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Archives de la catégorie : 'Université'

Plagiats

plagiats - université de Montreal
Lu aujourd’hui sur une des listes de diffusion académiques auxquelles je suis abonné (et reproduit avec l’autorisation de l’auteure):

Bonjour,
Voilà une situation problématique:
Un directeur de thèse utilise, dans des articles qui paraissent, les résultats des travaux de sa doctorante, sans faire aucune allusion à la doctorante.
Ce n’est pas la première fois. Et la première fois le directeur avait éludé la question.
La doctorante se trouve gênée, car elle commence à penser qu’elle va bientôt risquer, elle, le plagiat.
Qu’est-il possible de faire dans une situation pareille?
Y a t-il des précédents? Comment se sont-ils réglés?
Cette situation pouvant, j’imagine, se reproduire pour d’autres, je compilerais les réponses qui me seraient adressées personnellement, si jamais vous ne vouliez pas “encombrer” la liste.
En vous remerciant d’avance pour votre aide

Situation compliquée. Nous savons à peine — en tant qu’enseignant — régler les problèmes liée au plagiat estudiantin (mes collègues sont très réticents à convoquer un conseil de discipline et à exclure de l’université même les récidivistes)… alors si c’est un collègue ! Les réponses ayant circulé sur la liste de diffusion ne sont pas encore stables. Je citerai juste un extrait de réponse (sans citer l’auteure, là encore). Elle propose de

publier très rapidement quelque chose, un article, y compris dans une revue pas super connue, en présentant ses données et en écrivant clairement quelques phrases du style “notre hypothèse, adoptée par Dupont 2006, permet de penser que” ou bien “nos résultats ont permis à Dupont 2006 de formuler l’hypothèse bla bla”, etc – c’est à dire citer le prof en rétablissant la source des écrits récents de celui-ci.

Je ne sais pas si cela sera utile : déjà que la plupart des articles publiés dans des revues “super connues” sont peu lus… C’est beaucoup de travail pour rien.
La même personne propose la réactivation de la double direction de thèse : l’autre directeur pouvant agir comme instance de contrôle du premier.
Mais il me semble important qu’en cas de copie-plagiat, les plagieurs subissent certaines conséquences. Si nos sociétés savantes (en sociologie l’Association française de sociologie, l’Association des sociologues enseignants du supérieur…) étaient aussi des sociétés professionnelles, elles pourraient rappeler à l’ordre. Si le plagieur était connu, cela nous éviterait de lui envoyer des étudiants à encadrer. D’ailleurs, parfois, cela se sait : en cas d’exposé dans les séminaires de certains centres de recherche, m’a-t-on dit, il est préférable de ne parler que de choses qui ont été publiées, tellement l’appétit des directeurs de recherche est fort.
S’ajoute à cela une question structurelle. La citation des travaux d’étudiants est souvent mal comprise : j’ai du insister pour qu’apparaisse ma co-auteure et un critique de mon livre sur une radio culturelle, voyant qu’une grande partie des entretiens avait été réalisée par des étudiants, s’est cru intelligent de dire que “ce n’est même pas lui qui a fait les entretiens” (alors que j’aurai apprécié qu’il déclare qu’il y avait dans l’ouvrage un effort de transparence : chaque étudiant est nommément cité comme l’auteur de l’entretien utilisé).
La prise en compte des “publis” comme indice de production peut aussi conduire à des effets indirects : un livre écrit à deux, ou un article écrit à deux, vaut pour moitié, ce qui peut contribuer, dans des situation de pouvoir inégal (surtout quand le directeur de thèse est choisi parce qu’il est prestigieux), à l’effacement du co-auteur.
Je suis preneur de commentaire (la doctorante aussi, je pense) :

Choses variées du vendredi (6 – encore)

Le bistrot de la terrasse écrit :

j’ai recu (sic) ma réponse pour Paris 8 (st denis). Ma candidature a été accepté (sic). Bon je tiens à vous avouer qu’il va vraiment falloir que je n’ai (sic) pas le choix pour choisir cette fac.

