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Procuration, mobilisation

Au premier tour des régionales de 2015, 10578 Parisiennes et Parisiens ont votés par procuration (ils ont du trouver environ 10500 électeurs pour voter à leur place). Au second tour, ce sont 18104 personnes qui ont voté par procuration à Paris. Presque le double. Et comme il faut un nombre équivalent de personnes mandatées pour mettre le bulletin dans l’urne, ce sont environ 36 000 votes qui sont concernés par la procuration.
Cette augmentation des votes par procuration entre les deux tours ne sont pas réparties aléatoirement sur l’espace parisien. C’est surtout dans les bureaux de votes qui avaient déjà vu un grand nombre de procurations au premier tour que l’augmentation est la plus forte, mais on repère aussi que dans les arrondissement de l’Ouest (8e, 17e, 16e) le recours à la procuration avait été faible au premier tour, il est fort au second tour.
procurationsparisdiffreg2015

Deux ou trois choses que l’on sait sur les candidates aux Régionales

Environ 21 000 candidats et candidates se présentent aux élections régionales qui se tiennent en décembre 2015. La liste nominative est disponible ici.
On peut s’amuser à estimer la proportion de “nobles” (au sens de candidat.e.s dont le nom de famille comporte une ou plusieurs particules) :
nobles-regionales-2015
Les aristocrates d’apparence sont plus nombreux à l’extrême droite qu’ailleurs, et encore plus nombreux à l’extrême droite “non-FN” qu’au FN et à l’ex-UMP. Ils sont très peu nombreux à l’extrême gauche, où l’on va avoir tendance à cacher la particule, si jamais elle existe. Les effectifs ne sont pas nombreux, mais les proportions sont très stables au fil des scrutins (législatives, européennes, municipales, cantonales, départementales…). D’ailleurs on peut remarquer de manière anecdotique que Pompidou est le seul président de droite de la cinquième république à ne pas avoir de particule ou à ne pas être marié à une particule (de Gaulle, Giscard d’Estaing, Chirac Chodron de Courcel, Sarkozy de Nagy-Bocsa).
On peut aussi jouer à repérer les proximités et les oppositions entre nuances politiques et professions des candidates et candidats.
ca-regionales2015
Cliquez pour agrandir

Ce graphique est issu d’une analyse de correspondance. L’axe 1 oppose les partis d’extrême-gauche, qui ont plus de candidats ouvriers que les autres, aux partis de droite, qui recrutent des notaires, des chirurgiens et des vétérinaires. L’axe 2 oppose les partis de gauche dont les candidats sont fonctionnaires aux partis d’extrême droite qui recrutent relativement plus d’indépendants et artisans, voire des petits patrons à la retraite.

Lissage

Confronté à une carte de la France à l’échelon communal, on peut avoir parfois envie de calculer une moyenne prenant en compte plusieurs communes. En effet, il y a énormément de communes très petites, pour lesquelles un individu de plus ou de moins peut conduire à des taux différents. On peut passer de suite à l’échelle départementale (comme je le fais ici), mais on perd en finesse.

Par exemple, si je dresse la carte du ratio “Inscrits/résidents”, je me retrouve avec une carte qui semble stochastique. Il peut être intéressant de calculer non plus ce ratio pour une commune, mais pour le groupe des N communes les plus proches. Le GIF-animé, ci dessous, montre ce qu’il advient de cette carte quand on augmente le nombre de voisins (ici entre 1 et 32).
lissage-bargel
On voit apparaître plus clairement des zones où les inscrits sont plus nombreux que les résidents majeurs et des zones où, au contraire, les inscrits sont beaucoup moins nombreux que les résidents (à la fois parce que celles et ceux qui y résident sont inscrits ailleurs ou parce que ces résident.e.s n’ont pas le droit de vote en France).

Avec le logiciel R, voici les instructions qui permettent, à partir du fichier GEOFLA des communes (ici “france”), de déterminer les k plus proches communes voisines.

library(spdep) # package à charger : spdep
france.cntr<-cbind(france$X_CENTROID,france$Y_CENTROID) # on extrait les centroides des communes
k <- 8 # nombre de voisins à extraire
nn <- knearneigh(france.cntr, k, longlat=FALSE)
france.neighbors.knn <- knn2nb(nn)
df<-do.call(rbind.data.frame, france.neighbors.knn) # df est le data.frame contenant, pour chaque colonne i, l'indice des voisins d'ordre i 

 
Pour aller plus loin et mieux comprendre l’Effet Bargel .

