Categories

Archives

Archives de la catégorie : 'USA'

Elle a de l’avenir

En hommage à un billet récent sur Crooked Timber, voici un mail reçu aujourd’hui de la part d’une certaine Miss Ronaldo :

Bonjour,
Je me permets de vous écrire afin de vous demander de bien vouloir m’apporter le plus de rensignements possible sur ” Le secret de l’isoloir ” de Alain Garrigou, s’il vous plait.
Si possible avant mardi je vous en remercie d’avance.
Cordialement.

Cent balles et un mars, aussi ?

Opération mains propres

Le New York Times propose aujourd’hui un bel et bref article sur l’usage des lotions antibactériennes par les hommes politiques américains. Nul doute que le même genre d’article se retrouvera, rapidement, dans la presse française. Les campagnes électorales, américaines comme françaises, soumettent en effet les candidats (et les candidates, mais peut être moins) à des séances de serrage de mains. Le documentaire récent sur Jacques Chirac (Phersu l’a remarqué) insistait sur cet aspect inévitable.
De nos jours, il semble que les mains soient (pull)avant tout vues comme des vecteurs microbiens(/pull) : les candidats, après avoir serré des dizaines de pattes, utilisent alors, discrètement, hors du regard de la foule, ces lotions réputées tuer 99,9% (ninety-nine point nine !) des germs.
L’article du NYT — c’est à mon avis son intérêt principal — essaie de trouver l’origine de cette mode. Sans y arriver totalement. Il donne alors l’image rapide d’une politique en réseau, où les idées circulent autant que les bouteilles de lotion :

Mr. Bush raved about hand sanitizer to Senator Barack Obama, Democrat of Illinois, at a White House encounter early last year. […] Mr. Obama has since started carrying Purell in his traveling bag, a spokesman said. […] Al Gore […] turned his running mate, Senator Joseph I. Lieberman, onto sanitizer in 2000, and Mr. Lieberman became an evangelist [sic]. […]

Une étude à la Bearman, “Chains of hand lotion”, serait fort intéressante. [des précisions sur l’étude de Bearman et al en français]
En anglais comme en français, “mettre les mains dans le cambouis”, “avoir les mains propres”, ont plusieurs sens, et le double entendre est permanent. Avec ce paradoxe que pour les hommes politiques (il n’y a pas de femmes dans l’histoire, sauf la femme d’un homme politique) serrer des mains, c’est l’occasion de rappeler qu’ils ont “les mains propres”. Et que s’ils ne peuvent publiquement se laver les mains (même si la monstration de l’hygiène corporelle est une valeur publique partagée par un bon nombre d’Américains), ils semblent adorer révéler qu’ils le font. Même ceux qui n’utilisent pas ces lotions reconnaissent que les foules cultivent “rhinoviruses, adenoviruses and the viruses that cause gastroenteritis“. Le gag récurrent de la série policière Monk (une série fortement sous-estimée en France, où C.S.I. / Les experts est salué par Télérama) est devenu réalité… et quand Monk, le détective panphobique, serrera la main d’un homme politique, les deux se laveront les mains.
Que font les candidats français ? Peut-on repérer une homologie structurale entre opinions politiques et usages de lave-mains divers et variés (bio, anticapitalistes, antimondialisation, national…) ?

En finir avec les mariages civils-religieux

Le diocèse épiscopalien du Massachusetts se demande s’il ne serait pas préférable d’en finir avec la célébration des mariages civils-religieux. Aux Etats-Unis, les pasteurs, prêtres, rabbins, imams, etc… sont autorisés à célébrer, au nom de l’Etat, des mariages civils. Ils sont, au moment de signer la “licence” de mariage (le document nécessaire à l’établissement d’un mariage aux yeux des autorités civiles), dépositaires d’un pouvoir étatique. Et, en général, la formule utilisée dans le cadre de la cérémonie religieuse est “By the power vested in me by the State of … I now pronounce you husband and wife” (dans le cas des mariages ou les personnes sont de sexes différents, bien sûr).
Cette caractéristique étrange de la séparation des Eglises et de l’Etat n’a jamais été fortement contestée, principalement, à mon avis, parce qu’elle n’impose pas de nuisance particulière aux dénominations religieuses ni n’instaure de différences entre religions (vous êtes ordonné, OK, vous pouvez célébrer…). [Un exemple, anecdotique, Homer Simpson, le personnage du dessin animé, se fait ordonner dans un épisode de 2005, pour célébrer le mariage de deux hommes. Un autre exemple, dans le même billet, est extrait d’un entretien avec un homme du Vermont s’étant fait ordonné par correspondance, pour célébrer l’union civile d’un couple de ses amis]
Mais voici que le mariage gay, dans l’Etat du Massachusetts, vient remettre ce consensus en question :

