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Anthropologies du même, de l’autre et du similaire

En 1956, l’anthropologue Horace Miner (1912-1993) publie, dans la revue American Anthropologist, un petit article (moins de 5 pages) intitulé Body Ritual among the Nacirema [Miner, Horace M., “Body Ritual among the Nacirema”, American Anthropologist, 58:3, June 1956, 503-507 – Body ritual among the Nacirema en PDF].
Que celles et ceux qui n’ont pas lu cet article le lisent avant d’aborder la suite… “Spoiler Alert” !
Miner écrit en introduction :

Nacirema culture is characterized by a highly developed market economy which has evolved in a rich natural habitat. While much of the people’s time is devoted to economic pursuits, a large part of the fruits of these labors and a considerable portion of the day are spent in ritual activity. The focus of this activity is the human body, the appearance and health of which loom as a dominant concern in the ethos of the people. While such a concern is certainly not unusual, its ceremonial aspects and associated philosophy are unique.

Les lecteurs attentifs auront remarqué un usage puissant de termes objectivants (comme “ritual activity”, “ethos”, “ceremonial aspects and associated philosophy”… Les plus attentifs auront même remarqué que Nacirema, à l’envers, se lit americaN
J’ai découvert ce texte en lisant un article d’Alykhanhthi Lynhiavu publié dans la revue Multitudes l’été dernier [voir aussi ce texte]. J’ai d’abord cru qu’«Alykhanhthi Lynhiavu» était un pseudonyme, mais non…
Cet article, Nacirema : histoire d’un hoax en ethnologie est fort intéressant, mais commet plusieurs erreurs :

Dans ce canular qui dénonçait le refus de la diversité culturelle dans la démarche anthropologique et qui berna la fameuse revue American Anthropology, on ne sait précisément ni quand ni comment ni par qui l’imposture fut finalement révélée.

C’est parceque la “fameuse revue” n’a jamais été bernée : Miner avait, avant de l’envoyer à A.A., essayé d’y intéresser le New Yorker… Et l’éditeur de la revue ne cesse, dans l’introduction du numéro, de forcer le trait :
“Pendant toutes les années où nous avons assisté à la Cérémonie de l’Intichiuma que l’on appelle, dans notre jargon, le Annual Meeting, nous avons entendu, répété, ce débat autour de la fonction propre de la revue (…)” Et la même personne, quelques numéros plus loin (à la fin de l’année 1956) décrit, dans l’éditorial, l’article de Miner comme “un exemple individuel [de recherche] récalcitrant” à toute classification. Wink wink…. Horace Miner et Alan Sokal n’avaient pas les mêmes intentions…
De même : peut-on dire, simplement, que cet article “dénonçait le refus de la diversité culturelle dans la démarche anthropologique” ? On constate à la lecture que la démarche anthropologique proposée par Miner voit de l’Autre, de la Diversité, là où il ne devrait pas y en avoir, puisque c’est un “native” qui étudie des “natives” et que sa seule différence est sa culture anthropologique, qui lui fait voir le monde de manière “objective”. L’un des ressorts de l’article est de commencer par placer les Nacirema relativement à d’autres peuples, tous Indiens… et les lecteurs en concluent trop rapidement que les Nacirema sont, eux-mêmes, un certain type d’indigènes. Indigènes, ils le sont. D’un certain type, non.

Body Ritual Among the Nacirema peut alors être lu de plusieurs manières, ce qui en fait la richesse… et ce qui l’a fait devenir un “charmant petit classique” :

