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La commission de déontologie et le devoir de moralité

policièreL’on attire mon attention sur le dernier rapport de la Commission de déontologie de la fonction publique dont rend compte Les Echos. De plus en plus de fonctionnaires veulent cumuler leur emploi avec une activité privée.
Les petits salaires de la fonction publique (et leur hausse réduite) incitent probablement à rechercher un cumul d’activités. Mais c’est ce passage qui plus précisément a attiré l’attention de mon informateur :

Le sujet du cumul public-privé est assez nouveau pour la commission de déontologie qui commence à étoffer sa jurisprudence. Les professions évoquées sont d’une extrême diversité : depuis la création d’une société d’ambulances jusqu’à celle d’une agence de détectives privés en passant par l’expertise en sciences criminelles, voire l’activité d’achat et revente de « lingerie dite fine et autres produits à connotation marquée ». Une activité incompatible avec les fonctions de gardien de la paix, précise la commission.

Les fonctionnaires doivent être de bonne vie et moeurs : dès la fin du XIXe siècle, les candidats aux fonctions d’instituteurs doivent disposer d’un “certificat de bonne vie et moeurs”. Les enquêtes de moralité touchent aussi, si je me souviens bien, les facteurs et postiers. Encore aujourd’hui, un devoir de moralité s’impose « y compris en dehors du service : un fonctionnaire ne doit pas choquer par son attitude (alcoolisme, scandale public…), ni porter atteinte à la dignité de la fonction publique ». Fonctionnaires adultères, tremblez. [Je n’arrive plus à retrouver les références d’un texte qui étudiait le traitement administratif de l’homosexualité des fontionnaires.]

La décision citée se trouve dans ce rapport de la séance du 8 juillet 2009 :

Incompatibilité entre une activité d’achat et de revente, notamment, de lingerie dite fine et autres produits à connotation marquée, et les fonctions, exercées concomitamment, de gardien de la paix au sein d’une circonscription de sécurité publique : un tel cumul serait de nature à porter atteinte à la dignité des fonctions exercées par l’intéressé dans l’administration (avis n° A0480 du 8 juillet 2009).

et dans le rapport annuel, 2009, page 57.
Il me semble clair, ici, que les membres de la commission évitent d’utiliser le terme de “sex toy”, qui, après tout, est un anglicisme peu utilisé dans les rapports publics (sauf au Sénat, particularité de la Chambre haute certainement). Mais peut-être trouverait-on plus de précisions dans la requête déposée à la commission. Je n’ai malheureusement pas trouvé l’avis n°A0480 du 8 juillet 2009 qui répond à cette requête. Comment faire pour disposer du texte complet ? Demander à la CADA ?
En tout cas Anne Lolotte va devoir vérifier la profession de ses représentantes-“ambassadrices”, ou du moins les avertir.

Quelques interviews

[Attention, publicité éhontée] Parler de mes travaux me fait plaisir, et c’est sans doute pour cela qu’on peut me trouver sur SecondSexe.com ou sur les sites d’étudiants en journalisme de Toulouse (actutoulouse.fr) ou de Marseille. J’accepte en général les demandes d’interview des étudiants (je n’ai eu qu’une mauvaise expérience, avec des étudiants d’une école parisienne, qui n’ont pas rempli leur part du contrat, m’envoyer le reportage vidéo qu’ils avaient fait).

J’accepte aussi ce qui peut être considéré comme extérieur à la “valorisation”. Pour la deuxième fois en trois ans, j’ai été interviewé pour une émission de la chaine TPS-Star, “En attendant minuit”, diffusée en fin de soirée avant le film pour adultes.

Les deux fois, j’ai été agréablement surpris par les journalistes venant filmer (1 et 2). Ma vanité est toutefois ici blessée par les reflets sur mes lunettes et par certains effets de mise en scène.

J’ai aussi été filmé pour une émission de la chaine Direct 8, Business : l’interview s’est passée dans un magasin “pour adultes” du centre de Paris. Je ne sais pas encore ce que les journalistes ont gardé de mes paroles.

