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Archives de la catégorie : 'Université'

Samuel Lézé

Un nouveau venu, Samuel Lézé, sociologue à l’université Claude Bernard de Lyon (où il est ATER). Son blog consacré à la sociologie et l’anthropologie de la santé mentale est en cours de montage

Et HOP !

Olivier Godechot, sociologue, développe en ce moment HOP, Html Organisé par le Php. Son site

est géré avec HOP, un système de publication en ligne sur internet, que je suis en train de développer et d’améliorer. HOP est beaucoup plus simple et rudimentaire que SPIP, ce qui est à la fois un avantage et un inconvénient. La conséquence, c’est qu’il n’y a pas à apprendre un langage nouveau pour s’en servir. Il suffit de connaître les rudiments du langage HTML.
source : HOP, chez Olivier Godechot.

L’intégration de RSS dans HOP est-elle au programme ?

Sans transition (mais est-ce véritablement sans rapport aucun), le Washington Post mentionne dans un article un dispositif d’espionnage digne de la série Alias : The operation (…) was put together at a top secret center in Paris, code-named Alliance Base, that was set up by the CIA and French intelligence services in 2002… Et plus loin dans l’article, il est précisé — en passant — que : To play down the U.S. role, the center’s working language is French, sources said. L’article se termine comme il se doit sur une citation de Nicholas (sic) Sarkozy…

Et de deux !

Après l’installation d’une version de WordPress pour servir de “CMS” au site du département de sociologie de Paris VIII, le service communication de l’université m’a demandé de leur montrer un peu plus en détail les blogs… J’en ai profité pour joindre la pratique à la théorie en installant un site minimaliste pour l’UFR4 de Paris 8 (la réunion des départements d’histoire, de socio et de littératures) : il fonctionne avec WordPress et va, je l’espère, servir à diffuser certaines informations liées à l’UFR et aux “écoles doctorales”.
Je me suis servi du flux RSS du département de sociologie pour l’insérer au site de l’UFR4, qui diffuse donc, dans une colonne à droite, les informations récentes du département de socio. Cela devrait pousser d’autres départements de l’UFR à adopter un même système… On verra ça à la rentrée. Globalement, j’ai moins de problèmes qu’un certain stagiaire à convertir le monde universitaire aux joies du PHP/MySQL.
(Il y a encore des erreurs de langue : je vais devoir traduire en partie ce que publie WordPress : “Archives for June, 2005” n’est pas toujours compréhensible…)

Blogs universitaires

Alors que nombre d’universitaires américains, et notamment des sociologues, tiennent un blog professionnel ou participent à un blog collectif (par exemple Crooked Timber ou Pub Sociology), très, très rares sont leurs équivalents français, et ils n’ont absolument pas le même poids que les “stars” américaines. Cela explique peut-être pourquoi Le Monde et Telerama peuvent présenter internet comme le refuge d’adolescents en crise, de cuisinières ou de chefs d’entreprise.
Voici donc une liste, temporaire et partielle, d’universitaires-avec-blog :
Bernard Salanié, économiste, ancien directeur de l’ENSAE;
Jean Baubérot, historien, qui propose dans son blog des réflexions sur la laïcité. Chose intéressante, il hésite sur le style à adopter… Comme en témoignent des phrases telles que “les diacres peuvent être mariés mais doivent être des mecs, pour être « figure » du Christ, comme si l’important dans le Christ c’était son zizi“, il n’écrit pas de la même manière que dans ses publications “papier”;
“Marsyas”, jeune maître de conférence en archéologie;
Laure Marino, juriste, maîtresse de conférences à l’université Paris XIII;
“Phersu”, doctorant ou post-doctorant, à l’identité “secrète”;
Blitztoire, par un historien médiéviste, “Zid” ;
mises à jour :
(1) une liste beaucoup plus étoffée chez François Briatte a.k.a. phnk;
(2) une tentative de métablog : BlogUniv de Filipe Ferreira;
(3) Toujours plus haut, de Manuel Canévet, à l’université de Nantes.
(4) Thierry Vedel, chercheur CNRS au CEVIPOF.
Re-mise à jour (octobre 2006) : Wiki-liste des blogs universitaires français (grâce à CrookedTimber)

Paris 8 et la fermeture

La fermeture de l’université pose de nombreux problèmes. Outre l’annulation d’une semaine de cours [d’ailleurs, les étudiants et étudiantes qui n’ont pas reçu de mail de ma part concernant le travail à faire pour la rentrée sont priés de me contacter] c’est aussi le travail administratif qui est rendu plus complexe. Or c’est en ce moment même que se réunissent les “commissions de spécialistes”, qui sont chargés de sélectionner les candidats aux postes ouverts au recrutement. Mais quand les dossiers de candidature sont sous clé dans l’université et que les “spécialistes” (ceux de la commission) sont en dehors, le travail de sélection devient difficile.
La commission de spécialistes de sociologie a réussi cependant à se réunir, mais a fait part publiquement de son vif désaccord avec la fermeture de Paris VIII.

La C.S. de Sociologie de Paris 8, réunie le mardi 19 avril 05, proteste contre les conditions dans lesquelles elle a dû se réunir, suite à la décision unilatérale du président de fermer l’université. Plusieurs de ses membres n’ont pu récupérer les dossiers des candidats que très difficilement. Par ailleurs, la commission a dû se réunir hors des locaux de Paris 8″.

