. Il faudrait s’intéresser aussi aux sociétés non cotées (comme Auchan). Etudier aussi ces liens dans une dimension européenne, etc.
D’autre part, je n’ai pas compris pourquoi les données seraient déjà périmées. Parce que les sociétés qui composent le CAC 40 évoluent régulièrement ? Parce qu’un mandat d’administrateur ne dure que 6 ans ? De toute façon, même si on veut travailler de manière dynamique, il faut bien commencer à une date, donc…
Concernant ce réseau qui regroupe à la fois des sociétés et des administrateurs, il peut être intéressant de le transformer en un réseau “unimodal” afin d’étudier soit les relations entre les dirigeants, soit les relations entre les entreprises. Le graphe ferait moins “plat de spaghettis”.
Sinon, entièrement d’accord concernant l’idée de travailler sur les liens interlocks dans un secteur particulier. Mais, du coup on perd certaines relations comme celles entre les banques et l’industrie…

Un commentaire par J. Finez (07/09/2009 à 11:44)

L’historien Hervé Joly a écrit, lui aussi, des choses intéressantes sur le patronat du CAC 40 et les liens qu’ils entretiennent entre eux. Voir notamment : http://www.telos-eu.com/fr/article/grands_patrons_grandes_ecoles_la_fin_de_l_endoga

Un commentaire par Christophe Prieur (07/09/2009 à 17:13)

Nathalie Delvecchio avait commencé il y a quelques années une thèse en sciences de gestion avec Isabelle Huault, sur les réseaux du CAC40.
La piste est mince :)

Un commentaire par Baptiste Coulmont (08/09/2009 à 14:39)

>J. Finez et C. Prieur : merci de ces indications !

Un commentaire par Dudouet FX (09/09/2009 à 15:36)

Bonjour,

Ainsi que l’indiquait Olivier Godechot, nous travaillons effectivement avec Eric Grémont sur les réseaux du CAC 40 étendu depuis peu aux DAX, S&P/MIB, BEL et AEX. Notre site (opesc.org) contient un certain nombre de données assez anciennes que nous n’avons pas mis à jour mais nous couvrons pour le CAC la période 2002-2008. Ainsi que l’évoquait J. Finez, la question de la représentation graphique est cruciale. Choisi-t-on de tout montrer au risque de rendre le graphe illisible? se concentre-t-on sur certains aspects (entreprises, patrons, pluri-administrateurs, etc..) en perdant de l’exhaustivité. La réponse à ces questions classiques est toujours la même, elle dépend de ce que l’on veut démontrer.
Une question pour votre graphe de 2005. S’agit-il des membres des conseils à une date précise ou des membres présents à un moment ou un autre de l’année 2005. C’est un point important car, pour prendre un exemple connu, dans le 2e cas on en arrive à faire siéger Messier et Bébéar au conseil de Vivendi en 2002, alors que c’est justement le départ du 1er qui valut la nomination du second. Les interlockings sur des années pleines sont peuvent se révéler assez trompeurs.

Un commentaire par Baptiste Coulmont (09/09/2009 à 16:05)

>FX Dudouet : merci du commentaire. Pour être bref, j’ai construit ce graphique très rapidement (et en plus, avec un fichier PDF en provenance de l’Opesc, il faut que je le rajoute au billet) : je voulais avoir une base de données pour effectuer des manipulations avec R. J’aurais pu travailler sur un graphe généré aléatoirement, mais il me semblait que les C.A. se prêtaient bien au jeu. J’ai été étonné du résultat initial (avant même de passer en unimodal) : certes le graphique est illisible, mais la version PDF permet quand même de se promener et de repérer des paquets de liens. En plus, proposer tout le graphique montre les “grappes” de membres qui ne sont membres que d’un C.A.
Pour tout dire, j’aime bien l’illisibilité première du graphique : les lecteurs qui ne sont ni sociologues ni économistes ni universitaires sont apparemment surpris à l’existence de tous ces liens.
Mais immédiatement après cette première lecture, un graphique simplifié, qui permet d’identifier des individus ou des institutions centrales est nécessaire. Ici, comme le but était plutôt l’apprentissage du package sna avec R, ça ne me dérangeait pas trop.
Pour les années pleines : vous avez raison : ces graphiques oblitèrent toute temporalité, or les liens s’établissent et d’effacent. Je rêve de petites animations permettant de voir la sortie progressive (ou rapide) de certains individus, au cours des années…

Un commentaire par J. Finez (09/09/2009 à 17:44)

Effectivement, comme le suggère Dudouet FX, la temporalité est très importante. Il me semble que c’est Bébéar (aidé par Lachmann) qui a éjecté Messier. Donc… L’idéal, à mon avis, c’est de travailler à un instant t bien établi. Par exemple le 1er janvier de l’année X.
Sinon, l’idée de rendre dynamique un réseau interlock est intéressante. Cependant, il ne faut pas oublier que la composition du CAC 40 évolue régulièrement.

Un commentaire par Dudouet FX (09/09/2009 à 20:19)

Les données viennent donc de l’OpesC ;-) .Merci d’avoir mentionner la source. En tout cas votre schéma échappe à la critique que je faisais puisque les données sont valables pour le 31.12.2005. Pour l’animation en temps réelle des graphes, j’en rêve aussi. Pajek propose une évolution temporelle suivant le principe des “photos successives” avec une animation svg je crois, mais je n’ai pas creusé cette voie.
C’est vrai que la représentation des grappes a son charme…

Un commentaire par TT (23/03/2010 à 20:05)

Peut-on faire un usage politique de ce type de représentations ? Si oui, ça peut peut-être renouveler les modalités d’action collective (Cf. http://yannickrumpala.wordpress.com/2009/01/04/cartographier-le-contemporain/ ).

Un commentaire par Claire Lemercier (20/05/2010 à 12:05)

En effet, après une première vogue, les recherches sur les interlocks sont reparties, et plutôt à fond… Des collègues suisses ont fait bcp de choses ces dernières années notamment. En France, outre les gens précités (et en bonne intelligence… et entre autres, parce que ça part de tous les côtés) il y a en effet la thèse très riche de Nathalie Del Vecchio, et une recherche collective en train de se monter avec Catherine Comet, Pierre François, Nathalie et moi… Beaucoup de graphes en perspective donc. De mon côté j’en ai pour l’heure sur le 19e siècle (mais pas encore en ligne) ; c’est assez fascinant de voir comment certains éléments structurels perdurent depuis l’invention de la société anonyme. A part ça, une biblio plus du tout à jour du coup, mais peut-être encore utile, est sur http://lemercier.ouvaton.org/document.php?id=150
Enfin, sur les usages politiques, ils sont d’ores et déjà fort nombreux et sont en réalité à l’origine des premiers graphes de ce type (premières décennies du XXe siècle, eh oui, aux Etats-Unis, dans le cadre de la lutte anti-trusts). Cela étant, c’est bien là qu’on voit les dangers de “faire du réseau” avec des données faciles à mettre sous cette forme mais sans avoir trop réfléchi à la sociologie des réseaux (ni à ce que représentent ces “liens”) (je ne dis pas ça pour Baptiste, hein). Le célèbre “Bush à 2 coups (ou 3?) de Ben Laden”, etc.