Categories

Archives

Archives de la catégorie : 'General'

Charlie marqueur événementiel

La fréquence des prénoms est-elle sensible aux événements ?
En 1915, le général Joffre, perçu comme un héros militaire suite aux premières victoires françaises, inspira des parents. Il naquit quelques Joffrette, que la presse — patriotique en ces temps de guerre — célébra. Des réchauds à gaz et des biscuits furent aussi baptisés Joffrette et Joffrinette : l’imagination des publicitaires est sans limite.

joffrette-prenoms-presse

Balzac, qui tend parfois à expliquer l’origine des prénoms de ses personnages, indique ainsi [Beatrix, C.H., Tome 2, p.651] qu’un certain Calyste, né “le jour même de l’entrée de Louis XVIII à Calais”, reçu alors aussi le prénom de Louis.

Bref : les prénoms sont parfois choisis en hommage. Rien de nouveau. Rien d’étrange alors à que qu’un prénom comme Mazarine ou Barack, [quasi-]inconnus respectivement en France avant 1995 et aux Etats-Unis avant 2007, ne connaissent un petit succès, qui en 1996, qui en 2008-2009.
Et inversement, d’autres événements vont faire chuter certains prénoms. Les parents étatsuniens cessent de donner Hillary en 1992-1993, quand William J. “Bill” Clinton devient président et sa femme, Hillary Rodham, “First Lady”. De même Katrina connaît une chute brutale après le passage de l’ouragan du même nom en 2005-2006.

prenom-evenements

Que va-t-il se passer avec le prénom “Charlie” ? Il était, depuis une dizaine d’années, en forte croissance, à la fois comme prénom de garçon et comme prénom de fille. Les parents vont-ils continuer à le donner de plus en plus, ou vont-il cesser de le faire en raison de l’association avec les attentats du 7 janvier : on trouve déjà des “Charly” qui disposent maintenant d’une nouvelle connotation : leur prénom “dit quelque chose” (mais quoi?). Si quelques témoignages ou les premiers éléments permettent de repérer en une dizaine de jours une vingtaine de bébés Charlie dans les “Carnets” de la presse quotidienne, ce n’est peut-être qu’un feu de paille.

Mais dès 1915, les stratégies parentales d’hommages s’accommodent de la multiplicité des prénoms. Un entrefilet dans La Croix le remarque :

joffrette-lacroix-1915-web

De très nombreux bébés naissent en France avec plusieurs prénoms, des seconds prénoms invisibles dont on a beaucoup de mal à se souvenir (que celles et ceux qui connaissent les seconds prénoms de leurs cousins et cousines lèvent la main). Ces seconds prénoms servent aux hommages familiaux — et ce d’autant plus que l’arrière-grand mère avait un “joli” prénom. Ils servent de réceptacles aux prénoms démodés des parrains — parfois, quand l’enfant est baptisé. Ils servent de tiroir aux prénoms sur lesquels le consensus ne s’est pas fait. Ils servent aussi, dans le cas présent, d’hommage indélébile mais invisible :

Prénom Charlie : pic d’attribution en 2e et 3e choix à Paris [Elodie Moreau] (…)
Si, pour l’heure, on ne note pas d’ « effet Charlie » sur l’ensemble du territoire, la capitale fait exception en la matière. Davantage de jeunes parents parisiens ont en effet choisi Charlie en 2e ou 3e prénom pour leur enfant. « C’est une nouveauté », nous confirme la mairie de Paris. Depuis mercredi dernier, ce prénom a été attribué 11 fois en 2ème ou 3ème position sur près de 670 naissances.

ou encore :

«Charlie» se glisse dans les berceaux des maternités [Aline Gérard]
« On s’en est aperçu lors de la déclaration de naissance d’un petit garçon né le 10 janvier. Ses parents lui avaient donné comme troisième prénom Charlie. D’habitude, les couples choisissent comme deuxième ou troisième prénom celui d’un ascendant ou d’un parrain. Mais là, il n’y avait aucun Charlie ni dans la généalogie, ni dans l’entourage », raconte un agent des services de l’état civil de la mairie du XIIIe arrondissement de Paris.
« Ces parents placent Charlie généralement en troisième ou quatrième position », précise-t-on à la mairie du XVe où, là aussi, on a repéré le phénomène. « En quelques jours, on a vu passer une petite dizaine de déclarations de ce type, qu’il s’agisse de garçons ou de filles », constate, de son côté, la mairie du XIIe arrondissement.

