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Recrutements universitaires

Cette année encore, en sociologie, le wiki auditions de l’ASES a bien fonctionné, et la prochaine version du wiki auditions (automne 2010) est en ligne.
J’ai contribué à la marge à ramasser diverses informations, tant auprès de candidats que de collègues déjà en poste. Encore une fois, cette année, certains collègues n’ont pas souhaité diffuser les décisions des comités de sélection, avec divers arguments.
1- “cela peut nuire au candidat classé premier” : l’idée ici est qu’un département ne recrutera pas quelqu’un qui a été déjà classé premier ailleurs. Certes, cela s’est vu déjà. Mais : un comité demandera systématiquement à tous les candidats s’ils ont été classés ailleurs, si l’information n’est pas connue. L’argument ne tient donc pas vraiment : les seuls qui ne sauront pas, ce sont les autres candidats et la communauté des sociologues.
2- “on attend la décision du C.A.” : l’idée de cet argument est que le comité de sélection n’est pas légitime, qu’il faut “attendre la décision du CA”. Il est encore une fois utile de répéter que ce n’est pas la décision du CA qui importe ici, mais celle des comités de sélections. L’intérêt du wiki est de rendre visible le travail des collègues, leurs principes de sélection et de classement. Ainsi, même si les informations concernant l’université de Strasbourg ont été parfois difficiles à recueillir, disposer du classement sur le recrutement que le CA a annulé est très intéressant. Que le classement ait été connu avant que le CA se prononce a sans doute contribué à rendre l’affaire publique.

Continuons : cela fait maintenant une douzaine d’années que les mathématiciens français, avec le soutien et l’appui du ministère de l’enseignement supérieur et de la recherche, organisent ce qu’ils appellent “l’opération Postes“, où toutes les décisions des comités sont rendues publiques. Dans cette discipline, la volonté de garder secrètes les décisions, de ne les faire circuler qu’entre soi, de ne prévenir que le premier classé et pas les autres… sont considérés comme des erreurs éthiques. Dans leur bilan, les matheux le signalent : “Seuls quelques établissements irréductibles demeurent, il semble s’agir en général d’établissements un peu en marge du système universitaire“.
J’aimerais qu’il en soit de même en sociologie, d’où le wiki auditions : on peut repérer les marges universitaires (ce sont les départements qui gardent leurs recrutements secrets).

Comment faire, alors, quand l’informations ne circule pas. Personnellement : j’écris aux candidats que je connais, même vaguement, pour leur demander s’ils ont l’information. J’écris à un collègue (plutôt un jeune collègue) membre du comité. Si rien n’arrive, j’envoie un mail collectif. Cette année, le département de sociologie de l’université de Tours a mis du temps à diffuser l’information : sur un poste, plus de 15 jours après les auditions, les candidats n’étaient même pas au courant du classement. J’ai donc envoyé un petit mail ironique et pince sans rire qui a eu pour effet de libérer le classement. Rien ne me motive plus qu’un comité qui tente de garder secret son travail.

Ce petit travail de suivi m’a fait prendre conscience de la spécificité du département de sociologie de l’université Paris 8. Les discussions sur les profils de postes y sont publiques, en réunion de département. La composition des comités de sélection est aussi publique, de même que les dates des réunions. Il en va différemment dans les départements de socio d’autres universités, presque d’autres univers : Nanterre (Paris 10) semble être balkanisée (avec une information qui ne circule pas, même en interne, ce qui oblige à avoir des oreilles un peu partout) ; Paris 7 semble avoir un fonctionnement dans lequel les laboratoires (CSPRP, urmis, Gaulejacquiens) pré-emptent des profils… Il est alors plus difficile de trouver une personne qui connaîtra l’ensemble des informations. Les universités de Lille sont au contraire très réactives : les informations ont été mises en ligne sur le wiki très vite.