Un petit panonceau indiquait, sur la porte d’entrée, qu’il était recommandé de ne pas photographier l’intérieur du magasin. Mais comme j’étais filmé, j’en ai profité pour prendre quelques photos et un petit film (voir plus bas). Autant poursuivre l’amusement jusqu’au bout et filmer ceux qui me filment.

Une petite vidéo sans le son :
[flashvideo file=”http://coulmont.com/vordpress/wp-content/uploads/2009/12/direct8-business.flv” width=500 height=270 /]

Cabines de sex-shops et impôts

Un petit article paru dans la Voix du Nord a attiré mon attention : il parlait de masturbation payante et de nettoyage de cabines. Je me permets de le reproduire en grande partie.

La patronne de sex-shop, les impôts et la pompe à fric
samedi 16.01.2010, 05:05 – La Voix du Nord
(…)
Chacun connaît l’une des méthodes employées pour contrôler un restaurant. On compte le nombre de dosettes individuelles de sucre. Cela offre une idée de la masse de cafés consommés dans l’établissement et donc de repas servis. Et pour un sex-shop, quel mètre étalon ? (…)

Dans la ligne de mire de la direction des services fiscaux du Nord, une dame de 46 ans, patronne, entre autres, d’une société gérant un sex-shop à Rouen et un autre dans le centre de Lille… Le fisc s’interroge sur des déclarations allant du 1er décembre 2003 au 31 décembre 2005. Les contrôleurs finiront par faire preuve – comment dire ? – d’une certaine dextérité.

Preuve par l’essuie-tout

À Lille, la maison propose le confort de seize cabines et salon consacrés au visionnage de films X. Rouen ? Douze cabines et un salon… Rigoureux, les polyvalents se penchent… sur les chiffres présentés. Une comptabilité trop raide à leurs yeux. Selon les observations des agents du fisc, les cahiers présentés laissent figurer une fréquentation d’un client par jour et par cabine. Or, d’après des repérages – un testing ? – réalisés par les fonctionnaires, les lieux sont régulièrement pleins. « On fait même la queue », précise, presque sans sourire, un fin connaisseur du dossier. Qui, ici, jouera le rôle du sucre ? L’idée jaillira très vite. L’essuie-tout fourni au client, pardi ! Résultat : au regard des sommes présentées par la patronne, la consommation par client égale… neuf mètres de papier tendre.

Pour redresser la commerçante, défendue par Gérard Frézal, du barreau de Rouen, le fisc, représenté par l’avocat parisien Jean-Marie Bouquet, se placera, lui, sur une base de deux mètres par client et réclamera plus de 120 000 € d’arriérés. Deux mètres par client ? Les impôts ne sont pas les seuls experts en redressement… Décision le 29 janvier. •

LAKHDAR BELAÏD

L’autre quotidien du Nord, Nord-Eclair a quelques autres informations :

Quand le fisc s’intéresse au sexe, Publié le samedi 16 janvier 2010 à 06h00

Aurélia C., 47 ans, s’occupe, comme le dit le président Jean-Marc Défossez, d’un « commerce de détail d’articles spécialisés dans le sexe ». L’établissement, vaste et bien connu des juristes puisqu’il jouxte une célèbre salle de ventes aux enchères, est établi rue des Jardins à Lille.
Un autre établissement similaire est établi à Rouen et une succursale existait, au moment des faits, à Tourcoing. Mais elle a fermé : « Dans cette ville, un sex-shop, ça ne marche pas » souligne Aurélia C.

