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Archives de la catégorie : 'General'

Surprise !

Un lecteur de ce blog, Régis X., en m’écrivant hier, m’a appris que j’avais eu droit à un petit encart dans Têtu (que j’ai donc acheté). J’avais bien remarqué fin octobre que ce numéro avait suscité quelques commentaires (et d’autres commentaires encore). Et il se trouve que, dans une liste de blogs, p.110 du n°94 de novembre 2004, l’on dit de moi :
Presentation du blog de Baptiste Coulmont dans Tetu
Les statistiques du site pour octobre et début novembre ne montrent pas d’augmentation significatives du nombre de visiteurs, mais j’aimerais bien savoir si d’autres personnes que Régis X. ont découvert mon existence via Têtu.

Michel Foucault, Vacarme

Le dernier numéro de la revue Vacarme (n°29, Automne 2004) est consacré à Michel Foucault, vingt ans après sa mort. Ou plutôt, pour être plus précis, à Michel Foucault, 1984-2004. Vacarme semble en effet avoir décidé de faire tourner la pensée de Foucault. La revue s’ouvre sur un “prologue” centré autour de 1984 (Thatcher, la marche des Beurs, les manifestations pour l’école privée…), c’est en quelques sortes une mise en contexte de la mort du philosophe. Puis c’est une partie “contextes” qui présente les interventions politiques de Foucault dans les années 1970: une marche à rebours après l’année 1984. Les deux dernières parties, “usages” et “fronts” font référence au travail de Foucault, en essayant de mettre ses écrits (et ses dits) à profit.
On soulignera dans ce numéro un article de Hélène Buisson-Fenet sur les manifestations pour l’école libre en 1984 (Hélène Buisson-Fenet publie le mois prochain un livre consacré à l’homosexualité dans l’Eglise catholique), un article de Eric Fassin sur le “mariage gay” et les questions de normalisation (Foucault se retourne-t-il dans sa tombe?), un article solide de Judith Butler sur Guantanamo… etc…

Jon Stewart

L’émission humoristique “The Daily Show with Jon Stewart” est une sorte de phénomène d’audience aux Etats-Unis, un peu comme l’étaient les Guignols en 1994. Jon Stewart lui-même est, ces dernières semaines, en passe de devenir une “star”: rien que ces derniers jours, le Washington Post et le New York Times lui consacrent des articles-portraits ainsi que l’émisssion phare de CBS, 60 minutes.
La présence médiatique de Stewart a été intensifiée avec un livre (le livre le plus vendu en ce moment sur Amazon) et une apparition sur une émission de CNN, “Crossfire”, dans laquelle Stewart s’est empressé de délivrer — de manière très directe — ses quatre vérités.
Ce passage sur CNN a été placé très rapidement sur internet (voir ici ou …) comme un grand nombre d’extraits du Daily Show. J’ai du mal à savoir dans quelle mesure l’humour de ses émissions “passe” en France. A mon avis, la fréquentation des CNN, CBS Evening News et autres Fox aident beaucoup à contextualiser. Mais si vous souhaitez voir TDS, un site, On Lisa Rein’s Radar et un autre, Comedy Central, sont à visiter.

I switched!

iMac G5 Une série de petits événements m’ont conduit à switcher. Cet été, j’ai eu la garde, pendant un bon mois, d’un Apple Powerbook 15′. Il n’a jamais planté, a fonctionné sans problème, ouvrait et modifiait des documents MS-Word, générait des fichiers PDF naturellement… Un grand nombre de programmes de lecteurs audio et vidéo existent pour le Mac (comme VLC)… Grâce au “fonds” Unix de l’OSX, R, emacs, LaTeX… peuvent être installés presque sans problème.
Juste avant l’été, j’ai été élu maître de conférences à l’université Paris 8 et j’avais envie de me faire un gros plaisir avec mon premier traitement (ce n’est pas un traitement bien gros, après 12 ans d’études, mais on va s’y faire). Enfin, il est bien possible que Jean-François Brosset, Céline Bessière ou Bastien Bosa, grands utilisateurs de Mac m’aient convaincu.
En bref, un iMac G5 est sur la route…

France Culture et le mariage, encore

L’invitée de l’émission “la concordance des temps (real-media)” du 2 octobre 2004 (présentée par Jean-Noël Jeanneney) était l’ethnologue Martine Segalen, et le thème était “Le mariage : insubmersible ? (real-media)“.
La trame de l’émission est historique, mais il semble possible d’écouter l’émission avec en tête l’idée que la question de la reconnaissance de l’union des couples du même sexe parcourt l’ensemble de l’heure.

