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Archives de la catégorie : 'General'

Un graphique

Je ne sais comment nommer ce type de graphiques : en abscisses, des années, et en ordonnées, des personnes, le graphique lui-même consistant à indiquer (en noir) que la personne est vivante (ou présente)… Une frise ?
N’ayant pas de nom, il est somme toute normal d’avoir du mal à le créer avec R, le logiciel d’analyse statistique “open source”. L’année dernière, j’avais bricolé un code affreux pour aboutir à quelque chose de potable. Je voulais un peu plus simple.

Démarrons avec ceci :

  date Pass Cixo Cast
1 1969    1    1   NA
2 1970    1    1    1
3 1971    1    1    1
4 1972   NA    1    1
5 1973   NA   NA    1

Dans l’institution étudiée, Jean-Claude “Pass” et Hélène “Cixo” sont présents dès 1969 (mais seront tous deux absents en 1973), tandis que Robert “Cast” arrive en 1970. Il est toujours là en 1973.

Appelons “soci” cette chose.
Dans R, le package “reshape” permet de transformer ces données en quelque chose de plus aisé à travailler :
soci<-melt(soci,id=c("date"))
Ce qui donne :

   date variable value
1  1969     Pass     1
2  1970     Pass     1
3  1971     Pass     1
4  1972     Pass    NA
5  1973     Pass    NA
6  1969     Cixo     1
7  1970     Cixo     1
8  1971     Cixo     1
9  1972     Cixo     1
10 1973     Cixo    NA
11 1969     Cast    NA
12 1970     Cast     1
13 1971     Cast     1
14 1972     Cast     1
15 1973     Cast     1

Pour obtenir la frise ci-dessous, j’ai chargé le package “ggplot2”
Les instructions utilisées sont les suivantes. Les répétitions de theme_blank() peuvent sans doute être éliminées.
qplot(date,value,data=soci,geom="line",group=variable)
+ facet_grid(variable~.,scales="free",space="free")
+ opts(
panel.grid.minor=theme_blank(),
panel.grid.major=theme_blank(),
panel.background=theme_blank(),
axis.line=theme_blank(),
panel.border=theme_blank(),
axis.title.y=theme_blank(),
axis.text.y=theme_blank(),
strip.text.y=theme_text())

Tout ça pour ceci :
soci

J’ai conscience de la futilité d’un tel exemple, mais cette représentation graphique, appliquée à une institution plus nombreuse, sur un plus grand nombre d’année, devrait permettre de visualiser de manière synthétique les arrivées et les départs, la permanence d’une partie du personnel et la bougeotte d’une autre partie.

On peut aussi ajouter à cette représentation d’autres informations. Par exemple, “0” indiquerait un statut d’assistant, “1” un statut de maître de conférences et “2” un statut de professeur.

  date Pass Cixo Cast
1 1969    0    1   NA
2 1970    1    2    0
3 1971    1    2    1
4 1972   NA    2    1
5 1973   NA   NA    2

On pourrait ainsi repérer des changements de statut dans la carrière :

soci2
Les instructions (un peu tordues, car je demande le dessin d’une ligne d’épaisseur zéro)…
qplot(date,value,data=soci,geom="line",group=variable,lwd=0)
+ geom_rect(aes(xmin = date-0.5, xmax = date + 0.5, ymin = 0, ymax = 2.5, fill=factor(value)))
+ facet_grid (variable ~ .,scales="free",space="free")
+ opts(
panel.grid.minor=theme_blank(),
panel.grid.major=theme_blank(),
panel.background=theme_blank(),
axis.line=theme_blank(),
panel.border=theme_blank(),
axis.title.y=theme_blank(),
axis.text.y=theme_blank(),
strip.text.y=theme_text(),
legend.position = "none")
+ scale_fill_manual(values = c("NA"="white","0"="lightgrey","1" = "darkgrey","2"="black"))
+ scale_y_continuous(breaks=NA)

Note : Pour aller plus loin, le blog http://learnr.wordpress.com/ (attentif à l’élégance graphique) contient nombre d’exemplesqui m’ont énormément servi.

