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Archives de la catégorie : 'sexualité'

Public sex, vandalisme, nus, émeutes, concours…

Quelques liens, quelques photos, quelques images, quelques mots.
 

  • En haut des Buttes :

    [Graffiti inscrit sur les murs du Belvédère de Sybil]
    Il était intéressant d’observer les réactions des touristes : “Ils ont du faire ça la nuit. — Mais comment ? — Ils ont escaladé les grilles. — Ou alors pendant une grosse tempête. Quand il pleut, y’a personne.”
    J’ai préféré me taire et ne pas proposer de théorie.
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  • Sous la terre :
    Les panneaux publicitaires “Numériflash” ont envahi le métro. J-N Lafargue, sur hyperbate a déjà souligné l’invention en retour d’un vandalisme spécifique, visant à faire stopper ces panneaux. Il semble qu’une marque de boisson pétillante s’en soit inspiré, montrant un personnage détruire, de l’intérieur l’un de ces panneaux.
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  • Dans des bar-tabacs :
    CetteMerdeEstFolle a découvert le bon goût germanique :
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  • Dans les supermarchés :
    Le playmobil émeutier / manifestant / anarchiste et son compère le policier :

    Ce playmobil avait aussi été repéré, et acheté, par Fabio Rojas sur OrgTheory.
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  • A Toulouse :
    L’IEP de Toulouse attire surtout les derniers classés au concours commun des IEP. Pour quelles raisons ? Trop loin de Paris ? Mauvaise réputation ? Belle analyse sur le vif sur PolitBistro :
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  • Chez les préfets :
    Fausses signatures pour expulser plus vite (voir aussi pole-juridique.fr)

    Afin d’être représenté dans les audiences de sans-papiers, le préfet a donc délégué sa signature à son secrétaire général. En cas d’absence de celui-ci, à son secrétaire général adjoint. Si les deux sont indisponibles, à son directeur de l’immigration et de l’intégration. Lorsque les trois sont empêchés, à son adjoint au directeur de l’immigration et de l’intégration.
    Et lorsque ce dernier ne peut pas signer, la photocopieuse le fait à sa place…

  • L’écart d’âge entre conjoints (1)

    L’écart d’âge entre conjoints est, avec le taux de suicide, surprenament régulier. Prenez une population assez large, et vous verrez que les hommes sont plus âgés que leurs conjointes [De la même manière, comparez le taux des suicides d'une grande population sur deux années consécutives, c'est presque le même.]
    Il existe une belle littérature sociologique sur le thème. En France, l’article central est celui de Michel Bozon Les femmes et l’écart d’âge entre conjoints : une domination consentie.

    Dans le graphique suivant (source des données), j’ai souligné les écarts “négatifs”, quand la femme est plus âgée que son conjoint :

    Une lecture attentive permet de lire que : dans 12% des couples, l’homme est 2 ans plus âgé que sa partenaire ; l’inverse n’est vrai que dans 4% des cas. [Il y a autant de couples dans lesquels l'homme est 7 ans plus vieux que sa partenaire que de couples dans lesquels la femme est 2 ans plus vieille que son partenaire.]

    Associée à cette pratique se trouve l’image, répandue, du couple constitué d’un vieil homme (un “barbon”) et d’une jeune fille. Mais ces couples sont peu fréquents. Il faut probablement tourner son regard non pas vers les hommes, mais vers les femmes et les mettre au centre du processus de décision. Car ce phénomène d’écart d’âge n’est pas limité aux conjoints, aux couples co-résidants. Dès l’adolescence, les filles (de 15 à 18 ans) recrutent leurs partenaires parmi les garçons âgés de 15 à 21 ans et mettent en place un écart d’âge structurel en recherchant des jeunes hommes plus âgés.

    Jusqu’à présent, les choses semblent simples. Implicitement, j’ai fait comme si “des plus jeunes” allaient avec “des plus vieux”. Mais c’est plus complexe. Il est impossible de faire comme si hommes et femmes avaient les mêmes comportements, avec un petit décalage temporel.
    Regardez par exemple ce graphique (extrait de Prioux (France), « Les couples non mariés en 2005 : quelles différences avec les couples mariés ? ». Politiques sociales et familiales n° 96 – juin 2009). Il apporte une difficulté, nous comparons ici les couples mariés et les couples non mariés. Mais surtout il compare les hommes et les femmes. Comment est-il possible que les expériences collectives des hommes et des femmes varient autant ?

