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Archives de la catégorie : 'USA'

Sperme européen

En 2005, la Food and Drug Administration des Etats-Unis a interdit l’importation de sperme européen, en raison des risques liés à la Vache folle. “Mad Cow Rules Hit Sperm Banks’ Patrons” titre le Washington Post.
L’article est centré sur une femme qui, après avoir été inséminée par le sperme d’un ingénieur danois aux yeux bleus, cherchait à avoir un autre enfant du même donneur. Mais la compagnie américaine est en rupture de stock de sperme danois (apparemment le plus demandé).
Le tout est très intéressant et pose des questions sur la commodification de certaines parties du corps : le sperme est sans doute, avec le sang et ses dérivés, beaucoup plus inscrit dans un marché global que le coeur ou les reins. Le choix du Washington Post de choisir comme angle d’attaque les restrictions d’importation (souvent lues comme des formes de nationalisme) me semble pertinent : il oppose une agence étatique et un désir individuel…
A lire, donc.
(D’ailleurs, c’est le genre d’article qui risque de se retrouver, sous une forme modifiée, dans Libé ou Le Monde très prochainement.)

Sociologie et prénoms, genre et animalité

Le seul intérêt du Carnet des Prénoms 2008 [PDF] du Figaro est la liste du “Top 20” des prénoms donnés par la bourgeoisie parisienne (et dans une moindre mesure française) en 2007 (dans le “Carnet du Jour”).
carnet des prénoms 2008
Le reste, c’est juste de la soupe astrologique ou numérologique.

Il existe de nombreux travaux sociologiques sur les prénoms, qu’ignore le “Carnet des prénoms” du Figaro. Il existe même quelques rares travaux sur les prénoms des animaux domestiques. “Gender Related Naming Practices: Similarities and Differences Between People and their Dogs” est, par exemple, un petit article rédigé par deux gynécologues à l’esprit curieux :

Both male and female dogs had names ending in letters and phonemes characteristic of their respective human male and female counterparts. Female dogs had more syllables in their names than male dogs and a higher percentage of male dogs had one syllable names.

Les deux auteurs ont étudié la proximité structurale des prénoms des Labradors et des humains (homo americanus). Aux USA, les prénoms féminins, par exemple, se terminent souvent par une voyelle (deux tiers des prénoms féminins), et les prénoms masculins par une consonne (les 3/4). “Since pets are treated as “almost human” in many American households, we hypothesized that the same gender-related naming practices used for humans would also be used for pets.” : puisque les animaux domestiques sont traités comme des quasihumains au sein des ménages américains, nous avons fait l’hypothèse que leur prénomination suivait les règles de genre des prénoms donnés aux humains, écrivent-ils. Et la structure se retrouve, en effet.
Il y a même plus : “seventeen percent of the female dog names and almost 10% of male dog names were among the 100 most popular baby names for 2005″… L’on retrouve, parmi les prénoms donnés aux Labradors et aux Labradores, des prénoms à la mode chez les humanoïdes (ou est-ce le contraire ?).

Il serait intéressant et amusant de faire la même chose en France. Je me demande si les compagnies d’assurance canine permettraient à un sociologue d’avoir un accès partiel à leur base de données…

Le nouveau “summer of love” californien

A partir de lundi (16 juin), les couples du même sexe pourront se marier en Californie, et leur mariage sera reconnu par l’Etat fédéré (mais pas par les USA). On se souvient peut-être qu’en février 2004, brièvement, le maire de San Francisco avait commencé à marier sans distinction de sexe les couples qui se présentaient à lui. Cela n’avait pas duré longtemps. Ensuite, le Massachussetts, le Canada… avaient autorisé gays et lesbiennes à s’épouser. Diverses formes de “partenariat domestiques” ou d'”union civiles” avaient été mises en place (pendant qu’une bonne partie des USA interdisait, dans leur constitution locale, les mariages du même sexe).
Pour une partie des couples, au mariage se succèdent les mariages : union civile au Vermont, partenariat domestique en Californie, mariage au Canada, re-mariage en 2008 en Californie…

