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Archives de la catégorie : 'France'

Le Tigre

Le Tigre est un nouvel hebdomadaire sans publicité… Si vous ne faites pas partie des quelques milliers d’heureux possesseurs d’un numéro zéro, vous pouvez toujours le consulter en PDF sur le site du Tigre : www.le-tigre.net

Riverains c. sex shop

Je suis donc passé, hier, au journal télévisé régional de France3. J’y étais en tant que sociologue, visiblement “expert” des sex-shops. C’est Emmanuel Redoutey, urbaniste (et auteur d’une étude avec Bruno Proth sur la géographie sexuelle de Paris, dans la revue Urbanisme qui a donné mon nom aux journalistes qui l’avaient contacté.
Le reportage est centré sur les réactions des habitants de la rue Saint-Denis et de la mairie à ce qui est décrit comme des “nuisances”. Une partie, filmée de nuit en caméra cachée, montre un monde nocturne aux voix déformées et aux visages floutés…
Je suis assez critique sur mes commentaires, qui collent trop à la logique du reportage et ne proposent pas vraiment de distance critique avec ce qui y était montré…
Baptiste Coulmont au Journal Télévisé de France3 Paris (format .mov Quicktime).
Enfin : je voudrais remercier François Phnk Briatte pour son aide technique.
Baptiste Coulmont

France3 – sex shops

Un reportage sur les sex shops devrait être diffusé aujourd’hui sur France3 Paris vers 12h50…
mise à jour :
Le reportage est disponible à partir de la 8e minute (et je parle après…)

Diminution du nombre de sex-shops

L’Atelier Parisien d’Urbanisme, ou APUR, gère une base de données, “BD-COM”, sur le commerce parisien. Les études réalisées en 2000, 2003 et 2005 laissent voir l’évolution récente des quelques 62 000 commerces. Entre 2000 et 2003, le nombre de sex-shops était resté stable (+1,7%, soit 2 de plus). Entre 2003 et 2005, c’est une chute brutale à laquelle on assiste : -7%…
Graphique : évolution du commerce parisien (PDF) — L’étude sur le commerce est disponible à partir du site de l’APUR.

Comment expliquer cette diminution ? C’est en partie le travail que j’essaie de réaliser en ce moment : action municipale (gentrification programmée du boulevard de Clichy), banlieu-isation des sex-shops (qui ouvrent dans les villes d’Ile de France comme Houilles), développement du commerce par correspondance, des sex-shops haut-de-gamme qui ressemblent à des magasins de lingerie féminine (Yoba, Amours délices et orgues…)… A mon avis, un certain nombre de magasins récents ne sont pas comptés comme sex shop par l’APUR. C’est à voir. Comme il est à voir où précisément ils disparaissent.
Mes autres billets sur les sex-shops

Journalistes en banlieue

Des journalistes de l’hebdomadaire suisse L’Hebdo se sont installés en “banlieue”, à Bondy plus particulièrement. Dans un billet récent, ils parlent de l’université Paris 8, où j’enseigne, et le titre est éloquent Sortir de la fac Paris 8, c’est pointer direct au chômage… Cette phrase semble être une citation d’un étudiant et pas le résultat d’études statistiques, mais cela donne bien le point de vue de certains des usagers.
Dans la suite de mes billets sur les blogs d’étudiants de Paris 8, en voici quelques autres :
Bouger !, de A. D. photographe et étudiant,
Paris8, d’une étudiante en sciences de l’éducation.

Deux poids deux mesures

Emeutes urbaines, dégradations, CRS blessés, jets de projectiles, jeunes, sous l’influence d’un Dieu étranger… Rassurez-vous disaient hier tous les présentateurs des journaux télévisés : ça se passe dans le centre ville de Grenoble, les CRS ne sont que “légèrement” blessés, les projectiles étaient des bouteilles de vin, les jeunes étaient “des étudiants” et le Dieu étranger était finalement bien français : Bacchus…
Grenoble et le Beaujolais au journal télévisé (fichier Quicktime, .mov)

Du coup, pas d’experts autoproclamés pour postuler que leurs parents sont polygames, pour demander leur expulsion de France, ou pour expliquer je ne sais quoi à l’aide de je ne sais quoi : non, juste du chahut urbain, de la “viande saoule”… Une jeune fille essaie de justifier tout cela en disant que c’est “une tradition française” (?), une dame plus âgée que ça n’a rien à voir avec la banlieue (rassurez-vous…).
Quelques blogs en parlent : Romain L. de Grenoble ; un blog xénophobe d’extrême droite ; le normalien (ou un homonyme) Guillaume Cingal ; un étudiant de Grenoble et enfin une étudiante de Grenoble

