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La rentrée à Paris 8, édition 2012

Rarement rentrée universitaire aura été aussi catastrophique. A Paris8, depuis deux ans, un logiciel est censé géré toute la scolarité des étudiants, mais il n’est pas fonctionnel. « Apogée » — le nom de ce machin — a été mis en place aux forceps, sans période d’adaptation, et depuis deux ans, des problèmes, qui n’avaient pas été réglés en septembre 2010, s’accumulent, se multiplient, d’ajoutent, se diffractent, forment des rhizomes…
Un exemple : l’année dernière, un bon étudiant avait accumulé suffisamment de crédits pour être inscrit en 3e année de licence… Mais « apogée » n’arrivait pas à additionner ses crédits. Donc : pour apogée, l’étudiant ne pouvait pas être en L3, mais pour le département de sociologie, cet étudiant avait bien la possibilité de suivre les cours, de passer les examens, etc… Cet étudiant a donc obtenu sa licence (selon le jury), mais comme le logiciel ne lui permettait pas l’inscription administrative en 3e année de licence, l’étudiant devrait se réinscrire cette année pour qu’apogée puisse faire l’addition de ses crédits.
Des problèmes comme celui-là, 175 étudiants les ont signalés, par écrit, au secrétariat de la licence de sociologie. Ces 175 problèmes généraux forment plus de 500 problèmes “atomiques” : question de note non entrée, de notes “qui ne remontent pas”, de crédits non pris en compte etc… Mes collègues ont résumé cela sur le site du département de sociologie.

Parce qu’apogee ne fonctionne pas, depuis deux ans les différents départements ont du développer en interne des solutions leur permettant d’assurer le suivi de la scolarité et des études des étudiants. Tel département a mis en place un fichier Excel relié tant bien que mal à apogee, tel autre gère l’entièreté des crédits “à la main” (dans des fichiers papiers), tel autre a choisi de ne se fier qu’à Apogee (vaille que vaille)… Et parfois, d’une année sur l’autre, les solutions imaginées ont du être modifiées, parce qu’elles ne permettaient plus de gérer la complexité.

Voici comment un collègue me résume la situation dans un autre département :

J’ai parlé vendredi avec le malheureux maître de conf qui en […] s’occupe d’Apogée. Ils n’utilisent pas Apogée, font tout sur excel et introduisent seulement les moyennes globales au niveau du L 1, du L 2 puis du L 3. Quand aux étudiants d’autres disciplines, ils leurs donnent des bouts de papier…

Comprenez bien ceci : les étudiants de ce département ont donc bien leurs crédits, et leur diplôme, mais plus aucune trace des cours individuels qu’ils ont pu suivre. Pour l’instant, ça marche, les diplômes sont délivrés. Mais dans 5 ans, 10 ans ou 15 ans cela posera problème.

Dans n’importe quelle organisation, face à ces bricolages, des discussions auraient eu lieu, des personnes embauchées pour aider les départements à faire la transition d’un logiciel vers un autre. Mais pas à Paris 8.

Il y a plus de six mois maintenant, un collègue adressait une lettre au président de l’université, dont voici un extrait :

” (…) la seule inscription, manuelle, des étudiants aux cours de sociologie dans Apogée aura mobilisé 5 personnes (3 secrétaires et 2 enseignants-chercheurs) à plein temps sur 10 jours, et ce sans tenir compte des situations problématiques et du temps nécessaire à leur résolution. Une telle procédure, extrêmement consommatrice en temps, demandant d’attendre la fin du semestre et nécessitant une très grande vigilance ainsi que la mobilisation intense des enseignants-chercheurs, n’est pas envisageable comme procédure habituelle. C’est un mode de gestion ponctuel d’une situation de crise (…)
Pendant ces dix jours, deux tutrices, de 9 heures jusque 21 heures ont porté à bout de bras cette procédure. La survie de notre licence ne repose que sur l’investissement quotidien, de bonne foi et à plein temps de ses deux responsables, au détriment de toute autre tâche, qu’elle soit d’enseignement ou de recherche, ainsi que sur la bonne volonté de deux tutrices dont ce n’est assurément pas le rôle. A ce stade, je peux témoigner de l’état d’épuisement des troupes et de ma grande inquiétude “

Ce collègue n’aura pas été entendu : il lui a été dit que tout allait bien dans le reste de l’université… alors que d’autres départements, un peu avant ou un peu après, faisaient le même signalement. Il ne faut pas me croire sur parole : mais lisez simplement la profession de foi d’un candidat à la vice-présidence du CEVU de Paris8, anciennement membre du Conseil d’administration, qui ne mentionne à aucun moment les problèmes liés à ce logiciel… alors que le CEVU est spécifiquement en charge de la “vie étudiante”. [Notons qu’il ne mentionne pas non plus la situation des toilettes, mais qu’il met en avant la politique d’excellence du “PRES”. Signe d’un changement, peut-être, ce candidat n’a pas été élu…]

