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My working conditions

It was cold yesterday in Paris. Very cold. Below 30°F (minus zero Celsius).
It was also very cold in the classroom I was supposed to teach, at “Paris 8” university (also called Vincennes at Saint-Denis, or Paris VIII). A broken window has not been fixed during the winter recess.
Was I supposed to teach with my scarf, my gloves, my coat and my winter cap ? It seems so. The student gathered around the rachitic heater (unfortunately, it is positionned just below the broken window) and we began the class.

After one hour, I was warm enough to shed the coat (but not the scarf) : my feet were beginning to feel the wind chill (the doors are not really “closing” in this building, and the winter cold was fondling my toes). But the student were shivering.
Oh… and the graffitis ! They are mostly related to French politics and adolescent leftist ideals : I won’t translate them.

But they have nothing to do in a classroom. I wonder why this room wasn’t even re-painted since… 1996 ? 1994 ?
Do you really want to see the toilets of the university Paris 8 ?
 

 

Hier, il faisait froid dehors, en tout cas en dessous de zéro.
Il faisait très froid aussi dans la salle qui m’a été attribuée pour faire cours, à Paris 8 : une fenêtre cassée n’avait pas été réparée pendant l’intersemestre, les quelques semaines qui séparent deux semestres et pendant lesquelles, parce qu’il n’y a pas de cours, les travaux sont prévus.

J’y ai donc fait cours en manteau, avec écharpe et bonnet pendant au moins la première heure. Après, parce que faire cours me réchauffe, j’ai pu sortir de cette sorte de burqa chauffante. Mais les étudiantes, elles, sont coincées, assises dans le froid pendant trois heures.
Que trouve-t-on d’autre dans cette salle ? Des insultes, comme “Démembrons Madame Boutin” et d’autres graffitis : cette salle ne semble jamais avoir été repeinte. Des coulées noirâtres perlent du faux plafond troué.
Les tables sont cassées, le sol n’est plus nettoyé depuis bien longtemps, il n’y a pas de quoi effacer le tableau ni de quoi écrire, il n’y a ni vidéoprojecteur, ni télévision, ni même de prise électrique qui fonctionne. La porte ne ferme plus vraiment.
Et il fait très froid.

Hygiène minimale

J’hésite, chaque année, à faire des photos de mon lieu de travail… j’hésite encore plus à les publier. Mais il me semble qu’elles documentent assez bien l’état de misère dans lequel l’Université française se trouve. L’arrivée des étudiantes, de la grippe A-H1N1-porcine-mexicaine et de la traditionnelle “gastro de novembre” m’incite de plus à chercher des lieux où se laver les mains.
En tout cas, il me faudra éviter les toilettes du Bâtiment B, dans une université où je travaille :
toilettes-2009
Aujourd’hui, il y avait du savon, mais rien pour s’essuyer les mains (ne parlons pas de l’eau chaude, ce n’est pas prévu par la plomberie).
Vous allez peut-être me dire que ce n’est pas très gentil pour P8, mais j’ai laissé le temps de la rénovation. En 2006 (il y a plus de trois ans) une collègue avait déjà pris ces mêmes toilettes en photo.

Pourtant, des travaux ont eu lieu cet été. La façade de l’université a changé, les portes cassées ont été remplacées :
facade-paris8

Mais les faux plafonds ne résistent pas bien longtemps aux assauts de certains individus :
faux plafonds paris 8
(J’ai entendu certaines personnes chargées des réparations dire : “il n’y a plus de sous, on attend les inscriptions des étudiants”. Vivement la rentrée donc !)

Pour prendre un peu de recul, voici des billets similaires datant d’il y a quelques mois [1 et 2], d’il y a plus d’un an : [1] ou de 2006 [1].

La ronde infinie

La Ronde infinie des obstinés a commencé aujourd’hui, sur une initiative mêlant revendications d’autonomie (véritable) et engagement corporel. J’y passerai mercredi.
Avec un peu de chance, cela ne ressemblera pas à ça :

« Pie Iesu domine » (youtube) (une manifestation du collectif PAPERA)

Pour plus d’informations :

Autonomie ?

