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L’affaire Sherri Williams

Billet publié le 09/01/2005

A plusieurs reprises ces derniers mois, j’ai abordé ici la question de la pénalisation de la vente des “sex toys” dans quelques Etats du Sud des USA (Alabama, Texas, Nebraska, Georgie, Mississippi, Louisiane et Virginie). Il devient malheureusement impossible d’essayer de résumer rapidement l’affaire Williams (du nom de la gérante d’un magasin de jouets pour adultes de Decatur dans l’Alabama), qui a débuté en 1998, mais son avocat, Michael L. Fees vient de déposer une demande de réexamen devant la Cour Suprême des Etats-Unis.

Alabama could soon find itself at the forefront of yet another federal debate on the U.S. Constitution.
For six years, as legal challenges ricocheted through the courts, Alabama police have been prevented from enforcing a statewide ban on the sale of adult toys.
Last week, plaintiffs began their final challenge. Mike Fees, the attorney for store owner Sherri Williams, said he has filed a writ of certiorari to take his client’s case before the U.S. Supreme Court. The Supreme Court receives thousands of requests each year and grants reviews of only a minute percentage.
Fees said he should know by the third week of February if the Supreme Court will accept his case. If not, after six years of legal wrangling, the ban would stand.
In Alabama, the legal contest began in 1998 when the Legislature passed a wide-ranging anti-obscenity law that prohibited some nude dancing, certain X-rated videos and the sale of “any device designed or marketed as useful primarily for the stimulation of human genital organs.”
Williams, who owns Pleasures stores in Decatur and Huntsville, and a woman who sold sexual aids at home parties soon filed suit. Four women who said they needed the products also joined the suit as plaintiffs, as did the American Civil Liberties Union.
Twice, the plaintiffs won their cases in trials. Both times, the office of the Alabama attorney general won on appeal.
The latest ruling came last summer when the 11th U.S. Circuit Court of Appeals upheld the state law, ruling that the U.S. Constitution doesn’t include a right to sexual privacy. Fees hopes to contend before a national audience that the Constitution grants all citizens “a right of privacy in their intimate relationships.”
If the Supreme Court hears the case, Fees has said, a ruling would likely have implications for six other states where the sale of sex toys is illegal. They are Texas, Nebraska, Georgia, Mississippi, Louisiana and Virginia.
Suzanne Webb, spokeswoman for the Alabama attorney general’s office, said the office had no comment on the case. She said the ban would not be enforced until the plaintiffs exhaust their appeals.
Under the state ban, possession or use would not be restricted. But the sale of certain adult toys could be met with a $10,000 fine and a year in jail.
source : Huntsville Times, “Sex toy sales ban faces last legal test”

J’espère que la Cour Suprême va décider de traiter l’affaire, cela permettrait une discussion intéressante sur les usages sociaux des jouets pour adulte aux États-Unis.
Canard vibreur masseur vendu dans par une chaine de parfumeriesEn France, depuis quelques années, tente de se développer un marché “haut de gamme” pour ce genre de gadgets, qui étaient probablement, comme la consommation de films pornographique, une pratique de classes populaires (s’il faut en croire les résultats de l’enquête ACSF réalisée en France au début des années 1990 [note 1]) Une créatrice de mode en proposait un moment dans son magasin du quartier Saint Germain. Une grande chaîne de parfumeries vend des canards “intimes”.
Enfin, une boutique s’est installée à côté du Faubourg Saint Honoré qui reçoit l’intérêt de la presse “féminine” et de certains magazines culturels aux origines catholiques:
Entrefilet signé Isabelle Vatan dans Telerama sur Yoba

notes
[1] Alfred Spira, Nathalie Bajos et le groupe ACSF, Les comportements sexuels en France, La Documentation française, 1993. Voir aussi Michel Bozon, Henri Leridon (eds.), Sexualité et sciences sociales, numéro spécial de Population, INED, n°5/1993.
[2] Une interview de Sherri Williams et de son avocat sur CNN : http://www.feesburgess.com/documents/Movie.wmv

mise à jour : le 22 février 2005, la Cour Suprême des Etats-Unis a refusé de considérer le cas Williams v. Alabama. La décision du 11e circuit reste donc en l’état et les sex toys interdits à la vente en Alabama…


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2 commentaires

Un commentaire par PaxaBlog (09/01/2005 à 18:26)

Sherri Williams et les sex toys
Baptiste Coulmont dont le blog semble tourner autour de questions liées à la religion, au sexe, et aux Etats-Unis, propose une amusante histoire juridico-américaine concernant la légalité, dans certains Etats des États-Unis de la vente des “sex…

Un commentaire par cossaw (10/01/2005 à 13:42)

Tout le noeud de l’affaire est bien situé dans cette phrase : ” the U.S. Constitution doesn’t include a right to sexual privacy”, ce qui est pour moi et pour d’autre une parfaite aberration… et relève du droit le plus intimement privé qui soit, non ?
Ceci dit, cela n’a-t-il pas déjà été égratigné par l’annulation dans certains états des lois dites anti-sodomie (quand elles étaient uniquement appliquées aux homosexuelLEs) ? Ainsi, le Texas est concerné, non ? Cela dit, j’imagine que dans le lot des Etats cités, certains imposaient cette loi anti-sodomie (au sens le plus large et stricte : ie tout acte sexuel hors du coït vaginal “reproductif”), et sont de ce fait “épargnés” par cette décision de la Court Suprême fédarale…
J’ai du mal à exprimer ce que je ressens à ce sujet, en dehors d’une certaine indignation face à l’ingérence dans la vie privée la plus stricte des personnes et une vision de la “justice morale” très discutable, car il faudrait savoir en fait ce qui a mené à de telles dispositions, qui je n’en doute pas sont de simples bigotteries…