Categories

Archives

Billet

Prénoms et mentions au bac, édition 2013

Billet publié le 07/07/2013

Mise à jour :

  1. Le mini-site http://coulmont.com/bac/ permet d’accéder à des résultats plus précis (distribution des mentions et liste des prénoms ayant le même “profil”).
  2. Une visualisation dynamique du graphique est maintenant en ligne ici
    bac-mention-2013

Cette année encore, la proportion de mentions “Très bien” que reçoivent les porteurs de certains prénoms permet de dessiner un espace social qui, immédiatement, fait sens. Prénoms choisis par des parents des classes intellectuelles, de la bourgeoisie ou du salariat d’encadrement d’un côté, prénoms choisis par des parents des classes populaires de l’autre.
Le graphique ci-dessous place les prénoms suivant :
– en abscisses la proportion de mention “très bien” associée au groupe des porteurs du prénom
– en ordonnées le nombre de candidats au bac, en 2013.

bac-2013
Lien vers le graphique au format PDF

En 2013, 20% des Diane et des Adèle ont obtenu une mention “TB”. Ce n’est le cas que de 4% des Enzo et des Anissa. 16% des Clara, 4,5% des Jeremy. Ces différences entre prénoms ne sont pas dues aux prénoms : les copies sont corrigées anonymement, et le prénom n’a rien de magique. Le prénom indique — de manière imparfaite et floue — l’origine sociale de celles et ceux qui le portent, et la réussite scolaire est, en partie, liée à cette origine sociale : “Parmi les élèves entrés en sixième en 1995, 71,7% des enfants d’enseignants ont finalement décroché en 2010 un bac général, 68,2% des enfants de cadres supérieurs, 20,1% des enfants d’ouvriers qualifiés, 13% des enfants d’ouvriers non qualifiés, et 9,2% des enfants d’inactifs”.
Pour revenir aux prénoms, si l’on ne garde que les prénoms qui apparaissent plus de 30 fois dans la base, ceux qui sont associés à un taux énorme de mention TB sont : Ulysse, Guillemette, Quitterie, Madeleine, Anne-Claire, Ella, Sibylle, Marguerite, Hannah, Irene, Octave, Domitille (qui sont entre un quart et un tiers à obtenir une mention). À l’opposé moins de 2% des Asma, Sephora, Hakim, Kimberley, Assia, Cynthia, Brenda, Christian, Bilal, Brian, Melvin, Johann, Eddy, et Rudy ont obtenu mention TB.

Les données portent sur plus de 338000 candidats au bac général ou technologique en 2013, qui ont obtenu une moyenne supérieure à 8/20 et qui ont accepté la diffusion de leurs résultats. 8,6% de cette population a obtenu une mention TB. L’aide d’Etienne O. fut précieuse !

Pour en savoir plus sur l’aspect sociologique des prénoms : Sociologie des prénoms, [sur amazon, dans une librairie indépendante]
Les années précédentes : 2012 [précisions] et 2011

Mise à jour : Les observateurs minutieux repèrent que l’on trouve surtout des prénoms de fille à droite. L’explication de départ est que les filles réussissant mieux que les garçons à l’école, elles reçoivent aussi, plus souvent que les garçons, des mentions TB. Une autre explication s’intéresse aux prénoms eux-mêmes : les prénoms des garçons choisis par les parents de “classes supérieures” sont peut-être moins socialement clivants que les prénoms de filles.

40 commentaires

Un commentaire par Patrick Pla (07/07/2013 à 17:14)

On remarque également une large domination des filles dans les plus gros pourcentages de mention TB. Là aussi, ce n’est pas une surprise.

Un commentaire par Léa (07/07/2013 à 17:35)

On s’en fout des mentions TB c’est pas ça qui rend heureux le bac c’est donné maintenant t’as mention ou pas tu t’en fous du moment que tu l’as, ça sert qu’à faire des études ensuite alors on s’en fout lol

Un commentaire par Baptiste Coulmont (07/07/2013 à 17:39)

> Léa : Le bac est loin d’être “donné à tout le monde”, puisque moins de 10% des enfants d’inactifs l’obtiennent.

