Droite-gauche… haut-bas ?
L’axe “gauche-droite” structure une vision commune des opinions politiques. De l’extrême droite (Front national) à la droite classique (UMP), au centre (MoDem), au PS, et, à sa gauche, les Verts, le PC… et enfin, à l’extrême gauche, les corpuscules trotskistes.
Oui, mais voilà.
Si l’on produit, à partir des données “open data” publiées sur paris.fr, une analyse des correspondances [basées sur le pourcentage des votes reçus par chaque candidate dans chaque bureau de vote], on obtient ceci :
1- pour les élections régionales de 2010 :

2- pour les présidentielles de 2007 :

[Ce n’est pas très lisible : cliquez sur l’image pour obtenir les PDF]
Sur cette représentation, l’on trouve bien un axe “droite-gauche”. En 2010 comme en 2007, le premier axe (celui des abscisses) semble ordonner les candidats de l’extrême-gauche à la droite (de Besancenot à Sarkozy ou Pécresse). Mais cet axe ne résume pas toute l’information. Le deuxième axe (celui des ordonnées) nous donne d’autres informations, et c’est une sorte d’axe qui résume et oppose deux sortes d’émergences politiques. L’émergence “verte” (Duflot/Voynet) opposée à l’émergence d’extrême-gauche ou d’extrême-droite. Les “options perturbatrices” (pour les partis établis) s’écartent de la droite “y=0”.
Ce constat est assez classique [voir par exemple Pascal Perrineau , Jean Chiche , Brigitte Le Roux , Henry Rouanet L’espace politique des électeurs français à la fin des années 1990. Nouveaux et anciens clivages, hétérogénéité des électorats. Revue française de science politique Année 2000 Volume 50 Numéro 3 pp. 463-488]. Mais il m’a beaucoup amusé de voir les électeurs parisiens si “néo-paradigmatiques”.
Note : les données “open data” de paris.fr sont assez propres. Mais il me semble qu’une coquille s’était glissée dans les résultats d’un bureau de vote (une inversion du nombre de voix entre Royal, Bayrou et des petits candidats). Ce qui donnait cette première analyse des correspondances, ma foi très étrange.

J’ai donc corrigé les résultats du bureau n°548.
Continuons l’exploration des réseaux d’invitation que l’on peut objectiver 









Ces affiches donnent aussi des informations “réticulaires” : les pasteurs pentecôtistes passant une partie de leur temps à s’inviter les uns les autres, à pratiquer le “partage de la chaire”, un réseau apparaît. Voici une représentation graphique de ce réseau d’invitations. Vous remarquerez, en plissant les yeux, une grosse composante et de nombreuses petits groupes. Le nombre de composantes est de 60.
Les réseaux générés “aléatoirement et sous contraintes” ont une particularité : leur nombre moyen de composantes n’est pas proche de 60, il est proche de 41. Les réseaux “aléatoires” relient beaucoup plus les individus (alors que chaque individu participe au même nombre d’événements et que chaque événement réuni le même nombre de personnes, par comparaison avec le réseau observé).
Après avoir, depuis deux ans et demi, recueilli quelques 150 affiches différentes présentant des “Grandes croisades” évangéliques organisées par des pasteurs noirs, en région parisienne, me voici avec une base de données amusante à manipuler.






