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Archives de la catégorie : 'France'

Adorée Villany, danseuse nue

Quelques pages dans le livre de Jean Da Silva, Du Velu au Lisse : Histoire et esthétique de l’épilation intime, m’ont appris qu’au début du XXe siècle avaient eu lieu plusieurs procès contre des danseuses nues.

Ainsi, en 1908, Mlle Germaine Aymos est poursuivie, avec le directeur des Folies-Pigalle après une action de la “Ligue contre la licence des rues”. Les attendus du tribunal sont intéressants. Les juges de la 9e chambre soulignent que « les parties sexuelles [de la danseuse] étaient dissimulées par un morceau de taffetas de soie rose » et que « M. le commissaire de police mentionne, selon les termes mêmes de son rapport, qu’il a pu observer que la demoiselle Aymos était “rasée aux aisselles et au pubis” ». Pour les juges « cette précaution (…) loin de prêter à la nudité un élément obscène, était de nature, au contraire, à atténuer son caractère licencieux »
Ceci pourrait surprendre et amuser : il était prêté aux poils un aspect obscène que l’épilation, ou le rasage, faisait par nature disparaître.
Le procès, intéressant, peut être suivi en partie dans un ouvrage, Le nu au théâtre, publié en 1909 et disponible sur Gallica. Vous y trouverez cette photo de Germaine Aymos :
germaine aymos
Le rasage des poils pubiens, cependant, n’est pas ce qui a sauvé la danseuse. Les juges remarquent qu’elle est une “artiste de talent” et qu’elle a le soutien de Jules Claretie, « membre de l’Académie française dont l’autorité et la sincérité en matière artistique et théâtrale ne peuvent être mises en doute ». [voir aussi un article dans le Mercure de France, 16/08/1908]
Si l’on se penche un peu plus près sur les attendus, et si l’on compare avec un procès qui a lieu au même moment (où plusieurs actrices sont condamnées), on peut penser que ce qui a sauvé Mlle Aymos fut l’absence de mouvements. Elle était nue, certes, mais elle ne bougeait pas et semblait être une statue. Alors que deux femmes qui se caressent se « livrent à des gestes qui évoquent dans l’esprit des pratiques lesbiennes », d’après les mots du président Pacton (Le Nu au théâtre, p.278). On trouvera un commentaire comparant ces deux procès dans un article de Georges Claretie (le fils de Jules Claretie mentionné plus hautLe Figaro, 28/07/1908).

Les danseuses nues continuent à être poursuivies après 1908. Certaines semblent même construire leur carrière sur la nudité. C’est probablement le cas d’Adorée Villany, jugée en 1911 à Munich et en 1913 en France.

La Bibliothèque du Congrès possède plusieurs photographies de Villany dans ses oeuvres :
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Voir aussi ce cliché la montrant dans la “Danse de Phryné”.
Georges Claretie, décidément spécialiste — comme son père — de la défense des danseuses nues, rend compte, dans le Figaro, en mai 1913, de ce procès
villany figaro Villany défend la nudité théâtrale comme le seul moyen à sa disposition d’exprimer des sentiments intenses : pour incarner la sur-douleur elle dit avoir besoin d’être nue. Elle obtient le soutien d’un peintre. Mais elle est condamnée à 200 francs d’amende : ses représentations, bien qu’en principe “privées” étaient accessibles à tous (pour le prix de 5 f.) et une série de prospectus vantant la “danse ultra-moderne” de Villany avaient été envoyés.

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Un autre article, dans Le Matin, mai 1913

*

Et alors ? Alors c’est tout.