La suite ? Je pense que les “wiki auditions” vont se développer dans d’autres disciplines. Il y en aura un, au moins en “test”, en histoire l’année prochaine (dès la rentrée ?). Des géographes se tâtent encore. L’expérience du wiki en philosophie, section 17 n’a pas connu de succès cette année.
Si l’on me permet un petit usage de concepts : s’impliquer, sous son nom, dans un tel suivi du processus de recrutement est une petite mise en jeu de capital. Je ne doute pas avoir énervé certains collègues, mais je pense disposer de suffisamment de capitaux pour me permettre cette petite perte. Surtout que, à mon avis, ce qui est perdu d’un côté est retrouvé de l’autre. Enerver de manière passagère les barons, les baronnets et leurs minions, c’est somme toute assez amusant.
Mon conseil, donc, est le suivant, aux collègues d’autres disciplines : impliquez-vous personnellement dans la création d’un tel outil, sous votre nom. Une fois en poste, vous ne risquez rien (je n’ai eu qu’une seule menace de procès). Ou, mieux, trouvez le soutien d’une association, comme l’ASES en sociologie. Il est très probable que, sans l’ASES (et celle de Matthieu Hély), ma petite initiative de 2007 n’aurait pas connu de suite.

L’art de ne pas être gouverné

[Petit hommage à moitié ironique à James C. Scott via Daniel Little]
 
L’amphithéâtre est un espace social politique. Il suffit d’en avoir fréquenté pour savoir que les people of the hills, ceux qui s’assoient tout en haut, sont rétifs à l’étatisation représentée par le professeur. Le discours enseignant classique leur a donné une nature propre, presque une ethnicité : ils seraient les étudiants potentiels non civilisés, ils représenteraient in vivo une condition pré-étudiante ancestrale. Leur destin serait de descendre, petit à petit, de la “zomia” (cette zone haute peu accessible au pouvoir étatique en raison de la “friction” du terrain) pour se rapprocher du centre étatisé.
Mais une autre tradition de recherche comprend ces rebelles comme ayant été générés par l’étatisation : on peut comprendre toute leur organisation sociale comme une réponse rationnelle à la pression étatique. Egalitarisme des relations sociales, agriculture non sédentaire…

La rebellion estudiantine ne s’objective pas dans des raids esclavagistes, mais dans l’absentéisme ou diverses formes de grèves du zèle. Un indicateur archéologique existe cependant — archéologique au sens où il persiste dans le temps : le graffi-table (graffiti sur table).

Proposons un plan d’un petit amphi universitaire (à peine six rangées). Il est probable que l’on puisse observer ceci, où l’intensité des graffitis à un endroit donné (i) est fonction du carré de la distance au professeur (d) :

i=ƒ(d²)

et — de manière plus qualitative — où, à des rangées particulières, sont associés des types de graffitis particuliers.
Un espace sans graffitable a été repéré dans plusieurs amphithéâtres. Les versions professorales y voient une objectivation de l’espace du charisme personnel — ou du charisme d’institution — reconnu au professeur. D’autres y voient l’espace dit des postillons, une zone trop proche de l’État pour que des étudiants s’y installent.

 


 
En bon empiriste positiviste, il me fallait vérifier cela. Ce fut fait lors d’une surveillance d’examen.

Pour en savoir plus : Une longue tradition d’enquête sur graffitis existe, dont je ne donnerai que quelques exemples : 1, 2, 3

Le sociologue dans la cité

Le premier numéro de la revue Sociologie arrive : dans moins de trois semaines maintenant.
Pour accompagner ce premier numéro — et en plus d’un Que Sais-Je collectif, Les 100 mots de la sociologie — un colloque est organisé le 15 avril 2010, « Le Sociologue dans la Cité »


Programme du colloque, version PDF

Le programme du colloque a aussi l’intérêt de proposer, en version presque sub-liminale, le sommaire du premier numéro.

My working conditions

It was cold yesterday in Paris. Very cold. Below 30°F (minus zero Celsius).
It was also very cold in the classroom I was supposed to teach, at “Paris 8” university (also called Vincennes at Saint-Denis, or Paris VIII). A broken window has not been fixed during the winter recess.
Was I supposed to teach with my scarf, my gloves, my coat and my winter cap ? It seems so. The student gathered around the rachitic heater (unfortunately, it is positionned just below the broken window) and we began the class.