    Car on a bien ici plusieurs choses : l’écart d’âge augmente avec l’âge pour les hommes et diminue pour les femmes. Prenons les plus jeunes : les hommes mariés avant l’âge de 24 ans épousent des femmes en moyenne plus âgés qu’eux d’un an. Mais les femmes mariées jeunes, avant 24 ans, épousent des hommes plus âgés qu’elles en moyenne, de 6 ans et demi. Le décalage de calendriers d’entrée en couple, et la composition des “sous-populations” entrant en couple ou en mariage (à des âges différents) crée ces différences collectives agrégées. Et ne parlons pas des remises en couple aux âges tardifs (et de la “jeunesse” des couples non mariés).

    Il nous faudrait un graphique qui compare les flux, les entrées en couple. Et nous l’avons (le graphique est extrait de l’article de Bozon cité plus haut). Les données sont un peu anciennes, mais ça ne doit pas avoir beaucoup changé depuis. Pas fondamentalement du moins.

    C’est un beau graphique. Prenons l’âge moyen de la femme en fonction de l’âge de l’homme (pour les premières unions masculines) : les hommes qui se marient avant 20 ans épousent des femmes plus âgées. S’il se marie à 21 ans et plus, il épouse une femme plus jeune. Prenons maintenant l’âge moyen de l’homme en fonction de celui de la femme, au moment de la formation du couple : les femmes qui se marient à 16 ans épousent un homme de six ans leur aîné. L’écart est minimal quand le couple se forme autour des 24 ou 25 ans de la femme.

    Ces quelques réflexions seront poursuivies probablement un peu plus tard dans l’année, après lecture d’un article récent de Jean-François Mignot.

    Un sex-shop contre l’administration fiscale

    Les sex-shops, pour le moment, sont non seulement interdits d’installation à proximité des établissements scolaires, mais ils sont aussi surtaxés [plus de précisions].
    Je vais donc parler ici de droit des impôts. Mais ne partez pas tout de suite, ça peut vous intéresser quand même.

    *

    Cette surtaxe, donc, consiste en “un prélèvement spécial de 33 % (…) sur la fraction des bénéfices industriels et commerciaux imposables à l’impôt sur les sociétés ou à l’impôt sur le revenu”. Les établissement déclarés licencieux “soit en application de l’ordonnance n° 59-28 du 5 janvier 1959 (…), soit en vertu des pouvoirs de police que le maire et le représentant de l’Etat dans le département” tiennent de certains articles du Code des collectivités territoriales.

    C’est un impôt étrange, qui est déclenché quand un préfet (ou un maire) déclare certains magasins licencieux ou interdits aux mineurs. Comme il n’y a ni “Ordre des patrons de sex-shops”, ni nécessité d’obtention d’une licence préalable à l’installation, ni obligation de déclaration… des magasins s’ouvrent et se ferment sans que les autorités soient au courant. Parfois, un préfet ou un maire se réveille, déclare tel magasin interdit aux mineurs… ce qui peut conduire à cette surtaxe. Les autres magasins, s’ils connaissent les arcanes du Code des impôts, vivent dans l’insécurité juridique (et financière) : ils peuvent très bien être ouverts depuis longtemps sans être soumis au “prélèvement spécial”. [Il me semble que c'est le cas des grandes surfaces sexy/porno ouvertes en zones commerciales, qui, éloignées des centres-villes, sont aussi éloignées du regard du "représentant de l'Etat".]
    Devant une telle insécurité, allez-vous me dire, les sex-shops se sont unis pour agir… C’est sans compter sur l’individualisme de ce monde : parce qu’ils sont nombreux à percevoir dans leurs concurrents des personnes de peu de foi, les patrons et propriétaires de sex-shops n’ont jamais réussi à constituer de syndicat professionnel. Il y eu deux tentatives : une en 1973-1974, et une autre vers 1986.
    Pendant longtemps, donc, il n’y eu aucune protestation publique ou action en justice. Cela a changé. Le 21 juin 2010, le Tribunal administratif de Paris a rendu une ordonnance (dans l’affaire n°0701697). Cette ordonnance transmet au Conseil d’Etat une “Question prioritaire de constitutionnalité”. D’ici quelques mois, le Conseil d’Etat se prononcera et transmettra (ou non) la question au Conseil Constitutionnel.
    C’est une première victoire pour un sex-shop, qui a réussi à intéresser les juges du T.A. (la question “n’est pas dépourvue de sérieux” écrit la vice-présidente). Il est possible que le texte de l’article 235 ter MB du Code général des impôts ne soit pas conforme à la Constitution : la taxe n’est pas prélevée de manière uniforme sur le territoire national ; la perception [au sens du Trésor public, collecter] d’un impôt national dépend donc de la perception [au sens de la connaissance] de la pornographie qu’ont les maires et des préfets.
    Citons un peu l’ordonnance du T.A. qui résume un “mémoire” déposé par l’avocat du sex-shop : “en l’absence d’arrêté d’interdiction, des établissements vendant des articles similaires sont traités différemment, un arrêté d’interdiction n’est pas obligatoire eu égard aux circonstances locales et aux différences d’interprétations auxquelles elles peuvent donner lieu, et la taxation fiscale dissuasive auxquels sont soumis les seuls établissement interdits aux mineurs favorise la diffusion de la pornographie dans un secteur non protégé et contrevient ainsi aux impératifs de la protection de l’enfance“.
    Si le Conseil constitutionnel juge fondée la Question prioritaire de constitutionnalité, l’article du CGI sera abrogé. Les sex-shops qui avaient dû payer cette taxe pourraient demander son remboursement. C’est probablement financièrement intéressant — s’ils ne laissent pas passer les délais de recours.