« Je vote ailleurs »

Vous avez sans doute déjà entendu une connaissance, un ami, une collègue vous dire « Je vote ailleurs ». De nombreuses personnes, en effet, ne sont pas inscrites là où elles résident. Ce découplage entre inscription et résidence se perçoit assez bien à l’échelle des communes ou des départements. Dans un département sur six, en France, un tiers des communes comptent plus d’inscrits que de résidents majeurs (c’est à dire où le nombre d’inscrits est au moins 10% supérieur au nombre de résidents).

effet-bargel-departement

Cela a sans doute des implications au niveau local : élections municipales tout d’abord, mais aussi élections législatives, voire régionales… Si vous êtes candidat.e, vous devez aussi capter les votes « de l’extérieur », capter celles et ceux qui « votent à distance ».

Pour mettre en évidence ce découplage, j’ai comparé le nombre d’inscrits par commune en 2012 (disponible sur data.gouv.fr) et le nombre de résidents majeurs par commune en 2012 (disponible sur le site de l’INSEE).
Les résultats sont similaires pour les années qui précèdent 2012.
france070910dep
Pour aller plus loin : une exploration de l’effet Bargel

Les particules électorales

Les fichiers nominatifs des candidatures aux élections locales, en France, permettent de repérer des candidates et des candidats portant des “noms à particule”, que j’appelle des “nobles” (même si, je sais…).
J’avais exploré, il y a quelques années, les noms des candidates à la députation. Est-ce que le gradient politique repéré alors (plus de nobles à droite qu’à gauche) est aussi visible lors des départementales ?

Le tableau suivant synthétise les données. Je n’ai enlevé que les “Autres Extrême Droite” qui n’étaient pas nombreux. Là encore, “Monsieur de Puypeu” et “Madame de Horan” sont plus présents à droite qu’à gauche. Le MoDem, présidé par un admirateur d’Henri IV, le FN, qui possède une branche royaliste maurassienne et “Debout la France” (qui n’est pas le groupuscule présidé par Philippe de Villiers, mais qui est un autre groupe à la droite de la droite présidé par Nicolas Dupont-Aignan). Mes nobles de gauche sont, assez souvent, des De Almeida ou des De Souza dont je n’ai pas trouvé la trace dans le Bottin Mondain.

Départementales 2015 Nb Manants NB Particule % Nobles
PartiGauche 176 0 0
Régionalistes 185 0 0
DVG 1736 3 0,17
FrontGauche 1029 5 0,48
SOC 2423 13 0,53
RadicalGauche 172 1 0,58
PCF 1502 9 0,6
DIV 465 4 0,85
EELV 1064 11 1,02
ExtremeGauche 81 1 1,22
UDI 790 12 1,5
DVD 2174 37 1,67
UMP 1821 32 1,73
DeboutLaFrance 283 6 2,08
FN 3727 96 2,51
MoDEM 224 6 2,61
Ecologistes(Autres) 68 2 2,86

Le gradient politique est maintenu.
Si l’on examine maintenant les 933 000 candidatures aux élections municipales de 2014, nous voilà confrontés à un petit problème. Nombreuses, très nombreuses sont les listes sans affiliation politique. Impossible de produire aussi rapidement la même analyse.
Mais il est possible de repérer l’inégale répartition, sur le territoire métropolitain, des descendants du Second Ordre. Il y a une géographie locale de la noblesse et il est aussi possible de repérer que le Diocèse de Paris compte un bon nombre de prêtres à particule. De la même manière, Paris attire la noblesse. 2,7% des candidats, à Paris, portent une particule, et ce n’est le cas que de 0,3% des candidats du Bas Rhin (j’avoue ne pas avoir considéré les von Kälkechoz comme des nobles). À Versailles même, les candidats à particule représentent plus de 11% de l’ensemble des candidats aux municipales.
noblescandidats-municipales-carte

