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Bibliographie : prénoms et sociologie

Il n’est pas toujours possible de diffuser les données sur lesquelles je travaille. Mais d’autres choses sont diffusables.
Ma bibliographie de travail concernant la sociologie des prénoms est en ligne sur zotero.org (sous la forme d’un “groupe” auquel il est possible de s’abonner). C’est celle qui m’a permis d’écrire Sociologie des prénoms et elle pourra servir à d’autres.
La bibliographie est aussi disponible au format bibtex à l’adresse suivante http://coulmont.com/livres/prenoms.bib, pour celles et ceux qui n’utilisent pas zotero.
Si vous voyez des articles ou des livres que j’ai ratés, merci de me prévenir.

Au cas où…

Au cas où vous arriveriez ici après avoir lu l’article de Libération :

  1. toutes les informations concernant le livre Sociologie des prénoms se trouvent sur cette page.
  2. si vous préférez écouter, deux émissions de radio sont sur cette page.
  3. ce qui concerne la sociologie et l’histoire des prénoms sur le blog se trouve ici : http://coulmont.com/blog/category/prenoms/.

Dans les rayons

Vous aviez peut-être suivi l’annonciation, suivie d’une mise à l’épreuve, et de la nativité. Voici venu le temps de l’ascension dans les rayons de toutes les bonnes librairies.
Sociologie des prénoms se trouve maintenant en librairie (preuve en est la photographie ci-contre). Et il y a de bonnes chances pour qu’il se trouve dans une librairie indépendante près de chez vous.
Que faire maintenant ? L’aider à voler de ses propres pages et réfléchir sérieusement au suivant. Les bonnes nouvelles que le CNRS vient de m’envoyer [“J’ai l’honneur de vous informer que votre accueil en délégation a été accepté par les instances d’évaluation du CNRS.“] devraient faciliter cela.

Diffuser

Le livre fabriqué, envoyé à une série de “prescripteurs” et à un bon nombre de journalistes, présenté sur le site de l’éditeur… il reste à le faire connaître. Je suis, vendredi 27 mai 2011 de 10h à 11h, invité, sur Radio Aligre (FM, 93.1), de l’émission Recherche en cours. L’invitation était prévue depuis longtemps, et ne portera pas uniquement sur Sociologie des prénoms mais sur ses prodromes. Je suis aussi invité de l’émission La tête au carré sur France Inter, lundi 30 mai 2011, de 14h à 15h.

Il est là…

Sociologie des prénoms est arrivé aujourd’hui par la poste :

Le travail d’écriture est donc réellement fini. Commence le travail de promotion.

La couverture (la vraie)

J’ai reçu aujourd’hui la couverture de Sociologie des prénoms (sortie le 9 juin). La voici, d’une taille respectable pour bien la lire.

Comment les prénoms de la couverture ont-ils été sélectionnés ? Une personne dont le prénom se trouve à la 29e ligne, qui suit de très près la fabrication des Repères m’écrit : « J’ai procédé à un petit échantillonnage personnel : les prénoms de toutes les personnes travaillant à La Découverte, leur conjoint, leurs enfants, leurs grands-parents, leurs amis. » C’est un peu comme s’ils avaient tous signé.
Et si vous voulez être tenu au courant : inscrivez-vous sur la mailing-liste.

Chiffres de vente (1)

Il est difficile de recevoir des éditeurs les chiffres de vente de ses ouvrages. Il faut demander.
Et ce ne sont pas des informations très répandues. Sait-on combien d’ouvrage vend le professeur X ou Y.
En attendant les chiffres de vente de Sex-shops que j’ai demandés à Dilecta (entre 2007 et 2009, il s’en était vendu moins de 400), voici ceux du manuel que j’ai écrit avec Céline Béraud.

