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Publier !

Vous venez de terminer une thèse (ou un DEA remarqué)… il “faut” publier. Il y a quelques semaines, Emilie Biland, Aurélie La Torré et Abdia Touahria-Gaillard ont organisé une “journée” à l’ENS : Publier en sciences sociales : comités de rédaction, éditeurs et auteurs au travail. Vous trouverez dans un document PDF à conserver dans un coin d’ordinateur [PDF] plein de conseils.

La francisation

Imaginons que vous soyez étrangère, que, par exemple vous vous appeliez محمد بن خلدون (peu de chance, mais imaginons). Vous demandez la nationalité française. Bien. Que découvrez-vous sur le formulaire de demande d’acquisition de la nationalité française ?

acquisition de la nationalité française

Vous découvrez la possibilité de “franciser” des noms et des prénoms (les vôtres, mais aussi ceux de vos enfants qui n’ont pas la nationalité française).
C’est, comme vous le voyez, la deuxième case à cocher, signe de son importance symbolique. Qu’est-ce donc que cette “francisation” ? Ce n’est pas une translittération, mais une transformation du prénom (ou du nom) d’origine en un autre, appartenant au stock en usage en France.

Les pages 5 et 6 du document CERFA 51148*01 : Notice d’information pour les candidats à la naturalisation ou à la réintégration dans la nationalité française [PDF] donnent quelques précisions. Il est par exemple possible de traduire “en langue française [le] nom étranger lorsque ce nom a une signification”. Wiesnienski deviendra ainsi “Merisier”, et Haddad “Laforge”. Mais : “Si vous êtes dans ce cas, vous devez fournir une attestation établie par un traducteur assermenté.” Il est aussi possible de “transformer” le “nom étranger pour aboutir à un nom français. Dans ce cas, le nom demandé ne doit pas être trop éloigné du nom d’origine et présenter une consonance et une orthographe françaises.”. Fayad deviendra “Fayard”.

La demande de francisation elle-même est manifestée en remplissant le formulaire CERFA 65-0054 : “Demande de francisation (facultative) [PDF]. Apparaît alors une possibilité qui n’était pas mentionnée dans les documents précédents. Il est possible de déclarer : “Je sollicite l’attribution d’un prénom français“, attribution qui sera — si j’ai bien compris — réalisée par l’employé administratif qui se trouve face à la demandeure. Ont-ils un livre des prénoms français ? ou une liste mille fois photocopiée de vieux prénoms “bien de chez nous” ?
francisation attribution d\'un prénom

L’acquisition d’une nouvelle nationalité est probablement proche de l’endossement d’une nouvelle identité, et il est intéressant que l’Etat se fasse l’écho de ce désir de changement… Oui, mais ce serait trop simple. L’Etat, ici, ne propose pas un nouveau nom, il propose (c’est l’un des exemples officiels) de changer “Maria” en “Marie”, “Antonia” en “Adrienne” (sic). L’Etat propose une “francisation”. Et aujourd’hui, la possibilité même de francisation peut être vue comme une petite violence faite à l’identité d’origine, comme une demande d’un autre âge. “On croirait voir un agent recenseur colonial”… me déclarait un collègue avec qui je discutais de cette affaire.
D’où vient alors cette idée de francisation ?
Avant la Seconde guerre mondiale, la francisation de l’identité onomastique des naturalisés n’était pas largement acceptée. C’est le “déguisement des envahisseurs” écrivait Le Figaro le 24 juin 1927 en commentaire d’un projet de loi :

Les chiens de notre pays grognent sourdement quand ils flairent ces odeurs insolites [de peaux exotiques]. Les hommes de notre pays dressent l’oreille avec inquiétude quand ils entendent résonner ces noms sauvages. Il n’y aura pas moyen de tromper les chiens ; on va tâcher de tromper les hommes. […]
Un nombre infini de métèques, surtout dans le monde parisien, se cachent sous des noms français. […] Sous prétexte de sauvegarder “la musicalité (sic [dans le texte]) de notre langue”, en réalité pour endormir notre méfiance, le naturalisé poura “franciser” ses noms et prénoms […]
Le Figaro, 24 juin 1927, p.1 — sur Gallica

(On tremble d’ironie à savoir Marcel Dassault posséder aujourd’hui ce titre de presse).
Après la Seconde guerre mondiale, en 1945 mais surtout à partir de 1947, la francisation devient possible. Il s’agit désormais d’intégrer, en combinant incitations institutionnelles et individualisation des démarches. La circulaire du 23 avril 1947 relative à l’instruction des demandes de naturalisation précise :

La francisation devra tendre autant que possible à faire perdre aux noms leur aspect et la consonance étrangers. (…) L’expérience a démontré, en effet, qu’un naturalisé dont le nom difficilement prononçable rappelle à chaque instant son origine étrangère se fond moins rapidement dans la mase de la population (…) Or l’intérêt national exige que les naturalisés cessent, le plus rapidement possible, de se sentir différent des autres citoyens.

