<?xml version="1.0" encoding="utf-8"?>
<rss version="2.0"
	xmlns:content="http://purl.org/rss/1.0/modules/content/"
	xmlns:wfw="http://wellformedweb.org/CommentAPI/"
	xmlns:dc="http://purl.org/dc/elements/1.1/"
	xmlns:atom="http://www.w3.org/2005/Atom"
	xmlns:sy="http://purl.org/rss/1.0/modules/syndication/"
	xmlns:slash="http://purl.org/rss/1.0/modules/slash/"
	>

<channel>
	<title>Baptiste Coulmont &#187; sexualité</title>
	<atom:link href="http://coulmont.com/blog/category/sexualit/feed/" rel="self" type="application/rss+xml" />
	<link>http://coulmont.com</link>
	<description>Sociologies</description>
	<lastBuildDate>Sat, 28 Jan 2012 20:08:51 +0000</lastBuildDate>
	<language>en</language>
	<sy:updatePeriod>hourly</sy:updatePeriod>
	<sy:updateFrequency>1</sy:updateFrequency>
	<generator>http://wordpress.org/?v=</generator>
		<item>
		<title>Suis-je normal ?</title>
		<link>http://coulmont.com/blog/2011/07/03/suis-je-normal/</link>
		<comments>http://coulmont.com/blog/2011/07/03/suis-je-normal/#comments</comments>
		<pubDate>Sun, 03 Jul 2011 18:36:24 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Baptiste Coulmont</dc:creator>
				<category><![CDATA[sexualité]]></category>
		<category><![CDATA[enquête]]></category>
		<category><![CDATA[objectivation]]></category>
		<category><![CDATA[sexe]]></category>
		<category><![CDATA[sociologie]]></category>
		<category><![CDATA[statistiques]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://coulmont.com/?p=4922</guid>
		<description><![CDATA[La simple présentation de statistiques dans un billet sur les prénoms français suscite ce genre de questions : J’ai plusieurs amis de moins de 30 ans qui portent des prénoms retirés de la liste (Perrine, Mariette, Gwenaelle, Coline, Hermine, Valentine, Elie, Manuel, Stanislas, Laetitia). J’en déduis quoi sur mon milieu social ? J’en déduis quoi [...]
No related posts.]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>La simple présentation de statistiques dans un billet sur les <a href="http://owni.fr/2011/03/20/quest-ce-quun-prenom-francais/">prénoms français</a> suscite ce genre de questions :</p>
<blockquote><p>J’ai plusieurs amis de moins de 30 ans qui portent des prénoms retirés de la liste (Perrine, Mariette, Gwenaelle, Coline, Hermine, Valentine, Elie, Manuel, Stanislas, Laetitia). J’en déduis quoi sur mon milieu social ? J’en déduis quoi sur le regard que porteraient les fonctionnaires en question sur mon milieu social ?</p></blockquote>
<p>Dans <i><a href="http://www.amazon.fr/gp/product/0674027426/ref=as_li_ss_tl?ie=UTF8&#038;tag=httpcoulcom-21&#038;linkCode=as2&#038;camp=1642&#038;creative=19458&#038;creativeASIN=0674027426">The Averaged American</a></i> Sarah E. Igo étudie cette conséquence sociale des statistiques, leur réception par les individus, qui cherchent à s&#8217;y lire. L&#8217;effet performatif des statistiques (« Tu es ceci, à 75% ») est assez régulièrement souligné par les sociologues (disons ceux de la galaxie <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Alain_Desrosières">Desrosières</a>). Mais pas traité comme central. Il fallait sans doute une historienne pour le faire. (Ou il fallait <a href="http://gspm.ehess.fr/document.php?id=625">Emmanuel Didier</a>, mais je n&#8217;ai pas lu son livre.)<br />
Comment comprendre cette idée ? C&#8217;est sans doute évident au travers des conséquences des enquêtes de Kinsey sur la sexualité des Américain°e°s. Ces enquêtes &#8212; aux fondements statistiques peu solides, mais recourant à la &#8220;magie des grands N&#8221; &#8212; ont été publiées en 1948 (concernant les hommes) et dans les années cinquante (concernant les femmes).<br />
Il y eu de nombreuses réactions, critiquant ces graphiques comme une forme de pornographie démoralisatrice. Il y eu aussi des lectures collectives : les premières associations &#8220;homophiles&#8221; utilisèrent comme justification les &#8220;10%&#8221; d&#8217;hommes ayant déclaré des relations sexuelles avec des personnes du même sexe. Il y eu aussi des lectures individualistes paradoxales, qui cherchaient l&#8217;individuel dans la statistique collective. « <i> There is much evidence to suggest that individuals were using Kinsey&#8217;s data as a new, more forgiving, standard by which to clasify their own behavior</i> » (Igo, 264). Kinsey recevait des milliers de lettres, sous la forme à la fois de confessions et de demandes de statistiques spécifiques. Et certaines personnes firent des compte-rendus de leur lecture statistique :</p>
<blockquote><p><em>I learned quickly that as a social science researcher with a college degree, I had a sex life not unlike upper class women of any color. According to Dr. Kinsey, I and these women got more mental satisfaction and less physical gratification from sexual intercourse than persons with lower class standards</em><br />
Trad : j&#8217;ai rapidement appris qu&#8217;en tant que chercheuse en sciences sociales diplômée du supérieur, j&#8217;avais une vie sexuelle peu différente de celle des femmes des classes supérieures, quelle que soit leur couleur de peau. D&#8217;après le Docteur Kinsey, ces femmes et moi tirons des satisfactions plus mentales que physiques des rapports sexuels, par comparaison avec les femmes des classes populaires.<br />
[citation dans Igo, 266, reprenant un texte d'une femme Africaine-Américaine faisant dans le magazine <i>Ebony</i> le compte-rendu de sa rencontre avec Kinsey]
</p></blockquote>
<p>C&#8217;est la comparaison de sa pratique avec la moyenne d&#8217;un groupe qui fait sens ici.<br />
<center>*</center><br />
Aujourd&#8217;hui encore, ces lectures existent. Et se trouvent parfois sollicitées par la présentation des données. Prenons une enquête récente, réalisée aux Etats-Unis et portant sur quelques 5000 personnes. Voici comment un tableau concernant des pratiques est présenté. On y lit, pour chaque catégorie de personnes (Homme / Femmes ; Célibataire / en couple / marié ; 18-24, 25-29 &#8230; 70+) et pour trois type de pratiques (masturbation, &#8220;vaginal intercourse&#8221; et &#8220;anal intercourse&#8221;) une moyenne des réponses. Ainsi 23% des hommes, célibataires, âgés de 40 à 49 ans ont déclaré se masturber plus de 4 fois par semaine (en vert sur le tableau suivant) :<br />
<img src="http://coulmont.com/vordpress/wp-content/uploads/2011/07/jsexmed.png" alt="" title="jsexmed" width="550" height="400" class="alignnone size-full wp-image-4925" /><br />
<a href='http://coulmont.com/vordpress/wp-content/uploads/2011/07/jsexmed2010-300.pdf'>Lien vers la totalité du tableau masculin (PDF)</a><br />
La réception des statistiques n&#8217;est donc pas toujours une réception bêtement critique (« Ca vaut rien, ces chiffres ») ni purement individualiste (« J&#8217;ai pas appelé mon fils Léo, je ne suis donc pas dans la masse, je l&#8217;ai appelé Nicolas. Mon individualité est irréductible à vos tendances. »). Les statistiques sont utilisées comme &#8220;jauge&#8221;, comme standard pour donner un sens à une situation : il y en a d&#8217;autres comme moi.<br />