La rédaction de CV

Ce billet n’a qu’un intérêt local et il est destiné avant tout aux candidats aux postes de maître de conférences, qui doivent, pour être recrutés, envoyer aux universités un dossier comportant notamment un CV. [La procédure de recrutement est à la fois étalée dans le temps : il faut tout d’abord être “qualifié” par une ou plusieurs sections du Conseil National des Universités, ou CNU ; puis attendre la publication des postes au Journal officiel et finalement très rapide : il faut envoyer en quelques jours un grand nombre de dossiers aux universités afin d’obtenir une audition]
Mon élection récente à la “commission de spécialistes” du département de sociologie de Paris 8 m’a fait découvrir l’envers du processus de sélection : les rapporteurs n’ont que très peu de temps pour examiner les dossiers (qui sont réduits, heureusement à une liste de documents requis) et chaque élément permettant d’accélérer l’examen des dossiers est valorisé.
La rédaction des curriculum vitae est donc très importante : et c’est un CV spécifique qu’il faut produire pour ce recrutement, pas la reproduction d’un CV “passe-partout”. Le Journal Officiel précise — à chaque fois que les postes sont publiés — qu’il faut :

un curriculum vitae donnant une présentation analytique de la thèse, des travaux, ouvrages, articles, réalisations et activités en mentionnant les travaux qui seront adressés [si les candidats] sont convoqués pour l’audition ;

Sur la petite vingtaine de dossiers que je devais rapporter, un nombre étonnant faisait le contraire de ce qui est — dans l’optique d’un examinateur — évident. Tout d’abord, un seul mentionnait les “travaux qui seront adressés” en cas d’audition (alors que c’est précisé par écrit dans le JO… et c’est simple à faire : une petite liste en fin de CV…) : Ah, il y en a un-e qui suit ! a-t-on envie de dire. Mais qu’est-ce qui semble “évident” ? Quelques conseils :

1- n’utilisez d’acronymes ou de sigles que si vous les explicitez : UPMF (université Pierre Mendès France de Grenoble), “dans le cadre de l’UFR 8” (est-ce une UFR de sociologie, de sciences humaines, de gestion ???), “qualifié par la section 32 du CNU” (il y a une cinquantaine de sections au moins : à quoi correspond le n°32, ne pensez pas que le rapporteur les connaisse toutes par coeur). De même qu’est-ce que le CEMIM ? le GEDIPA ? l’UMR-CNRS 3578 ? Vous devez préciser.
Utilisez des agrafes, vérifiez l’orthographe.
N’utilisez pas de polices de caractères trop originales ou ésotériques ; et de police “sérieuse” n’en utilisez qu’une : la lecture doit être simple – évitez de tout écrire en police de taille 8, c’est trop petit. Evitez le soulignage (l’italique suffit, les caractères gras à la limite si cela apporte de la structure)
Vous avez été étudiant : dans quelle université : “1995- licence” ne suffit pas : département, diplôme, université (et pas seulement son nom, sa localisation et son pays peuvent être importants, please). Le CV doit être structuré : utilisez des titres, des indentations, des interlignes… (mais pas de petites “bullettes en 3D” genre powerpoint)

2- vous avez enseigné : alors indiquez le nombre d’heures totales pour chaque année, indiquez l’université, l’IUT, l’école… où vous avez enseigné, précisez les disciplines (sociologie ? sciences de l’éducation ? anthropologie), le titre du cours. Quelque chose comme “2004-2005, sociologie en licence” ne suffit pas.
Ne trichez pas : si vos fonctions d’ATER se sont terminées, ne prétendez pas que c’est votre “fonction actuelle”.
Soyez précis dans les statuts occupés : PRAG, ATER plein, demi-ATER, monitorat, vacations… (et quand vous les avez occupés : septembre 2003 – août 2005, c’est plus précis que 2003-2005).