Un commentateur de cette circulaire, A. Juret (dans la revue Population en 1947, écrit ainsi, poursuivant l’argument : “Il serait peu logique d’admettre un étranger à la dignité de membre de la communauté française et de lui rendre difficile de faire disparaître le signe le plus évident de son origine étrangère. D’autre part, il ne faudrait pas faire de l’adoption d’un nom français une condition de la naturalisation, car il faut respecter les scrupules de ceux qui hésitent à renoncer au nom de leurs ancêtres“.
Au fur et à mesure des décennies, la francisation s’est faite plus facile : d’abord modification de l’orthographe seule, puis possibilités de traductions, puis extension à d’autres catégories de “nouveaux Français”. Cela devient plus facile… Est-ce que cela signifie qu’une proportion de plus en plus importante de naturalisés vont choisir la francisation ?
Ou alors, est-ce que, au contraire, le caractère multiculturel de la France contemporaine va inciter les nouveaux entrants dans la communauté nationale à conserver un signe qui n’est plus perçu comme signe d’une “origine étrangère”. Est-ce que le poids statistique des prénoms bien-français mais aussi néo-celtiques, anglo-saxons ou méditerranéens (Gwendal, Kevin, Laura) met en question l’idée même d’un prénom “français” ?

Regardons quelques chiffres, issus des rapports annuels de la sous-direction des naturalisations :

années total (naturalisations + réintégrations) francisations
1966 30396 5115
1973 33616 8243
1987 41754 7088
1989 33391 6930
1991 34468 6731
1995 40867 5589
1997 60485 7139
1999 67569 6435
2001 64595 4670
2003 77102 4990
2005 101785 5760
2006 87878 5096

Jusqu’au début des années 90, environ un naturalisé-réintégré sur 5 (20%) choisissait une francisation du nom ou du prénom. Et depuis, la proportion chute : en 2006, moins de 6% des nouveaux Français choisissent une francisation. On ne sait pas encore pourquoi… il semble ne pas y avoir eu de travaux sociologiques sur les francisations. Est-ce parce que les services de l’Etat ont cessé d’inciter à la francisation ? Est-ce parce que les nouveaux arrivant possèdent déjà des noms et prénoms en usage dans la France du fils de Pál Sárközy Nagy-Bócsay, d’Abdelmalek Sayad ou de Diams… ? Aaahhh si une étudiante entendait ma plainte et se penchait sur cette question (pour un mémoire de master en sociologie, par exemple…) !
On a peut être quelques réponses quand même, si l’on se penche sur les pratiques différentielles de la francisation. Les contingents les plus importants d’acquisition de la nationalité par décret sont les ressortissant-es du Maroc, d’Algérie et de Tunisie : elles (et ils) sont moins de 2% à demander la francisation. Les Turcs, les Portugais et les Congolais (Rep. dem.), les Cambodgiens et Vietnamiens aussi se francisent dans une proportion bien plus importante.
D’autres indices nous seraient donnés par les comportements différents des hommes et des femmes : pour certaines origines, les femmes sont plus nombreuses que les hommes à demander la francisation (le Cameroun, par exemple)…

J’ai laissé pour la fin ce qui m’intéresse le plus. Qu’est-ce qui est francisé ? Pour l’année 2006 :
nom : 5 %
prénom : 88 %
nom et prénom : 7 %
Les “francisants” évitent dans l’immense majorité des cas de franciser ce que l’état-civil français considère comme un nom. Neuf fois sur dix, c’est le prénom qui est modifié. Le prénom… ce “bien symbolique” choisi pour nous par des parents, qui nous définit aux yeux des autres… c’est le prénom qui est modifié. Comme si, sur ce point, il était possible d’agir et de construire une nouvelle identité. Comme si les “francisants”, ici, choisissaient de “réparer” un peu leur identité, peut-être en choisissant, en France, un prénom un peu plus “moderne”, un peu plus “à la mode”, puisqu’on leur en offre la possibilité.

Les noms et les prénoms peuvent donc être d’intéressants objets de recherche pour une socio-histoire du politique : ils finissent par incarner (au sens fort du terme) les conséquences de certaines politiques publiques. On voit comment sont liés socio-genèse de l’Etat national (la genèse permanente des frontières symboliques au travers d’une multiplicité de règlements)… et psycho-genèse des individus (dans le sens où le choix d’un prénom “français” doit bien avoir quelques conséquences sur l’image de soi).