<center>*</center><br />
<b>Sources </b> :<br />
Michael Reece, Debby Herbenick, Vanessa Schick, Stephanie A. Sanders, Brian Dodge, and J. Dennis Fortenberry &#8220;Sexual Behaviors, Relationships, and Perceived Health Among Adult Men in the United States: Results from a National Probability Sample&#8221; <em>J Sex Med</em> 2010;7(suppl 5):291–304, DOI: <a href="http://dx.doi.org/10.1111/j.1743-6109.2010.02009.x">10.1111/j.1743-6109.2010.02009.x</a><br />
Igo, Sarah E., <i><a href="http://www.amazon.fr/gp/product/0674027426/ref=as_li_ss_tl?ie=UTF8&#038;tag=httpcoulcom-21&#038;linkCode=as2&#038;camp=1642&#038;creative=19458&#038;creativeASIN=0674027426">The Averaged American</a></i>, Harvard University Press, 2008 (ISBN : 978-0674027428)</p>
<p>No related posts.</p>]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://coulmont.com/blog/2011/07/03/suis-je-normal/feed/</wfw:commentRss>
		<slash:comments>6</slash:comments>
		</item>
		<item>
		<title>Le Parisien dentelé : un objet obscène vers 1890</title>
		<link>http://coulmont.com/blog/2011/06/20/le-parisien-dentele/</link>
		<comments>http://coulmont.com/blog/2011/06/20/le-parisien-dentele/#comments</comments>
		<pubDate>Mon, 20 Jun 2011 06:13:28 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Baptiste Coulmont</dc:creator>
				<category><![CDATA[sexualité]]></category>
		<category><![CDATA[commerce]]></category>
		<category><![CDATA[commodification]]></category>
		<category><![CDATA[histoire]]></category>
		<category><![CDATA[pornographie]]></category>
		<category><![CDATA[sexe]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://coulmont.com/?p=4896</guid>
		<description><![CDATA[Maxence Rodemacq est l’auteur d’un mémoire de master d’histoire intitulé L’industrie de l’obscénité. Commerce pornographique et culture de masse à Paris (1855 – 1930), réalisé sous la direction de Dominique Kalifa en 2010. Son travail s’inscrit dans une série de travaux récents en histoire de la sexualité. Pour dire bref, il se concentre sur le [...]
No related posts.]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Maxence Rodemacq est l’auteur d’un mémoire de master d’histoire intitulé <i>L’industrie de l’obscénité. Commerce pornographique et culture de masse à Paris (1855 – 1930)</i>, réalisé sous la direction de Dominique Kalifa en 2010. Son travail s’inscrit dans une série de travaux récents en histoire de la sexualité. Pour dire bref, il se concentre sur le <i>marché</i> de la pornographie alors que les études un peu plus anciennes, celles d’Alain Corbin ou celle d’Annie Stora-Lamarre s’intéressaient aux formes culturelles ou s’intéressaient à la pornographie « dans le cadre de la censure politique ou encore celui de la “morale anticléricale” ». Mais à la fin du XIXe siècle, la pornographie se détache de tout discours politique pour viser autre chose.<br />
A partir de sources policières et judiciaires, combinées à des textes publiés (notamment dans la presse de l’époque), Rodemacq donne à voir comment le marché s’organisait avant 1930. Les sources policières posent des problèmes bien analysés : pour les policiers aussi, l’outrage aux bonnes moeurs est un délit commercial, et ils s’intéressent plus aux vendeurs qu’aux clients. Le client intéressant, c’est « l’ “acheteur” qui achète pour revendre ensuite – par exemple le “commis acheteur” ».  Les autres n’apportent pas grand chose au dossier policier.<br />
Mais les sources policières ont de réels intérêts pour la recherche : elles conservent des documents qui ont disparu et qui donnent une idée de l&#8217;étendue de ce qui est alors considéré comme &#8220;obscène&#8221;. Des publicités et des catalogues notamment, qui donnent une idée des prix au détail. Une entreprise de &#8220;caoutchouc dilaté&#8221;, la Maison A. Claverie, propose ainsi, à la fin du XIXe siècle, divers préservatifs :<br />
<img src="http://coulmont.com/vordpress/wp-content/uploads/2011/06/parisiendentele-rodemacq.png" alt="" title="parisien dentele préservatif - rodemacq" width="550" height="400" class="alignright size-full wp-image-4897" /><br />
Le &#8220;Parisien&#8221; peut &#8220;servir plusieurs fois&#8221; : il &#8220;est en caoutchouc dilaté de qualité tout à fait supérieure [et] possède à son extrémité une petite poche ou ampoule qui sert à recevoir la semence de l&#8217;homme. Ce qui fait que le <i>visiteur</i> n&#8217;est pas gêné dans son fonctionnement au <i>moment psychologique</i>. On s&#8217;en sert comem du préservatif ordinaire, en le déroulant sur le <i>visiteur</i>&#8220;.<br />
Le &#8220;Parisien dentelé [...] a en plus un anneau dentelé soudé au bas de l&#8217;ampoule. De sorte qu&#8217;en étant très commode pour l&#8217;homme, il procure un plus grand plaisir à la femme&#8221;.<br />
Le caoutchouc est devenu la matière centrale de l&#8217;obscénité par &#8220;objets&#8221; : il permet aussi la fabrication de godemichés (il suffit d&#8217;un moule, permettant la fabrication en série). Ces derniers deviennent, à un moment précis de l&#8217;histoire, des objets nécessaires aux mises en scènes photographiques : aux débuts de la photographie, le temps de pause est trop long pour que les modèles hommes puissent conserver leur érection.</p>
<p>Le mémoire de Maxence Rodemacq est consultable au <a href="http://www.univ-paris1.fr/centres-de-recherche/crhxix/les-memoires-soutenus-ou-en-cours/les-memoires-soutenus-ou-en-cours/memoires-de-m2-soutenus-en-2010/">Centre d&#8217;histoire du XIXe siècle</a> à l&#8217;université Paris I.</p>
<p>No related posts.</p>]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://coulmont.com/blog/2011/06/20/le-parisien-dentele/feed/</wfw:commentRss>
		<slash:comments>2</slash:comments>
		</item>
		<item>
		<title>La variété des productions culturelles</title>
		<link>http://coulmont.com/blog/2011/03/11/productions-culturelles/</link>
		<comments>http://coulmont.com/blog/2011/03/11/productions-culturelles/#comments</comments>
		<pubDate>Fri, 11 Mar 2011 10:09:37 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Baptiste Coulmont</dc:creator>
				<category><![CDATA[sex-shops]]></category>
		<category><![CDATA[sexualité]]></category>
		<category><![CDATA[bonnes-moeurs]]></category>
		<category><![CDATA[espace]]></category>
		<category><![CDATA[images]]></category>
		<category><![CDATA[pornographie]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://coulmont.com/?p=4595</guid>
		<description><![CDATA[Deux fois par semaine, je fais le tour du quartier Château Rouge, juste au Nord de Barbès, pour y recueillir les affiches des églises évangéliques et pentecôtistes &#8220;noires&#8221; ou &#8220;africaines&#8221;. L&#8217;affichage sauvage est répandu dans quelques rues, autour de la station de métro. Les afficheurs se livrent à une concurrence permanente pour l&#8217;espace des murs [...]
