Categories

Archives

Archive for 2006

Presses

Non, Le Tigre n’était pas mort, et un numéro 17 (2 pages) est même disponible en PDF. Rrr !
Pendant ce temps là, France Soir renaquit de ses cendres et proposait une couverture alléchante. Je n’ai que la couverture, et si une âme charitable pouvait m’envoyer ou me scanner le reste du numéro sur les sex-toys, paru le 14 septembre 2006, ma reconnaissance sera grande.
France Soir couverture 14 septembre 2006

Singapour

SingaporeL’année dernière, j’avais été invité à un atelier de trois jours à Singapour, organisé par la Asia Europe Foundation – ASEF, une organisation para-gouvernementale créée par des pays de l’union européenne et des pays d’une alliance asiatique (l’ASEAN ou une autre, je ne sais plus). Cet atelier, intitulé “Coming out in dialogue”, réunissait une petite quinzaine d’universitaires, d’activistes et d’élu-e-s, dans un pays où les “relations charnelles contre nature” sont passibles d’un emprisonnement à vie [voir les précisions sur le code pénal singapourien]. Le workshop avait donné lieu à un rapport “Coming out in Dialogue: Policies and Perceptions of Sexual Minority Groups in Asia and Europe”.
L’un des participants, Clarence Singam, avait déjà une grande expérience d’organisation dans un mouvement gay et lesbien local en pleine croissance. Mais l’atelier lui a donné des idées :

Deux idées sont nées suite à ma participation aux Talks. La première était l’idée d’un Gay Pride Month On a fait le premier l’année dernière et le second cette année : ce dernier avec, même, une participation hétéro. (voir IndigNation) Ce fut un grand succès, avec autour de 350 personnes.
L’autre idée qui me vint pendant Coming Out in Dialogue fut de travailler sur un livre composé d’histoires personnelles de coming out, avec les vrais noms et de vraies photos. Cette idée était le résultat des interactions avec les autres participants. Ca a pris plus d’un an, mais le livre est sorti le 23 août et il est maintenant en librairie. Ce n’est pas seulement une première pour Singapour, c’est une première en Asie. On y trouve 14 histoires de Singapouriens, gays et lesbiennes, et l’histoire de la mère de deux fils gays.

Dans un mail suivant, Clarence Singam précise que ce livre SQ21: Singapore Queers in the 21st Century est la sixième meilleure vente d’essais en ce moment sur l’Etat-île. [une interview, en anglais, avec deux des personnes présentes dans le livre.]

Quelques commentaires :

  • Dans un état-nations formé d’une mosaïque de communautés reconnues (indiennes, chinoises, malaisiennes, indonésiennes…) une partie du mouvement gay choisit le registre rhétorique de l’appartenance à la mosaïque :

    IndigNation is the Gay and Lesbian Pride Season in Singapore, reaffirming our participation in the intellectual and cultural life of this country, reminding all that we are as much a part of Singapore as anyone else.
    source : IndigNation

    L’un des noms choisis pour le Gay Pride Month, IndigNation, mélange la colère ressentie face aux discriminations, la revendication d’indigénat, et l’appartenance à la nation…

  • Le deuxième petit commentaire est lié au succès planétaire des identités gays et lesbiennes. Le coming out, la mobilisation collective, l’importation de termes anglais, la collaboration internationale (avec des activistes et des universitaires occidentaux)… contribuent à l’usage et la mise en pratiques de nouvelles identités. Le terme “gay” est ainsi utilisé, sans traduction, dans les langues locales. D’autres termes, locaux, plus anciens, qualifiant parfois la sexualité en fonction de l’identité de genre, sont remplacés ou déplacés.
    Il y a toute une littérature sociologique ou anthropologique sur la mondialisation des identités homosexuelles [Rupture or Continuity? The Internationalization of Gay Identities, D. Altman – Social Text, 1996] mais à Singapour, on la touche du doigt.

Les revues publiées par Sage en accès libre

Les revues publiées par Sage — http://online.sagepub.com/ — sont en accès libre jusqu’au 18 octobre 2006. Il suffit de s’inscrire (si votre université — ou votre centre de recherche — n’est abonnée à aucune revue Sage).
Autre nouvelle “universitaire” : c’est la rentrée sur le blog de Caroline Legrand, centré sur l’anthropologie de la généalogie.