    Parce que la question des mobilisations collectives est sociologiquement intéressante, que la “mobilisation par le droit” l’est tout autant, il s’ensuit que l’inverse, la mobilisation individuelle devrait être intéressante (il faudrait que je lise L’arme du droit de Liora Israël). Car pour l’instant seul un magasin s’est lancé dans cette aventure judiciaire. Si d’autres se joignaient au litige, cela donnerait, presque mécaniquement, plus de poids à la Question de constitutionnalité. Il me semble, en effet, qu’une action en justice est d’autant plus grande qu’il y a de personnes mobilisées.
    Quel pourrait être l’intérêt de ces magasins à sortir de la routine ?

    • Pour les magasins “sexy”, qui vendent des culottes fendues, des caches-tétons et des godemichets, l’intérêt pourrait être de régler l’insécurité fiscale : ces magasins, qui disent ne pas vendre de pornographie, se conçoivent comme des “non-sex-shops”, comme des “love-stores”. Mais ils ne sont pas à l’abri d’un-e maire qui décide d’interdire l’entrée des mineurs. Surtout quand ces magasins, d’eux-mêmes, restreignent l’entrée aux “adultes consentants”.
    • Pour les sex-shops “classiques”, l’intérêt de se joindre au litige avant que le Conseil constitutionnel prenne sa décision est financier, le remboursement des impôts qui seraient jugés anticonstitutionnels. Comme me le précise un informateur, “les réclamations qui seront déposées après la décision du Conseil se heurteront aux délais de recours contentieux” (il sera alors trop tard pour le remboursement des impôts payés il y a plus de quelques années).

    Ces magasins se découvriront-ils un intérêt commun ?

    *

    Parce que l’affaire m’intéresse, j’essaierai d’assister aux éventuelles audiences publiques du Conseil d’Etat (comme je l’avais fait pour l’Affaire Poppers il y a deux ans). Si le Conseil constitutionnel devait se prononcer, j’espère qu’il y aura aussi des audiences publiques.
    Note conclusive : si j’ai commis d’honteuses erreurs juridiques, confondant “décision” et “jugement”, “litige” et “contentieux”, merci de me le signaler, gentiment, en commentaire.

