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Archives de la catégorie : 'Université'

Paris 8 : revue de blogs

(Une liste des blogs de Paris 8 est tenue à jour ici)
DirtyDenis observe l’affluence à la bibliothèque universitaire :

Il suffisait, en tout cas, en ce lundi après midi, de constater l’affluence dans les salles de la bibliothèque universitaire de Paris 8, cette université installée de force au milieu de la Seine-Saint Denis et qui a pris tant de temps pour ressembler à la population qui l’entoure, laquelle sait d’où elle vient et ce qu’il lui en a coûté d’être là, et n’a aucunement l’intention de faire les frais des stratégies successorales de l’UNEF, pour tirer une conclusion irréfutable : si l’étudiant manifeste le peuple, lui, a voté.

A l’opposé Elentica fait part de son implication grandissante dans la mobilisation :

De mes nouvelles, impliquée dans la lutte contre le CPE et la précarité des jeunes face à l’emploi, je passe mon temps dans les forums, les débats, dans les assemblées générales. Je mets les cours un ptit peu de côté. Beaucoup de fatigue, de stress et toujours un sommeil très léger voir inexistant depuis 4jours…C’est pénible. J’ai passé un bon weekend même si je suis montée sur pile en ce moment, entre la grève, mon chiri qui passe un entretien pour une école mercredi et que je dois soutenir moralement (car il part défaitiste) et puis mes insomnies, je vois ma vie défiler à 100km/h…Qu’importe!

Des Etudiants en histoire de Paris 8 ont créé leur blog (mais pourquoi donc ont-il choisi over-blog… pire que le 20six de feu Phersu…)

Ce blog est un outil des étudiants en Histoire de Paris 8. Il a pour mission de communiquer des infos sur la mobilisation étudiante contre le projet de loi instituant notamment le Contrat Première Embauche (CPE) et surtout , c’est un lieu de partages et de débats autour de cette question.

Photo d’une assemblée générale, hier 13 mars, vers 14h :

En anglais, Nasar1128 fait part de sa colère :

the students are on strike so some of the University of Paris locations were blocked off this past week and no classes were held. but i didn’t know this and still went to class Friday afternoon, all the way to Saint-Denis, in the banlieues, only to find out that my professor wasn’t there and all the chairs were taken out of the classroom. so yeah…a WASTE of 2 hours commuting (1 hour each way, approximately). and line 13 smells.

Grèves et CPE : Paris 8

Quelques informations sur la situation à Paris VIII (Vincennes – Saint-Denis), le lundi 13 mars 2006. L’université a été fermée (par la présidence) samedi et dimanche, sera-t-elle ouverte aujourd’hui lundi.
Certains séminaires prennent les devants :

[CPL Semin] conf Dell/Aroui, 13 mars
MESSAGE IMPORTANT! en cas de blocage (cf. mouvement anti-CPE) de l’entrée principale de l’Université Paris 8 le lundi 13 mars, rendez-vous des participants au seminaire UMR 7023 à 9h30-40 dans le hall du metro

SensInterdit se demande :

Open or not open? (…)
Enfin ca montre que la présidence de l’université Paris 8 n’en a rien a foutre de ce que pensent les étudiants, tout ce que j ai vu c est des vigiles partout, aucune discussion et un dénigrement total du mouvement (allant jusqu’a fermer totallement l’université pour le week-end.
Paris 8 (Vincennes, Saint Denis) était quant même historiquement une des universitée les plus à gauche, vivantes et réactives. Maintenant c’est quand même bien ancré à droite.