Roumanie

Entre avril 1999 et juillet 2000, avant la thèse, j’ai travaillé à Bucarest, au Bureau du Livre de l’Ambassade de France en Roumanie. Au cours de cette année et demi j’ai beaucoup appris. Outre le roumain (Da, vorbesc un pic româneşte !), le travail dans une administration expatriée fut une grande découverte, que je ne peux recommander à personne.
Très récemment, c’est un peu de Roumanie que j’ai rencontré, par hasard. A part Dragostea din Tei, bien sûr. Je suis tombé dans la rue nez à nez avec Tanguy Viel, un romancier que j’avais invité à Bucarest sur les conseils de François Bon. Tanguy Viel est l’auteur de L’Absolue perfection du crime, mais aussi de Cinéma, un roman dans lequel un narrateur raconte un film, mais pas n’importe quel film. De retour en France, il a écrit une sorte de carnet de voyage, commençant par :

La Roumanie, c’est un peu comme le Pérou ou la Sibérie

et dans lequel j’apparais sous les traits à peine voilés d’un jeune normalien.

Je ne suis jamais retombé sur Pierre Le P***ër, lui, avait obtenu l’une des prestigieuses “Mission Stendhals” pour venir en Roumanie écrire (je ne l’ai même jamais rencontré). Le projet de ce poète était lié à une démarche personnelle: dès qu’il entrait en contact avec le signifiant ou le signifié “moulin”, il se mettait à écrire et à décrire la situation dans laquelle “moulin” était apparu. Toutes les formes de “moulin” semblaient concernées: Commissaire Moulin, moulin à parole, images de moulin sur les emballages de pain de mie… Et il avait, dans son projet de mission, défini le choix de la Roumanie de la manière suivante: plutôt que de demander New York comme tous ces écrivains qui veulent des vacances payées au frais du contribuable, il demandait la Roumanie, où il aurait le plaisir, au moins, de distribuer des devises à des gens qui en manquent. Il espérait même, à mots couverts, ne pas rencontrer “moulin” dans la contrée mythique des Daces. (Je n’invente pas, c’est dans ces termes que sa demande avait été déposée au Ministère des Affaires Etrangères et avait été acceptée).
Pierre Le P*** est aujourd’hui le principal responsable d’un site de poésie, dans lequel il fait part de ses états d’âme littéraires. A l’époque, son ordre de mission, en provenance directe d’un des responsables du ministère, avait beaucoup amusé. Dans mes correspondances avec Le Poète, je m’efforçais de ne pas prêter au déclenchement littéraire (tout “moulin” était proscrit) tout en précisant qu’un des chefs d’oeuvres (que je n’ai pas lu) de la littérature roumaine était Moara cu noroc (de Ioan Slavici, mare prieten al lui Eminescu) et qu’il y avait, à Sibiu, un musée en plein air dont l’attrait principal était les Moara de vânt.
Pierre Le P*** raconte son voyage en Roumanie, de manière souvent hilarante (à son insu et sans le vouloir).

Jeudi 10 août, (…) je vois une immense pancarte sur le bord de la route, à fond blanc, sur lesquelles se détachent les lettres vertes du mot “BOROMIR” et, juste en-desssous, j’ai le temps de lire “moara” qui signifie “moulin” en roumain ; c’est un attaché culturel de l’Ambassade française qui me l’a appris dans un e.mail: il me disait que mon choix de la région de Sibiu était excellent puisque s’y trouvent de nombreux moulins et me donnait le titre d’un livre où les mots de “noroc” et de “moara” étaient associés (“Le moulin de la chance”) si bien que lorsque nos hôtes ont dit “noroc” en levant leur verre le jour de notre arrivée, j’ai cru qu’ils disaient “moulin” ; à cette occasion (…)
Je demande à nos jeunes amis ce que signifie “Boromir”, ils me disent qu’il doit s’agir du nom d’une firme, ce dont je me doutais. En-dessous du mot “moara”, j’ai eu le temps de lire également “abbator” et l’association de ces deux activités me laisse perplexe.

Recherches sur les homosexualités

Le 19 et le 20 octobre 2004, à l’EHESS au 96 Bd. Raspail se tiendront deux journées d’études consacrées aux “Recherches sur les homosexualités”. J’y serai discutant de deux travaux, l’un consacré aux juifs homosexuels du Beit Haverim et l’autre à la décriminalisation de l’homosexualité en Roumanie. Le programme complet des journées est ici, au format PDF.

