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Archives de la catégorie : 'Université'

Le bilan des qualifications…

Comme chaque année à la même époque, le Bilan des qualifications aux fonctions de maître de conférences et de professeur pour la section 19 (sociologie-démographie) du CNU est publié :

394 candidats ont présenté un dossier complet. Parmi eux, 199 sont des hommes et 195 des femmes, ces dernières étant en moyenne plus jeunes (36,4 ans) que les premiers (37,5 ans). 55,8% des candidats ont été qualifiés, soit un taux comparable à celui de l’an passé (56,3%). Les femmes (59,5%) sont à nouveau plus souvent qualifiées que les hommes (52,3%). L’âge moyen des candidats à la qualification (37 ans) est très proche de celui de l’an passé (36,9 ans) et il joue un rôle important dans la qualification. Il s’élève à 35,6 ans pour les qualifiés, contre 38,7 ans aux non qualifiés, la précocité étant manifestement toujours une valeur reconnue par le système scolaire. Cette année, le qualifié le plus jeune a 26 ans et le plus âgé 57 ans.

anciens bilans : 1998-2007

Des toilettes publiques aux sex-shops : commerces sexuels

affiche presentation coulmont humphreys parisVIIIConférence-débat (entrée libre) à l’université Paris VIII, le Mercredi 25 avril 2007 — 16h-18h
Présentation/Débat autour de deux livres :
HUMPHREYS, Laud : Le Commerce des pissotières, traduit de l’anglais par Henri Peretz, Paris, éditions La Découverte, coll. “Genre et sexualités”, 2007 [édition originale “Tearoom Trade”, 1975, New York, Aldine de Gruyter]
COULMONT, Baptiste : Sex-shops, une histoire française (avec Irene Roca Ortiz), Paris, éditions Dilecta, 2007
En présence de
Eric Fassin, sociologue, américaniste, Ecole normale supérieure – Directeur de la collection “Genre et sexualités” aux éditions La Découverte, auteur de la préface du Commerce des pissotières
Henri Peretz, sociologue, université Paris 8, traducteur et auteur de la postface au livre de Humphreys
Jean-François Laé, sociologue, université Paris 8
Baptiste Coulmont, sociologue, université Paris 8
«Salle de la Recherche» – Bibliothèque universitaire – Université Paris 8 (M° Ligne 13 – Saint-Denis Université -2 rue de la Liberté, 93 Saint-Denis)
Sur Laud Humphreys (sociologue américain décédé à la fin des années 1980), il est possible de consulter cette page (en) ou celle-ci (en). Le Commerce des pissotières sortira le 12 avril 2007
Sur Sex-shops, une histoire française, une page spécifique est consacrée : https://coulmont.com/livres/. L’ouvrage sortira le 20 avril, mais il est déjà en vente directement auprès des éditions Dilecta – ventes@editions-dilecta.com

Les «étranges pratiques»

Le Parisien affiché dans l'universitéHier, Le Parisien publiait, dans la rubrique “Faits Divers”, juste au dessus d’un article sur les aveux d’un violeur-assassin, quelques colonnes sur “Les étranges pratiques de l’ancien patron de la fac”. En quelques heures, les photocopies de l’article se retrouvaient affichées un peu partout, et des scans plus ou moins bien effectués envahissaient les boîtes à mail.
Cet article, apparemment bien renseigné (mais qui donc fait “fuir” les informations ?), mentionne “un contrat […] conclu en 2004 entre l’université et un cabinet d’audit sans appel d’offre, alors que le montant (plus de 100 000 euros) l’aurait exigé. Ce cabinet [était] dirigé par un enseignant associé de l’université”. Le Parisien mentionne aussi « le mystérieux rapport sur l’IUT », qui avait “mis en lumière des dysfonctionnements”… mais personne ne se souvient où ce rapport a été rangé.
« L’ancien patron » étant juriste je vais éviter un moment de recopier l’article.

Papier toilette

Sur le site de l’université Paris 8 :
Marchés publics : fourniture de papier toilette : “date limite de remise des offres : 5 avril 2007 12h00” :

Le marché a pour objet la fourniture de
– Papier toilette
dont les caractéristiques sont décrites dans le document « liste et caractéristiques des fournitures » joint au présent règlement de consultation.