3- vous avez “publié” : alors hiérarchisez. Une autopublication chez un certain éditeur a moins de poids qu’un bel article dans une revue de premier plan. Une étude du CNRS sur les revues centrales en sociologie est disponible (ce n’est pas un point de vue définitif et c’est une liste critiquée, mais c’est une bonne liste de revues scientifiques reconnues par la profession). Rien ne sert de lister une dizaine de “publications” si les rapports de recherche, le mémoire de maîtrise, un compte-rendu dans une petite revue mineure, et un article dans une bonne revue connue à comité de lecture… sont classés par ordre chronologique sans que l’on puisse distinguer le travail scientifique de la commande administrative. Comment hiérarchiser :
    1- les ouvrages
    2 ou 3- contributions à un ouvrage collectif (entrée dans un dictionnaire, chapitre dans un ouvrage de synthèse… idem)
    ou alors 3 ou 2- articles dans une revue à comité de lecture (et évitez de considérer qu’une revue que vous avez montée avec l’un de vos camarades dispose de ce genre de comité)
    4- actes de colloques
    5- valorisation de la recherche, rapports de recherche…
Faites très attention au titre de la revue : j’ai vu des erreurs sur certains titres (une revue connue devient ainsi une feuille inconnue et le-la candidat-e passe au mieux pour une tête de linotte : rappelons donc ici que “Sociétés contemporaines” — une revue française de sociologie publiant principalement des dossiers thématiques –, “Sociologie et sociétés” — une revue canadienne –, “Actes de la recherche en sciences sociales”, “Archives de sciences sociales des religions”, “Education et Sociétés”… sont au pluriel en partie ou en totalité… alors que “Droit et société” est au singulier. Société est une revue canadienne dépendant de l’université du Québec à Montreal ; Sociétés est la revue maffesolienne française). Pourquoi ne pas penser à indiquer l’ISBN pour des revues au titre très très commun, et surtout commun à plusieurs revues ?
Quand vous hiérarchisez, vous montrez que vous connaissez les modes de classement, les “taxinomies indigènes” du monde auquel vous souhaitez être agrégé. Ne pas hiérarchiser laisse supposer un défaut de socialisation universitaire : cela vous dessert (pour prendre un exemple, c’est un peu comme un étudiant de maîtrise qui prendrait un manuel pour un ouvrage théorique… ça fait tache). Refuser d’objectiver les différences entre vos publications au prétexte d’un refus des conventions… n’est pas une stratégie gagnante ici.
Indiquez les pages de début et de fin de l’article (un article de 2 pages et un article de 50 pages n’auront pas le même “poids”).
N’inventez pas de publication, ça se voit trop. Ne mentionnez des articles “à paraître” que si vous donnez le titre de la revue où ils sont à paraître. Mieux : mentionnez le numéro et l’année en plus du titre de la revue où il paraîtra. Évitez de mentionner des articles “soumis” qui se trouveraient actuellement dans les limbes du comité de lecture ou en voie de réécriture avant acceptation : tout le monde peut soumettre des articles, ce n’est pas un critère de classement… Si vous voulez mentionner vos recherches en cours, il y a une rubrique pour cela.

4- Classé-e 1er ou 1ère au DEA, allocation de recherche, bourses de thèse… indiquez-le (et pas tout au bout d’une présentation détaillée, comme si c’était annexe). J’ai pu voir un dossier où une bourse internationale de recherche n’était mentionnée qu’en passant, le thème de la recherche jamais précisé alors que le candidat (la candidate?) avait obtenu cette bourse et que le thème avait des chances d’être en lien avec le poste auquel il/elle postulait… ce qui est fort dommage pour un dossier de candidature à un poste d’enseignant-chercheur. (Le problème venait du simple réemploi, sans mise à jour, d’un morceau de CV utilisé l’année précédente : un peu de bon sens, voyons !).
Vous faites partie d’un contrat de recherche (de l’Union européenne, d’un ministère quelconque…) : à quel titre ?
Vous avez obtenu une bourse d’un organisme quelconque (dont vous avez explicité le sigle, bien entendu) : quel était le montant de cette bourse, et portait-elle sur 3 mois, un an, trois ans ?
Un “post-doctorat”? notion floue en France : statut rémunéré ? non rémunéré ? dans quel cadre, quelles fonctions occupez-vous. Idem si c’est à l’étranger.

5- certain-e-s candidat-e-s sont présents sur internet : page sur leur laboratoire de rattachement, articles en ligne, communication à des colloques. Les rapporteurs ont rarement la possibilité matérielle d’y jeter un coup d’oeil et doivent de toute façon se contenter du dossier fourni : mais s’ils y jettent un coup d’oeil, il ne faudrait pas que les informations fournies par le dossier et celles que l’on trouve sur internet soient très différentes. Si un article est “à paraître” sur une page internet de 2003 et qu’il est toujours, fin 2005, “à paraître”, c’est un peu étrange. Contrôlez, dans la mesure du possible, ce qui est dit sur vous sur internet (surtout quand vous en êtes responsable)

6- en bref, le CV qu’on vous demande n’est pas une présentation embellie de vous-même — vous aurez à vous “vendre” lors de la constitution du dossier préalable à l’audition et lors de l’audition — mais bien plutôt une sorte de présentation objectivée (mentions au DEA par exemple — et même si l’inflation de très très honorables avec les félicitation de tout le jury à l’unanimité… en limite l’utilité pour la thèse il faut le mentionner — , nombre d’heures enseignées, articles sérieux, thèmes de recherche actuels).

