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Archives de la catégorie : 'Université'

Joies perverses

Deux étudiantes de Paris 8, par ailleurs membres du “Comité pour une validation équitable“, relaient dans leur blog la création d’un journal local, ayant pour titre Saint-Denis News.com. Un journal qui promet, sur son site internet “indépendance, satyre et investigation”…
J’en redemande. Surtout des Satyres… on en voit trop peu en ce moment. De la satire, heureusement, ce journal n’en propose pas, mais bel et bien de bons vieux Satyres, un peu pervers-pépères, avec l’imperméable et l’oeil nécessairement torve.

Satyrique à souhait, SaintDenisNews.com se voudra d’être aussi une véritable plateforme de journalisme d’investigation.

On sait déjà où l’investigation du créateur de ce journal se portera, non ? Une comparaison des correcteurs d’orthographe ?

Sociologie et blogs.

En 2003, peu de sociologues francophones s’étaient emparés d’internet pour tenter de diffuser leurs travaux, ou, plus modestement, des morceaux de réflexion. Je n’avais trouvé qu’un seul blog.
Depuis quelques semaines, il y en a un peu plus. Sébastien Fath, mentionné il y a quelques semaines, suivi par Yannick Fer (membre comme moi du CEIFR) — deuxième billet, une présentation de son terrain — , et Fabrice Desplan, docteur en sociologie. Tous trois étudient principalement des églises protestantes (évangéliques, pentecôtistes ou adventistes).
Fabrice Fernandez (ATER à l’université du Havre) se concentre sur la sociologie de la “déviance” et de la “santé mentale” (il inaugure son blog par ce billet : “De la déviance à la santé”).
Déjà mentionné ici, Contrebande, qui a choisi un anonymat relatif, cherche encore sur quoi chercher (il est plus jeune).
Jacques Delcourt (apparemment professeur émérite à l’université catholique de Louvain) débute tout juste…
D’autres blogs ? (laissez un commentaire)

mises à jour : QueerLinguistick, le blog d’un doctorant, dont la thèse porte sur l’humour gay… Sociologie ou anthropologie ?
socio-strasbourg.org, étudiants en sociologie de Strasbourg (un spin-off de laurent-haberkorn.info)
Tentative, blog d’un doctorant à l’université Bordeaux 2
Véronique Altglas, sociologie des religions.

Sociologue et freakonomie

Après Sébastien Fath, c’est ContreBande, étudiant-sociologue anonyme, qui rejoint le troupeau. L’un de ses premiers billets inaugure une comparaison entre sociologie et économie, à partir des Freakonomics de Steven Levitt : “[P]our le sociologue, ce sont d’autres problèmes qui se posent. Levitt est l’exemple même de l’offensive économique dans les sciences sociales.”
L’auteur de ContreBande se présente comme un “Etudiant en sociologie, option incertitudes”, mais aussi immédiatement comme un “jeune chercheur qui veut dissimuler ses lacunes” — faute de dissimuler entièrement son identité… [un anonymat qui me rappelle celui de M Le Maudit ou de feu Phersu ou de feu Marsyas (on ne sait pas pourquoi il a disparu, d’ailleurs)]

Paris 8 fermée pendant quinze jours…

A l’université de Vincennes à Saint-Denis (Paris VIII), la technique du “blocage” étudiant n’a pas vraiment fonctionné. Deux jours depuis début mars, si je compte bien. L’université est restée ouverte, et plus ou moins vide, depuis les débuts des mobilisations étudiantes contre le CPE. Les quelques amphithéâtres servaient de lieux d’assemblée générale, la bibliothèque de centre d’information (le personnel avait organisé un service de presse et d’aide matérielle). Les cours étaient plus ou moins “suspendus”, transformés en “modules transversaux” ou maintenus suivant les horaires et les enseignants (sauf dans certaines disciplines, comme le droit, où tout a continué sans interruption, apparemment).
Le président de cette université aux origines “gauchistes”, c’est Pierre Lunel, juriste mais c’est surtout l’auteur d’ouvrages comme Les guérisons miraculeuses, Soeur Emmanuelle, secrets de vie ou encore L’abbé Pierre, insurgé de Dieu ou, mieux encore, Bob Denard, le roi de fortune… (sur le mercenaire français spécialisé dans les coups tordus en Afrique). Ordre et compassion semblent être à la base de ses prises de position publiques. (Voir une liste plus complète de ses ouvrages plus bas).
Il a décidé unilatéralement de fermer l’université pendant plus de quinze jours : les centres de recherche, les laboratoires, les bureaux… et la bibliothèque sont inaccessibles. Plusieurs dizaines d’étudiants préparent des concours (le CAPES notamment), plusieurs centaines des mémoires de master ou de thèse, qui ont besoin crucial de la bibliothèque. Plusieurs dizaines d’enseignants-chercheurs ont leurs bureaux dans les locaux de l’université. Des procédures de recrutement de nouveaux enseignants nécessitent l’examen de dossiers qui se trouvent à l’université… etc…
De plus, l’annonce de la fermeture s’est faite par e-mail, sans annonce publique (le site de l’université est muet, je l’ai donc placée sur le site du département de sociologie, heureusement mis-à-jourable depuis l’extérieur), et à effet immédiat. Certaines personnes, alors dans l’université, relatent ainsi cette fermeture :