Liste de choses futiles (21)

Ah ce qu’on découvre quand on s’égo-google…
teletpsstarUn de mes articles a été traduit en italien : Gli omosessuali e le chiese cristiane degli Stati Uniti. [Pour mémoire l’article original se trouve ici] ♪ Indice H ♬ Facteur d’impact ♬♯
Un autre article est cité dans Espaces de pacs [pdf], un article de deux géographes. ♪ Indice H ♬ Facteur d’impact ♬♯
J’espère que vous avez remarqué que j’apparaissais (juste une citation, pas en photo) dans GQ Magazine de septembre… ♪ Indice H ♬ Facteur d’impact ♬♯
Une journaliste est venue me filmer pour une émission : tout est fait par une seule personne maintenant : caméra, lumière, son, questions… Le reportage devrait être diffusé d’ici un mois ou deux… ♪ Indice H ♬ Facteur d’impact ♬♯
*
Et ailleurs dans le monde…

  • Il paraît que les politistes françaises seraient trente à tenir un blog (elles sont en tout cas nombreuses sur facebook).
  • Suivez-vous les écrits d’un des quinze sociologues à avoir un blog, le Panda Sociologue sur 52articles.wordpress.com ? Je crois commencer à savoir “d’où il parle”. Du moins, je me fais une idée : les revues citées (Sociologie du travail, RFS, Sociologie pratique) m’incitent à le placer, si il est normalien, du côté de l’ENS Cachan (et pas du tout Ulm ou LSH-Lyon). Je ne le vois pas en province (ni à Bordeaux, ni à Aix, ni à Nantes). Peut-être à P10. Un IEP de province ou de Paris ? non, pas vraiment. Qu’il utilise Firefox ne m’étonnerait pas. Le Panda pourrait fort bien être plusieurs : un couple de Pandas se dissimulant sous un pseudonyme (Pandore et Damien ?)…
    Et vous, avez-vous une idée sur le Panda ?
  • Incompétences

    En juin dernier, l’information s’est diffusée largement : Michel Maffesoli s’était auto-promu “professeur de classe exceptionnelle”, avec l’un de ses mignons, Tacussel. Cela prêterait à sourire si ces deux personnes n’étaient en charge des promotions pour la 19e section du CNU (sociologie et démographie).
    Les casseroles que traînent ces deux-là sont connues, mais au ministère, ils sont en cour. [Et d’aucuns — ouh les mauvaises langues — disent qu’être franc-maçon, ça aide. Je ne puis m’associer à ces rumeurs !]
    On peut lire, sur la liste de diffusion de l’ASES, des discussions au sujet de l’autopromotion. Je me permet ici d’émettre un jugement personnel : ça ne vole pas très haut. Mais jugez par vous même…
    Sans transition, mais vraiment, sans transition, et sans aucun lien avec ce qui précède, car on va parler maintenant de l’Italie, pas de la France, ni du CNU : L’incompétence sert parfois de signal

    [Après avoir étudié certains criminels] Gambetta affirme que quelque chose de similaire se passe chez les baroni qui président aux comités de sélection impliqués dans les modes de promotion académiques en Italie. […] Les baroni opèrent sur la base d’un pacte en réciprocité, qui requiert beaucoup de confiance, car les dettes ne sont remboursées que bien des années plus tard… Les figures les plus puissantes, dans ce système, tendent à être les moins intellectually distinguished.
    (…) Etre incompétent, et le montrer, transmet un message : “je ne tirerai pas au flanc, car je n’ai pas les munitions (intellectuelles)”. Dans un marché académique corrompu, être bon, être intéressé par sa recherche, signale en revanche un potentiel de carrière indépendante de la réciprocité corrompue.
    *
    Gambetta argues that something similar takes place among the baroni (barons) who oversee the selection committees involved in Italian academic promotions. While some fields are more meritocratic than others, he says, the struggle for advancement involves a great deal of horse trading. “The barons operate on the basis of a pact of reciprocity, which requires a lot of trust, for debts are repaid years later. …The most powerful figures in this system, says Gambetta, tend to be the least intellectually distinguished. … “… and this is what is the most intriguing, they do not try to hide their weakness. One has the impression that they almost flaunt it in personal contacts.” … Gambetta argues that the cheerful incompetence of the baroni is akin to the mafioso’s way of signaling that he can be “trusted” within his narrowly predatory limits.
    “Being incompetent and displaying it,” he writes, “conveys the message * I will not run away, for I have no strong legs to run anywhere else. * In a corrupt academic market, being good at and interested in one’s own research, by contrast, signal a potential for a career independent of corrupt reciprocity…. In the Italian academic world, the kakistrocrats are those who best assure others by displaying, through lack of competence and lack of interest in research, that they will comply with the pacts.”

