Angel / Un Ange Louise Labé, Septième Sonnet
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On voit mourir toute chose animée,

Lors que du corps l'âme subtile part :

Je suis le corps, toi la meilleure part :

Où es-tu donc, ô âme bien aimée ?



Ne me laissez pas si longtemps pâmée :

Pour me sauver après viendrais trop tard.

Las ! ne mets point ton corps en ce hasard :

Rends-lui sa part et moitié estimée.



Mais fais, Ami, que ne soit dangereuse

Cette rencontre et revue amoureuse,

L'accompagnant, non de sévérité,



Non de rigueur, mais de grâce amiable,

Qui doucement me rende ta beauté,

Jadis cruelle, à présent favorable.

        

Man sieht vergehen die belebten Dinge,

sowie die Seele nicht mehr bleiben mag.

Du bist das Feine, ich bin das Geringe,

ich bin der Leib : wo bist du, Seele, sag ?



Lass mich so lang nicht in des Ohnmacht. Trage

Sorge für mich und rette nicht zu spät.

Was bringst du deinen Leib in diese Lage

und machst, dass ihm sein Köstlichstes enträt ?



Doch wirke so, dass dieses Sich-Begegnen

in Fühlbarkeit und neuem Augenschein

gefahrlos sei : volliehs nicht in verwegnen



und herrischen Erschütterungen : nein,

lass sanfter in mich deine Schönheit gleiten,

die gnädig ist, um länger nicht zu streiten.



Traduction de Rainer-Maria Rilke        
Ecole normale supérieure