No related posts.]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><img src="http://coulmont.com/vordpress/wp-content/uploads/2011/03/chateaurouge20110312-01.jpg" alt="" title="chateaurouge20110312-01" width="250" height="334" class="alignleft size-full wp-image-4596" />Deux fois par semaine, je fais le tour du quartier Château Rouge, juste au Nord de Barbès, pour y recueillir les affiches des églises évangéliques et pentecôtistes &#8220;noires&#8221; ou &#8220;africaines&#8221;. L&#8217;affichage sauvage est répandu dans quelques rues, autour de la station de métro. Les afficheurs se livrent à une concurrence permanente pour l&#8217;espace des murs aveugles et des barrières de chantier (d&#8217;autres <a href="http://coulmont.com/blog/2009/11/28/empecher/">gestionnaires d&#8217;espace s&#8217;y opposent</a>). On voit, sur la photo ci-contre, un &#8220;Messager de Dieu&#8221; dire &#8220;Sans toi, je ne suis rien&#8221; mais aussi une affiche politique &#8220;Kabila dégage&#8221;, ainsi qu&#8217;une comédie, &#8220;<a href="http://www.africa1.com/spip.php?article6076">Le string qui tue</a>&#8220;.<br />
Mais aujourd&#8217;hui, j&#8217;ai aussi trouvé l&#8217;indice d&#8217;une production culturelle moins légitime :<br />
<img src="http://coulmont.com/vordpress/wp-content/uploads/2011/03/chateaurouge20110312-02.jpg" alt="" title="chateaurouge20110312-02" width="250" height="166" class="alignright size-full wp-image-4597" />Il s&#8217;agit de publicité pour un film pornographique qui propose des scènes &#8220;dans des arbres&#8221;, et qui n&#8217;a rien à envier aux couvertures de &#8220;Hot Vidéo&#8221; qui parsèment les vitrines des vendeurs de journaux. Le messager de Dieu aura fort à faire pour lutter contre le messager de la luxure.<br />
Je ne connais pas de travaux ethnographiques portant sur la pornographie &#8220;africaine&#8221; (ses marchés, ses modes de diffusion, ses formes de &#8220;captation&#8221; de ce que les vidéastes pensent être les fantasmes rentables&#8230;). Il semble cependant, d&#8217;après divers indices, que certaines formes de régulation par les &#8220;bonnes moeurs&#8221; ne fonctionnent plus très bien. J&#8217;avais été en contact avec des personnes cherchant à <a href="http://coulmont.com/blog/2009/04/25/des-sex-toys-en-afrique/">ouvrir des sex-shops en Afrique</a>. Dans un site consacré au Cameroun, on peut lire qu&#8217;après une descente de police, <a href="http://www.camer.be/index1.php?art=10224&#038;rub=11:1">les DVD reviennent à Youndé</a>&#8230; Et, récemment, dans les <a href="http://www.lesinrocks.com/cine/cinema-article/t/60672/date/2011-02-25/article/porno-afrique/">Inrockuptibles</a> un petit article donnaient quelques informations.<br />
<img src="http://coulmont.com/vordpress/wp-content/uploads/2011/03/chateaurouge20110312-03.jpg" alt="" title="chateaurouge20110312-03" width="150" height="173" class="alignleft size-full wp-image-4599" />Sur l&#8217;affiche de Château-Rouge, aucun lieu de vente précis n&#8217;est indiqué. Juste &#8220;Château Rouge&#8221; : les petits revendeurs à la sauvette, qui proposent, sur des étals en carton, de fausses montres, des légumes exotiques ou des DVD, doivent parfois proposer ce genre de DVD.<br />
&nbsp;</p>
<p>No related posts.</p>]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://coulmont.com/blog/2011/03/11/productions-culturelles/feed/</wfw:commentRss>
		<slash:comments>4</slash:comments>
		</item>
		<item>
		<title>Tout doux, tout doux : encore du fétichisme</title>
		<link>http://coulmont.com/blog/2011/01/10/tout-doux-tout-doux/</link>
		<comments>http://coulmont.com/blog/2011/01/10/tout-doux-tout-doux/#comments</comments>
		<pubDate>Mon, 10 Jan 2011 14:44:31 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Baptiste Coulmont</dc:creator>
				<category><![CDATA[General]]></category>
		<category><![CDATA[sexualité]]></category>
		<category><![CDATA[camouflage]]></category>
		<category><![CDATA[genre]]></category>
		<category><![CDATA[ironie]]></category>
		<category><![CDATA[liste]]></category>
		<category><![CDATA[sexe]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://coulmont.com/?p=4257</guid>
		<description><![CDATA[La liste des fétichismes est immense. Certains peuvent faire froncer les sourcils : &#8220;ouille, ça doit faire mal&#8221;. D&#8217;autres semblent a piori plus amusants. Le fétichisme du &#8220;mohair&#8221; fait partie de la dernière catégorie. Mais qui peut donc apprécier autant &#8220;une partie de jambes en laine&#8221; (en dehors des soirs de grand froid) ? Les [...]