Annee  ventes cumul
2008    836    836
2009    652    1436
2010    270    1758

Les manuels sont donc plus “vendeurs”… mais ce sont des ouvrages moins légitimes : « c’est un auteur de manuel » dit-on de certains collègues. En plus comme Céline et moi avions touché une avance, nous sommes encore considérés comme débiteurs, malgré ce (hmm hmm) succès commercial !
Je n’ai aucune idée, de plus, des ventes des ouvrages collectifs auxquels j’ai participé, sauf le Dictionnaire des faits religieux.

Combien vendent les collègues ? Si vous avez des chiffres, indiquez-les en commentaire (ou, si vous avez un blog, indiquez-le sur votre blog). L’anthropopotame écrit par exemple sur twitter :

Il s’est vendu 64 exemplaires de mon précédent ouvrage, il faut battre ce record, quel challenge!
source

et il espère vendre quelques exemplaires de plus de son nouveau livre. J’espère aussi dépasser avec Sociologie des prénoms mon score précédent. D’ailleurs, soit-dit en passant, l’ouvrage est déjà en précommande sur amazon.fr (“Sociologie des prénoms”)
Pierre (par exemple) combien de Sociologie des réseaux sociaux (1ere édition) as-tu vendu ?

Une épreuve

Ou plutôt des épreuves, car elles n’existent qu’au pluriel.

J’ai quelques jours pour corriger les épreuves de Sociologie des prénoms. Le livre, vous le voyez, prend forme. La sortie est toujours prévue pour le 9 juin, et vous pouvez vous inscrire sur une liste de diffusion.
À feuilleter ces épreuves, je ne vois pas encore de corrections à apporter (mon nom et mon prénom semblent bien orthographiés, et c’est l’essentiel). Il va falloir lire cela à tête reposée.

Prénoms et sociologie

Je suis fort heureux de pouvoir annoncer, presque quatre mois avant la publication effective, la sortie prochaine de Sociologie des prénoms dans la collection Repères aux éditions La Découverte (le 9 juin).
Il reste du travail à faire sur le manuscrit, les graphiques et autres illustrations, mais la date est fixée, l’ISBN est alloué et le numéro de série accroché. J’ai mis en ligne une page consacrée à Sociologie des prénoms, qui sera enrichie au cours de l’année. Vous trouverez sur cette page l’inscription possible à une “liste de diffusion” de l’information concernant ce livre (j’ouvrirai peut-être aussi une page “facebook”).
Et parce que cela m’amusait, j’ai même créé une couverture imaginaire (on n’en est pas encore là, mais les couvertures de la collection Repères se ressemblent assez pour se faire une idée de leur état final).
Ce livre, c’est à la fois une sorte d’aboutissement : celles et ceux qui lisent mon blog depuis 2003 savent que j’ai commencé à parler de ce thème le 6 juillet 2003, celles et ceux qui suivent mes cours à Paris 8, dont le cours de présentation des méthodes des sciences sociales savent aussi fort bien que c’est un de mes dadas.
Mais c’est aussi, pour moi, une base de travail : la “revue de littérature” faite pour écrire ce livre me sert dans le cadre de recherches sur les changements de prénom.

Petite sociologie de la signalétique

J’ai rédigé un compte-rendu pour liens-socio.org, sur le livre de Jérôme Denis et David Pontille, Petite sociologie de la signalétique [amazon].
Le compte-rendu est là bas en ligne sur liens-socio, et je le reproduis ci-dessous :

De très nombreuses études sur le métro : des musiciens (Anne-Marie Green) aux personnes « encombrantes » (Emmanuel Soutrenon), l’environnement humain est bien connu. Restaient, peut-être, les « non-humains ». Jérôme Denis et David Pontille réparent cet affront fait aux objets dans une « sociologie de la signalétique ». Cette recherche centrée sur « ceux qui cherchent à déléguer des formes d’action à des dispositifs graphiques » (p.18) commence par un premier chapitre qui pose l’établissement de « la norme » graphique – les standards suivis par la RATP depuis quelques années. Il était sans doute nécessaire de poser le contexte, le passage de la RATP à une forme commerciale d’interaction avec les usagers. Mais j’ai trouvé ailleurs l’intérêt de l’ouvrage.