Par ailleurs, une réunion a eu lieu à la Bourse du Travail de Saint-Denis a rédigé la motion suivante :

Les enseignants, personnels IATOS et étudiants de l’Université Paris 8 réunis le 20 avril à la Bourse du Travail de Saint-Denis :
1. condamnent l’intervention des forces de police le jeudi 14 avril et la fermeture de l’Université et de la bibliothèque depuis le 15 avril, que les incidents récents, aussi condamnables soient-ils, ne sauraient justifier, et qui s’apparente à un lock-out empêchant enseignants, personnels et étudiants de travailler ;
2. demandent à être reçus de toute urgence par la Présidence de l’Université ;
3. réaffirment que la priorité doit être à la réouverture de l’Université, non seulement pour lui permettre de fonctionner, mais également pour créer les conditions d’un dialogue normal et démocratique, et retrouver les voies d’une discussion dans laquelle chacun puisse faire valoir ses arguments ;
4. exigent que le Conseil d’administration et les instances de l’Université soient saisis des propositions faites par le CEVU et par le Conseil scientifique et de toute proposition de nature à permettre une solution satisfaisante et pérenne pour le département et les formations d’anthropologie ;
5. s’inquiètent des conditions de navette en pleine période de vacances avec le Ministère concernant l’habilitation des projets de formation LMD et affirment qu’ils s’efforceront de créer les conditions de réponse collective et démocratiquement discutée face aux avis et exigences du Ministère ;
6. décident de tenir une Assemblée générale dès la réouverture de l’Université.
Adopté à l’unanimité moins une abstention.

Ailleurs sur internet, une étudiante, Gabrielle L. fait part de son expérience.
Ailleurs encore, et c’est raconté de manière fort amusante, un groupe de rock punk, qui devait se produire dans l’université le 14 avril, a vu son spectacle annulé. Voici comment le batteur relate son expérience :

le jeudi 14 avril 2005, l’université de paris 8 n’as pu faire de festival, car la raison est que les étudiants manifestais pour faire valoir leur droit de cultur et de soif de connaissance
mais certaine nous les refuses, apres comment voulez vous avoir l’esprit critique si on vous empeche et a cause de cette manifestation les mures ont été tagué par soit des poeme soit des critiques soit la réallité soit des phrases de l’histoire.
si c’est ces problemes venant de la loi fillonn’etais pas arrivé , le festival aurais pue avoir lieu, les mairies les aurais aidée comme chaque année et le festival se serais passé tranquillement dans une bonne ambiance et mon groupe ” The bernıe Rаide Cіrcυs” aurais pu joué et ca aurais été un meilleur anniversaire pour mon chanteur qui le fétais dans son université , mais tous cela a été annulé.
source : spaces.msn.com/members/batteurbernie/

Fermetures universitaires

mise à jour : voir plus bas l’article de l’Humanité.
Pour compenser le reportage plutôt faible de France 3 (format .mov Quicktime), voici un article du Figaro :

Paris VIII ferme provisoirement ses portes
ENSEIGNEMENT SUPÉRIEUR Le président de cette faculté de Seine-Saint-Denis, occupée et vandalisée, veut ramener le calme,
Marie-Estelle Pech – [19 avril 2005] – LE FIGARO
L’université Paris-VIII Vincennes – Saint-Denis, fermée depuis jeudi dernier sur ordre de son président, s’enlise dans le conflit. «Pour des raisons de force majeure, l’université restera fermée aux usagers de la communauté universitaire», annonçait hier matin une simple affichette apposée à l’entrée, au grand dam de quelque 200 étudiants qui ont tenté hier à plusieurs reprises de réinvestir le QG de la contestation, l’amphithéâtre A 1, occupé pendant trois semaines.
Cet amphithéâtre et ses environs offraient hier une apparence désolante. Des graffitis sur les murs, les vitres et le sol. Les slogans contre le gouvernement côtoient ceux contre le LMD (licence, maîtrise, doctorat) et «l’ultralibéralisme» de la Constitution européenne ou, plus anecdotiquement, d’autres pour la révolution sexuelle. Des bancs ont été détruits. Des détritus jonchent le sol. Des grilles d’aération ont été arrachées, des vitres brisées. L’université estime à 75 000 euros la somme nécessaire pour nettoyer et réparer.
La faculté restera fermée jusqu’à vendredi, jour du début des vacances scolaires. «J’ai épuisé tous les recours de négociations», a déclaré hier Pierre Lunel, son président, qui a déposé plainte pour «dégradations du domaine public». Une infime minorité a, selon lui, «choisi de se livrer à une occupation ponctuée d’actes de violence contre les personnes et les biens». Dans un premier temps, l’amphi A 1 a été occupé nuit et jour dans une ambiance «peace, love et fumette» par une trentaine d’étudiants en anthropologie et certains professeurs. Ils réclamaient le maintien du département d’anthropologie, selon eux menacé de suppression par la réforme européenne LMD.
Mais peu à peu, la contestation a fait tâche d’huile et s’est politisée, notamment autour du non à la Constitution européenne et du soutien au mouvement des lycéens. «Des syndicats, l’UNEF et des militants de la jeunesse communiste révolutionnaire ont récupéré notre mouvement», expliquait hier un étudiant en anthropologie.
Pêle-mêle, dans cette faculté qui a toujours été à la pointe de la contestation, des étudiants étrangers et des chômeurs sont venus expliquer leurs difficultés dans l’amphi A 1 rebaptisé «la zone libérée». Des étudiantes voilées y ont diffusé un film controversé : Un racisme à peine voilé, pourtant interdit par le président de l’université.
Au fil des jours, les squatters ont été rejoints par des personnes étrangères à l’université. Cinq jeunes marginaux «venus des cités» environnantes dormaient avec eux. Des lycéens de Seine-Saint-Denis les ont aussi soutenus, venant en délégation dans l’amphi pour «prendre des conseils». Tous ont finalement été évacués jeudi matin par les forces de l’ordre à la demande du président de l’université.
Trouvant porte close, hier, environ 200 étudiants accompagnés de leurs professeurs ont escaladé les hautes grilles ceinturant la fac pour organiser une assemblée générale quelque peu cacophonique. «Nous commençons la guérilla !», lance au haut-parleur un professeur de psychologie très excité. «Nous devons rejoindre les lycéens et les urgentistes, favoriser une insurrection universitaire», renchérit une étudiante devant les inscriptions du hall, et notamment celle-ci : «Les lycéens sont nos petits frères et les casseurs aussi.»
Pour ces étudiants, le vandalisme dénoncé par Pierre Lunel n’est qu’un prétexte pour «casser» leur mouvement. Selon le représentant du collectif «Antropotes», il n’y avait sur les murs et les vitres que de la «peinture à l’eau». «Les amphis ne sont pas dégueulasses, on peut travailler, affirme Sarah Bénichou, membre du syndicat étudiant de gauche, l’UNEF, le gouvernement et les flics n’ont pas à fermer notre fac.» Une nouvelle assemblée générale devait être organisée aujourd’hui.