Animaux (varia)

Il y a quelques mois, j’écrivais quelques lignes sur le cimetière des chiens d’Asnières. Aurais-je attendu quelques mois que j’aurai pu améliorer ce que j’ai produit : un article de Bérénice Gaillemin, (Vivre et construire la mort des animaux) publié dans le numéro 2009-3 d’Ethnologie française vient se pencher sur la forme qu’ont pris, récemment, les tombes des animaux. C’est sur “le déploiement (…) d’un culte non contraignant” qu’insiste Gaillemin : « Malgré quelques interdits, le cimetière offre une grande liberté, notamment celle qui consiste à s’adresser aux morts via les épitaphes (…) Chacun peut désormais investir l’espace de ses propres références personnelles, réinventer l’hommage conventionnel aux défunts. »
Note : je n’ai pas trouvé d’informations synthétiques sur B. Gaillemin. Le « Laboratoire d’ethnologie et de sociologie comparative » de Paris 10 ne permet visiblement pas à ses doctorants de disposer d’une page web.

*

« What do animals do all day ? » est un article de John Levi Martin, professeur de sociologie à l’université de Chicago. Ce n’est pas un article tout récent. Il date de 2000. Mais il est fort amusant. En s’appuyant sur l’analyse statistique d’un livre pour enfants, What do people do all day, JL Martin décrit les “relations socio-logiques entre espèces animales et emplois dans l’imagination populaire”. Voici l’une de ses conclusions, en image :
johnlevimartin-animals

What do animals do all day?: The division of labor, class bodies, and totemic thinking in the popular imagination [PDF], Poetics Volume 27, Issues 2-3, March 2000, Pages 195-231

Empêcher

Les villes et le métro se couvrent de dispositifs empêchant des indésirables de s’asseoir. [nombreuses photos ici et quelques travaux de Noël Jouenne : De la contorsion dans l’espace public au déni de la personne ou comment se débarrasser proprement des sans-logis].
Voir apparaître dans le quartier de Château Rouge (Paris, 18e arrondissement) des dispositifs d’anti-affichage ne m’a donc pas surpris. Ce quartier est en effet en permanence “envahi” par des affiches :
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Le moindre pan de mur est soumis à l’empressement de certains groupes [souvent religieux] de rendre publiques leurs activités ou leurs productions. « Tu n’afficheras point » n’est pas dans le décalogue.
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Quelques morceaux de bois suffiront-ils ? [Ou nécessitent-ils une demande officielle de modification de la façade ?]

Ortho graphie

Il paraît que Mark Twain aurait dit (ou écrit) : “I don’t give a damn for a man that can only spell a word one way.“… du moins cela fait partie des listes de citations apocryphes.
Et il paraît aussi qu’un duc de Rohan disait avec dédain : « je plains les gens qui ne savent écrire un mot que d’une seule façon ». L’aristocrate souhaitait conserver le droit de se conformer ou non à des règles arbitraires, et trouvait bien bas, bien vulgaire le respect scrupuleux de l’ortho-graphie.

Ailleurs : : Matoo et l’orthographe

Que feriez-vous si…

…si un étudiant, à la fin d’un cours, venait vous voir avec, sous la main, un dossier consacré à la société fabienne et qu’il vous disait qu’en 1884 son logo était une sorte de dragon mangeant le monde, et que cette société a fondé la London School of Economics… et que c’est l’origine de tous les think-tanks…
Vous lui diriez, gentiment mais fermement, “merci, ça ne m’intéresse pas”.
Mais s’il revenait, à la fin d’un autre cours, toujours avec son petit dossier bien relié et cette question, “Vous connaissez la société fabienne ? Ils ont fondé la London School of Economics, et c’est quand-même pas rien, ça !” S’il se mettait à parler des Francs-maçons au Vénézuela, de la Trilatérale et du gouvernement qui nous force à nous injecter des “substances mortelles” (le vaccin contre la grippe H1N1) ? S’il disait que le “Club de Rome” voulait réduire la population du monde à 500 millions et que eh ben les autres il va falloir les éliminer (d’où le lien avec le vaccin)… Que diriez-vous ?
J’ai été un peu direct, je lui ai suggéré d’aller voir un psy, et de ne pas partager sa peur des sociétés occultes avec moi (Il m’a répondu que la société fabienne n’était pas versée dans l’occultisme). Pardon… si cet étudiant existait, je lui aurais suggéré d’aller voir un psy. [La prochaine vois je lui dirai, d’un air menaçant mais tout bas : “vous en savez trop, on va devoir vous éliminer…”]

