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La folie fiançailles – Elle Magazine

Un article de trois pages sur les fiançailles se trouve aujourd’hui dans le magazine Elle, et c’est bien agréable d’y être rapidement cité. Je ne sais pas si cette citation va faire venir des lectrices sur ce blog, ou des personnes intéressées par la sociologie des fiançailles. Ces dernières pourront toujours lire des articles (principalement sur les bénédictions catholiques de fiançailles).

Rompre des fiançailles ?

Mes articles sur les fiançailles [voir un rite mou ?, un rite en construction ? ou une entreprise de morale ?] et un conseil de Martine Segalen ont amené une journaliste du magazine Elle a me poser quelques questions. J’espère ne pas avoir dit trop de bêtises… je suis en général surpris par les citations choisies pour illustrer mes propos, on verra bien ce que ça donne.
Une question qui n’a pas été abordée est celle des inquiétudes des juristes, après la Première Guerre mondiale, au sujet de la rupture des fiançailles — mais pourquoi donc ces débats n’intéressent pas Elle ?. Un article souvent cité, “Le Problème juridique de la rupture des fiançailles” (de Louis Josserand, dans le Recueil Hebdomadaire de Jurisprudence Dalloz, 1927(10), Chronique, pp.21-24) en fait une “manière de divorce par anticipation”.

[A]lors qu’autrefois on se mariait sur place, dans son milieu et dans son monde, depuis quelques années les unions se sont multipliées entre gens appartenant à des classes, à des groupes sociaux, à des pays différents. Les projets éclos soudainement, dans de semblables conditions, ne résistent par toujours à un examen plus sévère […]

D’où, selon lui, la mode des ruptures.
Un autre juriste (Jean Lefebvre, voir références en bas) présentait plus en détail le contexte d’un renouveau des promesses de mariage :

Pendant longtemps, nos parent n’auraient pas toléré ce que l’on appelle aujourd’hui l’émancipation de la jeune fille. Celle-ci à la fin du siècle dernier [i.e. le XIXe siècle] était encore élevée au couvent et les « entrevues » avec les candidats au mariage, lorsqu’elles se produisaient, se déroulaient selon des rites immuables de convenances mondaines, précédées d’enquêtes méticuleuses et de pourparler entre les familles.
Il s’en suivait que les promesses de mariage étaient certainement plus rares qu’aujourd’hui. Une jeune fille qui eût été l’objet d’une proposition directe eut renvoyé l’imprudent au verdict de ses parents. Ces promesses n’avaient pas non plus la même importance que de nos jours.
[…]
Par ailleurs les moeurs du temps permettent aux jeunes gens, aux jeunes filles des rencontres fréquentes, faciles, libres ; sur le « court » de tennis ou à la plage, au bureau ou à l’atelier, à l’université et déjà au Lycée, dans les oeuvres sociales, les contacts directs se multiplient, bousculant l’antique étiquette, voire la « vieille galanterie française » pour y substituer un esprit de camaraderie et de libre examen de problèmes que jadis la jeune fille n’avait même pas le droit d’aborder.

Donc : des promesses plus nombreuses, faites par les futurs mariés eux-mêmes et surtout, directement par la fiancée…
Tout cela pose un gros problème au juriste consciencieux. Car Josserand remarque — tout comme ses confrères — que si les promesses de mariages sont “nulles et non avenues” (depuis 1838 et un arrêt de la cour de cassation), les dommages versés en cas de rupture sont de plus en plus fréquents (en 1927, toujours) :

Ainsi, d’une part, la Cour de cassation proclame la nullité absolue, la complète inefficacité de la promesse de mariage, et d’autre part, elle subordonne l’allocation de commages-intérêts au profit de la victime à la preuve péremptoire de la réalité de ladite promesse : il nous paraît difficile d’accumuler en quelques idées plus de contradictions.

Soucieux d’unité logique, Josserand en vient à proposer une nouvelle vision des fiançailles :

[L]a promesse de mariage n’est pas une opération qui doive être considérée isolément et qui se suffise à elle-même ; elle n’est pas un but, mais un moyen, un avant-contrat ; son rôle est d’ouvrir une période d’épreuve au cours de laquelle rien de définitif, rien de juridiquement irréparable ne saurait être accompli […]
Ainsi compris, les promesses de mariage affectent un type juridique analogue à celui du contrat de louage de services à durée indéterminée, tel qu’il est fixé dans le code civil dans l’art. 1780 modifié par la loi du 27 décembre 1890 […]
[E]n consolidant, en consacrant juridiquement le situation antérieure au mariage, c’est le mariage lui-même qu’elles [les fiançailles] viennent consolider, et par le jeu des principes généraux du droit ; sans prêter au reproche d’incohérence et de contradiction.