    Se pourrait-il aussi qu’en France, les kakistocrates puissent être suffisamment nombreux pour se gratter réciproquement le dos ? Cela demande, sans doute, des recherches approfondies.

    Choses en listes (19)

    Le site wikio.fr me contacte tous les 3 mois pour me proposer de révéler, en avant-première, leur classement des blogs scientifiques… Mais ça ne m’intéresse pas vraiment (pas plus que faire des échanges de liens avec des sex-shops en ligne).
    En revanche, leur “wikiopole” http://labs.wikio.net/wikiopole/ est plus amusant et on peut y passer des heures. Au lieu d’un classement, c’est une sorte de carte des blogs :
    wikiopole
    La taille des points est probablement proportionnelle au nombre de liens (certains sous-groupes aiment beaucoup faire des liens entre proches et sont ainsi bien visibles). Les couleurs identifient des intérêts différents (bande-dessinée, cuisine…). coulmont.com se trouve dans la catégorie “sciences” (avec arhv-lhivic et aixtal), entre “politique” (en vert) et “high-tech” (en rouge). OK, pourquoi pas.

    Etrangement, pas de “pédéblogueurs” identifiés (outons ici http://blog.matoo.net, ajoutons aussi D. Madore). Un bon tiers des sites semblent être des blogs de “scrapbook” ou des blogs de scrapbook.

    La représentation proposée est “classique” en sociologie des réseaux. On pouvait voir sur OrgTheory récemment une représentation similaire des 53 textes les plus cités récemment dans les trois principales revues de sociologie américaines.
    Il y a quelques années, OuiNon avait proposé une cartographie un peu différente, dont la construction artisanale ne permettait pas de mise à jour automatique.
    ouinoncarte.
     
    Ailleurs sur internet : Gizmo : le sabordage des économistes français : quand elles évaluent leurs collègues, les économistes françaises leur mettent des mauvaises notes… Romain Garcier en Ouzbekistan.
     
    Phnk / The Nincompoop Continuum / Fr. / Boîte Noire / François Briatte devient, mois après mois, une expérience de minimalisation : les billets disparaissent, le nom change, tout s’efface petit à petit et son “Book of Saturday” est incompréhensible… Pas vraiment une mandala tibétaine électronique, plutôt le blog d’une nouvelle de Borges.

    Trois choses sans rapport entre elles

    Où l’on parlera de camouflage d’objets porno, de décryptage sociologique et d’ethnographie universitaire.

    • 1- Voici un exemple de camouflage relevé dans Une année d’amour de Louis Doucet (1969, éditions Eric Losfeld). En 1968, un disque de chants guerriers à 45 tours pouvait devenir autre chose à 33 tours :

      langoureux-disque

      Ces disques pornographiques existaient réellement. Dans le très oubliable magazine Couple 2000 (1974, n°11) l’on peut en effet lire :

      Les secrets de votre chambre d’amour
      (p.7) Le dernier élément indispensable de votre chambre d’amour doit être une armoire ou une commode fermant à clé. Vous y rangerez soigneusement, à l’abri de toute curiosité des enfants ou de la femme de ménage, vos gadgets amoureux :
      – un vibromasseur, très utile pour la recherche mutuelle des zones érogènes. (On en trouve en pharmacie)
      – différents anneaux, à pointes caoutchoutées, à cils de vison… que l’on trouve dans les sex-shops (ventes discrètes sur catalogue pour les timides ou les éloignés). (p.8) Ces anneaux se placent autour du pénis et procurent à la femme des sensations nouvelles (au moins à essayer).
      – des parfums aphrodisiaques tels les batonnets d’encens.
      – vaseline et cold-cream indispensables pour la pénétration anale.
      – quelques photos et disques pornographiques qui peuvent aider à renouveler ou varier les plaisirs. (…)