Retour sur… le wiki auditions en sociologie (et démographie)

Après deux ans sur coulmont.com/auditions/ le “wiki auditions” est maintenant géré par l’ASES, et plus particulièrement par Matthieu Hély, à cette adresse : http://matthieu.hely.perso.neuf.fr/spip.php?article11. Voici quelques mots écrits suite à cette expérience :

Il se dégage plusieurs éléments positifs de l’expérience du wiki audition mise en place sur la session de recrutement du printemps 2009 :

1. Un succès pour une première : 40 000 connexions sur la page. La plupart des établissements ont joué le jeu (sauf l’IUFM de Strasbourg).

2. Un outil indispensable dans un contexte de dilution des informations lié à l’autonomie imposée des universités et à la disparation de tout cadre national. Le wiki permet ainsi de :

– Stigmatiser les pratiques où « tout est joué d’avance ». Pratiques qui, au vu de cette première session où les comités ont remplacé les commissions de spécialistes, apparaissent renforcées par les dispositions de la loi LRU qui restreignent la taille des comités et instaurent des règles de quorum pour les extérieurs qui facilitent les décisions en petit groupe. En effet, selon la circulaire relative aux comités de sélection (C.S) du 9 janvier 2009, le CS siège valablement si la moitié des membres composant le comité sont présents et si la moitié des membres sont des extérieurs. Autrement dit, un CS où seule la moitié des membres extérieurs seraient présents, siège donc valablement.

– De plus, la publication des postes « au fil de l’eau » sans obligation de se conformer au calendrier « d’usage » et sans obligation de publier le poste au journal officiel, a engendré une dispersion néfaste de l’information.

3. Le wiki permet également pour les jeunes docteurs ou doctorants en fin de thèse de se familiariser avec les critères de recrutement académique.

4. Un outil pour introduire un débat nécessaire sur les pratiques de recrutement. Quel enseignant-chercheur peut se satisfaire des procédures actuelles où un candidat est auditionné un quart d’heure devant des collègues qui n’ont souvent pas eu le temps d’étudier de façon approfondie son dossier ? En comparaison des collègues étrangers qui consacrent une journée à chaque candidat afin de tester ses compétences pédagogiques in situ et d’échanger autour de ses projets de recherche, les pratiques de notre monde universitaire apparaissent bien rudimentaires et ne rendent pas justice à la qualité croissante des dossiers de candidature. Il n’est en effet pas rare que les candidats auditionnés disposent de compétences et d’expérience d’enquêtes plus élevés que celles des membres qui procèdent à leur audition.

Ici et là, le wiki audition a néanmoins soulevé quelques critiques. La moins fondée me semble celle qui consiste à invoquer l’effet de la diffusion publique des informations sur les pratiques de classement par les comités. Comme les classements sont rendus publics, certains candidats pourraient pâtir en étant rétrogradés du fait de leur meilleur classement sur d’autres postes. Or, cet argument n’est pas recevable pour au moins deux raisons : d’une part, cela suppose de faire « comme si » l’information ne circulait pas de façon informelle avant l’existence du wiki. D’autre part, il est souvent demandé au candidat s’il est classé dans d’autres établissements.

Une autre critique, plus pertinente me semble t’il, pointe le risque de certaines dérives dans l’usage de l’outil : une exacerbation de la concurrence, déjà très forte, en systématisant la référence aux pages personnelles des candidats. La création d’une page personnelle devient alors une compétence supplémentaire susceptible d’introduire une inégalité de traitement dans le processus recrutement. En effet, le wiki n’est pas consulté uniquement par les candidats mais également par les membres des comités !
Matthieu Hély

Quelques liens

  • Sur Paperolettes, Shakr, le Syrien kurde sans nationalité.
  • Chez Camille Peugny, Les privilèges de la naissance
  • Maïa tape sur les vieux :

    J’ai expliqué que les vieux qui refusent de partir à la retraite gardent les postes de pouvoir dont ils n’ont plus besoin, que la transmission du savoir en entreprise se faisait des jeunes vers les vieux et pas l’inverse (en management autant qu’en informatique), que nous demander de nous sacrifier pour les vieux était injuste vu qu’avec leur dette publique et leur mépris de l’écologie, on allait déjà payer bien assez cher leurs erreurs.