Il est 16h30 heures et Paris8 est en train d’etre évacué par les vigiles avec sirène d’évacuation
Le mail de la présidence vient de tomber après le passage des vigiles…
source : Misol, avec une photo des vigiles.

Vu d’ailleurs raconte aussi le blocage présidentiel et l’étrange “maladie” du président Lunel.
Les réactions à cette fermeture sont nombreuses… Un de mes collègues du département de sociologie, dans une lettre au président, écrit notamment :

Une telle décision de fermeture, sans concertation avec les conseils et les directeurs d’UFR, tend par ailleurs à renforcer l’idée que nous sommes gouvernés d’une manière autoritaire, sans respect des principes élémentaires de la démocratie, sur des enjeux qui nous concernent au plus haut point. Précisément ce que nos étudiants ont ressenti à propos de la loi sur le CPE.

Une autre de mes collègues écrit :

Les conseils n’ont pas été consultés, les personnels et les usagers non plus. La nature de vos craintes reste obscure. Quelles sont vos “raisons draconiennes de sécurité”? Quels désordres pensez-vous éviter en fermant l’université? Avez-vous mesuré la désorganisation que vous provoquez ?
Il est clair que votre décision n’est pas sans conséquence. Elle porte d’abord préjudice à tous ceux qui s’investissent dans l’université et qui ont besoin des moyens qu’elle met à leur disposition. Etudiants et personnels, vous nous privez de notre lieu de travail.

Les prises de position collectives et les actions devraient être présentées sur Vu d’Ailleurs (dont les rédactrices font aussi partie d’un Comité pour une validation équitable, une forme intéressante de mobilisation collective).

Pour en savoir plus, la bibliographie de Pierre Lunel :
L’abbé Pierre, une vie (2006), Un bébé, s’il vous plaît ! : démons et merveilles de la procréation assistée (2004), Les nouveaux rois mages : rencontre avec des êtres de lumière qui nous aident à vivre (1998), Les mystères de Rome : roman (1996), Mes images de bonheur, de misère et d’amour, (avec l’Abbé Pierre) (1994)… mais aussi une série de romans avec Jean-Paul Franceschini : Caligula (2003), Les dames du Palatin (2001), Poison et volupté : roman (2001)…
(Je n’ai pas trouvé d’ouvrages de droit… ils doivent être bien cachés dans le catalogue de la BnF)

mise à jour : Des étudiants en philosophies de Paris 8 prennent le train en marche et présentent désormais certaines informations sur http://paris8philo.over-blog.com/.

Paris VIII dans Libération

Deux jeunesses se croisent à Saint-Denis titre Libération aujourd’hui (sur une pleine page consacrée à la mobilisation contre le CPE à l’université Paris 8). Mon collègue Charles Soulié y est interviewé :

Paris-VIII est une fac plantée au milieu des quartiers du 93. Son recrutement s’effectue là. En 2001-2002, 29 % de ses étudiants résidaient dans ce département. Mais cette université ne «réussit» pas aux enfants de ce département, écrit Charles Soulié, maître de conférences en sociologie (1). Ils s’évaporent au fur et à mesure de l’avancée des cursus.

