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Les billets de April, 2016 (ordre chronologique)

Voyelles, consonnes, lettres et genre.

Les prénoms donnés aux garçons et ceux qui sont donnés aux filles n’ont pas la même structure. Les filles reçoivent des prénoms qui ont aujourd’hui un peu plus de voyelles que de consonnes : Aurélie (5 voyelles et 2 consonnes) ou Léa (2 voyelles et une consonne) sont de bons exemples. L’écart se maintient tout au long du siècle alors même que le ratio, pour chaque genre, évolue : Quand les prénoms féminins se consonnantisent, les prénoms masculins se voyellisent (ou l’inverse).

ratiovoyellesprenoms

Et les prénoms “mixtes” : eh bien c’est entre les deux. Les prénoms donnés aux deux sexes, comme Camille, ou encore Charlie ou Sasha, ont un peu plus de consonnes, mais pas autant que l’ensemble des prénoms de garçons.

Il n’en va pas de même pour la longueur moyenne des prénoms : prénoms masculins et féminins ont désormais la même taille moyenne, mais les prénoms “mixtes”, eux, sont beaucoup plus courts.

longueurprenoms

Les lettres les plus données restent grosso-modo les mêmes au cours du siècle, avec quelques modifications, comme l’augmentation de la fréquence des “Z”, récemment, et des “Y”, de manière plus ancienne, chez les filles.

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Note : Le prénom “Dominique” a été enlevé du corpus des prénoms mixtes. Pour aboutir aux moyennes, le nombre de lettres d’un prénom est pondéré par le nombre de naissances : un prénom comme Théodore (donné à peu d’enfants en 2011) n’aura pas le même poids que Paul (bien plus fréquemment donné).

11 ans, bel âge pour un site !

Le site internet du Département de sociologie de l’Université Paris 8 va bientôt fêter ses 11 ans (comme j’ai oublié d’en parler quand il a oublié de fêter ses 10 ans, j’en parle maintenant).
D’un côté, c’est un site “classique”, avec Brochures de licence, thèmes de recherche des enseignants-chercheurs et un moignon de version in English.
Sa spécificité, je pense, est ailleurs. L’archivage automatique des textes qui y ont été publiés laisse voir le quotidien d’un Département de sociologie, en France, aujourd’hui.
Ce quotidien est fait :

Plein de choses à découvrir, donc, et sans corporate buzzwords : allez-y voir par vous-même. Cela devrait vous donner envie de venir y faire de la sociologie, ou de venir l’apprendre.

Changer de prénom, interview dans Libération

Aujourd’hui dans Libération, une interview au sujet de Changer de prénom (Presses universitaires de Lyon) :
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Baptiste Coulmont : «Changer de prénom a très souvent un lien avec l’identité nationale»

Les changements de prénom ne sont pas nombreux, moins de 3000 par an en France, mais ils révèlent notre rapport contemporains aux catégories d’État, comme l’état civil, qui structurent notre identité publique. On ne change pas de prénom “par hasard”, pas plus qu’on accepte facilement de devoir en changer :

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Marion refuse de changer de prénom, son employeur la vire

(même si, dans le monde des centres d’appel délocalisés et externalisés, « Julie », « Romain » et « Nathalie » sont souvent des prénoms d’emprunts).