Vous êtes gentils, lecteurs, donc voici les caractéristiques demandées :

PAPIER MICRO GAUFFRE
(Par 96) BLANC Rouleau de 160 Feuilles

Ce n’est pas ça qui va sauver l’université française, mais c’est un début…

Cours et bref

Thésard, une vie de loser, par Clarisse Buono, dans Libération aujourd’hui.

Qui a conscience de la façon dont se traduit la paupérisation des jeune surdiplômés aujourd’hui ? S’il est entendu que se lancer dans une carrièr de chercheur n’a jamais été une sinécure, le quotidien de nombreux jeune chercheurs de nos jours tient du sacerdoce.

[Qu’en pense Sans Objet ?]
[De Clarisse Buono a été publié récemment Félicitations du Jury]
L’éducateur et le photographe, par Jean-François Laé et Numa Murard, Mouvements, hier

D’un côté : L’insalubrité, le pauvre, l’enfant en famille ; de l’autre : les lieux de rédemption, le foyer pour célibataires : à Montréal, entre 1937-1955, la photographie renseigne la médecine et le travail social.
Tant en Angleterre qu’en France, aux Etats Unis qu’au Canada, le pauvre est, on le sait, l’objet d’une remarquable attention à la fin du XIXe et au début du XXe siècles. Fruit de l’industrialisation, cette figure se fragmente en autant de lieux que de milieux. Or, cette fragmentation des lieux se décuple avec la photographie, déjà très présente dans l’activité médicale et psychiatrique ainsi que dans l’ethnologie folklorisante des Indiens d’Amérique. Soudain l’image violemment montre l’insupportable.

Poste — poste à moustache, par Saskia Cousin, EspacesTemps.net… au sujet des recrutements universitaires :

Surtout, l’on ne peut que conseiller de conserver le sens de l’humour, bouclier indispensable en cas de situations désespérantes. Désespérantes mais non désespérées : il ne faut pas oublier tout de même que les bonnes surprises n’arrivent pas qu’aux autres, qu’il existe des postes imberbes (sans « moustache »), des commissions vraiment à la recherche d’un candidat qui recrutent d’illustres inconnus parce que leur dossier, leur motivation et leur audition remportent l’adhésion.

[Rappel : une discussion sur les moustaches des postes]
L’Énervé donne quelques conseils pour la constitution des dossiers de candidature aux postes de maîtres de conférences :

Appeler les gens. Un enseignant-chercheur est par définition rattaché à une composante d’enseignement (un département d’enseignement, une UFR, etc.) et à une composante de recherche (un labo). Les noms et les emails des responsables de ces composantes sont mentionnés dans la définition du profil, n’hésitez pas à les appeler.

Le même Énervé propose une série de conseils précis concernant la présentation analytique :

pensez à structurer votre CV! les rapporteurs risquent d’avoir beaucoup de dossiers à lire, en particulier pour les postes de maîtres de conf! un dossier bien présenté les disposera en votre faveur. Mon conseil:…

[C’est à lire en complément de nombreux conseils, parmi lesquels mes conseils concernant la rédaction des “CV analytiques”…]

Mise à jour : le commentaire de Sans Objet à la tribune libre de Clarisse Buono dans Libération.

Anthropologies du même, de l’autre et du similaire

En 1956, l’anthropologue Horace Miner (1912-1993) publie, dans la revue American Anthropologist, un petit article (moins de 5 pages) intitulé Body Ritual among the Nacirema [Miner, Horace M., “Body Ritual among the Nacirema”, American Anthropologist, 58:3, June 1956, 503-507 – Body ritual among the Nacirema en PDF].
Que celles et ceux qui n’ont pas lu cet article le lisent avant d’aborder la suite… “Spoiler Alert” !
Miner écrit en introduction :

Nacirema culture is characterized by a highly developed market economy which has evolved in a rich natural habitat. While much of the people’s time is devoted to economic pursuits, a large part of the fruits of these labors and a considerable portion of the day are spent in ritual activity. The focus of this activity is the human body, the appearance and health of which loom as a dominant concern in the ethos of the people. While such a concern is certainly not unusual, its ceremonial aspects and associated philosophy are unique.

