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Archives de la catégorie : 'Université'

La transparence dans les recrutements

Depuis la mise en place du wiki-auditions, en 2007, on en sait un peu plus sur le recrutement en sociologie-démographie, parce qu’il est possible d’avoir une information synthétique sur la composition des comités de sélection, la liste des auditionnés et autres classements.
Certains département de sociologie résistent encore. L’année dernière, un comité de Paris13 n’avait pas voulu diffuser le classement auquel il avait aboutit. Un autre comité, à Reims, avait fait de même, restant sourd aux demandes de la communauté des sociologues.
Les raisons de ce refus de la transparence sont diverses, mais un argument revient souvent : “c’est illégal de diffuser le classement avant que le Conseil d’administration se soit prononcé”.
Cet argument est fallacieux : quand des avocats examinent les textes juridiques régissant le recrutement universitaire, il concluent que cet argument ne tient pas la route. Quand des juristes se demandent si la diffusion des classements est légale, ils concluent que oui, la diffusion des classements est légale.
De plus, « Le rapport 2010 du comité de suivi de la loi LRU écrit : En outre, l’autonomie des universités doit aller de pair, là encore, avec une exigence de transparence des établissements sur leurs pratiques et critères de recrutement et d’évaluation. »
Enfin, vous trouverez tout cela, et bien plus, sur le site de l’Opération Poste de la SMAI.
En espérant que les derniers récalcitrants à la diffusion de l’information entendent cela…

Les cordons de la bourse : le petit financement

La recherche en sciences sociales est faite de “petites” dépenses liées, par exemple, à la reproduction de la thèse, aux déplacements pour participer à un colloque ou rendre visite à des archives conservées hors de portée du métro.
Et il m’apparaît que tous les laboratoires ne fonctionnent pas comme le mien (l’équipe “CSU” du “CRESPPA”, une “UMR” Paris8-CNRS). Dans mon labo, donc, existe un “comité trésorerie” composé de plusieurs personnes, dont une représentante des doctorantes. Ce comité se réunit environ une fois toutes les six semaines et les demandes sont examinées. Un compte-rendu précisant quelles demandes ont été acceptées / refusées est ensuite envoyé aux membres du labo. C’est très utile pour savoir comment les maigres financements récurrents (c’est à dire non sur projet) sont dépensés.
Je sais bien qu’il n’en va pas de même partout. Joël Gombin écrit sur twitter que « dans mon labo, c’est examiné en conseils de labo ouverts à tous (et de droit jusqu’à 300 € par an) ». Son labo, c’est le CURAPP, à Amiens. Il répondait à une doctorante à qui son labo refuse ces “petits” défraiements, sous diverses excuses, du type : “il faut demander à l’école doctorale”, “le directeur va examiner votre demande”, “il faut demander à votre directrice”, “on ne finance pas la participation aux colloques, mais seulement les terrains”, “on ne finance pas les terrains, mais la participation aux colloques”, “c’est fini pour cette année, il n’y a plus de sous”… Mais, quand l’évaluation quadriennale ou quinquennale de l’AERES arrivera, ce labo inscrira dans son rapport d’activité les participations aux colloques et les éventuels articles de cette doctorante, qui aura travaillé gratuitement.
C’est l’occasion, tout d’abord de rappeler l’existence de ce site, antidoctorat (dont l’unique conseil est “ne faites pas de thèse”, et dont le second est : si vous en faites une, voici les coulisses). Et ensuite de demander aux collègues : chez vous, dans votre labo/équipe/UMR… comment ça se passe ?

Liste de liens commentés

Voici de la lecture :

  1. Concernant le Conseil national des universités :
    1. Liste de motions
    2. Lettre du Syndicat “SNESUP” au Ministre L. Wauquiez
    3. Section 19 : Informations (sur Agora)
    4. Communiqué de l’Association des sociologues enseignants du supérieur
    5. Et quelques mots des gestionnaires, section 06
  2. Concernant la nuit :
    1. Sur HAL-SHS, un livre entier en PDF La nuit en question(s), dirigé par Catherine Espinasse, Luc Gwiazdzinski et Edith Heurgon
  3. Concernant le choix d’un nom :
    1. Utiliser google pour avoir une idée de la tête des porteurs du prénom
    2. …chose que n’ont pas fait les parents du petit Daemon, selon La Voix du Nord
    3. U ou V ? Parfois, il vaut mieux ne pas choisir :

      – M’sieur, m’sieur, on a cours dans quelle salle ?
      – U ou V
      – U ou V ?
      – non, pas “U ou V?”, “U ou V”, c’est le nom de la salle, “U ou V”
      – …
  4. Concernant des choses variées :
    1. Apogée, le logiciel, après plus d’un an d’installation ne fonctionne toujours pas, à Paris 8
    2. La protestation par la nudité publique est-elle collective ou individuelle ? [Relire Elias, et plutôt deux fois qu’une : la première pour le “processus de civilisation” et les seuils de la pudeur; la deuxième pour la “société des individus” et ses discussions sur l’individuel et le collectif.]
    3. Un documentaire, en anglais, d’une heure sur la chirurgie esthétique appliquée à la vulve, via sexactu
  5. Concernant des statistiques :
    1. Une analyse structurale du Code de l’environnement !
    2. Une animation des mutations géographiques du vote aux USA