Depuis leur évacuation, les “Anthropotes” sont fort prolixes, notamment sur “Indymedia“:

[…]L’occupation de l’amphi A1 est un geste spontané en réponse aux diverses tentatives de manipulation entretenues par la présidence de l’université. En effet, jusqu’au 21 mars, Pierre Lunel avait toujours minimiser [sic] son rôle et sa capacité d’action. […] Rapidement, ce lieu prend le nom de « Zone libérée ». Dans les faits, il s’agit d’un véritable laboratoire social. Ainsi, ceux que Pierre Lunel appelle lycéens, sans papier ou dealers ne sont autres que des jeunes qui tentent d’avoir prise sur une époque qui leur échappe. Ce que Pierre Lunel nomme dérives nous le considérons comme expérimental. En tant qu’anthropologue, il aurait été mal venu de notre part d’effectuer un contrôle au faciès à l’entrée. Autant dire, que dans cette zone libérée, nous étions tous anthropologues.
http://paris.indymedia.org/article.php3?id_article=35447

Un article honteux de L’Humanité nie le sacage des locaux de Paris 8, parlant de “quelques dégats collatéraux”. La journaliste n’a apparemment même pas vérifié ses sources… (elle le revendique même fièrement, prétendant que l’université était totalement fermée, alors que ses collègues de France 3 y ont fait un reportage). La tournure de cette phrase “Accusés d’avoir vandalisé la fac alors qu’ils en occupaient un amphi” est fort étrange, comme si occupation et sacage étaient antinomiques. Il est fort possible de soutenir certaines des revendications de la poignée d’étudiants en anthropologie qui demandent le maintien d’un département qui s’est entretué sans avoir à nier la réalité des dégradations dont a souffert l’université.

La colère monte à paris-VIII – La lutte des étudiants en anthropologie se poursuit à la fac de Saint-Denis, fermée depuis vendredi sur décision de son président, L’Humanité, 19 avril 2005.
Quand les casseurs-cueilleurs se réapproprient le pouvoir des fleurs, un air de joli mois de mai souffle sur Paris-VIII. Eux, ce sont les étudiants en anthropologie, qui s’opposent depuis un mois à la réforme de leur enseignement. Accusés d’avoir vandalisé la fac alors qu’ils en occupaient un amphi, ils avaient, hier matin, pastiché le nom de nos lointains ancêtres et distribuaient des pâquerettes devant leur université. Laquelle est, depuis vendredi, fermée sur ordre de son président. « C’est avec un infini regret que j’ai dû prendre la décision de fermer l’université vendredi 15, samedi 16 et lundi 18 avril », explique-t-il sur le site Internet de l’université dionysienne, évoquant des violences et une casse « considérable ». Le chiffre de 80 000 euros de réparations est même avancé. Ce que les étudiants démentent. Quelques dégâts collatéraux, oui, reconnaissent certains. Mais rien de comparable avec ce dont ils sont accusés.
Impossible de le vérifier lundi matin, la fac étant justement… fermée. Devant ses portes, une centaine d’étudiants attendaient, ne sachant s’ils pourraient ou non y pénétrer. Les anthropologues, eux, n’avaient de cesse de réexpliquer le pourquoi de leur colère. Il y a un mois, ils découvraient les nouveaux contenus de leur formation, restructurée dans le cadre de la réforme LMD (licence, master, doctorat). Visant à l’harmonisation européenne des diplômes, celle-ci implique d’en retravailler les maquettes. Or, selon celles défendues par la présidence de la fac, l’anthropologie deviendrait, au cours des deux premières années de licence, une discipline « mineure » intégrée au département de sociologie. Elle ne redeviendrait « majeure » qu’en troisième année. Le laboratoire de recherche ayant été fermé l’an dernier, aucun master d’anthropologie n’est, en outre, prévu dans le projet. L’enseignement de la discipline ne serait plus qu’un îlot isolé, sans préparation ni débouché vers la recherche. « Ceux qui souhaitent approfondir cette discipline devront aller à Nanterre », explique Anthony, militant de l’UEC et lui-même en licence. Julia, en deuxième année, fait l’inventaire de ce qu’elle perdra si les maquettes sont adoptées telles quelles. « L’anthropologie alimentaire n’existera plus. Ni même le master d’anthropologie générale. »
La filière n’est pas la seule à être concernée. L’informatique y laisserait également des plumes, puisqu’une de ses équipes de recherche ne serait pas reconduite. Et toutes naviguent dans le flou absolu. « Nous n’avons eu qu’une réunion de vingt minutes », explique Fabien, en 3e année de communication. Adrien, en deuxième année de cinéma, n’a, lui, aucune idée de la tournure que prendra sa formation à la rentrée prochaine. « Le minimum aurait été qu’on nous informe. »
Voilà donc pourquoi, depuis trois semaines, les anthropologues occupaient un amphi (lire l’Humanité des 31 mars et 16 avril). Jeudi, alors que des négociations étaient en cours, le président envoyait les CRS les en déloger. Dans la foulée, il faisait fermer la fac. Loin d’avoir calmé les esprits, la manoeuvre semble, au contraire, les avoir échauffés. « Pourquoi ferme-t-on la fac ? Pourquoi nous envoie-t-on la police ? Parce qu’il y a une vraie contestation », criait, hier, dans un mégaphone une militante de l’UNEF. Jusqu’aux enseignants, qui, bloqués à l’entrée, ont dénoncé l’absence de dialogue et le choix de la manière forte.
Marie-Noëlle Bertrand – Article paru dans l’édition du 19 avril 2005.

