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Public sex, vandalisme, nus, émeutes, concours…

Quelques liens, quelques photos, quelques images, quelques mots.
 

  • En haut des Buttes :

    [Graffiti inscrit sur les murs du Belvédère de Sybil]
    Il était intéressant d’observer les réactions des touristes : “Ils ont du faire ça la nuit. — Mais comment ? — Ils ont escaladé les grilles. — Ou alors pendant une grosse tempête. Quand il pleut, y’a personne.”
    J’ai préféré me taire et ne pas proposer de théorie.
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  • Sous la terre :
    Les panneaux publicitaires “Numériflash” ont envahi le métro. J-N Lafargue, sur hyperbate a déjà souligné l’invention en retour d’un vandalisme spécifique, visant à faire stopper ces panneaux. Il semble qu’une marque de boisson pétillante s’en soit inspiré, montrant un personnage détruire, de l’intérieur l’un de ces panneaux.
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  • Dans des bar-tabacs :
    CetteMerdeEstFolle a découvert le bon goût germanique :
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  • Dans les supermarchés :
    Le playmobil émeutier / manifestant / anarchiste et son compère le policier :

    Ce playmobil avait aussi été repéré, et acheté, par Fabio Rojas sur OrgTheory.
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  • A Toulouse :
    L’IEP de Toulouse attire surtout les derniers classés au concours commun des IEP. Pour quelles raisons ? Trop loin de Paris ? Mauvaise réputation ? Belle analyse sur le vif sur PolitBistro :
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  • Chez les préfets :
    Fausses signatures pour expulser plus vite (voir aussi pole-juridique.fr)

    Afin d’être représenté dans les audiences de sans-papiers, le préfet a donc délégué sa signature à son secrétaire général. En cas d’absence de celui-ci, à son secrétaire général adjoint. Si les deux sont indisponibles, à son directeur de l’immigration et de l’intégration. Lorsque les trois sont empêchés, à son adjoint au directeur de l’immigration et de l’intégration.
    Et lorsque ce dernier ne peut pas signer, la photocopieuse le fait à sa place…

  • Rubicon

    La nouvelle série “Rubicon” (ne me demandez pas comment on se la procure) ne promet pas grand chose (elle semble inspirée par “Damages” d’un côté, par “Numb3rs” de l’autre). Mais une chose m’a amusé : cette série repose partiellement sur ce que je vais appeler rapidement une “tendance”. Regardez plutôt ces copies d’écran :

    Le bureau du personnage principal est couvert de petits dessins.
    Mais que remarque-t-on d’autre ?

    Il semble que certains dessins ressemblent à des graphes et des représentations visuelles de relations sociales.

    Que remarquez-vous dans cette dernière copie d’écran, ci-dessous ?

    On y voit, accroché au mur, une reproduction de la “Carte figurative des pertes successives” de l’armée de Napoléon dessinée par Charles Joseph Minard, l’une des images préférée d’Edward Tufte, l’auteur de Beautiful Evidence et de The Visual Display of Quantitative Information”. Ces “oeufs de Pâques” visuels ont été remarqués au moins ici sur twitter.
    Mais il semble que ces images n’aient dans cette série télévisée qu’une fonction illustrative. Elles n’interviennent pas, apparemment, dans la narration. Dommage, j’aurais aimé voir un héros résoudre une énigme à l’aide d’une sparkline. Peut-être que le décorateur de cette série s’est amusé ici (il me semble que ce même décorateur affectionne aussi Helvetica, ce qui n’est pas surprenant).
    Pourquoi ai-je qualifié ces images de “tendance” au début de ce billet ? C’est que plusieurs blogs influents, Daring Fireball ou Kottke se font les publicitaires des travaux de Tufte, que ce dernier vient d’être nommé par la Maison Blanche à un panel de surveillance des dépenses liées au “Recovery Act”. Enfin la question de la visualisation des données, abordée par Graphic Sociology, ou par Flowing Data, devient cruciale à un moment où l’on dispose de tellement de données statistiques que la difficulté est d’en construire des “synthèses épaisses” (“thick syntheses”, comme l’on parle de “thick description” à la Geertz).