33 blogs, and counting…

J’ai à plusieurs reprises parlé des blogs d’étudiants de l’université Paris 8. Il m’a semblé utile de créer une page (hors chronologie) destinée à les recenser. Un peu comme la L.B.U. de François Briatte (la Liste des Blogs Universitaires). Avec un peu de recherche et en relisant d’anciens billets, j’en suis arrivé à une liste de 33 blogs d’étudiantes et d’enseignantes de Paris VIII, la LBU-P8, grossièrement classés en quelques catégories. (Il y en a au moins un de plus, mais il est “secret” pour l’instant, m’a-t-on dit.) La majeure partie des blogs morts (les mlorgs ?) ont été laissés de côté. Et le statut de certains étudiants est encore en suspens pour certains d’entre eux : ont-ils quitté l’université ?
A Nantes, Manuel Canevet a recensé sept blogs d’étudiants. Je n’ai pas connaissance d’autres tentatives d’aggrégation de ce type de sites para-universitaires à publication périodique.
La “LBU-P8”, si on la regarde de près, ne contient qu’un seul blog hébergé sur les serveurs de l’université. Les autres sont des initiatives qui restent hors-campus (même la plupart des blogs “de département”, qui squattent over-blog ou autres) : cela ne doit pas contribuer à augmenter les visites vers www.univ-paris8.fr. L’université, d’ailleurs, n’offre pas à ses étudiants l’hébergement de leurs blogs, ni même (et c’est une honte), d’adresse mail. Un prestataire extérieur, “mabulle”, avait l’année dernière acheté l’URL paris8.org et proposé l’hébergement des blogs d’étudiants de Paris 8 (seule une poignée de blogs ont été créés, et tous sont à l’état de mlorg, maintenant).
La LBU-P8, cette liste de blogs liés à l’enseignement supérieur, est un sac de pommes de terres indépendantes : ses patates entretiennent très peu de liens croisés. J’ai aggloméré ici des sites qui n’ont que peu de liens entre eux. Il n’y a pas de blogo-paris8-osphère, du moins pas pour le moment. Les interlocuteurs sont extérieurs. Un seul exemple : L’année dernière, au moment où l’université était bloquée ou fermée, suite au CPE, une foule de blogs avaient été créés, indépendemment l’un de l’autre, recopiant souvent les mêmes informations (lieux de manifestation, décision des Assemblées générales…) sans l’établissement de liens entre blogs (ce qui rendait difficile la localisation des sites individuels). La grande partie de ces blogs, souvent tenus par des étudiant-e-s, est décédée, même si certains, la rentrée approchant, se réveillent (comme Paris 8 Arpla, qui proposait en mars-avril dernier les réflexions les plus solides).

mise à jour :
1- Versac propose d’aller plus loin.
2- Elodie Terret suit les blogs de l’université de Grenoble, et propose une LBU généraliste

P.S. : Xavier Zunigo, doctorant en sociologie et auteur notamment de Volontaires chez Mère Teresa. “Auprès des plus pauvres d’entre les pauvres” (Belin, 2003), lance son “pas-blog” :

Je vais donc essayer de “poster” régulièrement sur mes thèmes de recherche (politiques publiques de gestion du chômage et marché du travail humanitaire). Entreprise qui, a minima, me servira de bloc-note.

Greenpeace, l’Union et les sex-toys

L’association écologiste a demandé à l’Union européenne de bannir l’usage de produits toxiques dans les godemichets et autres jouets sexuels, plus précisément l’usage des “phthalates” (ou phtalates) , qui peuvent “déranger le système hormonal humain, diminuer la fertiliter et attaquer le foie et les reins”. Greenpeace recommande l’usage de sex-toys non-toxiques.
Sex toys contain toxins

08/09/2006 20:31 – (SA)
The Hague – Environmental group Greenpeace called on Friday on the European Union to ban the use of chemical plastic softeners in sex toys because they contained dangerous substances known as phthalates.
“Adult sex toys contain the same toxic substances that EU banned from use in children’s toys,” said Greenpeace.
The environmental group said it was shocked to find that seven of the eight sex toys it had tested contained between 24% and 51% of phthalates.
“It is unbelievable that such toxic substances can be used in adult toys.
Greenpeace spokesperson Bart van Opzeeland said: “We have tested many products in the last few years but never have we encountered such high concentrations.”
Greenpeace research has shown that phthalates can disrupt the human hormonal system, diminishes fertility and adversely affects the kidneys and liver.
The substance is used to soften plastics and PVC plastic.
Greenpeace stressed that a ban on phthalates would not mean the disappearance of people’s favourite sex toys as there are plenty of non-toxic alternatives.

