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Archives de la catégorie : 'General'

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Au menu : Alternatifs, J-P Brard, moyennisation et mastérisation

Quelques livres reçus gratuitement

Prenons la suite d’un billet du Polit’Bistro. J’ai récemment reçu gratuitement (hors cadeaux de Noël) plusieurs livres :

Jean Da Silva Du Velu au Lisse : Histoire et esthétique de l’épilation intime, envoyé directement par l’auteur : l’angle d’attaque de l’épilation est ici l’histoire de l’art (ou celle des arts de soi).

Michel Bozon, Sociologie de la sexualité : Domaines et approches, envoyé par les éditions Armand Colin : l’indispensable seconde édition de cet indispensable ouvrage, court et synthétique.

Ivan Ermakoff, Ruling Oneself Out: A Theory of Collective Abdications, trouvé abandonné après un désherbage de bureau, avec d’autres ouvrages plus anciens. Ca me semble être un ouvrage de sociologie historique important, notamment parce qu’il combine la lecture des archives — le travail de première main — avec des tentatives de modélisation — théorie des jeux entre autres. Combinaison que les collègues français, socio-historiens, ne font pas : trop historiens sans doute.

Marion Selz et Florence Maillochon, Le raisonnement statistique en sociologie, gagné par tirage au sort. Un bel ouvrage qui se centre, véritablement et tout au long des pages, sur le raisonnement statistique et pas sur le calcul statistique, sur le pourquoi plutôt que sur le comment.

Cartographie avec R (suite)

Je cherche à donner à voir, par des points sur une carte, la localisation d’églises (ou de boulangeries, ou de sex-shops, ou de lobbyistes…) en région parisienne. Il est possible de créer un “mashup” avec google maps, ou une carte dans google earth, mais cela ne donne pas de jolis fichiers PDF utilisables dans une publication scientifique qui se respecte. Imaginons que je dispose des données “Longitude / Latitude” des églises.

Il me faut un fond de carte. On trouve une carte de la France (avec les frontières administratives) sur “cloudmade” : http://downloads.cloudmade.com/europe/france. Il faut télécharger le fichier : “france.shapefiles.zip”
On trouve aussi, ailleurs, une carte des principales rues, routes, autoroutes… d’Île de France : http://download.geofabrik.de/osm/europe/france/ : il faut télécharger la carte de l’Île de France : ile-de-france.shp.zip

Ces cartes “open source” proviennent du projet OpenStreetMap : il y a des erreurs, des morceaux non complets, des manques. Mais à notre échelle, cela suffira. Les fichiers téléchargés sont des “shapefiles”. Ils consistent en 4 fichiers différents : un fichier .prj qui contient des informations concernant la projection, puis trois autres fichiers contenant les données elles-mêmes (un fichier dbf, un fichier shp et un fichier shx).

Ouvrons maintenant R.

library(maptools) #charge le package "maptools"
france<-readShapeLines(
"Desktop/france/france_administrative.shp",
proj4string=CRS("+proj=longlat")
)

l’instruction précédente demande à R de charger les informations de la carte de France dans “france”.

summary(france) # donne la structure de "france" 

On constate que dans cette “Data frame” il est indiqué, par “ADMIN_LEVE” le type de frontière administrative: 8 pour les communes, 6 pour les départements.

routesidf<-readShapeLines(
"Desktop/ile-de-france/roads.shp",
proj4string=CRS("+proj=longlat")
)
summary(routesidf)

permet de constater que le type de route est indiqué par “type” : “primary”, “secondary”, “residential”…

les fichiers peuvent être longs à se charger : ce sont des objets très lourds et il serait préférable de demander à ne charger qu’une petite partie des fichiers (par exemple les routes principales et pas tous les chemins communaux). Mais je ne sais pas le faire… pas encore du moins.

plot(france,xlim=c(2.35,2.45),ylim=c(48.87,48.97),lty=3)

donne l’image suivante. Seul un regard averti y discernera le nord de Paris et une partie de la Seine-Saint-Denis :
Paris-Nord
Rendons cette carte un peu plus lisible :

plot(france[france$ADMIN_LEVE==6,],add=TRUE,lwd=2)
plot(routeidf[routeidf$type=="primary",],add=TRUE,lwd=2,col="lightgray")
plot(routeidf[routeidf$type=="secondary",],add=TRUE,lwd=2,col="lightgray")

Paris-Nord2
J’ai ajouté les routes principales (de type “primary” et “secondary”), j’ai indiqué certaines des frontières départementales par un trait noir. Je vais maintenant ajouter mes églises, qui sont dans l’objet “coordeglises” : X indiquant la longitude et Y la latitude. :

points(coordeglises$X,coordeglises$Y,pch=20,cex=2,col="red")

Paris-Nord3

Il me semble pouvoir remarquer que mes églises s’installent assez souvent à proximité de ces grandes routes, voire même à proximité du croisement de deux de ces grandes routes.

Note : Mis à part le bel iMac sur lequel j’ai réalisé ces cartes, tout le reste fut “gratuit”. Open Source ou non. Seashore, R, OpenStreetMaps… et l’indispensable géocodage offert par google….