Un commentaire par PALME D’OR – Pour une mention au bac, mieux vaut s’appeler Adèle | Big Browser (08/07/2013 à 11:26)

[…] des prénoms (La Découverte, 2011), épluche les résultats du baccalauréat et se penche sur les prénoms des bacheliers ayant obtenu une mention "très bien". Il en tire un tableau qui permet de voir, en ordonnées, la prévalence des prénoms parmi les […]

Un commentaire par Guillaume SAEHR (08/07/2013 à 11:40)

J’ai une question dans cette étude qui me parait biaisé : le prénom Sabrina est peut etre beaucoup plus rare que le prénom Adèle ou Diane. Comment la recherche a pris en compte cela ?

Exemple : s’il y a 10000 Adèle et Diane qui ont passé le Bac contre 500 Sabrina, forcement le pourcentage ne va pas être équivalent et l’étude est biaisé même s’il y a un prorata ….

Un commentaire par Nico Pedia (08/07/2013 à 11:42)

Pour affiner on pourrait peut être s’intéresser à la repartition en fonction des sections général et technologique et au découpage à l’intérieur des sections. Y’a t’il des mentions très bien pour des Diane et des Kevin en S, en L etc. Cela permettrait d’avoir un aperçu de la répartition entre fille et garçon en fonction de la section et de la classe social, est ce que les garçons font S et les filles font L quelque soit la classe social?

Un commentaire par Marcelino (08/07/2013 à 12:12)

Très intéressante enquête! Une question me turlupine, lorsque je compare vos résultats à ceux de l’an dernier… Avez-vous volontairement exclu les prénoms à consonnance arabe?

Un commentaire par lolo031 (08/07/2013 à 12:14)

guillaume, je suppose que la notion de pourcentage vous échappe autant que l’idée de regarder ce que signifie l’échelle des ordonneés.
ce qui permettrait par exemple de constater qu’il y a plus de “Sabrina” que d'”Adèle”.

Un commentaire par Baptiste Coulmont (08/07/2013 à 12:33)

> Marcelino : je n’ai rien exclu.

Un commentaire par LoneCat (08/07/2013 à 15:17)

Hum:

“Parmi les élèves entrés en sixième en 1995, 71,7% des enfants d’enseignants ont finalement décroché en 2010”

Sachant que l’on entre en 6e à environ 10 ans, s’ils ont eu leur bac 15 ans plus tard (donc vers 25 ans)ont peut effectivement dire “finalement”

Merci à Libération pour cette bonne blague =)

Ciao,
LoneCat

Un commentaire par Baptiste Coulmont (08/07/2013 à 15:18)

>LoneCat : il y a en effet eu une coquille sur Libé, les données portant bien sur les enfants du panel 95, qui n’ont pas passé le bac en 2010 mais avant

Un commentaire par RjG (08/07/2013 à 15:20)

J’adore ce commentaire de Big Browser: “Il ne faudrait pas croire pour autant qu’un prénom peut déterminer la réussite scolaire d’un enfant, met en garde Baptiste Coulmont. Sa recherche, moins futile qu’il n’y paraît, illustre surtout l’influence de l’origine sociale des élèves sur leur réussite scolaire.”

Un commentaire par Baptiste Coulmont (08/07/2013 à 15:27)

Le côté “moins futile qu’il n’y paraît” est parfois difficile à faire comprendre, en effet.

Un commentaire par phi (08/07/2013 à 16:11)

ça a l’air assez fiable car les prénoms ne bougent apparemment pas trop d’une année sur l’autre (?) : Adèle, Anne, Louise, Juliette, Paul, Charles…
mais où sont donc passés Hortense et Henri? et Youssef, Nabil?
la rareté des prénoms change si rapidement?

Un commentaire par Baptiste Coulmont (08/07/2013 à 16:14)

> Phi : des prénoms relativement rares, d’une année sur l’autre, peuvent passer sous la barre (j’ai fait, cette année, un seuil à 250 personnes portant le prénom dans la base).