(apparemment, il n’aime pas beaucoup…)
D’autres ont peur :

Mais bon je dois déjà choisir où je vais allé (sic) m’inscrire!!
Paris 13? Paris 12? Paris X ? Paris 8?
Tout le monde me dit de ne pas m’inscrire en sciences de l’éducation à Paris 8, c’est peut être pour ça que cette Université (mal réputé [sic]) m’attire autant… allez savoir.
(source)

Mais ces commentaires sont ceux de personnes n’ayant pas fréquenté l’université. Laissons alors la parole à Askiparait :

Alors direction une autre fac – Paris8 à Saint Denis – section cinéma. là je me suis encore plus éclatée. Je crois que ce qui m’a plu à l’université, c’est le fait de travailler pour soi, sans juge, mais avec la possibilité d’avoir du soutien quand il y a besoin. C’est aussi toutes ces potentialités qui s’offrent à vous : Je faisais un peu de militantisme, j’ai repris des cours de russe, j’ai commencé à apprendre l’arabe… et surtout, à paris 8, j’étudiais ce qui m’intéressait et j’étais entouré [sic] d’étudiants qui avaient les mêmes intérêts ! Je crois que j’ai vraiment bien profité de ce que la fac m’offrait : on a tourné des court-métrages, on voyait pleins de films et je suis partie 5 mois en séjour Erasmus à Dublin. Un de mes plus beaux souvenirs !
la suite…

Ailleurs, une sorte de reportage photo… (ce sont en grande partie mes photos, ou celles de Marie Ménoret, recomposées par une étudiante).

Mais Paris 8, mon université, dans l’actualité… Ce n’est pas toujours pour de bonnes raisons. Après les histoires étranges entre la nouvelle présidence et l’ancienne présidence (plaintes déposées, articles dans le Canard Enchaîné, publication d’un livre de semi-fiction…), voici du détournement d’argent. Ce qui est amusant, c’est que la désorganisation interne de Paris 8 — c’est du moins mon explication — a permis à cette personne de ne pas être découverte :

Une employée du Trésor s’est fait verser le salaire d’un professeur fictif pendant 15 ans
(sources inconnues – peut être “Le Parisien”)
Une agent du Trésor public de Seine-Saint-Denis a réussi pendant 15 ans à se faire verser un salaire de professeur des universités d’environ 4.000 euros avant d’être arrêtée en milieu de semaine dernière, a-t-on appris lundi de source judiciaire.
Le ministère du Budget a confirmé l’existence de ce détournement, qui atteindrait 600 000 euros au total, dans un communiqué publié en début de soirée.
Cette fonctionnaire de 54 ans, chargée de la paye des professeurs de l’Université de Marne-la-Vallée, a été mise en examen vendredi pour “détournement de fonds publics par personne dépositaire de l’autorité publique”, selon la source judiciaire, qui confirmait une information du Journal du Dimanche.
Mise en détention provisoire, elle risque 10 ans d’emprisonnement et 150.000 euros d’amende.
“Une procédure judiciaire de révocation de l’agent concerné” a de surcroît été engagée par l’administration, selon le ministère.
Convoquée mercredi par la police judiciaire à l’issue d’une enquête ouverte en juin 2007, la fonctionnaire a avoué en garde à vue avoir ouvert en février 1992 un compte fictif à la trésorerie générale, au nom d’un professeur qui n’existait pas, d’abord rattaché à l’Université Paris VIII-Saint-Denis, puis à l’université de Seine-et-Marne.
“Les salaires étaient versés sur un compte bancaire ouvert par l’agent sous une fausse identité”, selon la source judiciaire, qui précise qu’elle “a fait des investissements immobiliers, donné de l’argent à sa famille ou fait des prêts à des proches”. “Elle gérait directement le dossier fictif en calculant régulièrement augmentations et avancements“, précise cette source.
C’est en mai et juin 2007 que l’Université de Marne-la-Vallée a découvert des bulletins de paie ne correspondant à aucun professeur dans son courrier. Ces bulletins envoyés par le Trésor public avaient échappé cette fois au fonctionnaire indélicat, déclenchant une enquête.
CB

L’affaire a été suivie par Valeurs actuelles, “libéral et de droite” (sans commentaire).