La phototheque.org du mouvement social que signale AntoineD propose une photo des étudiants de Paris 8 manifestant le 7 mars dernier (par Wasegr) :

Un blog tenu par des Roumains de France / Romani din Franţa, dans un billet intitulé “Qui d’entre vous connaît la situation d’aujourd’hui en France” :

Pentru informarea voastra, aici oamenii (macar unii dintre ei) au obiceiul sa se stranga si sa distruga cladirile universitatilor.
Cei pe care ii vedeti aici in fata Universitatii Paris 8 nu sunt veniţi pentru a se ingramadi la cursuri din sete de cunoastere, ci pentru a baricada intrarile in Universitate si pentru a interzice accesul personalului si al profesorilor. Marfa, nu?
Ai nostri studenti mai au mult de invaţat.
Din pacate nu am imagini sa va arat exact cu distrugetile provocate, dar puteti sa ma credeti pe cuvant….

(trad. très approximative : pour votre info (…) ces personnes en face de l’université Paris 8 ne sont pas venues suivre des cours, mais bloquer l’entrer de l’université et en interdire l’entrée au personnel et aux professeurs.)
Continuons dans le plurilinguisme avec une remarque de Points Cardinaux, un étudiant américain à Paris :

My classes are cancelled for the second week in a row. And, for the benefit of those of you that can read French, I received this bit of spam on a class email list:
Camarades,
Chaque jour, la mobilisation pour exiger le retrait du contrat première embauche grossit. Les étudiants de l’Université Paris 8 participent à cette mobilisation (vaut mieux tard que jamais). Le CPE est une attaque contre les jeunes, on veut leur apprendre à vivre dans la précarité et on profite du fait qu’ils sont jeunes pour réduire leurs droits. C’est un contrat pour l’exploitation, c’est de la main d’oeuvre gratuite. La première solution pour répondre aux besoins des jeunes serait de leur garantir la sécurité de l’emploi. Des manifestations sont prévues pour le 16 et 18 mars. L’arrêt temporaire des cours ne signifie pas “vacances” donc il faut que l’on soit encore plus nombreux à ce mobiliser face à ce contrat qui n’est autre qu’une discriminaton anti-jeunes.

Call me a lazy ignorant American, but I feel like this is a bit extreme considering the circumstances. These protests aren’t about people dying in Vietnam or Darfur, or about discrimination based on race, gender, or sexual orientation (and the age discrimination argument just doesn’t really feel that compelling)

(mises à jour probables dans la journée)

Blocage de l’université, informations.

Informations variées :

mise à jour :
Message de la présidence de l’université Paris 8
Aux membres de la communauté universitaire,

Jusqu’à aujourd’hui, nous avons pu maintenir l’Université ouverte en dépit de problèmes sérieux, dans le désir d’assurer, quoi qu’il en coûte, le maintien du service public d’enseignement supérieur. Cette conduite continuera de nous animer, la semaine prochaine, dès
lundi.
En revanche, les difficultés en matière de sécurité relatives au week-end nous conduisent à fermer l’Université Samedi et Dimanche. Nous regrettons ce désagrément pour ceux des enseignants qui devaient faire cours le samedi ainsi que pour les utilisateurs de la Bibliothèque Universitaire.
En tout état de cause, l’Université sera ouverte dès lundi matin, pour que ceux qui le désirent puissent continuer à travailler.
La Direction

Un article de 20minutes sur le pillage de l’UFR5 de Paris 8, d’où est tirée la photo suivante :

Un message de Alter P8, sur le blog paris8.mabulle.org

Un Message du département de sociologie invitant les étudiants à commenter.

Une prise de position du département de géographie de l’université Paris 8

Le département de géographie de l’Université Paris 8, réuni le jeudi 9 mars au matin :
– exprime sa solidarité avec les personnels enseignants et non enseignants de l’UFR 5, suite aux récents vols et dégradations dont elle a été victime ;
– souhaite que la surveillance des locaux soit correctement assurée
– demande que le matériel ayant disparu soit remplacé dans les meilleurs délais, sans préjudice pour le budget de l’UFR 5 ni pour celui de l’Université, partant du fait que l’État est son propre assureur.
Voté à l’unanimité moins deux abstentions