    L’art de ne pas être gouverné

    [Petit hommage à moitié ironique à James C. Scott via Daniel Little]
     
    L’amphithéâtre est un espace social politique. Il suffit d’en avoir fréquenté pour savoir que les people of the hills, ceux qui s’assoient tout en haut, sont rétifs à l’étatisation représentée par le professeur. Le discours enseignant classique leur a donné une nature propre, presque une ethnicité : ils seraient les étudiants potentiels non civilisés, ils représenteraient in vivo une condition pré-étudiante ancestrale. Leur destin serait de descendre, petit à petit, de la “zomia” (cette zone haute peu accessible au pouvoir étatique en raison de la “friction” du terrain) pour se rapprocher du centre étatisé.
    Mais une autre tradition de recherche comprend ces rebelles comme ayant été générés par l’étatisation : on peut comprendre toute leur organisation sociale comme une réponse rationnelle à la pression étatique. Egalitarisme des relations sociales, agriculture non sédentaire…

    La rebellion estudiantine ne s’objective pas dans des raids esclavagistes, mais dans l’absentéisme ou diverses formes de grèves du zèle. Un indicateur archéologique existe cependant — archéologique au sens où il persiste dans le temps : le graffi-table (graffiti sur table).

    Proposons un plan d’un petit amphi universitaire (à peine six rangées). Il est probable que l’on puisse observer ceci, où l’intensité des graffitis à un endroit donné (i) est fonction du carré de la distance au professeur (d) :

    i=ƒ(d²)

    et — de manière plus qualitative — où, à des rangées particulières, sont associés des types de graffitis particuliers.
    Un espace sans graffitable a été repéré dans plusieurs amphithéâtres. Les versions professorales y voient une objectivation de l’espace du charisme personnel — ou du charisme d’institution — reconnu au professeur. D’autres y voient l’espace dit des postillons, une zone trop proche de l’État pour que des étudiants s’y installent.

     


     
    En bon empiriste positiviste, il me fallait vérifier cela. Ce fut fait lors d’une surveillance d’examen.

    Pour en savoir plus : Une longue tradition d’enquête sur graffitis existe, dont je ne donnerai que quelques exemples : 1, 2, 3

    Diagramme de Venn

    Je voulais créer une chose amusante avec un diagramme de Venn, mais je n’ai que l’idée de départ :

    Il me faudrait trouver des intersections intéressantes.

    Un peu de dépaysement

    Une correspondante (et co-auteure) m’envoyait ceci il y a quelques semaines :

    Pour qui ne parle pas espagnol, les Muñecas inflables racontent quand même toute une histoire.

    Mărţişor !

    Les mărţişoare [wikipedia] sont une des rares particularités roumaines qui m’avaient amusé — lors d’un trop long séjour dans ce pays. Ce sont des petits objets blancs et rouges distribués en cadeau le premier mars.

    Les mythes fondateurs de la valeureuse nation roumaine étant liés à l’Empire romain, aux Thraces et aux Daces… les mărţişoare le sont aussi, forcément. Et les folkloristes roumanophones y ont sans doute consacré des carrières entières.

    Adorée Villany, danseuse nue

    Quelques pages dans le livre de Jean Da Silva, Du Velu au Lisse : Histoire et esthétique de l’épilation intime, m’ont appris qu’au début du XXe siècle avaient eu lieu plusieurs procès contre des danseuses nues.

    Ainsi, en 1908, Mlle Germaine Aymos est poursuivie, avec le directeur des Folies-Pigalle après une action de la “Ligue contre la licence des rues”. Les attendus du tribunal sont intéressants. Les juges de la 9e chambre soulignent que « les parties sexuelles [de la danseuse] étaient dissimulées par un morceau de taffetas de soie rose » et que « M. le commissaire de police mentionne, selon les termes mêmes de son rapport, qu’il a pu observer que la demoiselle Aymos était “rasée aux aisselles et au pubis” ». Pour les juges « cette précaution (…) loin de prêter à la nudité un élément obscène, était de nature, au contraire, à atténuer son caractère licencieux »
    Ceci pourrait surprendre et amuser : il était prêté aux poils un aspect obscène que l’épilation, ou le rasage, faisait par nature disparaître.
    Le procès, intéressant, peut être suivi en partie dans un ouvrage, Le nu au théâtre, publié en 1909 et disponible sur Gallica. Vous y trouverez cette photo de Germaine Aymos :
    germaine aymos
    Le rasage des poils pubiens, cependant, n’est pas ce qui a sauvé la danseuse. Les juges remarquent qu’elle est une “artiste de talent” et qu’elle a le soutien de Jules Claretie, « membre de l’Académie française dont l’autorité et la sincérité en matière artistique et théâtrale ne peuvent être mises en doute ». [voir aussi un article dans le Mercure de France, 16/08/1908]
    Si l’on se penche un peu plus près sur les attendus, et si l’on compare avec un procès qui a lieu au même moment (où plusieurs actrices sont condamnées), on peut penser que ce qui a sauvé Mlle Aymos fut l’absence de mouvements. Elle était nue, certes, mais elle ne bougeait pas et semblait être une statue. Alors que deux femmes qui se caressent se « livrent à des gestes qui évoquent dans l’esprit des pratiques lesbiennes », d’après les mots du président Pacton (Le Nu au théâtre, p.278). On trouvera un commentaire comparant ces deux procès dans un article de Georges Claretie (le fils de Jules Claretie mentionné plus hautLe Figaro, 28/07/1908).

