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Le wiki auditions

Sur le Wiki-Auditions, la quasi-totalité des dates sont disponibles (ne manquent que les dates d’audition de deux postes pour deux IUFM). Grand nombre de visiteurs en ce moment, encore relativement peu de contributeurs : si vous avez des informations, merci de les transmettre, ou de les proposer en commentaire à ce billet. Les candidates aux postes de maître de conférences en sociologie (et démographie) vous en seront reconnaissantes.


(image : colcanopa dans Le Monde)

Recrutements – 2008 – wiki et questions

Le wiki auditions est de retour with a vengeance : avec un flux RSS/ATOM, avec encore plus d’informations que l’année dernière ! Le seul petit problème pour l’instant : pas encore beaucoup de contributeurs. Or, nous avons tous besoin de connaître la composition des commissions de spécialistes, ou des “comités de sélection” pour les universités passées à la loi LRU.
Il y a environ 60 postes en sociologie. Si nous arrivons à bien suivre cette session de recrutement, nous pourrons estimer les effets de la LRU, par exemple sur le recrutement local ou de complaisance… Je précise que le wiki auditions est un “wiki”, comme wikipedia, et qu’il est donc éditable (par celles et ceux qui s’y inscrivent, et la procédure est simple !).
Depuis que je suis membre d’une commission de spécialistes, j’ai essayé d’aider les candidates et candidats à constituer leur dossier. J’ai mis en ligne une série de conseils qui devraient aider certain°e°s d’entre vous : je ne compte plus les dossiers mal ficelés qui sont envoyés aux commissions.
J’aimerais poursuivre cette année par une série de conseil pour les auditions. Et je vais vous révéler certaines des questions que je poserai :

  • 1- Que savez-vous du département de sociologie ?
    Pour Paris 8, c’est assez simple, il existe plusieurs textes (de sociologues notamment) qui précisent en partie l’histoire du département. Et la question est suffisamment non administrative… elle peut servir à déceler celles et ceux qui — tout en n’étant pas des locaux — ont fait un petit travail de renseignement (nombre d’enseignants chercheurs, laboratoires associés, “grands anciens”, caractéristiques sociales des étudiants…). Attention, c’est parfois une question piège : dans certaines universités, il n’y a pas de département de sociologie !
  • 2- Vous aurez le cours de “sociologie du ***”. Comment vous y prendrez-vous ?
    C’est la question que je préfère… car, systématiquement, les candidat°e°s répondent dans le vide… El°i°les ne se mettent pas dans la peau d’un collègue, mais restent dans celle d’une étudiante, pensant qu’il y a une bonne et une mauvaise réponse. Imaginez-vous, en octobre, une fois recrutée, à avoir à répondre à cette question. Vous vous poserez des questions, comme : qui d’autre fait ce cours ? Est-ce un TD ou un CM ? à quel niveau ? quel jour ? quelle heure ? C’est semestriel ou annuel ? c’est juste 10 heures ? c’est une option ou un cours obligatoire du cursus ? Est-il ouvert aux étudiants en majeure d’histoire de l’art ?
    Et vous direz : je peux pas vraiment le faire le mercredi, je suis co-responsable du séminaire de sociologie du * à Paris 29…
    L’audition, très courte, va servir à estimer aussi l’intérêt de travailler avec un futur collègue. Et un collègue, ça discute, ça pose des questions… (c’est souvent enquiquineur, un collègue). Mon conseil : utilisez donc cette question, ou d’autres du même type, pour orienter l’audition vers une discussion des conditions dans lesquelles ce cours sera fait : Ah, c’est en première année de licence et c’est un cours commun avec la géographie ? Alors je ferai comme cela … et comme cela … Ah, c’est le TD du cours de Mme Y… je vois un peu ce qu’elle fait, je pense que … et … seraient possible.