Voici le TOP 14 des communes de plus de 50 000 habitants ayant la proportion la plus importante de candidats à particule :

Versailles 11,6
Paris 7eme secteur 11,1
Neuilly-sur-Seine 5,6
Paris 16eme secteur 4,8
Paris 5eme secteur 4,5
Paris 15eme secteur 3,9
Vannes 3,8
Colombes 3,3
Asnières-sur-Seine 3,2
Annecy 3,1
Sartrouville 3,0
Saint-Maur-des-Fossés 2,6
Nantes 2,6
Boulogne-Billancourt 2,5

Il serait sans doute plus utile de travailler à partir de la liste des quelques 3000 noms de famille que l’on trouve dans les annuaires de la “véritable” noblesse, et de distinguer ainsi, parmi les particules, les prétendues et les autres.

Municipales 2014 NbManants NbNobles %Nobles
Communistes 4657 21 0,449
PartiGauche 1817 9 0,493
ExtremeGauche 12743 66 0,515
DiversGauche 107871 634 0,584
PartiSocialiste 29122 182 0,621
FrontGauche 13648 91 0,662
MoDem 2829 19 0,667
UnionGauche 30156 212 0,698
UDI 13308 109 0,812
SansEtiq 403005 3339 0,822
Divers 85958 717 0,827
Verts 5288 46 0,862
DiversDroite 147551 1465 0,983
UMP 22784 262 1,137
UnionCentre 2346 31 1,304
FrontNational 19906 285 1,412
UnionDroite 20839 304 1,438
ExtremeDroite 760 15 1,935

Un dernier graphique : dans les communes où l’on trouve peu de nobles sur les listes de candidats tout comme dans les communes dans lesquelles on trouve beaucoup de nobles sur les listes, le gradient politique est maintenu. Les partis situés à gauche rechignent à la particule.
nobles-listes-municipales

Si l’on s’intéresse aux professions des élus, on retrouvera un gradient social. 4% des élus municipaux qui sont “magistrats” sont nobles. Ce n’est le cas que de 0,2% des élus qui sont “agents subalternes des entreprises publiques”.

Professions % Nobles
Magistrat 4,07
Propriétaire 3,48
Conseiller juridique 3,28
Administrateur de sociétés 3,06
Avocat 2,95
Grands corps de l’état 2,77
Notaire 2,11
Homme de lettres et Artiste 1,90
Agent d’assurances 1,81
Journaliste et autre média 1,76
Marin (patron) 1,72
Agent immobilier 1,69
Industriel-Chef entreprise 1,68
Cadre supérieur (secteur privé) 1,63
Vétérinaire 1,58
Ingénieur conseil 1,44
…[coupure]… …///…
Salarié agricole 0,50
Employé (autres entrep. publiques) 0,50
Retraité de l’enseignement 0,49
Ouvrier (secteur privé) 0,48
Fonctionnaire de catégorie C 0,45
Retraité des entreprises publiques 0,42
Agent subalterne (entr.publiques) 0,20
Source : Fichier des élus municipaux. Calculs B. Coulmont
Licence ODbL © IdeesLibres.org 04/2014, Ministère de l’Intérieur 03/2014
Est « Noble » tout porteur de nom à particule

D’autres documents s’avèrent intéressants : par exemple la liste des parrainages aux présidentielles. Les particules, là encore, sont inégalement réparties entre les candidats. 13% des parrains de Christine Boutin — située à la droite de la droite catholique — portent une particule. Ce n’est le cas que de 0,2% des parrains de Robert Hue, qui se présentait sous l’étiquette du Parti Communiste.