Curieuses recettes des cabines

Bref, la société « Carré Blanc », gérée par Aurélia C., son mari et son fils, se retrouve dans le collimateur de l’administration des impôts. Ce ne sont pas tellement les objets revendus qui posent problème mais plutôt une TVA trafiquée – c’est du moins la thèse de l’accusation – et les recettes curieuses des cabines où l’on peut visionner des films pornos.
À Lille, par exemple, il existe 12 cabines pour les spectateurs isolés et un salon où l’on peut regarder les films de façon plus conviviale avec une amie.
« L’administration, en divisant les recettes officielles par le nombre de jours ouvrables, a eu l’impression qu’on ne visionnait qu’un ou deux films par jour » résume le président Défossez. Comme le dit l’administration des impôts : « Le service a évalué les prestations d’après les quantités d’essuie-tout achetées et consommées ». Et là, la comptabilité des sex-shops de Lille et Rouen capote : 21 262 mètres d’essuie-tout ont été consommés en 2007, 28 350 en 2006, 21 262 en 2005.
Bref, même à raison de 2 m d’essuie-tout par visionnage de film, base très large retenue par l’administration, on arrive à des totaux de films visionnés et payés bien plus importants que le nombre officiel. « Le vérificateur des impôts estime à 18 mètres la longueur d’essuie-tout utilisée en moyenne chaque jour » souligne le président. « Il faut tout de même prendre en compte les besoins du personnel qui utilise aussi ces torchons en papier » objecte la prévenue.
Il n’empêche que la société est redressée singulièrement. La face cachée de la comptabilité est estimée à 67 000 euros et à 47 000 euros. Ce sont en tout cas les sommes exigées par Me Bouquet pour le fisc. Les magistrats ajoutent que, déjà en 2002, la même société a fait l’objet de récriminations similaires.
Le procureur Didier Cocquio n’y va pas de main morte en réclamant 10 mois de prison avec sursis et 15 000 euros d’amende. Me Frézal, du barreau de Rouen, conteste les prétentions de l’administration. Prononcé du jugement dans quelques semaines.
DIDIER SPECQ

Les services des impôts ont donc mesuré la longueur totale des essuie-tout achetés par le sex-shop et estimé ensuite un nombre de clients annuels. Des sociologues verraient dans ces rouleaux de sopalin un “indicateur” — l’objectivation n’est pas leur monopole.
Une chose n’est pas précisée dans les articles nordistes : à quoi servent ces feuilles d’essuie-tout ? Les cabines, dans lesquelles sont diffusées des films pornographiques, sont des lieux de masturbation et doivent être nettoyées régulièrement. Comme le disait une employée de sex-shop interrogée par Irene Roca Ortiz, “les hommes des fois, ben, ils sont maladroits, et ils visent pas là où ils devraient viser“.

Mais ces cabines sont aussi des lieux honteux : personne ne protestera en ne recevant pas de ticket ou de reçu, ce qui permet assez facilement aux sex-shops de sous-estimer les recettes engendrées par ces dispositifs. Divers procès ont rappelé que la délivrance d’un ticket était obligatoire ou fortement souhaitée (voir aussi ce procès ou encore celui-ci)… et que, sans cette trace, il fallait pouvoir estimer le nombre de clients :

pour reconstituer le chiffre d’affaires et le montant du bénéfice réalisé par la société MARATHON à raison de son activité de projection de films à caractère pornographique, le vérificateur s’est fondé sur la consommation électrique de l’établissement ; qu’il a déduit la consommation électrique liée à l’éclairage, au chauffage et aux travaux réalisés dans les locaux ; que le montant des recettes a été obtenu en déterminant, en fonction de la consommation électrique horaire de chaque cabine et du prix moyen horaire d’une projection, le nombre total annuel de projections

source

Mais je n’avais jamais entendu parler de l’objectivation par l’essuie-tout.