  • soit comme une critique de la mauvaise anthropologie (l’application immodérée de concepts tels que “magie” ou “rituels” à tout bout de champ), et dont on trouverait — si l’on souhaitait être injustement méchant — des exemples récents, dans Un ethnologue à l’Assemblée de Marc Abelès « tentative d’ethnologiser les députés français en usant des ressources habituelles à l’étude des sauvages » écrit Bruno Latour. C’est peut-être une forme de relativisme culturel qui est visée…
  • soit comme une critique de l’ethnocentrisme (l’application de ses propres schèmes de pensée, culturels, à d’autres sociétés et la croyance associée en leur supériorité) du type Lettres persanes, avec ceci de différent que c’est un auto-ethnocentrisme qui est à l’oeuvre (l’usage de catégories “modernes”, “scientifiques”, pour décrire — en le repoussant dans le “primitif” — le monde moderne) ;
  • soit — et c’est plus complexe — comme une critique du “grand partage” entre irrationalité rituelle et rationalité pratique : les Nacirema sont décrits comme de grands capitalistes (le marché est l’institution la plus importante) et, simultanément, de grands utilisateurs de magie pratique. Comment cohabitent, dans l’exemple fictif proposé par Miner, divers usages de la causalité ?

L’étude de Miner sur les Nacirema a donné lieu à plusieurs types de “suites” :
D’un côté, à quelques études qui appliquent le naciremisme aux anthropologues eux-mêmes (voir par exemple Walter Goldschmidt, “Clan Fission among the Ygoloporthna: A Study in Dysfunction”, American Anthropologist, Vol. 88, No. 1. (Mar., 1986), pp. 172-175.)

Mais aussi, étrangement, certaines “suites” se trouvent dans des études citant l’article de Miner non pas comme un canular, mais comme l’observation sensée de la société de spectacles corporels américaine (un point qu’Alykhanhthi Lynhiavu souligne dans son article) Est-ce seulement une blague, l’article de Miner ? Non, pas pour l’ensemble des anthropologues :

As Horace Miner’s 1956 paper on ‘Body Ritual among the Nacirema’ (‘American’ spelt backwards) clearly showed, body rituals were central to the rapidly expanding consumer culture of the most dominant western market society in the postwar era. In this context, individuals conducted the many rituals enacted on the body on a daily basis in the privacy of the bathroom ‘shrine’, as opposed to public ceremonies. Further, in contemporary consumer culture, dress, demeanour and cosmetics are important markers of lifestyle and social class. Consequently, women are constantly being invited to transform themselves by doing something to their bodies. This notwithstanding, the public signification of the body as a marker of the individual’s status, age, family, sex and tribal affiliation is more clearly symbolised in pre-modern societies, and anthropology in the nineteenth century started out by focusing on these sites.
source : Body, Dance and Cultural Theory, chp.1 (Palgrave ed.)

Enfin, et c’est de cette manière que j’ai, très récemment, utilisé l’article, Body Ritual among the Nacirema sert d’introduction à la “pensée sociologique”. Un article synthétise ces usages, Student Reactions to Horace Miner’s Body Ritual among the Nacirema, de Lynn Thomas, sans minimiser les problèmes d’interprétation que pose cette réflexion sur l’ethnocentrisme, le vocabulaire anthropologique, les faiblesses de l’un, les mécompréhension de l’autre…

Petites choses intéressantes du dimanche, publiées le vendredi

Toujours sans copier phnk (il en est au volume 46…) :

  • Eklektik, doctorant, fait part de ses difficultés à obtenir de son directeur de thèse une présence minimale :

    Comme je compte m’inscrire à la biblio de science-po pour avoir accès à de la documentation sur la Russie, j’ai besoin d’une attestation de mon directeur de thèse. Or celui-ci ne répond jamais à mes mails (des amis connaissent la même situation), je suis donc allé today à sa permanence, il était pas là, il n’y a d’ailleurs plus d’horaires de permanence affichés (génial). Parti donc voir la secrétaire du département, qui m’a expliqué qu’il lui a interdit désormais de donner des attestations en son nom aux étudiants… Elle ne peut rien faire, ne l’a pas vu depuis belle lurette, ne sait pas s’il est sur Paris. Déja ya quelques mois, j’avais besoin d’une lettre de recommendation pour postuler à une bourse de mobilité mais il n’avait pas répondu aux mails et le délai de dépôt de dossier avait expiré… génial.