Université… euh… fermée

Impossible d’enseigner aujourd’hui, l’université était fermée, et elle restera fermée jusqu’au lundi 9 mai.
France 3 vient de diffuser un reportage, représentant malheureusement le conflit comme une histoire d’élimination de “diplômes non-rentables” et mettant en scène une étudiante dont les “montés en généralité”, pour parler en boltanski, sont un peu rudes. Le président de l’université, de son côté, parle de “deux enseignants provocateurs de longue date” manipulant une quarantaine d’étudiants…

BOBIGNY, 18 avr 2005 (AFP), Paris VIII toujours fermée, nouvelle tentative d’occupation
L’université Paris VIII de Saint-Denis (Seine-Saint-Denis) a été de nouveau fermée lundi alors qu’une nouvelle tentative d’occupation d’amphithéâtres par des étudiants en anthropologie avait lieu, a-t-on appris auprès du président de l’université. “J’ai décidé de fermer l’université car je ne suis plus en mesure d’assurer la sécurité des personnes. Après avoir fait évacuer jeudi l’amphithéâtre occupé depuis plus de trois semaines par un groupe d’étudiants en anthropologie, un groupe est revenu dans la journée, il y a eu des dégâts considérables”, a expliqué à l’AFP Pierre Lunel, président de Paris VIII.
Lundi matin, une assemblée générale d’étudiants prévue devant l’université s’est transformée en tentative d’occupation de certains des amphithéâtres, a de son côté expliqué à l’AFP un des étudiants mobilisés. “On a réussi à re-rentrer à l’intérieur [note : (sic) “re-rentrer” !], il y a aussi un rassemblement devant la grille d’entrée“, a dit Diego, étudiant en licence d’anthropologie.
Une trentaine d’étudiants en anthropologie de l’université avaient été évacués jeudi de l’amphithéâtre qu’ils occupaient depuis trois semaines pour protester contre la réforme licence-master-doctorat (LMD) d’harmonisation européenne des diplômes. Selon eux, elle menace la survie de leur discipline à Paris VIII. Plusieurs avaient ensuite temporairement réoccupé les locaux avant la fermeture complète de l’université vendredi. Lundi, des enseignants bloqués devant les grilles de la faculté ont affirmé à l’AFP que “le président a choisi, de manière scandaleuse, la manière forte au lieu de donner les moyens à l’université de régler de façon démocratique les conflits qui peuvent exister” et exigé “la réouverture immédiate de l’université“. Plusieurs murs du hall d’entrée ont été tagués et des bancs de l’amphithéâtre occupé détruits, selon M. Lunel, qui a évalué l’ensemble des dégradations à 75.000 euros.

Parce que les dépêches de presse ne disent pas tout, loin… loin de là, vous pouvez consulter ce texte écrit par les “anthropotes” sur Indymedia. Si l’auteur de ce texte collectif est vraiment le groupe des anthropologues ex-occupants de l’Amphithéâtre A1, alors leurs revendications sont bien vastes… Mais, pour prendre un extrait de ce texte, il me semble plutôt qu’il faille le considérer comme un canular :

Ce que cette expérience [l’occupation de l’amphithéâtre et le sacage des locaux] nous a révélé, c’est aussi la puissance et les apports de cette « transgression positive » et non cette déviance tolérée qui s’oppose à la violence qui nourrit certain [sic]. Pour exemple, ce jeune qui écrit en peignant d’une manière artistique un banc en écrivant « Nique la France, à bat les bâtards », lui-même ignore que dans sa création par la nuance de couleur entre « Nique la France » et « A bat les batards [sic] », il dévoile ses propres contradictions, se révélant à lui-même comme un bâtard de la France.
source : http://paris.indymedia.org/article.php3?id_article=35448

Ce canular est certes fort bien fait, mais il ne suffit à décrire ce que ressentent un grand nombre d’enseignants: Ci-dessous, voici donc le mail de colère d’un universitaire de Paris 8 (je suis en train de vérifier qu’il en est l’auteur donc son nom n’est pour l’instant pas fourni):