A group of local Episcopal priests, saying that the gay marriage debate has intensified their longtime concern about acting as agents of the state by officiating at marriages, is proposing that the Episcopal Church adopt a new approach. Any couples qualified to get married under state law could be married by a justice of the peace, and then, if they want a religious imprimatur for their marriage, they could come to the Episcopal Church seeking a blessing from a priest.
source : The Boston Globe)

Le principal problème, tel que le relate le Boston Globe, est un problème d’égalité de traitement entre couples du même sexe et couples de sexes différents. L’Eglise épiscopalienne ne permet pas la célébration religieuse d’un mariage pour les couples du même sexe, elle n’autorise qu’une bénédiction générale. Alors que l’Etat a ouvert le mariage à ces couples, depuis plus de deux ans (et promeut donc une égalité de traitement). L’assemblée générale des épiscopaliens du Massachusetts va donc examiner une résolution (un projet de règlementation) :

The resolution would declare diocesan convention’s desire that, starting in January 2008, Episcopal marriages be presided over by an agent of the state, and not Episcopal clergy, whose role would be limited to blessing a married couple. That is the system currently in place for gay and lesbian couples at Episcopal churches. In some cases, the civil and religious ceremonies both take place in the church; the couple can bring a justice of the peace, or a minister of another denomination, who signs the state marriage license and pronounces the couple married, and then the Episcopal priest blesses the couple. In other cases, the civil and religious ceremonies take place separately.

L’établissement de compromis de ce type, au Vermont, m’avait énormément intéressé en son temps. Le Vermont avait créé un système d’unions civiles en 1999, et autorisé les personnes ordonnées à célébrer et certifier ces contrats au nom de l’Etat, qui devenaient des “Religious civil unions. J’avais essayé aussi de passer en revue, autour du mariage, l’histoire récente de l’utilisation du clergé comme agent of the state (dans un article publié dans Matériaux pour l’histoire de notre temps). Je regrette donc de ne pas être en ce moment au Massachusetts pour étudier cette accommodation du monde religieux à l’innovation juridique que constitue le mariage (civil) des couples du même sexe.
Les fans des compromis séculier-religieux pourront aussi s’amuser avec un début d’analyse statistique : quelle sorte de couple se marie religieusement ?.

Janet T. Neff

Il y a deux ans, j’ai publié, dans Critique Internationale un article intitulé « Devant Dieu et face au droit, le mariage religieux des homosexuels aux Etats-Unis ». Il commençait par la citation suivante :

Karen Debra Adelman et Mary Catherine Curtin ont célébré leur partenariat hier à Pittsfield (Massachusetts, dans la résidence de Cynthia et Steve R. Adelman, parents de Mme Adelman. La Révérende Kelly A. Gallagher, ministre de la United Church of Christ, a conduit la cérémonie d’engagement avec la juge Janet T. Neff de la cour d’appel du Michigan…
source : The New York Times, 22 septembre 2002, Section 9, p. 19.

Cet exemple m’intéressait : on y voyait une cérémonie d’union, publiée dans le NYT, qui avait comme célébrantes une pasteure protestante libérale et une juge séculière. Visiblement, le couple avait essayé, faute d’avoir accès au mariage légal — encore restreint aux couples de sexes différents –, de maximiser l’efficacité symbolique qu’offraient ces figures. Bien entendu, la juge Neff, même si elle était présente en tant que juge, n’a pas agit en fonction des pouvoirs que lui confère son poste. Elle n’a pas légalisé ce mariage. C’était probablement une amie de la famille. En revanche, la révérende Gallagher dispose de la bienveillance de sa dénomination, la UCC, pour pouvoir invoquer la bénédiction divine sur cette union (mais elle ne pouvait pas, dans ce cas précis, agir en tant qu’agent of the state).
Il n’empêche, un sénateur américain (l’affreux Brownback du Kansas, pour les connaisseurs) menace la promotion de la juge :