Les lecteurs attentifs auront remarqué un usage puissant de termes objectivants (comme “ritual activity”, “ethos”, “ceremonial aspects and associated philosophy”… Les plus attentifs auront même remarqué que Nacirema, à l’envers, se lit americaN
J’ai découvert ce texte en lisant un article d’Alykhanhthi Lynhiavu publié dans la revue Multitudes l’été dernier [voir aussi ce texte]. J’ai d’abord cru qu’«Alykhanhthi Lynhiavu» était un pseudonyme, mais non…
Cet article, Nacirema : histoire d’un hoax en ethnologie est fort intéressant, mais commet plusieurs erreurs :

Dans ce canular qui dénonçait le refus de la diversité culturelle dans la démarche anthropologique et qui berna la fameuse revue American Anthropology, on ne sait précisément ni quand ni comment ni par qui l’imposture fut finalement révélée.

C’est parceque la “fameuse revue” n’a jamais été bernée : Miner avait, avant de l’envoyer à A.A., essayé d’y intéresser le New Yorker… Et l’éditeur de la revue ne cesse, dans l’introduction du numéro, de forcer le trait :
“Pendant toutes les années où nous avons assisté à la Cérémonie de l’Intichiuma que l’on appelle, dans notre jargon, le Annual Meeting, nous avons entendu, répété, ce débat autour de la fonction propre de la revue (…)” Et la même personne, quelques numéros plus loin (à la fin de l’année 1956) décrit, dans l’éditorial, l’article de Miner comme “un exemple individuel [de recherche] récalcitrant” à toute classification. Wink wink…. Horace Miner et Alan Sokal n’avaient pas les mêmes intentions…
De même : peut-on dire, simplement, que cet article “dénonçait le refus de la diversité culturelle dans la démarche anthropologique” ? On constate à la lecture que la démarche anthropologique proposée par Miner voit de l’Autre, de la Diversité, là où il ne devrait pas y en avoir, puisque c’est un “native” qui étudie des “natives” et que sa seule différence est sa culture anthropologique, qui lui fait voir le monde de manière “objective”. L’un des ressorts de l’article est de commencer par placer les Nacirema relativement à d’autres peuples, tous Indiens… et les lecteurs en concluent trop rapidement que les Nacirema sont, eux-mêmes, un certain type d’indigènes. Indigènes, ils le sont. D’un certain type, non.

Body Ritual Among the Nacirema peut alors être lu de plusieurs manières, ce qui en fait la richesse… et ce qui l’a fait devenir un “charmant petit classique” :

  • soit comme une critique de la mauvaise anthropologie (l’application immodérée de concepts tels que “magie” ou “rituels” à tout bout de champ), et dont on trouverait — si l’on souhaitait être injustement méchant — des exemples récents, dans Un ethnologue à l’Assemblée de Marc Abelès « tentative d’ethnologiser les députés français en usant des ressources habituelles à l’étude des sauvages » écrit Bruno Latour. C’est peut-être une forme de relativisme culturel qui est visée…
  • soit comme une critique de l’ethnocentrisme (l’application de ses propres schèmes de pensée, culturels, à d’autres sociétés et la croyance associée en leur supériorité) du type Lettres persanes, avec ceci de différent que c’est un auto-ethnocentrisme qui est à l’oeuvre (l’usage de catégories “modernes”, “scientifiques”, pour décrire — en le repoussant dans le “primitif” — le monde moderne) ;
  • soit — et c’est plus complexe — comme une critique du “grand partage” entre irrationalité rituelle et rationalité pratique : les Nacirema sont décrits comme de grands capitalistes (le marché est l’institution la plus importante) et, simultanément, de grands utilisateurs de magie pratique. Comment cohabitent, dans l’exemple fictif proposé par Miner, divers usages de la causalité ?

L’étude de Miner sur les Nacirema a donné lieu à plusieurs types de “suites” :
D’un côté, à quelques études qui appliquent le naciremisme aux anthropologues eux-mêmes (voir par exemple Walter Goldschmidt, “Clan Fission among the Ygoloporthna: A Study in Dysfunction”, American Anthropologist, Vol. 88, No. 1. (Mar., 1986), pp. 172-175.)

Mais aussi, étrangement, certaines “suites” se trouvent dans des études citant l’article de Miner non pas comme un canular, mais comme l’observation sensée de la société de spectacles corporels américaine (un point qu’Alykhanhthi Lynhiavu souligne dans son article) Est-ce seulement une blague, l’article de Miner ? Non, pas pour l’ensemble des anthropologues :

As Horace Miner’s 1956 paper on ‘Body Ritual among the Nacirema’ (‘American’ spelt backwards) clearly showed, body rituals were central to the rapidly expanding consumer culture of the most dominant western market society in the postwar era. In this context, individuals conducted the many rituals enacted on the body on a daily basis in the privacy of the bathroom ‘shrine’, as opposed to public ceremonies. Further, in contemporary consumer culture, dress, demeanour and cosmetics are important markers of lifestyle and social class. Consequently, women are constantly being invited to transform themselves by doing something to their bodies. This notwithstanding, the public signification of the body as a marker of the individual’s status, age, family, sex and tribal affiliation is more clearly symbolised in pre-modern societies, and anthropology in the nineteenth century started out by focusing on these sites.
source : Body, Dance and Cultural Theory, chp.1 (Palgrave ed.)

