Archives de la catégorie : 'USA'

Recrutements universitaires (aux USA)

Un bel article dans Inside Higher Ed. (via OrgTheory). J’en retiens de long paragraphes sur les sites qui renseignent les candidats au recrutement (en science politique) :

One change in the hiring process that is clearly frustrating to many graduate directors and search chairs is the popularity of Web sites devoted to the latest news and rumors about the status of searches. These Web sites, found in a number of disciplines, generally rely on anonymous postings. Discussion topics include the general (state of the job market) and specific (what are the areas of focus, beyond those in the job ads) that departments are really looking for. Because this information is typically anonymous, it’s impossible to tell if the “tip” that an international relations search is focused on security issues is accurate. There are also postings on the status of searches, claims about tensions that may make some jobs undesirable, and reports on who has the “inside track” for some openings.

En France, de tels sites de rumeurs n’existent pas (dommage ?…). L’Opération Poste des mathématiciens fonctionne depuis plus d’une dizaine d’années, l’ANCMSP fait la même chose pour les politistes et politologues depuis quelques années, et plus récemment, des wikis ont vus le jour, en sociologie (chez Matthieu Hély de l’ASES) et en philosophie (http://mcfsection17session2009.pbworks.com/). A la différence des Américains, il ne semble pas y avoir, sur les sites français, de grandes opérations de désinformation.
Ce que je prévois de faire, cette année, c’est un site qui, sous la forme d’un questionnaire, permettra aux visiteurs de “deviner” qui sera recruté : j’ai trop souvent entendu “on savait bien que ce serait X”, mais trop souvent après coup.

Paramonnaies

Il y a environ deux mois, ce reportage du journal télévisé de NBC, sur une monnaie locale, a suscité en moi un petit intérêt.

Get the Flash Player to see this player.

D’autres monnaies d’usage local nous entourent. A l’école (du moins il y a une trentaine d’année) les billes pouvaient jouer parfois un petit rôle monétaire. Les “bons points” pas vraiment : du moins, je ne me souviens pas d’échanges autre que Instituteur Elève. Mais un peu plus tard les tickets de cantine (ou tickets de Pot à Ulm), les cartes “monéo”, les tickets restaurant… pouvaient constituer des monnaies d’échange.
Un économiste, Jérôme Blanc, a consacré sa thèse aux monnaies parallèles. Je vais ici le citer :

[un groupe] se compose d’instruments créés par des organisations de type commercial (entreprises, banques, etc.) ou administratif (prisons, armée).
Il peut s’agir de monnaies de nécessité, de monnaies dites «!privées!» dans le cadre d’une organisation officielle de la concurrence des émetteurs monétaires, mais aussi de systèmes de points d’achat mis en place par des commerces afin de fidéliser leur clientèle, des unités de compte créées ad hoc pour assurer un fonctionnement comptable détaché de l’inflation d’un pays ou des vicissitudes des taux de change, etc.
Il peut s’agir aussi voire surtout de bons d’achat à validité limitée, c’est-à-dire d’instruments permettant d’acquérir des biens ou d’accéder à des services selon des modalités que la loi a restreintes. Ces contraintes limitent la validité de l’instrument dans le temps, dans l’espace, dans le choix des biens et services, ainsi que dans les personnalités morales et physiques qui l’emploient et dans celles qui l’acceptent. Les titres de services comme par exemple les titres restaurants émis par des entreprises privées sont des bons d’achat à validité limitée.

Ce qui m’intéresse en ce moment, sans que je puisse y consacrer plus de temps, est le point suivant :

Par ailleurs, l’existence des paramonnaies n’est généralement pas perçue comme perturbante par les autorités monétaires nationales, tout simplement car les paramonnaies ne sont pas perçues par elles comme quelque chose de monétaire, à la différence des monnaies étrangères ou des monnaies locales par exemple. C’est ainsi que les pouvoirs publics avalisent et encouragent, en France notamment, la création de bons d’achat à validité limitée tels que des chèques culture, les titres restaurant, les chèques Lire, etc. Ces bons d’achat à validité limitée sont destinés à orienter une consommation de biens ou de services en ciblant les personnes susceptibles de les employer et les structures susceptibles de les recevoir. Les monnaies de cercles, quant à elles, ne sont pas perçues comme dangereuses tant qu’elles restent confinées dans un cercle restreint de personnes ou de structures.