    Les femmes et les sex-shops

    Une enquête a enfin relevé la proportion d’hommes et de femmes entrant dans les sex-shops. Petite victoire, peut-être, mais qui permet d’en savoir un peu plus sur les modes genrés de consommation. Des travaux précédents s’étaient intéressés à certains magasins mais n’avaient pas procédé à un relevé méthodique des entrées sur plusieurs magasins (Berkowitz, Hefley — mentionné rapidement ici).
    Que nous apprend alors l’article de Richard Tewksbury [cv] et Richard McCleary [cv], Female Patrons of Porn ? [Notez : en anglais, "Patron" signifie client. L'article porte sur les clientes.]
    Un mot sur la procédure de recherche : 9 assistants de recherche ont observé 33 sex-shops californiens : 271 observations, le tout ayant duré 162 heures, réparties sur l’ensemble du jour et de la nuit.
    Qu’est-ce qui a été observé :

    Of the 1,258 patrons who entered the 33 stores during 162 hours of observation, 1,044 (83 percent) were men, 214 (17 percent) were women. Most men (75.6 percent) entered alone, most women (86.9 percent) entered in groups, either same-sex (49.1 percent), mixed-sex (22.4 percent), or in a traditional couple (15.4 percent).

    Les femmes constituent donc 17% du public des sex-shops. C’est non négligeable, mais minoritaire. Si les hommes visitent le plus souvent ces magasins seuls, les femmes font partie de groupes.

    Quel type de magasin préfèrent-elles ? Plusieurs caractéristiques ont été relevées. “Toutes choses égales par ailleurs”, la présence de vigiles à l’extérieur fait fortement augmenter la probabilité que des femmes soient observées parmi les clientes. Une forte fréquentation est aussi lié à une forte proportion de femmes parmi les clients. La présence de cabines vidéo est négativement reliée à la présence de femmes parmi les clientes. Plus étrange, les femmes sont moins présentes dans les magasins qui emploient des vendeuses, ce qui semble opposé au “bon sens” des entrepreneurs (notamment en France, où la présence de femmes parmi les vendeuses est présentée comme le signe que le magasin s’adresse aux femmes).
    L’on trouve, sur le site de l’association qui a financé la recherche, un rapport de McCleary qui donne d’autres informations, sur la variation journalière et horaire (en nombre de clients par heure) :

    Les femmes sont du milieu de la semaine et du milieu de la journée, les hommes plutôt de la fin de la semaine et du milieu de la nuit. Comme si l’on avait, finalement, deux publics prêts à s’éviter.

     

    Ailleurs sur internet : ceci.

    Bibliographie :
    Berkowitz, Dana. 2006. Consuming Eroticism: Gender Performances and Presentations in Pornographic Establishments. Journal of Contemporary Ethnography 35, n°. 5: 583-606. doi:10.1177/0891241605285402.
    Hefley, Kristen. 2007. Stigma Management of Male and Female Customers to a Non-Urban Adult Novelty Store. Deviant Behavior 28, n°. 1: 79-109. doi:10.1080/01639620600987491.
    McCleary, Richard, et Richard Tewksbury. 2010. Female Patrons of Porn. Deviant Behavior 31, n°. 2: 208-223. doi:10.1080/01639620902854985.

    Obésité et sexualité en France

    L’enquête CSF (Contexte de la sexualité en France) produit d’intéressants résultats. Nathalie Bajos et son équipe viennent de publier un article lui aussi intéressant dans une revue de médecine Sexuality and obesity, a gender perspective: results from French national random probability survey of sexual behaviours.

    L’on a probablement tous une petite idée du rôle du poids dans la séduction et la vie sexuelle. Cet article pourra confirmer — ou infirmer — certaines idées. L’on voit, surtout, que le poids ne joue pas le même rôle pour les hommes et pour les femmes.

    Je me permets ici de reproduire deux des tableaux proposés dans l’article. Le premier s’intéresse à la distribution des partenaires en fonction du sexe et du poids :

    Pour synthétiser très rapidement, les femmes en surpoids ou obèses ont surtout des relations sexuelles (stables) avec des hommes en surpoids ou obèses. Mais les hommes en surpoids ou obèses, eux, ont surtout des relations avec des femmes “normales” (dont l’indice de masse corporelle est considéré comme normal). On pourrait dire ces mêmes choses très vulgairement.

    Le deuxième tableau est difficile à lire, trop petit, je sais. Mais l’article est en ligne, donc allez-y le lire.
    Ce que je repère ici, c’est la position spécifique des hommes maigres, six fois plus nombreux que les autres catégories d’hommes à déclarer des relations homosexuelles. [Notons, tout de suite, le petit nombre, 72, d'hommes en souspoids pris en compte ici : ne tirons pas trop de conclusions]. Ils déclarent plus fréquemment n’avoir eu aucun-e partenaire sexuel (22,5% contre, en gros, 10%) au cours des 12 derniers mois, ne pas avoir eu de relation au cours de la dernière année (34%), et ils déclarent, quand ils ont un-e partenaire, une fréquence mensuelle moindre.
    Peut-on parler de pauvres maigres ? Si l’on assimile la fréquence et le nombre à une forme de “richesse”, alors, oui, pauvres hommes maigres… (les femmes maigres apparaissant ici relativement plus riches, donc).