TROP C’EST TROP
Assez de mensonges, assez de démagogie, assez de manipulations, assez de violences
Encore une fois notre Université connaît de graves perturbations. Qu’en est-il ?
Nous avons pu lire dans la presse que le créateur du Département estimait que le LMD est “l’occasion pour l’administration de l’Université de liquider l’anthropologie”
On se demande pourquoi l’administration voudrait liquider l’anthropologie ? On se demande pourquoi si ce Département est si brillant la moitié de ses enseignants souhaitent le quitter pour rejoindre l’UFR4 ?
Pour connaître la vérité il faut comme le préconise un éminent collègue économiste adepte de Fernand Braudel, se situer dans une perspective de long terme. Que nous apprend l’histoire des dix dernières années ? Que régulièrement le Département d’anthropologie tous les deux ou trois ans connaît une crise éruptive commençant d’abord par se déchirer lui-même, il faut rappeler aux plus jeunes qu’un collègue du département a reçu des menaces de mort (et n’a pas été grandement soutenu par l’institution), que ces conflits internes ont ensuite débordé sur l’UFR 3 le paralysant en partie pour ensuite s’étendre à l’ensemble de l’Université, aboutissant à l’intervention de la police et à la fermeture de l’Université.
Comme l’histoire se répète régulièrement selon le même scénario on aura compris que le motif importe peu ce qui compte c’est de laisser libre cours à la frénésie destructrice habitant certains membres de ce Département.
Personnellement il y a longtemps que le spectacle de Guignol a cessé de m’intéresser. On ne me fera pas croire qu’il y a un mauvais président d’un côté et de gentils anthropologues de l’autre. Si le projet présenté par cette équipe (et non pas par l’ensemble du Département, il est bon de le répéter) ce n’est pas parce que l’administration est méchante, c’est parce que le projet a été considéré comme insuffisant parce que les membres de cette équipe au lieu de travailler à monter une véritable perspective pour ses étudiants a préféré s’enfermer dans la démagogie la plus stérile.
Si le Département devait être liquidé un jour le véritable responsable ne sera autre que son propre créateur : il y a des pères qui mangent leurs enfants, les anthropologues devraient le savoir.
Il nous faut également dénoncer la tartufferie de la mise en place d’une nouvelle équipe de recherche en anthropologie qui ne comporte que la moitié des anthropologues et rassemble ceux-là mêmes qui se menaçaient de mort il y a peu. Personne ne peut croire qu’ils formeront une équipe.
Aujourd’hui il n’y aurait rien de plus dangereux que de laisser se propager l’idée qu’il y a un conflit entre l’administration de l’Université et le département d’anthropologie. Cette vision sert trop bien ceux qui veulent nous entraîner dans le cycle provocation/répression. Le conflit est entre la masse de la communauté universitaire qui est prise en otage et une petite bande défendant des intérêts corporatistes.
Aussi je vous demande de diffuser le plus largement ce texte et vous prie de m’excuser si vous le recevez en plusieurs exemplaires.
SIGNE : (nom ôté avant confirmation de l’auteur)

Et enfin la lettre du directeur de “l’UFR 2” :

Cher(e) collègue,
Comme vous le savez probablement, de graves incidents se sont produits aux abords et, surtout, dans l’enceinte même de l’Université Paris 8 à la suite de l’intervention des forces de l’ordre, jeudi dernier (à la demande du Président Pierre LUNEL), pour déloger les personnes qui occupaient l’Amphi A1 depuis plusieurs semaines.
Quoi que l’on puisse penser de la sincérité, voire du bien-fondé des revendications exprimées par des enseignants du département d’anthropologie, force est d’admettre que cette contestation s’est exprimée à travers des modalités tout à fait inacceptables, dès lors qu’elle s’est traduite par des atteintes aux biens et aux personnes exerçant -ou essayant d’exercer…- leur mission de service public.
A cet égard, il n’est pas indifférent de préciser qu’à la suite des graves infractions commises ces jours derniers par les “contestataires anthropologues”, les forces de l’ordre ont procédé à plusieurs interpellations qui ont révélé la présence parmi eux d’individus extérieurs à Paris 8 et, comme l’ont dit, bien connus des services de police…
Dans la mesure où les conditions de sécurité ne peuvent encore être assurées, le Président LUNEL a pris la décision (après concertation avec le recteur de l’Académie de Créteil et le préfet de Seine-Saint-Denis) de maintenir l’Université fermée durant toute la journée du lundi 18 avril 2005. Il me charge de vous en informer immédiatement.
A mon tour, je vous saurais gré de porter cette information à la connaissance d’autres collègues (notamment celles et ceux dont je n’ai pas les coordonnées téléphoniques ou électroniques). Dès que j’en saurai davantage, je vous ferai part, évidemment, de l’évolution de la situation pour les jours suivants.
Comptant sur votre compréhension et votre collaboration, je vous souhaite néanmoins une bonne fin de semaine et vous prie, cher(e) collègue, de croire à l’assurance de mes sentiments les meilleurs.
Michel JUHAN

Pour en savoir encore plus, un message du président de Paris 8.

Université ouverte

mise à jour le titre est malheureusement faux : Comme le précise un message du Président de Paris 8, l’université sera fermée lundi (Message du président Lunel). J’espère que les quelques étudiants lisant mon blog éviteront un trajet inutile lundi… Tout en leur demandant de vérifier lundi matin en téléphonant à l’université.