Je suis en réunion

Une secrétaire (oups !) une coordinatrice doit gérer non seulement le temps des autres, mais aussi son propre temps. Pour ce faire elle dispose de petits bouts de papiers et de ruban plastique autocollant.
je-suis
Bien entendu, je n’ai pas réussi à photographier le “papier magique”, celui qui dit “je reviens tout de suite“.

Ortho graphie

Il paraît que Mark Twain aurait dit (ou écrit) : “I don’t give a damn for a man that can only spell a word one way.“… du moins cela fait partie des listes de citations apocryphes.
Et il paraît aussi qu’un duc de Rohan disait avec dédain : « je plains les gens qui ne savent écrire un mot que d’une seule façon ». L’aristocrate souhaitait conserver le droit de se conformer ou non à des règles arbitraires, et trouvait bien bas, bien vulgaire le respect scrupuleux de l’ortho-graphie.

Ailleurs : : Matoo et l’orthographe

Liens utiles

Petite revue de blogs :

  • Grève étudiante en Autriche (et plus largement dans l’Europe d’influence germanique) :

    Natalie, étudiante autrichienne en sociologie, était en 2008 en séjour Erasmus à Paris 8. Dans un entretien avec Claire Lévy-Vroelant, elle décrit le mouvement social étudiant actuel en Autriche. Le mouvement ici est très intéressant, car comme le dit Natalie, à la différence du mouvement de l’an dernier en France, les cours sont maintenus en même temps qu’une mobilisation dans un lieu stratégique, le plus grand amphi de l’université. Ainsi la mobilisation et l’attention de l’opinion, pour l’instant, se maintiennent.
    source.

    Avec ce genre de billet, et d’autres, par exemple concernant les stages de terrain ou les expériences des étudiantes parties à l’étranger, on essaie de rendre le site du département de sociologie un peu plus vivant que les sites universitaires habituels.

  • Les expériences naturelles (natural experiments) sur Polit’bistro.
  • Un mot qui manque :

    Kieran Healy : « There should be a name for the widowed and orphaned bits of forgotten articles found at the top and bottom of copies of famous articles. »

    mais ce terme nécessaire disparaît avec les PDF… (sauf dans quelques revues qui économisent tellement le papier que deux articles peuvent partager la même page). En même temps, je suis certain que Phersv connaît un mot persan ou étrusque qui décrit précisément cette chose. [Parenthèse : je connaissais l’identité réelle de Phersv depuis un moment… J’ai eu le bonheur de percer le secret d’un autre blog anonyme il y a quelques jours grâce à un travail de longue haleine…]

  • architecture intérieure des toilettes publiques

    Flaneuse écrit : “It’s a book about the politics and social life of public bathrooms that I am co-editing with Harvey Molotch and will come out maybe next fall with NYU Press”

    Je vais l’acheter…

  • Quels départements de socio placent leurs docteurs ?

    “As the sociology job market gets going each year, there’s always a fair amount of anecdotal evidence swirling around about which departments’ students fair best.”

    Il faudrait la même chose pour la France…

  • Les cartes à rébus des années folles, sur le blog “cette merde est folle”.
  • et pour finir : faire du piano comme Philipp Glass.

Pourquoi pas un skyblog ?

Parce que boltanski :

(…) ainsi les journalistes interrogés déclarent reconnaître la folie à certains signes, souvent formels, comme l’écriture, la disposition du texte dans la page (serré, aéré, etc.), la façon de signer, la présence de plusieurs signatures de la même personne, de tampons, de nombreux soulignements ou encore la mention par l’auteur de la lettre de titre sans valeur ou peu crédibles — « président de l’Association des joueurs de boules de… », « trésorier de l’Amicale des anciens combattants de… » et, plus généralement le contraste entre les marques d’importance et les signes de médiocrité (…)

source : Luc Boltanski, Yann Darré, et Marie-Ange Schiltz, “La dénonciation,” Actes de la recherche en sciences sociales 51 (1984): 3-40. (citation p.5)

Si cela pouvait aider certains collègues à éviter ComicSans, les surlignages et les changements de couleurs…

P.S. : : Pourquoi pas un blog ?, deux doctorants en science politique décrivent Le recours aux blogs dans une activité de recherche (PDF).

En hommage à Claude Lévi-Strauss

une blague d’anthropologue :

Viola tricolor pierre joseph redoute choix des plus belles fleurs paris 1827L’illustration de couverture de La pensée sauvage de Claude Lévi-Strauss, qui, depuis 1962, est, immanquablement, une gravure de Pierre-Joseph Redouté : Viola tricolor, en français, une pensée sauvage.