  • Chez Takuherz, ce qui arrive une fois le point final placé en fin de thèse.
  • Chez Laspic : Bac plus 7 et zéro euros par mois
  • Quand j’écris en alexandrins, tout le monde s’en fiche.
  • La Revue française de Sociologie fait un bilan annuel : l’activité de la rédaction…. Le but : “rendre le travail d’évaluation des articles plus clair pour les lecteurs”.
  • Qui va acheter cela ? “Raymond Boudon A Life in Sociology” Edited by Mohamed Cherkaoui and Peter Hamilton £525.00. Ca fait 563€… et c’est en quatre volumes ! Certains doivent sincèrement croire que rémonboudon est un grand sociologue… Quitte à choisir, je préfère quand même de loin Bou’ à Maff’
  • Michel Maffesoli n’a obtenu aucun prix Nobel… normal, il n’était pas dans le jury… (pas de prix Goncourt non plus, il n’est pas au jury et le gouvernement ne peut l’y nommer)… Mais en revanche, il s’est donné une belle promotion sonnante et trébuchante (en tant que juge et partie il se trouve génial).
  • Toujours en parlant de faillite. La bibliographie d’un collègue — dont je tairai le nom par charité — m’a beaucoup fait rire :

    L’exploitation familiale agricole: entre permanence et evolution

    La confrérie des «goustiers de l’andouille»: entre marketing et célébration

    Entre l’Europe communautaire et l’exploitation familiale, le rôle des médiations

    Le territoire: entre l’Europe et l’Etat-nation

    Les formes de constructions identitaires modernes: entre territoire et profession

    Il ne manque que “entre tradition et modernité” pour faire la totale !

Retour sur… le wiki auditions en Philosophie

Au début de l’année 2009, j’ai reçu le mail d’une personne souhaitant quelques conseils pour créer, sur le modèle du “wiki auditions” en sociologie, un wiki de suivi du recrutement en philosophie. Ce wiki semble avoir été un succès. Voici un “retour” sur cette expérience :

Voici à ta demande et pour l’information des candidat-e-s quelques réflexions suscitées par le wiki auditions en section 17 (Philosophie), que j’ai monté l’an dernier.

Lors de précédentes campagnes, j’avais comme de nombreux collègues eu l’occasion de déplorer la trop grande opacité, depuis la perspective des candidat-e-s, des travaux des commissions (pour plusieurs postes, nous ne disposions toujours pas des résultats de l’élection dix jours après la commission et je ne suis pas totalement hors des circuits où cette information peut circuler…). Il est pénible de ne pas être auditionné-e, il l’est encore plus de ne pas avoir exactement quand on est “hors-jeu”. Dans de très nombreux cas, la composition des commissions était extraordinairement difficile à obtenir, y compris dans des situations où l’on était soi-même auditionné-e par ladite commission. Ce n’était pas acceptable (je souscris à la plupart des remarques de Kalai Elpides, et ai pu partager des expériences tout à fait semblables).

Suivant l’exemple des wiki auditions des autres sections — et en particulier le tien, que j’avais eu l’occasion de suivre — j’ai mis en place un wiki sur une plateforme ouverte (pbwiki, mais il y en a d’autres) qui devait recueillir (1) les profils de poste, (2) les compositions des CS, (3) les dates de réunions et d’audition, (4) la liste des auditionné-e-s, (5) le résultat.

(1) s’obtient maintenant facilement avec Galaxie, avec toute une palette dans la richesse des détails. À peu près dans les temps. Mais pour certains postes, nous avons pu avoir des attendus plus détaillés, ou des pvs de réunion décidant de la formulation du profil.