L’hommage onomastique passera donc peut-être, en janvier-février 2015, par la multiplication des “Charlie” en deuxième position : un marquage conjugal / familial du moment de la naissance, marquage invisible aux yeux de presque tous, mais marquage permanent. Le prénom inscrit aujourd’hui les personnes dans des générations, des classes d’âge. Il peut aussi marquer le moment, l’événement (la conjonction de l’événement parental et de l’événement politique).

Il n’y aurait pas plus de 8 départements…

Au milieu des années 1960, Michel Foucault participa à l’écriture d’un rapport visant à réformer l’enseignement supérieur (Mission Fouchet). En parallèle à ce rapport, Foucault envoie une note au secrétariat général de l’Elysée. Cette note a intéressé au plus haut niveau de l’État, comme le montre ce résumé du rapport établi au Secrétariat général de l’Elysée (que j’ai trouvé reproduit dans la thèse de Christelle Dormoy-Rajramanan, “Sociogenèse d’une invention institutionnelle : le Centre Universitaire Expérimental de Vincennes“)
On y voit Michel Foucault défendant une rationalisation géographique de l’offre universitaire, par grandes régions, par spécialisation. Il propose des “groupements moléculaires”. Raréfaction de l’offre: « il n’y aurait pas plus de 8 département d’une même spécialité dans toute la France ». Logique mandarinale : « les plus jeunes chercheurs [assurent] la formation des débutants et ainsi de suis delon une figure pyramidale ». Création de préfets académiques non élus : « à la tête [d’une université] se trouverait un Recteur d’Enseignement supérieur ». Parisianisme : « A Paris, on trouverait réunis tous les départements ».
Et cela semble, pour Jacques Narbonne [conseiller technique à l’éducation du Général de Gaulle], “répondre aux intérêts réels de l’université”.
foucault-resume
 

*

 
foucault-goku

Des étrangers votent-ils (vraiment) ?

Vous parcourez peut-être ces lignes parce que vous venez de lire le billet publié dans Le Monde, à la une du cahier « Science & Médecine » du mercredi 5 novembre 2014, et que vous avez voulu en savoir un peu plus ?
J’ai choisi cette semaine de présenter une étude, Do non-citizens vote in U.S. elections? : “est-ce que les non-citoyens votent aux élections étasuniennes ?”
Cet article a un grand intérêt : à partir d’une enquête de grande ampleur portant sur les pratiques électorales aux Etats-Unis, les auteurs repèrent des non-citoyens qui déclarent pourtant être inscrits et voter. Les auteurs présentent leurs résultats ici.
Cet article a suscité de nombreux commentaires (avant même sa publication) : What can we learn about the electoral behavior of non-citizens from a survey designed to learn about citizens? ou encore Methodological challenges affect study of non-citizens’ voting, que l’on pourrait résumer ainsi : puisque l’enquête par sondage à l’origine de l’article portait explicitement sur les citoyens, est-elle adaptée à ce que souhaitent étudier les auteurs de l’analyse secondaire (portant sur les non-citoyens) ?
D’autres enquêtes (sur les dons d’argents aux partis politiques (par des citoyens ou des non-citoyens) ne permettent pas de confirmer les résultats de Richman, Chattha et Earnest.
Les auteurs de l’article ont répondu aux critiques, toujours sur The Monkey Cage : Do non-citizens vote in U.S. elections? A reply to our critics. (The Monkey Cage est décidément un blog très intéressant et il permet le débat rapide entre politistes étatsuniens).

De plus d’autres enquêtes, plus ethnographiques, comme celle, excellente, de Sébastien Chauvin à Chicago, Les agences de la précarité, soulignent les différents “éléments de citoyenneté” les “niveaux de citoyenneté”, les “marchés secondaires de la citoyenneté” : “l’existence de ces niveaux de légalité [différents au niveau local, municipal, étatique ou fédéral] se traduit dans la conscience juridique des immigrés sans papiers..” (p.52), “Les migrants irréguliers connaissent également un accès à la citoyenneté formelle elle-même” : “appréhendées diachroniquement, leurs trajectoires documentaires font fréquemment apparaître un enchaînement vertueux d’incorporation bureaucratique au cours duquel un premier élément de citoyenneté obtenu, y compris par la falsification, devient la condition d’une insertion civique croissante, faire de droits de plus en plus formels et de papiers de plus en plus authentiques, bien qu’illégitimes” (p.53).

