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Sex Shops

Billet publié le 18/09/2004

Toujours en ce qui concerne le commerce des jouets pour adultes, un sujet apparemment inépuisable, quelques notes sans grand lien logique entre elles…

L’affaire Williams v. Pryor (une action en justice contre l’interdiction faite au commerce des vibromasseurs et godemichés en Alabama que j’ai abordé ici et ici, avec une mise en contexte ici) n’est pas terminée. Les avocats de Sherri Williams ont décidé de demander à ce que l’affaire soit ré-entendue par le 11e circuit En Banc (en français dans le texte, cela signifie que tous les juges du 11e circuit vont être appelés à décider de l’avenir de l’action). La petition est disponible sur le site de Mme Williams pdf, petition for rehearing. Ils appuient leur demande sur le fait que, pour citer : “The Panel Opinion Conflicts with the Supreme Court’s Ruling in Lawrence v. Texas” : La décision majoritaire du panel du 11e circuit “fails to credit Lawrence, which clearly stated for purposes guiding future courts, what the right of adult consensual privacy is about.”
Un des points intéressants dans cette petition est l’attaque faite contre les qualifications méprisantes de l’usage des sex toys par le 11e circuit: les 2 juges majoritaires avaient balayé d’un revers de phrase l’idée qu’il y aurait un droit constitutionnel à l’usage des boules de geisha de la même manière que dans Bowers v. Hardwick la Cour Suprême avait réduit la question du contrôle gouvernemental de la vie privée d’adultes consentants à une hypothétique protection constitutionnelle de la sodomie homosexuelle. Ce framing a été jugé avilissant pour les plaignants (demeaning) par la Cour Suprême des Etats-Unis dans la décision Lawrence).

Le magasin de Sherri Williams ressemble à celui qui est décrit dans cet article du New York Times il y a plus d’un an. Un article qui montre la “suburbanisation” et la “commodification” du commerce des adjuvants sexuels. Pour dire bref, le public visé passe du routier au couple de banlieue.

Cette “normalisation” des sex shops et les ventes organisées sur le principe des soirées “Tupperware” sont les deux mamelles du nouveau visage de la vente des godemichés. Outre l’article de Debra Curtis dont je parle un peu ici, il faut aussi relever un article datant de quelques années maintenant (Martha McCaughey and Christina French, 2001, “Women’s Sex-Toy Parties: Technology, Orgasm, and Commodification”, Sexuality & Culture, 5(3), 77-96). McCaughey et French avaient repéré — toujours dans le Sud des Etats-Unis — la multiplication des “Tupperware”-style sex toy parties.

Ce nouveau visage du commerce des sex toys aux Etats-Unis place au centre du paysage les couples hétérosexuels:

Rather than aim at the pleasure chest of the single girl, it has positioned itself as an organization devoted to strengthening relationships. Its training video, sent to all new sales reps, starts with an endorsement from a board-certified sex therapist and licensed marriage, family, and child counselor. Its home page on the Internet features an innocuous slide show of young heterosexual couples.

Je tire cette citation d’un article d’un magazine de San Francisco, SF Weekly du 15 septembre 2004: Merchant of Passion. L’intérêt de cet article est de montrer les dessous de Passion Parties, propriété de deux hommes (dont un avocat diplomé de Yale), propriétaire d’une entreprise “classique” de vente par correspondance de “sex toys”. Alors que les premiers magasins féministes et lesbiens (du genre Toys in Babeland) étaient managés de manière “communautaire” et étaient dirigés vers les femmes, c’est tout l’inverse du “nouveau modèle”.

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