Le site personnel d’Eliane Daphy, ingénieure de recherche au CNRS, contient d’intéressantes analyses mais aussi des outrages personnels. À lire, entre autres, ce comptage des femmes dans l’anthropologie sociale française.

La façade d’un des deux sex-shops de Loughborough (/lɘf.bɹɘ/, Royaume Uni) est reproduite ci-dessous :
simply pleasure
J’étais à Loughborough University pour un colloque Sex life politics (mêlant principalement géographes et sociologues).
J’y ai rencontré, entre autre, l’artiste conceptuel Paul Hartfleet, qui plante des pensées aux endroits mêmes où des injures homophobes ont été prononcées : The Pansy Project (“pansy” est une de ces injures, un peu vieillotte).

La Sorbonne imaginaire de Robert Ludlum

L’auteur de The Bourne Trilogy n’a sans doute pas mis beaucoup de pieds en France… Ni visité nos formidables bibliothèques universitaires. Sa Sorbonne, mentionnée en passant dans The Bourne Identity est aussi farfelue que le Paris du DaVinci Code.
The Bourne Identity - Robert Ludlum
“One of the most extensive” !! ?? Des horaires d’ouvertures autres que “10h-16h” du mardi au vendredi ? Un “vestiaire” ??? Où se croit-il ?
Et pourquoi pas un “catalogue informatisé” tant qu’on y est ! [Note : je n’ai jamais mis les pieds à la bibliothèque de Paris 4… Il se peut qu’elle ressemble à la description ludlumesque, mais je doute.)
En attendant Harry Potter and the Deathly Hallows (qui sera dans mes mains, je l’espère, à 1h01 le 21 juillet…) Ludlum offre quelques amusements.

Recrutements universitaires dans Le Monde

La foire à l’embauche par François Clément (stéréotypé, malheureusement)
Recrutement, autonomie et clientélisme, par Olivier Godechot (programmatique)
A lire et à commenter.
En document à lire aussi, le Projet de loi sur l’université (PDF), (c’est le document de travail du gouvernement, je ne sais pas quelle version).
A commenter aussi.
Mise à jour : diverses réactions sur internet : Sans-Objet; affordance; EW-Econ… et en commentaires.
2e mise à jour : Chez Tom Roud, ou ici, ou encore chez Droit Devant
3e mise à jour : Les réactions s’empilent, directement, sur le site d’Olivier Godechot