Bibliographie : je disais plus haut qu’il n’y avait rien… j’exagérais un peu. Sarah Mazouz, doctorante, travaille sur les naturalisations, et vous pouvez lire d’elle, notamment les cérémonies de remise des décrets de naturalisation et un autre article dans un numéro récent de la revue Genèses. Nicole Lapierre, anthropologue, a écrit de nombreux textes sur les noms, dont un article, dans Ethnologie française, sur “La francisation des noms”, en 1993. (Je me suis servi de cet article ici). [Je signale aussi ce récit de l’intérieur d’une “journée d’intégration”, sur le blog de Wilma]

note : Si vous n’avez ni nom, ni prénom à franciser, vous pouvez quand même franciser votre navire [PDF]

Concours

Je suis, cette année, membre du jury de sciences sociales au concours d’entrée à l’ENS, section “B/L”. J’ai donc participé, avec 5 collègues, à la rédaction d’un sujet, qui était (vous avez six heures) : Le salaire n’est-il que le prix du travail ?. L’énoncé était accompagné de 9 documents. Afin de m’assurer de la conformité du sujet donné aux candidates et du sujet préparé, je suis allé assister à l’ouverture du sujet au centre d’examen, ce matin :

Les sujets arrivent dans une petite boîte, bien fermée, par plusieurs rubans adhésifs.

La peur principale des créateurs de sujets, c’est de devoir avoir recours au “sujet de réserve”. Et cela va avoir lieu — pas en sciences sociales, ouf ! — : une alerte à la bombe a perturbé une épreuve d’une autre section : “20 minutes avant la fin de la première épreuve du concours de l’ENS lettres modernes, ALERTE A LA BOMBE!!”… l’épreuve va devoir être recomposée.
Sur cette histoire d’alerte à la bombe, le blog approximative a d’autres informations :

A la sortie de l’épreuve, on me remet une feuille qui, comme ça, paraissait inoffensive mais qui, en vérité, était porteuse d’une bien triste nouvelle : “A la suite de l’incident qui a affecté un centre d’écrit lors de l’épreuve de composition française le mardi 22 avril, le président du jury a pris la décision d’annuler cette épreuve. Tous les candidats doivent donc passer à nouveau cette épreuve le samedi 26 avril, de 9 heures à 14 heures. Ce document tient lieu de convocation.”
source : approximative

Le plus amusant, ce sont les commentaires, les rumeurs infondées qui circulent et se renforcent… [mise à jour : certains lecteurs semblent croire à ces rumeurs… Je les cite ici pour donner une idée de leur circulation. Je ne les cautionne pas, et même, je n’y crois pas.]

En fait y a deux rumeurs qui circulent sur la personne qui a fait le cou: - ce serait un élève très doué de fénelon ou de Henri4 qui est parti copie blanche au bout d’une heure
-2) ce serait un groupe d’élèves de Lakanal refoulé avec un quart d’heure de retard à cause du RER
source

… ou la surprise exprimée par certains candidats :

L’ens, tu vois, c’est … Comme une poupée russe. Non, c’est naze comme comparaison … En fait, quand il n’y en a plus, il y en a encore !! C’est génial non ??
Car, oui ,en sortant de l’épreuve, on a tous appris que l’épreuve de litté, hier, était annulée, et qu’on la repassait samedi !!!!!!!!!!!
NIQUE SA MERE LA PUUUUUTE !! On ne sait pas ( encore ) pourquoi, mais je jure que je tue le fils de p*te qui a je fais je ne sais quoi ..
Enfin, la rage quoi …
source rustina

ailleurs :

  • carnet de concours / Luppa : “Alerte à la bombe un quart d’heure avant la fin de l’épreuve. Deux heures d’attente au soleil le ventre vide et la vessie pleine”
  • une rencontre avec Roubaud
  • La petite fée Morgane écrit : “je vais moi aussi crier à l’alerte à la bombe pour l’épreuve d’option si elle me plait pas, oh puis tient on peut peut-être faire une alerte bis pour samedi…non ce qui serait beau c’est que tous les provinciaux refusent de s’y rendre samedi”
  • et surtout : Roubaud fait la bombe sur le Tiers Livre de François Bon.
  • et encore : Laede : “Non. Non mais non, quoi !” [en même temps, “Laede” n’avait pas trop apprécié le sujet : “On est tombé sur Quelque chose noir de Jacques Roubaud. (Le pire des quatre, recueil de poésie totalement incompréhensible, ultra-déprimant, à ne jamais approcher à moins de dix mètres.)”]
  • feuille d’eucalyptus : “Dégoûtée. Envie d’abandonner.”
  • mise à jour:

  • une pétition ! (contre l’annulation) : Pétition pour annuler le report de l’épreuve de composition française de l’ENS LSH, 2008. (J’espère que la “pétition contre un écart-type de 4 et une moyenne de 6″ n’arrive pas à la suite.)
  • une discussion sur le forum etudes-litteraires.com
  • Katoru 87 : “Ayé, mon concours je suis en plein dedans et ça commence fort puisque la première épreuve (passée mardi) a été déclarée nulle suite à une alerte à la bombe bidon”
  • nonfiction fait croire que Roubaud lui-même était visé (étrange retournement de situation…)
  • Assouline dans son blog du “Monde” en parle (en diffusant cette idée étrange que le sujet a donné lieu à une “grogne”… à mon avis inconcevable en centre d’examen)
  • Re-mise à jour :