Aujourd’hui vendredi “pourait être annoncée une table ronde le matin autour d’une approche comparative de la montée de la précarisation dans les pays les plus industrialisés. Cela suppose que des enseignants se proposent pour y intervenir. De la même façon, l’aprèsmidi pourrait être proposé une table ronde auutour des effets de la précarisation sur le rapport des individus à la société (ou de la dislocation du lien social). là aussi, demande est faite aux enseignants de bien vouloir se proposer” (extrait d’un mail de F Castaing)

Un billet sur le blog histoire sans fond… :

Aujourd’hui manif’ sauvage contre le CPE…
Moi qui n’était pas partie pour m’engager, c’est raté!
Après être venue pour rien à la fac, j’avoue avoir eu du mal à partir tant le mouvement était prenant!
J’ai donc participé au blocage de ma fac (de toute façon les enseignants étaient en grêve, donc vraiment aucun scrupule)… Et pris part au mouvement qui a suivi.
Je suis donc à Paris 8. L’une des facs “jeunes” de Paris, l’une de celles qui bougent le moins… Nous devions être 200 à 250 en partant de St Denis pour une direction pour le moins indéterminée dans Paris.
la suite…

Un autre billet sur le blog de Cricri Nousland :

Franchement, les A.G. c’est tip top, ça permet de bien discuter avec ses voisines et collègues…tous dans la même galère, fac boquée, tout le monde gueule, on s’organise, on se solidarise, et surtout on parle avec des gens qu’on n’avait pas pris le temps de connaitre avant!
Et bien ce que je vais retrenir de cette matinée, en dehors du fait que la fac Paris 8 a reconduit la grève et organise des séminaires et des débats en vue des prochaines actions, c’est que les vous êtes tous les mêmes!

Des questions de Kareen sur paris8.org :

La Fac le désert! (9 mars 2006)
Désolation!
Aujourd’hui, la fac était vide, toutes les portes de l’université étaient closes à l’exception d’une porte à l’entrée. Toutes les salles bâtiment A fermées, la bibliothèque fermée.

mise à jour :
Un commentaire mi-figue, mi-raisin d’une étudiante américaine, One Little Film :

On Wednesday when I went to my University there were huge spray-painted letters on the building, “PARIS 8 NON AU CPE”…essentially, since they couldn’t participate in the metro-workers, train-workers, postal, or journalist strikes, the students felt they should have one of their own. Okay, I’m cruel, but striking is fricking the national pastime here. (…) The fact that one could actually be fired is extremely difficult for French people, who think of a job (even at 22 years old) as a sort of lifetime contract, to grasp.

Blogs d’étudiants de Paris VIII

(Une liste des blogs de Paris 8 est tenue à jour ici)
Un nouveau blog d’étudiante de Paris 8 : ParisBasmati. Extrait :

Vous êtes à Paris 8, le lieu où toute logique s’efface derrière une impression de joyeux bordel, énervant, certes, un peu crade aussi, mais très coloré, gaucho, vaguement hippie et finalement assez drôle.

Un autre aussi : Le blog de Lilia, étudiante de Paris VIII en “infocom”.

Encore un autre : Ilya raconte le blocus de l’université :

Il y a ma fac qui est bloquée. Des tables empilées devant les escalators. Des chaînes bleues énormes sur les portes. Une bande de pseudos rebels qui doivent ruser pour se saper comme des paillassons, avec un regard de bœuf. Ils ne savent que ce qu’ils font mais pas pourquoi ils le font. Ils sautillent sur place en distribuant des tracts. (…)

Il y a un prof qui a pris la parole et je me suis surprise à l’applaudir. Avec le recul je me suis sentie conne. Il avait beaucoup de charisme mais niveau contenu il a dit : « Les moyens que l’on utilise aujourd’hui ne sont pas les bons, ça va pas changer grand-chose mais ce qui compte c’est de faire quelque chose.” Et moi j’ai applaudi comme une conne.

Paris8.org, une initiative d’étudiants en sciences de l’éducation et une plate-forme de blogs (attention avec la confusion avec l’université !). Présentation de l’initiative sur paris8.mabulle.com.
Rappels : étudiants bloggeurs de Paris 8 (1), et étudiants bloggeurs de Paris 8 (2).