Les notes du bac

Comment ont évolué, au cours des dernières années, les notes au bac ? Dans le cadre des discussions politiques autour des “bourses au mérite”, un examen de la dispersion de ces notes peut être révélateur.
La MENESR-DEPP dispose d’une série, “Distribution des candidats présents au baccalauréat professionnel, technologique ou général selon la moyenne finale obtenue”, entre 2006 et 2013, que l’on va étudier ici. Notons tout de suite que l’on ne prend en compte que les candidats présents, pas les candidats inscrits au bac mais ne le passant pas ou passant seulement une partie des épreuves, pour une raison ou une autre.

Commençons par les bacs professionnels : le graphique ci-dessous indique qu’environ 40% des élèves obtiennent le bac pro avec entre 10 et 12 de moyenne. Au cours des 9 dernières années, la proportion d’élèves obtenant entre 8 et 10 a eu tendance à baisser. Notons que, sur la même période, il y a eu une réforme du bac pro et une forte augmentation des effectifs.
bacpro20062013

Poursuivons par les bacs techno : les notes semblent un peu plus concentrées autour de la moyenne.
bactechno20062013

Terminons par les bacs généraux : les notes sont moins concentrées autour de la moyenne, et on remarque une tendance à la diminution de la proportion des notes inférieures à 10.
bacgeneral20062013

Si l’on anime ce dernier graphique, en faisant défiler les différentes années les unes après les autres, voici ce que cela donne :
bacgeneralanimation
On remarque mieux les mouvements d’une année sur l’autre.

L’intérêt de la série de la DEPP est sa finesse : les moyennes sont disponibles au dixième de point près.

On voit, sur ce graphique, l’attraction pour les notes rondes. Il est entièrement faux de dire que “on donne le bac à tout le monde”. Seul un tiers d’une cohorte d’élève obtient le bac dans les temps écrivent T. de Saint-Pol et J. Cayouette : “seul un tiers des élèves entrant en 6e parvient effectivement à ce diplôme dans le temps initialement prévu”. Et à quoi servirait de recaler un élève pour 0,1 0,2 ou 0,3 points ? La barrière est-elle plus importante que le niveau ? Les jurys évaluent donc, pour les notes rondes, l’ensemble des éléments dont ils disposent. Ainsi, environ 5% des candidats obtiennent une moyenne comprise entre 10 et 10,0999.
repartition-dixieme
Entre 5/20 et 9,9/20, la répartition des notes forme deux “vagues”, résultat, sans doute, de la barrière à 8/20 pour passer à l’oral, et de l’attirance pour le 10 qui crée la bachelière. Et ensuite, l’on repère l’attraction qu’exerce les 12, 14 et 16, barrières des mentions. Le 18, qui ne donne aucune mention (les “félicitations du jury” n’existant absolument pas, sauf dans l’esprit de quelques parents), ne donne pas lieu à un pic.

Mais un phénomène intéressant est repérable vers les très hautes notes. La proportion de candidats obtenant in fine une moyenne supérieure à 18/20 est passée, entre 2006 et 2013 de 0,4% à 1,8%. Les candidats ayant une note supérieure à 19 sont passés de 160 à près de 1600. Le 20/20 était obtenu par 6 candidats en 2006, et par un peu plus de 60 candidats en 2013.
bignotes-evolution
Les très hautes notes sont toujours un signal. La mention “TB” remplissait “de mon temps”, ce signal, quand les IEP quasiment d’office admettaient les candidats l’ayant reçue, ce qui a maintenant pris fin. Ce sont les “20/20” qui, maintenant, sont interviewées par la presse régionale.

Mise à jour (2021) : pour plus d’informations (et des données) consultez Fanny THOMAS, Résultats définitifs de la session 2016 du baccalauréat : stabilité de la réussite dans les voies générale et technologique, progression dans la voie professionnelle, MENESR-DEPP, Note d’information, n° 17.05, Mars 2017

Nouvelle édition

Sortie en librairie le 9 octobre.
nouvelleeditionlivre

Des flèches, des carrés

Le recrutement des universitaires est une affaire sérieuse. C’est pour ça qu’à Paris 8, un (une?) anonyme a produit une série de flèches et de carrés colorés pour qu’on ne s’y perde pas. C’est probablement un chargé de mission de la sous-direction opérationnelle du service de l’Organigramme, très compétent par ailleurs. L’essentiel, de toute façon, est de savoir que tout est à rendre pour avant-hier. Et il faut aussi, pour s’y débrouiller, connaître les vrais raccourcis, qui ne sont pas mentionnés ici (vous remarquerez quand même qu’une flêche-en-tiret signifie un “lien hors circuit formel”).

arbitrage-paris8

Heureusement, Paris 8 a prévu (a pré-prévu) des “instances de pré-arbitrage”, ouf !

zigouigouis-paris8

Le choc de simplification, à Paris 8, s’accompagne donc d’une tentative de dé-linéarisation de l’administration. Et, c’est amusant, cela conduit déjà à des discussions longues sur les prérogatives de telle ou telle instance, car textes, schémas et habitudes ne coïncident pas toujours.