  • Le Monde en parle. Et, ouf, sans théorie du complot !
  • Comment nuire à mon bonheur par “Dawn Traveller”
  • un blog de protestation
  • La fin de l’histoire : Stendhal

  • Rustina : “Stendhal ! Stendhal ! Stendhal ! Merci Merci ! Il y a encore quelques jours de cela, je voulais tuer le poseur de bombe novice, maintenant, je voudrais le remerciiiiiier !!”
  • Qui peut le plus… : “je trouve quand même ça triste de finir l’année comme ça. C’est moche.”
  • Elfairy : “On a repassé cette épreuve ce matin. Et je hais ceux qui ont appelé mardi, car ce que j’ai rendu sur Stendhal, ce n’est même pas un devoir. Ce ne sont que des mots sans queue ni tête…”
  • You bitch !

    Paul Veyne : Comment on écrit l’histoire, Paris, Seuil, coll. Points, p.360

    C’est bien pourquoi les sociologies générales ont tendance à se multiplier : tout professeur a tendance à attacher une importance particulière aux aspects des choses qu’il a eu pour sa part le plus de mal à conceptualiser.

    Jean-Claude Passeron, Le Raisonnement sociologique, Paris, Nathan, p.11

    Osons une métaphore filée pour le dire sans précautions superflues de langage: on a voulu assurément inciter la réflexion épistémologique à ne pas s’enfermer dans la bergerie idyllique du quasi-expérimentalisme où paissent, sans jamais oser lever les yeux sur l’enceinte de leur parc douillet, trop de moutons popperoïdes, mais ce n’est assurément pas pour convier le sociologue émancipé à aller hurler avec les loups de l’herméneutique sauvage, toujours prêts à croquer à belles dents toute scientificité un peu fragile surtout si elle est jeunette.

    Gérard Noiriel, “Ne tirez plus sur l’historien”, Politix, 1989, vol 2, n 6, p.38

    Moyennant quelques flatteries — des travaux de débutants sont présentés comme des oeuvres majeures — on s’attache un certain nombre d’adeptes qui diffusent la parole du maître avec d’autant plus de virulence qu’ils sont en général jeunes, c’est à dire encore hantés par le désir de se distinguer et d’exhiber leurs qualités intellectuelles. [Dominent alors] les avis du maître dont l’importance devient démesurée - hochement de tête, tutoiement, lettre manuscrite, etc. (…) D’où surtout, quand la mode est passée, les désillusions, les désenchantements de ceux qui ne croient plus à rien parce qu’ils se sentent “trahis”

    *
    *   *   *

    Remarquez le monde des hommes… l’ensemble est rédigé au masculin… Pas de chèvres popperoïdes, pas d’amicales collègues, pas de débutante, pas de maîtresse (pas officiellement, du moins).

    Et, puisque les demandes ont été nombreuses, voici encore de l’Edgar Morin. Journal de Californie, 1970

    9 septembre :
    Rêve : Dans la nuit de lundi à mardi, j’ai rêvé de Bourdieu. Je vais lui demander des explications sur son attitude à mon égard. Qu’il critique mes idées, soit, mais pourquoi cette animosité personnelle ? Dans ce rêve, il demeure maussade, haineux. Manifestement, je lui demande son amitié, qu’il me refuse. Ceci me rappelle des rêves où je suis ami, réconcilé, avec Aragon.
    Ce que j’ai le plus de peine à accepter: l’inimitié

    Vrac.

  • Kalai Elpides Pandore vous propose de vivre, jour après jour, les belles espérances de sa campagne de recrutement aux postes de maître de conférences… du point de vue d’une candidate.
  • Romain “small j.” Garcier vous propose l’anatomie d’une catastrophe, du point de vue d’un géographe de l’eau.
  • Une heure de peine vous propose une sociologie de l’anorexie (et une lecture de l’ouvrage de Muriel Darmon, Devenir anorexique).
  • Jean-François Laé vous propose l’introduction des Nuits de la main courante.
  • Bigblogger / Emmanuel Raveline propose un petit dictionnaire à l’usage du chercheur en sciences humaines.
  • Petites informations universitaires

    Après le classement de Shanghaï, des petits malins ont inventé “L’Echelle de Vincennes” :