« Ils sont de retour »

Qui est de retour ? Les poppers : ces petites fioles vendues en sex-shops dont le contenu avait été interdit à la vente, en novembre 2007, par décret.
Mélismes, sur son blog, retraçait début 2008 le processus ayant conduit à ce décret : la volatilité du droit.
En mai 2009, le Conseil d’Etat annule le décret : une telle interdiction était excessive.

poppers
Pendant une bonne année, donc, les poppers ont été interdits à la vente. Les sex-shops ont du s’habituer à la perte de ce “produit d’appel” aux marges très intéressantes et qui occasionnait les visites de clients peut-êtres plus jeunes que les habitués.
Jeunes ? Ce ne sont pas seulement les vendeurs qui parlent de jeunes consommateurs, “teufeurs” ou autres. Les enquêtes sur la consommation des “produits psychoactifs” ont repéré la consommation juvénile des poppers. Ainsi peut-on lire ce tableau dans le Bulletin Epidémiologique Hebdomadaire de mars 2008 :
behmars2008
source : Les usages de drogues des adolescents et des jeunes adultes entre 2000 et 2005. B.E.H., 25 mars 2008 / n°13.

On le constate aisément : l’enquête repère ici que les poppers sont l’autre produit psychoactif le plus consommé [ne figurent pas, dans ce tableau, l’alcool et le cannabis]. En très bref, en 2005, à 17 ans, 5% des Français en ont déjà consommé (au moins une fois). L’intérêt de cette enquête, “ESCAPAD”, c’est qu’elle est reproduite régulièrement. En 2008, beaucoup plus de jeunes semblent avoir touché aux poppers : un peu plus de 13% déclarent en avoir déjà consommé. Thrill face à l’interdit ? Plus grande facilité de déclaration ? Influence de la tektonik ? [Cherchez l’hypothèse étrange.]
poppers-ofdt-2009
source : Les drogues à 17 ans – Résultats de l’enquête ESCAPAD 2008, OFDT, juin 2009.
Les auteurs de l’enquête semblent perplexes devant une telle augmentation :

Cela pourrait être en lien avec le changement de statut légal de ces produits dont la vente était contrôlée (limitée aux majeurs dans les sex-shops) avant d’être interdite en novembre 2007. Une soudaine augmentation de l’offre via une baisse des prix pour liquider les stocks des fabricants et des revendeurs autorisés n’est pas à exclure. De plus, la visibilité et la disponibilité de ces produits sont également croissantes sur Internet. En 2008, le poppers domine donc largement les expérimentations de produits psychoactifs illicites (…)

Mais en 2009, ces produits ne sont (de nouveau) plus illicites…
Et les sex-shops cherchent à le faire savoir : à part les abonnés du Recueil Lebon en effet, rares étaient les personnes au courant de la décision du Conseil d’Etat.
L’on a vu fleurir, à côté des “Déstockage Massifs DVD Rocco Siffredi”, de petites affichettes : “Ici Poppers”. L’entreprise fabricant le “Sex Line” propose même une petite affichette pour les vitrines.
poppers 2009
On a peu parlé de ce retour du poppers… pour quelles raisons, je l’ignore. Que trouve-t-on ? Un article intéressant dans La Voix du Nord qui interviewe un sexshopiste :

Il faut dire qu’avant le décret, sa boutique écoulait « en gros, entre quarante et cinquante flacons par mois. Ça se vend 12€ la bouteille, c’était un vrai manque à gagner. » Soit entre 480 et 600€ de perte tous les mois. Laurent était donc le premier surpris quand, en mai, le Conseil d’État a annulé le fameux décret. Une « très bonne nouvelle », assure-t-il.
Rapidement, il affiche sur la porte du magasin une affiche qui dit : « Ici, vente de vrai poppers ». Le but étant de retrouver la clientèle perdue durant le temps de l’interdiction.
source. Le vrai poppers est de retour, La Voix du Nord, (Arras), juillet 2009

Et un autre article dans Sud Ouest qui développe l’idée selon laquelle l’interdiction a rendu le produit plus attractif.