J’ai d’autres questions, comme la fameuse “Dans votre thèse, page 24, vous faites une différence conceptuelle entre *** et ***. Il ne nous reste que 30 secondes, pourriez-vous expliciter rapidement, pour mes collègues ici, ce que vous entendez par ***…” mais je la laisse pour les véritables auditions.

Liste, liste liste

Sexe (changements de) : Hermaphrodisme pour convenance personnelle :

Lors de son procès, dont les archives sont conservées jusqu’à aujourd’hui, le juge demanda à Hall s’il était homme ou femme : il répondit qu’il était les deux.

Université : Les étudiants sont nuls, et comment y remédier.
Politique : Kill Hill : racisme et sexisme dans la campagne américaine
Droit administratif : Rendez-vous le 27 février à 10h, pour une “partie orale”
Antisémitisme (accusation d’) : Militant connu d’extrême droite et major de l’agregation d’histoire du droit (du coup, les historiens du droit avaient peur… mais n’ont plus peur !)
Conseil national des universités et qualification des professeurs. Philip Milburn proteste… à travers un “conte socio-illogique” :

Le cauchemar du/de la sociologue ou les sabotiers aux pieds nus
Conte presque imaginaire
Par Merlin le Désenchanteur,

Imaginez, mes chers consœurs , mes chères confrères, un monde incroyable et dépassé ou notre collectivité des sociologues serait encadrée par un Conseil supérieur, sorte de Conseil de l’Ordre semblable à celui des médecins des pharmaciens ou des juristes, issu d’une époque où la France des Corporations suçait des pastilles Vichy. Imaginez que ce Conseil de l’Ordre des Sociologues Supérieurs et Universitaires, ce COSSU, ait le pouvoir considérable de dire qui est suffisamment digne d’appartenir au cercle savant et d’accéder aux strates supérieures de l’Ordre. Un tel COSSU aurait une assise bien virile. Pourtant, dans ce monde là, les sociologues défendent souvent desidées très progressistes sur l’égalité des chances et ne veulent laisser aucune place aux discriminations ou aux à prioris (sic) sexistes. La dominance masculine dans sa chefferie est due, croyez le bien, au pur hasard et non à des déterminismes qui échapperaient au contrôle des sociologuessur leur propre société savante ! Cela paraît évident. Aussi comment expliquer l’aventure singulière que je m’apprête à vous conter ? Une jeune sociologue, appelons-la Viviane Laffé, sollicite (…)

Recruter des universitaires

Le recrutement des universitaires est une procédure complexe et en plusieurs étapes. Dans le cadre des réformes en cours, un nouveau décret va modifier ce qui se faisait.
Jusqu’à maintenant, des “commissions de spécialistes” étaient chargées d’évaluer les candidatures. Ces commissions, pouvant comporter une vingtaine de membres, étaient élues, dans le cadre de l’université, par les enseignants-chercheurs d’une même discipline. Elles comportaient un petit tiers de membres extérieurs à l’université en question, et, à parité, des “maîtres de conférences” et des “professeurs”.
Le projet de décret et un texte de précision peuvent être lus sur le site de l’ANCMSP.
Une réaction argumentée a été publiée sur Affordance, le blog d’un enseignant chercheur en InfoCom (section 70 du CNU).
Mes remarques seront, je l’espère, brèves. L’ennui… elles ne seront pas comprises par qui n’est pas familier des anciennes commissions de spécialistes.
Le nouveau décret modifie l’écosystème :
1- les “comités de sélection” (le nouveau nom) sont nommés par le président de l’université et le conseil d’administration, et ne sont donc plus élus. L’élection des commissions avait ceci d’intéressant qu’elle apportait une réponse aux conflits possibles sur la création des comités. Et que le suffrage, ou du moins sa logique, apparaissait légitime.
2- Les comités de sélection sont plus restreints, de 6 à 12 membres maximum (et une moitié de présents suffit) : une audition face à 4 personnes est donc possible (ce qui fait que, dans les gros départements, de plus d’une trentaine d’enseignants chercheurs, la quasi totalité n’aura jamais rencontré la future collègue). Les membres suppléants (qui permettaient souvent d’atteindre le quorum) disparaissent.
3- ils doivent comporter pour moitié des membres extérieurs à l’université (mais ne peuvent comporter d’étudiantes ou d’étudiants), et ne sont pas disciplinaires (la pluridisciplinarité est même implicitement encouragée)
4- la parité en fonction des statuts (PR et MCF) n’est plus requise
5- Ces comités de sélection sont temporaires, créés pour examiner les candidatures sur un seul poste
6- le président du comité, nommé par le conseil d’administration, a une voix prépondérante, en cas d’égalité des suffrages : c’est la fin des longues séries de votes et des commissions qui se terminent à 21h !