Paris 8 dans le Canard enchaîné

Je ne sais pas vraiment ce que le Canard enchaîné trouve à Paris 8… Cette semaine, c’est le troisième article en quelques mois (après deux précédents consacrés à l’ancien président, Pierre Lunel — biographe de Bob Denard. « La fac de Paris-VIII, vitrine de la grande misère des universités »… avec, en sous-titre : “la ministre Valérie Pécresse pourrait en faire l’un des symboles de la nécessaire réforme”.
L’article commence par certains “mots doux” adressés à l’encontre de l’université : “usine à chômeurs”… sans rappeler l’état de délabrement des locaux (entretien absent, toilettes qui fuient jusque dans les couloirs, revêtement de sol qui se délite, portes qui ne ferment plus, faux plafonds qui tombent — sur les étudiants ou les enseignants, absence de savon à côté des lavabos…). Pour se faire un exemple, il suffit de jeter un coup d’oeil à une série de photos de Paris 8, que Marie Ménoret et moi-même avons fait… rien n’a changé depuis trois ans que j’y enseigne. C’est plus que sale, c’est dégoûtant.
L’absence de financement de l’université française est criant, mais dans le cas de Paris 8, c’est plus qu’un cri… (et le Canard Enchaîné décrit assez bien la situation).
Il serait étrange que cette université, fondée sur des principes gauchistes, soit “sauvée” par la droite, sur des principes tout autres, mais c’était un peu la teneur de certains bruits de couloirs, hier. Sur quels principes : avant tout la rentabilité… une partie des personnes interrogées par le Canard faisant partie des pôles rentables de l’université. Mais on ne sait pas ce que la Pécresse mentionnée en sous-titre propose.
Un collègue, appelé depuis à joindre l’un des sommets de la hiérarchie universitaire, se demandait à haute voix, il y a quelques années, pourquoi le Conseil Régional de l’Ile de France, ou plutôt le Conseil Général de la Seine Saint Denis, ne déclarait pas Paris 8 université “prioritaire” — en la finançant au niveau auquel ses équivalents européens financent les universités régionales. Que les acteurs politiques locaux s’intéressent à l’université locale lui semblait plein de bon sens. Il me semble, aussi, que “Paris”, jamais, ne fera de cette université de banlieue une université prioritaire (sauf à la transformer en college destinée au premier cycle universitaire).
Mais mon interrogation principale, pour le moment, concerne les raisons profondes de l’intérêt des journalistes du Canard.
Pour aller plus loin : Le début de l’article du Canard (sans le dessin hors propos de Cabu)

Antarès

Antarès… C’est pas le gardien des enfers ?
Etrange requête-google aujourd’hui : « affectation antares voeux algorithme ». Ce doit être un-e candidat-e classé-e 2e ou 3e sur un poste de maître de conférence et qui essaie de comprendre quelles sont ses chances, et surtout comment Antarès détermine les positions définitives en cas d’effet domino.
Pour les non-initiés, Antarès est le nom de la procédure officielle et en-ligne permettant au ministère de l’enseignement supérieur d’associer une personne à un poste. Après que les commissions de spécialistes ont classé les candidats, après audition (et si le Conseil d’administration de l’université a accepté ce classement… ce qui n’est pas toujours le cas), il reste aux candidats classés à “entrer leurs voeux”.
Imaginons que Fiona soit classée première à “Paris 18”, deuxième à “Caen 2” et première aussi à “Paris 5” : elle peut préférer choisir Paris 18… Elle peut aussi classer en premier choix “Caen 2”, si elle est certaine que le candidat classé premier à Caen 2, mais aussi classé premier au CNRS, préfère le CNRS. La situation est tendue pour Lola, qui est classée deuxième à “Paris 18” et Isabelle, qui est classée deuxième à “Paris 5″… Surtout si Lola est classée première à “Lyon 33” mais préfère “Paris 18” (et qu’elle est classée troisième à “Paris 5”)…
Comme il arrive que des personnes classées premières le soient à plusieurs reprises, les deuxièmes et troisièmes… importent beaucoup.
On m’a raconté l’histoire de X, qui était deuxième à l’université de XXX, qui savait que la candidate classée première, Y, avait préféré un poste ailleurs (où Y était classée deuxième, car Z, la première, avait préféré le CNRS). Mais X a oublié « d’entrer ses voeux » sur Antarès… La troisième classée à XXX, appelons-là W pour être clair, croyant que tout était bouclé, n’avait pas pris la peine d’entrer, non plus, ses voeux sur Antarès… C’est finalement le quatrième classé, V, qui avait obtenu le poste.
Comme quoi, l’administration informatisée produit des résultats.

Un wiki… pour quoi faire ?

