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Archives de la catégorie : 'France'

Facs dégradées

Le journal Le Parisien propose aujourd’hui un article sur l’état de dégradation physique des universités françaises. Le Journal télévisé de France 2 suivait par un reportage rapide, qui, malheureusement, fait la propagande de l’UNI (le syndicat étudiant pas très clair). Le président de Paris III Censier (Monsieur Bosredon), invité en direct, avalait plus de mots qu’il n’en prononçait, ce qui rendait difficile la compréhension de ses revendications… [Un entraînement aurait été souhaitable… et je parle en connaissance de cause, après avoir mangé de nombreux mots chez FranceCulture.]

Et, pour les amateurs de moisissures, de faux-plafonds qui tombent, de graffitis dégoûtants, voici une photo de l’université Paris 8 :
Université Paris 8
D’autres photos de Paris VIII, où le sol lui-même tombe en miettes…

mise à jour : plus de réflexion chez Manuel Canevet, de l’université de Nantes.

Le métier de prêtre

Céline Béraud a publié il y a quelques semaine un livre fort intéressant, Le Métier de prêtre (éditions de l’Atelier). Cet ouvrage propose un croisement fructueux entre sociologie du travail et sociologie des religions, ou plutôt, propose de prendre un des objets centraux de la sociologie des religions (le prêtre) pour l’analyser au travers des problématiques issues de la sociologie du travail (qui s’intéresse surtout aux professions laïques). L’entreprise sera sans doute jugée iconoclaste ou hérétique. A coup sûr par certains prêtres refusant de concevoir leur occupation comme un métier, mais comme une vocation irréductible à toute approche profane. Il ne faudrait pas qu’elle échappe aux sociologues du travail (elle ne le sera sans doute pas totalement, Céline Béraud ayant publié un article, Les « intermittents » de l’Église. Modalités d’emploi des personnels laïcs dans le catholicisme français dans la revue Sociologie du travail.
Métier de prêtre Celine BeraudJ’ai dans ce livre un chapitre préféré, le chapitre 2, intitulé “Le statut administratif du prêtre”. Dans ces pages, Céline Béraud prend au sérieux le travail d’objectivation réalisé par l’Etat et ses satellites. Le “prêtre” est ici envisagé en tant que catégorie socio-professionnelle, dans ses relations avec la Sécurité sociale, et enfin à partir du « cas limite » du prêtre au chômage. A travers le “regard” bureaucratique, le prêtre catholique prend forme administrative. Et c’est là un point d’importance. Les catégories construites par le monde séculier ne sont pas sans effet sur le métier de prêtre. On décèle, dans ce chapitre, combien les catégories d’Etat finissent par décrire assez bien ce qu’est un prêtre. C’est à la fois le signe d’un rapprochement de l’Eglise et du monde séculier (un rapprochement fait de compromis avec la Sécu et la possibilité de quitter la prêtrise, et, donc, de se retrouver au chômage). Mais c’est aussi le signe d’une “sécularisation interne” de l’Eglise : quand une grille de lecture séculière finit par s’appliquer — sans trop déformer — à l’Eglise, c’est le signe que, même intérieurement, elle s’est transformée.
L’usage sociologie possible des “formes instituées” (instituées à l’extérieur de la sociologie) est un de mes dadas, et le livre de Céline Béraud ne se réduit pas au statut administratif du prêtre : l’auteure explore aussi (et surtout) la professionnalisation du prêtre (de l’homme orchestre au chef d’orchestre) et le “nouvel idéal vocationnel”, qui s’avère être fortement compatible avec l’idéal de l’accomplissement personnel qui sous-tend d’autres professions.

Full disclosure : je suis cité dans les remerciements (vous savez, le paragraphe que l’on cherche en premier à l’ouverture d’un livre…)

Campagne pour la présidence

A Paris 8, nous n’avons pas encore de Ségolène, ni vraiment de Nicolas. Le nombre de vieux Mao, et de Lev Davidovich est quelque peu surestimé. Les Иосиф Виссарионович se cachent.
Mais l’ancien président, Pierre Lunel (le biographe du mercenaire Bob Denard et auteur de livres d’entretiens avec Soeur Emmanuelle et l’Abbé Pierre) s’en est allé. Et les “Conseils centraux” doivent en élire un nouveau. L’un des candidats, Gérard Mairet (sciences politiques) a un Blog… Avec photos et professions de foi, et possibilité de commenter. Les autres candidats, pour l’instant, je ne sais pas s’ils ont des blogs.
Extrait :