    • 2- Sans transition, via Denis Colombi : Panda Sociologue sur http://52articles.wordpress.com/ se propose de lire, en détail, un article de sociologie par semaine, et d’en expliciter les tenants et les aboutissants.
      L’une des choses que j’ai mis longtemps à comprendre, c’est que les sociologues n’écrivent pas des histoires : leurs textes s’inscrivent dans des débats scientifiques et sont à comprendre comme des arguments dans ces débats. (Pour les sociologues, la sociologie ne vaudrait pas une heure de peine si elle n’était pas ceci.) L’ennui, c’est que, le plus souvent, ces débats ne sont pas suffisamment explicités. L’allusion l’emporte, et comprendre un article nécessite alors toute une culture sociologique…
      Le Panda Sociologue apporte un décryptage, et plus encore…
      [Par ailleurs : j’en recherche d’autres, des blogs de sociologues…]
    • 3- Eli Thorkelson est un socioanthropologue américain… sur decasia.org il livre ses réflexions sur l’université française. Ici une comparaison entre P4 et P8.
    • 4- En bonus : What is Alsace ? sur Understanding Society.

    Argent politique : le medium et son message

    L’argent n’est pas seulement un “moyen universel d’échange”. Il circule, et sa capacité à circuler rapidement, sa “liquidité”, est probablement un élément essentiel. Certains ont pris appui dessus pour faire circuler autre chose avec l’argent.

    Dans un article de 1994, Messages sur billets de banque. La monnaie comme mode d’échange et de communication, l’ethnologue italien Fabio Mugnaini passait ainsi en revue les usages des billets de 1000 lires (50 centimes d’euro) :

    C’est une expérience courante, pour qui vit en Italie, de trouver des billets qui portent des écrits, des dessins, des messages disparates (…) La présence de textes renvoyant à des formes métriques et à des genres narratifs de la tradition orale, l’existence de messages impliquant des croyances populaires de nature magico-religieuse m’ont conduit à explorer, en ethnologue, ce chapitre de culture populaire qui circule de main en main et à faire l’hypothèse qu’il s’agit là d’un nouvel objet ethnographique à traiter comme une forme contemporaine de création culturelle.

    Les billets ont donc plusieurs qualités qui aident leur transformation en posttites, en tracts, en dazibaos (dazibaii ? dazibaa)… : ils ont longtemps servi aux États à diffuser certains messages (slogans, symboles, souveraineté…), ils sont en papier (avec un espace blanc pour les filigranes), peuvent être de faible valeur (n’échappant donc pas à la souillure) et surtout, au contraire de la feuille blanche, ont quand même trop de valeur pour être jetés si souillés.

    On trouve donc d’autres pays que l’Italie pré-Euro où les messages sont fréquents. Au Brésil, sur les coupures de 2 reais.

    Aux Etats-Unis, moins fréquemment, sur les billets de 1 dollar [exemples : 1 2 3 4…]

    Mais un correspondant, Ben, après avoir lu un billet récent (sur les marquages de la monnaie), attire mon attention vers deux exemples intéressants. En Chine et en Iran, les messages sur les billets servent à contourner la censure politique :

    Adeline Cassier sur son blog, chinopsis, récemment, écrivait, qu’en Chine, suite à son interdiction, le Falun Gong diffusait sa propagande ainsi : “messages spirituels et slogans anti-Parti sont écrits, et même imprimés, sur des billets de banque, et ainsi garantis de ne pas finir à la poubelle comme de simples tracts” — car ces billets ont une valeur…
    billet banque falun gong
    Extrait : “Dieu ne veut plus du Parti Communiste, quitter le Parti, c’est conserver la vie”
    [Voir aussi ce billet ]
    Il semble que cette pratique ait été théorisée par le mouvement : S’il faut en croire un site internet : « Le 25 février 2006, Li Hongzhi a déclaré à ses adeptes : “Ecrire sur les billets de banque ‘Vive le grand le falungong’, ‘Quitter le Parti communiste chinois’ constitue, selon moi, une excellente méthode de diffusion de nos idées dans la mesure où les billets ne peuvent être ni jetés, ni détruits.“. »

    Le Monde mentionnait, en passant, un usage similaire en Iran :