Rest in peace, Claude

Quelques liens

  • Sur Paperolettes, Shakr, le Syrien kurde sans nationalité.
  • Chez Camille Peugny, Les privilèges de la naissance
  • Maïa tape sur les vieux :

    J’ai expliqué que les vieux qui refusent de partir à la retraite gardent les postes de pouvoir dont ils n’ont plus besoin, que la transmission du savoir en entreprise se faisait des jeunes vers les vieux et pas l’inverse (en management autant qu’en informatique), que nous demander de nous sacrifier pour les vieux était injuste vu qu’avec leur dette publique et leur mépris de l’écologie, on allait déjà payer bien assez cher leurs erreurs.

  • Chez Takuherz, ce qui arrive une fois le point final placé en fin de thèse.
  • Chez Laspic : Bac plus 7 et zéro euros par mois
  • Quand j’écris en alexandrins, tout le monde s’en fiche.
  • La Revue française de Sociologie fait un bilan annuel : l’activité de la rédaction…. Le but : “rendre le travail d’évaluation des articles plus clair pour les lecteurs”.
  • Qui va acheter cela ? “Raymond Boudon A Life in Sociology” Edited by Mohamed Cherkaoui and Peter Hamilton £525.00. Ca fait 563€… et c’est en quatre volumes ! Certains doivent sincèrement croire que rémonboudon est un grand sociologue… Quitte à choisir, je préfère quand même de loin Bou’ à Maff’
  • Michel Maffesoli n’a obtenu aucun prix Nobel… normal, il n’était pas dans le jury… (pas de prix Goncourt non plus, il n’est pas au jury et le gouvernement ne peut l’y nommer)… Mais en revanche, il s’est donné une belle promotion sonnante et trébuchante (en tant que juge et partie il se trouve génial).
  • Toujours en parlant de faillite. La bibliographie d’un collègue — dont je tairai le nom par charité — m’a beaucoup fait rire :

    L’exploitation familiale agricole: entre permanence et evolution

    La confrérie des «goustiers de l’andouille»: entre marketing et célébration

    Entre l’Europe communautaire et l’exploitation familiale, le rôle des médiations

    Le territoire: entre l’Europe et l’Etat-nation

    Les formes de constructions identitaires modernes: entre territoire et profession

    Il ne manque que “entre tradition et modernité” pour faire la totale !

Pour la généalogie sauvage

Tiers Livre et Scriptopolis sont à l’initiative d’un projet de vases communicants : chaque premier vendredi du mois, un auteur écrit sur le blog d’un autre et vice-versa, à charge à chacun de préparer les mariages, les échanges, les invitations. Circulation horizontale pour produire des liens autrement…
 

Aujourd’hui sur coulmont.com : Philippe Artières, de Scriptopolis.

genealogiesauvage
Il paraît qu’il n’y a jamais eu autant de généalogistes ; il est vrai que les salles de consultation des archives municipales et départementales sont pleines de ses chercheurs d’ancêtres. Certains trouvent qu’ils parlent très fort et sentent le vieux… qu’y en a marre des généalogistes qui nous empêchent de bosser. Ils ont bien tort car ceux-là abattent un sacré travail et exercent un droit inscrit dans la loi des archives : chacun peut aller aux archives ; c’est un service public.

Reste qu’ils parlent fort et que ça c’est intolérable, cette méconnaissance des codes… aux Archives on chuchote, on parle bas comme au confessionnal. Moi, aime bien ces vieux messieurs appareillés, ils n’ont pas honte de demander quand ils ne savent pas ; ils n’hésitent pas non plus à vous adresser la parole — j’avoue qu’à force ça agace mais bon une fois de temps en temps c’est charmant et puis ça change, ça évite le « Et sur quoi vous travaillez en ce moment ? » du collègue.

Moi, ce qui me gène vraiment avec ces troupes de chercheurs d’ancêtres, c’est leur sérieux à dessiner une ligne qui viendrait du passé, c’est cette obsession à se trouver des racines ; avec ça j’ai du mal … Le pire est sans doute lorsqu’à l’occasion d’une réunion de famille (leur colloque à eux), les plus avancés présentent un poster vous montrant que bien sûr déjà sous Louis IV « vous » aviez des terres. Ils ne manquent pas ensuite d’une part de vous envoyer le résultat de leur noble recherche et surtout d’afficher au beau milieu de la salle à manger de la maison de famille un arbre généalogique qui vient recouvrir le délicieux papier peint fleuri. Oh le bel arbre ! fier et solide sur lequel on ne voit aucune feuille morte, aucun raté (Il n’est guère de généalogistes qui vont fouiller dans les dossiers médicaux des hôpitaux psychiatriques ou dans les dossiers judiciaires).

Pour lutter contre ces pratiques généalogiques, pour en finir avec la racine comme symbole de civilisation, je propose que nous développions la généalogie sauvage : vous croisez un anonyme du passé qui vous plaît, adoptez-le et inscrivez-le dans votre arbre, faites-en la biographie ; ne cherchez plus sa trace dans le grenier de la maison familiale mais sur les brocantes, dans les cartons des vide-greniers. Emparez-vous du passé à la manière de l‘écrivain G. Sebald. Faisons de nos familles des lieux imaginaires ! Ecrivons des généalogies sauvages à partir des archives des autres, brouillons les cartes !
 

Philippe Artières.