No related posts.]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>La liste des fétichismes est immense. </p>
<ul>
<li>Certains peuvent faire froncer les sourcils : &#8220;ouille, ça doit faire mal&#8221;. D&#8217;autres semblent <i>a piori</i> plus amusants. Le fétichisme du &#8220;mohair&#8221; fait partie de la dernière catégorie.<br />
Mais qui peut donc apprécier autant &#8220;une partie de jambes en laine&#8221; (en dehors des soirs de grand froid) ? Les partisans et partisanes (assez peu nombreux, apparemment) se retrouvent sur <a href="http://forum.doctissimo.fr/doctissimo/Fetichisme/douceur-mohair-sujet_416_1.htm">une partie &#8220;adulte&#8221; de doctissimo</a> pour échanger patrons et pelotes. Sans que l&#8217;on sache bien s&#8217;il faille crier &#8220;Fake&#8221;.<br />
La chose, de toute façon, avait été remarquée il y a quelques années, par <a href="http://vice.typepad.com/vice_france/2008/01/paris-des-momie.html">Vice</a>, par <a href="http://brain-magazine.com/index.php?option=com_content&#038;view=article&#038;id=2598:passion-mohair&#038;catid=1:general&#038;Itemid=5">Brain Magazine</a> et, quelque part, par Maïa Mazaurette, qui signalait <a href="http://www.ibelieveinadv.com/2008/06/henkel-mir-wool-pink-yellow/">ce lien Woolite</a>. J&#8217;en parle pour garder ces liens en mémoire.<br />
Ailleurs (NSFW) sur <a href="http://www.flickr.com/photos/oompah/2165184999/">Flickr</a>.</li>
</ul>
<p>D&#8217;autres fétichismes ?</p>
<li><a href="http://quanti.hypotheses.org/451/">La cartographie avec R</a>, signalé par Quanti.</li>
<li><a href="http://www.moktoipas.com/592-comme-un-sou-neuf">Les gens qui n&#8217;utilisent plus de savon</a></li>
<li><a href="http://www.laviedesidees.fr/Le-pouvoir-est-de-plus-en-plus.html">Luc Boltanski</a> sur la Vie-des-idées, et <a href="http://orgtheory.wordpress.com/2010/12/26/the-one-with-the-commentary-on-boltanski-and-thevenot-1999/">une lecture américaine de Boltanski</a>, sur orgtheory</li>
<li><a href="http://inglr.com/pg/blog/yingzi/read/3873/">Une allusion lettrée à Rabbi Jacob</a>.</li>
<li>« Les formes d&#8217;un lapin ou d&#8217;un renne en chocolat avec un ruban rouge ne peuvent être enregistrées en tant que marques communautaires » <a href="http://curia.europa.eu/jcms/upload/docs/application/pdf/2010-12/cp100124fr.pdf">PDF</a>.</li>
<p>No related posts.</p>]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://coulmont.com/blog/2011/01/10/tout-doux-tout-doux/feed/</wfw:commentRss>
		<slash:comments>0</slash:comments>
		</item>
		<item>
		<title>Fantômette, héroïne ligotée (2)</title>
		<link>http://coulmont.com/blog/2010/12/27/fantomette-heroine-ligotee-2/</link>
		<comments>http://coulmont.com/blog/2010/12/27/fantomette-heroine-ligotee-2/#comments</comments>
		<pubDate>Mon, 27 Dec 2010 09:48:00 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Baptiste Coulmont</dc:creator>
				<category><![CDATA[sexualité]]></category>
		<category><![CDATA[fantomette]]></category>
		<category><![CDATA[lecture]]></category>
		<category><![CDATA[sexe]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://coulmont.com/?p=4189</guid>
		<description><![CDATA[Dans Le Figaro, du 22 juin 2006, p.5, on peut lire une toute petite interview de Marie Darrieussecq sur ses lectures d&#8217;enfant : « Fantômette était un caractère féminin positif, active, mystérieuse, érotique&#8230; Oui-Oui, au potentiel érotique moindre, avait un côté &#8220;doudou&#8221; rassurant. » Fantômette était donc dotée d&#8217;un potentiel érotique. Il fallait poursuivre l&#8217;enquête [...]
No related posts.]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Dans <em>Le Figaro</em>, du 22 juin 2006, p.5, on peut lire une toute petite interview de Marie Darrieussecq sur ses lectures d&#8217;enfant : « Fantômette était un caractère féminin positif, active, mystérieuse, <em>érotique</em>&#8230; Oui-Oui, <em>au potentiel érotique</em> moindre, avait un côté &#8220;doudou&#8221; rassurant. »<br />
Fantômette était donc dotée d&#8217;un <i>potentiel érotique</i>. Il fallait poursuivre l&#8217;enquête (<a href="http://coulmont.com/blog/2010/12/15/fantomette-heroine-sexuee/">commencée ici</a>), surtout que la Bibliothèque rose tend à minimiser ce potentiel. Dans le <a href="http://www.lagardere.com/centre-presse/communiques-de-presse/communiques-de-presse-122.html&#038;idpress=4897">communiqué de presse</a> visant à ouvrir les festivités du cinquantième anniversaire de Fantômette, Darrieussecq, interviewée ne parle plus d&#8217;érotisme, mais de féminisme : «&nbsp;&#8221;Fantômette&#8221; était une héroïne extraordinaire pour la petite fille que j&#8217;étais, une féministe avant l&#8217;heure, et qui me faisait rêver.&nbsp;» [<a href="http://www.lagardere.com/centre-presse/communiques-de-presse/communiques-de-presse-122.html&#038;idpress=4897">source</a>].<br />
Dans un esprit proche, les <a href="http://millepompons.free.fr/forums/viewtopic.php?t=621">fans adultes de Fantômette</a> considèrent que toute lecture sexualisante des romans de Georges Chaulet est perverse.<br />
L&#8217;enquête se poursuivra donc chez d&#8217;autres romancières :<br />
Dans <i>Sous réserve</i> de Hélène Frappat (Allia, 2004), Fantômette apparaît comme une tueuse, « <em>dans un roman où la justicière égorge un journaliste dont elle désapprouve les avances</em> ». Ce roman « <em>s&#8217;appelait <i>Loi Blanche</i> car son héroïne, Fantômette, avait la passion des couteaux.</em> » Une tueuse donc, mais pas vraiment érotique.<br />
Dans le roman <i>Premier rôle</i>, d&#8217;Alice Massat (Denoël, 2008), le potentiel érotique de Fantômette est liée à son loup. Ce roman se conclut par une soirée dans laquelle participants et participantes doivent porter le masque de Fantômette, devenue l&#8217;héroïne d&#8217;un film : « <em>À l&#8217;origine, c&#8217;est vrai, c&#8217;était pour les enfants, mais ils en ont fait un film policier, avec une héroïne aux pouvoirs spéciaux. Mais sans vous raconter toute l&#8217;histoire, on comprend au fur et à mesure qu&#8217;elle est carrément branque, victime de troubles de l&#8217;identité.</em> »<br />