(2) devrait, selon les textes, être rendue publique avant les travaux du comité, c’est-à-dire en tout état de cause avant l’examen et la répartition des dossiers. Cela n’a pas toujours été le cas l’an dernier, et certains CS n’ont été affichés sur les sites des universités que très tard, mais globalement, nous avons pu avoir toutes les compositions de tous les CS, ce qui est très précieux, ce qui fait en outre bien apparaître certaines dynamiques lorsqu’une équipe est très représentée aussi bien dans les membres internes que dans les membres externes (dans un cas extrême, une seule équipe était majoritaire dans la commission, car tous les membres externes sauf un en étaient membres, et le non-membre en question était absent des deux réunions). Il y a une marge de progrès pour que cette information apparaisse systématiquement, elle est au fond aussi importante que l’université dans laquelle enseigne un-e membre du comité … et souvent plus.

Pour (3), (4) et (5), les institutions ne communiquent pas, mais alors pas du tout, et une bonne surprise du wiki a été son appropriation par les utilisateurs et utilisatrices (il a été très visité, avec plusieurs milliers d’affichages de la page d’accueil, je n’ai pas l’information pour les “visiteurs uniques”). Je m’attendais à devoir faire moi-même, pour cette première édition, l’essentiel de la chasse aux informations. Dans les faits, je n’ai pas eu à solliciter directement des membres de CS, et une très grosse moitié a été renseignée par des usagers et usagères qui se sont approprié-e-s le wiki. Dans un ou deux cas, la vitesse avec laquelle cela a été rempli me donne à penser que des membres de CS eux-mêmes (elles-mêmes) ont renseigné des profils. Dans un certain nombre de cas que les lecteurs et lectrices de ce blog pourront facilement identifier sur le wiki philosophie, il reste que nous ne savons toujours pas qui a été auditionné-e, voire le résultat (dont le poste à “super-moustache”). Quand j’ai demandé des renseignements moi-même auprès des services du personnel, je l’ai fait en nom propre ou à partir de l’adresse générique du wiki.

Sur l’expérience elle-même : cela prend du temps, et c’est un paramètre qu’il ne faut pas négliger. Je ne suis pas sûr-e de pouvoir m’en occuper cette année, mais je céderai volontiers les clés à quelqu’un-e d’autre, et d’ailleurs, c’est un wiki, il suffit de se créer un profil pour pouvoir l’éditer ! J’ai eu par deux fois de la “modération” à faire, et dans un cas, une tentative probable d’intox; je l’ai fait dans ce cas de manière transparente, en indiquant sur le wiki que j’avais édité un élément d’information et la raison pour laquelle je l’avais fait.

Plusieurs recommandations:

— La plus importante. Pour les résultats de l’examen des dossiers, c’est-à-dire la liste des auditionné-e-s, je suggère aux comités la chose suivante, qui ne coûterait rien ou presque: le soir de l’audition, plutôt que d’appeler ou de joindre uniquement les heureux élus, il faudrait à mon sens envoyer la liste des auditionné-e-s par mail collectif à tou-te-s les candidat-e-s. On ferait ainsi d’une pierre deux coups (on informe en même temps les auditionné-e-s et les “recalé-e-s”), avec un temps limité (même quand il y a 100 candidat-e-s, entrer toutes les adresses mail, cela ne prend pas plus d’une heure), et c’est bien le moins que l’on puisse faire: cette information a vocation à être publique et c’est une courtoisie minimale à l’égard de celles et ceux qui ont pris le soin d’envoyer un dossier. Ou: plus court encore, on poste la liste des auditionné-e-s sur le site du département qui recrute.

Protéger son anonymat. Il est à mon sens dangereux d’apparaître en nom propre tant que l’on n’est pas titulaire quelque part. Il n’est pas absurde d’ouvrir une deuxième adresse mail/pseudo pour poster sur le wiki ou pour demander des infos aux universités. Aucun risque du côté des inscriptions sur le wiki, mais protégez-vous pour tout ce qui apparaît en clair. Cela peut paraître un peu paranoïaque, mais il ne faut pas oublier que les “recruteurs” et “recruteuses” ne sont que quelques dizaines, un peu plus pour les candidat-e-s, que tout se sait et surtout que toute information postée sur le web y reste à jamais ou presque.