Après le décret ministériel, la quête du poppers devient un nouvel enjeu. À Bordeaux, comme ailleurs, la consommation progresse. (…) Franck, homosexuel bordelais, âgé de 35 ans raconte : « Le poppers était un produit un peu ringard il faut bien le reconnaître, à l’image du Viagra… Du fait de l’illégalité, il a gagné une seconde jeunesse. Une espèce de “revival”. Et surtout, nous n’avions aucun mal à en trouver.
On entrait dans un sex-shop pour acheter du poppers, on nous répondait “vous savez que c’est interdit” et en général, on nous sortait une ou deux fioles de derrière les fagots. Le fameux stock à écouler… Il existait un trafic dans les bars gays (…) Et puis, les gens achetaient sur des sites Internet belges ou anglais à 20 euros la fiole, au lieu des 15 habituels.
»

Le nombre des sex-shops

En lisant Le commerce à Paris. Banque de données sur le commerce parisien: recensement 2007 et évolution depuis 2005 rendu public par l’APUR récemment, l’on découvre que, depuis 2005, le nombre des sex-shops à Paris a encore diminué.
CF502 Vente d’articles érotiques et sex-shop :

2003 2005 2007
 130  114  103

Note : j’avais parlé un peu plus longuement de cette baisse en 2006. Les chiffres de ce billet sont légèrement différents mais la tendance est la même.

Des sex-toys en Afrique ?

La lecture d’un article intitulé Sex-toys au Maroc, sur un site consacré à Casablanca, m’a fait penser à quelques mails reçus il y a de longs mois maintenant.

L’article débute ainsi (ou presque) :

[Au Maroc] il existe de vrais réseaux, parfaitement discrets et organisés qui se chargent de vendre ces jouets pour adultes. A Casablanca, deux femmes sont connues sur la place. L’une, que nous appellerons Amal, organise des soirées filles à domicile, où, sous le même principe que tupperware, les femmes peuvent essayer et acheter la marchandise, l’autre, Lina, prend des commandes privées et se charge de les acheter une fois en France ou en Europe.

Les mails que j’avais reçu se présentaient ainsi. (Ils ont été anonymisés, l’hétérographe a été conservée) :

Je suis un jeune homme de 25ans. Je suis né au *** (Afrique de l'Ouest) et j'ai grandi au *** mais je suis très "tourné vers les sociétés occidentales". Je suis entrain de monter un projet d'installation de sex shop(que j'appellerai plutôt Love shop) au *** d'abord et dans toutes les capitales Ouest Africaines. Dans mes recherches sur le sujet, je suis très souvent tombé sur votre blog.
J'ai quelques inquiétudes en ce qui concerne mon projet vu les pesanteurs socio-culturelles en Afrique où le sexe est carrément Tabou. Je voudrais faire une étude de marché d'abord mais j'ai peur que mon idée ne soit prise après les enquêtes.

Une étudiante africaine m’écrivait aussi

je suis une jeune etudiante de 24 ans d’ origine ***** et venu en france pour poursuivre des etudes superieures en economie et gestion je suis titulaire d une maitrise en gestion d’entreprise obtenu a * * * * et je prepare un master en BANQUE FINANCE assurance a * * * * je me suis associée avec une amie a moi qui a le meme parcours que moi mais qui reside a **** (…)
moi precisement je prefere me lancer directement dans l’entrepreunariat apres mes etudes (…)
nous avons decidé de nous lancer dans le marché des sextoys pas en france mais plutot en afrique dans notre pays d’origine je ne sais pas (…) l idée nous ait venu simplement apres avoir emmener lors de nos vacances au pays certains de ces gadgets, cela a enormement attisé la curiosité de beaucoup de personnes et surtout nous sommes revenues en france avec des commandes
certes l’ on ne sait pas baser sur cela uniquement pour vouloir se lancer sur un marché inexistant je dirais meme en afrique la cote d ivoire est un pays ou les moeurs ont enormement evolué et en matiere de sexe nous sommes le pays en afrique francophone qui est assez evolué en la matiere

Un autre extrait plus direct (d’un commercial français sans lien avec l’Afrique) :