    La coupure était couverte d’une écriture verte. “C’est notre nouveau mode de communication, a-t-elle dit en riant. Comme on nous a coupé les SMS, les portables et censuré les sites Web, on écrit des messages sur les billets de banque.” Voilà ce que disait celui-ci, en l’occurrence un poème: “Cette poussière, c’est toi [M.Ahmadinejad a traité dimanche ses adversaires de poussière], La passion, c’est moi, L’amant désespéré, c’est moi, La cruauté, c’est toi, L’aveuglement, c’est toi, Je suis téméraire et je suis impétueux, L’Iran est à moi.
    source

    Je n’ai pas réussi à trouver des usages semblables en URSS, dans l’Allemagne nazie ou en France occupée… et pourtant, je suis persuadé que des collectionneurs ont de tels billets “à message”… Mais peut-être que les billets, à ces époques et dans ces pays, n’étaient que des “grosses coupures”, qui ne circulaient pas aussi facilement que les toutes petites coupures supports de messages.

    En gros : je cherche à remplir ce graphique :
    argent-message

    (Merci Ben !)
    Mise à jour : sur flickr : funny money, money graffiti et the defaced presidents… mais ces messages sont ironiques (et ne semblent pas être liés à une forme de résistance)

    Varia

    Aujourd’hui : Jésus, Bourdieu, Socio-Voce :

    • Mais tout d’abord en introduction : une nouvelle maquette pour le site du département de sociologie de Paris 8.
    • La marche pour Jésus suivie par Frédéric Dejean :

      Les lieux traversés par la « Marche » ne sont pas laissés au hasard et possèdent une signification. De manière générale il s’agit bien de lutter contre certaines forces sataniques (porte d’Enfer) ou occultes (les « lignes ley » renvoyant à la radiesthésie) par le biais d’un « combat spirituel ». Ces différents éléments indiquent que le parcours n’est pas seulement une entreprise de mise en visibilité des Chrétiens dans l’espace public mais relève bien d’un projet religieux dans lequel la prière localisée en certains lieux aura des vertus positives.

    • Looking back at Bourdieu, par Michèle Lamont

      During these Paris years, I progressively moved away from Bourdieu because, to put matters bluntly, he did not know how to mentor young women, wavering between far too great proximity and distance.[NOTE] In the highly gendered (although not gender-aware) Parisian intellectual milieu of the early eighties, he was much more at ease with young brilliant men, onto whom he could project his younger self (I thought). Moreover, his research center had notoriously treacherous interpersonal dynamics which seemed far too complicated for the 21 year old woman that I was.

      NOTE : To clear any ambiguity, there was no sexual harassment involved, only awkwardness. Bourdieu’s inadequacy as a mentor of women resonates with his ignorance of the feminist scholarship and of the literature on gender inequality that was available at the time

      Il faudrait comparer cela à ce qu’écrit Luc Boltanski dans Rendre la réalité insupportable (où les filles apparaissent peu)… et aussi à ce qu’écrit Heinich (que je n’ai pas lu).

    • Socio-voce remplace “Fred et Ben sociobloguent”. Les articles sont toujours aussi bons. Mais le nouveau titre est meilleur que l’ancien.
      Soit dit en passant : connaissez-vous d’autres blogs de sociologues ouverts récemment ?

    Paramonnaies

    Il y a environ deux mois, ce reportage du journal télévisé de NBC, sur une monnaie locale, a suscité en moi un petit intérêt.

    [flashvideo file=https://coulmont.com/blog/fichiers/2009/nbc-localmoney-20090426.flv width=320 height=240 /]

    D’autres monnaies d’usage local nous entourent. A l’école (du moins il y a une trentaine d’année) les billes pouvaient jouer parfois un petit rôle monétaire. Les “bons points” pas vraiment : du moins, je ne me souviens pas d’échanges autre que Instituteur Elève. Mais un peu plus tard les tickets de cantine (ou tickets de Pot à Ulm), les cartes “monéo”, les tickets restaurant… pouvaient constituer des monnaies d’échange.
    Un économiste, Jérôme Blanc, a consacré sa thèse aux monnaies parallèles. Je vais ici le citer :