7- “présentation analytique” est-il demandé dans le JO. Certains candidats — presque tous — préfèrent produire deux CV. L’un classique, plutôt sur le modèle d’une liste non rédigée. L’autre rédigé comme un projet de recherche. Parfois très long, très très “analytique”, très peu “présentation”, plutôt “dissertation” : gardez en tête que le rapporteur a peu de temps. Synthétique, c’est toujours mieux. Faites attention, si vous faites 2 CV, à y mettre les mêmes informations : si certaines ne sont mentionnées que dans un CV et pas dans l’autre, ça fait du travail en plus pour le rapporteur.
Dans la partie “analytique” du CV, on peut parfois lire des projets de recherche très construits, un peu sur le modèle administratif des “rapports quadriennaux” des laboratoires de recherche, où différentes équipes sont associées à différents “axes thématiques” (c’est le jargon)… C’est un peu étrange de retrouver cela presque identiquement dans le projet d’un individu, comme si la personne était un résumé du groupe-laboratoire et se diffractait, depuis un point administratif central, en axes thématiques. Soyez modestes dans les possibilités de vous diviser à l’extrême : vous aurez, si vous êtes retenus, à gérer certaines tâches administratives — emplois du temps, relations internationales, équivalences… — qui prendront du temps sur au moins trois des quatre “axes thématiques” très larges et très flous que vous proposez.
Faites attention aux thèmes de recherche que vous évoquez : la commission tiendra bien plus compte des recherches déjà avancées (visible à travers des participations à des séminaires de recherche ou des colloques) que des simples annonces de “projets” qui se trouveraient par miracle “en phase” avec le profil du poste.

L’examen des dossiers se fait suivant une grille de lecture (qui va varier suivant chaque université, mais qui va de toute façon s’appuyer sur les éléments les plus objectivés disponibles) qui doit permettre au rapporteur d’exposer de manière synthétique le candidat au cours d’une réunion… et il y a en général une centaine de candidats : si une bonne synthèse structurée est faite par le candidat… il y a de grande chances pour que le rapporteur produise une bonne synthèse structurée et convaincante du dossier… et donc mieux vous défendre.

J’ai essayé de proposer ici des conseils de bon sens, à partir du travail de rédaction de rapports que j’ai eu à faire en tant que membre d’une commission de spécialistes. Quand on est candidat — et je l’étais il y a peu — on ne réfléchit pas avec le rapporteur en tête : j’ai tenté ici de mettre en lumière les contraintes du travail de rapporteur et certaines des manières dont vous disposez pour alléger ces contraintes. Bien entendu ces choses ne sont pas requises explicitement et si vous voulez tout écrire en sigles incompréhensibles tout en laissant croire que votre maîtrise a autant de poids pour vous que votre article dans la RFS, allez-y…

Pour aller plus loin, vous consulterez :
Note aux candidats à la qualification (section “informatique” du CNU)
Fiche de la section 19 (sociologie, démographie) du CNU (avec conseils aux candidats)
Ces liens renvoient vers des conseils utiles lors de la phase de qualification, préalable à l’envoi des dossiers aux universités. D’autres conseils seraient les bienvenus : vous pouvez laisser des commentaires.

Marsyas, maître de conférences dans une université à l’Est de Paris commente :

Je n’ai qu’un conseil à rajouter : se faire relire si possible par un membre d’une commission de spécialistes dans sa discipline, et de préférence par quelqu’un d’autre que son patron de thèse qui ne peut être objectif. C’est évidemment indispensable pour la présentation orale mais j’en viens à penser que cela peut également être très utile pour le CV et la lettre de présentation de la candidature.

mise à jour : un texte de Régine Bercot : Le fonctionnement d’une commission de spécialistes sur le site de l’ASES (Association des sociologues enseignants du supérieur).

