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Un peu méchant

Billet publié le 22/09/2010

C’est un peu méchant, mais plus j’y pense, plus ça fait sens. La Distinction de l’un, c’est la Culture des individus de l’autre. Le Sens pratique de l’un, c’est l’homme pluriel de l’autre.


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17 commentaires

Un commentaire par XavierM (22/09/2010 à 17:56)

J’aurais plutôt associé L’esprit sociologique à “raisons pratiques” (recueil de textes) ou à “questions de sociologie” (recueil de texte aussi et, dans les 2 cas, retranscription d’une conférence sur le sport).
“Les règles de l’art” peut aussi être rapproché de “la condition littéraire”

Pour le reste, le parallélisme m’avait aussi frappé, surtout quand il a sorti son kafka. Alors c’est un peu méchant… mais ça commençe à crever les yeux ;=)

Un commentaire par Baptiste Coulmont (22/09/2010 à 18:11)

>XavierM : j’ai fait ça un peu vite… et, heureusement, le parallélisme n’est pas absolu !

Un commentaire par Emma (23/09/2010 à 0:06)

C’est plus que méchant et pas forcément objectif…

Un commentaire par MxSz (23/09/2010 à 0:32)

Pourquoi est-ce méchant ?

Un commentaire par Jérôme (23/09/2010 à 7:41)

Je ne l’avais fait jusqu’au bout, c’est vrai que ça fonctionne assez bien. Ça n’est pas méchant, c’est juste un peu triste..

Un commentaire par Baptiste Coulmont (23/09/2010 à 7:46)

>Emma : c’est entièrement subjectif, en effet, mais c’est partagé par de nombreux lecteurs
>Mxsz : ce serait vraiment méchant si c’était vrai : son oeuvre ne serait alors que le moignon d’une autre. Mais ce n’est pas vraiment “vrai”, ce rapprochement.

Un commentaire par MxSz (25/09/2010 à 20:29)

bah, commenter l’œuvre d’un autre (et quel autre, quand même), je trouve que ce n’est déjà pas si mal.

Et puis, même si L** n’est qu’un petit entrepreneur de concepts sociologiques parmi d’autres (moins que Boltanski, plus que Thévenot, si vous me permettez ces comparaisons), sa description des terrains qu’il a étudiés est déjà suffisamment riche pour faire de lui un auteur “autonome” ou, tout du moins, ne dépendant entièrement pas de celui qu’il commente.

Un commentaire par Arnaud (26/09/2010 à 12:36)

D’ailleurs, en parlant de L**, celui ci est interviewé pendant plus d’une heure dans le cadre des podcasts de La vie des idées. Ce n’est pas inintéressant. Et il y parle, notamment, de Boubou.

Un commentaire par XavierM (27/09/2010 à 17:02)

” Il [N. elias] réussit cette rare performance scientifique consistant à bâtir une œuvre à la fois totalement dépendante de celle de l’inventeur de la psychanalyse et parfaitement distincte, voire originale. Nul doute qu’Elias s’est identifié à son llustre prédécesseur. Il admirait en particulier sa capacité à renouveler en profondeur la connaissance, à contre-courant des autorités établies. Mais cela ne le paralyse pas pour autant lorsqu’il s’agit de soumettre le modèle freudien à la critique”.
Bernard L**, postface à N. Elias “au-delà de Freud”, 2010
http://www.editionsladecouverte.fr/catalogue/index.php?ean13=9782707157607 :

Un commentaire par Tiramisu (27/09/2010 à 20:12)

Ce billet est d’une naïveté confondante. Vous faites comme si la comparaison était “cachée” (et que vous la découvriez !) alors que L** ne cache pas que Bourdieu est celui avec lequel il veut débattre. Il suffit de lire les livres que vous citez ! Et puis faites le même exercice avec Bourdieu et vous verrez qu’il y a des livres qui sont des réponses à d’autres grands livres. Quand “Les Règles de l’art” sont sorties, un bandeau entourait l’ouvrage où l’on pouvait lire “Le Flaubert de Bourdieu”, sous-entendu “après celui de Sartre”. Commentez les ouvrages (ce qu’ils disent et ce qu’ils apportent de neuf) plutôt que de jouer au petit malin. Personnellement, je trouve que L** fait avancer tout un tas de problèmes laissés en friche par Bourdieu ou mal posés. Ce n’est pas de l’imitation ou de la redite : c’est de l’avancée scientifique normale.