Un commentaire par Rasmont (08/07/2013 à 16:52)

Il court divers bruits sur la subjectivité des enseignants et examinateurs (couleur de la cravate du candidat, etc.). Il est certain que ces derniers sont victimes de préjugés. C’est grave si cela peut parfois signifier un échec. Roger Peyrefitte dans ses propos secrets révèle que parfois appelé à faire passer des examens à l’école française d’Athènes, il ne recevait que les plus jolis candidats. L’école et les examens apprennent, avant tout, à subir l’injustice.

Un commentaire par Nejma (08/07/2013 à 16:55)

Recherche très intéressante utilisée hélas par certains afin d’accréditer qu’il n’y a pas d’éducabilité cognitive chez une certaine population issue de l’immigration. Je ne vais pas narrer ma situation familiale qui est exemplaire au regard de l’analphabétisme de mon père. Visiblement avec 11 enfants et 8 bac plus 5 à minima,nous serions des erreurs statistiques.
J’avais personnellement constaté que ceux qui dépendaient des scolarités spécialisées ou étant signalés tôt comme en échec s’appelaient Brandon, Kevin Wendy ou Jenifer.
Ces analyses supposent bien en réalité d’une part l’échec de l’Education nationale à porter le plus de catégories au niveau du supérieur, malgré des intentions égalitaires,d’autre part cela conforte les errances de la recherche de cohésion sociale et d’unification. Elles supposent aussi les élèves qui se laissent distancier ont baigné depuis la petite enfance dans un bouillon de souffrance créant un potentiel déséquilibre difficilement ré ajustable. La part de responsabilité de certains enseignants n’est pas à écarter ni celle des politiques qui refusent de voir que sans dignité sociale c’est difficile d’exister.
Y-a-t-il un lien entre origine sociale et réussite scolaire? Oui sans doute aucun, cela ne signifie pas que ceux qui sont issus des milieux favorisés réussissent tout le temps et inversement.
En attendant nous n’avons toujours pas trouvé le moyen de les faire réussir tous quelle que soit l’origine sociale.

Un commentaire par Anne M. (08/07/2013 à 17:19)

C’est vraiment le genre de commentaire inutile… parfais pour stigmatiser.
Le bac n’est pas donné à tout le monde et j’en connais beaucoup qui ne l’auraient pas.
Quand à la mention, c’est un plus…

Un commentaire par Benjamin (08/07/2013 à 17:58)

Cher Baptiste,
Je fais une remarque que j’ai déjà faite, mais que je vais mieux étayer. Tu dis que la corrélation prénom-taux de mention Très Bien s’explique en fait par la corrélation origine sociale-prénom. C’est bien entendu une grande part de l’explication, mais rien dans tes analyses ne prouve que le prénom n’est pas en lui-même une variable qui a un pouvoir prédictif *à origine sociale égale*. Pour le savoir, il faudrait comparer deux modèles statistiques, l’un où la seule variable explicative est l’origine sociale, l’autre dans laquelle on a deux variables explicatives, l’origine sociale et le prénom. Si le deuxième modèle est meilleur, cela veut dire qu’il y a un effet du prénom indépendant de ce qu’on appelle (dans le modèle) “origine sociale”. A mon avis ce serait très surprenant qu’il n’y ait pas un tel effet, même s’il sera sans doute petit. Je vois au moins deux raisons de penser cela:
– la première, la moins intéressante, est que la mesure de l’origine sociale est imparfaite, et la prise en compte du prénom peut dans certains cas “corriger” des erreurs de catégorisation.
– la deuxième est qu’à milieu social égal, le *choix* du prénom peut être révélateur de la plus ou moins grande connaissance du monde social qu’ont les parents, ou de toute autre disposition psychologique pertinente pour la réussite scolaire. Des parents de milieu populaire qui évitent de donner le prénom “Sabrina” parce qu’ils savent que ça fait “plouc” auront probablement des enfants qui réussiront mieux à l’Ecole (ils sont peut-être plus “intelligents”, dans un sens à définir, que d’autres parents, même si cela n’est pas très PC). Evidemment on pourrait dire qu’en ce cas il s’agit d’un effet de l’origine “sociale”, si on comprend le teme de manière très large, même si rien dans de telles données n’exclurait une explication non-sociale (par exemple des dipositions psychologiques en partie transmises génétiquement – idée qui fera hurler beaucoup sociologues je pense mais que rien n’exclut a priori).