    Sans négliger les critères de Shanghaï ou de l’École des Mines, son échelle dite « de Vincennes » (en l’honneur de l’université arrivée en tête en 2008) ajoute un grand nombre de paramètres tels que : la modicité des droits d’inscription. Le nombre d’étudiants accueillis au mètre carré (plus il y a d’étudiants et mieux c’est). Le nombre d’anciens étudiants qui ont effectué une carrière de réalisateurs de cinéma.(…) Le nombre de disciplines nouvelles créées dans cette institution de l’enseignement supérieur. Le nombre de cours n’ayant aucun équivalent dans d’autres établissements. Le nombre de modes intellectuelles associées à l’université en question (ex. : post-modernisme, cinématographie marxiste, trotskysme digital, dialectique de la linogravure, libertarisme fédéré, ultra-libéralisme collectiviste, etc.).
    La qualité de vie du campus et de son environnement ne sont pas oubliées, avec des critères tels que : la présence d’une station de métro à proximité, la présence de lieux culturels importants (stades, basiliques, musées, studios de cinéma) à proximité, l’intensité de la vie sociale dans les couloirs et la vivacité des groupes politiques dans le hall de l’université.
    En appliquant ces critères, c’est l’Université Paris VIII « Vincennes à Saint-Denis » qui prend la tête du classement, suivie par l’Université de Californie à Los Angeles, (…)
    Confrontée à ce classement qui la place en 12e position des meilleures écoles dans le monde, l’Université de Harvard a émis un communique officiel un peu aigre qui affirme que, “ si le barème avait pris en compte la qualité des toilettes publiques, l’Université de Saint-Denis n’aurait jamais pu atteindre la première place, ni même la centième ”.
    Mauvais perdants, Harvard ? “ Il est vrai que les toilettes de Paris 8, c’est un poème ” déclarait Christophe Willem, ancien étudiant et lauréat de La Nouvelle Star en 2006.

    Je voudrai apporter ma pierre au classement de Vincennes avec quelques photos des toilettes de Paris 8 (disponibles sur flickr) :
    toilettes du bâtiment B toilettes du bâtiment B

    (Notons que des photos similaires ont été prises il y a plus de deux ans et qu’aucun travail de réfection n’a été été effectué depuis. Il n’y a toujours ni savon ni serviette.)
    Les “Anciens” qui ont connu l’installation de l’université à Vincennes, racontent qu’à l’origine, il n’y avait pas de portes aux toilettes vincennoises : elles étaient considérées comme un luxe. Ils (et elles) voient dans les portes parfois présentes sur les toilettes à Saint-Denis une sensible amélioration des conditions de travail. L’absence de toute possibilité de se laver les mains n’est pas questionnée.
    Et, pour ajouter quelques critères au classement, voici quelques anecdotes plus ou moins récentes, des extraits de mails collectifs :

    La salle *** a servi de voie d’accès pour une tentative de cambriolage. Objectif : les ordinateurs de la salle *** . Le mur a été percé à l’aide d’un extincteur, suivi d’une tentative de passage par le plafond - nous ne savons pas comment ils ont été stoppés dans leurs efforts.
    Le responsable de la sécurité sur l’université n’as pas le temps de perdre son temps pour porter plainte au commissariat de Saint-Denis. Après avoir lourdement insisté, la procédure semble mise en route, après moult interventions auprès de la Présidence.

    L’action est stupide : les ordinateurs en questions sont de vieux modèles sans même lecteur de DVD… et ils pèsent quelques kilos ! Même en en volant 4 ou 5, le butin sera bien maigre.
    ou encore :

    Dans la série “Nous travaillons en toute sécurité” : une étudiante **** qui “harcèle” un enseignant de **** depuis un certain temps, est revenue à la charge à l’étage avant-hier, équipée cette fois d’un couteau effilé d’une taille respectable, pour faire la peau à ce dit enseignant. Comme il est spécialiste de ***** médiévale, je lui ai conseillé de porter dorénavant une cotte de mailles. Il a ri jaune. Une plainte est déposée via la préfecture pour une psychiatrisation rapide.
    [crédit photo : nickwheeleroz flickr]

    Il y a quelques semaine, nous recevions ce mail, qui précisait que la sécurité serait renforcée :

    De: presidence < *****>
    Date: *** mars 2008
    Objet: [allp8] Sécurité
    A l’attention de la communauté Universitaire
    Les locaux de l’Université sont soumis de façon récurrente à des effractions ou tentatives d’effractions provoquant non seulement la perte de matériel, mais aussi en instituant une forme d’insécurité préjudiciable à tous.
    La sécurité reposant avant tout sur la complémentarité des moyens mis en place, nous vous demandons de bien vouloir prendre note des mesures et demandes ci-après. Ces mesures feront l’objet d’ajustement en fonction du
    retour d’informations que vous nous transmettrez sur notre email.
    Point 1 – En semaine à compter du ***** mars, à partir de *****, l’ensemble des bâtiments ne seront accessibles que par une seule porte d’accès communément appréciée comme entrée principale. (…)

    Apparemment cela n’a pas suffit…
    Parfois les faits sont plus graves : ils touchent directement les personnes travaillant à l’université :