Dans le pire des cas, des logiques de pouvoir peuvent se mettre en place avec succès : des comités formés de quelques personnes (des professeurs) connaissant bien le président de l’université pourront choisir leurs poulains. Rien de bien nouveau sous le paysage de la critique des commissions de spécialistes.

Mais :
1- des comités partiellement renouvelés pour chaque poste, avec des présidents de comités différents à chaque poste (ce qui n’est pas proposé, mais n’est pas interdit), peuvent permettre d’empêcher la constitution de lignes de pouvoir solidifiées (les anciennes “commissions de spécialistes” étant élues pour 4 ans, et renouvelées tous les 4 ans sauf démission ou départ d’une des membres, elles contribuaient à matérialiser des oppositions… et l’on pouvait voir les mêmes têtes à quinze ans de distance).
2- des comités entièrement constitués de maîtres de conférences peuvent exister, ou des présidents de comités eux aussi maîtres de conférences : certes, c’est étrange, cette possibilité de subversion des hiérarchies académiques… et j’aimerai bien voir si ce genre de comité verra le jour.
3- des objectifs de recrutement extérieur sont désormais demandés aux universités (ce qui pourrait conduire à diminuer le recrutement local… mais pas si ces objectifs sont par exemple de “50%”… cela renforcerait la prévalence de la peste localiste) : en fait, si l’objectif est inférieur à 95% de recrutement extérieur, il me semble que le localisme perdurera (Sur la difficulté des estimations du localisme, se référer aux travaux d’Olivier Godechot). Si les universités se fixent “70%” de recrutement extérieur : le localisme restera au même niveau qu’aujourd’hui.

D’autres remarques : une modification des mutations a eu lieu aussi. Désormais, le conseil scientifique examine les mutations et rend un avis… avant que le comité de sélection le fasse. Est-ce que cela va augmenter la mobilité ? La réduire (en introduisant une barrière nouvelle à la mutation) ?

Les rapports d’examen des dossiers de candidature ne sont pas mentionnés (sauf comme une possibilité)… Quand on sait le travail que cela prend, on peut supposer que, s’ils ne sont plus nécessaires, ils seront moins fréquents. Un exemple : Pour chaque poste, nous recevons une centaine de dossiers : quand la commission de spécialiste fonctionne avec une quinzaine de personnes, cela fait 13 dossiers par personne (chaque dossier a 2 rapporteurs). J’imagine avec horreur un “comité de sélection” de 4 personnes (2 se faisant porter pâle) faire ce travail.

On s’aperçoit enfin, avec ce décret, du rôle que prend le conseil d’administration dans ce domaine, chargé, tous les six mois, de trouver une bonne centaine de personnes acceptant d’être membres de comités de sélection (au minimum six par poste, avec une quinzaine de postes disponibles dans les universités tous les six mois)… dont 50 membres extérieurs non rémunérés. A mon avis, le conseil d’administration aura bien du mal à faire ce travail et à assurer une non pérennité des comités (avec la LRU, les conseils d’administration ont vu, dans d’autres domaines, leur rôle s’accroître).

Il y a plein d’autres choses dans ce décret (ou projet de décret). Il sera intéressant d’étudier comment se passeront les futures séances de recrutement (que je vais suivre ou faire suivre sur https://coulmont.com/auditions/).