Au département de science politique, mes collègues ont rendu publique une déclaration au sujet d’apogée : après avoir « procéd[é] manuellement à l’inscription pédagogique des étudiant-e-s. Nous réitérons notre demande que soient prises des mesures permettant d’arriver à une solution rapide et définitive de ces problèmes »

Comment comprendre l’absence de prise considération de ces demandes anciennes ? Dès décembre 2011 sur le bondyblog des étudiants rendent compte de leurs problèmes. Et lors de cette rentrée, plusieurs sites internet en parlent :
http://yahoo.bondyblog.fr/201209140217/fac-de-paris-8-un-passage-en-annee-superieure-compromis-par-un-logiciel/http://yahoo.bondyblog.fr/201209181356/les-deboires-dun-etudiant-pour-se-reinscrire-a-la-fac-de-saint-denis/http://mcetv.fr/mon-mag/1909-la-reinscription-a-luniversite-paris-8-ou-la-desillusion-des-etudiantshttp://www.mediaetudiant.fr/vie-etudiante/logiel-complique-inscription-etudiants-paris8-11896.php

Il se murmure maintenant que la nouvelle direction de l’université accepterait un “audit”… mais l’on murmure aussi que cela risque d’être un audit “interne”.

*

Arrivés ici, vous, lectrices habituées de ce blog, ne comprenez pas pourquoi cette rentrée serait catastrophique. C’est que la situation, cette année, est différente des années précédentes. Depuis 2009, à Paris8 (comme dans les autres universités françaises), nous bénéficions du “plan licence”, qui nous a permis d’accueillir dans des conditions minimales des étudiants de plus en plus nombreux — dont les détenteurs d’un bac professionnel. Cette année, comme l’écrit Camille Peugny, ce plan est supprimé :

Pire, cette année, à Paris comme ailleurs, plus de plan licence. Nous devons donc fonctionner avec vingt charges de cours de moins que l’année dernière, mais autant d’étudiants. Message nous est transmis que nous avons vécu « au-dessus de nos moyens » artificiellement pendant les trois années du Plan licence et qu’il faut redevenir raisonnable. Des cours en amphi sont ainsi rétablis dès le premier semestre de la première année de la licence, mais des cours en amphis sans amphis : les étudiants seront parfois 80 ou 90 dans des salles pouvant accueillir 35 personnes. Pour faire face, on nous incite alors à faire des démarches intensives pour récolter de la taxe d’apprentissage qui désormais devra financer les charges de cours supplémentaires (en plus du service des titulaires). Mais évidemment, cette dernière ne suffira pas. Le message, au final, visiblement assumé par mon université, est le suivant : il faut diminuer les capacités d’accueil. En clair, ne plus accueillir tous les étudiants qui veulent s’inscrire dans notre formation. Un pas supplémentaire est donc franchi : nous ne pouvons plus accueillir tout le monde, et nous accueillons mal ceux que nous accueillons. Voilà où en est la France de 2012 : incapable de former tous les jeunes qui le souhaiteraient.

Pour cette raison, la rentrée sera catastrophique : pas d’outil de suivi de la scolarité et perte de vingt cours (l’équivalent de 800 heures de cours supprimées, rien qu’en licence de sociologie) dans un contexte d’augmentation du nombre d’étudiants.

*

On ne peut même pas terminer sur une note heureuse : Quand Paris 8 est mentionnée sur arte-radio, c’est pour faire l’histoire d’un ancien enseignant, devenu fou, qui habite maintenant dans une salle de cours et qui ère dans l’université. Ceci dit, je vous recommande ce reportage-documentaire.
*

Allez, une note d’humour. Cette photo a été prise par une twitteuse de Paris8. J’y ajoute mon petit commentaire :

L’université qu’on abandonne…

Lisez ce texte de Camille Peugny, co-responsable (avec Livia Velpry) de la licence de sociologie de l’université Paris 8 : Rendez-nous nos mines !

Si je réanime ce blog, c’est pour faire part, assez régulièrement j’espère, de mon expérience de responsable de licence et d’enseignant-chercheur dans une université de banlieue. Pas pour me plaindre de mes conditions de travail ou de la difficulté de la tâche, mais pour rendre compte de ce que devient l’université française, ou du moins celle que l’on abandonne et qui abandonne ses étudiants. La licence de sociologie, à Paris 8, voit ses effectifs croître à nouveau depuis quelques années. Lors de la dernière année universitaire, 290 étudiants étaient inscrits en première année, près d’une centaine de plus que deux ans auparavant.