Armistead Maupin, one of the city’s most famous authors, became married in Vancouver, British Columbia, last year to his partner, Christopher Turner, and will probably marry him again in California, he said.
source : NYT

Les actes juridiques s’accompagnent parfois de fêtes, parfois d’une cérémonie religieuse, parfois de rien du tout. La multiplication, pour certaines personnes, des étapes menant au mariage, a pour origine l’absence de portabilité des statuts (“partenaire”, “civil-unioné”…), ou du mariage (un mariage “gay” du Canada ne sera pas mariage aux USA). D’où l’intérêt d’une décision unilatérale du gouverneur de New York, qui, plutôt que de chercher à autoriser l’ouverture du mariage aux couples du même sexe, a simplement demandé à toutes ses “agences” (l’équivalent de ministères au niveau des Etats fédérés) d’assimiler au mariage les mariages gays ou lesbiens célébrés ailleurs.
Un peu de pub encore… J’ai récemment écrit à ce sujet deux articles : Baptiste Coulmont, “États-Unis. Le mariage religieux des couples de même sexe”, in Virginie Descoutures, Marie Digoix, Eric Fassin et Wilfried Rault (dirs.), Mariages et homosexualités dans le monde – L’arrangement des normes familiales, Paris, Editions Autrement, 2008, p.71-81 et Coulmont, Baptiste, « Mariage homosexuel, religion et État aux États-Unis », in Florence Rochefort (dir.), Le Pouvoir du genre. Laïcités et religions 1905-2005, Toulouse, Presses Universitaires du Mirail, 2008, p.217-228…

Gadgets et sex-toys

En France, quelques magasins de gadgets (“Soho”, “Objectica”,…) proposent, entre la lampe lave et les cartes à jouet, quelques gadgets pour adultes, sans interdire l’entrée aux mineurs [voir ici quelques exemples et quelques photos]. On trouve trace de quelques protestations :

  • de clients (relevée récemment ici-même : “Jusqu’à l’an passé on vendait aussi des sex-toys, explique Stéphanie, vendeuse à Soho, dans la galerie d’un supermarché castelroussin. Et puis, on a eu une plainte de la part d’une cliente, sur Limoges, qui regrettait que ces objets soient exposés à la vue des enfants. Alors, on a arrêté d’en vendre.”),
  • mais aussi de sénateurs (je cite : “le présent article modifie la définition des établissements interdits d’installation à proximité des établissements scolaires, en visant non plus la vente de revues mais la vente d’objets à caractère pornographique, couramment appelés « sex-toys ».”)… peut-être aussi clients par ailleurs

Je viens de tomber sur ce reportage d’une chaîne de télévision locale d’Atlanta, en Géorgie (US) :
Kids Playing With Sex Toys At Metro Atlanta Malls (“des enfants jouent avec des sex-toys dans le centre commercial”) :

[flashvideo filename=http://coulmont.com/blog/fichiers/2008/20080222-wsbtv-atlanta.flv width=432 height=240 displayheight=260 /]

Caméra cachée : les journalistes montrent des enfants s’amusant avec des tirelires en forme de “male body part” (partie corporelle masculine) ou des jeunes filles s’amusant devant des recueils de positions sexuelles, et même un jeune garçon ayant acheté une sucette en forme de “male body part” aussi. La responsable d’une association est interviewée (sans que l’on sache précisément si c’est elle qui a prévenu les journalistes).

Dix jours plus tôt, dans l’Utah, à Layton, la police locale est même allée confisquer quinze boîtes de vibromasseurs présents dans une gadgèterie de la même marque, “Spencer Gifts” : Police raid novelty shop inside Layton Hills Mall titre le Deseret News (autre article sur abc4/news).

Je n’ai pas entendu parler de telles descentes de police en France… Mais si une gadgèterie a eu la visite amicale d’un officier, j’aimerai beaucoup en entendre parler.

Un droit au sex-toy ?