Pour commenter cliquez ici ou ci-dessous :

Diffusion du travail universitaire (homosexualités, etc…)

Saviez-vous qu’Eric Fassin avait une sorte de “page secrète” sur laquelle il est possible de lire une dizaine de textes en ligne, dont une communication très claire donnée récemment devant la “Mission d’information sur la famille et les droits des enfants” de l’Assemblée nationale :

Conjugalité et filiation à l’aune de la démocratie sexuelle
Si le pacte civil de solidarité marque une étape importante dans l’évolution du droit et de la société en France, c’est qu’il s’inscrit au croisement de deux logiques démocratiques. D’un côté, il participe d’une logique d’égalité : c’est la raison pour laquelle il est ouvert également aux couples de même sexe et de sexe différent. Cette logique d’égalité entre les sexualités vient ainsi prolonger l’évolution des lois et des normes portant sur l’égalité entre les sexes. D’un autre côté, le pacs relève d’une logique de liberté : non seulement le mariage s’assouplit, et devient moins contraignant, mais aussi, en même temps, la conjugalité se résume de moins en moins au seul mariage. C’est ainsi que notre société et notre droit renoncent progressivement à stigmatiser le divorce, mais aussi le concubinage, et même les naissances hors mariage. Entre le concubinage et le mariage, le pacs marque un degré intermédiaire dans les droits et les devoirs conjugaux.
Lire la suite…

Par ailleurs, l’émission La nouvelle Fabrique accueillait aujourd’hui Régis Revenin et Florence Tamagne, deux historiens de l’homosexualité. L’émission est disponible au format RealMedia pendant encore un petit moment. Revenin est l’auteur d’un livre sorti il y a quelques semaines, Homosexualité et prostitution masculines à Paris (1870-1918).

La rentrée à Paris 8

(Une liste des blogs de Paris 8 est tenue à jour ici)
J’éviterai pour le moment d’exposer la rentrée chaotique à Paris 8 (problèmes de salles, d’emplois du temps…).

Il me semble cependant intéressant de chercher à savoir comment cette même rentrée a été vécue par les étudiants de Paris VIII tenant un blog, et dont j’ai réussi à retrouver la trace :
Le Canadien Polo écrit :

C’est terrible le chaos qui règne ici à l’Université.
Bordel que c’est mal foutu.
Je devais assister au cours « Histoire de l’expressionnisme européen » (cours d’histoire de l’art du département d’arts plasiques) à 9h00. Finalement, je n’ai jamais pu assister au cours à cause de conflit d’horaire et de salle de cours. Ça arrive souvent ici.
Évidemment à 9h30, le prof n’est toujours pas là. Des rumeurs nous disent que le cours est décalé à 12h00 sur le nouvel horaire. À 12h00, je me présente à la salle et c’est un autre cours qui se donne. Je repars revoir l’horaire affiché sur le babillard et constate qu’on a aussi changé de local. Mais au nouveau local, c’est un autre cours. C’est alors qu’une fille d’arts plastiques m’apprend que le prof est venu en avant-midi! Où? Elle ne sait trop. Elle est autant consternée par le manque de communication qui règne ici.
Bordel que c’est mal foutu.
Aujourd’hui, j’ai été soulagé de savoir que j’étais sûrement le plus renseigné des étudiants étrangers. […]

Jud l’étudiante gothique en psycho :

Nous avons commencé par la psychologie cognitive. Trois heures. Notre prof est caricatural. On dirait un hippy, ou alors Jesus ! Assez jeune avec les tifs au milieu du dos et de la barbouze.
[…]
Encore trois heures après (sans pause), psychologie du développement. Sur mon emploi du temps, je lis :”Préfa 6″. Kouâââ ??!
Quand j’arrive devant ladite salle, j’le crois pas une seule seconde qu’il s’agit des baraques préfabriquées pour les travaux.
On s’entasse jusque par terre dans cet ampji de fortune. Quel prestige, Paris 8 !
Après professeur Jesus : TINTIN !! En personne !! Je me demande s’il font exprès d’engager des sosies ! […]
Psychologie sociale. Le prof ressemble à personne en particulier mais est hyper convivial. Par contre…L’amphi…..
S’ils n’ont pas de fric pour construire des salles au lieu de nous foutre dans des baraques de chantier, ils en ont a jeter par les fenêtres pour le chauffage !! Il faisait 40 degrés ! Thermomêtre à l’appui ! Je sais pas comment je suis pas morte en trois heures, sans fenêtre ouverte et sans eau !!