La campagne de recrutement des maîtres de conférences en sociologie a presque pris fin, avec les dernières auditions à l’ENS de Cachan (il reste aux personnes classées à entrer leurs voeux sur ANTEE/ANTARES). Cette année, il a été possible de suivre, presque en direct, les décisions d’une partie des commissions de spécialistes. En mettant en place, il y a quelques semaines, un “wiki” permettant à quiconque d’apporter ses connaissances au plat commun, je n’imaginais pas l’intérêt des candidats : rien que sur le mois de mai, les pages /auditions/ ont reçu plus de 30 000 hits.
statistiques de visites
Rapidement, grâce à l’ANCMSP, à Liens-socio et à des sociologues tenant un blog, l’adresse du site a été connue et a circulé sur plusieurs mailing-listes. Je sais aussi que nombreux furent les futurs doctorants à consulter le site, que les longues attentes dans les couloirs des universités avant les auditions étaient l’occasion de discuter de cette initiative.
Je souhaite maintenant proposer une petite synthèse de cette expérience. Mais comme il me semble, personnellement, que la publication de liste a peu modifié mon travail de “spécialiste” membre d’une commission (à Paris 8, ainsi qu’à Paris 1, mais cette dernière n’avait pas de postes à remplir cette année)… je vais laisser grande la place aux commentaires reçus.

Un candidat m’écrit ainsi :

Je tenais à te féliciter pour ton initiative. Elle a formidablement fonctionné (TOUTES les personnes croisées en auditions étaient au courant). Et il est évident que ça répondait à un besoin. Je n’ai pas spécialement de remarque “constructive” à faire, hormis une proposition pas très originale : demander à ce que les prochaines commissions envoient les listes des auditions et des classés (avec la formule de rigueur sur le caractère non définitif de ces listes).
Voilà… sinon je suis un peu triste de ne pas avoir été auditionné à Paris 8, mais au moins je n’aurais pas subi la vexation de faire une “bonne audition” (dixeunt les membres des commissions de *** et ***) sans même être classé ensuite…

Quelqu’un d’autre, dans un mail, souligne les coûts psychologiques associés à la connaissance des concurrents :

Formidable boulot mis en place cette année. On est immensément nombreux à t’être reconnaissants. Pour ma part, au départ je ne voulais pas savoir qui était mes conccurents, autre que *** *** puisque depuis la mi-avril je savais que le poste avait été crée spécialement pour elle

Un maître de conférences dans un institut d’études politiques :

je suis convaincu de la pertinence de dispositifs de publication des résultats des CS pour introduire plus de justice dans le mode de recrutement des MCF et Profs. J’ai vu le fonctionnement de la liste Ancmsp et, pour tout dire, je pensais il y a deux ans que l’AFS ferait quelque chose dans ce sens. Il faut bien constater que cela n’est pas le cas et qu’une initiative plus décentralisée s’impose peut-être. En tout cas, bravo pour avoir d’ores-et-déjà fait quelque chose.

Une liste comprenant listes d’auditionnés et dates des auditions montre la concentration d’une partie des auditions sur certaines dates. Quelques candidats ont du choisir entre (au hasard) Pau et Mulhouse ou entre Monaco ou Dunkerque qui tenaient leurs auditions le même jour. Avec une quarantaine de postes ouverts lors de la première session il aurait été difficile d’étaler les auditions de manière à permettre à tous les candidats auditionnés de ne pas avoir à choisir…. mais un peu de coordination est possible. [Par exemple, l’année dernière, Paris 8 et Toulouse 2 avaient un poste au profil “rapports sociaux de sexe”, et le président de la commission de Paris 8 avait vérifié auprès de Toulouse 2 que les auditions n’auraient pas lieu le même jour.] En science politique, où les postes sont moins nombreux, l’action de l’ANCMSP a civilisé, après plusieurs années, une bonne partie des commissions : les sociologues résistent encore.
Critiques et propositions
Peu de critiques négatives. La première est venue d’un-e collègue dont le mail a la teneur suivante :

Tu n’as rien de lieux (sic) à faire, actuellement?
C’est vrai qu’il faut bien que la vie continue, avec toutes les petites affaires, mais quand même!