  • Jean Baubérot connaît les blogs, mais il réinvente aussi le flux RSS :

    Plusieurs internautes qui ont mis ce Blog parmi leurs “favoris” me signalent que, lorsqu’ils cherchent à savoir s’il y a de nouvelles Notes sur le Blog et qu’ils cliquent, ils sont renvoyés à d’anciennes Notes de la rubrique “Actualité”… comme s’il n’y avait pas de Notes depuis longtemps. Je leur indique
    […] que s’ils ont des difficultés à parvenir à ces Notes, il leur suffit d’aller sur Google, de taper “Baubérot” et là, dès le début de la première page, ils ont (en vert) la référence du Blog, ils (elles) cliquent et (normalement) trouvent la dernière Note.

    Il a déposé le brevet 2007-BH255461X concernant le baubéRSS (XML-transitional-àlamain).

  • L’ouvrage de l’ancien président de Paris VIII, Pierre Lunel, Fac, le grand merdier ? circule, en version PDF scannée (un peu comme le Grand Secret de Gubler en 1996), de mail à mail autour de l’université. Extraits :

    Le bureau présidentiel est un cadre pittoresque, tout entier recouvert de bois, ce qui m’apparaît vite oppressant. Il faut transformer cela. Le service général, qui dans les universités comprend une flopée de corps de métier (menuisiers, peintres, etc.), se met en quatre pour me satisfaire. Rien à ce moment-là n’était assez beau, ni assez rapide, pour le nouveau président. Cette redécoration complète du bureau, quel qu’en soit le résultat esthétique, déplaît à certains, considérant que je dilapide le « patrimoine familial » à des fins personnelles. (…)
    Je m’empresse d’adresser un courrier au personnel IATOS pour lui signifier à mots couverts que c’est l’hôpital qui se fout de la charité, et que puisqu’ils attachent tant d’importance aux sorties budgétaires, il est temps pour tous de faire des économies. Après tout, ce n’est pas difficile d’éteindre la lumière en
    sortant d’un bureau, d’une salle de cours ou d’un amphithéâtre, de fermer un robinet, ou d’éviter d’appeler des téléphones portables pendant des heures à partir de postes fixes.

    La semaine prochaine, je vous donnerai à lire les pages où Lunel donne des conseils de mode et de coiffure au monde enseignant… Et là, c’est l’hôpital tout entier — avec les cliniques privées — qui se moque de la charité.

  • Mon collègue Claude Dargent, professeur au département de sociologie (c’est la même personne que ce Claude Dargent là) est candidat socialiste à la députation, dans le 15e arrondissement. A la pointe du progrès, il propose à l’écoute ses podcasts participatifs, sur son blog.
  • Ai-je bien lu ?

    Le vendredi 16 mars 2007 la Fête des Fous aura lieu à Paris 8.
    Mais qu’est ce que c’est ? Tous vos projets les plus frappadingues sont les bienvenus ! Tout le monde peut proposer son animation, quelle qu’elle soit sur toute la fac, par exemple un spectacle, une expo, un atelier…
    La fête sera aussi l’occasion de se déguiser, de changer le quotidien. La fête de fous, une fête dont fous [sic] êtes le héros.

    Sans doute… sans doute

  • Toujours à Paris VIII, le professeur Pierre Bayard (littérature française) écrit un livre destiné à apprendre à parler des livres qu’on a pas lu. Je ne l’ai pas lu, mais je suis certain que c’est tip top ! (J’en ai lu d’autres, des Bayard). Sur France2, Philippe Tesson n’apprécie pas. Cela donne le mauvais exemple :

    Les premières pages de Comment parler des livres qu’on n’a pas lu sont sur le site des Editions de Minuit. Toutes les autres pages sont sur amazon.fr. Les journalistes adorent ce livre. Enfin un universitaire légitimant leur pratique professionnelle ?

Le nouveau Tigre

Le TigreLe Tigre, après un temps de repos (mais le tigre ne dort que d’un oeil, et il a le sommeil léger), sort de sa tanière : d’abord quotidien, sur internet, à partir de demain 15 février, et fin mars, mensuel, en kiosques.

