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Identification et exposition

Billet publié le 04/06/2011

Les graffitis sont partiellement en voie de patrimonialisation. On pourrait transformer une série d’anecdotes en corpus : 1- Des livres racontent les grandes heures des graffiteurs d’y il a trente ans. 2- Certains revendiquent pour leurs oeuvres l’étiquette de street art, et si c’est de l’art, c’est pour les musées. 3- De rares personnes accèdent au statut de “grand”, d’autres restent encore anonymes.
Mais parfois les dessins faits sur les murs peuvent dorénavant être attachés à des noms : les taggueurs avaient une signature, ils ont maintenant un corps, susceptible d’identification.
Or les instances d’identification, dans le monde contemporain, sont en concurrence, parfois. Les unes parient sur l’unicité, support de la grandeur géniale :

To the Los Angeles Museum of Contemporary Art, Revok is a renowned artist whose bright, sprawling work is worthy of display in its latest exhibit.

Les autres parient sur l’identité, qui permet de rattacher un corps à une trace :

To the Los Angeles County Sheriff’s Department, Revok is Jason Williams, also known as inmate No. 2714221.

Un article récent du Wall Street Journal s’amuse à poursuivre la concurrence entre musées et polices. Les premiers, en arrachant les tags de l’anonymat, participent à l’identification d’artistes… qui sont encore, dans l’état actuel des choses, soumis aux formes disciplinaires propres à la police.

“This is really the first time in the history of law enforcement that we’re making significant gains on identifying who the [graffiti] taggers are, and building a case against them,” says Lt. Vince Carter, who heads the sheriff’s graffiti unit. “We’re in this war against graffiti and we’re doing everything to stop it.”
In years past, authorities usually didn’t go out of their way to prosecute the artists, most of whom use pseudonyms to protect their identities.
Now, law-enforcement officials in major cities around the country are sharing information, creating catalogs of graffiti work by artist.

La joie policière : réussir à identifier les taggueurs. La joie muséale : réussir une belle exposition de taggueurs (mais juste des “meilleurs”, ceux dont le nom est remarquable). Il semble donc bien que le chemin vers l’état de “grand” passe désormais par la case prison (au sens du monopoly aussi, avec des amendes forfaitaires). Oh ! ironie que cette validation institutionnelle du charisme…
P.S. : si vous pouviez m’aider à identifier les artistes du coin, je vous serais reconnaissant.


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