Le wiki auditions : 80% de succès

Il y avait 5 postes de maîtresses de conférences ouverts au recrutement / mutation à la session d’automne 2007. Avec le “wiki auditions” https://coulmont.com/auditions, j’ai recueilli des informations sur 4 d’entre eux. Il ne me manque que les informations sur le cinquième poste : “Université Bordeaux-IV, démographie, analyse démographique des problèmes économiques et sociaux : 0128 S
Est-ce que, parmi mes lecteurs, certains ou certaines auraient ces informations : date des auditions, liste des auditionnées, et classement ?
Les politistes de l’ANCMSP n’hésitent pas à être très durs avec les commissions qui cachent ces informations… seul, je n’ai pas encore le poids nécessaire, mais je les citerai : «nous demandons aux membres des commissions de spécialistes concernées de bien vouloir nous communiquer ou publier toutes les informations dont ils disposeraient, dans un souci de transparence mais aussi d’organisation pour les candidats»…

Le wiki auditions

Le wiki auditions revient en deuxième saison : https://coulmont.com/auditions/. Seuls 5 postes étaient (sont) proposés en section 19.
Il est maintenant possible (et nécessaire) de s’inscrire pour éditer les pages. Manquent encore, aujourd’hui à 9h30, les informations concernant Lille 1, Bordeaux 4, et Metz…

Candidater au CNRS

Il y a quelques années, lorsque, après la thèse, je recherchais un poste, je n’avais rien compris aux procédures de recrutement au CNRS. Passons sur les auditions : les uns m’ont presque demandé si j’étais gay et si j’allais introduire la queer theory dans la pensée française (un mal énorme), les autres, après un quart d’heure d’exposé, m’ont dit “merci, au revoir” sans poser aucune question… Mon projet de recherche ne devait pas être bien solide.
C’est l’épreuve préliminaire, le soutien d’un laboratoire, que j’avais eu du mal à obtenir. Après un soutien oral, certains n’ont pas donné suite à mes lettres, d’autres ont répondu négativement… et après insistance, m’ont envoyé une lettre de soutien du bout des lèvres. Je n’avais pas compris les critères de choix, qui ne m’ont jamais été précisé.
Certains centres de recherches en sciences sociales précisent aujourd’hui leur mode de sélection :

  • Le CSU (format word)
  • Le cevipof : Candidats au CNRS – Demande de rattachement au CEVIPOF
    Pour les candidats à un poste de chargé de recherche au CNRS qui envisageraient un rattachement au CEVIPOF, merci d’envoyer à Pascal Perrineau (pascal.perrineau@sciences-po.fr), directeur du CEVIPOF, avant le 3 décembre :
    – un curriculum vitae,
    – une liste des publications et
    – un projet de recherche.
    Ces candidatures seront examinées et classées en conseil de laboratoire. Les candidats seront informés de la décision vers la mi-décembre.
    Nous rappelons que les travaux du CEVIPOF se structurent autour de trois pôles : 1. attitudes, comportements et forces politiques; 2. Action publique; 3. Pensée politique et histoire des idées.
  • L’UMR 5116 SPIRIT (CNRS – FNSP, IEP de Bordeaux) invite les candidats aux concours du CNRS qui souhaiteraient solliciter son appui à adresser leurs dossiers (projet de recherche + CV) à Antoine ROGER (a.roger@sciencespobordeaux.fr) et Andy SMITH (a.smith@sciencespobordeaux.fr) le plus rapidement possible – et en toute hypothèse avant le 3 décembre 2007 – serait-ce sous une forme provisoire. Pour chaque dossier, deux rapporteurs seront désignés parmi les chercheurs et enseignants-chercheurs du laboratoire ; ils pourront suggérer des modifications et des améliorations. Une discussion et une évaluation collective seront organisées à l’occasion d’un conseil de laboratoire programmé dans la semaine du 10 décembre 2007. Les candidats agréés recevront dans les meilleurs délais une lettre de soutien.
  • Le GSPE – Prisme
    La campagne de recrutement au CNRS est un moment important dans la vie d’un laboratoire. C’est également un moment d’échange intensif avec les candidats autour de leurs projets de recherche et leur articulation avec les thématiques et priorités scientifiques du laboratoire.
    Les trois axes de recherche du GSPE-PRISME sont :
    La professionnalisation des acteurs de l’Union Européenne
    Les transformations de l’action publique
    Mobilisations et interactions dans les espaces publics de l’Europe
    Vous trouverez plus d’informations sur les orientations scientifiques et les membres de l’équipe sur le site : http://prisme.u-strasbg.fr/equipes/gspe.htm/ et des informations sur la MSH d’Alsace qui héberge le GSPE depuis la rentrée sur le site de la MISHA : http://misha1.u-strasbg.fr/