Message du Président suite aux évènements à l’université
Je désire dire à la communauté universitaire combien c’est avec un infini regret que j’ai dû prendre la décision de fermer l’université vendredi 15, samedi 16 et lundi 18 Avril.
Voici pourquoi : à la suite des 3 semaines d’occupation dont nous avons souffert et à bout de négociation, j’ai dû faire, le jeudi 14 Avril, comme vous le savez déjà, évacuer les occupants de l’Amphi A1.
Ceux-ci ont immédiatement réoccupé les lieux aggravant les violences et la destruction dont ils étaient coutumiés [sic].
Nous les avons une nouvelle fois reconduits à l’extérieur , mais devant la menace qu’ils constituaient de venir à nouveau, accompagnés de casseurs, j’ai pris la décision de fermer notre établissement pour un temps que j’espère le plus court possible.
Je ne pouvais faire autrement tant les dégâts que j’ai pû [sic] vérifier moi-même s’avèrent considérables. Il n’est plus possible de tolérer cela. […]

fin de la mise à jour

Quelques étudiants de Paris VIII, plutôt des étudiantes, décrivent le contexte local :

Ce texte d’une étudiante de Paris 8 résume de manière fort amusante une partie de la situation actuelle :

Ajoutons à ce petit festival l’occupation d’un amphi par les étudiants d’anthropologie depuis plusieurs semaines […]. En même temps ils ont raison de manifester leur mécontentement vu que la reforme LMD va supprimer leur diplôme, mais bon il faut savoir qu’ils dorment à la fac, que dans les amphis il n’y a pas de fenêtre, et qu’il y a comme une odeur de fénec dépressif commençant à se propager dans tout le bâtiment A. En plus depuis le temps ils se sont bien installés, un type chelou et puant vu[es] les circonstances propose des massages pour un euro […], ils ont installé comme une espèce de campement péruvien de fortune, et ont peinturluré la quasi totalité des murs du batiment avec des slogans tout à fait percutant et ayant total rapport avec leurs revendications tel que “vive le sexe libre” ou ” les jeunes sont vieux”, de la grande philosophie quoi, ils en ont vraiment foutu partout, déjà que Paris 8 est en [temps] normal d’une crasse abominable, mais alors là à côté la prison de Guantanamo a une hygiène 4 étoiles.

Mlle Loly, dans un texte moins amusant, fait part de son énervement :

hier soir l’alarme incident a sonné. Pour autant on a pas arrêté le cours, on savait qui c’était. Au cours suivant on nous a donné l’ordre d’évacué l’établissement.
Ce matin, il y avait foule devant les portes d’entrée. Et pour cause, la Presidence a fermé la fac.Mon amie belge et moi y sommes allées pour rien.
Je suis lassée de cette histoire. J’ai déjà raté deux cours.
Je comprends le désarroi des anthropologues mais d’un autre côté je ne peux pas en vouloir au President. L’occupation a commencé par deux amphis, maintenant elle s’étend à plusieurs salles.Ils disent se battrent contre la réforme mais ils oublient de dire que depuis quelques années il y a des conflits incessants au sein mêmes du département.Ensuite les occupations ont donné lieu à des dégradations de toute nature (la facture s’élève à 50 000 euros) , sans compter les violences verbales envers des agents de l’Université, la perturbation des cours et “l’introduction, revendiquée, de personnes étrangères à l’Université se livrant à divers trafics et déprédations”.
Déjà qu’on se sentait pas trop en sécurité…

Le Monde a un article sur la fermeture de l’université :

L’université Paris-VIII est fermée après l’évacuation d’étudiants en anthropologie
LE MONDE | 16.04.05 | 13h34  •  Mis à jour le 16.04.05 | 13h34
Vendredi 15 avril au matin, les étudiants de Paris-VIII (Vincennes-Saint-Denis) ont trouvé porte close. Le président de l’université, Pierre Lunel, a demandé la fermeture de son établissement, qui compte 28 000 étudiants, pour des raisons de sécurité et de force majeure. La veille, M. Lunel avait sollicité l’intervention des forces de police, qui ont évacué la vingtaine d'”étudiants, sans-papiers, dealers et lycéens” qui, selon lui, occupaient plusieurs locaux de l’université, dont le bâtiment central, depuis trois semaines. A l’origine de cette occupation, le collectif Anthropotes, qui dénonce la menace de suppression du département anthropologie.
Ils se sont approprié les lieux et les ont redécorés“, affirme un vigile à l’entrée, chargé d’empêcher toute personne de pénétrer à l’intérieur du bâtiment. “Les dégradations sont estimées à 70 000 euros, précise M. Lunel. Dans les amphithéâtres, des bancs ont été cassés, ainsi que le PC de sécurité, les peintures ont été détruites, taguées. C’est gravissime.
Mathieu, un des membres du collectif, explique : “On a appris, en novembre, que le département anthropologie risquait de disparaître à cause de la réforme LMD -licence-master-doctorat-, ou d’être inclus dans la filière sociologie.” Pour le créateur du département, le professeur Pierre-Philippe Rey, le LMD est “l’occasion pour l’administration de l’université de liquider l’anthropologie“.
Le président de l’université rétorque qu'”il n’y a jamais eu de DEUG anthropologie, mais seulement un DEUG sociologie, mention anthropologie“. Il estime qu'”une fraction de chercheurs manipulent les étudiants parce qu’ils sont mécontents du fait que leur équipe de recherche ne soit ni reconnue ni labellisée par nous et par le ministère“.
“PRIVATISER L’ENSEIGNEMENT”
Le mouvement, circonscrit d’abord à un département comprenant cinq cent quarante étudiants, conteste maintenant le principe du LMD dans son ensemble. Sarah, étudiante en maîtrise de géographie et militante à l’UNEF, est hostile à cette réforme qui, selon elle, “vise à privatiser l’enseignement et aboutit à la suppression de filières non rentables comme l’allemand“. Elle précise que l’objectif est de créer, à Paris-VIII, “des pôles d’excellence en droit et en communication pour adapter les formations universitaires aux besoins des entreprises locales“.
Les étudiants, privés de salle, vendredi 15 avril, pour leur assemblée générale, ont décidé d’improviser celle-ci sur une place publique. “Aujourd’hui, il y a une vraie rage contre le gouvernement, poursuit Sarah. Et le mouvement lycéen nous incite à poursuivre le mouvement.” Le président de l’université a assuré qu’il allait procéder, dès lundi 18 avril, “à une information la plus globale possible pour que les gens soient au courant“.
Yasmina Belkaïd – Article paru dans l’édition du 17.04.05