Allez lire…

De l’impossibilité de travailler

Aujourd’hui s’est tenu — sans pouvoir se tenir — le jury de la licence de sociologie, à l’université Paris 8. Le jury n’a pu se tenir parce que le logiciel “Apogée”, installé en septembre 2010 (il y a donc deux ans), n’est toujours pas opérationnel.
Quatre enseignants-chercheurs se sont réunis, pendant plus de six heures, pour délivrer des licences et permettre aux étudiants de passer à l’année supérieure. Mais il n’y a plus de suivi informatisé des étudiants. Certaines notes disparaissent, les règles de calcul des moyennes sont étranges (par exemple, les notes reçues en seconde session ne sont pas prises en compte)… Quelques étudiants semblent avoir “disparu” pendant un an.
Ce problème dure depuis plus d’un an. J’en avais parlé en février 2011 par exemple. Et il suffit de consulter les archives du site du département de sociologie pour s’apercevoir, par exemple, qu’en juillet 2011 il a fallu délivrer des “attestations formulaires” parce qu’il n’était pas possible de connaître les notes des étudiants. Cette année — plus d’un an après le jury de juillet 2011 — le problème n’est pas réglé, et il a fallu mettre en place une adresse mail spécifiquement destinée aux problèmes de “non-remontée” des notes sur Apogée… et demander aux étudiants de s’inscrire aux cours avec “doodle”. Certains étudiants commencent à porter ces problèmes sur la place publique.
Les responsables des jurys, les secrétariats, les responsables des cursus, non seulement s’arrachent les cheveux, mais doivent consacrer des heures, des jours, des semaines pour rattraper tous les cas individuels rattrapables, en retrouvant une note de seconde session “mal remontée”, en découvrant telle règle de compensation…
Voici, par exemple, une liste d’étudiants ayant fait un signalement précis des problèmes qu’ils ont rencontré (notes “disparues”, erreurs dans la “remontée”, non prise en compte de certaines notes…)

Et ce ne sont là que les étudiants et étudiantes ayant pris le temps de rédiger une lettre de demande, qui ont réussi à identifier le problème les concernant. Nous allons devoir, tout au long de l’année, organiser des permanences pour essayer de comprendre les situations individuelles, identifier la source des problèmes, etc…

Et parce que de nombreux départements, à Paris 8, sont dans cette situation depuis plus d’un an, les problèmes s’accumulent et se multiplient. L’année dernière, seule “une promotion” était concernée, cette année, ce sont “deux promotions”. Les problèmes rencontrés par le département A se répercutent sur les étudiants du département B qui ont suivi des cours dans le département A (par exemple des cours de langue, ou une mineure).
 
En bref : il n’est plus possible de travailler (et ne pensez pas aller aux toilettes).
 
Ou si alors vous décidez d’y aller, ce sera à vos risques et périls. C’est un problème récurrent (voir ces archives). Voici une photographie d’un urinoir pris en photo ce jour, à Paris 8, urinoir non-fonctionnel, dont la réparation a été demandée en juillet dernier — par la procédure officielle, “par intranet, sinon cela ne sera pas pris en compte”. Après signalement, le 2 juillet, j’ai reçu ce mail du service concerné par la réparation : “Votre demande de travaux concernant l’urinoir bouché va être traitée par notre service”… Nous sommes le 18 septembre, je vais devoir refaire une demande de travaux. La photo ne rend pas bien compte de la réalité : l’odeur pestilentielle (imaginez, de l’urine macérant depuis plus de deux mois) est insupportable, même dans les couloirs… et l’hygiène est loin d’être respectée. C’est la rentrée, et voici donc ce que les étudiants découvrent à leur arrivée à l’université… des toilettes bouchées depuis plusieurs mois.

 
Mise à jour du 27 septembre 2012 : Neuf jours après la publication de ce billet, cet urinoir a été débouché. Il aura donc fallu exposer publiquement des toilettes bouchées pour obtenir une réparation, plus de deux mois après un premier signalement.

Le rapport de la 19e section du CNU (sociologie, démographie), édition 2012

La 19 section du Conseil national des universités vient de rendre public son rapport annuel, qui concerne les sessions de qualification (février 2012) et de promotion (mai 2012). Ce rapport sera en ligne sur le site de la section.
Rapport 2012 de la section 19 du CNU (pdf)

Les doctorantes et les docteures candidates à la qualification y trouveront des éléments d’orientation très importants.

La 19e section a, par exemple, cette année, produit des statistiques comparant les taux de succès en fonction des statuts des candidats. Ainsi, avoir obtenu une allocation de thèse modifie profondément les chances :

51% des candidats “allocataires” ont été qualifiés, ce n’est le cas que de 37% des candidats non-allocataires. [Le tableau permet aussi de remarquer que les candidatures des non-allocataires sont plus souvent “non recevables” ou “non reçues”]. Avoir été ATER, avoir été moniteur… augmente aussi les taux de succès.
Je ne peux que vivement encourager celles et ceux qui ont soutenu ou vont soutenir prochainement — et qui souhaitent obtenir une qualification en sociologie ou en démographie — à lire ce rapport, qui contient aussi des conseils pour la rédaction du dossier de candidature.