La prochaine présidence aura pour tâche de réussir un exercice difficile : tout en poursuivant la modernisation de notre université, il s’agira d’exercer un droit d’inventaire, notamment sur la question cruciale de la direction démocratique de l’Université Paris 8, et d’opérer le tournant nécessaire du renouveau.
source : Gérard Mairet

Il pourrait mettre en ligne d’autres photos de l’université, qui soulignent l’état de délabrement physique des bâtiments (toilettes qui fuient, faux-plafonds qui tombent sur les étudiants, graffitis jamais nettoyés…)

De l’Ange

Savalette de LangeMademoiselle Henriette-Jenny Savalette de Lange fait partie, pour de nombreux site internet américains, des famous LGBT. Mlle Jenny, qui a vécu des années 1780 à 1858, a en effet été découverte homme au moment de sa toilette mortuaire. Mais elle avait vécu, tout au long de sa vie, comme femme, sans éveiller le moindre soupçon. Napoléon, puis Charles X, lui avaient accordé une pension (pour services rendus par sa famille à la France). Les éditions Dilecta ont publié il y a quelques mois un texte étrange mais très instructif, rédigé peu après la mort de l’homme-femme, à la fois compte-rendu factuel des différentes adresses occupées par Mlle Jenny, mais aussi copie des lettres envoyées par des soupirants, lui demandant sa main, et par d’illustres comtesses, comme celle-ci :

Mon cher ange,
Mon mari vient de partir pour Paris, où il doit rester un mois. Tu ne voudra s pas, bien certainement, me faire le chagrin de me laisser seule ici pendant tout ce temps. Vient donc de suite, je t’en prie. Tu sais que mon mari est très jaloux et, bien qu’il n’ait manifesté aucun sentiment de défiance en me laissant seule, je désire lui apprendre au plus tôt, pour sa tranquillité, que tu me tiendras compagnie en son absence.

Sur l’homme-femme connu sous le nom de Mademoiselle Savalette de Lange, de Hérail, a de plus une préface très instructive, de Frédéric Prot.
Jenny de Lange était elle transgenre ou “invertie” ? Etait-elle attirée par les femmes (et les femmes par elle… si l’on lit la lettre précédente avec l’esprit malin) ? Par les hommes (les nombreuses demandes en mariage laissent penser qu’elle n’éconduisait pas immédiatement tous les prétendants) ? Par l’argent (Savalette de Lange est un peu le Christophe Rocancourt des années 1830…) ? Les questions furent nombreuses dès sa mort (l’on crut même, un instant, qu’il s’agissait de Louis XVII, et que son travestissement était une protection)…
Sans transition, l’on apprend ce jour la mort de Coccinelle, sans doute la transsexuelle la plus célèbre des années soixante.

Décès de la meneuse de revue transsexuelle Coccinelle
AFP 10.10.06 | 17h23
La chanteuse et meneuse de revue Coccinelle, première transsexuelle médiatisée, est morte lundi soir à Marseille à l’âge de 75 ans, à la Timone où elle était hospitalisée depuis fin juillet à la suite d’un accident vasculaire cérébral, a annoncé mardi son entourage.
Né à Paris en août 1931, Jacques-Charles Dufresnoy, alias Coccinelle, son nom d’artiste, était devenu à l’état-civil Jacqueline-Charlotte Dufresnoy après son opération en 1958 à Casablanca (Maroc).
Sa carrière d’artiste avait débuté en 1953 “Chez Madame Arthur”, célèbre cabaret parisien de transformistes, avec une chanson de Danièle Darrieux tirée du film “Premier rendez-vous”. Après son opération, Coccinelle était devenue l’icône de la cause transgenre en France et avait connu dans les années 60 la notoriété comme chanteuse et meneuse de revues.
Depuis une quinzaine d’années, elle vivait à Marseille.
Son dernier album, sorti en 2005, contenait des reprises de chansons de ses revues de l’Alcazar ou du Carrousel de Paris.
Ses funérailles seront célébrées “dans la plus stricte intimité” samedi à Marseille, a indiqué l’un de ses proches à l’AFP.

J’espère que ses textes, ses lettres, ses archives personnelles seront transmises aux Archives nationales ou à un centre de documentation. L’histoire de la transsexualité en France est un chantier à peine commencé, un chantier pourtant important (ne serait-ce que pour comparer avec l’histoire américaine de la transsexualité) et dans lequel la figure de Coccinelle fut un moment centrale.