Un entrefilet de l’AFP précise que lundi risque d’être mouvementé :

BOBIGNY, 16 avr 2005 (AFP)
Université Paris VIII: AG lundi matin des étudiants grévistes délogés
Les étudiants grévistes, délogés jeudi de l’université Paris VIII de Saint-Denis qui a été fermée dans la soirée pour leur en interdire l’accès, organiseront une assemblée générale devant l’établissement lundi matin, a-t-on appris samedi auprès des étudiants. Après avoir constaté la fermeture de la faculté, un millier d’étudiants, selon les organisateurs – une centaine selon la police – ont occupé vendredi après-midi le parvis et décidé de reporter à lundi matin la poursuite de leur mouvement contre la réforme Licence-Master-Doctorat (LMD). “Nous lancerons un appel devant l’entrée de la fac pour savoir quelle suite donner à nos revendications et y associer les autres universités“, a déclaré à l’AFP Diego, porte-parole des étudiants en anthropologie à l’origine de la contestation. “La fac a été fermée par la présidence et les vigiles qui gardent les entrées ont invoqué des raisons de sécurité, mais nous ne sommes pas dupes“, a-t-il expliqué. Une trentaine d’étudiants en anthropologie ont occupé en permanence pendant trois semaines un amphithéâtre de l’université, avant d’être délogés par la police jeudi matin. “Les étudiants sont ensuite revenus dans la foulée et le personnel de sécurité de l’université les a expulsés dans la soirée, avant de fermer l’établissement“, a précisé la police. Les étudiants en anthropologie estiment que la réforme LMD va transformer leur discipline en “matière mineure les deux premières années d’études” et “supprimer de nombreux crédits de recherche“.

Université fermée

Hier vendredi et aujourd’hui samedi l’université Paris 8 (Vincennes – Saint-Denis) était fermée. Les jours prochains semblent être promis au même destin. En effet, jeudi, après la “libération” de la “zone occupée” par les forces de l’ordre, un groupe plus important a repris le contrôle de l’Amphi A1. Dans l’après-midi, la situation était tendue, avec des débuts de bagarre entre les vigiles et les personnes occupant le couloir. A 16h15, l’université a été évacuée (mais, en restant dedans, j’ai quand-même pu faire cours à 19h).
L’occupation d’un Amphi à Paris 8 n’est pas un véritable problème, mais l’impossibilité des occupants à gérer leur mouvement, qui formait des métastases dans les amphis alentours était beaucoup plus gênante. La dégradation rapide des locaux (déjà fortement dégradés), mis en peinture rouge sang (“faut-il que le sang coule pour…” se demandait ingénuement un message que je cite de mémoire).
Les “anthropologues” ont donc cédé la place à un autre mouvement, selon un article au ton unilatéral de L’Humanité :

France – Anthropologie en danger à Paris-VIII
Les lycéens ne sont pas seuls à se faire remettre dans le rang par les forces de l’ordre. Les étudiants aussi ont droit aux démonstrations de fermeté. Ceux de l’université Paris-VIII Saint-Denis en ont tâté jeudi, au petit matin. Alors qu’ils occupaient, depuis plus de trois semaines, l’un des amphis de la fac, ils en ont été délogés vers 6 heures par un escadron de CRS. L’évacuation s’est effectuée dans le calme, mais l’absence de fair-play ne passe pas. « Le pire, explique l’un d’eux, c’est que les négociations étaient près d’aboutir. » La veille, les discussions avec le président laissaient espérer sérieusement une sortie de crise. « En quelques heures, il a changé de ton. »
À croire que la nuit ne porte pas toujours conseil, donc, puisque le résultat est à l’opposé de celui espéré. « La mobilisation a repris de plus belle. Certains étudiants qui, jusqu’alors, n’occupaient pas, nous ont rejoints. » Jeudi soir, ils étaient prêts de 200 à avoir réinvesti l’amphi pour y passer la nuit, à condition que la sirène d’alarme, déclenchée dans le but de les faire tourner en bourrique, leur laisse quelque temps de repos.
Quoi qu’il en soit, les jeunes semblaient bien décidés à poursuivre un mouvement dénonçant l’extinction de la filière anthropologie, menacée par l’application de la réforme LMD (licence mastère doctorat). Visant à l’harmonisation européenne des diplômes, elle implique une révision complète du contenu des diplômes. Les nouvelles maquettes sont validées par les conseils de chaque faculté puis soumises au Conseil national de l’enseignement supérieur et de la recherche.
Or, selon le projet défendu par la présidence de Paris-VIII, l’anthropologie deviendrait, lors des deux premières années de licence, une discipline « mineure » intégrée au département de sociologie (Note de B.C.: dans les fait, cela a toujours été plus ou moins le cas, puisque le “deug d’anthropologie” de Paris 8 était en fait et en droit un deug de sociologie option anthropologie). Elle ne deviendrait « majeure » qu’en troisième année. En outre, le laboratoire de recherche ayant été fermé l’an dernier (Pour quelles raisons… voyons voir… (note dans la note: le texte en lien a été écrit, comme Ogo me le fait remarquer en commentaire, par Raphael Meyssan, qui a participé, avec son père, au “Réseau Voltaire” et à la négation du 11 Septembre 2001)), aucun mastère d’anthropologie n’est prévu dans le projet.
L’action des étudiants a déjà porté ses fruits, puisque des maquettes « alternatives » ont été élaborées et approuvées par le conseil des études et de la vie universitaire. Le conseil scientifique, lui, a voté son soutien à la création d’une équipe de recherche en anthropologie. Ne reste qu’au conseil d’administration, dont le pouvoir prime sur les deux autres, à se prononcer pour que l’affaire soit réglée, et que l’anthropologie ne se mue pas en vestige universitaire. (N’est-ce pas contradictoire avec ce qu’elle dit au paragraphe précédent: “l’anthropologie deviendrait, lors des deux premières années de licence, une discipline « mineure » intégrée au département de sociologie”?))
Marie-Noëlle Bertrand

mise à jour PetiteBreton raconte.