À son nom

Les prénoms nous entourent. Et parce qu’ils servent de terme d’adresse (“Salut Eddy !”), de terme de référence (“Tu connais Edouard ?”) individuels ou de classificateur collectifs (les Louis sont des garçons), ils se prêtent à des usages troubles. Revenons donc, après ceci et cela, sur les prénoms dans la réclame.

Récemment, @brooklynbridge m’envoyait la photo suivante, une publicité Coca sur laquelle quelques protestations se faisaient entendre. « Et Mohamed ? »
coca-mohamed
Difficile à lire, mais d’autres commentaires s’ajoutaient : Et Sofiane ? Et Kelly ? Et Minh ? Kim ?
Voici quelques années maintenant que les publicitaires de la boisson gazeuse utilisent les prénoms. Mais pas n’importe lequel : “votre” prénom. Fini les bols à son nom, voici la canette.
coca-retrouvez
Mais à la différence de variables simples, comme le sexe (le plus souvent dichotomisé), la profession (ramenée à une nomenclature à six modalités) ou l’âge (ramené à quelques grands groupes, 18-25, 25-40, 40-60…), il existe plusieurs dizaines de milliers de prénoms différent en circulation, voire quelques centaines de milliers, rien qu’en France. Et n’allez pas dire à Priscillia qu’elle est une Precylia : l’orthographe fait la personne.
Coca va laisser insatisfait un grand nombre de personnes : il faudrait quelques milliers de prénoms différents pour couvrir 80% de la population.
karim-coca
Sauf à imaginer la fabrication sur mesure de canettes à son nom.

La publicité n’a fait, ici, que suivre les usages. « Monsieur le Premier Ministre, mon cher Manuel » écrivait, hier, l’ancienne ministre de la culture sur sa lettre de dé-motivation. Même les sociologues utilisent, pour nommer leurs personnages, très souvent, des prénoms. Mais dans la pub, Coca est un cas à part: il n’y a pas toujours personnalisation/individualisation du consommateur, le prénom est le plus souvent utilisé comme indicateur d’un groupe de classe/ethnicité/genre/âge.
Voici une récolte de publicité, réalisée au cours des derniers mois, principalement dans le métro parisien.

aider-karine

Deux hommes, deux femmes (dont une “issue de l’immigration”), mais l’on parle toujours de l’Homme :
amel-edf

Une jeune femme (probablement née vers 1995) :
camille-haut

Clémence (mais cela aurait pu être Victoire ou Coline … mais pas Cynthia)
clemence-livre

Les associations et les commerces trans-nationaux signalent à demi-mots le public visé.
yezekiel

emma-aider
Parfois le corps redouble le prénom :

idriss-banque

khalid-banque

La ratp, entreprise citoyenne, favorise la diversité :

lounes-ratp

Mais si on laisse faire la ratp, on se retrouve vite avec des prénoms “bien de chez nous” :
serge-josephine
Des prénoms de hipster, comme Marcel :
marcel

Lauriane est “Responsable”, Sophie est “Assistante” :
lauriane-responsable
sophie-assistante

Lola est moustachue :
lola-asterix

Certains en perdent même leur titre :
pierre

Dispositif narratif, le prénom vise à assurer, en l’absence de corps, l’identité d’un personnage tout au long d’un texte. Il n’y a que dans les romans expérimentaux de Claire Chazal ou d’un collègue historien démographe de l’EHESS que l’on observe une variabilité importante. Il en va de même dans les publicités, concentré narratif :

muriel-orpi

romain-livre

thomas-livre

Déformation professionnelle : certains mots ressemblent à des prénoms.

virginie-jambon

Eux aussi font partie de notre monde. Ils ont aussi un prénom, une race, un genre :
malix-chien

oscar-chien

Les prénoms nous entourent.