Same-Sex Rite Stalls Judge Nomination
Oct 06 12:28 PM US/Eastern By SAM HANANEL and KEN THOMAS
Associated Press Writers WASHINGTON
A Republican senator is holding up a Michigan judge’s nomination to the federal bench because she reportedly helped lead a commitment ceremony for a lesbian couple four years ago.
Sen. Sam Brownback of Kansas, an opponent of gay marriage who has presidential aspirations, said Friday he wants to know whether there was anything illegal or improper about the ceremony in Massachusetts.
He also said he wants to question Michigan Court of Appeals Judge Janet T. Neff about her views on gay marriage and how her actions might shape her judicial philosophy. (sources)

Le sénateur parle d’activisme judiciaire, de choses à vérifier. Il se demande si la juge n’a pas commis un acte illégal. Il relie sa présence chez les Adelman à des actions de désobéissance civile, et surtout à la décision du Massachusetts, quelques mois après, d’ouvrir le mariage (civil) aux couples du même sexe.
Pour essayer de démêler un peu tout cela, mon article, Devant Dieu et face au droit est disponible en ligne (sur la plateforme cairn.info de manière payante, et en “version préliminaire” sur HAL-SHS)

The Breastplate of Righteousness… a encore frappé

Dans son Epitre aux Ephésiens (6:14), Saint Paul écrivait :

Tenez donc ferme: ayez à vos reins la vérité pour ceinture; revêtez la cuirasse de la justice;

Le prêtre épiscopalien et sociologue Laud Humphreys, dans Tearoom Trade, a utilisé cette dernière expression, “cuirasse de justice”, en anglais “Breastplate of Righteousness” (plastron de rectitude…) pour signaler l’un des modes de protection des “déviants”. Son étude portait plus particulièrement sur les hommes participant à des relations sexuelles rapides et anonymes dans les toilettes publiques. Une partie de ces participants s’avèrent être des personnes aux opinions politiques et sociales très conservatrices (pasteurs fondamentalistes, hommes politiques, “workers” de droite…). Pour se protéger du risque de dévoilement associé à des actes à l’époque non seulement jugés pervers, mais aussi criminels (l’étude de Humphreys date de la fin des années 1960), ces hommes se sont construits une personnalité publique que le sens commun jugerait opposée à la personnalité supposée des “déviants”. Ces conservateurs exhibent fièrement un plastron de rectitude : opposition publique à l’homosexualité, vote à droite ou à l’extrême droite, opinions religieuses ostentatoires…

Motivated largely by his own awareness of the discreditable nature of his secret behavior, the covert deviant develops a presentation of self that is respectable to a fault. His whole lifestyle becomes an incarnation of what is proper and orthodox. In manners and taste, religion and art, he strives to compensate for an otherwise low resistance to the shock of exposure.
Humphreys (Laud), Tearoom Trade, chapitre 7.

Cette semaine, un jeune stagiaire mineur au Congrès a révélé une série de mails et de “instant messages qu’un Représentant (député) américain lui a envoyé. D’autres stagiaires ont suivi :

“What ya wearing?” Mr. Foley wrote to one, according to the network. “Tshirt and shorts,” the teenager responded. “Love to slip them off of you,” Mr. Foley replied.

Foley s’était fait remarqué non seulement pour avoir voté le Defense of Marriage Act (qui visait à instaurer une interdiction fédérale du mariage gay), mais pour être l’un des grands défenseurs des mineurs face aux “prédateurs sexuels” et autre pédophiles de l’internet.

Representative Mark Foley, a Republican, became well known for his ardent efforts to safeguard the young and vulnerable, leading the House caucus on missing and exploited children and championing laws against sexual predators.
source : New Tork Times

Il ne semble pas, pour l’instant, y avoir eu autre chose que du flirt virtuel entre un homme d’une cinquantaine d’année et des adolescents d’environ 17 ans… Mais la révélation de ces histoires (homosexuelles) dans le cadre d’une campagne électorale a suffit à pousser Foley à la démission [à la fin des années 1990, Foley avait été outé par le magazine gay The Advocate sans que cela nuise à sa carrière et à sa réélection].
Le blog de Brian Ross de la chaine ABC – The Blotter a bien plus.
Le tout rappelle l’histoire du maire de Spokane.