    De: presidence < ******@***-paris8.fr>
    Date: **** 12:06:56 GMT+01:00
    Objet: [allp8] Grave incident au ***
    A la communauté universitaire,
    Je vous informe qu’une fois de plus, un incident grave s’est produit dans *****. Une collègue s’est fait agresser mardi soir par un individu qui a tenté, heureusement en vain, *****
    Cette situation est inadmissible et l’Université s’associe à toutes les démarches susceptibles d’être engagées par notre collègue.
    Dans l’attente de la mise en oeuvre du plan de sécurisation du site, élaboré par nos services, j’attire votre attention sur les risques encourus par les membres de notre communauté, en particulier à la nuit tombée. Aussi devez-vous rester extrêmement vigilants et ne pas hésiter à solliciter les vigiles pour vous faire accompagner lorsque vous quittez l’établissement.
    Pour information, la stratégie délinquante est souvent la même:*****

    Un an avant, presque jour pour jour :

    De : presidence < ****@***-paris8.fr>
    Date : ***** 10:40:27 HNEC
    AUX MEMBRES DE LA COMMUNAUTE UNIVERSITAIRE
    Notre collègue, *****, a subi une agression lourde jeudi dernier au sortir du *****
    Nous manifestons notre soutien à notre collègue dans ces moments difficiles.
    Nous demandons une vigilance particulière à tous les usagers de ***** dont la sécurisation va être réalisée comme l’a été ******
    Le Président de l’Université

    Il y a quelques années, à peine deux ans, c’était le pillage d’un UFR qui avait été relaté dans un journal gratuit.

    Ces incivilités sont rarement mentionnées publiquement. Je me souviens que, dans un autre pays, à New York, le journal étudiant de la NYU faisait, chaque semaine, un bilan des mêmes incivilités [exemple], qui allaient de l’arrestation d’étudiants îvres aux agressions violentes (la nuit, même Manhattan peut être risqué). La diffusion d’informations objectivées, la constitution de séries plus ou moins longues, a ici ma préférence… [statistiques de NYU [PDF]] en leur absence, on recourra aux anecdotes.

    Mise à jour : quelques commentaires de blogueurs sur Paris 8 :

    I’m taking an interdisciplinary class at Paris VIII, on Said’s Orientalism as applied to feminist theories as applied to works of fiction. Or something like that. Paris VIII is an entirely different entity- first of all, it’s not actually in Paris, it’s in the Saint-Denis suburb, which is, well, sketchy. The school is very run-down and dingy, and has a very odd feel. My class here is small, maybe 15-20 students, at least 10 of whom are American. I like the professor very much, and because the class is so much smaller I’m less hesitant to participate. The only drawback is that it’s 3 hours straight, and sometimes my brain starts rejecting the wave of French coming at me around hour 2 and a half.
    source

    “Run-down” and “dingy” : ce n’est pas très gentil, mais c’est une description accurate.
    à suivre

    Gévéor

    Gévéor, le vin que l’on aime.
    Gévéor, le vin que l'on aime
    Les travaux de rénovation de la station Brochant, à Paris, font réapparaître de bien jolies affiches des années cinquante (ou années quarante ? il faut que je demande à Dirty Denys).
    D’autres, dont l’affiche d’un concert d’Yvette Horner, sont sur coulmont-flickr.
    Note : certaines affiches mentionnant le “samedi 11 novembre”, l’année du recouvrement d’icelles est probablement 1950, 1954 ou 1961…

    Recrutements - 2008 - wiki et questions

    Le wiki auditions est de retour with a vengeance : avec un flux RSS/ATOM, avec encore plus d’informations que l’année dernière ! Le seul petit problème pour l’instant : pas encore beaucoup de contributeurs. Or, nous avons tous besoin de connaître la composition des commissions de spécialistes, ou des “comités de sélection” pour les universités passées à la loi LRU.
    Il y a environ 60 postes en sociologie. Si nous arrivons à bien suivre cette session de recrutement, nous pourrons estimer les effets de la LRU, par exemple sur le recrutement local ou de complaisance… Je précise que le wiki auditions est un “wiki”, comme wikipedia, et qu’il est donc éditable (par celles et ceux qui s’y inscrivent, et la procédure est simple !).
    Depuis que je suis membre d’une commission de spécialistes, j’ai essayé d’aider les candidates et candidats à constituer leur dossier. J’ai mis en ligne une série de conseils qui devraient aider certain°e°s d’entre vous : je ne compte plus les dossiers mal ficelés qui sont envoyés aux commissions.
    J’aimerais poursuivre cette année par une série de conseil pour les auditions. Et je vais vous révéler certaines des questions que je poserai :