Un commentaire par Baptiste Coulmont (27/09/2010 à 20:21)

>Tiramisu : fort heureux que vous ayez vu la naïveté de mon billet.
>XavierM : Amusant !

Un commentaire par Tiramisu (27/09/2010 à 20:43)

Promis. Je ne me mettrai plus en colère puisque c’est la condition pour ne pas être effacé. Ça n’enlève rien aux commentaires que je fais. Ce qui est irritant c’est qu’en qualifiant votre billet d'”un peu méchant”, vous admettez que l’intention n’est pas très fair-play. Ça ne dit rien des livres comparés.
Ça me fait penser à ce qu’on entend parfois à propos de Jacques Bouveresse, “simple commentateur” de Wittgenstein. Ce sont des jugements de surface et ceux qui lisent Bouveresse savent que c’est injuste de penser ça de lui.
Voilà, c’est tout ce que je voulais dire. Si ça peut être utile au débat tant mieux.

Un commentaire par Maria R (01/11/2010 à 18:13)

Bien vu!
“Bernard L***, du temps où il avait encore des idées (et quand il passait encore les portes)…” [copyright : mon prof dont je tairai le nom]

Un commentaire par Malo (12/12/2010 à 17:07)

Ce qui me gène dans cette démarche, ce n’est pas vraiment qu’elle soit “méchante” ou pas, mais qu’elle manque totalement de recul critique.

Bourdieu a écrit un nombre assez impressionnant d’ouvrages, il a parlé d’à peu près tout ce qui pouvait s’aborder sociologiquement. Du coup, ce n’est pas bien compliqué de prendre une sélection de quelques livres, et de montrer un vague parallélisme avec une sélection de quelques autres chez un autre auteur. Mais ou sont les ouvrages de L*** sur l’Algérie, ou est son “ce que parler veut dire”, ses “méditations pascaliennes”, etc. ? Sur la pelletée d’ouvrage de Bourdieu, on en trouvera toujours quelques uns qui correspondent aux thèmes de recherche d’un sociologue, n’importe lequel, il suffira d’occulter les autres. Et de même, ou se trouve le bouquin de Bourdieu sur la notion de “cognition” ? Dès qu’on entre plus particulièrement dans le domaine de recherche (par exemple, à partir d’une question plus précise comme “l’invention de illettrisme” traitées par L***), on ne trouve plus de correspondance, qui ne vaut que lorsque l’on reste dans le flou.

En procédant ainsi, je pense qu’on pourrait facilement, à partir d’une sélection de quelques ouvrages d’un philosophe quelconque, trouver une sélection d’ouvrages abordant des thèmes associés dans une œuvre pléthorique comme celle de Kant, par exemple, sous-entendant que la premier auteur choisi avait en fait copié sur Kant. Je suis sûr qu’on pourrait même faire cette comparaison à partir d’un auteur qui aurait précédé Kant !

C’est un peu comme votre critique d’ “un des frères Fassin”, lorsqu’il dit “la culture, ce n’est pas ce par quoi on explique, mais ce qu’il faut expliquer”, et que vous répondez “pour moi la culture, c’est tout simplement un concept bidon” : c’est une manière de taper sur un autre sociologue à peu de frais. En effet, bien qu’étant sociologue, vous occultez totalement le contexte d’énonciation de cet énoncé. Une bonne part des sociologues est aujourd’hui d’accord pour dire que le terme “culture” est flou, épineux, revêtu d’idéologie. Peut-être même que les frères Fassin eux-mêmes n’en doutent pas. Cette thèse est donc un présupposé commun des sociologues qui discutent entre eux. Mais lorsqu’un sociologue s’exprime pour le grand public (même si “le Monde” n’est pas ce qu’on fait de plus “grand public”, il demeure que ce n’est pas une revue de sociologie), il sera obligé de faire des compromis dans sa manière de s’exprimer, pour faire passer ses idées. S’il dit que “la culture, ça n’existe pas”, soit il n’est pas publié dans les colonnes du journal, soit les lecteurs arrêtent de le lire. Mais s’il dit “on se sert souvent du terme de culture pour expliquer des situations, alors que ce terme-là n’a rien d’une évidence et qu’il faudrait d’abord savoir ce qu’il signifie”, là il a opéré un compromis, où il a exprimé son avis de sociologue, tout en se rendant accessible à son public. Nulle doute qu’il l’aurait dit avec plus de rigueur dans un de ses articles. Critiquer un auteur sur la base de propos exprimés pour le grand public, avec les exigences d’un public de spécialistes, cela s’appelle une occultation du contexte social d’énonciation, ce qui me semble assez grave, de la part d’un sociologue.