Candidat %Nobles
Christine Boutin 13,2
Philippe de Villiers 6,7
Jean-Marie Le Pen 5,1
Edouard Balladur 4,2
Alain Madelin 2,8
Nicolas Sarkozy 2,4
Jacques Chirac 1,9
Jacques Cheminade 1,8
François Bayrou 1,7
Frédéric Nihous 1,6
Jean Saint-Josse 1,6
Brunot Mégret 1,4
Lionel Jospin 1,2
Ségolène Royal 1,2
Corinne Lepage 1
Daniel Gluckstein 1
Arlette Laguiller 0,6
José Bové 0,6
Olivier Besancenot 0,5
Christiane Taubira 0,4
Marie-George Buffet 0,4
Dominique Voynet 0,2
Gérard Schivardi 0,2
Noël Mamère 0,2
Robert Hue 0,2
Jean-Pierre Chevènement 0

Journée d’étude sur les “virtuoses du vote”

Vendredi 14 novembre 2014, à partir de 9h, je co-organise avec Lucie Bargel (Université de Nice) une journée d’études sur les virtuoses du vote, celles et ceux qui non seulement vont voter, mais qui, en outre, votent « à leur manière » : dans une autre commune que celle de leur résidence, ou bien sans se présenter au bureau de vote, ou encore en ré-agençant les listes candidates.

Le programme-affiche en PDF est là.

Et le programme est aussi sur une page dédiée (avec les résumés des communications). Il y aura des présentations sur des pratiques aussi étranges que le “panachage” de listes (encore possible dans certaines communes), sur le vote blanc (qui demande une certaine virtuosité pour ne pas devenir un vote nul : un message comme “ceci est un vote blanc” en fait un vote nul), sur les votes en dehors du lieu de résidence, sur la procuration, etc… En s’intéressant au vote comme acte concret, acte matériel, nous allons revisiter ensemble ce que l’on appelle la compétence politique.

Le tout se tiendra au 59 rue Pouchet (75017 Paris), dans la toute nouvelle salle de conférences.

Des étrangers votent-ils (vraiment) ?

Vous parcourez peut-être ces lignes parce que vous venez de lire le billet publié dans Le Monde, à la une du cahier « Science & Médecine » du mercredi 5 novembre 2014, et que vous avez voulu en savoir un peu plus ?
J’ai choisi cette semaine de présenter une étude, Do non-citizens vote in U.S. elections? : “est-ce que les non-citoyens votent aux élections étasuniennes ?”
Cet article a un grand intérêt : à partir d’une enquête de grande ampleur portant sur les pratiques électorales aux Etats-Unis, les auteurs repèrent des non-citoyens qui déclarent pourtant être inscrits et voter. Les auteurs présentent leurs résultats ici.
Cet article a suscité de nombreux commentaires (avant même sa publication) : What can we learn about the electoral behavior of non-citizens from a survey designed to learn about citizens? ou encore Methodological challenges affect study of non-citizens’ voting, que l’on pourrait résumer ainsi : puisque l’enquête par sondage à l’origine de l’article portait explicitement sur les citoyens, est-elle adaptée à ce que souhaitent étudier les auteurs de l’analyse secondaire (portant sur les non-citoyens) ?
D’autres enquêtes (sur les dons d’argents aux partis politiques (par des citoyens ou des non-citoyens) ne permettent pas de confirmer les résultats de Richman, Chattha et Earnest.
Les auteurs de l’article ont répondu aux critiques, toujours sur The Monkey Cage : Do non-citizens vote in U.S. elections? A reply to our critics. (The Monkey Cage est décidément un blog très intéressant et il permet le débat rapide entre politistes étatsuniens).

De plus d’autres enquêtes, plus ethnographiques, comme celle, excellente, de Sébastien Chauvin à Chicago, Les agences de la précarité, soulignent les différents “éléments de citoyenneté” les “niveaux de citoyenneté”, les “marchés secondaires de la citoyenneté” : “l’existence de ces niveaux de légalité [différents au niveau local, municipal, étatique ou fédéral] se traduit dans la conscience juridique des immigrés sans papiers..” (p.52), “Les migrants irréguliers connaissent également un accès à la citoyenneté formelle elle-même” : “appréhendées diachroniquement, leurs trajectoires documentaires font fréquemment apparaître un enchaînement vertueux d’incorporation bureaucratique au cours duquel un premier élément de citoyenneté obtenu, y compris par la falsification, devient la condition d’une insertion civique croissante, faire de droits de plus en plus formels et de papiers de plus en plus authentiques, bien qu’illégitimes” (p.53).