    • 1- Que savez-vous du département de sociologie ?
      Pour Paris 8, c’est assez simple, il existe plusieurs textes (de sociologues notamment) qui précisent en partie l’histoire du département. Et la question est suffisamment non administrative… elle peut servir à déceler celles et ceux qui — tout en n’étant pas des locaux — ont fait un petit travail de renseignement (nombre d’enseignants chercheurs, laboratoires associés, “grands anciens”, caractéristiques sociales des étudiants…). Attention, c’est parfois une question piège : dans certaines universités, il n’y a pas de département de sociologie !
    • 2- Vous aurez le cours de “sociologie du ***”. Comment vous y prendrez-vous ?
      C’est la question que je préfère… car, systématiquement, les candidat°e°s répondent dans le vide… El°i°les ne se mettent pas dans la peau d’un collègue, mais restent dans celle d’une étudiante, pensant qu’il y a une bonne et une mauvaise réponse. Imaginez-vous, en octobre, une fois recrutée, à avoir à répondre à cette question. Vous vous poserez des questions, comme : qui d’autre fait ce cours ? Est-ce un TD ou un CM ? à quel niveau ? quel jour ? quelle heure ? C’est semestriel ou annuel ? c’est juste 10 heures ? c’est une option ou un cours obligatoire du cursus ? Est-il ouvert aux étudiants en majeure d’histoire de l’art ?
      Et vous direz : je peux pas vraiment le faire le mercredi, je suis co-responsable du séminaire de sociologie du * à Paris 29…
      L’audition, très courte, va servir à estimer aussi l’intérêt de travailler avec un futur collègue. Et un collègue, ça discute, ça pose des questions… (c’est souvent enquiquineur, un collègue). Mon conseil : utilisez donc cette question, ou d’autres du même type, pour orienter l’audition vers une discussion des conditions dans lesquelles ce cours sera fait : Ah, c’est en première année de licence et c’est un cours commun avec la géographie ? Alors je ferai comme cela … et comme cela … Ah, c’est le TD du cours de Mme Y… je vois un peu ce qu’elle fait, je pense que … et … seraient possible.

    J’ai d’autres questions, comme la fameuse “Dans votre thèse, page 24, vous faites une différence conceptuelle entre *** et ***. Il ne nous reste que 30 secondes, pourriez-vous expliciter rapidement, pour mes collègues ici, ce que vous entendez par ***…” mais je la laisse pour les véritables auditions.

    Sectes : panique à l’Elysée ?

    Par Etienne Ollion, doctorant, université Paris 1 et université de Chicago.
     

    L’interview d’Emmanuelle Mignon publiée aujourd’hui par VSD est loin d’être passée inaperçue. En déclarant qu’il n’y aurait pas (ou plus) de « problème des sectes » en France, la directrice de cabinet de N. Sarkozy a déclenché une polémique qu’elle pourrait rapidement regretter. Ces propos sont-ils toutefois le signe d’un changement dans la manière dont seront menées les oppositions aux sectes ?

    Lorsque sont créées les premières associations (1) spécialement consacrées à ce sujet dans les années 1970, ce qui allait ensuite (et en France seulement) recevoir le nom de la « lutte contre les sectes », est alors un « non-problème », relégué aux pages faits divers. Et pourtant, en moins de dix ans, le sujet prend suffisamment d’ampleur pour qu’un rapport parlementaire soit commandé en 1982. Que s’est-il passé ?
    Des adeptes de Moon sur la couverture du disque
    D’abord une publicisation efficace de la question réalisé par les associations, qui se posent en experts à chaque fois qu’un fait divers amène les sectes sur le devant de la scène médiatique (du fait le plus local à la mort de plus de 900 adeptes du groupe People’s Temple au Guyana en novembre 1978).
    Surtout, un changement a lieu dans la définition même de la secte. Un véritable travail de redéfinition est opéré dans et autour des associations de lutte contre les sectes dans ces années : nées avec le soutien de l’Eglise catholique, les premières ADFI prennent rapidement leurs distances avec l’institution qui avait jusqu’alors fait sienne la régulation du « sectarisme ». Les deux groupes d’acteurs s’opposent en effet rapidement sur ce qu’est une « secte » : alors que l’Eglise continue de les penser en termes d’hérésies, les associations insistent sur le conditionnement qui aurait lieu dans ces groupes fermés, et sur les atteintes aux droits de l’Homme qui y auraient cours.
    Bref, alors que les Eglises dénoncent les sectes sur un mode théologique, les associations opèrent la leur sur une base qu’on pourrait qualifier d’humanitaire. Roger Ikor, fondateur du Centre Contre les Manipulations Mentales (CCMM) en 1981 et rationaliste de la première heure, écrivait comme pour illustrer : « Bien entendu, l’Eglise à le droit de décider ce qui est hérésie par rapport à elle ; mais secte, non : nous sommes tous concernés » (2) . Cette définition est reprise à son compte par Alain Vivien dans le rapport de 1983.
     
    Les conséquences de cette transformation sont nombreuses, mais on peut montrer comment, d’hier à aujourd’hui, le changement de définition permet d’éclairer les succès et les difficultés des opposants aux « sectes ».