Mutafukaz

Coulmont caricatureDans un monde finalement pas si lointain mais assez étrange, des petites figurines colorées en plastique (des “Qee”) sont collectionnées par des fans (pour les ignorants, voici une gallerie de Qee). Run a créé quelques uns de ces jouets pour adultes. Mais son grand projet semble être une bande dessinée en trois tomes, Mutafukaz, dont le premier volume, Dark Meat City, vient de sortir. J’ai eu la chance de pouvoir le lire presque en avant-première, et avec une dédicace-caricature.
Le plus intéressant, dans ce livre, semble être le fouillis des inspirations (il y a un chat à appareil dentaire sans doigts, des allusions à des présentatrices télé) et l’instabilité de la position de l’auteur : il y a un carnet de travail à la fin du livre, avec certains matériaux utilisés par la suite dans la BD ; l’introduction fait apparaître un narrateur-auteur ; et au milieu du livre “Run” lui-même — ou son double fictionnel — s’amuse à sauver les personnages principaux. Et en plus, il y a une “vraie histoire”. A lire, avec, en parallèle, la critique radicale de Los Angeles par Mike Davis, City of Quartz.

So “hot” it’s on fire : un pyromane dans le sex-shop

adult bookstore on fire floridaLe client d’un sex-shop de Floride, après avoir passé un moment dans une cabine vidéo, déclare au vendeur que, suite à son plaisir coupable, pour être en paix avec sa “conscience coupable”, il est obligé de mettre le feu au magasin. Il retourne dans la cabine, lui met le feu à l’aide d’essence et met ensuite le feu au reste du magasin en s’éloignant tranquillement.
J’ai eu l’occasion de parler des problèmes posés par le nettoyage des cabines (et du sale boulot associé), et là, la solution est radicale (et prise en charge par le client lui-même). On a aussi l’impression de voir une sorte d’exorcisme fou. Les télévisions locales américaines en font bien entendu leurs gros titres, avec nombre de jeux de mots et de double entendres.
Lien vers les reportages, format Quicktime : A Porn Shop Inferno

Police: Man With ‘Guilty Conscience’ Sets Sex Shop Fire
Authorities in Miami are searching for a man captured on surveillance video setting fire to an adult sex store minutes after leaving a porn video booth and telling a clerk he had a “guilty conscience.”
Investigators said a man recently visited the Bird Road Adult Shop located at 74th Ave. in Miami after 3 a.m. and entered a video booth.
The report said the man left the video booth, walked up to a clerk and said he was sorry and that he had a “guilty conscience.” The man then allegedly told the clerk that he was going to have to burn the building down.
The man was videotaped dumping a flammable liquid into the aisles and into his video-viewing booth and then setting the liquid on fire.
The clerk tried to pull the man out of the booth, but the customer continued to spread flammable liquid, and set the rest of the shop on fire, police said.
As flames spread around the store, customers and employees fled.
“With the flames that you can see from the video, very, I mean with the accelerant he used, (it was a) very explosive situation,” Miami Detective Robert Williams said. “You have people from these booths running through the flames.”
“Running for their lives?” a reporter asked.
“Running for their lives in order to get out of this building,” Williams said.
Police are still searching for the man. Arson of an occupied building can carry a life prison sentence.

Dans le même ordre d’idée :

Porno For Pyros: Arson At Bird Road Porn Shop
Caught On Camera: Arsonist Setting The Fire
Jawan Strader
Reporting
(CBS4 News) MIAMI Police want to know why a man walked into a Bird Road adult book store, apologized to a clerk on duty, and then, drenched the place with a flammable liquid and set the store full of people on fire. First, though, they have to find him. (…)

Le travail de vendeur de sex-shop n’est pas de tout repos !

Sociological studies of the ex-gay movement

Speaking with Sébastien Fath a few weeks ago convinced me to write posts in English. It is obviously easier to write in French (a language I’m over-confident with), and it takes more time to think in (broken) English, especially when the writing skills are rusty. François Briatte has been writing both in French and English in the same blog, and I will follow his path (and a similar “warning – non-native speaker” at the end of the posts).

Tanya ERzen Straight to JesusThis year, two sociological studies of the ex-gay conversion movement have been published. The first one is Be not deceived : The Sacred and Sexual Struggles of Gay and Ex-Gay Christian Menby Michelle Wolkomir and the second one, by Tanya Erzen, is Straight to Jesus : Sexual and Christian Conversions in the ex-gay movement.
The ex-gay movement was born toward the second half of the seventies, and has been trying ever since to convert gay and lesbian people to heterosexuality. It offers a mix of secular self-help programs (such as the A.A. twelve-step structure) and of religious practices (confessions, spiritual introspection, prayer…) to help “men struggling with homosexuality”. Their success rate is quite low, and leaders of the ex-gay movement are regularly found on gay chat-rooms or in gay bars : one does not change easily his or her desires. Neither Wolkomir nor Erzen are interested about the rate of change per se, their studies try to understand the viewpoint, the worldview, of men participating in the ex-gay programs.
Michelle Wolkomir is a social psychologist, and her main interest is identity reconciliation : how do the Christian men she study “reconcile homosexual desires with the religious belief that homosexuality is sinful and damning”. Her two apparently opposed fieldworks — a Bible study group affiliated with a MCC church, and an Exodus group — stress the idea that these identity-struggles are in flux : some gay men become “ex-gay”, born-again Christian, and ex-gay men often stay with homosexual desires, or convert back to “the lifestyle”. Wolkomir shows that the ex-gay group she studied relied on the minimization of homosexual sin :