Mise à jour du 9 mars 2006 : Paris 8 est toujours une “fac bloquée” aujourd’hui. Et un autre blog d’étudiante de l’université de Saint-Denis en parle, Elentica :

Paris 8 bloqué
Saint denis université, (paris 8) bloqué…Je me léve a 9h, me coltine une bonne heure de trajet, j’arrive et…surprise… le hall de la faculté envahit, “musique” rap (hmmm) à fond la caisse, (ou sont les debats?..), et l’accés aux escalators bloqués…Super…Demi tour…et youpi c’est reparti, saint denis université-place de clichy, place de clichy-charles de gaulle étoile, charle de gaulle étoile-chatou croissy. Oui je suis contre le CPE, mais je suis contre le blocage des facultés !

Du nouveau sur revues.org

Les Archives de sciences sociales des religions entrent sur Revues.org le portail de revues universitaires française (juste à temps pour l’inauguration du CEDEL par mon ancienne directrice de thèse, appelée depuis à de plus hautes fonctions. Pour une fois, et enfin, un bon nombre d’articles sont accessibles en version PDF (au contraire, malheureusement, de la revue Terrain qui est, très étrangement, privée sur internet de ce qui fait en partie sa force papier, sa mise en page et ses illustrations).
J’avais écrit un article pour les Archives, Politiques de l’alliance, sur la création, au XXe siècle, d’un rite des fiançailles catholiques… Petit problème ce soir, l’article n’est pas accessible, mais un très joli message d’erreur l’est :

Warning: filesize(): Stat failed for docannexe/fichier/2468/coulmont.pdf (errno=2 – Aucun fichier ou répertoire de ce type) in /data/www/revues/lodel-0.7/scripts/func.php on line 429

Ouch ! (Mais d’autres articles, plus récents et probablement plus intéressants, sont accessibles).mise à jour : tout est réparé.

Violences urbaines et sociologie

Les événements, émeutes, violences… qui ont eu lieu le mois dernier se sont en partie déroulés à proximité relative de l’université Paris VIII (sise à Saint-Denis, au nord de Paris) et parfois à proximité des étudiants. Claire Lévy-Vroelant, professeure de sociologie, s’est servi de son cours de licence — qui porte sur les politiques du logement — pour demander à ses étudiants des réactions. Certains des textes auxquels ce cours a donné naissance viennent d’être mis en ligne sur le site du département de sociologie : Sociologie des événements.
Le but de C. Lévy-Vroelant est de diffuser et poursuivre une discussion : les commentaires sont ouverts sur le site du département.

Le statut de tels textes, dont la publicité est favorisée par la communication électronique, n’est pas encore stabilisé. Stéphane Beaud s’interrogeait déjà, dans le livre co-écrit avec Younes Amrani, Pays de malheur, sur le texte produit par l’informateur et co-auteur…
mise à jour : La « racaille » et les « vrais jeunes ». Critique d’une vision binaire du monde des cités, par Stéphane Beaud et Michel Pialoux, sur liens-socio.org

Journalistes en banlieue

Des journalistes de l’hebdomadaire suisse L’Hebdo se sont installés en “banlieue”, à Bondy plus particulièrement. Dans un billet récent, ils parlent de l’université Paris 8, où j’enseigne, et le titre est éloquent Sortir de la fac Paris 8, c’est pointer direct au chômage… Cette phrase semble être une citation d’un étudiant et pas le résultat d’études statistiques, mais cela donne bien le point de vue de certains des usagers.
Dans la suite de mes billets sur les blogs d’étudiants de Paris 8, en voici quelques autres :
Bouger !, de A. D. photographe et étudiant,
Paris8, d’une étudiante en sciences de l’éducation.