<center>*</center></p>
<h3>Mon hypothèse</h3>
<p>Je ferai l&#8217;hypothèse que, dans les romans de Georges Chaulet, le &#8220;potentiel érotique&#8221; de Fantômette est en partie lié aux situations d&#8217;entrave, qui reviennent suffisamment souvent pour former un motif narratif. Ces situations d&#8217;entrave, nous allons le voir, sont souvent réalisées dans des sous-sols (cuves, caves, grottes, cryptes, cales de bâteau&#8230;) ou autour d&#8217;armatures plus ou moins métalliques (cages, grilles, chaises&#8230;). Les costumes jouent un rôle (celui de Fantômette, mais aussi diverses sortes de combinaisons).</p>
<h3>Quelques preuves de ligotage récurrent</h3>
<p>En 1961, dans les premières aventures, <i>Les exploits de Fantômette</i>, le ligotage est évoqué rapidement, sur un bateau en train de couler :</p>
<blockquote><p>[Le colonel] se baissa, empoigna un cordage et ligota Fantômette, toujours évanouie, après lui avoir retiré son poignard qu&#8217;il planta sur le pont. Puis il la prit sous son bras, entra dans la cabine et descendit au fond de la cale par un court escalier.<br />
source : <i>Les exploits de Fantômette</i>, 1961, p.158</p></blockquote>
<p><img src="http://coulmont.com/vordpress/wp-content/uploads/2010/12/fantomette-mainjaune-1.jpg" alt="" title="fantomette-mainjaune-1" width="225"  class="alignright size-full wp-image-4199" />Deux ans plus tard, dans <i>Fantômette au carnaval</i>, l&#8217;auteur multiplie les ligotages. Page 125 « Ce fut soudain, inattendu. Un voile noir lui tomba sur le visage tandis qu&#8217;elle se sentait soulevée de terre, puis maintenue solidement. Elle sentit qu&#8217;on lui immobilisait bras et jambes pour les attacher. » Fantômette se retrouve « ficelée comme une andouille de Vire » (p.127). Mais aussi p. 150, où Fantômette est de nouveau ligotée, et où elle déclare, étrangement, « Je veux bien qu&#8217;on m&#8217;attache », tout en évoquant diverses formes de « supplices chinois ». Idem (double ligotage) dans <i>Fantômette contre la Main Jaune</i> (1971), où le personnage évoque encore explicitement un supplice. Attachée à un gouvernail, elle déclare : « Tiens! C&#8217;est donc ça qu&#8217;on appelle le supplice de la roue ? » (p.69). Ré-attachée une centaine de pages plus loin, elle proteste « Encore ! C&#8217;est une manie que vous avez, de ficeler les gens ? » (p.174).</p>
<p><img src="http://coulmont.com/vordpress/wp-content/uploads/2010/12/fantomette-television-1.jpg" alt="" title="fantomette-television-1" width="225" class="alignright size-full wp-image-4203" />Dans <i>Fantômette et la télévision</i> (1966), Fantômette « <em>était allongée par terre, sur le dos. La corde qui lui immobilisait bras et jambes était passée, par surcroît de précaution, dans un anneau de fer scellé au mur.</em> » (p.138)</p>
<p>Entre 1968 et 1975, les scènes de ligotage font partie des scènes attendues. Dans <i>Fantômette dans le piège</i> (1972) elle est aveuglée par une sorte de sac, ligotée et enserrée dans un pneu (la scène formera la couverture et sera illustrée).<br />
<img src="http://coulmont.com/vordpress/wp-content/uploads/2010/12/fantomette-piege-1.jpg" alt="" title="fantomette-piege-1" width="225"  class="alignnone size-full wp-image-4193" /></p>
<blockquote><p>un voile noir s&#8217;abat sur ses yeux, en même temps qu&#8217;une sorte de cercle tombant du ciel, lui enserre les bras en les immobilisant. Elle tente de ses débattre, mais sent qu&#8217;on lui attache les jambes avec une corde.</p></blockquote>
<h3>La panoplie parfaite du petit sadomasochiste</h3>
<p>Dans <i>Fantômette contre le Hibou</i>, les méchants portent des costumes à mi-chemin entre ceux du Ku-Klux-Klan, ceux des Grands Inquisiteurs et des bourreaux. Dans <i>Fantômette chez les Corsaires</i> (1973), c&#8217;est toute la panoplie du sadomasochiste qui est conviée. Menottes, entraves, caves, cages et fouets&#8230; sont combinés à une situation où les personnages féminins capturées par des sortes de pirates sont réduites en esclavage :<br />
<img src="http://coulmont.com/vordpress/wp-content/uploads/2010/12/fantomette-corsaires-1.jpg" alt="" title="fantomette-corsaires-1" width="225" class="alignright size-full wp-image-4196" /><br />
<blockquote>« Si vous m&#8217;obéissez au doigt et à l&#8217;oeil, ça ira. Si vous faites les fortes têtes, il y aura cet accessoire pour vous calmer&#8230; »<br />
Du pouce, il désigne le fouet accroché au mur.<br />
(&#8230;)<br />
Dominguez décroche une chaîne reliée à deux anneaux. L&#8217;ensemble ressemble assez à des menottes. Il se baisse, ouvre les anneaux qui sont en deux parties, les referme sur les chevilles de la grande Ficelle. Puis il sort une clé de sa poche et verrouille les anneaux. Ficelle pousse un cri :<br />
« Mais qu&#8217;est-ce qui vous prend ? Vous me mettez des chaînes aux pieds, comme aux esclaves, dans l&#8217;ancien temps ? »<br />
Dominguez se met à rire.<br />
« Et que crois-tu donc que tu es ? <em>Une esclave</em>, ma petite, tout bonnement ! »<br />
source : <i>Fantômette chez les Corsaires</i> (1973), pages 80-82</p></blockquote>
<p>Le thème du cachot revient en force dans <i>Fantômette et le Masque d&#8217;Argent</i> (1973), où deux hommes l&#8217;entraînent sous terre :</p>
<blockquote><p>Fantômette ne peut rien voir, mais elle se rend compte que des poignes solides la soulèvent, l&#8217;entraînent au long des couloirs du sous-sol. Elle se débat, essaie de se libérer, donne des coups de pied, mais sans résultat. Ses adversaires sont au nombre de deux, lui semble-t-il. Le premier lui a rabattu sa cape sur sa tête, le second lui maintient les jambes. Elle sent qu&#8217;on la soulève, qu&#8217;on la porte et qu&#8217;on la dépose (p.137) sur le sol. Elle entend le claquement de la porte, suivi d&#8217;un glissement de verrous. Elle dégage aussitôt sa tête de la cape, regarde autour d&#8217;elle. La pièce est une sorte de cachot<br />