En vrac

En vrac:

  • Je suis l’invité du mois sur liens-socio.org.
  • Sage Journals Online est accessible gratuitement jusqu’au 31 octobre prochain. Des dizaines de milliers d’articles scientifiques (sociologie, histoire…) sont disponibles au format PDF.
  • Une très bonne liste de diffusion pour jeunes chercheurs en sociologie des religions est NewResearchersNetwork sur yahoogroups.

Gabriel Tarde

Gabriel Tarde (1842-1904) est un sociologue mineur pour qui j’ai une ancienne faiblesse, et qui est mort il y a cent ans. Il est né dans le Sud, à Sarlat, dans une famille de notables locaux (les de Tarde, Gabriel abandonne la particule). Atteint de diverses maladies pendant l’adolescence, il reste longtemps enfermé et est en grande partie autodidacte. Substitut du procureur à Sarlat, il était destiné à demeurer un parfait inconnu. Ses écrits restent d’ailleurs un moment confinés au cercle des académiciens de province, mais certaines lettres qu’il envoie à des savants parisiens le font remarquer : “Tarde doit sa réussite à une capacité particulière à exprimer son temps — plus exactement à une aptitude sociale particulière (…) à adopter la pratique commune et à donner forme aux représentations du groupe social qui se reconnaît en lui” écrit Pierre Favre dans “Gabriel Tarde et la mauvaise fortune d’un ‘baptème sociologique’ de la science politique” (Revue française de sociologie, 1983, vol.24, pp.3-30 )… Il finira professeur au collège de France, battant Bergson.
L’un de ses fils, Alfred de Tarde (nationaliste et proche de l’Action Française) aura son heure de gloire au début du XXe siècle, quand il écrira, avec Henri Massis, Jeunes Gens d’Aujourd’hui.
Les textes sociologique de Gabriel Tarde sont aujourd’hui en grande partie oubliés. L’Opinion et la foule est la partie de son oeuvre qui connaît la plus grande longévité.

Mon intérêt pour Tarde vient de sa participation à un genre littéraire à la mode à la fin du XIXe siècle: les nouvelles d’anticipation tel ce “Fragment d’histoire future” disponible sur Gallica, ou sur le le site de la Médiathèque Gabriel Tarde, de l’école nationale d’administration pénitentiaire (où la quasi-totalité de l’oeuvre, littéraire et sociologique, de Tarde, est disponible).
“Les Géants chauves” (version PDF du texte de la Revue Bleue) datent de 1892 et semblent pouvoir être compris comme une satire des rêves physiognomonistes de la fin du XIXe siècle.
Dans cette nouvelle, un médecin entreprend d’améliorer l’espèce humaine, en moulant les crânes:

vers cette époque, le docteur devint père, et père d’un gros garçon qui regarda si sottement (…) qu’il fut jugé idiot à l’unanimité. (…) Aussitôt, et nonobstant l’opposition de sa femme, qui heureusement mourut des suites de ses couches, il entama son travail de transfiguration mentale. Son premier soin fut d’emboîter dans un moule hémisphérique en acier, d’apparence militaire, la tête du nourrisson.

Ce travail fait pousser sur la tête du fils des bosses (la bosse du calcul et celle du jeu), ce qui fait de lui le plus grand chef militaire du monde : il envahit l’Angleterre. Rapidement, le moulage des crânes — qui rend les gens chauves mais savants — est appliqué à la population toute entière (Tarde utilise là sa théorie de l’imitation: selon lui, l’envie d’imiter est à la base des comportements sociaux), ce qui crée des scientifiques, des peintres, des avocats… malheureusement tous stériles. En une génération, l’humanité meurt.
Tarde termine alors son texte ainsi:

Le genre humain ne disparut pas sans retour. Quelques crétins (…) osèrent se montrer après la mort définitive des hommes chauves. Ils formèrent, étant Auvergnats, des familles nombreuses, et peu à peu le monde s’est repeuplé.

Le rôle de Gabriel Tarde dans la sociologie française est plus important qu’il n’apparaît à première vue: c’est en grande partie contre les théories “molles” du petit juge de Sarlat qu’Emile Durkheim développe les fondements d’une sociologie rigoureuse (et, pour l’anecdote, c’est Tarde, alors chef de la statistique au ministère de la justice, qui fournira à Durkheim les données lui permettant d’écrire Le Suicide).

Une invitation à Gmail

J’ai une invitation au mail par Google, Gmail. Qui la veut ?

mise à jour : voir http://isnoop.net/gmailomatic.php