After one hour, I was warm enough to shed the coat (but not the scarf) : my feet were beginning to feel the wind chill (the doors are not really “closing” in this building, and the winter cold was fondling my toes). But the student were shivering.
Oh… and the graffitis ! They are mostly related to French politics and adolescent leftist ideals : I won’t translate them.

But they have nothing to do in a classroom. I wonder why this room wasn’t even re-painted since… 1996 ? 1994 ?
Do you really want to see the toilets of the university Paris 8 ?
 

 

Hier, il faisait froid dehors, en tout cas en dessous de zéro.
Il faisait très froid aussi dans la salle qui m’a été attribuée pour faire cours, à Paris 8 : une fenêtre cassée n’avait pas été réparée pendant l’intersemestre, les quelques semaines qui séparent deux semestres et pendant lesquelles, parce qu’il n’y a pas de cours, les travaux sont prévus.

J’y ai donc fait cours en manteau, avec écharpe et bonnet pendant au moins la première heure. Après, parce que faire cours me réchauffe, j’ai pu sortir de cette sorte de burqa chauffante. Mais les étudiantes, elles, sont coincées, assises dans le froid pendant trois heures.
Que trouve-t-on d’autre dans cette salle ? Des insultes, comme “Démembrons Madame Boutin” et d’autres graffitis : cette salle ne semble jamais avoir été repeinte. Des coulées noirâtres perlent du faux plafond troué.
Les tables sont cassées, le sol n’est plus nettoyé depuis bien longtemps, il n’y a pas de quoi effacer le tableau ni de quoi écrire, il n’y a ni vidéoprojecteur, ni télévision, ni même de prise électrique qui fonctionne. La porte ne ferme plus vraiment.
Et il fait très froid.

Que feriez-vous si…

…si un étudiant, à la fin d’un cours, venait vous voir avec, sous la main, un dossier consacré à la société fabienne et qu’il vous disait qu’en 1884 son logo était une sorte de dragon mangeant le monde, et que cette société a fondé la London School of Economics… et que c’est l’origine de tous les think-tanks…
Vous lui diriez, gentiment mais fermement, “merci, ça ne m’intéresse pas”.
Mais s’il revenait, à la fin d’un autre cours, toujours avec son petit dossier bien relié et cette question, “Vous connaissez la société fabienne ? Ils ont fondé la London School of Economics, et c’est quand-même pas rien, ça !” S’il se mettait à parler des Francs-maçons au Vénézuela, de la Trilatérale et du gouvernement qui nous force à nous injecter des “substances mortelles” (le vaccin contre la grippe H1N1) ? S’il disait que le “Club de Rome” voulait réduire la population du monde à 500 millions et que eh ben les autres il va falloir les éliminer (d’où le lien avec le vaccin)… Que diriez-vous ?
J’ai été un peu direct, je lui ai suggéré d’aller voir un psy, et de ne pas partager sa peur des sociétés occultes avec moi (Il m’a répondu que la société fabienne n’était pas versée dans l’occultisme). Pardon… si cet étudiant existait, je lui aurais suggéré d’aller voir un psy. [La prochaine vois je lui dirai, d’un air menaçant mais tout bas : “vous en savez trop, on va devoir vous éliminer…”]

Hygiène minimale

J’hésite, chaque année, à faire des photos de mon lieu de travail… j’hésite encore plus à les publier. Mais il me semble qu’elles documentent assez bien l’état de misère dans lequel l’Université française se trouve. L’arrivée des étudiantes, de la grippe A-H1N1-porcine-mexicaine et de la traditionnelle “gastro de novembre” m’incite de plus à chercher des lieux où se laver les mains.
En tout cas, il me faudra éviter les toilettes du Bâtiment B, dans une université où je travaille :
toilettes-2009
Aujourd’hui, il y avait du savon, mais rien pour s’essuyer les mains (ne parlons pas de l’eau chaude, ce n’est pas prévu par la plomberie).
Vous allez peut-être me dire que ce n’est pas très gentil pour P8, mais j’ai laissé le temps de la rénovation. En 2006 (il y a plus de trois ans) une collègue avait déjà pris ces mêmes toilettes en photo.