Marquer la monnaie

La lecture des ouvrages et articles de Viviana Zelizer est réjouissante, toujours. Son attention sociologique aux pratiques et son attention au droit font toujours réfléchir.
Ainsi le marquage quotidien des monnaies : piles de centimes à côté de la porte d’entrée (pour faire l’appoint à la boulangerie), billets placés dans une boîte en fer (pour autre chose ?), jolis billets tout neufs pour les étrennes du doorman, argent de poche dans une tirelire…
Il existe aussi des marquages un peu moins quotidiens, des sortes d’inscriptions. Un site internet — http://www.wheresgeorge.com/ — “Où est George (Washington)”, se promeut en marquant d’un tampon certains billets d’un dollar. Si vous tombez sur un billet marqué par ce tampon, vous pourrez, en tapant son numéro d’identification, voir où il a circulé avant. (plus d’infos ici)
Flickr est plein de billets tamponnés :
http://www.flickr.com/photos/eclecticlibrarian/1262876193/
source : EclecticLibrarian sur flickr

 
En France le marquage commercial de la monnaie est, depuis une vingtaine d’année, interdit. L’article R.642-4 du Code pénal est rédigé ainsi :

Le fait d’utiliser comme support d’une publicité quelconque des pièces de monnaie ou des billets de banque ayant cours légal en France ou émis par les institutions étrangères ou internationales habilitées à cette fin est puni de l’amende prévue pour les contraventions de la 2e classe.
Les personnes coupables de la contravention prévue au présent article encourent également la peine complémentaire de confiscation de la chose qui a servi ou était destinée à commettre l’infraction ou de la chose qui en est le produit.

Si j’ai bien compris, il me semble que cette interdiction de se servir des pièces pour en faire des supports publicitaires date d’un décret du 11 août 1987, n°87-658 [texte en PDF]. Ce décret avait lui-même eu pour déclencheur l’initiative commerciale de deux étudiants : ils avaient créé des pastilles autocollantes pour les pièces de 10F. (Leur société s’appelait “Pile ou pub”) [mes seules informations se trouvent ici].
10frpub
source de l’image

2francs-publiciteOn trouve parfois sur e-bay des pièces ainsi marquées d’un autocollant (voir ci-contre).

Les archives ministérielles doivent, sur le processus ayant conduit au décret, être intéressantes : ce marquage temporaire par pastilles adhésives était vu comme une atteinte à certaines qualités de la monnaie.

 
Retournons de l’autre côté de l’Atlantique. L’idée que la monnaie puisse se transformer en un support publicitaire n’a pas disparu. On trouve même un dépot de brevet récent : “Method on advertising on currency”, par Martin A. Urban.
ad-on-money
(source : uspto.gov)

 
Sautons enfin un peu au sud. Au Pérou les agents de change ont pris l’habitude de marquer, d’un tampon, les billets qu’ils échangent et ce tampon sert de garantie : le billet faux, ils le reprennent.
perou-marquage
source de la photo

 
Je n’ai pas de conclusions à apporter à ces exemples. Ils ont simplement pour but d’insister, ou de porter l’accent, non pas sur le caractère uniforme du médium “monnaie”, mais sur les pratiques d’authentification, d’inscription, de modification… réalisées pour ôter cette uniformité. Parfois pour s’assurer de la valeur de la monnaie, parfois pour s’appuyer sur sa liquidité et sa capacité à passer de main en main et d’oeil en oeil.
Pour en savoir plus, et changer de perspective sur le monde, il faut lire La signification sociale de l’argent. On peut aussi lire Sociologie de l’argent de mes collègues vincennois Lazarus et de Blic.