Sans transition… Les anglophones s’amuseront certainement de cette description des manifestations françaises (et américaines) par Jon Stewart du Daily Show (vidéo au format Quicktime)

Vivement la fin…

Puisque je suis lancé, je continue cette revue des blogs d’étudiants de l’université Paris 8 (Vincennes – Saint-Denis) autour du CPE. Il faut dire que ces événements m’en ont fait découvrir un bon nombre. Les billets en attente (sur la Pute Pride et sur les mormons à Villepreux) attendront.
Mais commençons par le site de l’UFR4 (rassemblant plusieurs départements : Histoire, Sociologie, Littérature française…), qui est enfin alimenté de manière régulière. Je l’avais mis en place il y a près d’un an, mais la coordinatrice était un peu anxieuse face à l’interface de WordPress. Le peu d’informations disponibles pendant ces dernières semaines l’a incité à publier quelques articles, et depuis, toutes les motions des AG diverses y sont répercutées. Avec même un début de politique de publication :

a rubrique “Actualités” du site de l’UFR4 diffuse les informations relatives aux évènements en cours (concernant aujourd’hui le CPE, mais demain, espérons-le, d’autres actualités).
Les documents diffusés émanent des réunions qui se tiennent au sein de notre UFR. Compte tenu de l’actualité présente, et afin de ne pas surcharger le site, les responsables ont choisi de ne diffuser, pour l’instant, que les documents signés par des collectifs.

Poursuivons ensuite par un reportage photo / radio (un “portfolio sonore“) du Monde.fr : A Paris-VIII, jusqu’au bout contre le CPE, qui montre bien les problèmes posés par la stratégie de la “fac ouverte” : il n’y a personne… On y entend “Vincent, membre du bureau national de l’UNEF”, qui ferait bien de mettre à jour le site de l’UNEF Paris 8 pour tenir ses camarades étudiants au courant de ses activités (ce “Vincent” est probablement Quentin, mais le commentaire reste le même).
Je découvre aussi Vu D’ailleurs, qui fait part de l’apprentissage des manifestations :

Les manifestants font en effet face à de nombreux vols organisés. La technique : s’orner d’autocollants militants et s’immiscer dans les cortèges pour voler en toute impunité. J’en ai fait les frais aujourd’hui mais heureusement je peux dire merci à la dragonne de l’appareil ! En s’éloignant très tranquillement mon voleur bredouille me regarde, presque avec sympathie.

TiteFunambulleu (sic), dans un langage étrange, propose une interprétation mesurée et floue des événements :

bloquer une fac c pas l’top c sûr, ca en énerve certains, en gêne d’autres, maintenant ca fait réagir, c aussi le but, j’dis pas que c ce qu’il y a de mieux mais c ptete tt ce qu’on a trouvé pour s’faire entendre, c triste à dire et j’admet que c pas ce qu’on a fait de mieux

ParisBasmati (déjà citée il y a quelques temps) raconte aussi une de ses manifestations :

C’était un jour de grand soleil, un peu irréel. On a marché comme ça pendant une heure, deux heures, je sais pas très bien. Dans des rues de Paris que je ne connaissais pas… Y a eu quelques pauses, beaucoup de photos, une chasse aux anarchistes pour E. et des sourires au coin d’nos yeux. Quelques interrogations personnelles, aussi. Sur la vie, sur Attac, sur l’hypothèse d’un réel engagement de ma part, un jour, dans quelque chose.
Puis on a vu se profiler le but ultime de la manif: la Place de la Nation.
Et l’ombre des casseurs a commencé à se dessiner…

anticpe-p8 décrit une AG récente, où les dissensions deviennent visibles :

Une AG de plus en plus vide !
L’AG de mercredi 22 mars, ne comptait pas plus de 200 personnes, et les forums organisés autour de débats cette semaine sont vides, à croire que cette semaine banalisée ne motive pas les gens à venir se déplacer et se mobiliser. Très peu de propositions ont étés faîtes à cette AG par manque de temps, qui a surtout été marquée par beaucoup de tensions entre des participants (étudiants et autres) de l’AG et étudiants membres de la tribune ou du comité de mobilisation.