Retour sur… une étrange expérience

Une chose étrange a eu lieu au cours des derniers jours. Un petit travail réalisé sur les prénoms et la mention “très bien” au bac — réalisé dans le cadre de mes “loisirs sérieux” autour de la sociologie des prénoms — a connu un important retentissement, sans commune mesure avec le temps de travail nécessaire pour produire le graphique. Parce que cela ne m’était pas arrivé en un peu plus de 8 ans de blog — et 17 ans de site internet — j’ai pris le temps de rédiger quelques notes.
Tout commence dimanche 8 juillet un peu avant 17h quand je publie le billet Prénoms et mentions au bac, édition 2012. La veille (samedi 7), @freakonometrics, sur twitter, avait mentionné l’étude que j’avais réalisée en 2011,

https://twitter.com/freakonometrics/status/221460137276219394

et cela avait été “retwitté” et commenté par plusieurs personnes [une vingtaine]. J’en préviens certains de la mise à jour, notamment @phwatrelot, journaliste, qui rediffuse l’information. @SH_lelabo (Xavier Molénat, de Sciences humaines, qui fait un travail de veille minutieuse) twitte “Au bac 2012, plus de 25% des Irene ont eu mention TB (contre 5 Mohamed sur 400)” (qui est retwitté plus d’une vingtaine de fois).

Trois heures après je reçois un mail d’une journaliste du Monde spécialisée dans les questions d’éducation, qui souhaite faire une interview. Ce sera le premier signe d’intérêt au delà de twitter [mais elle a peut-être eu connaissance de mon billet par twitter : @marylinebaumard “followe” en effet @phwatrelot]. L’interview se fait lundi matin (le 9, vers 9h30), par téléphone.

À peu près au moment de l’interview, face à quelques commentaires sur twitter,


je commence à préciser ceci : “attention, le prénom lui-même n’a aucune influence, il est le reflet indirect de l’origine sociale des parents”.

Vers 13h lundi 9 juillet je commence à comprendre que ce qui se passe est un peu différent de ce que j’ai pu connaître auparavant. Camille Peugny, avec qui je partage mon bureau, dit que j’ai souvent été mentionné sur facebook.
Le magazine “Slate” a déjà publié — en début de matinée ? — un article qui synthétise ce que j’ai fait en 2011 et 2012, sous le titre “La liste des prénoms pour avoir mention «Très Bien» au bac”. D’autres sites ont aussi fait de même.

@Duncan_rdvav écrit “La reprise importante du billet de @coulmont sur les prénoms est un test à grande échelle pour vérifier qui confond causalité et corrélation

À 14h53, le compte twitter de @humourdedroite (suivi par plus de 130 000 personnes) diffuse un lien vers mon site.

Au début de l’enchaînement des citations, les utilisateurs de twitter renvoient leurs lecteurs directement vers mon site. J’ai pu collecter une partie des citations, synthétisées ci-dessous :

La conséquence est visible sur l’image ci-dessous (qui représente le volume de trafic internet sur mon site) :

Ensuite, les utilisateurs de twitter ou de facebook citeront directement les articles parus sur d’autres sites internet (et mon site ne sera visité qu’en deuxième lieu, quand ces articles indiqueront par un lien l’URL coulmont.com). Il est beaucoup moins facile alors de suivre les tweets.

À 15h, une journaliste du Figaro.fr me téléphone. L’article sera mis en ligne à 19h. Deux étudiantes en journalisme (Marion D* et Dora C*) de l’Institut Pratique du Journalisme (Paris 9) me demandent une interview filmée pour l’un de leur cours [j’accepte, l’interview aura lieu le mardi 10 à 9h du matin]. En fin d’après-midi, le site amazon.fr indique que Sociologie des prénoms est en “rupture de stock” : la quinzaine d’exemplaires dont ils disposaient a été vendue.

Dans la nuit, la relation mention/prénom fait l’objet d’une chronique de la chaîne LCI :

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Le lendemain matin (mardi 10), le quotidien 20 minutes publie un article (qui se retrouvera dans de nombreuses éditions locales du quotidien). Je n’ai pas été contacté, et le titre malheureux est : “les prénoms qui favorisent les mentions au bac“.

Ce même mardi, de nombreux journalistes (une petite dizaine ?, je n’ai pas gardé trace de tous) me téléphonent, dont :
– Ca m’intéresse (pour un papier plus général)
– Radio Classique
– L’étudiant
– Le Point
– Huffington Post (mais ils me demandaient de rédiger un texte, je n’ai pas donné suite)
– RMC
– i>Télé (vers 17h30, impossible de donner suite)

Le déclencheur de tous ces appels semble être la publication dans Le Monde de l’article pour lequel j’avais été interviewé la veille (publié mardi en fin de matinée, daté du mercredi) et, en même temps, d’une dépêche de l’AFP (un peu après 12h).