source : <i>Fantômette et le Masque d&#8217;Argent</i> (1973) p.136</p></blockquote>
<p>Esclavage, cachot&#8230; y aurait-il d&#8217;autres réminiscences d&#8217;incarcération féminine ? <img src="http://coulmont.com/vordpress/wp-content/uploads/2010/12/fantomette-secret-desert-1.jpg" alt="" title="fantomette-secret-desert-1" width="225" height="154" class="alignright size-full wp-image-4230" />On trouve une aventure intéressante dans <i>Fantômette et le secret du désert</i> (1973), livre dans lequel non seulement Fantômette est attachée en plein désert, sur un roc, &#8220;les bras en croix&#8221;, par des &#8220;liens de cuir&#8221; par un chef de tribu arabe, mais aussi enfermée, un moment dans le harem (du même chef ou d&#8217;un autre). Dans le harem, elle est rhabillée entièrement, à la mode locale. La scène de ligotage présente une caractéristique intéressante. Fantômette y est une participante volontaire :</p>
<blockquote><p>« Si tu refuses ce que je t&#8217;offre, je te fais attacher à ce pic et je t&#8217;abandonne là jusqu&#8217;à ce que tes os blanchissent au soleil. »<br />
Fantômette médite un moment en sifflotant entre ses dents, puis elle se lève, sort du gourbi et va tranquillement s&#8217;adosser à l&#8217;aiguille de pierre.<br />
p.71-72</p></blockquote>
<h3>Ligotage et jeux d&#8217;eau</h3>
<p><img src="http://coulmont.com/vordpress/wp-content/uploads/2010/12/fantomette-palais-1.jpg" alt="" title="fantomette-palais-1" width="225" class="alignleft size-full wp-image-4207" />Dans <i>Fantômette et le palais sous la mer</i> (1974), le thème du ligotage est encore associé à celui de la mer. Les trois héroïnes (en combinaison moulante de plongée) sont ligotées&#8230; par ceux-là même qui avaient déjà ligotées les mêmes personnages, dans le premier épisode de la série (1961). L&#8217;auteur, on le voit, a de la suite dans les idées.<br />
<img src="http://coulmont.com/vordpress/wp-content/uploads/2010/12/fantomette-pasdevacances-1.jpg" alt="" title="fantomette-pasdevacances-1" width="225" height="158" class="alignright size-full wp-image-4231" />Dans <i>Pas de vacances pour Fantômette</i> (1984), elle est enfermée dans une machine à laver industrielle (une sorte de cage en métal, mais vouée à être mise à l&#8217;eau) : </p>
<blockquote><p>oui je viens d&#8217;imaginer un moyen simple et efficace. Nous allons la fourrer dans une des machines à laver et ouvrir le robinet d&#8217;eau. Quand la machine sera remplie, notre amie se noiera gentiment&#8230;<br />
<i>Pas de vacances pour Fantômette</i> (1984)p.12
</p></blockquote>
<p>Dans <i>Fantômette en plein mystère</i> l&#8217;héroïne est non seulement ligotée, mais aussi jetée dans l&#8217;eau (et sauvée <i>in extremis</i> par Œil de Lynx).</p>
<p><center>*</center></p>
<h3>Ligotage et humiliation</h3>
<p><img src="http://coulmont.com/vordpress/wp-content/uploads/2010/12/fantomette-charlemagne-1.jpg" alt="" title="fantomette-charlemagne-1" width="225" class="alignright size-full wp-image-4210" />Que se passe-t-il une fois Fantômette ligotée ? Le plus souvent, les ligoteurs s&#8217;en vont. Mais, assez fréquemment quand même, ils cherchent à humilier Fantômette. En lui soufflant de la fumée de cigare sur le visage (<i>Fantômette contre Charlemagne</i>, 1974, p.102), car, dans les années 60 et 70, les méchants fûment pas mal, et même les gentils (la pipe, pour Œil de Lynx le journaliste).</p>
<p>Dans <i>Fantômette contre Charlemagne</i> (1974), une double scène de ligotage (un ligotage simple suivi d&#8217;un double ligotage sur une grille en fer) :</p>
<blockquote><p><em>La jeune justicière est entraînée jusqu&#8217;au premier étage du cinéma, puis soigneusement ficelée à une chaise. Le Furet allume alors un cigare, souffle la fumée au nez de sa prisonnière et fait un petit discours. (&#8230;)</em><br />
source : <i>Fantômette contre Charlemagne</i> (1974), p.102</p></blockquote>
<p><img src="http://coulmont.com/vordpress/wp-content/uploads/2010/12/fantomette-cigares.jpg" alt="" title="fantomette-cigares" width="300" height="180" class="alignleft size-full wp-image-4220" /> On peut aussi humilier Fantômette en mangeant ou en dînant face à elle (un thème fréquent). <img src="http://coulmont.com/vordpress/wp-content/uploads/2010/12/fantomette-television-2.jpg" alt="" title="fantomette-television-2" width="225" height="311" class="alignright size-full wp-image-4221" />En la menaçant enfin de supplices encore plus vicieux :</p>
<blockquote><p>« Ah! Tu ne veux pas parler ? Parfait! on va te délier la langue. Ah! on veut jouer au plus fin avec moi&#8230; Eh bien, nous allons voir qui aura le dernier mot. Je vais un peu te chatouiller la plante des pieds avec la flamme de cette bougie, et il faudra bien que tu parles! »<br />
source : <i>Fantômette et la télévision</i> (1966), p.159.</p></blockquote>
<p>Dans <i>Fantômette en danger</i> (1983), le ligotage est associé au monde médical. Fantômette est attachée par des entraves en métal sur une table d&#8217;opération et trois médecins la menacent.<br />
<img src="http://coulmont.com/vordpress/wp-content/uploads/2010/12/fantomette-danger-1.jpg" alt="" title="fantomette-danger-1" width="300" height="491" class="alignright size-full wp-image-4226" /><br />
<blockquote>Et soudain elle sent ses bras s&#8217;immobiliser. On la soulève d&#8217;un coup, on la porte sur le fauteuil d&#8217;opérations. Des cercles de métal se referment sur ses poignets et sur ses chevilles. La capture n&#8217;a pas duré cinq secondes, preuve que les infirmiers ont l&#8217;habitude de ce genre de chose.</p></blockquote>
<div style="clear:both;"></div>
<p>&nbsp;</p>
<h3>Est-ce dans les cordes de Fantômette ?</h3>