Deux poids deux mesures

Emeutes urbaines, dégradations, CRS blessés, jets de projectiles, jeunes, sous l’influence d’un Dieu étranger… Rassurez-vous disaient hier tous les présentateurs des journaux télévisés : ça se passe dans le centre ville de Grenoble, les CRS ne sont que “légèrement” blessés, les projectiles étaient des bouteilles de vin, les jeunes étaient “des étudiants” et le Dieu étranger était finalement bien français : Bacchus…
Grenoble et le Beaujolais au journal télévisé (fichier Quicktime, .mov)

Du coup, pas d’experts autoproclamés pour postuler que leurs parents sont polygames, pour demander leur expulsion de France, ou pour expliquer je ne sais quoi à l’aide de je ne sais quoi : non, juste du chahut urbain, de la “viande saoule”… Une jeune fille essaie de justifier tout cela en disant que c’est “une tradition française” (?), une dame plus âgée que ça n’a rien à voir avec la banlieue (rassurez-vous…).
Quelques blogs en parlent : Romain L. de Grenoble ; un blog xénophobe d’extrême droite ; le normalien (ou un homonyme) Guillaume Cingal ; un étudiant de Grenoble et enfin une étudiante de Grenoble

La rédaction de CV

Ce billet n’a qu’un intérêt local et il est destiné avant tout aux candidats aux postes de maître de conférences, qui doivent, pour être recrutés, envoyer aux universités un dossier comportant notamment un CV. [La procédure de recrutement est à la fois étalée dans le temps : il faut tout d’abord être “qualifié” par une ou plusieurs sections du Conseil National des Universités, ou CNU ; puis attendre la publication des postes au Journal officiel et finalement très rapide : il faut envoyer en quelques jours un grand nombre de dossiers aux universités afin d’obtenir une audition]
Mon élection récente à la “commission de spécialistes” du département de sociologie de Paris 8 m’a fait découvrir l’envers du processus de sélection : les rapporteurs n’ont que très peu de temps pour examiner les dossiers (qui sont réduits, heureusement à une liste de documents requis) et chaque élément permettant d’accélérer l’examen des dossiers est valorisé.
La rédaction des curriculum vitae est donc très importante : et c’est un CV spécifique qu’il faut produire pour ce recrutement, pas la reproduction d’un CV “passe-partout”. Le Journal Officiel précise — à chaque fois que les postes sont publiés — qu’il faut :

un curriculum vitae donnant une présentation analytique de la thèse, des travaux, ouvrages, articles, réalisations et activités en mentionnant les travaux qui seront adressés [si les candidats] sont convoqués pour l’audition ;

Sur la petite vingtaine de dossiers que je devais rapporter, un nombre étonnant faisait le contraire de ce qui est — dans l’optique d’un examinateur — évident. Tout d’abord, un seul mentionnait les “travaux qui seront adressés” en cas d’audition (alors que c’est précisé par écrit dans le JO… et c’est simple à faire : une petite liste en fin de CV…) : Ah, il y en a un-e qui suit ! a-t-on envie de dire. Mais qu’est-ce qui semble “évident” ? Quelques conseils :

1- n’utilisez d’acronymes ou de sigles que si vous les explicitez : UPMF (université Pierre Mendès France de Grenoble), “dans le cadre de l’UFR 8” (est-ce une UFR de sociologie, de sciences humaines, de gestion ???), “qualifié par la section 32 du CNU” (il y a une cinquantaine de sections au moins : à quoi correspond le n°32, ne pensez pas que le rapporteur les connaisse toutes par coeur). De même qu’est-ce que le CEMIM ? le GEDIPA ? l’UMR-CNRS 3578 ? Vous devez préciser.
Utilisez des agrafes, vérifiez l’orthographe.
N’utilisez pas de polices de caractères trop originales ou ésotériques ; et de police “sérieuse” n’en utilisez qu’une : la lecture doit être simple – évitez de tout écrire en police de taille 8, c’est trop petit. Evitez le soulignage (l’italique suffit, les caractères gras à la limite si cela apporte de la structure)
Vous avez été étudiant : dans quelle université : “1995- licence” ne suffit pas : département, diplôme, université (et pas seulement son nom, sa localisation et son pays peuvent être importants, please). Le CV doit être structuré : utilisez des titres, des indentations, des interlignes… (mais pas de petites “bullettes en 3D” genre powerpoint)