Celles et ceux parmi les lecteurs et les lectrices qui en auraient assez des billets sur Paris 8 peuvent le signaler, ou aller visiter le blog de François Briatte, qui relate la mobilisation à Grenoble (avec vidéo de guerrilla urbaine, etc…)

mise à jour : une déclaration du conseil d’administration de Paris 8, du 24 mars 2006 (les exégètes la compareront avec la décision de la semaine dernière)

Par ailleurs, un blog d’étudiants en arts plastiques de Paris 8, Paris8box essaye de proposer une vision artiste des événements qui me semble, dans ses prémisses, me semble plus intéressant que ce que j’ai pu lire ailleurs :

Nous ne sommes ni des spécialistes de la politique, ni des activistes mais des étudiants/es en Arts Plastiques à Paris 8 qui pensent que la problématique du CPE est le sommet de l’iceberg.
Ainsi, le milieu artistique lui-même est très paradoxal : “de gauche”, cosmopolite, toujours prêt à défendre les luttes sociales, il est aussi ultra-concurrentiel, ultra-flexible, pyramidal et basé sur la compétition permanente pour l’accès aux ressources et à la diffusion.
[…]
Ah, et comme nous en avons assez des Assemblés Générales, qui n’ont rien à voir avec les méthodes que les artistes utilisent pour créer, inventer et s’organiser, nous appelons à une Assemblé Particulière

Sahra : OneLittleFilm continue de s’étonner devant les actions étudiantes :

My school is quite a mess. I went in on Wednesday and could’ve sworn it was a communist party organizing rally- musicians, red flags, political speaches, and all. Everyone at Paris 8 appears completely behind the students campaign against this new labor law. From my little American perspective, it is quite an unbelievable scene as being fired is sort of taken for granted in our working world

CPE, Paris VIII, conférences…

La stratégie des étudiants mobilisés contre le CPE, à l’université Paris 8 (Vincennes – Saint-Denis) où j’enseigne, a été non pas de bloquer les accès aux bâtiments (sauf au tout début), mais de transformer les lieux en “université ouverte”. Cette semaine donc, une série de conférences, forums… ont lieu (dont un programme indicatif donne une idée) que les étudiants sont fortement invités à suivre.
Ce type de mobilisation, assez différent de ce qui se passe dans les autres universités, a été remarqué (comme en témoigne ce reportage de France2).

Lianita a l’impression de se trouver en pleine révolution :

fight for your right to keep that job.
the universite de paris 3 is going on its fourth week without class. the french students mean business. i’m taking one class at universite de paris 8 and the strikes shut down the univerity for a week. most students are still boycotting class and teachers don’t have keys to the rooms. i’m living in a revolution! mostly, i find it to be exciting.

D’autres étudiants étrangers font part de leur étonnement dans Libération

Une étincelle. Macha et Tania sont emballées. Macha, Moscovite de 22 ans, a découvert un matin sa fac de Paris-VIII fermée par les grévistes. «Ici, les gens viennent spécialement pour faire la grève», conclut-elle éberluée. Elle s’emporte : «Les barricades, c’est romantique.» Tania, 25 ans, renchérit : «C’est comme en 68, les jeunes se constituent en un groupe social.» «Ou alors c’est nous qui voulons le voir comme ça», l’interrompt Macha. Pourtant, le CPE ne lui semble pas monstrueux : «Pour nous, c’est bien normal de se faire chasser du boulot.» Quoi qu’il en soit, les deux étudiantes boursières sont ravies. «En Russie, les jeunes sont trop passifs», selon Tania. «Ceux qui vont manifester pour les droits de l’homme, on les regarde comme des fous», dit Macha. Pour l’instant, elles n’ont participé à aucun défilé.

Deux enseignants philosophes de Paris 8, Bensaïd et Brossat, utilisent Libé comme blog :

On voit à quel brillant résultat aboutit cette politique au long cours, inspirée par l’épaisse bêtise atavique des élites gouvernantes de ce pays : à ce mouvement de fureur collective qui a saisi les cités au mois de novembre, suite aux provocations verbales du ministre de l’Intérieur, et, aujourd’hui, à ce soulèvement porté par une sorte d’énergie du désespoir, mais en même temps parfaitement maîtrisé par ses acteurs mêmes, bref, un mouvement dans lequel la politique vive se réinvente chaque jour.

Et, à croire que Libé squatte à Saint-Denis, un article de Libération s’étend sur une Assemblée générale et sur les propos d’une de mes collègues.

Après les manifs, expression personnelle

MeliMeli écrit le 19 mars :

france is pretty amazing. odd, and amazing. my roommate says to me, it shows that france is still france!
my first reaction wasn’t so positive. but i think, at the same time, can you imagine if there was that kind of taking to the streets in the us against the war in iraq? if all of the universities in the major cities essentially closed down, the faculty for the most part in solidarity with the students? at université paris 8, they have conferences and workshops on the history of precarity, different academic looks at employment and stability and precarity, as alternatives to traditional classes during these days of strike. it’s creative and interesting and impressive.