Pas très constructif…
Certaines commissions ont refusé le principe de la publicité des listes d’auditionnés ou de classés. Mais les candidats — qui ne connaissaient pas nécessairement l’opposition des commissions — ont ajouté ces informations sur le wiki.
Certains membres de commissions, contactés directement, ont parfois choisi de ne pas répondre. L’un d’entre eux ne se souvenait plus du nom des personnes auditionnées et ne pouvait donc me renseigner. Heureusement, là encore, des candidats avaient la mémoire plus vive.

Un autre :

Je n’ai pas de proposition très constructive à faire concernant votre initiative. Je me contenterai simplement de vous en féliciter car elle est bien utile dans ce petit monde qui n’aime guère la transparence.

La possibilité d’effets pervers
Un maître de conférence souligne un effet pervers possible de la publicité des décisions des commissions :

[…] bien qu’ancien responable national de [*** à] l’époque de ma thèse, je me pose beaucoup de questions sur la publication de noms avant la fin des procédures. Des informations plus limitées comme “pas d’auditions, mutation proposée” ou le nombre d’auditionnés me semblent préférables tant que les votes des CA ne sont pas passés. Par ailleurs, on a vu des candidats écartés de postes car la nouvelle de leur classement la veille comme premiers ailleurs avait fait l’objet de publicité. Même s’il est évident que les informations circulent souvent […] quand on souhaite que ce soit la valeur scientifique de son dossier (et non le copinage ou des décisions du type “mais de toute manière il est déjà pris là-bas”) qui permette éventuellement de se raprocher de ses jeunes enfants ou de son conjoint, on souhaiterait alors plus de discrétion.

Un candidat décrit le même processus :

D’abord merci pour ces publications qui ont finalement permis à chacun de suivre cette campagne et de connaître mieux l’état des concurrences et du marché…
Comme nous sommes aussi invités à faire quelques remarques je voulais aussi signaler deux cas qui me semblent relever d’un effet de la publication :
– d’abord un candidat qui classé premier sur une Université s’est vu donner comme motif de non classement le fait que déjà classé il avait été considéré comme quasiment hors concours, déjà servi… (ce qui peut être aussi finalement ennuyeux pour celui qui est second d’ailleurs…)
–  ensuite un effet d’anticipation : visiblement certaines commissions on du fait de la publication du nombre des auditions par candidat construit des classements tenant compte de la probabilité de recrutement des uns et des autres selon les lieux et nombre d’audition (un effet pervers bien sûr déjà connu mais peut être accentué par les publications…)
Bien sûr ces effets ne sont pas directement la résultante de la publication mais sans doute favorise-t-elle les calculs et autres anticipation qui sont au principe de certains de ces effets.
Cela étant je reste convaincu que la publication est une bonne chose. Ce qui sans doute révèle le plus ce genre d’effets c’est que la situation actuelle (nbre de poste/nbre de candidats) conduit les commission à faire tout autant de la gestion de stocks ou de file d’attente que de sélectionner des compétences.

La responsable d’une commission de spécialistes m’écrit aussi :

j’espère que de telles listes ne désavantageront pas les candidats qui sont susceptibles de se présenter à d’autres auditions….. Je pense que votre initiative est “bonne” mais je dois avouer que j’ai un peu peur que votre “site” soit consulté par des membres de CS et que les classements passés influencent les classements à venir !

Concernant le refus explicite d’une commission de diffuser les résultats de ses délibérations, un collègue m’écrit :

la majorité des membres refuse toujours de donner les noms des personnes auditionnées. La raison est
1) le rejet de tout principe centralisateur afin de préserver l’autonomie de chaque commission
2) le risque de faire du tort aux candidats en rendant l’information publique (risque que des candidats classés ou auditionnés dans une fac soient écartés ailleurs à ce motif…). Même si ces deux raisons me paraissent assez fantaisistes, je ne crois pas que la commission revienne en arrière pour cette année.