Enfin, et c’est de cette manière que j’ai, très récemment, utilisé l’article, Body Ritual among the Nacirema sert d’introduction à la “pensée sociologique”. Un article synthétise ces usages, Student Reactions to Horace Miner’s Body Ritual among the Nacirema, de Lynn Thomas, sans minimiser les problèmes d’interprétation que pose cette réflexion sur l’ethnocentrisme, le vocabulaire anthropologique, les faiblesses de l’un, les mécompréhension de l’autre…

Recrutements universitaires (session 1 – 2007)

Au journal officiel ce matin, l’arrêté du 16 février 2007 sur les postes de professeurs et l’arrêté du même jour sur les postes de maîtres de conférences ouverts au recrutement.
En sociologie, je compte 40 postes de MCF dont un fléché “Université Paris-VIII : sociologie du travail : 0210 S.” à Paris 8.
mise à jour : en consultant cette liste, un cher camarade commente : « quelle déprime : tous les postes sont à moustache… »

Mise à jour :
1- mes conseils de rédaction de CV analytique pour les commissions de spécialistes ;
2- les petits arrangements

Commissions de spécialistes

Cette année, si j’ai bien compris, les “commissions de spécialistes” de l’enseignement supérieur sont révisées et élues pour les quatre ans à venir. Ces commissions importent, ne serait-ce que parce qu’elles sont responsables des recrutements (les candidates sont évaluées par les “com’ de spé”). Elles sont souvent accusées — à raison ? — d’être les bastions verrouillés du mandarinat sclérosé [et masculin], les tenants corrompus du localisme effréné :
Ainsi Petits crimes contre les humanités de Pierre Christin commence-t-il par une scène, il est vrai criante de réalisme, mettant en scène un candidat et une commission :

Alors qu’il s’éloignait vers l’escalier, Simon aperçut les lunettes scintillantes d’espoir du dernier candidat, qui ouvrait respectueusement la porte de la salle aux tables en U, et il devina une sorte d’onde bienveillante, comme une odeur de bonne cuisine se propageant jusque dans le couloir. Chacun des membres du jury savait d’avance, tout en pensant de lui pis que pendre, que ce bafouilleux binoclard serait adoubé haut la main. Celui-ci pouvait donc faire son entrée dans le petit cénacle sans avoir rien à redouter, sauf cas d’aphasie totale, et encore. […]
Quelques récits plus ou moins objectifs – voire subtilement destinés à déstabiliser ceux dont le tour n’était pas encore venu – avaient filtré dans le corridor où la quinzaine de candidats, pour la plupart fraîchement débarqués de la gare par le bus à soufflets, attendaient par roulement, près de la machine à café indisponible.
Il y avait eu l’inévitable passe d’armes théorique entre les modernes et les anciens parmi les membres du jury. Avec ce paradoxe fatigant que les enseignants entrés dans le sérail vers les années 70, alors tout nimbés d’avant-gardisme conceptuel et se faisant un plaisir de disqualifier la pensée universitaire à l’ancienne, avaient eux-mêmes vieilli sur place et faisaient désormais figure de rabâcheurs aux yeux des nouveaux venus. Les anciens modernes étaient devenus anciens tout court mais les nouveaux modernes ne se piquaient pas pour autant de modernisme, ce qui rendait les échanges assez confus. Le malheureux auteur d’une recherche sur la littérature ouvrière dans le Nord-Pas-de-Calais qui en avait fait les frais ne voyait d’ailleurs toujours pas en quoi la querelle le concernait, mais avait bien saisi que ses chances de décrocher le poste en étaient sorties ruinées.
[…]
Il y avait bien entendu eu les questions concernant la résidence sur place, questions à la tonalité en principe bienveillante, voire familiale, mais en réalité destinées à écarter les intrus, à moins qu’il ne s’agisse d’abréger les douleurs de ceux qui n’avaient vraiment aucune chance tant leurs travaux étaient nuls (chose ne se disant jamais de face). Nous voyons sur votre dossier que vous avez déjà deux enfants et que votre épouse (époux) travaille dans le privé?
[…]
source Petits crimes contre les humanités (achetable sur amazon.fr) de Pierre Christin