Un commentaire par PokeMeImFam0us (08/07/2013 à 18:00)

Ces résultats ne me semblent pas très convainquants.
Il faudrait voir comment l’étude a-t-elle été menée, mais en admettant que la moyenne soit de 10% de mentions très bien et que tous les prénoms donnent suite à des résultats équivalents (ce que dément cet article), cela signifierait que plus un prénom est populaire, plus il est proche de 10%.
Et cela semble ici en être le cas puisque les prénoms les plus recensés (Manon, Camille, Marie, Thomas) tournent autours de 10%.
En revanche, il y a quelques exceptions pour lesquelles on peut tirer un bilan, comme Kevin à 3% alors qu’il y en a +2000 recensés, mais certainement pas pour des prénoms comme Sabrina, Diane ou Adele alors qu’il y en a moins de 300.
Il aurait fallu refaire cette étude en recensant le même nombre de mentions pour chaque prénom.

Un commentaire par Christophe (08/07/2013 à 18:25)

On pourrait ajouter des IC sur ces estimations (loi des grands nombres => l’estimateur de la proportion suit une loi normale). Les estimations sur petits échantillons sont moins précises que sur grands échantillons. Une autre idée : tester si la rareté du choix du prénom est corrélée au taux de mentions TB.
(représentation en monotone : on classe les prénoms de la classe la plus nombreuse à la classe la moins nombreuse et selon ce classement, on représente le taux pour voir ses fluctuations…)

Un commentaire par Cavalié (08/07/2013 à 19:00)

Je ne vois ni Théophile, ni Béatrice. Est ce à dire qu’il n’y a eu aucune mention TB chez ces prénoms ?

Un commentaire par Nejma (08/07/2013 à 21:46)

Monsieur COULMONT, il serait intéressant de se pencher sur le lycée musulman d’AVERROES de Lille qui obtient 100% de réussite au bac.

Un commentaire par leon (09/07/2013 à 2:39)

Que de savants commentaires laissés par de bien pompeux savants ! piqués au “hasard” :
* “corrélation prénom-taux de mentions TB” : il faudra m’expliquer comment on définit une telle corrélation. C’est tout juste si on ne parle pas du prénom moyen
* un modèle qui explique le taux de réussite avec comme variables explicatives l’orgine sociale et le prénom. Bon courage… La variable prénom, elle a combien de valeurs distinctes ? C’est quoi le taux de réussite des Benjamin ?
* que la loi des grands nombres entraine que l’estimateur d’une proportion suit une loi normale, me semble très louche (aux dernières nouvelles, ce n’est pas encore prouvé). Par contre, un théorème central limit, ça se pourrait. Des IC ? sur la proportion de quoi ? Et puis si les données sont exhaustives (?) il n’y a rien du tout à estimer. Quel est le sens d’un IC dans ce cas ?

On voit bien que plus le prénom est “schpoounz”, plus le taux de réussite est élevé. Au fait, est-ce que Kevin est plus schpoounz que Diane, ou est-ce le contraire ?

Un commentaire par Nicolas (09/07/2013 à 8:54)

J’approuve et vais dans le sens du commentaire de Benjamin. Cela révèle un aspect social mais pas que. On peut être riche mais appeler son fils Rudy ou Enzo. Il s’agira là donc plus de culture, de goûts, etc.

Un commentaire par Olivier (09/07/2013 à 9:08)

En effet, la question du “nombre” et du pourcentage de mentions “très bien” est une excellente remarque: vous mélangez des pommes et des poires.

Pourquoi ne pas avoir corrigé l’hétéroscédasticité en utilisant le pourcentage d’occurences de chaque prénom ? Cela vous permettrait alors de calculer un indice du type “Indice de Gini” qui vous permettrait de voir à quel point la répartition est inégale.

Deuxième chose, vous avez probablement un biais de sélection: vous spécifiez que vous ne disposez des données que de ceux qui ont bien voulu vous les donner. Si le prénom est effectivement lié à la classe sociale, les Hortense, Adèle et Diane n’ont-ils pas plus d’incitant à ne pas divulger de mauvais résultats ? Ce qui biaiserait vos résultats vers le haut pour ce type de prénoms.