    [un groupe] se compose d’instruments créés par des organisations de type commercial (entreprises, banques, etc.) ou administratif (prisons, armée).
    Il peut s’agir de monnaies de nécessité, de monnaies dites «!privées!» dans le cadre d’une organisation officielle de la concurrence des émetteurs monétaires, mais aussi de systèmes de points d’achat mis en place par des commerces afin de fidéliser leur clientèle, des unités de compte créées ad hoc pour assurer un fonctionnement comptable détaché de l’inflation d’un pays ou des vicissitudes des taux de change, etc.
    Il peut s’agir aussi voire surtout de bons d’achat à validité limitée, c’est-à-dire d’instruments permettant d’acquérir des biens ou d’accéder à des services selon des modalités que la loi a restreintes. Ces contraintes limitent la validité de l’instrument dans le temps, dans l’espace, dans le choix des biens et services, ainsi que dans les personnalités morales et physiques qui l’emploient et dans celles qui l’acceptent. Les titres de services comme par exemple les titres restaurants émis par des entreprises privées sont des bons d’achat à validité limitée.

    Ce qui m’intéresse en ce moment, sans que je puisse y consacrer plus de temps, est le point suivant :

    Par ailleurs, l’existence des paramonnaies n’est généralement pas perçue comme perturbante par les autorités monétaires nationales, tout simplement car les paramonnaies ne sont pas perçues par elles comme quelque chose de monétaire, à la différence des monnaies étrangères ou des monnaies locales par exemple. C’est ainsi que les pouvoirs publics avalisent et encouragent, en France notamment, la création de bons d’achat à validité limitée tels que des chèques culture, les titres restaurant, les chèques Lire, etc. Ces bons d’achat à validité limitée sont destinés à orienter une consommation de biens ou de services en ciblant les personnes susceptibles de les employer et les structures susceptibles de les recevoir. Les monnaies de cercles, quant à elles, ne sont pas perçues comme dangereuses tant qu’elles restent confinées dans un cercle restreint de personnes ou de structures.

    Instants volés

    J’ai participé, cette année encore (comme l’année dernière) au concours d’entrée à l’ENS (côté jury). Sans avoir le talent des journalistes d’Envoyé spécial — qui suivaient quelques candidats, caméra au poing — voici trente secondes d’instants volés : salles vides, réunions… le concours côté jury.

    [flashvideo file=”https://coulmont.com/blog/fichiers/2009/concours2009-1.flv” width=320 height=180 /]

    Terminaisons des prénoms

    Comment se terminent les prénoms féminins ? Au début du XXe siècle, pour la quasi-totalité des bébés filles, par “-E” (comme beaucoup de prénoms masculins : de Alphonse à Maurice…). Mais aujourd’hui, les terminaisons sont plus variées : les parents, régulièrement au cours du XXe siècle, ont retenu des prénoms en “-S” (Agnès, Inès…), puis en Y (Kelly, Kimberly), en H (Elizabeth, Sarah, Léah…) en N (Megann)… voire, aujourd’hui, en “-U” (Lilou). Mais ce sont les prénoms en “-A” qui marquent aujourd’hui, et de manière croissante, les prénoms féminins. Il doit, aujourd’hui (en 2009) naître plus de “filles en -A” (Rosa, Lisa…) que de “filles en -E” (Rose, Lise).
     

    Le graphique suivant représente, pour chaque lettre terminale (sauf Q), le nombre de naissances féminines annuelles :
    terminaisons féminines
    On passe bien du “tout -E” à un peu plus de variété.
     

    Mais l’étude de la dernière lettre, sincèrement, ne suffit pas. Héloïse et Gabrielle sont deux prénoms en -E, mais l’une se termine en /Z/ et l’autre en /L/. carriere-terminaisons
    Ce qu’il me faudrait, c’est une routine (avec “grep” ?) qui transforme pour chaque prénom, le groupe de lettres finales en sonorités : /B/ (Callèbe), /D/ (Elfriede)… jusqu’aux /Z/ de Denise. On verrait apparaître /K/ (Dominique…) absent des lettres finales. Qui sait comment faire ? Je n’ai fait à la main pour “-ETTE”, “-INE”, “-A”…
    Mais il faudrait être plus systématique.