Il y a quelques jours, un tribunal fédéral américain, le “cinquième circuit”, a considéré qu’une loi qui interdisait la vente de sex toys au Texas était inconstitutionnelle (Reliable Consultants v. State of Texas).
Cette décision se base sur Lawrence v. Texas décision de la Cour Suprême des USA, qui, il y a quelques années, avait jugé que la loi anti-sodomie du Texas était inconstitutionnelle. Les juges du 5e circuit essaient ainsi d’étendre Lawrence à tout un ensemble de pratiques sexuelles.
Mais en 2006, le “11e circuit” avait lui considéré qu’une loi similaire était conforme à la constitution (Williams v. Madison County, Alabama, 478 F.3d 1316, 20 Fla. L. Weekly Fed. C 333). Lawrence, selon les juges du 11e circuit, était une décision restreinte à une pratique sexuelle.
Ces “circuit split” intéressent les juristes américains : c’est souvent un signal donné à la Cour Suprême afin qu’elle s’implique. Et Arthur S. Leonard remarque que ce split a une importance bien plus grande que la simple vente de vibromasseurs dans la campagne texane. L’interprétation divisée de Lawrence sur le droit au vibro pourrait présager d’interprétations tout aussi divisées sur le droit au mariage (pour les couples du même sexe) :

While the question of sale of sex toys does not loom large as an issue of burning national importance for the Supreme Court to address, a circuit split over the meaning of Lawrence v. Texas as a precedent is significant, since it may bear on other pending controversies, not least the right to marry and the right to serve in the military, currently denied to gay people and under challenge in the courts.

Ailleurs sur internet : Texas Lawyer; ou, sur mon blog, une ancienne décision du 11e circuit, en 2004, Williams v. Attorney General of Alabama (car ces histoires de vente de sex toys mobilisent les juges américains depuis fort longtemps !).

A journalistic sex toy raid

IIn the US, some states prohibit the retail of sex-toys. And citizen journalists are fighting to enforce these laws, too often neglected by the police. Yesterday in Jackson Mississippi, a strong-willed local and undercover journalist tried to buy one personal vibrator. A purple one.
Adult Store Caught Selling Illegal Sex Toys : “Adult Video and Books on McDowell Road in Jackson is apparently selling illegal sex toys again.”
A…GAIN ! ? Indeed : « A “3 on Your Side” undercover investigation shows that the business is back at it again and is not even discreet about selling the devices.
WLBT received the tip, so we decided to go undercover to see if it was true. »

[flashvideo filename=”../../blog/fichiers/2008/20080131-wblt-sextoys.flv” width=”320″ height=”240″ /]

Unfortunately : the police doesn’t care… even though « Section 97-29-105 of the Mississippi Code provides that knowingly selling, advertising, publishing or exhibiting any three-dimensional device designed or marketed as useful primarily for the stimulation of human genitalia (“sexual devices”) is illegal.» [Miss. Code Ann. § 97-29-105 (Rev. 2000)]

Elsewhere on the internet : Cory Silverberg, JackBeNimble, Violet Blue

Devant Dieu…

Il y a quelques années, j’ai publié dans Critique internationale un petit article pour lequel j’ai une certaine tendresse, “Devant Dieu et face au droit, Le mariage religieux des homosexuels aux États-Unis [pdf]”. Il est désormais librement disponible sur le site de Cairn, au format pdf : Devant Dieu…. À lire avec tendresse, donc… [À noter, dans le même numéro de Critique internationale un très bel article de Gwenaël Feillard sur l’islam de marché en Indonésie, “Insuffler l’esprit du capitalisme à l’Umma”]
Deux autres articles paraîtront très prochainement, dans des ouvrages collectifs beaucoup plus intéressants que mes maigres réflexions. L’un dans Virginie Descoutures, Marie Digoix, Eric Fassin et Wilfried Rault (dirs.), Couples et familles homos. Ce que la famille gay fait aux normes, Paris, Editions Autrement, 2008… avec une couverture formidable, très bling-bling… et un autre dans Florence Rochefort (dir.), Le Pouvoir du genre. Genres, laïcité, religion (1905-2005), Toulouse, Presses Universitaires du Mirail, 2008.