Un peu le même genre de réflexion chez OneLittleFilm, une étudiante/cinéaste américaine à Paris :

Yesterday I walked along the Seine as thousands of protestors marched over me on a bridge. Now, as I watch contemporary dance on TV I can’t help but thinking that France is a society that hasn’t given up. Or maybe it’s all of europe.

Je ne pensais pas trouver de la triche (plagiat, pompe…) dans un blog d’étudiant, mais là aussi, le phénomène existe, malheureusement.
Dans un billet intitulé Paris 8 se rebelle, les cours s’enterrent, “Zeitlos”, qui se présente comme un étudiant en cinéma de Paris VIII, plagie sans aucun complexe le billet d’une étudiante de Paris 8… comparez :

Il y a ma fac qui est bloquée. Des tables empilées devant les escalators. Des chaînes bleues énormes sur les portes. Une bande de pseudos rebelles qui doivent ruser pour se saper comme des paillassons, avec un regard de bœuf.
source : http://spaces.msn.com/zeitwow/Blog/cns!A52C5E6D36A9BA55!550.entry

et

Il y a ma fac qui est bloquée. Des tables empilées devant les escalators. Des chaînes bleues enormes sur les portent. Une bande de pseudos rebelles qui doivent ruser pour se sapper comme des paillassons, avec un regard de bœuf.
source : http://ilya.blogspirit.com/archive/2006/03/07/paris-8-bloquee.html

Le plagiat est quelque peu construit : Zeitlos écrit

Et puis le gouvernement, cela ne l’empêche pas de continuer son activité politico capitalistique, les chiffres d’affaires des patrons fleurissent, et les journalistes – quand bien même ils foutraient les pieds à Saint Denis – se contenterait de filmer en gros plan l’abruti de service pour stigmatiser les jeunes.

alors que sa source écrivait :

Et puis le gouvernement, cela ne l’empêche pas de poursuive sont traintrain, les chiffres d’affaires des patrons fleurissent, et les journalistes – quand bien même ils foutraient les pieds à Saint Denis – ils filmerait en gros plan l’abruti de service pour stigmatiser les jeunes.

Avez-vous vu la différence ? (on retrouve même les fautes de grammaire) Le problème du plagiat, dont on repère ici la face émergée, est un des gros problèmes de l’enseignement contemporain : cela oblige à revoir radicalement le type de travaux à donner aux étudiants et à soupçonner en permanence une source non citée derrière un paragraphe intéressant. Mais, comme le montre Zeitlos dans “son” blog, le plagiat est facile à remarquer…

De meilleures manières se trouvent chez Tifleur, qui raconte sa manifestation du 18 mars :

Réveil très tôt…la veille un mail est arrivé pour m’informer du point de rendez-vous pour les étudiants du Paris 8! Mais avant, je me devais d’aller nourir un ti chat…alors métro direction Paris…on fait manger le matou…puis retrour à la fac pour aider à préparer la manif! Pas grand chose à faire en fait, chacun fait son ti truc dans son coin, les autres regardent avec curiosité cette animation passionnante! Les uns discutent du service d’ordre (y’en a qui s’y croient…les ordres c’est leur truc, mais au bout d’un moment c’est plus la peine!), d’autres font des banderoles,…une majorité part se restaurer avant le grand départ et la marche!
Nous rejoingons avec beaucoup de retard d’autres étudiants de P8 et certains profs (sur des photos je les ai reconnus!!!) à Raspail et hop direction Denfert et l’intégration du cortège…

Enfin, pour les étudiants : des informations récentes chez http://paris8.mabulle.com
Paris VIII sur Photothèque du mouvement social (Photo de Patrice Leclerc) :

Et pour finir, Paris VIII et ses blogs

(Une liste des blogs de Paris 8 est tenue à jour ici)
Il est fort difficile aux étudiants de l’université Paris 8 de trouver sur internet des informations quant aux décisions des assemblées générales, aux lieux de réunions, aux actions organisées, aux blocages, aux grèves, aux “cours ouverts”… Il existe une liste de diffusion syndicale et généraliste, alterp8, mais l’accès à cette liste n’est pas aisé et les info
rmations circulent alors par e-mail (ceux qui ne sont pas dans le réseau n’y ont donc pas accès).Une série de blogs cherchant précisément à diffuser la mobilisation et ses raisons s’est donc montée, mais ils ne sont pas en contact les uns avec les autres, ils ne se citent pas, et sont sur des plateformes, comme over-blog ou skyblog (ou pire, microsoft), qui ne permettent pas aisément les commentaires ou les trackbacks (ces liens en retour qui annoncent des citations).
Le pire : le blog de l’UNEF de Paris 8 n’a jamais été mis à jour depuis septembre 2005… une belle occasion manquée.