— Il faut demander les rapports d’expertise de dossiers. J’ai fait une demande au président du comité, pour un des postes, et n’ai pas eu de réponse. Pour diverses raisons, qui tiennent au poste et à l’université en question, je n’ai pas insisté, mais c’est un motif d’annulation de l’élection. A ce que je sais, la procédure de collecte des rapports a été faite très sérieusement dans un certain nombre de grandes universités, précisément pour protéger le résultat des élections, il va peut-être devenir plus facile de les consulter (je ne suis pas sûr-e que l’on soit obligé-e de passer par le président du comité).

— Pour le ministère: trouver un meilleur outil que Galaxie. Les alertes pour les profils “au fil de l’eau” ne marchent pas toujours. Pour les usagers: il est prudent de s’inscrire à partir d’une autre adresse que celle que vous utilisez. L’an dernier, il était possible de se faire désinscrire à son insu par quelqu’un qui connaissait votre adresse mail car aucune confirmation de désinscription n’était demandée. Cela a pu changer, mais c’est à vérifier.

— Lorsque l’on est auditionné-e, merci aux comités de penser à renvoyer les dossiers et de ne pas s’en remettre à l’hypothèse que les services du personnel le feront spontanément.

Voilà. D’autres détails me reviendront peut-être par la suite…

Merci !
Au tour, maintenant, de Matthieu Hély d’écrire un “retour sur… le wiki auditions en sociologie”.

Jeux d’échelles : circulations évangéliques

Parlons un peu de circulation régionale, de circulation internationale et de religion.
Il y a quelques jours, je proposais cette carte de la répartition des églises évangéliques “noires”, ou “d’expression africaine” en région parisienne, en me basant sur une collection d’affiches :
eglisesnoires1
Cette carte incite implicitement à une lecture “locale” : les lieux de culte sont situés dans les communes les plus pauvres de la région parisienne [pour être plus précis dans les communes où sont sur-représentés les ménages pauvres]. Et comme le soulignait en commentaire F. Dejean une autre lecture “locale” est possible, en associant cette carte à celle de la répartition des immigrés d’Afrique sub-saharienne.
L’on pourrait ainsi comprendre ces églises comme ancrées sur un espace communal. Mais le processus même de recueil des données incite à une autre interprétation. Toutes les affiches dont je dispose (presque 80) ont été photographiées à Château Rouge, un quartier commerçant de Paris proche de Barbès fréquenté par les diasporas africaines, qui sert ici de “plaque tournante” ou de “redistributeur” : c’est en allant faire ses courses à Château Rouge que l’on peut rencontrer l’église dans laquelle on ira le vendredi soir ou le dimanche suivants.
oursinlocalL’on pourrait donc représenter les adresses des lieux de culte comme des directions plutôt que comme des points. Si l’on considère que Château-Rouge est l’origine, alors il est possible de dresser cette carte étoilée, “en oursin” [au centre, Château Rouge, et à chaque extrémité, un lieu de culte]. Inversement, cette carte montre l’attraction régionale (ou le rayonnement) de ce quartier parisien.
Quel est l’intérêt d’une telle carte ? Elle donne peut-être un peu mieux l’idée du mouvement ou des déplacements que les fidèles peuvent faire.
exempleaffiche
Elle entre aussi en résonnance avec la carte des invitations de pasteurs. La carte suivante est une ébauche de représentation spatiale des voyages des pasteurs mentionnés sur les affiches d’églises africaines.
Car l’on trouve souvent, sur ces affiches, mention d’un “pasteur invité” accompagné de son pays de résidence (parfois aussi de la ville). Au centre de l’étoile l’on trouve la région parisienne (les lieux de culte mentionnés sur les affiches), et au bout des rayons, les villes de résidence de ces pasteurs.
pasteurs invitations