Pour Denis et Pontille, le métro (même s’il fut choisi comme abri contre les bombes pendant la dernière Guerre mondiale) est un assemblage « fragile ». Le terme est assez présent pour qu’un lecteur amusé le remarque (entre autres p.48, p.55, p.73, p.110, p.151). Comment comprendre cette fragilité ? Elle est d’abord liée à un parti-pris théorique. « [I]l n’est plus possible aujourd’hui de prétendre analyser les lieux publics et les formes de sociabilité qui y ont cours en prenant pour acquis leur dimension structurée et pré-ordonnée » (p.11) : il faut comprendre le travail d’ordonnancement, les « activités ordinaires » qui permettent à la signalétique d’être fabriquée, mise en place et maintenue. Les auteurs vont donc insister sur le caractère « en construction » des mondes et des choses observées.

L’on trouve alors de la fragilité tout au long de l’ouvrage (c’est peut-être pour cette raison qu’il se nomme « petite sociologie de la signalétique »). Le chapitre 2, qui décrit la place, dans l’entreprise RATP, des départements de la signalétique (création et maintenance) souligne « la grande fragilité du dispositif de la signalétique au sein de l’entreprise ». Il lui est fait une petite place dans une organisation du travail structurée autour du monde industriel du transport des voyageurs plus qu’autour du monde commercial de l’information aux usagers. Les professionnels de la signalétique (sémiologues et autres designers ou typographes) doivent donc lutter pour s’imposer face à l’imagination des ouvriers, des responsables de station ou des publicitaires. La norme signalétique doit donc être en permanence négociée.

Les chapitres 4 et 5 reposent sur l’observation du travail des ouvriers qui placent les panneaux et qui les maintiennent. La fragilité, ici, est encore à rapporter aux standards de la signalétique : c’est l’alignement « entre les règles, les corps des agents, ceux des objets graphiques (…) et l’environnement » qui est fragile. Dans ces deux chapitres, qui ne s’appuient pas sur « l’interprétation des signes », mais sur le travail de placement et de maintien, c’est la mise en place d’un « ordre » qui est décrite : mais un ordre social qui est toujours le « résultat temporaire » des actions. Ce qui apparaît aux voyageurs comme une forme immuable (les panneaux de signalisation du métro) est en réalité le fruit du travail quotidien des ouvriers.

Ces chapitres sont d’autant plus intéressants qu’ils s’éloignent un peu des panneaux pour laisser s’exprimer les ouvriers suivis. Certes, ces ouvriers n’ont ni classe, ni origine sociale, ni âge (mais ce sont des hommes). Herbert, Léonard, David et Jonathan n’ont pas d’histoire et leurs prénoms apparaissent interchangeables. Mais les auteurs saisissent bien ce que j’appellerai la place dominée de ces « travailleurs invisibles » du métro. Comment cette invisibilité est-elle objectivée ? À l’aide d’une réflexion sur les « ficelles du métier » : s’il faut y recourir, c’est parce que les objets ont été pensés, fabriqués… sans envisager les ouvriers qui les répareraient (et il est nécessaire de bricoler pour les faire tenir). Les ficelles du métier sont un moyen utilisé pour « apaiser les tensions » liées à la division du travail.

J’ai laissé de côté le chapitre 3, qui est certes situé au cœur de l’ouvrage mais qui m’apparaît proposer un petit déplacement théorique. Dans ce chapitre, les auteurs s’intéressent à une question classique « peut-on suivre une règle ? » en étudiant les conceptions plus ou moins implicite des règles suivies portées par les créateurs de signalétique. Si « chaque composant de la signalétique peut (…) être considéré comme un micro-instrument de discipline », alors il faut étudier les « représentations des compétences et des actions des utilisateurs (de signalétique) telles qu’elles ont été mobilisées et présupposées » par les concepteurs de signalétique. Ces concepteurs proposent, plus ou moins explicitement, des anthropologies associées à leurs objets.

Pour en savoir plus :