Androgynous names in the USA

Very often, boys have boys’ names and girls, girls’ names. But sometimes, the same name (Leslie, Dana, Sammie, Alva, Lou…) is given to boys and to girls. Those “androgynous” or epicene names are interesting : most of the time, they are unstable, they begin as male names and end as female names. [See Lieberson, Stanley, Susan Dumais, and Shyon Baumann, ‘The Instability of Androgynous Names: The Symbolic Maintenance of Gender Boundaries’, The American Journal of Sociology, 105 (2000), 1249–87 jstor]

Let’s take Leslie :
epicene-usa-1
At the end of the 19th century, it is given to baby boys more than 9 times out of 10. Around 1950, it is given at the same frequency among boys and girls. But now, male Leslies are much less frequent than female Leslies.
It is difficult to find the opposite evolution, where a female name is masculinized.

Let’s consider that a name is epicene if the babies born year N and receiving this name are girls more than 10% of the times and less than 90%. This definition is restrictive, I consider that some names — such as Leslie now — aren’t really epicene anymore even if they were epicene before (because in 2013, there were fewer than 1 boys for 10 Leslie). This definition focuses on the current use of epicene names.
10/90 are arbitrary boundaries, one could use 1/99 or 30/70 (and it is easy to do, see the R code below).

epicene-usa-2

In 1880, 2% of the babies had an epicene name (and there were very few such names). During most of the 20th century, around 3.5% of babies received an epicene. Since 1960 (or 1980) this proportion is increasing : 8% of the babies born in 2010 received an epicene. And today (dotted line) more than 1500 names are epicene. The consequence of these number : epicene names are “small” names, given to a small number of babies each year.

epicene-usa-3

The real proportion of epicene babies is higher : names given to less than 5 male or female babies are not included in the database, and we lack information about 10% of the babies. And very rare names are more likely to be epicene than common names.

Let’s focus now on the population of babies receiving an epicene. From 1900 until 1950 (black line), more than 50% of epicene babies are male (which means that parents are more often than not giving “male” names to their daughters when they give them an epicene). From 1950 until 1990, the epicene babies are mostly female.
As you can see (dotted red line) there are always more “male” names than “female” names in epicene names [a “male” name is a name given to a higher proportion of male babies than female babies].

epicene-usa-4

There seems to be an interesting evolution of the Gini coefficient. The Gini coefficient is a measure of inequality (most often used to describe inequality of income in a country). Here, it is used to describe the distribution of name frequency.

Notes : I relied on Social Security Administration’s applicants numbers and first name. They are closely related to birth for the current period, but not before the 1930s : I very crudely corrected the skewed sex ratio. I used the ‘babynames’ package for R.
You can download the R code (it is not pretty) : epicene-usa-web.R

Nouvelle édition

La première édition était sortie en juin 2011, une réimpression (avec correction de quelques coquilles) en mai 2012. La deuxième édition, remaniée, mise à jour, sortira à l’automne :
socioprenomcouv2x

Le cumul des variables

Les filles ont en moyenne plus de mention “très bien” que les garçons. Les parisiens ont plus souvent la mention que les non-parisiens. Les candidats avec une année d’avance (nés en 1997 par exemple) ont plus de mention très bien que les autres. Les candidats avec trois prénoms ou plus ont eu aussi plus de mention très bien que ceux qui n’ont qu’un ou deux prénoms.
Est-ce que tous ces indicateurs se cumulent ?
cumuls
Les “filles” [cf note], parisiennes, en avance, qui ont 3 prénoms ou plus ont une chance sur deux d’obtenir une mention TB. Les garçons, non-parisiens, en retard (nés avant 1996), qui ont moins de trois prénoms sont une chance sur cent d’obtenir la mention “très bien”.
[Les premières sont beaucoup plus rares que les seconds]
La même chose est calculable en ajoutant encore un indicateur, la particule (“Sixtine DE MACHIN”). Mais on se retrouve avec de très petits effectifs, notamment pour les filles, nobles, parisiennes, en avance, qui ont trois prénoms ou plus et qui ont autorisé la diffusion des résultats nominatifs au bac.
Ou comment combiner un peu de “toutes choses égales par ailleurs” et de “toutes choses inégales réunies”.

Mise à jour : en combinant les années 2013 et 2014, l’on dispose de suffisamment de candidats à particule (Amicie d’HAUCOURT par exemple) pour produire le même tableau :
particules-bac
[L’indicateur est très imparfait : il faudrait sans doute comparer terme à terme les porteurs de particule et les personnes dont le nom de famille est parmi les plus répandus en France, comme MARTIN, DURAND, BERNARD, RICHARD…]

Note : les “filles” ici, sont les personnes ayant des prénoms surtout donnés à des filles (et vice-versa pour les “garçons”).