Avec ces cartes, je souhaite rendre visible la multiplicité des échelles utilisables pour décrire ces églises. J’ai précédemment cartographié la répartition des églises en Île de France : c’est principalement en Seine-Saint-Denis qu’elles sont localisées.
Ici l’on voit qu’à cet espace s’est “accroché” une dimension transnationale, qu’au “local” s’est accroché le “global” mais que ces deux dimensions sont “lues” simultanément sur ces affiches. Je multiplie ici à dessein les guillemets : je n’ai pas encore de vocabulaire précis à ma disposition qui me plaise suffisamment. Le passage obligé par l’objectivation statistique m’aide donc à asseoir l’usage de termes comme “global” sur les possibilités offertes par la cartographie.
Continuons.
L’espace dessiné par les invitations de pasteurs étrangers révèle plusieurs choses :
1- Un espace africain : l’afrique sub-saharienne uniquement. Peut-être parce que certaines églises sont des boutures européennes de créations congolaises (par exemple). Peut-être parce que d’autres, inscrites dans des liens préalables à l’immigration, continuent à entretenir la référence à l’Afrique.
2- Un espace européen : Londres, Berlin, Bruxelles sont les pointes d’un polygone qui inclut la Seine-Saint-Denis en tant qu'”espace européen” ou “espace TGV”. Est-il alors suffisant de décrire ces églises comme “noires” ou “africaines” ou même “d’expression africaine” ? Même en acceptant, et l’hypothèse est très restrictive, que les fidèles sont des locaux, à l’échelle régionale, il semble que les pasteurs (sous cette dénomination ou une autre, apôtre, prophète…) dessine un espace clérical à une autre échelle : ils circulent entre pays.
3- Un espace américain : Canada, Bahamas, Etats-Unis et même au Sud. L’Amérique, c’est à la fois des sessions de formation, des stages bibliques, auxquels ont pu participer certains pasteurs, mais c’est aussi le lieu mythique de la réussite, réussite évangélique et réussite sociale.

Note sur la méthode : J’ai utilisé R pour tracer les cartes, puis un logiciel de dessin vectoriel. Pour dessiner des cartes en oursin, il m’a semblé “simple” de faire ainsi :
Mes données ont cette structure. Les données, ici, s’appellent “oursinlocal”

Adresse		lon		lat
briand 		2.448342	48.868919
ChatRouge 	2.351933	48.887745
arago 		2.325025	48.904659
ChatRouge	2.351933	48.887745

Je répète, une fois sur deux, la longitude latitude de Château-Rouge ce qui permet de tracer des lignes.
J’ai téléchargé un fichier shapeline (.shp) de la France sur le site de l’IGN (qui s’appelle GEOFLA ou un truc de ce genre). Il faut aussi les packages “maptools” et “sp” pour R
franceshp<-read.shape("geofla/LIMITE_DEPARTEMENT.shp", dbf.data = TRUE, verbose=TRUE, repair=FALSE)
plot(franceshp,xlim=c(2,2.6),ylim=c(48.6,49))
lines(oursinlocal$lon,oursinlocal$lat,col="red")

J’en profite pour signaler que je n’ai pas compris comment passer d’une projection à une autre… Ce qui donne, au départ, des cartes un peu “écrasées” par rapports aux projections habituelles de la France. Mais si j’utilise le fichier GEOFLA en projection “lambert”, je n’arrive plus à placer mes églises…
Pour la carte “mondiale”, il existe, dans le package “maps”, des données sur les principales villes du monde, world.cities. La partie complexe consiste à lier ces données, world.cities, à la liste des villes relevées sur les affiches.

Mise à jour
franceshp< -readShapeSpatial("Desktop/geofla/LIMITE_DEPARTEMENT.shp",proj4string=CRS("+proj=longlat")) fonctionne parfaitement (avec R 2.11.1)

La rentrée à Paris 8 (édition 2009)

Il m’a semblé plus difficile cette année de repérer les blogs des étudiantes de Paris 8 : sont-elles parties sur facebook et twitter ? Google Blog Search est devenu très mauvais. Technorati est inutilisable.
Je ne sais donc pas si l’absence de protestations contre l’organisation de la rentrée signifie que l’université s’est améliorée…
Revue de blogs :
Strawblog :

