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Archives de la catégorie : 'USA'

Mormons

L’Eglise de Jésus-Christ des Saints des derniers Jours (les Mormons) a son centre en Utah, où environ 70% de la population peut être considérée mormone. C’est dans les années 1840 qu’un petit groupes de fidèles de Joseph Smith, le fondateur de l’Eglise, est arrivé dans ce territoire. Pour différentes raisons (polygamie originelle, petit groupe, forte fécondité, stabilité de la population, faible taux de non-paternité, fiabilité de l’état civil…), l’Utah est un paradis pour la recherche génétique.
Le départ vers l’Utah avait été incité par l’hostilité des autorités de l’Illinois à l’égard des projets théocratiques de Joseph Smith. Dans la ville de Nauvoo, les Mormons avaient tenté de construire le siège de leur Eglise. Chassés au XIXe siècles, il y reviennent en force, et tentent de restaurer le village.

Sex Toys – Alabama

mise à jour : Mes autres écrits sur le même sujet
Le 28 juillet 2004, un panel de trois juges de la 11th U.S. Circuit Court of Appeals, par une décision rendue à 2 contre 1, déclare constitutionnelle une loi de l’Alabama interdisant la vente d’objets visant à stimuler la libido (Alabama’s Anti-Obscenity Enforcement Act prohibits, among other things, the commercial distribution of “any device designed or marketed as useful primarily for the stimulation of human genital organs for any thing of pecuniary value.”)
L’opinion (majoritaire), du juge Birch est résumée d’entrée de jeu:

In this case, the American Civil Liberties Union (“ACLU”) invites us to add 1 a new right to the current catalogue of fundamental rights under the Constitution: a right to sexual privacy. It further asks us to declare Alabama’s statute prohibiting the sale of “sex toys” to be an impermissible burden on this right. Alabama responds that the statute exercises a time-honored use of state police power—restricting the sale of sex. We are compelled to agree with Alabama and must decline the ACLU’s invitation.

Cette décision est en ligne : Williams v. Attorney General of Alabama

L’affaire en cours est bien ancienne. En 1998, une loi est votée dans l’Alabama interdisant la vente de sex toys — Ala. Code § 13A-12-200.2 (Supp. 2003). Très rapidement, un groupe de gérants de sex-shops, d’utilisatrices de vibromasseurs ou de godemichés et d’organisatrices de ventes à domicileTupperware-style“, protestent et intentent une action en justice. La première décision de justice est rendue en 1999 — Williams v. Pryor, 41 F.Supp.2d 1257, 1261-1273 (N.D.Ala.2000) — (Pryor est alors Attorney General de l’Alabama).
En appel, une deuxième décision est rendue — Williams v. Pryor, 240 F.3d 944, 947 n.1 (11th Cir. 2001), disponible ici sur FindLaw
qui demande à la cour de district de l’Alabama de préciser sa décision précédente — voir sur ces première étapes : HOLT, Angela, « From my cold dead hands : Williams v. Pryor and the Constitutionality of Alabama’s anti-vibrator law », Alabama Law Review, 2002, 53(3):927-947 texte complet pdf.
L’affaire retourne alors au niveau de la cours de district (d’Alabama du Nord) et une troisieme décision est rendue en 2002 — Williams v. Pryor, 220 F. Supp. 2d 1257 (N.D. Ala. 2002) — qui déclare inconstitutionnelle la loi votée en 1998 (l’opinion du Juge C. Lynwood Smith, Jr. peut être lue ici
Mais l’Alabama fait appel, et l’action en justice remonte au niveau du 11e circuit. La dernière décision en date est celle de la cour d’appel du 11e circuit. Cette décision a été rédigée par le juge Birch, qui avait été nommé par Bush père au 11e circuit, en 1990.

The Alabama statute proscribes a relatively narrow bandwidth of activity. It prohibits only the sale—but not the use, possession, or gratuitous distribution—of sexual devices (in fact, the users involved in this litigation acknowledge that they already possess multiple sex toys). The law does not affect the distribution of a number of other sexual products such as ribbed condoms or virility drugs.

En bref: ce n’est de toute façon pas un gros problème pour les couples, écrit le juge Birch.

we decline to extrapolate from Lawrence and its dicta a right to sexual privacy triggering strict scrutiny.