Pourtant, des travaux ont eu lieu cet été. La façade de l’université a changé, les portes cassées ont été remplacées :
facade-paris8

Mais les faux plafonds ne résistent pas bien longtemps aux assauts de certains individus :
faux plafonds paris 8
(J’ai entendu certaines personnes chargées des réparations dire : “il n’y a plus de sous, on attend les inscriptions des étudiants”. Vivement la rentrée donc !)

Pour prendre un peu de recul, voici des billets similaires datant d’il y a quelques mois [1 et 2], d’il y a plus d’un an : [1] ou de 2006 [1].

Recrutements universitaires (aux USA)

Un bel article dans Inside Higher Ed. (via OrgTheory). J’en retiens de long paragraphes sur les sites qui renseignent les candidats au recrutement (en science politique) :

One change in the hiring process that is clearly frustrating to many graduate directors and search chairs is the popularity of Web sites devoted to the latest news and rumors about the status of searches. These Web sites, found in a number of disciplines, generally rely on anonymous postings. Discussion topics include the general (state of the job market) and specific (what are the areas of focus, beyond those in the job ads) that departments are really looking for. Because this information is typically anonymous, it’s impossible to tell if the “tip” that an international relations search is focused on security issues is accurate. There are also postings on the status of searches, claims about tensions that may make some jobs undesirable, and reports on who has the “inside track” for some openings.

En France, de tels sites de rumeurs n’existent pas (dommage ?…). L’Opération Poste des mathématiciens fonctionne depuis plus d’une dizaine d’années, l’ANCMSP fait la même chose pour les politistes et politologues depuis quelques années, et plus récemment, des wikis ont vus le jour, en sociologie (chez Matthieu Hély de l’ASES) et en philosophie (http://mcfsection17session2009.pbworks.com/). A la différence des Américains, il ne semble pas y avoir, sur les sites français, de grandes opérations de désinformation.
Ce que je prévois de faire, cette année, c’est un site qui, sous la forme d’un questionnaire, permettra aux visiteurs de “deviner” qui sera recruté : j’ai trop souvent entendu “on savait bien que ce serait X”, mais trop souvent après coup.

Incompétences

En juin dernier, l’information s’est diffusée largement : Michel Maffesoli s’était auto-promu “professeur de classe exceptionnelle”, avec l’un de ses mignons, Tacussel. Cela prêterait à sourire si ces deux personnes n’étaient en charge des promotions pour la 19e section du CNU (sociologie et démographie).
Les casseroles que traînent ces deux-là sont connues, mais au ministère, ils sont en cour. [Et d’aucuns — ouh les mauvaises langues — disent qu’être franc-maçon, ça aide. Je ne puis m’associer à ces rumeurs !]
On peut lire, sur la liste de diffusion de l’ASES, des discussions au sujet de l’autopromotion. Je me permet ici d’émettre un jugement personnel : ça ne vole pas très haut. Mais jugez par vous même…
Sans transition, mais vraiment, sans transition, et sans aucun lien avec ce qui précède, car on va parler maintenant de l’Italie, pas de la France, ni du CNU : L’incompétence sert parfois de signal