C’était une revendication déjà présente dans bon nombre de site dédiés à la santé sexuelle comme tinynibbles, et dans les “sex shops” féministes américains. Un magazine environementaliste américain, Grist, avait, en décembre 2005, consacré un article sur les toxines dans les sex-toys :

Unlike other plastic items that humans put to biologically intimate use — like medical devices or chew-friendly children’s toys — sex toys go largely unregulated and untested. And some in the industry say it’s time for that to change.

Un reportage vidéo de treehugger TV vous explique comment acheter un sex toy vert.
Ces phthalates, interdits dans les jouets pour enfants (“garantis sans phthalates” est-il écrit en évidence sur les paquets), pour de bonnes raisons, se retrouvent ailleurs.
Le quotidien Libération avait fait une sorte de clin d’oeil à cela en présentant ironiquement ceci :

Ecolo jusqu’au bout du vibro
REUTERS. Par Emmanuelle PEYRET
Libération, Jeudi 10 août 2006 – 06:00
C’est fou tout ce qu’on peut faire de très simple pour passer un été pur bi et écologiquement hyper correct. Utiliser la puissance du soleil pour votr plaisir sexuel, par exemple, proclame la page d’accueil d’un site californie (1). Tiens, good idea, mais comment ?
La bête à deux dos en plein midi : pas très nouveau. Caresses solaires à l’entrejambe : risqué. Non, la vraie bonne idée, c’est le
vibromasseur à énergie solaire. (…)

Je n’ai pas encore vu, sur l’internet francophone, de revendications portant sur les phthalates dans les godes. Le commerce sexuel sur internet (les sex-shops on line) semblent ne pas avoir tenté de diversification vers l’écologie personnelle. Le site “chambre69” propose de laver son godemiché à l’eau et au savon pour éviter les bactéries, mais ne dit rien des fameux phthalates :

Gardez votre godemiché propre.
Après chaque usage, nettoyez avec de l’eau chaude et du savon, (n’utilisez pas de produits agressifs), rangez-le seulement lorsqu’il est bien sec. Les bactéries ont besoin d’humidité pour se développer.
Il est préférable de couvrir votre godemiché avec un préservatif, même si vous êtes la seule à l’utiliser.
Changez le préservatif chaque fois que vous vous échangez un gode avec un partenaire ou lorsque vous passez de l’anus au vagin.
chambre69

Voici, par comparaison, l’extrait d’un prospectus d’information (la totalité est 4 fois plus longue) disponible dans les magasins “Toys in Babeland” de New York, en 2003.
Toys in Babeland Phthalates
source : Toys in Babeland (archives personnelles)
Le rapport de Greenpeace, en néerlandais, est ici : Extreem hoge concentraties weekmakers in seksspeeltjes. L’original, en anglais, (version PDF) est là : Determination of phthalates in sex toys.
La synthèse de UPI est ci-dessous :

Harmful chemicals found in many sex toys
AMSTERDAM, Netherlands, Sept. 8 (UPI) — A report released Friday by Greenpeace Netherlands reveals that many plastic sex toys have high concentrations of phthalates, a toxic chemical softener.
Greenpeace reported that a wide range of sex toys, including vibrators and dildos, contain hazardous levels of phthalates, which is used to make plastic more soft and flexible.
Researchers reportedly tested eight sex toys for phthalates, finding that seven of them contained dangerous amounts of the chemicals — which are said not to biodegrade well and can be hazardous even in small amounts.
Three years ago, research into children’s toys such as teething rings turned up similar levels of the chemicals. Toy manufacturers were forced to come up with alternatives, since phthalates can be ingested through direct contact with sensitive tissue.
Greenpeace said the research indicates exposure to the chemicals can disrupt the body’s ability to regulate hormone production. The chemicals also reportedly can damage reproduction, and cause liver and kidney defects — and possibly cancer.