C’est un projet avec un ami africain d’exporter en Afrique de l’ouest des sex-toys pour une clientèle féminine “insatisfaite”. (…)
Le projet est de vendre dans un premier “sous le manteau” ces sex-toys dans un pays africain d’ obédience musulmane, puis des réunions “tupperware” par le biais de commerciale et enfin dans l’arrière boutique de certains commerçants locaux. Ma question aujourd’hui est (…)

Un troisième extrait, d’une Ivoirienne :

(…) J’ai décidé d’ouvrir un magasin de lingerie à abidjan mais pour me différencier de la concurrence, j’ai décidé d’y introduire des sex toys et pourquoi pas élargir la gamme dans ce domaine vers une tendance sex shop.
Abidjan est une ville ou le libertinage est assez développé mais de façon introvertie. Les gens ont tendance à cacher tout ce qui concerne le sexe pas comme à pigalle ou a strazbourg saint denis.
Les hotels de passe naissent tous les jours et sont très discrets. il n’ya pas vraiment de sex shop en tant que tel, il y a des magasins similaires. La discrétion est de rigueur en Cote d’ivoire meme si tout le monde sait ce qui se passe. C’est pourquoi je veux mettre de la lingerie en vitrine avec des sex toys un peu plus en retrait.
(…)
Aujourd’hui, toutes les activités qui tournent autours du sexe se développent a Abidjan. Je veux profiter de l’émergence de ce marché pour asseoir une affaire. mon entourage m’encourage vivement dans cette voix.(mon père trouve cette idée un peu farfelue)
J’ai déjà trouvé le local adéquat, mais le plus important sont les fournisseurs, pcq je ne veux acheter en détail, ce ne serait pas interressant pour moi, de plus, la douane ici est terrible. On m’a également parlé de sex toys en chine ou a doubai. si vous avez des contacts là bas je vous serais très reconnaissantes si vous me les
communiquez.

Ces mails — et l’article cité plus haut — témoignent, certes de manière anecdotique, d’une sorte de circulation internationale des désirs — et des représentations des plaisirs. J’aurai aimé trouver quelques articles académiques sur le commerce des sex-toys en Afrique, mais mes quelques recherches n’ont rien donné (je ne compte pas cet article journalistique sur le Nigeria). Je n’en écrirai donc pas plus aujourd’hui, laissant pour plus tard d’éventuelles réflexions. Il faudrait, par exemple, que je me renseigne auprès d’AnneLolotte, qui, parce qu’elle a monté une entreprise de vente à domicile de sex-toys, a peut-être des représentantes “non-officielles” au Maroc ou en Tunisie.

Lien marchand

Denis Colombi, sur son blog, “Une heure de peine”, après avoir parlé (il y a quelques mois) du don de sperme, aborde la question, délicate, des dédicaces de bandes dessinées : L’ambiguité du lien marchand.

D’ailleurs, à picorer son blog, l’exploration des marchés s’y décèle comme leitmotiv. L’occasion de faire un lien vers un article sur Viviana Zelizer, par Jeanne Lazarus.

Territoires contestés

D’un côté, nous avons les sex-shops, qui ne peuvent plus s’installer en centre ville depuis 2007 : ils doivent être placés à plus de 200m à vol d’oiseau de tout établissement scolaire.
De l’autre côté, nous avons des assemblées évangéliques, qui sont perçues comme des “sectes” par de nombreuses autorités municipales et dont la jeunesse comme la précarité financière interdisent la possession ou la location de bâtiments en centre ville.
Ces deux institutions, le sex-shop et l’église évangélique, devaient bien un jour se rencontrer. Et cela se fait, actuellement, dans ces zones commerciales péri-urbaines, à proximité du Carrouf’, du centre commercial et derrière l’ancien Décathlon devenu un ToysRus :
Voici donc un petit article récent de Nice Matin :

Le pasteur qui proteste contre les petites culottes

« Quand on dit aux gens qui cherchent l’église que c’est en face du magasin de lingerie fine, c’est sûr que ce n’est pas ce qu’il y a de mieux…», explique timidement Anne, une fidèle de l’église protestante évangélique.