C’est là le coeur de l’opinion majoritaire: Lawrence n’étend pas le droit à la privacy.

the broad rights to “privacy” and “sexual privacy” invoked by the ACLU are not at issue. The statute invades the privacy of Alabama residents in their bedrooms no more than does any statute restricting the availability of commercial products for use in private quarters as sexual enhancements (p.20)

Enfin, le juge Birch propose une théorie de la “pente glissante”:

if we today craft a new fundamental right by which to invalidate the law, we would be bound to give that right full force and effect in all future cases—including, for example, those involving adult incest, prostitution, obscenity, and the like. (p.41)

Comme il est de tradition dans ces opinions de justice, un dissent, une opinion contraire mais minoritaire, fait partie intégrante de la décision. Dans le cas, elle a été rédigée par la seule femme du panel, la juge Rosemary Barkett (étrangement, c’est une ancienne nonne catholique, nommée par Clinton au 11e circuit) qui s’appuie très fortement sur la décision Lawrence v. Texas — qui avait, en juin 2003, déclaré inconstitutionnelle la criminalisation de la sodomie.

This case is not, as the majority’s demeaning and dismissive analysis suggests, about sex or about sexual devices. It is about the tradition of American citizens from the inception of our democracy to value the constitutionally protected right to be left alone in the privacy of their bedrooms and personal relationships.(p.43)

Le langage direct de la juge Barkett (“demeaning and dismissive“) souligne, semble-t-il l’ampleur des différends entre juges — un article intéressant sur Law.com précise cela.

Applying the analytical framework of Lawrence compels the conclusion that the Due Process Clause protects a right to sexual privacy that encompasses the use of sexual devices.(p.45)

Elle insiste sur l’importance de Lawrence. Sa conclusion:

Alabama’s statute should be invalidated because it violates a substantive due process right of adults to engage in private consensual sexual activity and because the state’s reliance on public morality fails to provide even a rational basis for its law. Ignoring Lawrence, the majority turns a reluctance to expand substantive due process into a stubborn unwillingness to consider relevant Supreme Court authority. (p.64)

Pour conclure : seuls l’Alabama, le Texas et la Georgie disposent, en 2004, d’une interdiction de vente des vibromasseurs, godemichés et autres jouets. La cour suprème de Georgie a affirmé la constitutionnalité (au regard de la loi de l’Etat fédéré) de cette interdiction. Au Texas, une femme, Joanne Webb, avait été arrêtée par des policiers en civil, mais après quelques mois, les autorités ont préféré ne pas poursuivre Mme Webb : plus d’infos ici, ou ici (reg. req’d), ou . Une analyse et de nombreux liens sur legalaffairs.org.

Mariage (gay) à Springfield

La prochaine saison des Simpsons contiendra un épisode dans lequel le mariage des couples du même sexe est rendu légal à Springfield.

The feverish public debate in the US over gay marriages is to be played out in a forthcoming episode of The Simpsons, it emerged today.
The show’s producers have revealed that the cartoon classic will feature an episode in which gay marriage is legalised in Springfield.
Hints about the plot line were dropped by show producer Matt Groening at a San Diego comic convention, where he revealed that Homer Simpson becomes a minister by registering online.
(source : The Guardian)

Aux Etats-Unis, les membres du clergé (ministers) sont autorisés par les Etats fédérés à célébrer, au nom du pouvoir civil, des mariages — qui ont ainsi des “mariages civils” réalisés par du personnel religieux. Le fait que Homer se fasse ordonner online par une église (probablement la Universal Life Church) afin de pouvoir marier des amis est une pratique qui devient sinon courante, du moins visible. La journaliste Rachel Lehmann-Haupt avait écrit un article intéressant dans le New York Times Need a Minister? How About Your Brother? (janvier 2003). Et j’ai trouvé, après quelques recherches, une petite trentaine de mariages ainsi célébrés dans les annonces publiées dans le New York Times entre 1998 et 2003.
Un ami, un frère, valent mieux qu’un pasteur inconnu. A travers l’acte « religieux » de la célébration du mariage, c’est la relation affinitaire liant le groupe d’amis qui est unifiée, structurée, consolidée bien plus qu’une communauté de croyances. Il est de plus fort possible que le pasteur de service de la série, le Rev. Lovejoy ne souhaite pas marier deux hommes ou deux femmes. Lors de mon enquête sur les unions civiles dans le Vermont, j’avais aussi trouvé une poignée de “cyber-pasteurs” ayant célébré, pour des amis le plus souvent, des unions-civiles-religieuses.
mise à jour : l’épisode des Simpsons où Homer est un pasteur