Troisièmement, corrélation n’est pas causalité ! Même si on peut penser qu’il n’y a pas de circularité entre la réussite au bac et le prénom (pour une raison évidente de timing), je trouve l’explication de causalité un peu légère.

Quatrièmement, je doute qu’une simple corrélation ait un quelconque pouvoir explicatif. Si vous aviez voulu faire une vraie enquête, vous seriez passé en multivarié: origine sociale des parents (immigration OUI/NON, plus haut diplôme obtenu, type de travail: ouvrier, employé, cadre, profession libérale, indépendant, sans emploi), situation familiale (nombre d’enfants, taille du logement, propriétaire OUI/NON, placement dans l’ordre de naissance), et puis toutes les caractéristiques de personnelles (âge, sexe, nombre d’années de redoublement en secondaire, activité sportive en dehors, vie sociale étendue (échelle de Likert), distance au lieu d’école, etc etc etc
Les techniques sont nombreuses pour résumer cette information: analyse en composante principale, analyse factorielle. Avec suffisamment de données vous pourriez même envisager un modèle économétrique simple: ordered probit si vous voulez obtenir différents niveaux de réussite, un simple probit si la variable dépendante est “L’enfant a-t-il obtenu une mention très bien ou non ?”

Cinquièmement, pourquoi vous êtes-vous limité au bac philo ? N’y a-t’il pas là aussi un problème de sélection: en effet, on peut aisément imaginer que les enfants d’origine sociale plus élevée soit plus présents dans cet échantillon.

Sixièmement, j’ai cru comprendre que vous avez des données pour plusieurs années, pourquoi ne pas avoir fait une analyse en panel ?

J’aimerais votre avis sur mes questions,

Merci.

Un commentaire par Baptiste Coulmont (09/07/2013 à 9:29)

Merci pour toutes ces questions. Je prendrai plus tard le temps d’y répondre, en totalité ou en partie.

Un commentaire par Luc (09/07/2013 à 11:34)

Ce que je note.

1) les 10 prénoms les obtenant le plus de mentions TB sont des prénoms féminins.
2) parmis ceux-ci 80% commencent par la lettre A.

Faut il penser que les profs ont plus tendance à s’occuper des demoiselles situéées en tête de la liste de présence ?

Un commentaire par Jacques (09/07/2013 à 15:16)

Bonjour
Comment avez-vous eu accès à la liste complète des élèves/mentions?

Un commentaire par Le Guen (09/07/2013 à 15:42)

Il y a un lien direct entre le milieu social (et donc les prénoms usités) et la réussite au bac!
Le jour où les séries américaines se mettront à utiliser des prénoms comme Louise ou Adèle, les résultants d’aujourd’hui seront inversés!
Ma seule conclusion c’est que l’Éducation Nationale n’arrive pas à inverser ce qui s’observait au début du XXème siècle: Le fils de notable sera notable et le fils d’ouvrier sera ouvrier.
Moi je m’appelle Eudes et je ne trouve pas mon nom dans la liste.Bouhuohouhou

Un commentaire par Benjamin (10/07/2013 à 4:20)

Ok, je reconnais mes erreurs. Parler de corrélation n’a pas de sens, je suis d’accord. En revanche, il doit bien y avoir moyen de savoir si prendre en compte à la fois le prénom et le milieu social permet de faire de meilleures prédictions que la seule prise en compte du milieu social, non ?

Un commentaire par Baptiste Coulmont (10/07/2013 à 9:20)

> Olivier : trop de questions.

Un commentaire par Olivier (10/07/2013 à 9:38)

Cher Léon,

Il est possible d’obtenir des corrélation avec des variables catégorielles…
Source: introduction aux statistiques, http://psych.unl.edu/psycrs/971/altreg/qualvars.pdf

Dans un modèle économétrique, on doit “coder” les prénoms pour pouvoir les utiliser dans la régression. La question n’est donc pas de savoir si “en passant de François à Diane il y a tel ou tel effet” mais “le fait de s’appeler François ou Diane a-t-il un effet ? Si oui, de combien ?”
En utilisant Stata, la commande est : xi: reg mention_TB i.prenom, si cela vous intéresse. Note: j’ai illustré avec un modèle linéaire bien que j’aurais du faire un logit. Le sens est le même.