[Après avoir étudié certains criminels] Gambetta affirme que quelque chose de similaire se passe chez les baroni qui président aux comités de sélection impliqués dans les modes de promotion académiques en Italie. […] Les baroni opèrent sur la base d’un pacte en réciprocité, qui requiert beaucoup de confiance, car les dettes ne sont remboursées que bien des années plus tard… Les figures les plus puissantes, dans ce système, tendent à être les moins intellectually distinguished.
(…) Etre incompétent, et le montrer, transmet un message : “je ne tirerai pas au flanc, car je n’ai pas les munitions (intellectuelles)”. Dans un marché académique corrompu, être bon, être intéressé par sa recherche, signale en revanche un potentiel de carrière indépendante de la réciprocité corrompue.
*
Gambetta argues that something similar takes place among the baroni (barons) who oversee the selection committees involved in Italian academic promotions. While some fields are more meritocratic than others, he says, the struggle for advancement involves a great deal of horse trading. “The barons operate on the basis of a pact of reciprocity, which requires a lot of trust, for debts are repaid years later. …The most powerful figures in this system, says Gambetta, tend to be the least intellectually distinguished. … “… and this is what is the most intriguing, they do not try to hide their weakness. One has the impression that they almost flaunt it in personal contacts.” … Gambetta argues that the cheerful incompetence of the baroni is akin to the mafioso’s way of signaling that he can be “trusted” within his narrowly predatory limits.
“Being incompetent and displaying it,” he writes, “conveys the message * I will not run away, for I have no strong legs to run anywhere else. * In a corrupt academic market, being good at and interested in one’s own research, by contrast, signal a potential for a career independent of corrupt reciprocity…. In the Italian academic world, the kakistrocrats are those who best assure others by displaying, through lack of competence and lack of interest in research, that they will comply with the pacts.”

Se pourrait-il aussi qu’en France, les kakistocrates puissent être suffisamment nombreux pour se gratter réciproquement le dos ? Cela demande, sans doute, des recherches approfondies.

Le “wiki ATER” + rangement

Après le “wiki auditions”, les sociologues universitaires sont maintenant dotés d’un “wiki ATER” mis en place par un doctorant de Nantes. Il manque encore des informations sur quelques universités (Toulouse 2 par exemple)…
Plus d’informations sur la mailing liste de l’ASES.

*

Ci dessous : pas grand chose, si ce n’est une preuve visuelle en vidéo d’un ménage de fin d’année réalisé la semaine dernière au département de sociologie de Paris 8…
[flashvideo file=”https://coulmont.com/blog/fichiers/2009/p8rangement200907.flv” width=480 height=270 /]
[et promis, bientôt je remplacerai le .flv par du H264 / OGG pour utiliser du HTML5 et surtout le tag <video>]

“Choix” politiques et “choix” de recherches

En 1985, dans un numéro rare des “Cahiers Jeunesses et Sociétés”, Gérard Mauger et Claude Fossé-Poliak proposaient un “essai d’auto-socio-analyse” retraçant leur entrée dans la recherche.
Parce que je trouve cet essai intéressant, et quasiment introuvable, en voici une reproduction (avec l’accord de G.M.) :

Claude Fossé-Poliak et Gérard Mauger, « “Choix” politiques et “choix” de recherches : Essai d’auto-socio-analyse (1973-84) », Cahiers du réseau Jeunesses et Sociétés, n°3-4-5, février 1985, p. 27-121 [PDF]

Mauger et Poliak appartiennent à cette génération de sociologues étant entrés en sociologie “par la politique”, à partir de la fin des années soixante ; des militants gauchistes “reclassés” dans le monde académique. Ils font partie de cette génération, qui, en ce moment, est proche de la retraite, ou déjà partie.
Leur texte se présente donc comme « une double contribution : contribution à une sociologie de la sociologie française contemporaine [i.e. celle des années 70-80] et de quelques-uns des conflits qui la traversent depuis une quinzaine d’années, contribution à l’analyse sociologique des “discours sur la jeunesse” en France entre 1968 et 1984. »
Formellement, l’article « met[…] en évidence successivement ce que [leur] production sociologique des dix dernières années doit à l’inscription de [leurs] trajectoires biographiques dans le champ politique, dans le champ intellectuel, sur le marché de la recherche contractuelle, dans le champ sociologique. »

mauger poliak

Pour qui s’intéresse à la sociologie française des années soixante-dix… cet article est à lire ! Et sa lecture se combine assez bien avec celle des extraits de Labo-contestation présentés ici-même récemment.

Gérard Mauger me signale être revenu sur cet exercice à deux reprises : dans une contribution à l’ouvrage collectif qu’il a dirigé, Rencontres avec Pierre Bourdieu (Editions du Croquant, 2005) et plus récemment pour un entretien dans la revue Agora, n°48, 2008.