Le soir, vers 19h30, le sujet est abordé dans le “Grand journal”, sur Canal+

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Comme on le constatera sur la vidéo, le public semble sceptique (et @vincentglad a sans doute voulu dire trop de choses en 2 minutes).

Le lendemain matin, mercredi 11 juillet, Le Monde met en ligne l’article publié la veille dans la version papier. Ce sera un article très “partagé”. Plusieurs quotidiens publient des versions plus ou moins courtes de la dépêche de l’AFP.
Dans la matinée, je suis contacté par Europe 1 pour une interview, qui aura lieu à 18h30.

Les choses se calment à partir du jeudi 12 juillet, et cela se repère sur le volume des visites sur mon site :

[On repère le “pic” de la fin de la journée, le 10, correspondant à la chronique du “Grand journal”.]

Que retenir de cela ?

D’abord qu’il y eu de la variété dans la réception. Je ne citerai que ce tweet, qui m’a fait sourire :

Aïsha Bah ‏@_Shishaa :
@KarenNoirteCMoi je ne vois pas en plus sur quoi est basé son “étude sociologique” étant donné que les copies sont anonymes
source

… et je ne parlerai pas de la reprise du billet sur les nombreux sites fascisants, antisémites ou d’extrême-droite.

Ensuite :

Comment comprendre l’intérêt pour les proportions différentielles de mentions associées aux groupes-prénoms, cette année et pas l’année dernière (alors que j’avais fait la même chose l’année dernière) ? C’est peut-être la répétition, deux ans de suite, de la même étude, qui a aidé. Dès le 7 juillet (lendemain du jour de publication des résultats du bac), le tweet de @freakonometrics prépare le terrain (rétrospectivement). Le 8 juillet, une partie de ceux qui ont été intéressés par les résultats de 2011 vont diffuser mon billet “édition 2012”. La répétition fut d’ailleurs l’accroche de certains articles : “Depuis plusieurs années le sociologue…”.

Une catégorie encore peu légitime

Le caractère peu légitime de l’objet “prénom” m’apparaît plus pleinement après cette expérience.
Parce que je baigne dans les études d’histoire, d’économie, de sociologie… ayant pris pour objet les prénoms, je n’ai plus conscience de son caractère encore peu légitime, quand ils sont considérés comme des variables. Et pourtant, il faut que j’en reste conscient… Certains journaux et sites internet ont classé l’information dans la rubrique “insolite”. @vincentglad, sur Canal+, introduit sa chronique en parlant d’ “études à la con” — pour dire, de suite, que la mienne est très sérieuse, malgré l’objet “prénom”. Le caractère insolite a certainement été renforcé par les lectures causalisantes, du type “le prénom détermine le succès”, qui transforme le prénom en baguette magique; ou par des lectures probabilistes, qui parlent de “chances d’obtention” de la mention en fonction du prénom. Le rétrospectif (“cette année, il y a eu X% des N qui ont eu la mention TB”) est transformé en prospectif (“Les N ont X% de chance d’obtenir de la mention TB”).

Caractère peu légitime, suite : Ecrire, comme c’est fait régulièrement,

« les enfants de cadres affichent le meilleur taux de réussite à l’examen (95,2%). En revanche, du côté des enfants d’ouvriers, 78,2% des candidats seulement décrochent leur brevet. [source]»

ne pose plus aucun problème de réception : ces choses sont connues, et en France les catégories socio-professionnelles jouent un rôle central — mais pour combien de temps encore — dans les descriptions savantes et profanes du monde social.
Mais écrire « en 2012, les Jennifer et les Samir ont beaucoup moins souvent la mention très bien que les Augustin et les Hortense » semble plus poser problème. L’on sait, pourtant, que les migrants des pays du Maghreb, ainsi que leurs enfants, sont plus souvent ouvriers et employés que cadres. L’on sait aussi qu’ouvriers et employés ont des choix de prénom parfois distincts de ceux des professions intermédiaires et des cadres.
Mais utiliser Alison plutôt qu’un des items de la nomenclature INSEE produit un effet d’étrange familiarité : étrangeté, car l’usage des prénoms n’est pas un usage habituel dans les études statistiques, familiarité car “tout le monde” fait un usage classificatoire des prénoms. Cela d’autant plus que toutes les Alison ne sont pas filles d’ouvriers : les professions et catégories socioprofessionnelles sont donc éclatées et recomposées différemment.
Y a-t-il un sens à faire des filles qui s’appellent “Alison” un groupe ayant quelque chose d’autre en commun que de s’appeler “Alison” ?