La communauté religieuse est en émoi depuis l’installation à l’Espace Antibes, il y a un mois, de la boutique « Sexy in the city ». « La boutique qui pimente vos nuits !!!! 200 m2 de charme et de volupté », vante le prospectus de la nouvelle enseigne qui vend de « la lingerie gourmande, des produits de massage, des sex toys, des livres et accessoires de séduction, des DVD » etc.

« Quand on sort de l’église après la prière, on a beau essayer de ne pas regarder, on ne voit que ça : des strings, des jarretelles…et à l’intérieur, je n’ose même pas imaginer… », s’insurge une croyante en désignant la vitrine rose et noire où on aperçoit des mannequins vêtus de bustiers de dentelle coquine.
source

Le sex-shop : arme dans les luttes municipales

« Vous m’embêtez… ? J’ouvre un sex-shop ! ” : c’est ainsi que Michael Zarlenga a réagi récemment, d’après un article du Washington Post .

Dans le quartier d’Old Town Alexandria, Zarlenga voulait agrandir son magasin. La commission locale des monuments historiques a refusé. En réponse, il a loué l’espace à un sex-shop :

Zarlenga spent $350,000 on plans to expand his hunting and fishing store, the Trophy Room. He worked with city officials for almost two years and thought he had their support — until the architectural review board told him he couldn’t alter the historic property.

Furious and out of money, Zarlenga rented the space to its newest occupant, Le Tache.

“I can’t say I didn’t know it would ruffle feathers,” said Zarlenga, 41. “Actually, I was hoping for a fast-food chain because I thought that would be more annoying to the city.”
source

Cela rappelle une affaire similaire en France, où, dans le petit village de Saint-Béat, un boulanger a ouvert un sex shop pour protester.
Les arts de la résistance suivent parfois des règles structurelles.

Ouvertures, fermetures : la vie des magasins sexy

Autour de la Saint-Valentin s’ouvre une poignée de magasins qui se consacrent à la vente de lingerie et de gadgets. On en repère l’ouverture à Lille, dans l’Ariège, dans l’Aude… Ce sont à chaque fois des petites surfaces, des petites boutiques de centre ville. La multiplication des articles fait penser à un marché en croissance… mais c’est probablement un effet d’optique.

Dans l’Ariège, à Lavelanet, d’après la Dépêche du Midi, un coin coquin fait revivre une triste rue du centre ville :

Triste la rue de Verdun (ex-rue des Marchands), avec sa majorité de rideaux tirés, magasins fermés ? Pas sûr, pas vraiment, car des commerces, il en reste encore quelques-uns et ils valent le détour, tant par l’accueil qui est réservé que par la qualité des services et produits proposés.
(…)
Après avoir descendu quelques marches, en sous-sol, le coin coquin. « Je ne suis pas sex-toy ni poupée gonflable, je suis pour le coquin, on peut avoir tout pour s’amuser sans passer à l’extrême, se faire des mises en scène, des scénarios en tenues rêvées ou fantasmées, érotiques, sensuelles, ça met du piment. »

A Lille, dans le quartier du Vieux-Lille, a ouvert une boutique “dédiée aux plaisirs féminins, “Pink”. L’article de Nord Eclair précise :

Pour lancer son entreprise, la jeune femme a bénéficié de plusieurs dispositifs. Tout d’abord elle a été épaulée par la Mission locale de Villeneuve d’Ascq et la Boutique de gestion d’espace (BGE) l’a aidée à monter son dossier. Elle a également proposé son projet devant le Clap (Comité local d’aide aux projets) et le jury lui a accordé une aide financière de 2 500 E. Elle a pu bénéficier d’un prêt au taux zéro grâce à Initiative-clé. Des aides précieuses pour financer les nombreux travaux pour sa boutique.