Anthropologies (fin (2))

Fin de l’occupation de l’amphithéâtre A1 ce matin (pour un résumé des épisodes précédents, voir ce texte de février ou celui-ci du mois d’avril, ou un petit commentaire d’une étudiante en maîtrise).
Ci-dessous, quelques extraits d’une lettre du président de l’Université :

Permettez-moi de vous tenir informé des incidents, qui ont perduré trois semaines, notamment dans le bâtiment A de notre Université, et qui m’ont conduis à demander l’évacuation des locaux occupés par le recours à la force publique. Celle-ci a eu lieu ce matin.
Commencée le 15 mars 2005, l’occupation des amphithéâtres A1 et A3 s’est étendue à l’occupation de la salle A 010, puis progressivement à une autre salle de cours.
Cette occupation a pris comme motif le refus des autorités ministérielles et universitaires d’entériner la demande de renouvellement de l’équipe de recherche du département d’anthropologie, justifié par les évaluations du ministère dans la perspective des homologations LMD, mais aussi, certainement, au regard des conflits incessants de ces dernières années ayant eu de lourdes conséquences sur le fonctionnement de ce département. [Note : les liens ne se trouvent pas dans la lettre du président, et mènent vers un texte écrit par Raphael Meyssan, dont la crédibilité a été mise à l’épreuve quand il a monté, avec son père Thierry Meyssan, la négation des attentats du 11 septembre… (merci Ogo)]
Ces occupations ont donné lieu à des dégradations de toute nature du domaine universitaire, sans compter les innombrables violences verbales envers des fonctionnaires et agents de l’Université, les atteintes à la sécurité des personnes et des biens, les perturbations du déroulement des activités d’enseignement et l’introduction, revendiquée, de personnes étrangères à l’Université se livrant à divers trafics et déprédations. J’observe d’ailleurs que parmi les « occupants » se trouvait une proportion non négligeable d’individus sans aucun lien avec l’Université, connus des Services de police, et s’étant livrés à des agressions multiples.
Au grand regret de tous ceux qui ont participé à de très nombreuses médiations (et ce n’est pas faute d’avoir proposé toute forme de soutien à la « cause de l’anthropologie » !), le retour à la normale n’a pu se réaliser par le dialogue, les propositions et la persuasion. Il nous est d’ailleurs difficile, face à un auditoire peu enclin à entendre des arguments d’intérêt collectif, de considérer cette tension comme relevant exclusivement de préoccupations d’ordre pédagogique ou académique.
Il faut enfin préciser que ces incidents ne sont pas totalement étrangers aux événements survenus à l’Université Paris 8 au cours des années universitaires 1998-1999 (importantes situations conflictuelles au département d’anthropologie) et 2000 (mouvements durs d’étudiants « sans papiers »), dont les effets se prolongent encore aujourd’hui au département d’anthropologie.
Respectueux du principe d’autonomie de l’Université mais soucieux également de voir cesser des déprédations inacceptables et qui empiraient, j’ai donc du me résoudre à faire procéder à l’évacuation des locaux occupés.

Reste à voir ce que cette évacuation va produire. Avec l’arrivée des vacances d’avril, probablement un repli.
mise à jour : Ambiance tendue hier à Paris VIII (jeudi 14 avril) :

BOBIGNY, 14 avr 2005 (AFP), Université Paris 8: les étudiants délogés réoccupent leur amphi
Une trentaine d’étudiants en anthropologie de l’université de Saint-Denis (Seine-Saint-Denis), évacués jeudi à l’aube de l’amphitéâtre qu’ils occupaient, se sont réintroduits dans les locaux dans la journée, a constaté une journaliste de l’AFP. Ces étudiants, qui occupaient depuis trois semaines un amphithéâtre craignant une remise en cause de leur discipline, ont appelé à une assemblée générale vendredi à 14H00 dans l’amphithéâtre réoccupé. La trentaine d’étudiants avaient été délogés par la police jeudi à 6H00 sans incident, selon la police. Ils se sont ensuite réintroduits dans les locaux au cours de la journée.
Durant l’après-midi, l’alarme incendie a été déclenchée pour faire évacuer l’université, a-t-on appris de source policière et auprès d’un étudiant. “Durant l’après-midi l’alarme a sonné, on est sorti dans le couloir, elle a été volontairement déclenchée pour affaiblir notre mouvement”, a expliqué Diego, étudiant en licence d’anthropologie. Les étudiants en anthropologie entendent élargir leur mouvement avec celui des lycéens, des intermittents du spectacle et des étudiants de Jussieu. “Avec la réforme du Licence Maîtrise Master (LMD), l’anthropologie va devenir une matière mineure les deux premières années d’université et la suppression de crédits des recherche en anthropologie menace aussi le Master. Ce sont les deux raisons pour lesquelles nous nous mobilisions”, a expliqué à l’AFP Lucas Jourdain, responsable de l’Unef (principal syndicat étudiant), à l’université Paris 8.