    Les danseuses nues continuent à être poursuivies après 1908. Certaines semblent même construire leur carrière sur la nudité. C’est probablement le cas d’Adorée Villany, jugée en 1911 à Munich et en 1913 en France.

    La Bibliothèque du Congrès possède plusieurs photographies de Villany dans ses oeuvres :
    mcmahanphoto_2082_180959582
    Voir aussi ce cliché la montrant dans la “Danse de Phryné”.
    Georges Claretie, décidément spécialiste — comme son père — de la défense des danseuses nues, rend compte, dans le Figaro, en mai 1913, de ce procès
    villany figaro Villany défend la nudité théâtrale comme le seul moyen à sa disposition d’exprimer des sentiments intenses : pour incarner la sur-douleur elle dit avoir besoin d’être nue. Elle obtient le soutien d’un peintre. Mais elle est condamnée à 200 francs d’amende : ses représentations, bien qu’en principe “privées” étaient accessibles à tous (pour le prix de 5 f.) et une série de prospectus vantant la “danse ultra-moderne” de Villany avaient été envoyés.

    villany-matin
    Un autre article, dans Le Matin, mai 1913

    *

    Et alors ? Alors c’est tout.

    Je suis en réunion

    Une secrétaire (oups !) une coordinatrice doit gérer non seulement le temps des autres, mais aussi son propre temps. Pour ce faire elle dispose de petits bouts de papiers et de ruban plastique autocollant.
    je-suis
    Bien entendu, je n’ai pas réussi à photographier le “papier magique”, celui qui dit “je reviens tout de suite“.

    Empêcher

    Les villes et le métro se couvrent de dispositifs empêchant des indésirables de s’asseoir. [nombreuses photos ici et quelques travaux de Noël Jouenne : De la contorsion dans l’espace public au déni de la personne ou comment se débarrasser proprement des sans-logis].
    Voir apparaître dans le quartier de Château Rouge (Paris, 18e arrondissement) des dispositifs d’anti-affichage ne m’a donc pas surpris. Ce quartier est en effet en permanence “envahi” par des affiches :
    IMG_0196
    Le moindre pan de mur est soumis à l’empressement de certains groupes [souvent religieux] de rendre publiques leurs activités ou leurs productions. « Tu n’afficheras point » n’est pas dans le décalogue.
    antiaffiche
    Quelques morceaux de bois suffiront-ils ? [Ou nécessitent-ils une demande officielle de modification de la façade ?]

    Hermasculé

    jastrow-hermes-posteAu Musée de la Poste en ce moment se déroule une exposition, “D’Hermès au SMS… [pdf]. L’affiche consiste en une reproduction photographique d’une statue de Hermès, provenant du Musée du Vatican (cliché assez facile à trouver en utilisant google). Chose amusante, la photo qui a servi de base est disponible sur wikimedia commons et a été prise par une camarade de l’ENS, Marie-Lan Taÿ-Pamart (Nguyen) [A/L 98], sous le nom de Jastrow [@jastrow75 sur twitter].

    Reprendre et modifier une photo est parfois cause de controverse : Dans le métro, même les légendes ne fument plus écrivait le magazine Time. Ainsi Sartre (sur une affiche pour la BNF), Jacques Tati, Coco Chanel et Serge Gainsbourg, pour pouvoir être diffusés (notamment dans le métro) ont eu une consulation icono-tabacologique. Et à chaque fois, la pipe, la cigarette ou le cigare ont été pieusement photoshopés.
    avant-apres-hermesApparemment, rien de tel avec Hermès et son SMS, même si l’un des attributs centraux de la statue a disparu, caché par une petite enveloppe (on dirait même, en se penchant sur la comparaison, qu’Hermès a subi une épilation “à la brésilienne”). Pas de controverse, même petite, pas de demande organisée visant au rétablissement génital de la statue [dont l’organe viril a subi directement les outrages du temps]. Est-ce parce que la retouche est soit trop modeste, soit trop voyante ? Est-ce parce que, de toute façon, on ne regarde jamais les sexes masculins réduits de la statuaire gréco-romaine ? Ou parce que, du pénis à la pipe, il est des choses que l’on ne montre plus ?