On trouve aussi d’autres informations sur le site de la Mission locale. Les boutiques proposant lingerie et jouets pour adultes ne rencontrent donc pas toujours l’opposition des administrations. Et c’est peut-être quelque chose de nouveau, même si les aides financières semblent plus difficiles à obtenir pour des magasins plus “classiques” :
carol-ive-lehavre3A l’ouest, au Havre, c’est une boutique plus traditionnelle qui a ouvert récemment, et là encore sans opposition virulente de la mairie (voir l’extrait ci-contre). Les propriétaires du magasin “Carol’Ive” ont néanmoins dû changer en partie le nom de leur boutique, de “sex-shop” en “lover-shop”. Comme les magasins précédents, ils ont eu droit à un article dans la presse locale, célébrant leur ouverture. Mais aucune mention de subvention n’est mentionnée.
carol-ive-lehavre carol-ive-lehavre2

Pour un autre article, sur l’ouverture d’un magasin de Dieppe, “Eros boutique”, suivez ce lien.

Si l’on arrive à repérer l’ouverture de plusieurs magasins autour de la Saint-Valentin, c’est que, pour certains journalistes : Le phénomène des cadeaux coquins est (…) bien sensible à l’occasion de cette fête des amoureux écrit Le Bien Public :

« Deux semaines avant le 14 février, les premiers clients viennent pour acheter des cadeaux pour la Saint-Valentin, remarque Elisabeth Guillaume-Reisser, gérante du magasin Erotika à Dijon. La plupart ont un budget entre 10 et 50 euros. Nous avons aussi des commandes spéciales de jeunes adultes qui veulent être sûrs d’avoir le produit désiré à temps. » Vendeuse spécialisée dans le domaine depuis 30 ans, elle explique aussi que certains clients de passage s’y prennent au dernier moment, « soit la veille ou l’avant veille ». Une tendance soutenue à Planet Dream, où Nathaly note que « l’affluence augmente jusqu’au jour de la Saint-Valentin inclus. Cette année, les gens n’hésitent pas à dépenser ».

Les éventuelles réticences des “riverains” (et des commerçants déjà sur la place) à l’ouverture de magasins sexy sont souvent passées sous silence. Dans un article de La Dépêche du Midi, sur un magasin nommé « La Tentation des anges » à Carcassonne, on trouve quand-même trace d’un petit énervement :

Ce qui est sûr, c’est que cette boutique, à peine ouverte, attise les curiosités et n’est pas du goût de tout le monde. La communauté catholique, par exemple, s’émeut de son appellation et de l’usage du mot « anges ». Il est même question d’une pétition… Pourtant Stéphane Cogan a voulu faire quelque chose de sucré, et rien de piquant. En outre, il répond à un manque. On parle souvent d’absence d’équipements sportifs, piscine, patinoire ou club-house. Eh bien pour le sport en chambre, c’est une affaire réglée !
source : l’éroti-coquin a pignon sur rue

[Mise à jour du 17 février 2009 : un article du Midi Libre sur la boutique Tentations des Anges compare cette dernière avec le sex-shops “classique” de Carcassonne.]
Dans le même ordre de protestations, un correspondant attentif attire mon attention vers un blog du magazine Le Pèlerin, dans lequel un thérapeute catholique se plaint : la radio NRJ offre des canards vibrants à des mineures pour la Saint-Valentin.

NRJ mobile offre un sex toy aux mineures
(…)ces “plus produits” sont vendus pour la saint Valentin, la fête des couples et des amoureux normalement synonyme d’un bon et heureux moment partagé ensemble. Avec son calendrier et son sex toy, NRJ Mobile renvoie chacun vers des “plaisirs” tristement solitaires. Elle est glauque la saint Valentin avec NRJ Mobile !

Si les ouvertures de magasins sont souvent annoncées dans la presse locale, les fermetures le sont beaucoup moins. Or déménagements, mutations, envie d’ouvrir un nouveau commerce… conduisent nombre de ces petites boutiques à fermer. Une correspondante (du Sud de la France) m’annonce par exemple récemment :

« Aujourd’hui, je vends non seulement un bail commercial, mais aussi un stock et le plus important : une clientèle! »