De plus, ce que le graphique fait apparaître — plus que d’autres présentations des mêmes résultats — c’est une forme de proximité entre prénoms : Jordan, Melissa et Cindy sont côtes à côtes, de même que Sandy et Sofiane, ou encore Anne-Laure et Victoire, ou, plus loin, Aude et Constance. Ce qui a intéressé, ce n’est pas seulement le “score” de son prénom ou de celui de ses enfants, c’est l’entourage de ce prénom.

Politique de la conversation

Les réactions sur mon site : Je n’ai jamais considéré mon blog comme un espace de libre expression. Il n’y a rien de pire, sur les sites des journaux, que la plupart des commentaires. Et la reprise du billet sur des sites d’extrême droite a amené des commentateurs aux idées bien arrêtées sur la place des uns et des autres. D’autres commentateurs m’imputaient des idées qu’ils avaient lu ailleurs que sur le blog, et n’ont pas manqué de faire savoir que je n’avais rien compris à rien — oubliant en même temps de lire ce que j’avais écrit.
Plus de la moitié des commentaires n’ont donc pas été publiés. Il a parfois été difficile de censurer : les critiques qui m’étaient adressées étaient valables, mais n’avaient que peu de choses à voir avec le sujet du billet. J’ai le plus souvent expliqué par mail les raisons des non-publications… parfois pour m’apercevoir que des commentateurs, dans leur grand courage, avaient indiqué une adresse fictive en plus d’un pseudonyme.

Poursuite de la discussion :

  1. chez David Monniaux
  2. chez Cyrille Rossant
  3. chez Laurent Haug

Propositions de sujets de master

Le département de sociologie de l’université Paris 8 est un lieu vivant de recherche sociologique. Pourquoi ne pas y faire un master ?

  1. Pourquoi pas un master sur un thème de sociologie politique sur le vote par procuration, à partir de sources administratives notamment. Il s’agirait non seulement de faire des entretiens avec des responsables politiques locaux (dans les permanences des partis, auprès de ceux qui géraient les sites internet des candidats), mais aussi de repérer, sur les listes d’émargement, qui est le mandant de qui. Ces listes sont consultables dans les mairies, les procurations sont indiquées en rouge… Comment les mandataires choisissent leur mandant ? Quelle rôle joue la confiance ? quel rôle joue la proximité politique ?
  2. La nomination des animaux : Qui choisit le prénom des animaux domestiques ? Comment ces prénoms sont utilisés (par les vétérinaires notamment) ? Utilise-t-on le prénom sous lequel le chien est enregistré ou un prénom d’usage différent ? L’enquête pourrait porter aussi bien auprès de vétérinaires qu’auprès des organismes gérant l’identification des animaux domestiques, mais aussi auprès des éleveurs et des propriétaires…
  3. Les mariages civils : cérémonie “pauvre” en ritualité ? Il s’agirait ici de travailler à partir de sources publiques : les bans de mariage; mais aussi de lieux publics : les halls des mairies, les salles des mariages… Travail d’observation et de comptage (combien d’invités, combien de temps d’attente…). Avec l’ouverture possible du mariage aux couples du même sexe au cours des prochaines années, le sujet prendra une autre dimension. Et déjà, cette cérémonie est devenue un lieu d’affrontement politique car accompagnée de trop de rituel
  4. les francisations : le journal officiel publie les noms et prénoms des personnes ayant choisi, au moment de leur naturalisation, de “franciser” leurs noms ou prénoms. Quelques milliers d’individus le font chaque année. A partir de ces décrets de francisation, il devrait être possible d’estimer quelques unes des caractéristiques de celles et ceux qui optaient pour la francisation en 1955, 1965, 1975… 2010. [Voir ci dessous un exemple illustré de ce que l’on trouve dans le Journal officiel
  5. La liste de sujets de master continue : certains des sujets que je proposais en 2009 n’ont toujours pas trouvé preneur

Les étudiantes intéressées peuvent me contacter, ou contacter les responsables du master de sociologie de l’université Paris 8.

Extrait du Journal officiel : les décrets de francisation donnent des informations sur l’âge, le pays de naissance, le sexe, le département de résidence en France, le prénom/nom de départ le prénom/nom d’arrivée :

Ci-gît scriptopolis, mais où ?