L’on trouve, sur certains blogs, des sortes de conseils renforçant cette impression :

tu peux toujours réseauter pour avoir un rapport de force favorable au sein de la com’ de spé. y a pas des mandarins prêts à te soutenir? […]
je ne sais pas comment c’est dans ton domaine, ou dans cette université en particulier, mais en général, en France, tu ne t’en sors pas tout seul…
Asbel

…et aussi sur le site du Sénat, qui avait, il y a quelques années, rendu un rapport qui laissait la parole à des témoignages reçus par mail :

le problème majeur est qu’avec la meilleure volonté du monde, une commission de spécialistes ne peut même pas choisir un candidat non local quand le profil affiché pour le poste prolonge trop précisément les activités d’un laboratoire local : les étudiants issus de ce laboratoire seront forcément les mieux placés pour occuper un tel poste. Il faut donc travailler à contrôler les profils des postes en diminuant leur précision (aussi bien en termes de laboratoire d’affectation que de thématique de recherche).
source : senat.fr

Mais, dans toutes ces descriptions, le processus de composition des commissions est passé sous silence. Ce sont des commissions “en fonction” qui sont décrites. Il serait peut-être intéressant de comprendre comment ces commissions sont élues, même si j’ai peu d’information à ce sujet.
Il n’empêche, ces procédures ne sont pas sans générer quelques tensions. Et cet exemple, assez récent, dans une université que je ne nommerai pas, en donnera illustration :

À l’attention des personnels enseignants
Cher(e)s collègues
Le Bureau de l’Université du ** février 2007, après le Conseil d’Administration restreint du ** février, a été saisi d’un certain nombre de difficultés concernant le dépôt des listes pour les élections aux Commissions de spécialistes prévues pour le ** février 2007.
Des dysfonctionnements ont conduit à un traitement inégal entre collèges électoraux et sections disciplinaires.
En conséquence, dans la mesure où des recours ont d’ores et déjà été introduits et en raison de risque de multiplication de ceux-ci, le Bureau a proposé au Président de prendre la décision d’annuler la procédure en cours et de reporter les élections.
J’ai donc décidé de retirer l’arrêté du ** ** ** et de promulguer un nouvel arrêté portant convocation pour un nouveau scrutin.
Vous trouverez en annexe ces deux arrêtés ainsi que le nouveau calendrier fixant les dates successives des opérations électorales.
Conscient des inconvénients divers qui sont susceptibles de résulter de ma décision, je reste néanmoins convaincu de la nécessité de garantir la sécurité juridique des élections.
Persuadé de votre compréhension,je vous adresse mes salutations les plus cordiales.

Les “recours” mentionnés sont-ils des contestations au tribunal administratif ? On remarquera en passant que ces recours semblent fréquents dans les élections universitaires (il y en a parfois dans les élections aux conseils d’UFR)… mais semblent peu fréquents pour contester les décisions de recrutement que font les commissions de spécialistes (un révélateur des inégalités, sans doute).
J’ai bien conscience que ce billet n’est pas très dense, et qu’il y aurait plus à dire des commissions de spécialistes et de leurs élections. Je laisse les commentaires ouverts et accueillerai avec joie d’autres descriptions.

Chose utile : Actes de la recherche en sciences sociales sur persee.fr

La revue Actes de la recherche en sciences sociales — l’une des plus importantes revues de sociologie française — qui était déjà en partie sur cairn.info est maintenant entièrement en ligne (1975-2003) sur persee.fr.
Ce sera l’occasion, pour de nombreux collègues, de relire calmement certains articles. Parmi mes préférés : La constitution du champ de la bande dessinée de Luc Boltanski (dans le numéro 1.1 de 1975).