Objet de plaisir…

J’ai commis un petit article pour la revue en ligne EspacesTemps.net. Il porte sur certains Objets de plaisir

Les inscriptions à Paris 8 (deuxième année)

L’un des intérêts d’un blog est de pouvoir parler de ce qui nous amuse. Et certaines choses nous amusent de manière chronique. La manière avec laquelle les étudiants parlent de l’université Paris VIII est l’une de ces choses. Les inscriptions à l’université semblent chaque année similaires et, du point de vue de certaines étudiantes, mal, voire très mal, organisées. Il semble assez étrange que ces dysfonctionnements structurels et se répétant chaque année ne trouvent pas de solution. Certains étudiants, il est vrai, dans cette situation, semblent y mettre un peu du leur.
Chtiterikku écrit :

Mercredi, direction la gare de saint denis pour aller à ma fac. Tout ça pour une stupide inscription de merde qui a pris keu même pas mal de temps. J’avais payé par internet et tout donc j’avais pas toute la queue à faire. Mais le pb c’est que quand tu fais la file, à la fin y’a une fiche avec ton nom et ils t’appellent pour te donner ta carte. Mais quand t’as fait par internet, vu que y’a pas de fiche, ils t’appellent pas. Et ca a été le merdier car la fille devant moi ne comprenait pas qu’il fallait se signaler et tout =_= Donc au bout de 30 minutes à poireauter, j’en ai eu ma claque et j’ai fait du forcing. Resultat, 5 minutes plus tard j’avais ma carte loool *proud*

Talulu écrit :

Cette semaime à été très très chargée! En effet, il y avait ma réinscription à ma fac (Paris VIII) et ça a été de la folie, elel était prévue pour lundi et j’ai mis 3 jours pour y arrivé! Vive l’organisation des secretaires!
En gros le lundi c’était une convocation de 14h à 16h30, j’arrive après mon boulot il est 15h et ben! au moins 200 personnes! il faut prendre un ticket! Vous savez comme à la boucherie XD
J’ai le numéro 449, le compteur indique 250…. à 20h je passe devant la fille et elle me dit: il me faut ce papier sinon je ne vous accepte pas! Je suis en RAGE!
Le lendemain c’est de 9h à 12h… J’arrive à 8h45 et une dizaine de personnes attendent déjà! J’attend à 9h20 (vive la ponctualité) la secrétaire arrive pour mettre les tickets tout le modne se précipite, mais pour rien! Ils ont décidé de ne prendre que les tickets de la veille! Heureusement que je l’avais gardé XD
A 9h40 je resssors avec ce précieux papier, je cours à un autre bâtiment (…)
la suite ici

Nihilya essaye de s’inscrire aux tests de langue :

J’ai retrouvé, il y a une semaine, un petit papier rouge me disant que je devais m’inscrire à un test de niveau en Anglais pour pour m’inscrire à des cours de LV1. Normal donc… Le dit papier expliquait, en jolies lettres noires, qu’on pouvait prendre connaissance des “modalités d’inscription” auprès du bureau B216 les 10&11 septembre.(…) Je suis donc allée ce matin, fraiche et pimpante comme vous vous l’imaginez sûrement, au secrétariat B216 avec la ferme intention de leur expliquer à quel point le téléphone c’est formidable quand on a pas envie de se taper 1h15 de trajet pour deux pauvres papiers. Naïvement, je pensais que ce serait ouvert… Après donc, avoir cherché mon chemin dans cette “choses” qu’est St Denis… Je me suis retrouvée (avec une quinzaine d’autres naïfs étudiants comme moi) devant une porte fermée… Jusqu’à 14h30. Inutile de vous préciser à quel point je crevais d’envie d’attendre 4h devant une porte blindée dans un couloir.

Zazen bizarre est dépitée :

J’ai repris le travail, bientôt la fac, ça me dépite un peu d’aller me peiner le cul à st denis après avoir visité les Colleges de Cambridge.