Le gouvernement essaie de vendre comme “autonomie” ce qui s’apparente à une mise sous contrôle de l’Université conjugué à un abandon des universitaires.
Ainsi apprend-on récemment plusieurs choses :

  • Qu’une fille d’un conseiller du président Sarkozy va obtenir, de manière dérogatoire, un poste de maîtresse de conférence à Paris 4 malgré les protestations de l’UFR concerné.
  • Qu’un conseiller du président se voit parachuté professeur au conservatoire national des arts et métiers…
  • Et l’on se souvient, récemment, de la nomination faite au mépris des règles de l’évaluation scientifique, d’un certain Michel M*** à l’Institut Universitaire de France.
    Ce ne sont que trois petits exemples… mais peut-on vraiment parler d'”autonomie” ?

    Faire grève…

    Liens-socio s’arrête :

    [T]outes et tous doivent être conscients aussi que Liens Socio ne manquerait pas d’être mécaniquement une des premières victimes des réformes en cours, et en particulier de la réforme du statut des enseignants-chercheurs : Liens Socio est réalisé actuellement de façon entièrement et strictement bénévole par ses rédacteurs et ses contributeurs. Cela n’a, en soi, rien de choquant, si l’on considère, comme le stipule d’ailleurs le statut des enseignants-chercheurs, que cette activité s’inscrit pleinement dans les missions des enseignants-chercheurs, puisqu’ils ont « également pour mission (…) la valorisation » des résultats de la recherche. Mais quand le projet en vient à définir le service des enseignants-chercheurs, il le partage également entre enseignement et recherche. Point. Oubliées, non comptées, les heures consacrées à ces activités de valorisation, les innombrables heures consacrées, depuis 7 ans, à fabriquer Liens Socio, à valider et publier les nouvelles, à répondre aux nombreux courriers, à solliciter les auteurs, à envoyer les ouvrages, à publier les comptes-rendus.

    Oubliées, non comptées, et fatalement, non évaluées… La conséquence est immédiate : nous est signifié ainsi que le temps et les compétences investies dans Liens Socio ne font pas partie intégrante de notre métier. Dès lors, au moment de fixer le volume de nos charges d’enseignement, il ne sera pas tenu compte dans l’évaluation de notre activité par nos établissements, du temps passé à « faire » Liens Socio. Si comme on peut le craindre, il en résultait une augmentation de nos charges d’enseignement, Liens Socio disparaîtra…

    Toutes proportions gardées, coulmont.com est peut-être dans le même cas.

    Dernières nouvelles :
    Axel Kahn le président de Paris 5, et l’un des ex-soutiens du décret, déclare :

    “Aujourd’hui l’affaire est emmanchée de telle sorte qu’elle n’aboutira pas,” a-t-il poursuivi.
    “Puisque le président de la République a fait l’honneur d’accorder quelque poids à mon avis, il s’est réclamé de moi, qu’il m’écoute : M. le président de la République, vous n’arriverez pas à faire passer ce décret aujourd’hui et par conséquent il faut reprendre le dialogue, voir comment on évalue le métier des enseignants chercheurs, comment on valorise toutes leurs activités.”

    Les “doyens” des départements de droit se sont réunis :

    la conférence des doyens de droit se réunissait aujourd’hui à Lyon. Après un débat serré, le président de la conférence Paul-Henri Antonmattéi a été mis très largement en minorité. Sous l’impulsion notamment du doyen Gaudemet, la conférence a nettement pris position en faveur de la “ligne la plus dure” d’opposition à la réforme du statut appelant à mettre en cause la loi LRU et son application.