Mariage au Vermont

Il y a sept ans de cela, je travaillais sur la célébration religieuse des “unions civiles”, une sorte de mariage “light” pour les couples du même sexe au Vermont, un tout petit état fédéré américain. Mes articles (1 et 2) sont aujourd’hui fort obsolètes, mais pour une raison que je ne vais pas regretter :
Aujourd’hui, les Assemblées élues du Vermont viennent d’ouvrir le mariage aux couples de deux hommes ou deux femmes.
Reste à savoir comment les Eglises locales vont faire… Je ne vois pas les candidats au mariage continuer à demander des “unions civiles” (en tout cas, les couples de sexes différents, à le Vermont offrait aussi une forme d’union civile, ne les ont jamais choisies).
Récemment (il y a moins d’une semaine), c’est l’Iowa (en tout cas sa cour suprême) qui a rendu légal le mariage de deux personnes du même sexe. Mais je n’ai pas eu le temps de lire les textes juridiques (la décision de la Cour Suprême) ni les réactions locales. En tout cas, cela n’a pas fait les gros titres de la presse ni la fortune des “cartoonistes” alors que, quand le Massachusetts avait étendu la définition du mariage, j’avais trouvé quelques 300 “editorial cartoons” et moins d’une centaine quand la Californie avait (un temps, en 2008) fait la même chose.

Sperme européen

En 2005, la Food and Drug Administration des Etats-Unis a interdit l’importation de sperme européen, en raison des risques liés à la Vache folle. “Mad Cow Rules Hit Sperm Banks’ Patrons” titre le Washington Post.
L’article est centré sur une femme qui, après avoir été inséminée par le sperme d’un ingénieur danois aux yeux bleus, cherchait à avoir un autre enfant du même donneur. Mais la compagnie américaine est en rupture de stock de sperme danois (apparemment le plus demandé).
Le tout est très intéressant et pose des questions sur la commodification de certaines parties du corps : le sperme est sans doute, avec le sang et ses dérivés, beaucoup plus inscrit dans un marché global que le coeur ou les reins. Le choix du Washington Post de choisir comme angle d’attaque les restrictions d’importation (souvent lues comme des formes de nationalisme) me semble pertinent : il oppose une agence étatique et un désir individuel…
A lire, donc.
(D’ailleurs, c’est le genre d’article qui risque de se retrouver, sous une forme modifiée, dans Libé ou Le Monde très prochainement.)

Sociologie et prénoms, genre et animalité

Le seul intérêt du Carnet des Prénoms 2008 [PDF] du Figaro est la liste du “Top 20″ des prénoms donnés par la bourgeoisie parisienne (et dans une moindre mesure française) en 2007 (dans le “Carnet du Jour”).
carnet des prénoms 2008
Le reste, c’est juste de la soupe astrologique ou numérologique.

Il existe de nombreux travaux sociologiques sur les prénoms, qu’ignore le “Carnet des prénoms” du Figaro. Il existe même quelques rares travaux sur les prénoms des animaux domestiques. “Gender Related Naming Practices: Similarities and Differences Between People and their Dogs” est, par exemple, un petit article rédigé par deux gynécologues à l’esprit curieux :

Both male and female dogs had names ending in letters and phonemes characteristic of their respective human male and female counterparts. Female dogs had more syllables in their names than male dogs and a higher percentage of male dogs had one syllable names.

Les deux auteurs ont étudié la proximité structurale des prénoms des Labradors et des humains (homo americanus). Aux USA, les prénoms féminins, par exemple, se terminent souvent par une voyelle (deux tiers des prénoms féminins), et les prénoms masculins par une consonne (les 3/4). “Since pets are treated as “almost human” in many American households, we hypothesized that the same gender-related naming practices used for humans would also be used for pets.” : puisque les animaux domestiques sont traités comme des quasihumains au sein des ménages américains, nous avons fait l’hypothèse que leur prénomination suivait les règles de genre des prénoms donnés aux humains, écrivent-ils. Et la structure se retrouve, en effet.
Il y a même plus : “seventeen percent of the female dog names and almost 10% of male dog names were among the 100 most popular baby names for 2005″… L’on retrouve, parmi les prénoms donnés aux Labradors et aux Labradores, des prénoms à la mode chez les humanoïdes (ou est-ce le contraire ?).