A la lecture de ces mails, il semble que l’anticipation d’effets pervers soit le risque le plus souvent mentionné pour refuser la publicité. De mon côté, pour avoir été membre d’une commission avant le wiki auditions et après le wiki auditions, il me semble que les informations (auditions, classements) étaient connues assez bien “avant” : en partie parce que l’on se renseigne — ou on est renseigné — sur certains candidats. On demande aussi aux candidats s’ils sont auditionnés ailleurs. Il ne m’a pas semblé que le wiki changeait beaucoup le fonctionnement des commissions. [Si des membres de commission ayant utilisé le wiki pouvaient laisser leurs commentaires, j’apprécierai beaucoup.]
En revanche, les personnes les moins insérées dans les flux de circulation d’information, dans les réseaux ou les mailing-listes, ont eu, cette année, accès à des informations peut être aussi valides que celles qui circulent “au centre”. Elles ont pu évaluer la force des candidatures locales, mais aussi les auditions multiples des candidats au CV bien rempli.
De plus, ces anticipations d’effets pervers ne prennent pas en considération ce qui se passe dans d’autres sections du CNU depuis plusieurs années. Qui, parmi les sociologues, a pris la peine de surfer sur la formidable Opération Postes des mathématiciens : flux RSS, CV en ligne, nombre d’auditions par candidats… L’Opération Postes est soutenue par les principales associations professionnelles de matheux, par les bureaux compétents du ministère de l’enseignement supérieur et de la recherche, etc…

Les candidats semblent ne pas percevoir aussi fortement les risques d’effets pervers. Certains voient au contraire dans une liste publique “un petit effet publicitaire”. Une candidate ainsi m’écrit :

Bravo pour cette formidable initiative pour rendre plus transparent le processus de recrutement aux postes de MCF.
J’y vois d’une part une manière pour les recruteurs de devoir “justifier” de leurs choix si ceux-ci s’avèreraient très étonnants aux vus du profil de poste et du profil des candidats.
J’y vois aussi un moyen pour les docteurs auditionnés de profiter d’un petit effet publicitaire qui, dans ce tout petit monde réputationnel, n’est pas nul. (Pour prendre mon cas particulier, qui sait, à part quelques personnes, que j’ai été auditionnée * fois l’an passé et classée ces * fois ? Pourtant il me semble que c’est important.)

Ajouter d’autres informations
Une collègue maîtresse de conférence souhaiterait un wiki similaire pour les postes de professeurs. Ces derniers n’étaient pas inclus : je pensais que le petit nombre de postes et le fait qu’ils sont de fait destinés à des maîtres de conférences en poste permettait aux candidats d’être plus uniformément informés.

Le problème est le même: tout est très secret et si on connaît quelqu’un, en effet, on peut obtenir des informations mais on ne les obtient pas toujours…. Il serait bien d’appliquer la même visibilité que vous avez créée pour les MCF à ces concours [de recrutement de professeurs], si jamais cela se révèle possible. La composition des commissions n’est pas non plus systématiquement communiquée pour ces concours et ici aussi les commissions jouent sur l’individualisation des candidats.

Une personne tout juste recrutée m’écrit aussi

Merci beaucoup pour l’initiative visant à rendre publique la liste des auditionnés et des classés en sociologie. Je regrette que les départements de sociologie soient très loin de tous jouer le jeu de la transparence. L’idéal, bien sûr, serait d’avoir également connaissance de la composition des commissions de spécialistes et le nombre de dossiers déposés…

Un autre candidat, dans un mail, propose :

Bravo pour votre initiative. J’espère qu’elle pourra être reprise par une structure comme l’AFS prochainement. A l’avenir, ne pourrait-on pas affiner les critères de sélection comme le lieu de soutenance de thèse, le nom du directeur de thèse des candidats et le laboratoire d’accueil, cela permettrait d’avoir notamment une vision plus précise sur le nombre de candidats locaux auditionnés et recrutés mais également d’examiner plus avant les jeux d’alliance potentiel au sein des commissions.