    Les Académiciens se rebellent :

    L’Académie des sciences souhaite faire état de la vive émotion soulevée parmi ses membres par l’appréciation portée récemment sur l’état de la recherche scientifique dans notre pays

    Des présidents d’université entrent en lutte :

    Les réformes actuelles risquant d’affecter gravement le service public d’enseignement supérieur et de recherche ainsi que les conditions de travail de ceux qui l’animent, les universitaires doivent aujourd’hui se saisir des questions qui regardent l’avenir de l’institution universitaire. Cette conférence sera l’occasion de débattre et s’exprimer sur l’ensemble de ces réformes (gouvernance, réforme du décret de 1984, masterisation, répartition des moyens, démantèlement des grands organismes, suppressions de postes, etc.) qui poussent légitimement toute la communauté universitaire à manifester aujourd’hui sa désapprobation quant à la manière dont elles sont conduites et quant aux objectifs qu’elles poursuivent. Ce sera également l’occasion d’engager une réflexion collective sur un projet alternatif pour l’université de demain.

    Et la présidente de Nanterre, lit-on dans le même article, écrit directement à la ministre : « Madame la Ministre, je vous en prie, écoutez la rumeur qui enfle chaque jour en provenance des horizons de pensée les plus divers..
    Ailleurs, des choses à lire :
    un point de vue de Dimitri Houtcieff, le site de SLRU-EHESS, où se trouve une intervention de Marcel Gauchet (pas vraiment à gauche, mais qui parle ici de “vandalisme stupide” de Pécresse et de ses “sbires”).
    Il faut aussi lire et relire l’analyse d’Olivier Beaud, qui sera à l’université P9 (“Dauphine”) lundi.
    Et enfin, un dernier lien : http://universitesenlutte.wordpress.com/.

    Universités en grèves

    Le 2 février, tout s’arrête…
    http://sciences.blogs.liberation.fr/home/2009/02/universits-jour.html
    http://libelyon.blogs.liberation.fr/info/2009/02/les-enseignants.html
    http://www.libemarseille.fr/henry/2009/01/grve-des-profs.html
    http://universitedemocratique.blogspot.com/
    http://www.sauvonsluniversite.com/ (a des petits problèmes de site en ce moment)
    http://www.rue89.com/2009/02/01/chers-etudiants-voici-pourquoi-je-ne-donnerai-pas-vos-notes-0

    Le syndicat AutonomeSup appelle au blocage des universités (enfin… des conseils universitaires)

    … et des motions votées par les sections du Conseil national des universités :

    La Section 04 (Science politique) du CNU demande expressément :
    1° le retrait du projet actuel de décret modifiant celui du 6 juin 1984 (n°84-431) fixant les dispositions statutaires communes applicables aux enseignants-chercheurs. Ce projet crée les conditions propices à une gestion locale arbitraire des activités exercées par les enseignants-chercheurs, qui accentuerait les inégalités et les tensions entre personnels, disciplines et établissements, au détriment de la recherche scientifique et de la formation des étudiants ; il revient sur l’une des dimensions fondamentales de notre métier qui consiste, à partir de nos activités de recherche, à élaborer nos enseignements dont le volume horaire ne saurait en aucun cas excéder le niveau actuel de 192hTD ; il réduit l’autonomie des enseignants-chercheurs par rapport aux instances administratives et remet gravement en cause leurs libertés académiques et leur indépendance scientifique.
    2° La reconnaissance du rôle du CNU, seule instance nationale d’évaluation représentative des enseignants-chercheurs , dont le rôle ne saurait se réduire à celui d’une simple instance consultative ou de recours à l’encontre de décisions prises par les organes dirigeants des universités.
    Ce retrait doit être le point de départ d’une concertation nationale visant à assurer le renouveau et le développement de l’Université, mais aussi à donner aux enseignants-chercheurs les moyens et le statut garantissant l’accomplissement de leurs missions.