Sur le net :
Réaction du Babeland Blog,
Commentaire de tinynibbles,
traduction française du communiqué de Greenpeace, sur sextoyer.com
Mise à jour :
L’agence de protection de l’Environnement du Danemark vient de rendre public un rapport (en danois) (le premier, à ma connaissance, par une agence gouvernementale) sur les Phthalates dans les jouets sexuels [qui se disent sexlegetø]. Udansk en fait un résumé, en anglais :

moderate use of dildoes (less than 15 min/week) is not associated with any significant health risk [l’utilisation modérée de godemichets (moins de 15 minutes par semaine) n’est pas associée à un risque significatif pour la santé]
heavy usage (1 hour/day) is not associated with any significant health risk, except for pregnant and breastfeeding women who should abstain from heavy usage [l’usage intensif (une heure par jour) n’est pas associé à un risque significatif pour la santé, sauf pour les femmes enceintes ou allaitant, qui devraient s’abstenir de toute utilisation intensive]

Le rapport danois propose quelques conseils :

avoid oil-based lubricants as they increase the transfer of phthalates
don’t buy PVC toys
use PVC toys with a condom

Cory Silverberg écrit :

I’ve been told by some manufacturers that you can tell if a toy has phthalates by the strong chemical smell many jelly rubber sex toys have out of the package, and that the stronger the smell, the more phthalates are likely in your toy.
[Des fabricants m’ont dit qu’il est possible de dire si un toy a des phtalates juste à partir de l’odeur chimique très forte que de nombreux sex toys caoutchoucteux dégagent à l’ouverture du paquet. Plus l’odeur est forte, plus il y a, probablement, des phtalates dans votre toy.]

suite de la mise à jour : un article du Register s’intéresse à la législation européenne ; et un article de Stats (George Mason University) s’intéresse aux différences de règlementation entre l’Europe et les Etats-Unis (ces derniers refusant de bannir l’usage de certains phtalates dans les jouets pour enfants).

Dérives sectaires et mineurs

Sébastien Fath, dans un billet de son blog, Pourquoi j’ai refusé l’offre de la Miviludes écrivait :

il n’existe à l’heure actuelle aucun chercheur en sciences sociales des religions parmi les membres de la MIVILUDES elle-même (je ne parle pas du conseil d’orientation). Un seul serait déjà insuffisant, mais aucun ! Ma connaissance d’autres contextes européens (comme la Suisse, par exemple) me rappelle qu’il existe bien d’autres façons de fonctionner que cette étrange manière française qui consiste à mettre à distance ceux que la République paie pour être spécialistes du religieux.

Mme Delpech alerte faux souvenirs induitsLa Miviludes, c’est la mission interministérielle de vigilance et de lutte contre les dérives sectaires. Elle produit, chaque année, un rapport. En ce moment, la Miviludes voit son travail secondé par une commission d’enquête relative à l’influence des mouvements à caractère sectaire et aux conséquences de leurs pratiques sur la santé physique et mentale des mineurs qui se tient à l’Assemblée nationale. Certains des travaux de cette commission sont diffusés sur La Chaine Parlementaire.
Les premières auditions de cette commission révèlent le contexte dans lequel elle se tient : pour l’instant, aucun sociologue ou historien des religions n’a été auditionné, ou ne va l’être prochainement. Aucun membre d’une secte connue non plus apparemment. Aucun représentant des principales religions non-qualifiées de sectes… C’est que, comme le remarquait l’un de mes chers camarades sociologues auteur d’un travail universitaire sur le sujet, la lutte contre les dérives sectaires ne vise plus seulement le monde religieux. Les dérives sectaires, ce sont celles des psychothérapeutes, des travailleurs sociaux, de membres de la famille, d’enseignants… Cela peut être la dérive d’une seule personne, il n’y a plus besoin de communalisation de la croyance. La secte a été laicisée : et au fur et à mesure de sa laïcisation, elle sort du domaine des spécialistes du religieux. Il n’y a plus besoin de curé ou de sociologues des faits religieux pour en parler.
Les personnes auditionnées sont donc en grande partie des professionnels de la lutte contre les sectes : le président du Centre de documentation, d’éducation contre les manipulations mentales, une sociologue travaillant à l’Union nationale des associations familiales, le président du “Centre d’information sur les organisations sectaires nuisibles” (je n’invente pas, c’est le nom de l’association)… Mais semblent visés en priorité certaines thérapies de l’âme : la commission interroge la présidente de l’Association AFSI (Alerte faux souvenirs induits) et le président de l’association “Psychologie vigilance” qui n’ont à première vue pas grand chose à voir avec les sectes telles qu’on les comprenait au début des années 1970.
J’ai regardé avec intérêt certaines des auditions, diffusées en direct ou en différé sur la Chaine parlementaire, et voici un extrait de l’audition de la présidente de Alerte faux souvenirs induits. Les faux souvenirs dont parle la présidente sont ceux qui sont créés à la suite de “thérapies déviantes” (je cite), et qui sont souvent des souvenirs d’abus sexuel, conduisant souvent à des ruptures familiales. L’extrait ne rend pas justice à l’auditionnée : il a lieu à la toute fin de l’audition et Mme Delpech est visiblement fatiguée.