(Celles et ceux qui veulent aller plus loin
– et s’offrir une discussion juridique bien datée sur les méfaits de l’émancipation féminine consulteront :LEFEBVRE, Jean, Le Problème de la Rupture des fiançailles ou promesses de mariage en jurisprudence, étude de droit comparé Thèse pour le doctorat, Université de Dijon, faculté de droit, Paris : Jouve et Cie, 1935, 240p.
– et s’offrir un article du Yale Law Journal sur les Rules of engagement (le titre est un jeu de mot sur les fiançailles et les conditions de possibilité d’une attaque militaire) liront avec grand intérêt l’article de Rebecca Tushnet Rules of Engagements)
).

PS : 1 -la lecture d’une série de thèses de droit sur les fiançailles et leur rupture m’a fait prendre conscience de l’ampleur du plagiat parmi les juristes, au moins entre 1850 et 1935 : on trouve des dizaines de pages copiées, sans indication de leur provenance… Il devient alors beaucoup plus facile de produire une thèse rapidement.
2- Il va peut-être falloir revoir les catégories que j’utilise… J’ai placé ce billet dans la rubrique “sexualité” parce que je n’ai pas de rubrique “droit”…
3- J’ai écrit plusieurs articles sur les fiançailles

Et de deux !

Après l’installation d’une version de WordPress pour servir de “CMS” au site du département de sociologie de Paris VIII, le service communication de l’université m’a demandé de leur montrer un peu plus en détail les blogs… J’en ai profité pour joindre la pratique à la théorie en installant un site minimaliste pour l’UFR4 de Paris 8 (la réunion des départements d’histoire, de socio et de littératures) : il fonctionne avec WordPress et va, je l’espère, servir à diffuser certaines informations liées à l’UFR et aux “écoles doctorales”.
Je me suis servi du flux RSS du département de sociologie pour l’insérer au site de l’UFR4, qui diffuse donc, dans une colonne à droite, les informations récentes du département de socio. Cela devrait pousser d’autres départements de l’UFR à adopter un même système… On verra ça à la rentrée. Globalement, j’ai moins de problèmes qu’un certain stagiaire à convertir le monde universitaire aux joies du PHP/MySQL.
(Il y a encore des erreurs de langue : je vais devoir traduire en partie ce que publie WordPress : “Archives for June, 2005” n’est pas toujours compréhensible…)

Webmaster

Après avoir rapidement mis en place le site internet du département de sociologie de Paris 8, je suis en train d’installer un système permettant plus facilement de le mettre à jour (en évitant d’avoir à ftp-er des fichiers). J’ai donc commencé à personnaliser une installation de WordPress qui puisse servir à gérer le site, permettre aux secrétaires d’y placer des “news”, de mettre à jour la bibliographie d’une enseignante… que sais-je. Le département de sociologie de Paris 8 tourne donc maintenant entièrement avec WordPress (il a été installé hier sur le serveur de Paris 8 avec l’aide de G.-M. Ribes Ros de la cellule communication de l’université).
Je suis preneur de commentaires, surtout si certains navigateurs semblent faire exploser les pages (il y a des petites erreurs de caractères et quelques images qui ne s’affichent pas, mais où ?).

Labyrinthe et mariage de Bègles (cour d’appel, Bordeaux)

L’arrêt de la cour d’appel est presque entièrement en ligne ici : blog de Maître Eolas et en intégralité sur le “site” de “l’observatoire” (sic) du “communautarisme” (oui, je les sicque et je les guillemette, les “observateurs” (sic)).
Passons alors à quelque chose de plus réjouissant, l’arrivée sur internet de la revue Labyrinthe, des “cahiers d’études pluridisciplinaires” qui en sont à leur vingtième numéro. La revue a été fondée par des pré-doctorants-doctorants-post-doctorants vers 1998 et est publiée par les éditions Maisonneuve et Larose. Comme vous pouvez le constater, le comité éditorial de cette revue est un prâliné fourré au normalien (mais on me fait remarquer que ce n’est pas que du normalien, c’est surtout un prâliné très crunchy, il y a une bonne moitié d’agrégées ou diplômés d’I.E.P.). Pour l’instant, les (presque) six premiers numéros sont en ligne, au format html mais l’on me signale qu’une version PDF des articles est pour un bientôt proche. Les amateurs de RSS souligneront que Labyrinthe dispose de fils RSS permettant de suivre l’actualité de la publication. Pas de risque d’information overload, c’est une revue trimestrielle. (note : je n’ai pas d’action ou de stock options dans Labyrinthe, mais j’y ai publié deux articles)
Pour finir, les trois premières pages (avec coquilles) d’un article pour la revue Social Compass, Do the Rite Thing (pdf, sur les “unions civiles religieuses” dans le Vermont).