Plagiat universitaire et obligation du guillemet

Il y a à Paris8 plusieurs affaires de plagiat impliquant des docteurs, des doctorants et leurs directeurs de thèse. L’un d’entre eux, débusqué par Jean-Noël Darde, a porté plainte pour diffamation [voir ici]. Mais, ironie des ironies, le texte rédigé par ce Professeur des universités ou son avocat ne respecte pas les conventions habituelles de citation… Conventions qui sont au principe des enquêtes de Darde…
Voici un extrait d’une lettre envoyée par JND aux instances de l’université :

L’ordonnance a été rendue aujourd’hui, ce 28 novembre 2011. Le Président du Tribunal de Grande Instance de Paris, après avoir constaté que:
« les propos litigieux ne sont, pour la plupart d’entre eux, ni datés de façon précise, ni mentionnés par des guillemets de sorte que le demandeur reproduit parfois en italique tant les propos tirés du blog litigieux que ses propres commentaires et que les références aux articles poursuivis sont imprécises en mêlant à ses propos, ceux du défendeur qui sont en l’espèces disséminés »,
a considéré par ordonnance rendue le 28 novembre 2011, qu’ « il n’ [était] pas possible au juge des référés de faire droit aux demandes formées par [Prénom Nom] au regard de l’assignation en date du 26 octobre 2011 qui sera déclarée nulle en application de l’article 53 de la loi du 29 juillet 1881 » sur la liberté de la presse.
L’ordonnance a en effet rappelé que ces formalités qui exigent que le demandeur précise clairement les propos qu’il entend poursuivre, « sont substantielles aux droits de la défense et leur inobservation entraîne la nullité de la citation elle-même ».

Comme quoi, il faut parfois rappeler aux universitaires les conventions élémentaires de la citation, ce que fait ici le juge. Si on en est là, eh ben, c’est pas gagné…

Un nouveau CNU19

La réunion d’installation du CNU19, la 19e section du conseil national des universités, “sociologie, démographie”, a eu lieu ce matin, dans une heureuse ambiance collégiale, à “Supméca” (Saint-Ouen), où nous étions tous, élus et nommés, convoqués à 10h par le Ministre.
L’un des seuls problèmes de cette réunion, de mon point de vue, concernait les nominations très tardives. En effet, si les sections sont composées de 2/3 d’élus, le dernier tiers est nommé, après les résultats des élections, par le Ministère de la recherche. Et, cette année, les nominations n’ont toujours pas eu lieu officiellement (du moins, elles n’ont pas été publiées et n’étaient pas complètes). C’est très dommageable, car cela empêche d’essayer de se connaître avant les réunions formelles. [mise à jour : je m’aperçois ne pas avoir été assez précis. Les collègues nommés étaient bien nommés et présents ce matin. Mais certains n’avaient pas encore de suppléants.]
Dans quelques jours, nous connaîtrons officiellement la liste des nommés : je ne donnerai donc pas de liste incomplète ici.
Cette réunion était principalement consacrée à l’élection du “bureau” de la 19e section. Ont été élus :
– président, Olivier Martin (Paris 5)
– première vice présidente, Isabelle Astier (Amiens)
– second vice-président, Sylvain Laurens (Limoges)
– assesseure, Céline Bessière (Paris 9)
C’est ce bureau paritaire qui, maintenant, travaille : à l’élection de la “Commission permanente” du CNU cette après-midi. À la répartition des dossiers entre rapporteures demain.

Pour en savoir plus : réflexion sur ma candidature (en novembre 2010), précisions sur ma candidature (en septembre 2011).
Et ailleurs : un rappel de ce qui s’est passé lors du précédent CNU, sur agora.

Blogs sociologiques

Les blogs de sociologues n’ont jamais été très nombreux en France. Les choses ont un peu changé avec l’émergence d’Hypotheses.org, mais l’écriture est souvent collective.
Quelques blogs sont encore, pour moi, “nouveaux” :

  Antérieurement sur le même thème : 2008, 2005, 2003

La collaboration entre prophètes

Les textes de Max Weber inspirent. Il a produit un langage commun pour une partie de la sociologie. Mais je me heurte à quelque chose.
On trouve de belles utilisations en sociologie et en histoire de ce qu’il analyse comme du charisme — né de la reconnaissance, par un groupe, des qualités extraordinaires d’un individu, que l’on peut appeler “prophète”, “chef de guerre”… Que ces qualités existent ou non, peu importe : le groupe “charismatiquement dominé” — les adeptes — croit qu’elle existent. Très nombreux, innombrables, sont les sociologues à s’être inspiré de ce que Max Weber écrit du charisme et de sa “routinisation”.
Je cherche encore un texte s’intéressant non pas à un prophète seul — et à ses relations avec le groupe de ses adeptes ou fidèles — mais à un groupe composé de plusieurs prophètes, plusieurs “porteur de charisme”. Je connais ce que Weber appelle le “charisme de fonction” (ou charisme d’office), je sais qu’il existe dans le texte wébérien, des “directions administratives qualifiées charismatiquement”. Je sais aussi qu’il y a probablement conflit (dénonciation d’untel comme “faux prophète”) mais n’y a-t-il pas une sociologue qui, quelque part, aurait trouvé un groupe de prophètes — ou de prétendant au charisme — qui collabore plutôt que d’entrer en conflit ?