2- vous avez enseigné : alors indiquez le nombre d’heures totales pour chaque année, indiquez l’université, l’IUT, l’école… où vous avez enseigné, précisez les disciplines (sociologie ? sciences de l’éducation ? anthropologie), le titre du cours. Quelque chose comme “2004-2005, sociologie en licence” ne suffit pas.
Ne trichez pas : si vos fonctions d’ATER se sont terminées, ne prétendez pas que c’est votre “fonction actuelle”.
Soyez précis dans les statuts occupés : PRAG, ATER plein, demi-ATER, monitorat, vacations… (et quand vous les avez occupés : septembre 2003 – août 2005, c’est plus précis que 2003-2005).

3- vous avez “publié” : alors hiérarchisez. Une autopublication chez un certain éditeur a moins de poids qu’un bel article dans une revue de premier plan. Une étude du CNRS sur les revues centrales en sociologie est disponible (ce n’est pas un point de vue définitif et c’est une liste critiquée, mais c’est une bonne liste de revues scientifiques reconnues par la profession). Rien ne sert de lister une dizaine de “publications” si les rapports de recherche, le mémoire de maîtrise, un compte-rendu dans une petite revue mineure, et un article dans une bonne revue connue à comité de lecture… sont classés par ordre chronologique sans que l’on puisse distinguer le travail scientifique de la commande administrative. Comment hiérarchiser :
    1- les ouvrages
    2 ou 3- contributions à un ouvrage collectif (entrée dans un dictionnaire, chapitre dans un ouvrage de synthèse… idem)
    ou alors 3 ou 2- articles dans une revue à comité de lecture (et évitez de considérer qu’une revue que vous avez montée avec l’un de vos camarades dispose de ce genre de comité)
    4- actes de colloques
    5- valorisation de la recherche, rapports de recherche…
Faites très attention au titre de la revue : j’ai vu des erreurs sur certains titres (une revue connue devient ainsi une feuille inconnue et le-la candidat-e passe au mieux pour une tête de linotte : rappelons donc ici que “Sociétés contemporaines” — une revue française de sociologie publiant principalement des dossiers thématiques –, “Sociologie et sociétés” — une revue canadienne –, “Actes de la recherche en sciences sociales”, “Archives de sciences sociales des religions”, “Education et Sociétés”… sont au pluriel en partie ou en totalité… alors que “Droit et société” est au singulier. Société est une revue canadienne dépendant de l’université du Québec à Montreal ; Sociétés est la revue maffesolienne française). Pourquoi ne pas penser à indiquer l’ISBN pour des revues au titre très très commun, et surtout commun à plusieurs revues ?
Quand vous hiérarchisez, vous montrez que vous connaissez les modes de classement, les “taxinomies indigènes” du monde auquel vous souhaitez être agrégé. Ne pas hiérarchiser laisse supposer un défaut de socialisation universitaire : cela vous dessert (pour prendre un exemple, c’est un peu comme un étudiant de maîtrise qui prendrait un manuel pour un ouvrage théorique… ça fait tache). Refuser d’objectiver les différences entre vos publications au prétexte d’un refus des conventions… n’est pas une stratégie gagnante ici.
Indiquez les pages de début et de fin de l’article (un article de 2 pages et un article de 50 pages n’auront pas le même “poids”).
N’inventez pas de publication, ça se voit trop. Ne mentionnez des articles “à paraître” que si vous donnez le titre de la revue où ils sont à paraître. Mieux : mentionnez le numéro et l’année en plus du titre de la revue où il paraîtra. Évitez de mentionner des articles “soumis” qui se trouveraient actuellement dans les limbes du comité de lecture ou en voie de réécriture avant acceptation : tout le monde peut soumettre des articles, ce n’est pas un critère de classement… Si vous voulez mentionner vos recherches en cours, il y a une rubrique pour cela.

