Billet

À Amiens aussi, on a nos prophètes

Billet publié le 11/11/2011

Joël Gombin m’indique aujourd’hui sur twitter que les églises évangéliques “africaines” se trouvent aussi à Amiens. Il en veut pour preuve l’affiche suivante :

Affiche qui ne dépareillerait pas à Paris : on y retrouve les mêmes ingrédients (hommes en costumes, micro, “conférence”, mention d’une divinité…).
Mais que vont-ils faire à Amiens, ces pasteurs ? La population de cette ville de 130 000 habitants est-elle suffisante pour faire vivre une église à la fois protestante et en lien avec les migrations congolaises ou ivoiriennes ?
L’affiche qu’a trouvée Joël n’est pas isolée. Des tentatives d’installation ont même lieu dans des villes beaucoup plus petites. Noyon, 14 000 habitants, a vu l’arrivée de l’Eglise évangélique “Jésus-Christ le Rédempteur” l’année dernière.

Si les églises “africaines” sont surtout concentrées en banlieue nord de Paris (comme on peut le constater en lisant la thèse de Frédéric Dejean ou sur mon blog), l’expansion vers le Nord est rapide. Peut-être parce que l’immigration africaine, elle aussi, s’est déployée vers le Nord et que l’offre suit la demande. Peut-être aussi parce que la concurrence entre pasteurs-prophètes est tellement forte en région parisienne que le salut, pour un entrepreneur, se trouve là où elle est moins forte, voire inexistante : l’offre précède la demande. Peut-être enfin que s’installer entre Paris et Bruxelles (deux pôles importants pour ces églises) est associé à quelques avantages “transnationaux” (s’associer, par exemple, comme dans l’affiche d’Amiens, à des pasteurs parisiens d’un côté, bruxellois de l’autre).

5 commentaires

Un commentaire par Bernard Boutter (12/11/2011 à 19:04)

Bonjour,

Des Eglises “africaines”,principalement évangéliques charismatiques, se créent aujourd’hui dans la plupart des grandes villes de province,et même dans des communes de moindre importance. Début 2010, dans le cadre d’enquête RGPF dirigée par Sébastien Fath, j’avais ainsi répertorié 13 de ces assemblées sur l’agglomération nantaise, et 7 sur Rennes, dont 2 seulement avec une ancienneté supérieure à 10 ans (deux Eglises, une fondée en1993 et l’autre en1998 sur la capitale bretonne)
Un an après, le constat est de 11 Eglises supplémentaires : 9 sur Nantes et 2 sur Rennes. Mais, pour ce qui est des régions Bretagne/Pays de Loire, on en trouve également à Saint-Nazaire, Vannes, Lorient, Angers, etc. Si la plupart de ces assemblées restent indépendantes de fédérations reconnues, certaines appartiennent à la CEAF, à l’ECOC,mais aussi à la FECBC ou à la FEPEF, et un nombre grandissant d’entre elles intègrent la Fédération des Eglises Chrétiennes Evangéliques (FECE), comme on peut le constater en consultant l’annuaire de cette fédération, créée en 2004 par Gérard Charton et Pierre Meyong-Ndong, qui accueille par exemple les différentes antennes en France de l’Eglise Montagne de Feu et des Miracles (MFM) : http://fede-eglises.com/france.htm.

Bien cordialement

Un commentaire par régis (16/11/2011 à 10:20)

Des affiches du même genre fleurissent à Villeurbanne depuis 18 mois environ. J’en vois également, plus rarement, à Lyon, dans des quartiers “alternatifs”

Un commentaire par Hervé A. (16/11/2011 à 13:20)

Moi j’habite st etienne et de tous temps il y a eu des églises évangélico-africaines (je ne comprends pas si l’étude ne porte que sur les évangéliques, ou que sur les évangéliques africains, ou que sur les affiches ? ).

Je suis consterné d’apprendre que les chercheurs du CNRS s’envoient sur twitter leurs “découvertes” concernant la province à ce sujet !??

Certes, j’admets qu’il y a moins d’affiches… et je ne suis pas sûr que ce soit le bon vecteur pour étudier ces églises… ils utilisent “déjà” la pub par le web, et aussi les flyers qu’ils distribuent quelques fois dans la rue. Enfin bref, si j’en vois, je prends la photo, et je vous ll’envoie ?? (sur twitter ????? )

Un commentaire par Baptiste Coulmont (16/11/2011 à 13:50)

> Hervé A. : “De tous temps ?” probablement pas. Plus de dix ans ? probablement. Et concernant twitter, pourquoi les chercheurs ne pourraient pas utiliser ce moyen de communication rapide (plus rapide que les Comptes-rendus de l’Académie des Sciences, en tout cas). N’hésitez pas à m’envoyer des photos sur twitter.

Un commentaire par Frédéric (17/11/2011 à 18:11)

@ Régis. Les affiches étaient largement présentes à Lyon au moment de mon master 2, soit en 2006-2007. Comme à Paris, on en trouvait à la sortie de certaines bouches de métro, par exemple du côté de Villeurbanne.