Religions et candidats

La campagne électorale américaine commence à prendre de l’ampleur, et les candidats républicains mettent en avant — qu’ils le souhaitent ou non — des questions religieuses.
Prenez Mitt Romney (né Willard Mitt Romney) : républicain plutôt centriste, il a été gouverneur du Massachusetts, il a une tête d’acteur, une voix posée, un accent parfait… Mais il est Mormon : son Eglise est née aux Etats-Unis au XIXe siècle, suite aux révélations reçues par Joseph Smith, qui a commencé sa vie comme charlatan et l’a terminée comme prophète. Situées sur les marges extérieures du christianisme (adieu Nicée…) le mormonisme n’est pas perçu par les protestants évangéliques, comme une vraie religion. Pourtant, Bob Jones III, personnage sinon important du moins non négligeable dans le fondamentalisme américain ne serait-ce que parce qu’il s’inscrit dans une lignée familiale, soutient Mitt Romney… tout en précisant qu’il considère le mormonisme comme un “cult“, une secte.
Soutien étrange, donc. Mais cela n’a pas l’air de gêner trop Romney, qui, invité dans l’émission Meet the Press, répond que : “aux Etats-Unis, les religions sont dans un état de compétition permanente (are in a competitive battle), elles sont en compétition pour les âmes et les fidèles”… Bob Jones le soutient donc en tant qu'”homme de foi”, antiavortement, en faveur du “traditional marriage” : We have very common ground conclut Romney. Le journaliste le relance, et Romney continue : il y a des “fois en compétition dans ce pays” mais “nos valeurs sont les mêmes”… et “ce sont ces valeurs, qui permettent de sélectionner des personnes, indépendamment de leur foi, pour des postes de direction séculières” (je paraphrase Romney, en souhaitant insister, quand même, sur le point suivant : indépendamment de leur foi signifie quand même que la foi reste cruciale pour la sélection).

Un autre candidat, lui aussi ancien gouverneur (de l’Arkansas comme William J. Clinton) du nom de Mike Huckabee (né Michael Dale Huckabee) est aussi dans la course. C’est un ancien pasteur baptiste, très conservateur, connu pour son combat contre l’obésité. Un évangélique du sud, pur sucre, mais qui a migré de la carrière religieuse (pasteur) vers une carrière politique.
Ses publicités le font sentir :
Christian Leader
“Christian Leader” : leader chrétien… proclame cette publicité (l’une des seules que Huckabee a pu se payer pour l’instant), qui commence par les mots “Faith doesn’t just influence me, it really defines me.”
Tant et si bien que divers commentateurs remarquent les signaux chrétiens visuels renforçant le message parlé. Dans la publicité suivante, au moment où Huckabee déclare que ce qui importe, à Noël, c’est le rappel de la naissance de Christ, une croix semble apparaître au fond…
The Cross Regardez la publicité pour vous convaincre.
On pourrait supposer qu’avec de tels appels du pied, les principaux leaders évangéliques américains embrasseraient la candidature de Huckabee… Il n’en est rien : Bob Jones III soutient Romney, Pat Robertson soutient Giuliani, le président de la commission pour l’éthique et la liberté religieuse de la Convention baptiste du Sud (Richard Land) soutient un autre candidat (Fred Thompson)… et la liste continue (lire cet article du New York Times).
Comment comprendre cela ? C’est que Huckabee n’a aucune chance d’être élu président, pour l’instant, ni même d’obtenir l’investiture républicaine, et nombreux sont ses collègues pasteurs qui voient d’un mauvais oeil l’émergence d’une nouvelle personnalité politique et religieuse nationale. Huckabee, à leurs yeux, risque de les éclipser.

Les références religieuses, j’espère avoir pu au moins l’esquisser, jouent donc un rôle interne au champ religieux concurrentiel au moins autant qu’elles empiètent sur un espace public, politique et séculier perçu à travers les lunettes de la foi.