Il serait intéressant et amusant de faire la même chose en France. Je me demande si les compagnies d’assurance canine permettraient à un sociologue d’avoir un accès partiel à leur base de données…

Le nouveau “summer of love” californien

A partir de lundi (16 juin), les couples du même sexe pourront se marier en Californie, et leur mariage sera reconnu par l’Etat fédéré (mais pas par les USA). On se souvient peut-être qu’en février 2004, brièvement, le maire de San Francisco avait commencé à marier sans distinction de sexe les couples qui se présentaient à lui. Cela n’avait pas duré longtemps. Ensuite, le Massachussetts, le Canada… avaient autorisé gays et lesbiennes à s’épouser. Diverses formes de “partenariat domestiques” ou d’”union civiles” avaient été mises en place (pendant qu’une bonne partie des USA interdisait, dans leur constitution locale, les mariages du même sexe).
Pour une partie des couples, au mariage se succèdent les mariages : union civile au Vermont, partenariat domestique en Californie, mariage au Canada, re-mariage en 2008 en Californie…

Armistead Maupin, one of the city’s most famous authors, became married in Vancouver, British Columbia, last year to his partner, Christopher Turner, and will probably marry him again in California, he said.
source : NYT

Les actes juridiques s’accompagnent parfois de fêtes, parfois d’une cérémonie religieuse, parfois de rien du tout. La multiplication, pour certaines personnes, des étapes menant au mariage, a pour origine l’absence de portabilité des statuts (“partenaire”, “civil-unioné”…), ou du mariage (un mariage “gay” du Canada ne sera pas mariage aux USA). D’où l’intérêt d’une décision unilatérale du gouverneur de New York, qui, plutôt que de chercher à autoriser l’ouverture du mariage aux couples du même sexe, a simplement demandé à toutes ses “agences” (l’équivalent de ministères au niveau des Etats fédérés) d’assimiler au mariage les mariages gays ou lesbiens célébrés ailleurs.
Un peu de pub encore… J’ai récemment écrit à ce sujet deux articles : Baptiste Coulmont, “États-Unis. Le mariage religieux des couples de même sexe”, in Virginie Descoutures, Marie Digoix, Eric Fassin et Wilfried Rault (dirs.), Mariages et homosexualités dans le monde – L’arrangement des normes familiales, Paris, Editions Autrement, 2008, p.71-81 et Coulmont, Baptiste, « Mariage homosexuel, religion et État aux États-Unis », in Florence Rochefort (dir.), Le Pouvoir du genre. Laïcités et religions 1905-2005, Toulouse, Presses Universitaires du Mirail, 2008, p.217-228…

Gadgets et sex-toys

En France, quelques magasins de gadgets (“Soho”, “Objectica”,…) proposent, entre la lampe lave et les cartes à jouet, quelques gadgets pour adultes, sans interdire l’entrée aux mineurs [voir ici quelques exemples et quelques photos]. On trouve trace de quelques protestations :

  • de clients (relevée récemment ici-même : “Jusqu’à l’an passé on vendait aussi des sex-toys, explique Stéphanie, vendeuse à Soho, dans la galerie d’un supermarché castelroussin. Et puis, on a eu une plainte de la part d’une cliente, sur Limoges, qui regrettait que ces objets soient exposés à la vue des enfants. Alors, on a arrêté d’en vendre.”),
  • mais aussi de sénateurs (je cite : “le présent article modifie la définition des établissements interdits d’installation à proximité des établissements scolaires, en visant non plus la vente de revues mais la vente d’objets à caractère pornographique, couramment appelés « sex-toys ».”)… peut-être aussi clients par ailleurs

Je viens de tomber sur ce reportage d’une chaîne de télévision locale d’Atlanta, en Géorgie (US) :
Kids Playing With Sex Toys At Metro Atlanta Malls (“des enfants jouent avec des sex-toys dans le centre commercial”) :

Get the Flash Player to see this player.