    Pour assurer la qualité de ce dialogue dans un calendrier bien chargé, j’invite les candidats souhaitant demander le soutien du GSPE-PRISME (UMR 7012) dans les sections 36 et 40 à me contacter rapidement (jay.rowell@misha.fr). Les demandes de soutien seront examinées en conseil du GSPE le 10 décembre après la désignation de deux rapporteurs. Il est demandé aux candidats d’envoyer leur dossier au plus tard le 30 novembre 2007. Les dossiers doivent inclure un CV, le projet CNRS aussi abouti que possible et une publication significative. Les critères d’évaluation sont la qualité du projet de recherche et du dossier scientifique ainsi que son adéquation avec les axes prioritaires de développement du centre. Les candidats seront notifiés de la décision du conseil du GSPE le 11 décembre et les lettres de soutien seront envoyées aux candidats retenus au plus tard le 17 décembre 2007.

  • Le CURAPP :
    En ce qui concerne le CURAPP, et sans entrer dans le détail de notre cuisine interne, nous invitons (comme les autres labos) les candidat(e)s à prendre contact le plut tôt possible avec nous. Nous traitons collectivement les demandes de soutien à partir des spécialités de recherches de nos membres. Nous nous basons sur les projets de recherche (mais nous demandons bien sûr un CV !) : nous soutenons seulement les projets qui présentent une cohérence avec les axes du laboratoire (qui ont été profondément remaniés dans le cadre du prochain contrat quadriennal 2008-2011 avec l’apport de nouvelles équipes de recherche en sociologie, sciences de l’éducation, psychologie et sciences de l’éducation : cf. le site http://www.u-picardie.fr/labo/curapp/). Notre soutien (pour des candidatures en section 36, 40 et 35) est plus ou moins développé selon que le CURAPP est un premier choix ou non ; nous nous interdisons en revanche une sélection trop sévère, dans la mesure où il appartient au Comité national de statuer sur la qualité des candidat(e)s. Pour information, nous recevons entre 20 et 30 demandes de soutien par an.
    Mais il faut surtout avoir en tête que la lettre de soutien des laboratoires constitue un élément sans grand poids dans le dossier de candidature ! Le dossier du (de la) candidat(e) (thèse, publications etc.), la qualité scientifique de son projet, et (comme toujours) les soutiens acquis et conquis dans les jurys du Comité national ainsi que les incertitudes des procédures électorales pèsent bien davantage dans le recrutement au CNRS.
  • Et, en général (précisions de Fabien Jobard) : Je me permets d’indiquer quelques éléments d’orientation quant aux laboratoires d’affectation des candidats au recrutement cnrs. Depuis quelques années déjà, la section invite les candidats à prendre contact avec les laboratoires au plus tôt, pour permettre à ces derniers de prendre leurs dispositions. Cela mérite précision.
    1) Le laboratoire visé est celui qui se déclare, par un courrier de son directeur, favorable à l’affectation, en cas de recrutement, du candidat. Or, ce candidat est recruté sur un projet de recherche : c’est donc plus le laboratoire proche des projets scientifiques à venir (ou post-docs) du candidat qui est concerné, que le labo dans lequel il a effectué sa thèse.
    2) Ce d’autant plus qu’une fois nommé par le jury, le candidat risque de s’opposer à un refus (de la part du Département scientifique) de demande d’affectation dans le labo de thèse : le CNRS encourage la mobilité géographique des chercheurs.
    3) Dans le dossier que vous remettrez, on trouve 2 labos souhaités. Le jury s’attend donc à 2 lettres de soutien (celles-ci montrent que le projet du candidat s’inscrit pleinement dans la politique scientifique du labo, que le candidat a été retenu après telle ou telle procédure, etc.), mais le candidat est libre par ailleurs de joindre plusieurs autres lettres de soutien.
    4) La question du laboratoire d’affectation est assez secondaire au moment de l’examen de la candidature par le jury. Mais il est préférable, lorsque l’on candidate en section xy, de présenter des labos de ladite section. Notamment parce que c’ets un moyen pour les collègues de s’orienter : un soutien d’un labo sérieux, exigeant, et connu comme tel par les membres,
    vaut mieux.
    5) Le délai recommandé pour prendre contact avec les laboratoires, c’est dans les semaines qui viennent. Chaque labo dispose de sa propre politique à l’égard des candidats : certains auditionnent, d’autres non. Ce qui est sûr, c’est que la vie d’un labo est souvent assez dense, il faut donc s’y prendre assez tôt pour répondre aux exigences éventuelles, surtout si l’on devait
    essuyer un refus. Dans tous les cas, il est bon de prendre contact de manière circonstanciée, en adressant un début de projet, ou un projet de projet, un cv synthétique, etc…