the men had to learn that homosexual sin was ordinary sin on par with any other. If homosexual sin was ordinary sin, then the men were just sinners like everyone else. They could also more readily believe they could overcome normal sin and be forgiven for it.

Moreover, this sin is believed to have a mundane origin : a defective socialization (weak father, strong mother). And to have a sacred solution : submission to divine will (mainly Jesus as a personal savior).

Tanya Erzen is attentive to the historical context as much as to the small group interactions. In a sense, her work is more ambitious than Wolkomir’s. She studied a residential ex-gay program, “New Hope”, tracing its origin, its relations with other ex-gay programs and with the main Religious Right organizations. Her aim is to describe the worldview of the men and women participating in the “New Hope” program, but also to understand how the Religious Right began to use the ex-gay image. Indeed, toward the end of the 1990s, James Dobson changed his rhetoric, from a rabid antigay discourse to a softer “ex-gay” one.
Erzen’s work is also a political intervention. The sociological enterprise is partly justified by its political results :

The lives of ex-gay men and women demonstrate that sexual and religious identities are never static or permanent. This idea mus become a part of the larger discussion about sexual rights in order to imagine a world in which everyone is entitled to the full benefit of citizenship

Wolkomir and Erzen are “progressive”, or “liberal”. How do they study people they’re not (fully) agreeing with ?
Wolkomir seems to be detached. In the first chapter, she writes that her interest for the subject of identity reconciliation came from curiosity and ignorance. She emphasize her outsider status in her research :

the pastor was worried about the what I intended to do with the information I collected and voiced the concern that I might be “working for the condemners.” In the conversation that followed, I explained […] I was not interested in choosing “a side” in the debate but rather in understanding how these men…”

Erzen seems to be less detached and more involved :

After I explained that I hoped to comprehend the perspectives of men and women in a ex-gay ministry through prolonged fieldwork and interviews at New Hope, Anita informed me that “we are in a battle,” and the battle is between “us versus them”. I was unsure wha she ment, and she clarified that “them” meant Satan. […] Her next question, “Who do you serve?” was calculated to establish where my allegiances lay.
I had never been faced with the choice of God or Satan, but I replied that since I was at the ministry to understand their viewpoint rather than simply to dismiss or ridicule them, I supposed I was on the side of “us.”

Tanya Erzen’s narrative stresses the practical importance of “living with” : she helps with the office work and with the website of the ministry… Engagement, not neutrality, is at the core of ethnographic research.

I will keep from both this books one core idea. One underlying point in these studies is that gay and religious identities and institutions aren’t opposed anymore : the ex-gay organizations and programs include “queer” gay identities (ex-gay ones, with unstables religious and sexual identities) within the conservative Christian sphere… and that is, may be, the strange defeat of the ex-gay movement.

Mise à jour

Quelques changements proches sur ce blog pourraient “casser” les fils RSS et ATOM et modifier leur adresse (il faudra se réabonner et vérifier manuellement…), mais devraient laisser entiers les “permalinks”.
mise à jour du 31 juillet : Apparemment, ça fonctionne plus ou moins normalement (formulaire de recherche, archives mensuelles par ordre chronologique, gestion du “hors blog” avec wordpress). Vous pouvez commenter si c’est cassé…

Omelette mutante américaine

L’interdiction de fumer, et le danger du “second-hand smoking” inquiète beaucoup plus les habitants des Etats-Unis (s’il faut en croire les articles de presse) que la frankenfood… De l’autre côté de l’Islande, donc, les attitudes de quelques Français, fûmeurs (pipe, cigare, cigarette…) mais opposés au maïs génétiquement modifié, étonne :
Omelette Ron Barrett
source : illustration de Ron Barrett, publiée en 2003 (probablement dans le Village Voice)
Contexte : A Warning on Hazards of Secondhand Smoke, NYT, 28/6/6/. et Les faucheurs…, L’huma, 27/6/6.