Dans cette liste, à compléter :
http://p8ag.over-blog.com/, apparemment mort.
http://anticpe-p8.skyblog.com/index.html, une initiative d’ “une vraie quiche en informatique”, qu’on ne contredira pas…
http://forumparis8.free.fr/ : pas un blog mais un forum, encore un peu vide.
http://etudiantshistoirep8.over-blog.com/, mis à jour régulièrement (avec un agenda)
http://stopcpe.blogspot.com/ (mis à jour régulièrement)

La multiplicité des initiatives est un signe, mais le peu de maîtrise, de coordination et de constitution de réseaux est certainement un autre signe… Les informations doivent encore circuler hors des circuits du web, passer par des SMS, des coups de téléphone, des tracts… De ce fait, le site du département de sociologie de Paris VIII a reçu cette semaine plusieurs fois le nombre de visiteurs habituels, cherchant des informations qu’ils n’ont malheureusement pas trouvé.
mise à jour : La blogisation du mouvement social continue :
http://are.paris8.over-blog.com/ le blog des adultes en reprise d’études de Paris 8 (mort-né ?)
http://paris8agora.over-blog.com/ un blog lié à des étudiants en lettres de Paris 8 (avec un album photo de la manifestation du 18 mars)

CPE et Paris 8, suite

En ce jour de manifestation, la suite d’une revue de blogs parlant de l’université Paris 8 Vincennes-Saint-Denis.
Un “point de vue” d’un étudiant en histoire de Paris 8 :

Tout d’abord, et je commence par cela puisque c’est un sujet âprement débattu, je suis contre le blocage quotidien de l’université. En effet, je considère que le blocage entraînera une baisse de la mobilisation à plus ou moins long terme.

Fof rend hommage à Paris 8

Hommage à la Faculté de Paris 8 (dont je ne fais pas partie, dommage), fac intelligente qui au lieu de bloquer l’entrée des bâtiments, ouvre ses locaux à qui voudra, pour assister à des débats avec des syndicats, des économistes, des sociologues…

(c’est ce que l’on peut constater entre autre ici : des cours ouverts à tous.
Flemman se pose des questions sur le but des blocages :

Bloquer la fac pour faire pression sur le gouvernement, ça sert à quoi à part pénaliser les étudiants qui ont cours ? On dirait un serpent qui se mord la queue, juste histoire de dire “regardez moi, regardez moi”.
La sorbonne et Saint Denis sont en ruine, franchement, bravo. C’est bien d’être irresponsable, c’est bien de tout casser, continuez comme ça les enfants, je suis fier de vous …

Sur son blog, Pédiasophie, un étudiant en sciences de l’éducation tente d’analyser la mobilisation :

Le CPE (“contrat première embauche”, faisant partie de la loi sur l’égalité des chances) est devenue la deuxième grande bataille politique et sociale en France aprés celle du referendum sur la Constitution Européenne.

Amylises, étudiant ou étudiante chinoise de Paris VIII, résume la situation. LeoO entonne une sorte d’hymne révolutionnaire :

Facultées occupées, gréve générales, manifestations, actions, putain mais nikel koi !!! le rêve ! enfin l’opposition à une voix! encore une fois les etudiants vont au casse pipe !
Ils vont encore s’en prendre plein la gueule, mais ils n’en n’ont rien à fouttre, ils sont là pour enfin dire que rien ne va plus il ne s’agit pas que d’une histoire de cpe, il est aussi temps de se rendre compte que l’acharnement avec lequel l’etat à tenté d’abbatre les etudiants prend enfin fin (…)

Le 8 mars dernier, L’Humanité avait fait, en une, choisi de montrer une des bannières des étudiants de Paris 8 (ce qui avait été fort apprécié par ces derniers : leur mobilisation avait une forme de rentabilité médiatique immédiate). J’y ai reconnu quelques un-e-s de mes étudiant-e-s :