Donc, candidats et candidates… c’est le moment de téléphoner et d’écrire… (il y aura une poignée de postes en sections 36, 38 et 40…)
Et, directions de laboratoires : vous pouvez préciser en commentaires votre mode de sélection !
Note : la plupart des informations provient de la liste de diffusion des sciencepolitistes de l’ANCMSP… à quand une telle liste en sociologie ?

Et ailleurs (“Dunezat”, suite)

Un article du Monde a amené ici un grand nombre de visiteurs, qui ont, en partie, contribué à la discussion autour de la lettre de Xavier Dunezat expliquant les raisons de sa démission (ici (billet du 15 octobre) et ici (billet du 30 septembre). La lettre a été aussi discutée ailleurs, et souvent en détail :
L’université à la poubelle ? sur le blog “Mes Etagères”
Drôle et moins drôle sur Affordance
Les raisons d’une démission sur Bibliothécaire/Wordpress (Michel Roland)
Quelques réalités sur l’enseignement universitaire, sur “Histoires Médiévales”
Sur l’article du Monde, sur le blog d’un enseignant-chercheur de Nantes.
Un enseignant à la fac de Lille démissionne, sur Rue89.com, avec de nombreux commentaires.
Le regard d’un prof sur l’université sur un forum de discussion musulman, sabyl-al-islam

Moins analystes, quelques autres liens (Polémiques autour de la démission d’un enseignant en sociologie sur fabula, L’université, une grande malade ? sur “blog histoire”, Démission d’un enseignant-chercheur en sociologie à l’université par Montarodan, et enfin un site bayrouiste).

Mise à jour : Recherche, mandarins et petits chouchous à l’université, sur le BactérioBlog.
Démission d’un poste d’enseignant-chercheur : symptôme sur le blog d’Eric Dané, doctorant (sciences de l’éducation)
Enfin quelqu’un pour l’écrire, sur Bruit Blanc

Re-mise à jour : Démission d’un MCF de sociologie sur le site du SnesSup de l’Université d’Evry.
Un pavé dans la mare universitaire sur relinger.wordpress

La démission de Xavier Dunezat (suite)