Washington (2)

Bien fatigué de retour de Washington : arrivée à 7h à Roissy et cours à Saint-Denis de 14h à 16h30. De Washington, une petite photo :

J’ai un DOI

Mon article dans le Journal of Lesbian Studies, The Geography of civil unions in Vermont a, comme tous les articles de cette revue, un DOI, en l’occurrence 10.1300/J155v09n01_17
Un DOI, ou Digital Object Identifier, permet d’identifier de manière unique un document numérique… mais il semble que mon DOI soit cassé, ou pas encore entré dans la base de données de doi.org, qui m’indique “Error – DOI Not Found”…
Cet article est la traduction, par Mary Eichbauer, de la géographie de l’union civile publié en 2003 dans Mappemonde.

Département…

J’ai été chargé de construire le site du Département de sociologie de Paris 8, qui n’avait jamais existé (et qui n’est pas toujours accessible, ou toujours pas accessible, ça dépend…). Les lecteurs de ce blog ne seront pas du tout étonnés par la mise en page utilisée : j’ai repris en gros ce que j’utilise pour le blog. Je m’en suis tenu au plus dépouillé possible (exception faite d’une image très visible, même aggressive).
Comme je n’ai pas encore accès au serveur de P8 directement, j’ai envoyé les fichiers au responsable de la communication, qui les a placés sur le site… Et dans l’échange, les fichiers qui étaient en UTF-8 ont perdu leurs accents ou quelque chose comme ça… Quelques erreurs sont donc à craindre.
Je pense par la suite installer WordPress afin que le secrétariat ou moi-même puissions ajouter des “actualités”.

Modernité rituelle

En février 2003, j’ai présenté, lors du colloque annuel de l’Association française de sciences sociales des religions, une communication sur les fiançailles catholiques comme “rite mou”. Au contraire de la conceptualisation courante du rite en sociologie ou en anthropologie des religions (un acte formel, “mort”, que l’on oppose vite à d’autres actes, qui seraient plus “vivants” ou manifesteraient mieux l’appropriation personnelle…) un rite mou est une forme qui a toute l’apparence du ritualisme le plus formel sans toutefois avoir fait l’objet d’une formalisation réussie (et qui reste donc “mou”). Les fiançailles catholiques, une cérémonie sans rituel, forment à mon avis l’exemple parfait du rite mou.
Pour le colloque, j’avais proposé en titre Le rite est mou, vive le rite!, mais les organisateurs en avaient peu apprécié l’humour et m’avaient demandé de changer de titre…
Tout ça pour dire que, deux ans plus tard, cette communication est enfin publiée, dans un ouvrage collectif, La Modernité rituelle, paru ces jours-ci chez L’Harmattan. (La modernité rituelle, sur alapage.fr ou La modernité rituelle à la fnac, et sur amazon) Je n’ai pas encore reçu mon exemplaire, j’espère que cela ne tardera pas!

Devant Dieu, face au droit

J’ai reçu ce matin les tirés à part (une vingtaine) de mon article pour Critique internationale.Vous nous avez vus à la Gay Pride, nous vous invitons à assister aux services L’article est court (10 pages) et il est a priori un peu perdu dans un numéro dont le thème principal est “Les instruments de l’élargissement de l’Union européenne” (mon article est dans une section “hors-thème”). Mais Critique internationale est une revue fort bien mise en page, sur du beau papier crème, et l’illustration que j’avais proposée à l’article (reproduite ci-contre), a été acceptée.
C’est la reproduction d’une publicité pour l’église épiscopalienne Saint John’s in the Village, au sud de Manhattan à New York, dans la version papier de l’hebdomadaire Gay City News (juin 2003). “Vous nous avez vus à la Gay Pride”, dit cette publicité, rappelant ainsi aux lecteurs que le défilé de la semaine précédente comportait une délégation de cette église, prêtre en tête avec banderole et fidèles. “Nous vous invitons à nous joindre aux services dominicaux”, poursuit cette pub. L’homosexualité des fidèles est ici moins un péché qu’une ressource organisationnelle…
La suite dans mon article. Critique internationale est achetable sur amazon.