    Je n’ai fait qu’effleurer, par manque de temps, cet article, qui contient beaucoup plus. Vous pouvez le lire il est en “open access” : Sexuality and obesity, a gender perspective: results from French national random probability survey of sexual behaviours.

    La commission de déontologie et le devoir de moralité

    policièreL’on attire mon attention sur le dernier rapport de la Commission de déontologie de la fonction publique dont rend compte Les Echos. De plus en plus de fonctionnaires veulent cumuler leur emploi avec une activité privée.
    Les petits salaires de la fonction publique (et leur hausse réduite) incitent probablement à rechercher un cumul d’activités. Mais c’est ce passage qui plus précisément a attiré l’attention de mon informateur :

    Le sujet du cumul public-privé est assez nouveau pour la commission de déontologie qui commence à étoffer sa jurisprudence. Les professions évoquées sont d’une extrême diversité : depuis la création d’une société d’ambulances jusqu’à celle d’une agence de détectives privés en passant par l’expertise en sciences criminelles, voire l’activité d’achat et revente de « lingerie dite fine et autres produits à connotation marquée ». Une activité incompatible avec les fonctions de gardien de la paix, précise la commission.

    Les fonctionnaires doivent être de bonne vie et moeurs : dès la fin du XIXe siècle, les candidats aux fonctions d’instituteurs doivent disposer d’un “certificat de bonne vie et moeurs”. Les enquêtes de moralité touchent aussi, si je me souviens bien, les facteurs et postiers. Encore aujourd’hui, un devoir de moralité s’impose « y compris en dehors du service : un fonctionnaire ne doit pas choquer par son attitude (alcoolisme, scandale public…), ni porter atteinte à la dignité de la fonction publique ». Fonctionnaires adultères, tremblez. [Je n'arrive plus à retrouver les références d'un texte qui étudiait le traitement administratif de l'homosexualité des fontionnaires.]

    La décision citée se trouve dans ce rapport de la séance du 8 juillet 2009 :

    Incompatibilité entre une activité d’achat et de revente, notamment, de lingerie dite fine et autres produits à connotation marquée, et les fonctions, exercées concomitamment, de gardien de la paix au sein d’une circonscription de sécurité publique : un tel cumul serait de nature à porter atteinte à la dignité des fonctions exercées par l’intéressé dans l’administration (avis n° A0480 du 8 juillet 2009).

    et dans le rapport annuel, 2009, page 57.
    Il me semble clair, ici, que les membres de la commission évitent d’utiliser le terme de “sex toy”, qui, après tout, est un anglicisme peu utilisé dans les rapports publics (sauf au Sénat, particularité de la Chambre haute certainement). Mais peut-être trouverait-on plus de précisions dans la requête déposée à la commission. Je n’ai malheureusement pas trouvé l’avis n°A0480 du 8 juillet 2009 qui répond à cette requête. Comment faire pour disposer du texte complet ? Demander à la CADA ?
    En tout cas Anne Lolotte va devoir vérifier la profession de ses représentantes-”ambassadrices”, ou du moins les avertir.

    Petit déplacement

    Cette affiche sur les phtalates, les sex-toys et les perfusions médicales, m’a amusé

    Plus d’informations ici [L'affiche semble avoir été produite par le "c2ds"]
    Il y a quatre ans, la revendication était différente : “Si les Phthalates sont interdits dans les jouets pour enfants, pourquoi ne le sont-ils pas dans les jouets pour adultes ?” se demandait Greenpeace.