Rick Parys a réussi à trouver la salle, mais l’enseignant a un problème :

Ce matin j’étais dans un amphi abritant une bonne centaine de cerveaux estudiantins ainsi que celui d’un prof de critique ciné. Tout se passait paisiblement quand celui-ci décida de projeter un extrait d’un film d’Hitchcock sur le grand écran. Et c’est ce dernier détail qui a eu toute son importance.
Il se dirige vers le lecteur de DVD, y glisse le disque, appuie sur play et là….rien. Du son, mais pas d’image. Il trifouille dans le placard et sort une télécommande, puis une deuxième….puis une troisième…il appuie sur les boutons avec une maladresse déconcertante : un gosse de huit ans cherchant la chaine pour adultes! Mais moi, j’ai passé 4 ans à bosser sur des projets de type audiovisuels ; régler son problème ne me prendrait probablement pas plus de 15 secondes. Cette reflexion formulée à voix haute dans ma tête m’a provoquée une brûlure dans l’estomac engeandrant un irréversible processus d’accéleration cardiaque : et si j’allais l’aider? […]

Nightfire lui aussi fait un compte-rendu détaillé :

Mais parlons de la petite vie sociale et administrative de la fac.
Les ouvertures des bureaux n’en parlons pas, ça travaille 4h et ça vous claque la porte au nez, et si vous avez de la chance quand c’est ouvert on vous renvoie dans un second bureau si possible à l’extremité du bâtiment. J’ai découvert que l’université comporte 3 bâtiments principaux : Arts, Langues, Informatique. C’est grand, ça fait mal aux pieds.

Mise à jour
Histoire sans fond dans “Fac, mon amour”, raconte une rentrée un peu floue :

La fac, c’est un vrai bordel. Mais ça, on le savais.
Certe.
Ce qu’on ne savais pas, c’est que ça l’est aussi pour les profs.
Ce matin, départ pour la fac a 12h15. Pour un rendez vous à 14h. Tout est normal.
Et puis arrivée à la fac, impossible de trouver le batiment concerné. A croire qu’il a disparu. Non! Il est simplement… Caché tout en haut d’un autre batiment. On voit tout de suite que ce n’est pas une fac de scientifiques. Niveau logique, ça laisse tout de même à désirer.

Les épisodes précédents : les étudiants blogueurs de Paris 8
Et pour celles et ceux qui apprécient la vie politique de Paris 8, un rappel de la grève des anthropologues

Liberté de culte

Les sociologues américains Finke et Stark ont développé une théorie de l’engagement religieux fondée sur les bases d’un choix rationnel : les fidèles cherchent à maximiser, sous certaines contraintes, les profits attendus de la pratique d’une certaine religion: profits “intramondains” (la maximisation d’un capital religieux), profits “ultramondains” (les bénéfices attendus, dans l’au-delà). Les formes strictes de religion, exigeant un engagement fort, intense, permettent d’éviter les passagers clandestins (celles et ceux qui pourraient bénéficier sans pratiquer et qui dilueraient ainsi le capital constitué par les “vrais” pratiquants). Cette éviction augmente le profit attendu par ceux qui restent, rend l’engagement plus rentable… et contribue à l’augmentation du nombre de fidèles. Le résultat est contre-intuitif : il est souvent dit que c’est le caractère trop “hors du monde” de certaines Eglises qui leur fait perdre des adhérents.
Cette théorie, résumée ici à très gros traits, ne fonctionne bien que dans un régime de liberté de culte, toutes les formes de contrôle étatique apparaissant comme une barrière mise à la liberté d’entreprendre. De même que pour l’économie libérale, c’est la protection des droits des travailleurs qui promeut le chômage, de même ce sont pour Finke et Stark les bâtons mis dans les roues des mouvements religieux qui expliquent en partie le désengagement de certains du marché des biens de salut — et donc une pratique religieuse moins forte et moins répandue.
Dans ce cadre, les “nouveaux mouvements religieux”, ces PME du religieux, jouent un grand rôle théorique : leur naissance, leur éventuelle croissance ou disparition… permet de tester certaines hypothèses.

La France ne représente pas, pour Finke et Stark, un modèle de liberté des cultes. Le catholicisme y joue un trop grand rôle, la concurrence n’est pas assez développée. Et ils pourraient apporter au moulin de leur réflexion les manifestations récentes d’élus contre la Scientologie : Anne Hidalgo, adjointe au maire de Paris, manifeste contre la Scientologie (fichier vidéo quicktime). Certains petits villages d’Alsace organisent même des référendums contre l’installation de lieu de culte jéhovistes (fichier .mov), ce que le journal de TF1 relate avec un plaisir non dissimulé.