Jeunes électeurs, vieux électeurs, à Paris

Toujours en partant des listes électorales, voici une estimation rapide de la densité de jeunes électeurs et électrices (de moins de 20 ans) et de la densité des séniors parmi les seniors, les électrices de plus de 91 ans (il y a moins d’électeurs, à cet âge). Des courbes de niveaux indiquent les zones de densité moyenne équivalente.
jeunes-vieux
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L’image est parlante : la densité de jeunes électeurs est importante dans les quartiers populaires, et celle des super-seniors dans des quartiers plus bourgeois. Mais l’indicateur est imparfait. Les zones peu peuplées (8e arrondissement, par exemple) contiennent par définition peu d’électeurs, mais ne contiennent-elles pas plus de vieux électeurs que de jeunes électeurs ?
Ainsi une carte qui s’intéresserait à la proportion de jeunes électeurs (ou de vieux électeurs) parmi l’ensemble des électeurs donnerait une image un peu différente de Paris.

Paris, ville monde

Les listes électorales parisiennes (1,2 millions d’individus) renseignent sur le pays de naissance des électeurs parisiens. Une partie d’entre eux est née à l’étranger. Plus de 6000 au Viet Nam, un peu plus de 5000 au Liban, etc… On compte même un (ou une) électeur(e) né(e) au Vatican, ou plutôt ayant déclaré être né(e) au Vatican.
Ces électeurs sont peut-être “nés étrangers à l’étranger”, mais ils sont peut-être “nés français à l’étranger”. Mais l’étranger n’est pas toujours l’étranger : l’Algérie fut un moment des départements français, et les Algériens furent eux-aussi un moment des électeurs français. Et les pays changent de nom : où donc ont bien pu naître les électeurs français nés en “U R S S” ? Plus de 200 pays apparaissent dans ces listes : Paris est bien une ville-monde.
Mais il y a des mondes différents dans cette ville-monde.
Prenons donc les électeurs nés dans quelques pays choisis et examinons la dispersion spatiale de ces électeurs. J’ai superposé aux cartes des courbes de niveau qui donnent une idée imparfaite de la densité.
mondes-paris
L’on distingue bien des zones préférentielles : le Nord-Est parisien populaire, le Sud-Est du 14e arrondissement. Les électeurs et électrices nés au Liban ont ici une répartition bien spécifique : ils ont choisi le Paris du Sud-Ouest, 16e et 15e arrondissement. Reste à comprendre pourquoi…
Les électeurs nés aux États-Unis d’Amérique, eux, sont d’abord peu nombreux, mais aussi peu concentrés. Ils évitent visiblement le Paris populaire pour préférer le Paris touristique ou bourgeois.
La localisation a été réalisée grâce aux données du “projet BANO“, mais les coordonnées des points ont été légèrement modifiées. Note sur la lecture enfin : ce n’est pas parce qu’une zone est toute orange ou toute rose que les électeurs y résidant seraient majoritairement nés à l’étranger.

La participation électorale (en Ohio)

Je suis tombé, un peu par hasard, sur ce site : Ohio Voter Files Download Page, qui donne accès aux listes électorales de l’Ohio, 7 716 460 d’électeurs (registered voters), avec leur nom, leurs prénoms, leur date de naissance, leur adresse… et surtout l’historique de leur participation depuis 2000 (45 élections). Il manque la race et le sexe, mais l’on dispose de leur affiliation partisane.
Il est alors possible de regarder si les “Républicains” votent plus ou moins que les “Démocrates” :
ohio2012
Parmi les “registered voters”, démocrates et républicains votent dans des proportions égales. Les personnes affiliées au “green party” ou aux “libertarians” votent un peu moins. Les non-affiliés (celles et ceux qui ne déclarent aucun parti) votent beaucoup moins.
Les taux de participation sont très élevés, plus de 80% des électeurs “partisans” inscrits ont voté aux présidentielles de 2012. Si l’on calculait le taux de participation non pas en relation aux inscrits, mais en relation à la “population en âge de voter”, alors on retrouverait des taux bien plus bas [l’abstention, aux Etats-Unis, est le plus souvent calculée sur la base de cette population en âge de voter].
En 2012, les inscrits les plus jeunes votent moins que leurs aînés : l’on remarque une petite différence chez les “indépendants” les plus jeunes.