L’appropriation du monopole de l’évaluation

Les réformes qui ont touché le monde de l’enseignement supérieur ont conduit à une évaluationite aigüe. Différents organismes ont été créés, ou ont été réformés, pour évaluer le travail des universitaires.
Maintenant l’AERES, une agence d’évaluation, est chargée d’évaluer les procédures d’évaluation. Exactement : c’est de la méta-évaluation. Voici un extrait de la lettre envoyée récemment par la direction de l’AERES aux présidences des universités :

Pour éviter le ridicule, l’AERES ne parle pas d’une évaluation-au-carré (e²), mais d’une “validation des procédures d’évaluation des personnels”.
« Pas si vite, coco ! » a répondu l’autre instance d’évaluation, le Conseil national des universités.

Commencez-donc par évaluer la façon d’évaluer les procédures d’évaluation (e³), répond le CNU à l’AERES. Faites du e³ avant d’essayer de faire du e², voyons.

Elections au conseil national des universités (CNU). Pourquoi je me présente.

Si vous êtes membre du corps électoral du CNU, section 19, alors vous devez avoir reçu votre matériel de vote. Deux listes se présentent, et, pour les “rangs B”, je suis sur la liste suivante : Liste ouverte et de reconstruction, dont la tête de liste est Sylvain Laurens, de l’Université de Limoges.
Le ministère a préféré ne pas envoyer les professions de foi ou “exposé des motifs”. On peut les trouver, difficilement, sur le site “galaxie” ou sur le blog de la liste.
Sur “Galaxie”, vous trouverez les “fiches biographiques” des candidates et candidats.
Ici, je vais préciser les raisons de ma candidature personnelle.
Depuis plus de deux ans, la 19e section (sociologie et démographie) est en crise profonde, en partie parce que ses membres se sont autopromus : devant décider de l’avancement de carrière des collègues, ils ont, dans des proportions jamais vues, décidé d’avancer leur carrière. Les péripéties ont été décrites avec précisions sur le blog Agora, (voir aussi ici). Si tout avait fonctionné normalement, je serai sans doute resté à côté de ces élections. Mais j’ai souhaité participer à une liste soutenue à la fois par les associations de la sociologie française, AFS et ASES, et les syndicats (SNESUP et SGEN). L’exposé des motifs de cette liste revendique explicitement le refus des autopromotions.
Vous allez donc voter pour une liste, et pas pour un individu en particulier, et mon nom, de toute façon ne vous dit probablement rien. Mon nom, non, mais le “wiki audition”, si vous êtes sociologue universitaire, vous dit probablement quelque chose. Dans ma “fiche biographique”, à la rubrique “activités professionnelles”, j’indique ainsi : « Création, en 2007, du “wiki auditions“, suivi du processus de recrutement des maîtres de conférences en sociologie-démographie. » Si vous avez été recruté au cours des 5 dernières années, vous avez probablement perçu combien cet outil était utile : en donnant, à l’avance la date des auditions, en indiquant la composition des comités et la liste des personnes classées. Il y a encore quelques réticences à rendre ces informations publiques, et je pense que la section 19 du CNU peut avoir un rôle incitatif et soutenir le travail que fait désormais l’ASES et Matthieu Hély. J’essaierai en tout cas de convaincre mes collègues, si je suis élu.
Une chose à laquelle je m’engage, en tout cas, c’est de mettre à jour le site de la section 19 du CNU. Certaines pages, contenant des informations inexistantes, n’ont pas été mises à jour depuis 2008. Alors que cette instance va devenir, très rapidement, l’instance d’évaluation individuelle de l’ensemble des sociologues universitaires, il devient crucial de faire en sorte que l’on sache ce qui s’y passe.

Bibliographie : prénoms et sociologie

Il n’est pas toujours possible de diffuser les données sur lesquelles je travaille. Mais d’autres choses sont diffusables.
Ma bibliographie de travail concernant la sociologie des prénoms est en ligne sur zotero.org (sous la forme d’un “groupe” auquel il est possible de s’abonner). C’est celle qui m’a permis d’écrire Sociologie des prénoms et elle pourra servir à d’autres.
La bibliographie est aussi disponible au format bibtex à l’adresse suivante https://coulmont.com/livres/prenoms.bib, pour celles et ceux qui n’utilisent pas zotero.
Si vous voyez des articles ou des livres que j’ai ratés, merci de me prévenir.