4- Classé-e 1er ou 1ère au DEA, allocation de recherche, bourses de thèse… indiquez-le (et pas tout au bout d’une présentation détaillée, comme si c’était annexe). J’ai pu voir un dossier où une bourse internationale de recherche n’était mentionnée qu’en passant, le thème de la recherche jamais précisé alors que le candidat (la candidate?) avait obtenu cette bourse et que le thème avait des chances d’être en lien avec le poste auquel il/elle postulait… ce qui est fort dommage pour un dossier de candidature à un poste d’enseignant-chercheur. (Le problème venait du simple réemploi, sans mise à jour, d’un morceau de CV utilisé l’année précédente : un peu de bon sens, voyons !).
Vous faites partie d’un contrat de recherche (de l’Union européenne, d’un ministère quelconque…) : à quel titre ?
Vous avez obtenu une bourse d’un organisme quelconque (dont vous avez explicité le sigle, bien entendu) : quel était le montant de cette bourse, et portait-elle sur 3 mois, un an, trois ans ?
Un “post-doctorat”? notion floue en France : statut rémunéré ? non rémunéré ? dans quel cadre, quelles fonctions occupez-vous. Idem si c’est à l’étranger.

5- certain-e-s candidat-e-s sont présents sur internet : page sur leur laboratoire de rattachement, articles en ligne, communication à des colloques. Les rapporteurs ont rarement la possibilité matérielle d’y jeter un coup d’oeil et doivent de toute façon se contenter du dossier fourni : mais s’ils y jettent un coup d’oeil, il ne faudrait pas que les informations fournies par le dossier et celles que l’on trouve sur internet soient très différentes. Si un article est “à paraître” sur une page internet de 2003 et qu’il est toujours, fin 2005, “à paraître”, c’est un peu étrange. Contrôlez, dans la mesure du possible, ce qui est dit sur vous sur internet (surtout quand vous en êtes responsable)

6- en bref, le CV qu’on vous demande n’est pas une présentation embellie de vous-même — vous aurez à vous “vendre” lors de la constitution du dossier préalable à l’audition et lors de l’audition — mais bien plutôt une sorte de présentation objectivée (mentions au DEA par exemple — et même si l’inflation de très très honorables avec les félicitation de tout le jury à l’unanimité… en limite l’utilité pour la thèse il faut le mentionner — , nombre d’heures enseignées, articles sérieux, thèmes de recherche actuels).

7- “présentation analytique” est-il demandé dans le JO. Certains candidats — presque tous — préfèrent produire deux CV. L’un classique, plutôt sur le modèle d’une liste non rédigée. L’autre rédigé comme un projet de recherche. Parfois très long, très très “analytique”, très peu “présentation”, plutôt “dissertation” : gardez en tête que le rapporteur a peu de temps. Synthétique, c’est toujours mieux. Faites attention, si vous faites 2 CV, à y mettre les mêmes informations : si certaines ne sont mentionnées que dans un CV et pas dans l’autre, ça fait du travail en plus pour le rapporteur.
Dans la partie “analytique” du CV, on peut parfois lire des projets de recherche très construits, un peu sur le modèle administratif des “rapports quadriennaux” des laboratoires de recherche, où différentes équipes sont associées à différents “axes thématiques” (c’est le jargon)… C’est un peu étrange de retrouver cela presque identiquement dans le projet d’un individu, comme si la personne était un résumé du groupe-laboratoire et se diffractait, depuis un point administratif central, en axes thématiques. Soyez modestes dans les possibilités de vous diviser à l’extrême : vous aurez, si vous êtes retenus, à gérer certaines tâches administratives — emplois du temps, relations internationales, équivalences… — qui prendront du temps sur au moins trois des quatre “axes thématiques” très larges et très flous que vous proposez.
Faites attention aux thèmes de recherche que vous évoquez : la commission tiendra bien plus compte des recherches déjà avancées (visible à travers des participations à des séminaires de recherche ou des colloques) que des simples annonces de “projets” qui se trouveraient par miracle “en phase” avec le profil du poste.