Il est possible de retourner en arrière et de constater que c’était pareil l’année dernière. Pour éviter certains désagréments, nous avons pris l’habitude, au département de sociologie de prévenir en avance et en essayant d’être clair. Il n’empêche, les étudiantes ont des questions parfois inattendues.

Le slogan n’est pas une marchandise comme les autres

En entendant Bernard Thibault de la CGT déclarer ce matin que “L’énergie n’est pas une marchandise comme les autres”… il m’a semblé vivre un moment de déjà-entendu. Et une recherche rapide sur n’est pas une marchandise comme les autres donne en effet des résultats amusants (issus de la rapidité, de l’économie des frais de recherche et de la cohabitation de discours des plus légitimes aux plus farfelus). Il semble y avoir toute une classe de marchandises (virtuelles, réelles, matérielles, symboliques) pas comme les autres. Extraits :

l’information n’est pas une marchandise comme les autres
Le logement n’est pas une marchandise comme les autres
Le travail n’est pas une marchandise comme les autres
la culture n’est pas une marchandise comme les autres
la santé n’est pas une marchandise comme les autres
L’agriculture n’est pas une marchandise comme les autres
le livre n’est pas une marchandise comme les autres
Le médicament n’est pas une marchandise comme les autres
L’eau n’est pas une marchandise comme les autres
La nourriture n’est pas une marchandise comme les autres
L’offre de formation n’est pas une marchandise comme les autres
Le produit culturel n’est pas une marchandise comme les autres
une langue n’est pas une marchandise comme les autres
la presse n’est pas une marchandise comme les autres
La force de travail n’est pas une marchandise comme les autres
L’électricité n’est pas une marchandise comme les autres
la monnaie n’est pas une marchandise comme les autres
L’alcool n’est pas une marchandise comme les autres
L’audiovisuel n’est pas une marchandise comme les autres
l’art n’est pas une marchandise comme les autres
Le diamant n’est pas une marchandise comme les autres
le logiciel n’est pas une marchandise comme les autres

De l’eau au diamant (exemples paradigmatiques pour les économistes à la recherche des sources de la valeur), de la nourriture à l’art, du travail à l’alcool…
Ironiquement, personne n’avait encore été indexé par google avec “la religion n’est pas une marchandise comme les autres” (alors que cela pourrait être une forme de dénonciation de la Scientologie), ni avec “le sexe n’est pas une marchandise comme les autres”.

Mais comment faites-vous ?

A plusieurs reprises, ces dernières années, j’ai, sans le vouloir, étonné certains bloggueurs en citant leurs textes, ou en laissant un commentaire sur leur site. Exemples :

Comment es tu tombé dessus, pour l’instant on est introuvable !

ou

D’ailleurs, comment avez-vous eu l’adresse du blog, j’ai pu voir que vous aviez mis l’information sur votre site (nous ne l’avions pas encore communiquée) ?

ou encore

Mais comment fait-il pour être au courant si vite, je n’avais même pas mis de lien. Je suis sûr qu’une armée d’esclaves prédoctorants enfermés dans un bunker sous-terrain scrute la toile 24h/24 à la recherche de la moindre allusion au Maître…