    Sociologie économique

    Je présente mercredi 19 mai 2010, dans quelques jours, un travail intitulé “Sociologie policière de l’échange commercial : « l’outrage aux bonnes mœurs » comme objectivation d’un marché” dans le cadre du Séminaire de sociologie économique organisé par Anne Jourdain (Université d’Amiens – CURAPP) et Sidonie Naulin (Université Paris IV – GEMAS).
    Voici un résumé de mon papier :

    À la fin des années soixante, pour constater un « outrage aux bonnes moeurs », les policiers avaient besoin de considérer certaines relations sociales sous l’angle du marché.
    Extrait de l’article 283 du code pénal : « Sera puni d’un emprisonnement d’un mois à deux ans et d’une amende de 360 F à 30.000 F quiconque aura : Fabriqué ou détenu en vue d’en faire commerce, distribution, location, affichage ou exposition (…) Vendu, loué, mis en vente ou en location, même non publiquement » (je souligne)
    On peut donc relire — c’est du moins ma perspective — leur action comme celle de personnes cherchant les indices d’un marché, mais aussi comme celle de personnes donnant une structure à un marché (ne serait-ce que parce que les personnes surveillées ou inculpées résistent à la définition policière de leurs actions).
    Sources : Dossiers de procédure pour “outrage aux bonnes moeurs”, Archives de Paris, en gros entre 1967 et 1972

    Comme je ne connais pas grand chose à la sociologie économique, que c’est un séminaire de spécialistes et que le discutant est Pierre François auteur de Sociologie des marchés, je vais sans doute pouvoir profiter de la discussion pour la suite de mon travail.

    Cela se passera de 17h à 19h en salle 421 à la Maison de la Recherche de Paris IV (28 rue Serpente, 75006 Paris).
    Plus d’informations en écrivant à seminaire.socio.eco@gmail.com

    Un dessin vaut mieux que mille mots

    J’ai participé, en octobre dernier (2009), à un colloque fort intéressant organisé par le Cerlis (le labo de De Singly), l’INED et la Caisse nationale d’allocations familiales.
    J’y ai présenté un travail en souffrance, réalisé à partir l’analyse partielle de quelques centaines de “editorial cartoons” publiés sur le thème du mariage gay, entre 2003 et 2009, aux Etats-Unis. Travail “en souffrance”, car je n’ai jamais réussi à trouver un angle qui me convienne parfaitement.
    La Cnaf vient de publier les actes du colloque en ligne Les transformations de la conjugalité : Configurations et parcours, Dossiers d’études, n°127, avril 2010. Vous trouverez ma communication entre les pages 48 et 54.

    De Yves à Valérie

    Un article du Monde a soulevé mon intérêt. Il y est fait mention du changement de sexe d’un chef d’entreprise devenue cheffe d’entreprise. L’article se termine ainsi :

    en attendant son changement d’état civil, elle a voulu, dans un premier temps, que son nouveau prénom puisse chasser l’ancien de ses papiers d’identité. Fin janvier, le tribunal de grande instance de Grenoble a donné droit à ce souhait.

    C’est que le prénom est, en France comme dans la quasi-totalité des cultures connues, marqueur du genre.
    Mais on sait que ce n’est pas qu’un marqueur du genre. Le prénom marque aussi bien l’appartenance à une classe d’âge. 1947 est l’année où “Yves” est le plus donné [la "Yves" de l'article est née à la fin des années cinquante, à un moment où le prénom était encore populaire, mais en déclin depuis une dizaine d'années].
    En changeant de prénom, Yves n’a donc pas fait que manifester un changement de sexe : elle s’est rajeunie d’une vingtaine d’années. Valérie est un prénom “typique” des années 60-70, 1969 étant l’année où il est le plus donné.

    Il est peu probable que ce rajeunissement ait été aussi conscient que le changement de sexe. Mais il est intéressant de voir que ce n’est pas un prénom typique des années quarante qui a été choisi (comme “Martine”, “Monique”, “Michelle” ou “Danièle”). Reste à étudier ce lien entre changement de prénom et rajeunissement social sur un échantillon plus grand.

     
    Mise à jour : mon échantillon a quadruplé (source : légifrance, jurisprudence judiciaire, recherche sur l’article 60 du code civil)… Il semble bien que l’abandon d’un prénom (ligne fine) pour un nouveau prénom (ligne grasse) aille dans le sens du rajeunissement. Les graphiques suivants (où Marianne est devenue Maya, Gérald est devenue Lauren, et Christian est devenue Mylène) vont dans le même sens : celles et ceux qui changent de prénom prennent un prénom donné à celles et ceux qui pourraient être leurs enfants.