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The Incredibly Shrinking…

Billet publié le 28/04/2011

Les bibliomètres ont montré que les bibliographies des articles avaient tendance à augmenter au cours des années. Est-ce que cela se vérifie au niveau individuel ?
Je n’ai pas la patience de prendre les travaux de 100 de mes collègues et de compter le nombre d’articles et d’ouvrages dans leurs bibliographies.
Mais j’avais la patience de le faire pour un collègue, J*-C* Kaufmann, qui publie, bon an, mal an, un livre ou presque. J’avais l’impression que, le concernant, les bibliographies avaient tendance à ne pas se rallonger, voire à rétrécir.
J’ai donc compté. Et voici ce que cela donne.
En 2001 et 2005, Ego et L’invention de soi comptaient plus de 300 références. Depuis, la tendance est à la diminution : Sex@mour et le sac n’en comptent que 76 et 52 respectivement.
Un calcul rapide nous permet de prévoir que le Kaufmann de 2013 comptera probablement 0 (zéro) référence bibliographique : c’est là que la droite de régression croise l’axe des abscisses.

Mais en fait, ma droite de régression est inexacte. Car Kaufmann a déjà écrit le livre sans bibliographie (à savoir La vie ordinaire, publié en 1989). Et son La vie HLM, en 1983, ne comptait que 10 références bibliographiques (du Chamboredon, du Chombart de Lauwe). L’inflation eu lieu dans les années 1990 : 113 références pour la Trame conjugale (1992, 5 étoiles au classement du Coulmont), 191 pour La femme seule et le prince charmant (1999), 320 pour Ego. La tendance actuelle à la réduction des références ne pourrait bien être qu’un retour aux dispositions initiales.
Voici donc ce qu’une courbe polynomiale de régression (d’ordre 2) donne :

Une hypothèse, des données, des résultats. La science avance !

Quand je me moque, gentiment, de Luc Boltanski, ça amuse les lecteurs. Quand c’est de Lahire, ça énerve certains, qui cherchent à le défendre, comme s’il en avait besoin. J’espère que personne n’y verra, ici, trop de malice.

6 commentaires

Un commentaire par Guillaume (30/04/2011 à 20:34)

Cher collègue,
Je ne suis pas sûr que votre critère soit très pertinent: mieux vaut 10 références qui ont été effectivement lues, avec lesquelles l’auteur débat, qu’une bibliographie interminable et qui n’aura pas même été consultée: lors de l’examen d’ouvrages pour compte rendu, j’ai pu constater que, souvent, les ouvrages cités en biblio n’apparaissaient JAMAIS dans les notes, et, qu’en outre, la biblio reproduisaient des erreurs (pagination, titre) présentes dans un autre ouvrage d’un auteur tiers, laissant à penser que la bibliographie est un simple recopiage des références trouvées par ailleurs, mais jamais lues.
Cependant, merci pour votre blogue si amusant ! Je suis MCF en lettres, et je vois certains points communs, mais aussi beaucoup de différences dans le foncionnement de nos UFR. Cela pourrait faire l’objet d’un prochain billet ?

Un commentaire par Baptiste Coulmont (30/04/2011 à 21:26)

>Guillaume : ce billet est surtout ironique. Il prend une sorte de méthode folle pour réduire un chercheur à une série de points… Je suis assez d’accord avec vous sur l’intérêt des bibliographies courtes pour certains ouvrages.

Un commentaire par DM (02/05/2011 à 15:24)

J’ai cru percevoir en informatique une tendance à l’allongement des bibliographies d’articles, que j’attribue à l’évaluation bibliométrique au pro-rata des citations, et autres h-index : on est tenté de citer tout le monde d’un peu connu qui a vaguement travaillé sur le sujet, afin d’éviter de mécontenter l’expert évaluateur (referee) au cas où l’on aurait omis de le citer ou de citer ses amis…

Bien entendu, ceci est juste un sentiment, je n’ai pas de données pour l’étayer.

Un commentaire par Robert (06/05/2011 à 11:54)

Je pensais qu’on citait de moins en moins au cours de sa carriere… Il y a la un joli sujet de master!

Un commentaire par rigas (28/05/2011 à 20:47)

Je pense qu’on cite d’autant plus qu’on emploie un bon logiciel de citation (Endnote, Zotero ou autre).

Un commentaire par Baptiste Coulmont (16/12/2012 à 16:51)

Je me suis trompé d’un an dans la première régression, car Oser le couple, (Kaufmann, 2012) n’a pas de bibliographie.