Eh non, je n’ai pas d’armée d’esclaves… Mais encore il y a peu, je recevais un coup de fil d’une webmastrice s’étonnant d’un lien vers son blog (un projet collectif) qu’elle n’avait pas rendu public. Ou du moins pas volontairement.
Il importe alors de préciser que tout ce qui est publié sur internet est, par défaut, public. Les hébergeurs de blogs, a priori, proposent tous une chose, le ping. A chaque fois qu’un article est publié, la machine (n’entrons pas dans les détails techniques) va sonner des annuaires de blogs : technorati, weblo.gs, icerocket, ou autres. Le ping informe ces annuaires ou ces moteurs de recherche spécialisés qu’un nouvel article a été publié, et les annuaires viennent chercher, automatiquement, l’article. Pas seulement l’article : ils indexent aussi le nom du blog, et le nom (ou le pseudonyme) de l’auteur… tout ce qui se trouve, en fait, dans le fil RSS ou ATOM créé par l’hébergeur. Certains blogueurs pensent ainsi qu’en ne publiant pas, sur leur site, leur nom, ils sont anonymes, alors que le fil RSS, lui, le propose.
Il n’est donc pas nécessaire de dire à d’autres personnes physiques que votre blog existe : par défaut, l’ensemble des moteurs de recherche le saura très vite.
Il est aussi relativement simple de s’abonner à des recherches particulières. Imaginons, par exemple, que, comme Phersu, je sois fan de Nabuchodonosor. Je peux demander à google (blogsearch.google.com) de m’avertir dès qu’un blog contient ce mot particulier. Ou une combinaison de mots, comme “Ségolène Sarkozy”. Il suffit alors parfois d’une seule minute après qu’une bloggueuse a appuyé sur le bouton “publish” pour que l’on m’avertisse qu’un nouveau billet sur le roi Nabuchodonosor vient d’être publié. J’ai comme cela une série d’alertes en place : sur mes sujets d’intérêt ou de recherche, comme les Eruvim, sur mon université, sur certains magasins, sur certaines personnes. Et, contrairement à ce que croient certains de mes interlocuteurs, je suis loin d’être “le seul à faire ça” : j’ai pu remarquer que certains mots étaient fort suivis.
Et ces systèmes font que : publier “sur” votre blog garantit que cela n’y reste pas. Un service comme bloglines re-publie et conserve le contenu des billets (ce qui permet à certains auteurs dont le serveur est mort de retrouver parfois assez facilement des années de publication).
Comment remédier à toute cette publicité involontaire ?

1- regardez les “options” de votre fil RSS et demandez à ce qu’il ne soit pas généré ;
2- ou alors à ce qu’il ne comptienne qu’un extrait de votre blog ;
3- demandez à ce que votre blog ne soit accessible que par mot de passe ;
3bis – désactivez le ping ;
4- si vous testez l’apparence de votre futur blog, lorem-ipsoumisez le. Le Lorem Ipsum évite la dolor que peu amet ;
5- faites attention au nom d’auteur choisi, au “sous titre” du blog… à tout ce qui sert à sa description ;
6- faites des fautes d’orthographe volontaires : Nabuchaudinosaure… mais cela ne changera pas grand’chose : j’ai presque plus de visiteurs cherchant des “sexchop” (ouille !) que de connaisseurs de l’orthographe correcte. Et google a tendance à corriger de lui-même, maintenant.

J’ai pour politique de corriger sur demande : si j’ai cité “trop vite”, j’enlève le passage en question. Mais malheureusement pour vous, l’alexandrin que je vais publier, comme ce que vous avez publié… s’est déjà-t-envolé vers de verts pâturages.

Mise à jour

Quelques changements proches sur ce blog pourraient “casser” les fils RSS et ATOM et modifier leur adresse (il faudra se réabonner et vérifier manuellement…), mais devraient laisser entiers les “permalinks”.
mise à jour du 31 juillet : Apparemment, ça fonctionne plus ou moins normalement (formulaire de recherche, archives mensuelles par ordre chronologique, gestion du “hors blog” avec wordpress). Vous pouvez commenter si c’est cassé…

Le retour de Phersu

Voix étrange, Phersu est revenu, et s’est doté de son propre domaine, phersu.fr. Il y a encore des petits problèmes dans les “liens permanents” (phersu.fr est pour l’instant une sorte de coquille qui renvoie sur free.fr), mais tous les pingouins célèbrent son retour !
Signalons qu’il revient sur la pointe des pieds, “toujours pas tellement envie d’écrire, à vrai dire” (même s’il écrit probablement sans avoir besoin d’avoir envie, ce qui fait en fait tout l’intérêt).

Brainstorming

Je n’arrive pas à savoir si ce site, qui fait un lien vers le mien, est une sorte de canular, ou si c’est une véritable agence de publicité qui jouerait sur le second degré.