Les agences d’intérim industriel

Ce matin, dans le New York Times, un article sur les Google Maps Mashups, à savoir, en bon français, la réunion des facultés cartographiques du Grand Oracle Omniscient Gardien des Longitudes et de l’Elévation [dit G.O.O.G.L.E.] et de données externes :

the Web mapping revolution began in earnest two years ago, when leading Internet companies first allowed programmers to merge their maps with data from outside sources to make “mash-ups.” Since then, for example, more than 50,000 programmers have used Google Maps to create mash-ups for things like apartment rentals in San Francisco and the paths of airplanes in flight.
source : With Tools on Web, Amateurs Reshape Mapmaking

Après avoir, récemment, utilisé les services de mapbuilder pour cartographier les établissements scolaires de Paris (voir ce billet), voilà que j’y reviens, avec un mashup des “agences d’intérim industriel” de la région de Chicago, en appui au travail de doctorat de Sébastien Chauvin, “Agences de travail journalier et mouvements sociaux de travailleurs précaires à Chicago”.
agences d’intérim industriel - officiellement baptisées de day labor
Cliquez pour zoomer… (attention – Safari sous OS X peine un peu), la carte complète est sur http://coulmont.com/chauvin.html

J’ai utilisé la même méthode qu’avec les écoles parisiennes mentionnées plus haut : à partir d’une liste d’adresses au format EXCEL, mapbuilder géolocalise et crée une googlemap. Ensuite, il est possible de décorer à sa sauce : par exemple, ici, la majorité des agences est en rose-transparent, ce qui permet de différencier les agences proches les unes des autres. Cette carte n’a, ici, qu’un but d’illustration, mais les connaisseurs de Chicago, qui s’amuseront à zoomer et à voyager sur la carte, reconnaîtront des différences entre quartiers : le “South Side”, dans son acception large, au sud de la E ou W 26th st., est vide d’agences. D’autres quartiers semblent bien mieux fournis.
Il manque à cette carte quelques calques, représentant par exemple les frontières des différents quartiers de Chicago et leur composition raciale. Je n’ai pas encore compris comment ajouter rapidement les données du recensement (c’est possible avec Google Earth, mais plus difficile avec Google Maps, apparemment).
Celles et ceux que les agences d’intérim industriel passionnent ne manqueront pas d’assister à la soutenance prochaine de la thèse de Sébastien Chauvin, où seront révélés tous les mystères qui demeurent…

Not a joke : an Eruv on the Kilimanjaro

Imagine three American Orthodox Jews climbing Mount Kilimanjaro (no… this is not the beginning of a joke).

Shabbat presented our greatest halachic challenges. Firstly, we needed to build an eruv so that we would be able to carry in the small area around our tents. At first glance, our campsite appeared to be surrounded by a natural eruv –a combination of natural wall formations, embankments and Mawenzi Peak. However, we could not be certain that all these borders qualified as a halachic partition. Instead, we positioned our three tents to form a semi-circle and set up a tzurat hapesach, or doorframe, using a fishing line and poles. Thus, we created a small, enclosed “courtyard,” enabling us to carry between the tents and to daven, eat and learn outside. We tied clothing onto the fishing line so it would be visible at night to the porters and made sure that it didn’t sag more than three tefachim, which would disqualify it as an eruv.
source

What’s an eruv ? An eruv is a “mechanism that transforms an enclosed shared living area (e.g. a courtyard) into a common one”, and within this new common area, one can be an observant Jew and carry small objects during shabbat.
Halachic mountaineering ? It combines two very different aspects of contemporary life. On the one hand, mountaineering can be considered a way toward “self-accomplishment”. The ideal mountaineer has to go beyond herself (beyond her own strength, her own will, etc.) to reach the summit… Reaching the highest point is not a goal in itself : its purpose is to reveal the mountaineer’s real self.
On the other hand, the contemporary observance of Halacha is an identity support. The Jewish law is used consciously and reflexively to permanently sustain a religious personal identity in everyday life. The Eruv is then paramount : it materializes a symbolic space where one can be jewish and enjoy the practicalities of modern life. [For other eruvim implementation, see here, or there…]
Note : This short and unfinished note on the combination of individual self accomplishment and social identity management was inspired by Wayne H. Brekhus’ study of gay suburbanites, Peacocks, Chamelons, Centaurs (U. of Chicago Press, 2003).