Je suis étudiant, mais je n’aimerais pas avoir de cours de méthodologie avec vous. Ou bien alors, j’espère que vous ne professez pas en cours ce que vous faites sur ce blog.Mais, pour appliquer à moi-même ma propre critique, on n’est pas tenu, sur un blog, d’avoir les mêmes exigences méthodologiques que dans un article scientifique, donc peut-être que moi aussi je critique des productions pour un certain public sur la base d’exigences provenant d’un autre public. Ceci dit, un blog est sûrement plus lu qu’un article scientifique, et ce genre de laxismes méthodologiques peut avoir plus de conséquences que si elles étaient tolérées dans un article (notamment sur un public d’étudiants comme moi).

Un commentaire par Baptiste Coulmont (12/12/2010 à 18:27)

>Malo : vous lisez trop vite. Je suis entièrement d’accord avec le frère Fassin : la culture c’est ce qu’il faut expliquer, cela ne doit pas servir de support à une explication.

Un commentaire par Malo (16/12/2010 à 18:38)

“Dans un quotidien, récemment, l’un des frères Fassin disait que la culture, ce n’est pas une explication, c’est ce qu’il faut expliquer. Pour cela, il faut probablement encore croire que la culture existe un tant soit peu, ce qui n’est pas vraiment mon cas.”
Cela semble sous-entendre que le frère Fassin croit encore qu’elle existe. C’est un peu dire : “il a fait un bon premier pas, mais on peut aller plus loin”. Mais peut-être est-il allé plus loin, en tous cas il aurait été difficile de dire “la culture n’existe pas” dans un quotidien : il faut bien s’adapter à son public et on ne peut pas critiquer quelqu’un pour cela. S’il écrit cela dans un article scientifique, c’est autre chose.

Mais bon, je pinaille surement. Et d’ailleurs, malgré les pinailleries, je trouve qu’il y a beaucoup de choses très intéressantes sur votre blog (j’ai pu donner l’impression d’être trop critique dans le commentaire précédent, mais j’apprécie ce blog). Mais c’est juste qu’un blog vise un large public, et donc toute critique que l’on y fait d’un autre sociologue, même si l’on a conscience de la faire sans trop s’y attarder, possédera plus de répercutions. Et, paradoxalement, c’est le genre de critiques que l’on n’aurait jamais osé faire dans un article scientifique, alors qu’elle aura un impact beaucoup plus grand. Parce qu’en même temps on s’y autorise une licence plus grande et l’on a plus d’impacts, les critiques entre sociologues sur leurs blogs respectifs sont à mon sens quelque chose d’assez savonneux.

Ou, tant qu’à critiquer des sociologues, je préfère vos remarques pertinentes sur Ali Aît Abdelmalek : là, à mon sens, on a plus facilement de quoi qu’en ce qui concerne d’autres sociologues qui sont constructifs.

Un commentaire par Baptiste Coulmont (16/12/2010 à 18:47)

Mais que dis-je au paragraphe suivant ? “Cependant, il faut reconnaître que certaines personnes construisent activement des identités collectives et qu’on ne peut les effacer aussi rapidement.”
Peut-être ai-je été trop hésitant, pas assez clair, en disant que je ne croyait pas vraiment à l’existence de “cultures” et en disant tout de suite qu’il y avait quand même des formes (que j’appelle ici “identités collectives”) qui posent problème à mon athéisme culturel.
J’expose sur mon blog (même quand je me moque de Boudon, de Morin ou de L***) des morceaux de réflexion, qui ne sont pas entièrement achevées. Ce sont parfois des impasses, parfois des marchepieds (pour d’autres réflexions).