La lettre d’explication de Xavier Dunezat, postée sur une liste de diffusion (Efigies) et reproduite sur mon blog, a été commentée à de nombreuses reprises, souvent en détail. Elle a aussi beaucoup circulé, et dans des mondes extérieurs à l’Academia. Une journaliste du Monde m’avait d’ailleurs contacté il y a une dizaine de jours. Son article est publié dans l’édition du jour :

DEPUIS UNE SEMAINE, de mails en forums de discussion sur Internet, une longue missive agite le monde universitaire. Son auteur, Xavier Dunezat, devenu professeur de sciences économiques et sociales au lycée, explique les raisons qui l’ont poussé à quitter l’université, où il était maître de conférences en sociologie. Méthodiquement, en cinq chapitres, l’enseignant dresse un tableau accablant des pratiques de recrutement en vigueur. Il dénonce le ” règne du piston”, le “désert relationnel” de l’université et le ” mépris des étudiants qui transparaît dans l’organisation globale des enseignements… et dans les pratiques professionnelles des enseignants”.
A partir de son expérience d’un an, M. Denuzat [sic] reconnaît livrer un témoignage ” très subjectif, parfois grossier”. Pour autant, les nombreuses réactions qui fleurissent, notamment sur le blog de Baptiste Coulmont, lui-même maître de conférences en sociologie à l’université Paris-8 (Vincennes-Saint-Denis), l’un de ceux qui a mis en ligne la lettre, montrent que l’enseignant a fait mouche.
source : Le Monde : “Copinage” et “mépris” des étudiants : un enseignant ouvre le débat sur le recrutement à l’université

Si l’initiative de X. Dunézat est rare, il est plus courant de lire les revendications des étudiants… qui n’ont ni la même ampleur ni le même poids, mais ressentent vivement les difficultés de la vie universitaire. Pour exemple, cet extrait de blog, sur Paris VIII, où j’enseigne :

Je me suis renseigné un peu partout, et si je voulais absolument continuer en M2, faudrait que j’aille … ou à saint denis ou à créteil …et bon … ça craint comme coins. Je connais quelqu’un qui est passé à Paris 8 et il a tenu une semaine avant de changer à nouveau de fac. C’était la zone : un distributeur de boisson cassé, des groupes de jeunes extérieurs à la fac qui foutaient le bordel … Et pour créteil, j’ai connu, aussi. Il y a longtemps j’avais accompagné une copine dans cette fac et j’avais été sidéré de voir que certains faisaient du rap au milieu du hall ou fumaient leurs joints … Une fac c’est pas la rue, tout de même ! Je préfère encore n’avoir qu’une maitrise mais qu’elle garde sa valeur.
source : Wendoo – in loco

Un autre extrait décrit les raisons d’un choix entre deux universités :

Bon, je sais qu’il va falloir que j’en passe par des explications car j’imagine d’ici vos “Han mais pourquoi t’as fait ça?”.
Comme vous le voyiez sur l’article précédent, j’étais mal à l’aise à Paris8. J’étais stressée de ne pas avoir la possibilité de m’inscrire dans tous mes cours, je n’aurais pas fait d’anglais ni d’italien pendant minimum 6 mois pour cause d’un bordel administratif monstre. Je ne me sentais pas du tout chez moi là bas, je sais qu’un temps d’adaptation est nécessaire, mais je n’en avais même pas l’envie… C’est bête je sais.
Mais quand vous vous levez à 6h45 le matin sans savoir si vous commencez à 9h ou 18h, ça calme. J’y allais à reculons, sans savoir si j’aurai une chaise sur laquelle m’asseoir, une table sur laquelle poser mes affaires… Par dessus tout, je ne pouvais pas m’inscrire à un nombre d’EC suffisant pour pouvoir valider suffisemment de crédits pour le 1er semestre. Alors à quoi bon continuer ?!
source : CrossedFingers

Les revendications précédentes ne proposaient pas les mêmes options politiques que la proposition suivante, lue sur les murs de P8 et sur internet.
Appel a AG - polear - Paris 8On peut actuellement lire sur Indymedia un appel à manifestation :