En ce qui concerne le nombre d’instances pour la variable prénom, je ne me ferais pas trop de soucis: 600 000 bacheliers en France en 2013 (chiffres de Libération) pour peut-être 10 000 prénoms différents. Ca laisse encore pas mal de degrés de liberté au sens statistique du terme.

Un commentaire par luc (10/07/2013 à 9:51)

Tout d’abord, félicitations pour cette étude intéressante qui est en train de faire le tour du Web.

Outre toutes les demandes de complément qui traduisent bien l’engouement pour le sujet, il serait bien de pouvoir donner un coefficient multiplicateur (sup ou inf à 1) par prénom de chance de succès au bac, associé à titre indicatif à sa fréquence ds la population.

Bonne journée

Un commentaire par anticlée (10/07/2013 à 11:22)

Votre travail m’a beaucoup interpellée et rejoint certaines de mes réflexions.
Que pensez-vous de mon hypothèse selon laquelle, l’éducation au sens large et les codes sociaux qui en découlent, jouent un rôle déterminant dans l’ascension professionnelle ?
Assia et Nabil n’auraient ils pas plus de chances de côtoyer mes enfants Aliénor et Ulysse d’abord dans les filières générales puis en prépa puis dans les grandes écoles, si Assia faisait de la danse classique, si Nabil était scout ou pratiquait le tennis, si l’un et l’autre pratiquaient la musique au conservatoire, s’ils avaient visité la Basilique de Saint-Denis avec leurs parents etc
Est-ce que Nabil et Assia, une fois dans le monde de l’entreprise ou dans l’administration n’aurait pas de plus belle perspectives que Kevin ou Sophie qui auraient grandi au fin fond de la campagne, sans manquer de rien mais sans avoir eu d’autre « éducation » que celle de l’école et la tendresse de leurs parents.
Pour l’humaniste libérale que je suis, cela est injuste pour Assia et Nabil qui n’iront jamais au Conservatoire (pourtant ouvert à tous en théorie), pour Kevin et Sophie qui, s’ils ont la chance d’aller en prépa comprendront comme moi, à 20 ans passé, qu’un « rallye » n’est pas seulement une course automobile et que cette ignorance les écartera vraissemblablement un jour, des cercles du pouvoir.
C’est pour cela que je « milite ». En tant qu’entrepreneuse, j’ai intégré le mouvement 100 000 Entrepreneurs. Invités par des enseignants qui en font la demande, nous allons dialoguer dans leurs classes pour expliquer que l’entrepreneuriat est ouvert à tous et à toutes, pour leur faire découvrir concrètement ce qu’est une entreprise et pour confirmer que les savoirs, notamment ceux qui s’acquièrent à l’école, servent dans la « vraie » vie.

Un commentaire par Bertrand (10/07/2013 à 17:29)

Très interessant. Je suggère un graphique prénom/section de lycée. Les enseignants savent bien que la probabilité qu’un Kévin ou un Bryan soit un bon élève (c’est à dire adapté au fonctionnement de l’education Nationale) est très faible par rapport à une Diane ou une Daphnée.
Bon travail!

Un commentaire par Olivier (11/07/2013 à 11:19)

Cher Baptiste,

Une seule au hasard, alors ?

Un commentaire par Sébastien (11/07/2013 à 19:59)

Votre étude est très intéressante, mais guère surprenante.
Avez-vous pensé à réaliser la même étude sur les prénoms des lauréats de grands concours comme l’agrégation ?

Un commentaire par SOCIOLOGY OF FRENCH NAMES | (27/12/2013 à 19:18)

[…] the chart doesn’t give you the most BCBG names, such as Guillemette, Quitterie, Madeleine, Anne-Claire, Ella, Sibylle, Marguerite, Hannah (?), Irene, Domiti…, (Ulysse and Octave for boys) which don’t appear because there are relatively rare, but were […]