Scriptopolis a connu une sérieuse rupture d’anévrisme, ou un infarctus qui nécessite une double greffe.
Scriptopolis est un blog de sociologue créé il y a quelques années. Y écrivent Jérôme Denis et Philippe Artières (et David Pontille, le troisième mousquetaire, oublié injustement dans une première version du billet). L’un des intérêts de ce blog orienté autour de “petites enquêtes sur l’écrit et ses mondes” était de rendre accessible, de manière allusive, un regard académique sur l’écriture, l’archive, le scriptural, l’écrit, les griffures & biffures. De nombreux billets recelaient une oscillation parfois ironique, entre la permanence des marques physiques et leur caractère éphémère (visible dans la photographies accompagnant chaque billet exemple) : c’est peut-être ça, la rémanence.
Mais hier, ou il y a deux jours, @jrmdns, sur twitter, écrivait « scriptopolis est tout cassé. Il semblerait qu’on ait perdu nos archives, pensant naïvement que la sauvegarde du dossier www suffisait. »
L’archive électronique est bien fugace, et n’a aucune rémanence. Pour l’instant, scriptopolis vit encore — et en partie — dans le “cache” de google, mais pas dans archive.org . Il doit, je pense, y avoir aussi une copie partielle à la Bibliothèque nationale (qui indexe de nombreux sites et blogs français, mais qui ne permet pas la ré-exportation vers le site d’origine des textes aspirés).
Mais sera-t-il possible de reconstituer scriptopolis à partir de ces tombeaux fragmentaires ?
 
Et maintenant : ceci doit nous rappeler, surtout si nous fabriquons notre petit site artisanal, que, comme les disquettes qui se démagnétisaient, les disques durs qui tombent en panne, il faut penser, régulièrement, à copier, copier et recopier, faire des copies de sauvegardes etc… Il existe une manière payante et automatique, vaultpress, il existe surement des moyens “artisanaux” pour créer des copies régulières de l’ensemble d’un site.

Un mythe à détruire ?

Les Presses universitaires de Vincennes viennent de publier un très beau livre Un mythe à détruire ? Origines et destin du Centre universitaire expérimental de Vincennes, livre dont j’ai pu suivre d’assez près la réalisation.
Ouvrage de près de 500 pages, il se distingue fortement des quelques autres livres publiés sur Vincennes-l’université. En effet, il ne se centre pas sur les égos surdimensionnés des membres du “noyau cooptant” (Badiou, Serres, Foucault, Cixous, Duroselle…) mais sur les disciplines et les départements. Les années soixante voient la recomposition des facultés et des disciplines académiques sur de nouvelles bases… et Vincennes est une université “à départements”, où la pluridisciplinarité s’est toujours appuyée sur des départements, disciplinaires, à l’identité affirmée.

Un mythe à détruire interroge donc les niveaux intermédiaires du monde universitaire, absents des hagiographies : les étudiants (et notamment les étudiants étrangers, rapidement très nombreux à Vincennes), les chargés de cours, les “professeurs ordinaires” qui font “tourner la boutique”, et les logiques internes au monde académique (souvent éloignées de la fabrique des grands hommes).

Ces niveaux intermédiaires sont saisis par l’intermédiaire de traces statistiques laissées un peu partout dans les archives de l’université : origines des étudiants, choix des mineures (il y a un beau graphe montrant les flux entre mineures), statuts des enseignants-chercheurs (chargés de cours, vacataires, maitre-assistants…). Un gros travail a été accompli pour synthétiser ces traces, fort bien mises en valeur dans l’ouvrage :

D’autres traces se prêtent moins à la mise en tableau : Un mythe à détruire a recours aux illustrations (ci-contre, un jeu de l’oie “Vincenn-oie”) pour montrer le monde de l’époque. Ainsi le “participationnisme” électoral est rendu visible à la fois par des statistiques (le département de sociologie était très peu “participationniste”) et par la reproduction de tracts de l’époque.
 
La présentation générale [PDF] rédigée par Charles Soulié est en ligne sur le site des PUV.
Un mythe à détruire est sur amazon, dans les bonnes librairies à partir du 22 mars, et dès maintenant sur le site des Presses universitaires de Vincennes.

 
Je disais plus haut que j’avais suivi ce livre…
Il y a quelques années, alors que se préparait le quarantième anniversaire de l’université Paris 8, fondée en tant que “Vincennes” à la fin des années soixante, Charles Soulié, collègue du département de sociologie avait commencé à réunir autour de lui une petite équipe qui s’était donnée pour tâche d’explorer l’histoire et la sociologie de l’université de “Vincennes → Saint-Denis”. Et je savais par ailleurs, parce que j’étais au comité éditorial des Presses de Vincennes (qui sont les presses universitaires de Paris 8), qu’existait un intérêt à la publication d’un ouvrage en lien avec les “40 ans”. Ma contribution fut de relier ces deux envies de recherche (et de participer à la relecture de versions préliminaires des différents chapitres). Charles Soulié et son équipe ont laissé passer les “40 ans”, et c’est pour le mieux : l’anniversaire a contribué en partie à libérer la parole de certains, et ce temps a aussi permis la découverte d’archives inexplorées.
 
Note : Pour les anciens du département : vous trouverez page 188 une copie de la carte d’étudiant “millésime 1969” de Guy B*, qui fut longtemps secrétaire du département de sociologie.