<p><img src="http://coulmont.com/vordpress/wp-content/uploads/2010/12/fantomette-briseglace-1.jpg" alt="" title="fantomette-briseglace-1" width="225" height="178" class="alignleft size-full wp-image-4227" />Fantômette ligotée, OK. Fantômette ligoteuse ? Oui, parfois. C&#8217;est avant tout quelqu&#8217;un qui apprécie un bon ligotage. <i>Fantômette brise la glace</i> (1976) s&#8217;ouvre par une scène dans laquelle Fantômette regarde une jeune fille se faire ligoter.</p>
<p>A la lecture, Fantômette ligote peu. Je ne retiendrai ici qu&#8217;un seul ligotage, parce qu&#8217;il est parfait. C&#8217;est le ligotage d&#8217;une femme (+1), dans une sorte de cage en métal (un avion, +1), en costume (+1). Il ne manque que le sous-sol&#8230;<br />
<img src="http://coulmont.com/vordpress/wp-content/uploads/2010/12/fantomette-diabola-11.jpg" alt="" title="fantomette-diabola-1" width="225" class="alignnone size-full wp-image-4214" /></p>
<h3>Conclusions</h3>
<p>Dans une interview donnée à Hervé Guibert dans <i>L&#8217;Autre journal</i> en 1986, Georges Chaulet déclarait que &#8220;dans la Bibliothèque rose on ne peut se permettre ni épouvante, ni sexualité, ni argot. C&#8217;est une convention tacite qu&#8217;on suit une fois pour toute&#8221;. Mais comme on le voit, la sexualité affleure, jamais explicite, dès lors qu&#8217;elle est évacuée.</p>
<h3>Références</h3>
<p>Ont été consultés les <i>Fantômettes</i> suivants<br />
Les exploits de Fantomette, 1961<br />
Fantômette contre le Hibou, 1962<br />
Fantômette au carnaval, 1963<br />
Fantômette contre Fantômette, 1964<br />
Fantômette et l&#8217;île de la sorcière, 1964, 1984<br />
Pas de vacances pour Fantômette, 1965, 1984<br />
Fantômette et la télévision, 1966<br />
Fantômette et le brigand, 1968 et 1974<br />
Fantômette et son prince, 1968<br />
Fantômette et la lampe merveilleuse, 1969<br />
Fantômette et le trésor du Pharaon, 1970<br />
Fantômette chez le roi, 1970, 1974<br />
Fantômette à la mer de sable, 1971<br />
Fantômette contre la Main Jaune, 1971<br />
Fantômette et la maison hantée, 1971, 1983<br />
Fantômette dans le piège, 1972<br />
Fantômette viendra ce soir, 1972<br />
Fantômette chez les corsaires, 1973<br />
Fantômette et le secret du désert, 1973<br />
Fantômette et le Masque d&#8217;Argent, 1973<br />
Fantômette et la Dent du Diable, 1973<br />
Fantômette contre Charlemagne, 1974<br />
Fantômette et la grosse bête, 1974<br />
Fantômette et le palais sous la mer, 1974<br />
Olé Fantômette, 1975<br />
Fantômette contre Diabola, 1975<br />
Fantômette viendra ce soir<br />
Fantômette brise la glace, 1976<br />
Fantastique Fantômette, 1980<br />
Fantômette en danger, 1983<br />
Fantômette en plein mystère, 1984<br />
Fantômette contre le géant, 1984</p>
<p>No related posts.</p>]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://coulmont.com/blog/2010/12/27/fantomette-heroine-ligotee-2/feed/</wfw:commentRss>
		<slash:comments>7</slash:comments>
		</item>
		<item>
		<title>Fantômette héroïne sexuée</title>
		<link>http://coulmont.com/blog/2010/12/15/fantomette-heroine-sexuee/</link>
		<comments>http://coulmont.com/blog/2010/12/15/fantomette-heroine-sexuee/#comments</comments>
		<pubDate>Wed, 15 Dec 2010 14:33:51 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Baptiste Coulmont</dc:creator>
				<category><![CDATA[sexualité]]></category>
		<category><![CDATA[fantomette]]></category>
		<category><![CDATA[lecture]]></category>
		<category><![CDATA[sexe]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://coulmont.com/?p=4167</guid>
		<description><![CDATA[Fantômette finit-elle toujours ligotée, à un moment où à un autre de ses aventures ? C&#8217;est à dire, temporairement, privée de ce que les anglophones appellent l&#8217;agency, la capacité d&#8217;action. Ce serait à la fois étrange, mais attendu pour un personnage féminin né au tout début des années soixante, c&#8217;est à dire quand les jeunes [...]
Sur un thème proche (sélectionné par l'ordinateur) :<ol>
<li><a href='http://coulmont.com/blog/2010/12/27/fantomette-heroine-ligotee-2/' rel='bookmark' title='Fantômette, héroïne ligotée (2)'>Fantômette, héroïne ligotée (2)</a></li>
<li><a href='http://coulmont.com/blog/2010/12/06/attraction-pour-chiffres-ronds/' rel='bookmark' title='L&#8217;attraction pour les chiffres ronds'>L&#8217;attraction pour les chiffres ronds</a></li>
<li><a href='http://coulmont.com/blog/2006/10/10/delange/' rel='bookmark' title='De l&#8217;Ange'>De l&#8217;Ange</a></li>
</ol>]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Fantômette finit-elle toujours ligotée, à un moment où à un autre de ses aventures ? C&#8217;est à dire, temporairement, privée de ce que les anglophones appellent l&#8217;<i>agency</i>, la capacité d&#8217;action. Ce serait à la fois étrange, mais attendu pour un personnage féminin né au tout début des années soixante, c&#8217;est à dire quand les jeunes filles pouvaient à la fois espérer des études bien plus longues que celles de leur mère, mais aussi une carrière, bref, un peu plus de pouvoir &#8212; mais aussi savoir, peut-être inconsciemment, que le monde social resterait dominé par les hommes&#8230; bref, se retrouver, à un moment, ligotée.<br />
<img src="http://coulmont.com/vordpress/wp-content/uploads/2010/12/fantomette-ligotee-bondage.jpg" alt="" title="fantomette-ligotee-bondage" width="500" height="536" class="alignnone size-full wp-image-4169" /><br />
À en croire les illustrations disponibles sur internet, sur les sites <a href="http://www.generation-fantomette.com/illustrations.htm">Generation Fantomette</a> ou <a href="http://millepompons.free.fr/">Mille Pompons</a>, il semble bien que oui, Fantômette se retrouvera ligotée. Il faudrait relire l&#8217;ensemble de la production de Georges Chaulet, ou lui demander (il est toujours vivant), pour faire l&#8217;inventaire précis des situations de ligotage.<br />