Zach Landman’s “A nation divided”

En février dernier, pendant quelques semaines, plusieurs milliers de couples du même sexe ont eu la possibilité de se marier à San Francisco. Un lycéen de la région, Zach Landman a réalisé un film de fin d’étude d’une dizaine de minutes sur les couples, leur attente devant la mairie de la ville, avec quelques interviews. Le film est accessible sur le site de son lycée (et sur le site de la chaine publique C-SPAN : Zach Landman’s “A Nation Divided”).
(source : San Francisco Chronicle)

Parodisques

Grâce à Olivier Godechot, j’ai découvert, lundi dernier, Beatlellica (Beatallica en réalité), qui propose des versions “Metallica” des chansons des Beatles. Hey Dude est sans doute leur chef d’oeuvre : MP3

La contrepartie française de Beatlellica est sans conteste possible Adonis, le chanteur non-commercial et pape de la gentillesse, qui vient de mettre son deuxième album en ligne.

Sex Toys

Récemment dans le New York Times Magazine, un article de Jennifer Senior montrait comment le commerce des jouets sexuels se développait dans les Etats “républicains” (le titre de l’article “Sex Tips for Red-State Girls!“, fait référence à la couleur conventionnelle du parti républicain depuis quelques années, le rouge).
Dans les années 1970, aux Etats-Unis, quelques lesbiennes féministes fondent des sex shops : Eve’s Garden, Good Vibrations, Toys in Babeland. Ces entreprises tout d’abord communautaires connaissent assez rapidement un succès qui dépasse les espérances de leurs fondatrices. Une institutionalisation, une routinisation économique s’ensuit, que la sociologue Meika Loe a bien montré (par exemple dans LOE, Meika « Feminism for sale : case study of a pro-sex feminist business », Gender and Society, 1999, 13(6):705-732).
Ces commerces sont principalement situés à San Francisco, New York ou d’autres métropoles américaines. Plus récemment, les observateurs ont remarqué la croissance d’un autre type de commerce des sex toys, reposant sur le modèle des « tupperware parties », où une vendeuse semi-professionnelle organise des soirées-vente à domicile, chez une organisatrice qui y invite ses amies. L’anthropologue Debra Curtis (CURTIS, Debra, “Commodities and Sexual Subjectivities: A Look at Capitalism and Its Desires”, Cultural Anthropology, 2004, 19(1):95-121) dans un article récent, décrit l’organisation d’un tel commerce (voir aussi cet article du New York Times du 20 février 2004).
C’est dans ce contexte que le regard, ces dernières années, s’est tourné vers le Sud des Etats-Unis. En 2002, une résidente du Texas, Joanne Webb, est arrêtée pour avoir, lors de l’une de ces soirées-ventes, avoir vendu des vibromasseurs à des policiers en civil. Au même moment, pourtant, ces lois interdisant godemichés, vibromasseurs et autres « jouets » sont fortement critiquées par les observateurs et les juristes (voir pour exemple HOLT, Angela, « From my cold dead hands : Williams v. Pryor and the Constitutionality of Alabama’s anti-vibrator law », Alabama Law Review, 2002, 53(3):927-947 texte complet pdf).
Le Sud apparaît a priori comme un mauvais terrain pour la vente à domicile de vibromasseurs. Mais c’était sans compter sur la force des Eglises évangéliques locales. Si les relations sexuelles sont restreintes au couple dans le cadre du mariage hétérosexuel, alors elles doivent être pleinement recherchées : les mêmes ouvrages des évangélistes célèbres des années 1980 qui se lamentaient sur le péril homosexuel glorifiaient l’orgasme hétérosexuel et proposaient une érotique fondée sur un partage de l’orgasme dans un cadre qui reste inégalitaire.
C’est en s’appuyant sur ce plaisir hétérosexuel que les ventes à domicile de sex toys prolifèrent : les jouets proposés (sous-vêtements comestibles, crêmes, vibromasseurs…) sont destinés aux couples et à l’améliorations de leurs relations. Au cours des soirées-ventes, les objets et leurs usages sont euphémisés, dés-érotisés au profit de leurs aspects « relationnels ».