    Parmi d’autres protestations, celle de la 19e section (sociologie et démographie) :

    CNU 19e section – Motion 1
    Les membres de la 19e section du CNU, réunis le 22/1/2009, ont décidé la rétention des résultats des évaluations concernant les qualifications à fin d’obtenir le retrait du décret n° 84-431 du 6 juin 1984 sur les statuts des enseignants-chercheurs.
    Ils demandent aux autres sections de procéder de la même manière.
    CNU 19e section – Motion 2
    Les membres de la 19e section du CNU demandent le retrait du projet actuel de modification du décret n°84-431 du 6 juin 1984 sur les statuts des enseignants-chercheurs.
    Ce texte confère aux exécutifs locaux des établissements d’enseignement supérieur des pouvoirs exorbitants qui fragilisent les équilibres de la recherche et de l’enseignement au mépris de l’intérêt scientifique et de celui des étudiants.
    Ils réclament que soit restitué au Conseil National des Universités son rôle d’instance collégiale de gestion des carrières des enseignants-chercheurs.

    J’allais oublier… : un prix nobel, Albert Fert critique sévèrement, très sévèrement, les projets en cours : réforme dangereuse et hypocrite ! (lire sur fabula.

    Colère universitaire

    Depuis quelques semaines, la colère monte. Suppressions de postes, diminution de budgets, éradication des post-doctorats… plusieurs groupes se sont plaints. Les présidents d’université en décembre. Des chercheurs et universitaires aussi.
    Certains départements traditionnellement peu grévistes s’inquiètent fortement, ne serait-ce que parce que les concours de recrutement des professeurs du secondaire vont être supprimés ou profondément modifiés (c’est la “mastérisation”, qui élimine aussi l’année de stage rémunérée des jeunes professeurs).
    Même les Instituts Universitaires de Technologie “bougent”, eux qui pensaient que la LRU leur bénéficierait… et qui voient la balance des pouvoirs pencher dans l’autre sens.

    Récemment une “tribune libre” dans Le Monde, intitulée “Université : pas de normalisation par le bas”, était signée par des collègues estimés et respectés (Christophe Charle et Bernard Lahire entre autres). Une autre, dans La Tribune, comparait la France à d’autres pays.

    Un préavis de grève a été déposé à l’université de Limoges, et les initiatives peuvent être suivies sur universitedemocratique.blogspot.com.

    Sur une liste de diffusion, un collègue écrit :

    Il faut aussi savoir commencer une grève…
    Pour information, une quarantaine d’enseignants chercheurs de la faculté des sciences juridiques, politiques et sociales de l’université de Lille 2 ont adopté à l’unanimité moins trois abstentions le principe de la rétention des notes et de la non participation aux jury qui se tiendront chez nous dans une quinzaine de jours. Pour commencer.

    J’avoue commencer à avoir du mal à suivre précisément les initiatives… Mais elles sont nombreuses.
    Il y a quelques mois, le ministère de l’enseignement supérieur, privé des services d’espionnage des Renseignements Généraux, lançait un appel d’offre sur le repérage des lanceurs d’alerte. Ce billet devrait rendre service.

    Comités de spécialistes sélection

    Le mode de recrutement des collègues a changé, dans l’université française. Les “comités de sélection spécialistes” ont remplacé les “commissions de spécialistes” : ces comités sont plus réduits, sont éphémères dans leur composition, et contiennent au moins 50% de membres extérieurs à l’université.
    Trouver ces 50% d’Extérieurs (l’adjectif a été substantivé) ne va pas être simple. Surtout quand l’on sait que ces comités ne sont plus disciplinaires, mais peuvent être composés pour partie de juristes, de médecins, de physiciens et autres musicologues pour proposer le recrutement d’une linguiste.

    Je profite donc du blog pour me porter candidat à un comité, en tant que membre extérieur. Il ne devrait pas y avoir de recrutement de sociologues à Paris 8 pour la session d’automne. Mais pour la session de printemps, j’aimerais réussir à comprendre les nouvelles logiques de fonctionnement des “comités”. Mes compétences sont limitées, mais participer au recrutement d’une historienne, d’une sociologue, d’un sciencepolitiste ne me dérangerait pas.

    Mise à jour : Je me suis emmêlé les pinceaux de la terminologie. Gizmo a corrigé. Merci.