Lien vers l’extrait au format video MP4

Le slogan n’est pas une marchandise comme les autres

En entendant Bernard Thibault de la CGT déclarer ce matin que “L’énergie n’est pas une marchandise comme les autres”… il m’a semblé vivre un moment de déjà-entendu. Et une recherche rapide sur n’est pas une marchandise comme les autres donne en effet des résultats amusants (issus de la rapidité, de l’économie des frais de recherche et de la cohabitation de discours des plus légitimes aux plus farfelus). Il semble y avoir toute une classe de marchandises (virtuelles, réelles, matérielles, symboliques) pas comme les autres. Extraits :

l’information n’est pas une marchandise comme les autres
Le logement n’est pas une marchandise comme les autres
Le travail n’est pas une marchandise comme les autres
la culture n’est pas une marchandise comme les autres
la santé n’est pas une marchandise comme les autres
L’agriculture n’est pas une marchandise comme les autres
le livre n’est pas une marchandise comme les autres
Le médicament n’est pas une marchandise comme les autres
L’eau n’est pas une marchandise comme les autres
La nourriture n’est pas une marchandise comme les autres
L’offre de formation n’est pas une marchandise comme les autres
Le produit culturel n’est pas une marchandise comme les autres
une langue n’est pas une marchandise comme les autres
la presse n’est pas une marchandise comme les autres
La force de travail n’est pas une marchandise comme les autres
L’électricité n’est pas une marchandise comme les autres
la monnaie n’est pas une marchandise comme les autres
L’alcool n’est pas une marchandise comme les autres
L’audiovisuel n’est pas une marchandise comme les autres
l’art n’est pas une marchandise comme les autres
Le diamant n’est pas une marchandise comme les autres
le logiciel n’est pas une marchandise comme les autres

De l’eau au diamant (exemples paradigmatiques pour les économistes à la recherche des sources de la valeur), de la nourriture à l’art, du travail à l’alcool…
Ironiquement, personne n’avait encore été indexé par google avec “la religion n’est pas une marchandise comme les autres” (alors que cela pourrait être une forme de dénonciation de la Scientologie), ni avec “le sexe n’est pas une marchandise comme les autres”.

Café-géo : sortez vos agendas

La planète du sexe : de la prostitution mondialisée au sex-shop du coin de la rue : je suis, avec Emmanuel Redoutey, l’invité du Café Géo du 24 octobre 2006 (il se tient au Café de Flore, le soir, vers 20h30 si je me souviens bien). Comme c’est géographique, il y aura des cartes des sex-shops, et des chorèmes
[en parlant de géographie, et en lien avec le débat ségolénien sur la carte scolaire, cet article Évitement à l’entrée en sixième et division sociale de l’espace scolaire à Paris, de Jean-Christophe François, est en ligne, au format PDF, sur cairn.info.]

Familles archicubiques

Parmi mes lectures favorites figure L’Archicubier, l’annuaire des anciens élèves de l’Ecole normale supérieure. Il y a désormais un archicubier des vivants, et un archicubier des morts, recensant les morts de l’année écoulée, et leur consacrant une notice, plus ou moins longue. Bourdieu, qui avait étudié ces nécro, en même temps que les Rapports du Jury, écrivait qu’elles

mettent encore en oeuvre, dans le jugement dernier que le groupe porte sur l’un de ses membres disparus, les principes de classement qui ont déterminé son agrégation au groupe.
Bourdieu, Pierre, La noblesse d’Etat, Paris, Minuit, p.64

Cette année, L’Archicubier se dote d’un camarade, qui “succède au Bulletin de la Société des Amis de l’Ecole normale supérieure, nommé L’archicube (ISBN : 978-2-7288-0377-3). On y trouve, page 154, l’extrait suivant, qui ravira critiques et hagiographes de l’illustre institution :
Familles Archicubiques, l'Archicube, numéro 1, 2006

Le Journalier de Jean-François Laé

Sur le site du Département de sociologie de Paris 8, un texte de Jean-François Laé, de retour (comme Juppé) de Montréal. Il se propose de nous

livrer quelques rencontres d’archives au hasard du temps passé de l’autre côté de la mare. Sous forme légère, voilà un journalier (expression des infirmières des hôpitaux des années 60), des éléments qui m’occupent en ce moment : l’infime, les détails, les documents sans intérêt et abandonnés.
La suite : Un Journalier, par Jean-François Laé