Billet

Tous des menteurs ?

Billet publié le 03/03/2014

Vous parcourez peut-être ces lignes parce que vous venez de lire le billet publié dans Le Monde, à la une du cahier « Science & Médecine » du mercredi 5 mars 2014, et que vous avez voulu en savoir un peu plus ?

Parfois les enquêtés mentent… Les questionnaires des enquêtes quantitatives demandent alors aux enquêteurs (qui posent les questions) d’estimer la “bonne volonté” des enquêtés, comme ici à la fin du questionnaire de l’enquête TeO :

TeO-controle

Le cœur de la chronique vise à souligner que, si les enquêtés mentent parfois, ils tendent quand même à être honnête quand on leur demande s’ils ont répondu honnêtement. Le problème des sociologues n’est donc pas que “tous les Crétois sont menteurs”, mais d’arriver à faire quelque chose avec les réponses des 5% de Crétois menteurs (qui disent, quand on leur demande, qu’ils sont peut-être menteurs).
J’avais déjà abordé ce thème dans un vieux billet sur les réticences à répondre : A. Béjin expliquait, dans un article, les procédures de contrôle des réponses. L’article qui m’a donné l’occasion de la chronique de cette semaine m’a semblé intéressant dans la mesure où, au lieu de reposer sur une procédure externe, le contrôle de la parole des enquêtés repose sur eux-mêmes. Une injonction disciplinaire qui, en plaçant les individus en position de sujets, les incite à dire une vérité… Foucault, sort de ce questionnaire !

2 commentaires

Un commentaire par DM (03/03/2014 à 23:47)

Quand j’étais lycéen, on nous convoqua un jour pour une “réunion”, présentée comme obligatoire, si je me rappelle bien vers l’heure du déjeuner (peut-être ne concernait-elle que les demi-pensionnaires). Nous fûmes accueillis par des enquêteurs nous félicitant d’être volontaires pour répondre à un questionnaire sur notre alimentation; inutile de dire que la réaction fut alors assez hostile. Je soupçonne qu’un bon nombre des réponses fournies étant fantaisistes… J’ignore à quoi servent ce genre d’enquêtes et comment les réponses sont dépouillées.

Un commentaire par simone (06/03/2014 à 2:52)

J’ai aussi un souvenir de lycée: un étudiant était venu nous distribuer un questionnaire sur notre “qualité de vie” et il y avait des questions comme “avez-vous déjà eu envie de vous suicider?” etc. Avec qq autres bout-en-train, nous nous sommes amusés à répondre des choses vraiment horribles… à dessiner des des cercueils dans l’espace laissé libre à la fin du questionnaire, etc. Résultat: l’équipe enseignante a été très préoccupée de nos réponses (anonymes), a fait régulièrement des appels à ce que nous discutions de nos difficultés et, cerise sur le gateau, un cours de français a été banalisé et une psy est venue discuter avec la classe. Bref, on a bien rigolé…