    • (i) Dans les premières années, la sécularisation de la définition de la secte joue un rôle important dans l’intéressement de nombreuses personnes au problème que soulèvent les associations. En faisant de leur combat non plus une querelle religieuse mais une bataille laïque, « contre l’aliénation de la volonté » et « au nom de l’Homme », les associations parviennent à enrôler des soutiens de plus en plus massifs.
    • (ii) La liste des groupes considérés comme sectaires se transforme radicalement : après une période de trouble dans les années 1970 ou « anciennes » comme « nouvelles sectes » sont évoquées indistinctement, tout une série de branches schismatiques ne sont désormais plus mentionnées comme telles. Les petits groupes protestants (baptistes, adventistes, …) ne sont plus qualifiés de « sectes », ou s’ils le sont, ils ne sont plus (explicitement du moins) incriminés pour leur caractère schismatique, mais pour les manipulations mentales qui se réaliseraient en leur sein.
    • (iii) A contrario, tout un ensemble de groupes sans prétentions religieuses ni relation à un groupe se voient qualifiés de sectaires. Au tournant des années 1980, des communautés agrariennes (Longo Maï), des groupes écologistes radicaux (Ecoovie) deviennent les cibles principales des associations et sont largement évoquées par la presse, signe de la victoire des associations. A partir de ces années, l’accusation de « sectarisme » peut, en France, toucher bien d’autres groupes, voire suite à l’introduction de la notion de « dérive sectaire », des individus (dans les années 1980, ce sont des tenants de médecines alternatives qui se voient ainsi incriminés, sans qu’il n’y ait de groupes, et plusieurs psychanalystes dans les années 1990).

    Retracer la vie mouvementée de la définition de la « secte » éclaire les questionnements récents sur l’orientation à prendre en termes politiques publiques des sectes. Les déclarations de la directrice de cabinet de Nicolas Sarkozy ne sont qu’une formulation radicale, mais finalement pas si éloignée, de ce que disent depuis quelques années les opposants, associations et MIVILUDES en tête : les « sectes » sont désormais moins visibles qu’avant. Constat similaire, solutions opposées, mais même cause : à force d’extension, la « secte » s’est quelque peu dissoute, et l’objet de la lutte a perdu en clarté. Sont-elles devenues un « non-problème » pour autant ? A considérer la rapidité du démenti et le tollé qu’il a suscité, probablement pas pour l’Elysée.

                                                    Etienne Ollion.

    Notes
    (1) La première est l’Association de Défense des Valeurs Familiales et de l’Individu (ADFVI), rapidement renommée en ADFI et dont plusieurs antennes s’installent dans les grandes villes françaises dans les années suivantes.
    (2) Roger Ikor, La tête du poisson, 1983, Albin Michel, p. 40.

    Mise à jour (par B.C.) : (1) Merci rezo.net !.
    et (2) : des propositions de réforme chez Sébastien Fath

    Liste, liste liste

    Sexe (changements de) : Hermaphrodisme pour convenance personnelle :

    Lors de son procès, dont les archives sont conservées jusqu’à aujourd’hui, le juge demanda à Hall s’il était homme ou femme : il répondit qu’il était les deux.

    Université : Les étudiants sont nuls, et comment y remédier.
    Politique : Kill Hill : racisme et sexisme dans la campagne américaine
    Droit administratif : Rendez-vous le 27 février à 10h, pour une “partie orale”
    Antisémitisme (accusation d’) : Militant connu d’extrême droite et major de l’agregation d’histoire du droit (du coup, les historiens du droit avaient peur… mais n’ont plus peur !)
    Conseil national des universités et qualification des professeurs. Philip Milburn proteste… à travers un “conte socio-illogique” :

    Le cauchemar du/de la sociologue ou les sabotiers aux pieds nus
    Conte presque imaginaire
    Par Merlin le Désenchanteur,

    Imaginez, mes chers consœurs , mes chères confrères, un monde incroyable et dépassé ou notre collectivité des sociologues serait encadrée par un Conseil supérieur, sorte de Conseil de l’Ordre semblable à celui des médecins des pharmaciens ou des juristes, issu d’une époque où la France des Corporations suçait des pastilles Vichy. Imaginez que ce Conseil de l’Ordre des Sociologues Supérieurs et Universitaires, ce COSSU, ait le pouvoir considérable de dire qui est suffisamment digne d’appartenir au cercle savant et d’accéder aux strates supérieures de l’Ordre. Un tel COSSU aurait une assise bien virile. Pourtant, dans ce monde là, les sociologues défendent souvent desidées très progressistes sur l’égalité des chances et ne veulent laisser aucune place aux discriminations ou aux à prioris (sic) sexistes. La dominance masculine dans sa chefferie est due, croyez le bien, au pur hasard et non à des déterminismes qui échapperaient au contrôle des sociologuessur leur propre société savante ! Cela paraît évident. Aussi comment expliquer l’aventure singulière que je m’apprête à vous conter ? Une jeune sociologue, appelons-la Viviane Laffé, sollicite (…)