Ah !! Saint Denis ! Son air frais ! Ses habitants bien élevé ! Son doux parfum ! Et ses couleurs chatoyante !
Et oui c’est bien dans ces locaux que je vais passer à partir de cette année, soit 3 ou 5 ans (ça dépend si j’ai le courage de me lancer dans le master) en section Art Plastique.
Alors pour la petite histoire, aujourd’hui c’était la pré-rentrée, et en gros on nous a prenté tout le truc et tout, la petite visite des bâtiments, les trucs administratifs chiant et le syndicat.

et, nouveauté, Strawblog a une déclinaison sur twitter : http://twitter.com/Paxelkun

Audwy :

Arf, les choses sérieuses commencent. Me voici étudiante à Paris 8 Vincennes-Saint Denis.
*devient toute pâle*

On la trouve aussi sur twitter : http://twitter.com/Audwy

Sur twitter, donc, puisqu’on en parle… il est difficile de suivre les conversations et de comprendre les tenants et les aboutissants. 140 caractères, ça limite l’expression.
http://twitter.com/alex_penyauski/status/4340078516 : Alex visite Paris 8

http://twitter.com/Adhe/status/4171842798 : Putain mais Paris 8, autant certains profs sont corrects, autant certains t’envoient chier même quand ils sont dans leur tort
Son blog : http://www.adhemar.net/blog/

http://twitter.com/On_June/status/4442788707 : Finalement Paris 8 n’a pas l’air si dégueu que cela, on verra demain dans l’amphi *_*
http://twitter.com/shontycas/status/4468186794 : et voilà, je suis une étudiante à paris 8

http://twitter.com/louisothermique : Si j’étais a paris3 j’aurais pu partir en avance et me promener au jardin des plantes. Je suis à Paris 8 je peux me promener dans les cités
Elle a aussi un blog : http://louisamariamagdalena.blogspot.com/.

http://twitter.com/Yes6yesyes : Freshman at Paris 8 University~!!!!

Somme toute, les anglophones en séjours d’échange semblent plus loquaces. Mkroeder fait une description classique de l’université Paris VIII : “des portes de prison et des graffitis” :

And wow, I totally understood why people ask why I want to study there. It was not what a typical US college looks like at all. There were prison-ish gates all around and graffiti everywhere. We went inside and things were torn apart (probably happened during the strikes) and political signage on the bulletin boards where you would normally find postings for study groups and such. Different! But it wasnt bad, it was actually pretty cool. The staff seemed pretty happy to have us, and the classes offered there are more interesting than the ones at the other schools. Its ghetto, yes, but I think it will be fun.
source

Tiffany écrit :

Today I had class in the morning, then I went to my university for a tour. It is called Paris 8: Saint Denis. It is in the north of Paris, only about a 25 min metro ride from my apartment. It was much bigger than the universities that are located in the middle of Paris. I really liked it. The area seemed very nice, although like I have said all along, things are always more difficult in Paris. To register for classes we need to go to each department to register for differnent classes. For example, you need to go to the FLE department to register for french as a foreign language classes and you need to go to the history department for history classes and the art department for art classes. It is a pain in the butt and very inconvient.

Les années précédentes = 2008, 2007, 2006, 2005.

Mise à jour :
http://twitter.com/Powanono/status/4493083834 A fait sa rentrée à Paris 8 en master 2 Communication numérique : nous sommes 20, cours de 9h à 21 heures dans la mème salle >_<
Son blog : http://noblog.fr/.

Mise à jour, suite
InJune écrit :

Il est temps de faire le point après cette petite “pré-rentrée”.
Mon point de vue de départ se confirme, j’aime vraiment l’Université. Ce que je préfère? La grandeur perturbante de mon Campus et la diversité de ses étudiants que ce soit dans ma filière ou ailleurs.
J’ai pris mes repères même si j’arrive à me perdre encore parfois. Dès que possible je mettrais ici en image l’immensité qu’est Paris 8.

Mise à jour, re-suite
Jennifer, de Basquets et Minijupe a fait sa rentrée à P8 : sur twitter : “Je dis non à la chemise avec manchettes et col blanc, même si tu es un jeune et charmant prof de marketing interactif”