Pour aller plus loin, un ouvrage de Rachel Maines, Technology of Orgasm (dont j’ai fait le compte-rendu dans Labyrinthe, 2004, 17) déterre avec force l’histoire cachée de l’invention médicalisée du vibromasseur.

mise à jour : un reportage sur la radio publique NPR ‘Passion Parties’ in the Conservative Southern U.S. et un autre article dans Salon, toujours sur le Sud.
mes autres écrits sur le même sujet

Astrosociologie, suite

La découverte de l’Astrosociology a déclenché l’écriture de plusieurs sociologues américains: Kieran Healy, Brayden King, Jeremy Freese, Drek (et autres, comme Fafnir). (source)

Le consensus semble être absolu: l’astrosociology a peu de chance de s’établir. Drek écrit par exemple:

While work has been done in sociology that deals with the space program, it certainly hasn’t necessitated the creation of an entirely new section! So what does this new astrosociology get us? What new, wonderful benefit may we reap from the crafting of astrosociology that otherwise would remain beyond our grasp? Well, if I had to guess, it would be the ability to use the word “astro” to describe what we do. I mean, think about it, what isn’t cooler with the word “astro” attached to it?

update : Jeremy Freese a beaucoup réfléchi. Pour lui, “astrosociology has provoked such a reaction because it seems to finally mark the point at which the prospective continued substantive dissipation of sociology […] has gone too far.

Astrosociology

Il y a de cela quelques heures (merci Sébastien!), les membres de l’American Sociological Association ont reçu un mail leur annonçant la création d’un panel dédié à l’astrosociology

An open forum for astrosociology will take place at the upcoming ASA meeting, along with an Informal Discussion Roundtable. Because very few sociologists have even heard of astrosociology, I wanted to announce my efforts to as many members as possible. I invite all members who may be interested in the establishment of astrosociology as a new subfield to attend both events in order to discuss how this may be accomplished. One effort already in motion is an attempt to create a new section devoted to astrosociology (…). Generally, astrosociology is the study of astrosocial phenomena (a subset of all social phenomena) which include all human behaviors related in some way to outer space; a neglected area of sociological inquiry (…)

On se souvient qu’il y a quelques années, le doctorat qui avait été accordé à Elizabeth Tessier par Michel Maffesoli avait sucité l’indignation des sociologues français. Michel Maffesoli n’avait pas récidivé, mais n’avait pas non plus été sanctionné.
Le champ de la sociologie américaine, structuré par l’ASA et ses revues, semble moins innovant que celui de la sociologie française: Jim Pass, fondateur de l’astrosociologie s’intéresse moins aux astres en tant que tel qu’aux conséquences sociales de l’envoi d’humains et de machines dans l’espace

En revanche, Jim Pass travaille fortement à la création d’un champ. Outre www.astrosociology.com, il place des publicités sur google :
Jim Pass Astrosociology Google

New Yorker

Le New Yorker est l’un des meilleurs magazines américains. On peut y lire des fictions, de courts articles, des critiques d’expositions et de films et de longs articles sur des thèmes variés. Plusieurs des journalistes du New Yorker ont un site où ils proposent certains de leurs textes:

  • 1- Rebecca Mead, dont je recommande You’re Getting Married (pdf).
  • 2- Malcolm Gladwell, sur la vie économique et culturelle.
  • 3- Michael Specter, pour de long profiles dont celui de Sean Combs (Puff Daddy).
  • 4- Susan Orlean, dont les articles sont plus courts.
  • 5- Jerome Groopman, un ancien.
  • 6- Peter Maas, très prolifique (et qui n’écrit pas que pour le New Yorker).
  • Et bien entendu, il reste le site du New Yorker, avec les articles de Seymour Hersh.

    Liturgie pour une “union civile”

    Le diocèse épiscopalien du Vermont va publier une liturgie officielle pour célébrer des unions civiles (une union civile est un changement d’état civil réservé aux couples du même sexe, qui leur donnent les droits que le mariage donne aux couples de sexes discordants).
    Depuis juillet 2000 en effet, les prêtres épiscopaliens du Vermont célèbrent, quietly, des unions du même sexe, utilisant des liturgies ad hoc, ce qui ne satisfait pas cette église fortement ritualiste. [Sur le Vermont, vous pouvez lire mon article sur la géographie des unions civiles]
    Le Diocese du Vermont n’a pas encore d’informations précises (ni Integrity, l’association gay et lesbienne épiscopalienne), mais cela ne devrait pas tarder.
    Mise à jour:
    Le Seattle Post a des précisions (sources, AP), le Washington Post, aussi. A noter, un reportage audio sur NPR.