Réseaux de sociologues : l’état actuel de la sociologie française

Plusieurs articles récents viennent éclairer l’état actuel de la sociologie française. Un article de Demazière, un autre de Stéphane Beaud. Je voulais apporter ma contribution au débat. Beaud et Demazières diagnostiquent la sociologie française depuis leur position, et les méchantes langues disent que ces articles reflètent moins l’état actuel de la sociologie française que l’état actuel de Beaud et Demazière. Mon approche est différente : de par mes fonctions au CNU, et intéressé par l’objectivation statistique de la discipline, j’ai recueilli le jury de soutenance de tous les candidats à la qualification en section 19 cette année (un peu plus de 500) [ce qui vient compléter l’étude de la proximité entre sections du CNU et permettra de mieux rédiger le rapport annuel de la section].
On sait, par les travaux de Godechot notamment [un exemple ici], que les jurys de soutenance permettent d’établir d’intéressants constats. Beaud, par exemple, à la fois par sa position institutionnelle, ses intérêts scientifiques, sa connaissance du comportement des collègues… n’invite pas n’importe qui aux soutenances de ses doctorantes. Et c’est la même chose pour tous les autres.
Ces invitations et co-participations permettent de dresser une sorte de carte de la sociologie française, en utilisant un algorithme qui rapproche les personnes qui s’invitent les unes les autres aux jurys de thèse.

Cliquez pour télécharger un fichier PDF zoomable (mais pas toujours très lisible)

Sur ce graphe présentant une sélection des données [1] vous constaterez qu’au Nord se trouve une certaine sociologie économique (autour de Flichy, Cochoy, Paradeise, Vatin, Grossetti, Segrestin, Licoppe) Weber et Steiner se trouvent un peu plus au sud de ces personnes.
Au Sud-Sud commence l’empire du STAPS, avec During, qui se poursuit au Sud-Est où se trouve plusieurs représentant de la sociologie/anthropologie du corps, ou ce qu’on appelle les “STAPS” : Andrieu, Héas, Le Breton, Bodin, Duret. Dans la même zone se trouve aussi plusieurs représentants de la sociologie du travail (Bercot, Lallemand, Demazière, Gadéa) : une représentation n’utilisant que deux dimension fait se superposer des personnes ayant peu de liens.
A l’Ouest se trouve les islamisants ou les spécialistes des relations interethniques Roy, Fregosi, Khosrokhavar, Gole, Streiff-fenart.
Au coeur de la constellation vont se trouver les politistes (Spire, Deloye, Gaiti, Offerlé, Sommier) et un groupe où je retiens les noms de Beaud, Mauger, Schwartz, Lagrave Marry, Carricaburu, Fabiani, Sapiro…
Au total, les liens multiples engendrés par les jurys de soutenances ne dessinent pas un monde fragmenté, où une faction serait ostracisée par toutes les autres. Au contraire, des liens multiples relient tout le monde avec tout le monde.
Certes la méthode ici utilisée a ses nombreuses limites : il faudrait, sur une période plus longue, mettre en valeur les liens répétés, ou les invitations rendues. Pour l’instant, mes données permettent de repérer certains liens habituels (qui sont épais, sur le graphe), mais ces liens sont peu nombreux (et tendraient à faire ressortir les politistes). Rendez-vous l’année prochaine pour une étude sur deux ans.
 
Notes : [1] n’ont été retenues que les individus invitées au moins 2 fois ou ayant été directeures d’au moins une thèse.

Proximités disciplinaires

Comment, en France, est organisée la proximité entre disciplines universitaires? Est-ce que la psychologie et la sociologie sont proches ? Est-ce que la géophysique et la géographie partagent beaucoup ?
On pourrait regarder “qui cite qui” dans les articles académiques. On peut aussi estimer la proximité à partir du travail du Conseil national des universités. Pour devenir Maître de conférences, en France, il faut être “qualifié” par une section du CNU au moins. On peut l’être dans deux sections ou plus. Et certaines sections partagent des qualifiés. La 04 (science politique) et la 19 (sociologie, démographie) partagent des qualifiés. La 25 et la 26 (mathématiques) aussi.
Et au niveau global ?

Au niveau global [lien vers le PDF], il apparaît deux groupements bien séparés. Avec des intermédiaires, comme l’économie, la gestion, les STAPS, la psychologie, avec un pied dans les lettres, un pied vers les maths ou la médecine.
Je me suis servi ici, outre du package igraph de R, de données qui ne concernent que les doubles qualifs MCF.

Origine des données : Thomas (Loic) et Rossi (Pasquin) “Etude de la promotion 2011 des qualifiés aux fonctions de maître de conférences et de professeur des universités“. Ministère de l’enseignement supérieur et de la Recherche, DGRH A1-1