Il propose là un véritable programme de recherche !

Ce qu’il faudrait faire à l’avenir
– protéger le wiki contre les vandales (heureusement, aucun vandalisme n’a eu lieu cette année, mais il faudrait prévenir plutôt que guérir)
– y inclure un fil RSS (pour être automatiquement tenu à jour sans avoir à visiter le site)
– ne pas le faire seul (d’ailleurs, je ne le ferais plus : je veux bien consacrer une partie de coulmont.com au suivi des auditions, mais je suis prêt aussi à outsourcer l’administration à un groupe de trois ou quatre docteures ou doctorants).
– y ajouter la section 20 (anthropologie)
– recueillir la composition des commissions de spécialistes responsables des recrutements en section 19 ou 20 pour chaque université…

La discussion continue dans les commentaires.

Auditions MCF 2007 (socio)

Ma petite initiative — qui, je l’espère, sera reprise et renforcée par une association (AFS ? ASES ?…) l’année prochaine — porte quelques fruits. https://coulmont.com/auditions/ recense déjà les dates d’auditions d’une vingtaine de départements de sociologie… et j’ai reçu la première liste d’auditionnés, pour l’université de Limoges, liste placée, pour éviter les mauvaises plaisanteries ou les erreurs de manipulation, sur une page verrouillée.
D’autres listes devraient suivre prochainement.
Mise à jour (samedi 5 mai) : la décision de la Commission de spécialistes 19e section de Poitiers est en ligne.
Deuxième mise à jour : en attente du classement complet de la commission de spécialistes de Caen (je n’ai pour l’instant que le nom de la personne classée n°1)

Auditions sociologie 2007-1

Je connais plusieurs candidat(e)s à un poste de maître de conférences en sociologie, dont une partie est auditionnée (à Dauphine, Caen ou Nice) dès la semaine prochaine. Malheureusement ces universités ne rendent pas publique la liste des auditionnés, ni le classement. Un manque de transparence difficile à comprendre.
Des disciplines autres que la sociologie (le droit administratif avec le blog de Rolin, les mathématiques avec l’Opération Postes, la science politique avec la liste de diffusion de l’ANCMSP…) ont des dispositifs de centralisation.
Je propose ici, modestement, la possibilité d’utiliser les commentaires, ci-dessous, ou ce wiki auditions en socio pour constituer des listes d’auditionné-e-s et de classé-e-s. (En espérant que cet appel sera relayé dans la blogosphère académique, chez mes collègues sociologues Fernandez, Zunigo, Auray, Rimbert, Lemieux, Dubet… qui pourraient avoir eu vent des auditionnés dans leurs universités).
[Note : Au département de sociologie de Paris 8, dates et listes sont/seront affichées sur le site.]

Quelques blogs

Quelques blogs universitaires :

  • Alain Bertho, professeur d’anthropologie à l’université Paris 8, semble avoir mis en place (ou fait mettre en place) un blog sur wordpress.com. Pour l’instant limité à une bibliographie et une liste des “dorctorats” (sic — corrigé depuis). Signalons un article Du « grondement de la bataille »à l’anthropologie du contemporain, qui commence par ces mots énigmatiques :

    L’identification de la métropole comme espace productif et stratégique pour l’hégémonie du travail immatériel et de la multitude est une étape importante qui semble à peu près réalisée.

    Aaah ?…

  • Olivier Orain, géographe au CNRS, propose “Esprit Critique” sur over-blog. Le projet semble ambitieux : espérons qu’il tiendra la longueur de l’engagement et l’ascèse que demande un blog.
  • Laurent Barry, aussi anthropologue, à l’EHESS, propose des réflexions sur la parenté et des fenêtres sur ses travaux.