Petites choses intéressantes du dimanche, publiées le vendredi

Toujours sans copier phnk (il en est au volume 46…) :

  • Eklektik, doctorant, fait part de ses difficultés à obtenir de son directeur de thèse une présence minimale :

    Comme je compte m’inscrire à la biblio de science-po pour avoir accès à de la documentation sur la Russie, j’ai besoin d’une attestation de mon directeur de thèse. Or celui-ci ne répond jamais à mes mails (des amis connaissent la même situation), je suis donc allé today à sa permanence, il était pas là, il n’y a d’ailleurs plus d’horaires de permanence affichés (génial). Parti donc voir la secrétaire du département, qui m’a expliqué qu’il lui a interdit désormais de donner des attestations en son nom aux étudiants… Elle ne peut rien faire, ne l’a pas vu depuis belle lurette, ne sait pas s’il est sur Paris. Déja ya quelques mois, j’avais besoin d’une lettre de recommendation pour postuler à une bourse de mobilité mais il n’avait pas répondu aux mails et le délai de dépôt de dossier avait expiré… génial.

  • Jean Baubérot connaît les blogs, mais il réinvente aussi le flux RSS :

    Plusieurs internautes qui ont mis ce Blog parmi leurs “favoris” me signalent que, lorsqu’ils cherchent à savoir s’il y a de nouvelles Notes sur le Blog et qu’ils cliquent, ils sont renvoyés à d’anciennes Notes de la rubrique “Actualité”… comme s’il n’y avait pas de Notes depuis longtemps. Je leur indique
    […] que s’ils ont des difficultés à parvenir à ces Notes, il leur suffit d’aller sur Google, de taper “Baubérot” et là, dès le début de la première page, ils ont (en vert) la référence du Blog, ils (elles) cliquent et (normalement) trouvent la dernière Note.

    Il a déposé le brevet 2007-BH255461X concernant le baubéRSS (XML-transitional-àlamain).

  • L’ouvrage de l’ancien président de Paris VIII, Pierre Lunel, Fac, le grand merdier ? circule, en version PDF scannée (un peu comme le Grand Secret de Gubler en 1996), de mail à mail autour de l’université. Extraits :

    Le bureau présidentiel est un cadre pittoresque, tout entier recouvert de bois, ce qui m’apparaît vite oppressant. Il faut transformer cela. Le service général, qui dans les universités comprend une flopée de corps de métier (menuisiers, peintres, etc.), se met en quatre pour me satisfaire. Rien à ce moment-là n’était assez beau, ni assez rapide, pour le nouveau président. Cette redécoration complète du bureau, quel qu’en soit le résultat esthétique, déplaît à certains, considérant que je dilapide le « patrimoine familial » à des fins personnelles. (…)
    Je m’empresse d’adresser un courrier au personnel IATOS pour lui signifier à mots couverts que c’est l’hôpital qui se fout de la charité, et que puisqu’ils attachent tant d’importance aux sorties budgétaires, il est temps pour tous de faire des économies. Après tout, ce n’est pas difficile d’éteindre la lumière en
    sortant d’un bureau, d’une salle de cours ou d’un amphithéâtre, de fermer un robinet, ou d’éviter d’appeler des téléphones portables pendant des heures à partir de postes fixes.

    La semaine prochaine, je vous donnerai à lire les pages où Lunel donne des conseils de mode et de coiffure au monde enseignant… Et là, c’est l’hôpital tout entier — avec les cliniques privées — qui se moque de la charité.

  • Mon collègue Claude Dargent, professeur au département de sociologie (c’est la même personne que ce Claude Dargent là) est candidat socialiste à la députation, dans le 15e arrondissement. A la pointe du progrès, il propose à l’écoute ses podcasts participatifs, sur son blog.
  • Ai-je bien lu ?

    Le vendredi 16 mars 2007 la Fête des Fous aura lieu à Paris 8.
    Mais qu’est ce que c’est ? Tous vos projets les plus frappadingues sont les bienvenus ! Tout le monde peut proposer son animation, quelle qu’elle soit sur toute la fac, par exemple un spectacle, une expo, un atelier…
    La fête sera aussi l’occasion de se déguiser, de changer le quotidien. La fête de fous, une fête dont fous [sic] êtes le héros.

    Sans doute… sans doute

  • Toujours à Paris VIII, le professeur Pierre Bayard (littérature française) écrit un livre destiné à apprendre à parler des livres qu’on a pas lu. Je ne l’ai pas lu, mais je suis certain que c’est tip top ! (J’en ai lu d’autres, des Bayard). Sur France2, Philippe Tesson n’apprécie pas. Cela donne le mauvais exemple :

    Les premières pages de Comment parler des livres qu’on n’a pas lu sont sur le site des Editions de Minuit. Toutes les autres pages sont sur amazon.fr. Les journalistes adorent ce livre. Enfin un universitaire légitimant leur pratique professionnelle ?