à L’université de St Denis, nous voulons nous rassembler hors des organisations politiques, hors des bureaucraties syndicales, hors des manies groupusculaires (…)
Qui organise l’assemblée générale ? Qui la tient ? Comment se l’approprier ? Tout participant à une assemblée doit systématiquement se poser ces questions. Elle est organisée par des étudiants, habitants du quartier et autres qui agissent ici depuis l’an dernier. Ils sont issus de l’AG “Sarko est là et nous on est où ?” du printemps dernier. Mais il serait erroné de croire que ces individus sont les créateurs de cette assemblée et de tout ce qui la compose. (…)
Nous appelons à des projections-débats régulières et proposons des réunions thématiques, ou des manifestations diverses.
Source : Pôle d’Action et de Réflexion, St Denis, septembre 2007 (Polear@no-log.org)

mise à jour : un appel à manifestation pour le 18 octobre.

La démission de Xavier Dunezat

Dans une longue lettre, Xavier Dunezat, professeur de sciences économiques et sociales, explique sa démission… Il avait été recruté comme maître de conférences en sociologie à l’université Lille 1. Extrait :

L’arrivée à la fac : entrée en désert relationnel
Je ne suis pas un enfant de chœur mais j’aimerais bien savoir comment il est possible de fabriquer ce que j’ai perçu à l’université.
Quand vous arrivez à la fac, la puce à l’oreille sur l’état de l’université peut vous être donnée par quelques signaux que l’on range traditionnellement dans les « problèmes individuels » mais que, en sociologie, nous savons être des purs produits de l’ordre social. Je pense ici à ces gens que vous croisez (rarement) dans les couloirs et qui vous fuient du regard, comme s’ils avaient peur. Je pense ici au nombre de gens en congé maladie et, visiblement, gravement malades. Je pense ici à la tristesse des regards quotidiens, à l’invisibilité des fous rires, à l’absence de pause-café collective, etc. Je pense ici – et surtout – à tous ces gens qui, lorsqu’ils n’ont plus peur de vous parler, se lancent dans des monologues qui alternent entre la leçon de sociologie et la longue anecdote qu’on comprend mal. Comme si l’accès à une certaine position dans la hiérarchie sociale vous condamnait à un drôle de comportement, si peu réceptif aux autres.
Ces quelques signaux ont alerté le novice que j’étais sur le véritable désert relationnel que constitue l’université. Dès les premières heures, vous comprenez que vous aurez peu d’interactions sur votre lieu de travail et que, si vous croyez aux vertus intégratrices du travail, vous allez en chier. Ce désert relationnel à l’université se traduit notamment de trois manières.
D’abord, les couloirs et la salle des personnels sont souvent vides, les bureaux fermés, une vague machine à café ayant la fonction symbolique de donner un peu de chaleur (liquide). Ce sont toujours les mêmes que l’on croise, en général celles et ceux qui s’épuisent dans la prise en charge des tâches collectives et qui n’ont pas toujours le temps de discuter. Non seulement les gens semblent travailler davantage à domicile mais en plus, à Lille en tout cas, bien des enseignant-e-s habitent au-delà des distances réglementaires (Voir article 5 du Décret du 6 juin 1984 modifié), en l’occurrence à Paris, parfois même à Marseille ! Evidemment, de telles distances entre lieu de travail et lieu de vie contrarient toute dynamique collective à l’université.

La Lettre de Xavier Dunezat est disponible en PDF.
Note : J’avais fait partie de la commission de spécialistes qui avait auditionné X. Dunezat à Paris 8.
Mise à jour : le lien vers la lettre, qui dirigeait auparavant vers un fichier PDF situé sur coulmont.com, vous emmènera vers un fichier PDF créé par Pierre Mercklé de Liens-socio. Cette version me semble plus “stable”. La lettre est aussi au format HTML sur liens-socio.