L’examen des dossiers se fait suivant une grille de lecture (qui va varier suivant chaque université, mais qui va de toute façon s’appuyer sur les éléments les plus objectivés disponibles) qui doit permettre au rapporteur d’exposer de manière synthétique le candidat au cours d’une réunion… et il y a en général une centaine de candidats : si une bonne synthèse structurée est faite par le candidat… il y a de grande chances pour que le rapporteur produise une bonne synthèse structurée et convaincante du dossier… et donc mieux vous défendre.

J’ai essayé de proposer ici des conseils de bon sens, à partir du travail de rédaction de rapports que j’ai eu à faire en tant que membre d’une commission de spécialistes. Quand on est candidat — et je l’étais il y a peu — on ne réfléchit pas avec le rapporteur en tête : j’ai tenté ici de mettre en lumière les contraintes du travail de rapporteur et certaines des manières dont vous disposez pour alléger ces contraintes. Bien entendu ces choses ne sont pas requises explicitement et si vous voulez tout écrire en sigles incompréhensibles tout en laissant croire que votre maîtrise a autant de poids pour vous que votre article dans la RFS, allez-y…

Pour aller plus loin, vous consulterez :
Note aux candidats à la qualification (section “informatique” du CNU)
Fiche de la section 19 (sociologie, démographie) du CNU (avec conseils aux candidats)
Ces liens renvoient vers des conseils utiles lors de la phase de qualification, préalable à l’envoi des dossiers aux universités. D’autres conseils seraient les bienvenus : vous pouvez laisser des commentaires.

Marsyas, maître de conférences dans une université à l’Est de Paris commente :

Je n’ai qu’un conseil à rajouter : se faire relire si possible par un membre d’une commission de spécialistes dans sa discipline, et de préférence par quelqu’un d’autre que son patron de thèse qui ne peut être objectif. C’est évidemment indispensable pour la présentation orale mais j’en viens à penser que cela peut également être très utile pour le CV et la lettre de présentation de la candidature.

mise à jour : un texte de Régine Bercot : Le fonctionnement d’une commission de spécialistes sur le site de l’ASES (Association des sociologues enseignants du supérieur).

Pour commenter cliquez ici ou ci-dessous :

Lettres sur les Etats-Unis d’Amérique

Vers 1832, Jacques Benjamin de Saint-Victor relate son voyage aux Etats-Unis, dans des lettres réunies en un volume imprimé à Lyon et acheté par le régent de l’université du Michigan qui en fait dont à la biblothèque locale qui le prête un moment à la Googlemachine qui le scanne et le met en ligne sur googleprint : Lettres sur les Etats-Unis d’Amérique, par J.B. de Saint Victor.
L’ouvrage est entièrement indexé, et entièrement lisible sur internet. Que dit donc l’auteur sur la bonne ville de New York : une “Babylone”, une “espèce d’archétype d’après lequel on peut se faire une idée exacte des grandes villes de l’Union”. On y trouve quelques description peu flatteuse du méthodisme (alors en pleine croissance)…

Que l’on considère donc le méthodisme dans son ensemble, on verra que le protestantisme n’a jamais produit de système religieux plus facile à mettre en pratique, par conséquent plus populaire (…)
de Saint-Victor, p.146

Il semble que, pour l’instant, les ouvrages postérieurs à 1850 ne soient pas entièrement lisibles (seuls des extraits sont disponibles… ce qui devrait quand même permettre fort à propos à Phersu de multiplier — si cela est possible — d’impossibles citations rares d’auteurs oubliés).
Enfin, les fous de Napoléon pourront lire Les Bonaparte et leurs oeuvres littéraires (sans aucun doute inoubliables), un ouvrage de 1845.