Il faudrait aussi étudier la réception des romans. Des indices parsèment l&#8217;oeuvre, probablement laissés intentionnellement par l&#8217;auteur : la meilleure amie de Françoise (le nom civil de Fantômette) est &#8220;Ficelle&#8221; (c&#8217;est à dire une petite corde), on sait aussi que &#8220;Ficelle&#8221; voue une admiration sans bornes à Fantômette. N&#8217;ayant pas relu ces romans récemment, je ne sais pas si l&#8217;on y trouve des phrases pleines de sous-entendus, comme &#8220;Ficelle serra très fort Françoise&#8230;&#8221;, mais cela ne m&#8217;étonnerait pas. Cela indiquerait, de manière sub-liminale, ce qui finit par arriver : Fantômette ligotée.<br />
Quelques recherches, rapides, sur internet, permettent de déceler des lectures proches.<br />
Pascale Molinier (U. Paris 13), parle de Fantômette comme d&#8217;une <a href="http://books.google.fr/books?id=qVUVjoUxKl4C&#038;lpg=PA1&#038;hl=en&#038;pg=PA171#v=onepage&#038;q=Fant%C3%B4mette&#038;f=false"><i>perverse discrète dans son costume fétiche</i></a> [source : <i>Les Cahiers du genre</i>, 2008, n°45, p.171]. L&#8217;on appréciera le &#8220;<em>double entendre</em>&#8221; sur &#8220;fétiche&#8221;.<br />
On trouve aussi une mention de Fantômette à l&#8217;article &#8220;<a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Bondage">Bondage</a>&#8220;, dans Wikipedia, qui cite un passage d&#8217;un ouvrage d&#8217;<a href="http://www.univ-paris13.fr/cenel/fiches/AnneLarue.htm">Anne Larue</a> (U Paris13) :</p>
<blockquote><p>« Le brigand des brigands s&#8217;appelle Le Furet : en face de Fantômette se dresse une autre bête de la nuit, qui passe son temps à la capturer. Délicieusement ligotée, kidnappée, menacée de mort par des méchants d&#8217;opérette. Elle triomphe toujours (&#8230;) »<br />
Anne Larue, <em>Le Masochisme ou comment ne pas devenir un suicidé de la société</em>, éditions Talus d&#8217;approche ISBN 2-87246-091-8, p. 129.</p></blockquote>
<p>Anne Larue a d&#8217;ailleurs mis en ligne, en PDF, <a href="http://www.univ-paris13.fr/cenel/articles/LarueMasochisme.pdf">Le Masochisme ou comment ne pas devenir un suicidé de la société</a> :</p>
<blockquote><p>on se tournera vers des ouvrages aussi classiques mais apparemment plus anodins, comme <em>Le Club des Cinq</em> ou <em>Fantômette</em>. Se pourrait-il que ces innocentes lectures activent les passions masochistes ?</p></blockquote>
<p>Si ces lecture n&#8217;activent pas chez les enfants ces passions, elles semblent être reliées, chez certains adultes, à leurs passions contemporaines. <a href="http://www.jeuxdeliens.fr/viewtopic.php?f=7&#038;t=22">Sur un forum pour adultes (NSFW)</a>, l&#8217;on peut lire ceci :</p>
<blockquote><p>J&#8217;ai découvert le bondage ( je ne savais pas ce que c&#8217;était à l&#8217;époque) dans les livres de la bibliothèque rose et verte&#8230;<br />
La lecture des passages ou l&#8217;héroïne (Alice ou Fantômette* par exemple) se faisait capturer provoquait un je ne sais quoi de fort agréable en moi. Et j&#8217;enrageais secrètement quand elles parvenaient a se libérer.<br />
*Surtout Fantômette en fait, je crois même qu&#8217;elle est responsable en grande partie de certains de mes fétichismes&#8230; Il faudrait toujours se méfier de ce que l&#8217;on donne à lire à ses enfants&#8230;</p></blockquote>
<p>Sur un blog &#8212; lui aussi pour adultes &#8211;, on trouve une petite digression sur <a href="http://myblogstany.blogspot.com/2010/03/la-demoiselle-au-masque-noir.html">la demoiselle au masque noir (NSFW)</a> :</p>
<blockquote><p>Fantômette, la jeune justicière de Framboisy&#8230; Teinte framboise alors ? Cramoisi évocateur&#8230;<br />
Peut-être que s&#8217;il y en avait eu une version trash, ça aurait ressemblé à ça ! La Françoise de l&#8217;histoire, devenue adulte, change de bord, vire le bonnet à pompons, la cape et le collant mais garde le loup noir et devient SM&#8230;</p></blockquote>
<p>La série des <em>Fantômette</em> ayant commencé à être publiée à partir de 1961, une période de contrôle important des publications pour la jeunesse, l&#8217;auteur a du essayer de jouer avec la censure. Peut-être même a-t-il, dans ses tiroirs, quelques scènes à l&#8217;époque impubliables. Il faudrait réussir à voir si les critiques, à l&#8217;époque, étaient réticentes au ligotage [une critique de 1963, dans <a href="http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/enfan_0013-7545_1963_num_16_4_2334">Enfance</a>, trouve juste les personnages trop monolithiques et pas assez nuancés].</p>
<p><i>Mise à jour du 16/12/2010</i> : Un autre indice, cette couverture :<br />
<img src="http://coulmont.com/vordpress/wp-content/uploads/2010/12/fantomette-dans-le-piege.jpg" alt="" title="fantomette-dans-le-piege" width="400" height="549" class="alignnone size-full wp-image-4183" /><br />
<i>Mise à jour du 18/12/2010</i> : <a href="http://www.sexactu.com/2010/12/17/fantomette-contre-bob-morane/">Un billet et des commentaires intéressants</a> chez Maïa Mazaurette et encore une couverture sur laquelle Fantômette est ligotée :<br />
<img src="http://coulmont.com/vordpress/wp-content/uploads/2010/12/0244_mission_impossible_pour_f.jpg" alt="" title="0244_mission_impossible_pour_f" width="400" height="560" class="alignnone size-full wp-image-4186" /><br />
<i>Mise à jour du 19/12/2010</i> : Poursuite des discussions sur le <a href="http://millepompons.free.fr/forums/viewtopic.php?t=621">forum de Mille Pompons</a> (un site de fans de Fantômette).</p>
<p>Sur un thème proche (sélectionné par l'ordinateur) :<ol>
<li><a href='http://coulmont.com/blog/2010/12/27/fantomette-heroine-ligotee-2/' rel='bookmark' title='Fantômette, héroïne ligotée (2)'>Fantômette, héroïne ligotée (2)</a></li>
<li><a href='http://coulmont.com/blog/2010/12/06/attraction-pour-chiffres-ronds/' rel='bookmark' title='L&#8217;attraction pour les chiffres ronds'>L&#8217;attraction pour les chiffres ronds</a></li>
<li><a href='http://coulmont.com/blog/2006/10/10/delange/' rel='bookmark' title='De l&#8217;Ange'>De l&#8217;Ange</a></li>
</ol></p>]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://coulmont.com/blog/2010/12/15/fantomette-heroine-sexuee/feed/</wfw:commentRss>
		<slash:comments>25</slash:comments>
		</item>
	</channel>
</rss>