Caméra cachée : les journalistes montrent des enfants s’amusant avec des tirelires en forme de “male body part” (partie corporelle masculine) ou des jeunes filles s’amusant devant des recueils de positions sexuelles, et même un jeune garçon ayant acheté une sucette en forme de “male body part” aussi. La responsable d’une association est interviewée (sans que l’on sache précisément si c’est elle qui a prévenu les journalistes).

Dix jours plus tôt, dans l’Utah, à Layton, la police locale est même allée confisquer quinze boîtes de vibromasseurs présents dans une gadgèterie de la même marque, “Spencer Gifts” : Police raid novelty shop inside Layton Hills Mall titre le Deseret News (autre article sur abc4/news).

Je n’ai pas entendu parler de telles descentes de police en France… Mais si une gadgèterie a eu la visite amicale d’un officier, j’aimerai beaucoup en entendre parler.

Un droit au sex-toy ?

Il y a quelques jours, un tribunal fédéral américain, le “cinquième circuit”, a considéré qu’une loi qui interdisait la vente de sex toys au Texas était inconstitutionnelle (Reliable Consultants v. State of Texas).
Cette décision se base sur Lawrence v. Texas décision de la Cour Suprême des USA, qui, il y a quelques années, avait jugé que la loi anti-sodomie du Texas était inconstitutionnelle. Les juges du 5e circuit essaient ainsi d’étendre Lawrence à tout un ensemble de pratiques sexuelles.
Mais en 2006, le “11e circuit” avait lui considéré qu’une loi similaire était conforme à la constitution (Williams v. Madison County, Alabama, 478 F.3d 1316, 20 Fla. L. Weekly Fed. C 333). Lawrence, selon les juges du 11e circuit, était une décision restreinte à une pratique sexuelle.
Ces “circuit split” intéressent les juristes américains : c’est souvent un signal donné à la Cour Suprême afin qu’elle s’implique. Et Arthur S. Leonard remarque que ce split a une importance bien plus grande que la simple vente de vibromasseurs dans la campagne texane. L’interprétation divisée de Lawrence sur le droit au vibro pourrait présager d’interprétations tout aussi divisées sur le droit au mariage (pour les couples du même sexe) :

While the question of sale of sex toys does not loom large as an issue of burning national importance for the Supreme Court to address, a circuit split over the meaning of Lawrence v. Texas as a precedent is significant, since it may bear on other pending controversies, not least the right to marry and the right to serve in the military, currently denied to gay people and under challenge in the courts.

Ailleurs sur internet : Texas Lawyer; ou, sur mon blog, une ancienne décision du 11e circuit, en 2004, Williams v. Attorney General of Alabama (car ces histoires de vente de sex toys mobilisent les juges américains depuis fort longtemps !).

A journalistic sex toy raid

IIn the US, some states prohibit the retail of sex-toys. And citizen journalists are fighting to enforce these laws, too often neglected by the police. Yesterday in Jackson Mississippi, a strong-willed local and undercover journalist tried to buy one personal vibrator. A purple one.
Adult Store Caught Selling Illegal Sex Toys : “Adult Video and Books on McDowell Road in Jackson is apparently selling illegal sex toys again.”
A…GAIN ! ? Indeed : « A “3 on Your Side” undercover investigation shows that the business is back at it again and is not even discreet about selling the devices.
WLBT received the tip, so we decided to go undercover to see if it was true. »

Get the Flash Player to see this player.

Unfortunately : the police doesn’t care… even though « Section 97-29-105 of the Mississippi Code provides that knowingly selling, advertising, publishing or exhibiting any three-dimensional device designed or marketed as useful primarily for the stimulation of human genitalia (“sexual devices”) is illegal.» [Miss. Code Ann. § 97-29-105 (Rev. 2000)]

Elsewhere on the internet : Cory Silverberg, JackBeNimble, Violet Blue