Moitié de Full Disclosure : J’ai reçu l’ouvrage sur Mlle Jenny gratuitement.

Mise à jour du 11/10/2006 : je découvre (et achète) ce jour Histoire des transsexuels en France de Maxime Foerster (éditions H.O.).

Scandale à la Star Ac’

Scandale à la Star Academy ! Selon le Journal de Saint-Denis, la candidate nommée Eloïsha n’est pas dionysienne, elle n’est même pas de Seine-Saint-Denis :

La rappeuse, « enfant du R’n’B », présentée comme originaire de Saint-Denis, vient en fait de Seine-et-Marne, Savigny-le-Temple. Une ville certes moins parlante à l’imaginaire que notre cité du rap et du slam. Un coup de communication?
source : Marylène Lenfant “Eloïsha la fausse dionysienne”, Le Journal de Saint-Denis, n°673, 20/09/2006, p.7

eloisha star ac
Le scandale est donc avéré ! Que fait la police ? Que fait le maire de Saint-Denis (à part exposer cela dans son journal municipal, dont la couverture porte l’odieuse contrepèterie “A partir du 22 septembre au Stade de France, Ben-Hur lance son char)” ? Ce formidable “coup de pub” pour Savigny-le-Temple sera-t-il puni comme il se doit ? Phersu, en prenant conscience de ce scandale, s’est écrié “Από την πόλη έρχομαι, και στην κορφή κανέλα.. L’hérésiarque obsidien paléologue, اترك الشر يتركك !!” et j’avoue avoir été un peu surpris par sa réaction.
Mais ma colère s’apaise devant ce spectacle observé sur la Grand’place de Copenhague au Danemark : un groupe de Sud-américains déguisés en indiens des plaines, jouant à la flûte de pan une version remixée de Aïsha, par Jean-Jacques Goldmann… A mon avis, ces faux-indiens ont dit aux Danois qu’ils venaient de Saint-Denis…

(lien vers la vidéo / dailymotion)

Presses

Non, Le Tigre n’était pas mort, et un numéro 17 (2 pages) est même disponible en PDF. Rrr !
Pendant ce temps là, France Soir renaquit de ses cendres et proposait une couverture alléchante. Je n’ai que la couverture, et si une âme charitable pouvait m’envoyer ou me scanner le reste du numéro sur les sex-toys, paru le 14 septembre 2006, ma reconnaissance sera grande.
France Soir couverture 14 septembre 2006

33 blogs, and counting…

J’ai à plusieurs reprises parlé des blogs d’étudiants de l’université Paris 8. Il m’a semblé utile de créer une page (hors chronologie) destinée à les recenser. Un peu comme la L.B.U. de François Briatte (la Liste des Blogs Universitaires). Avec un peu de recherche et en relisant d’anciens billets, j’en suis arrivé à une liste de 33 blogs d’étudiantes et d’enseignantes de Paris VIII, la LBU-P8, grossièrement classés en quelques catégories. (Il y en a au moins un de plus, mais il est “secret” pour l’instant, m’a-t-on dit.) La majeure partie des blogs morts (les mlorgs ?) ont été laissés de côté. Et le statut de certains étudiants est encore en suspens pour certains d’entre eux : ont-ils quitté l’université ?
A Nantes, Manuel Canevet a recensé sept blogs d’étudiants. Je n’ai pas connaissance d’autres tentatives d’aggrégation de ce type de sites para-universitaires à publication périodique.
La “LBU-P8”, si on la regarde de près, ne contient qu’un seul blog hébergé sur les serveurs de l’université. Les autres sont des initiatives qui restent hors-campus (même la plupart des blogs “de département”, qui squattent over-blog ou autres) : cela ne doit pas contribuer à augmenter les visites vers www.univ-paris8.fr. L’université, d’ailleurs, n’offre pas à ses étudiants l’hébergement de leurs blogs, ni même (et c’est une honte), d’adresse mail. Un prestataire extérieur, “mabulle”, avait l’année dernière acheté l’URL paris8.org et proposé l’hébergement des blogs d’étudiants de Paris 8 (seule une poignée de blogs ont été créés, et tous sont à l’état de mlorg, maintenant).
La LBU-P8, cette liste de blogs liés à l’enseignement supérieur, est un sac de pommes de terres indépendantes : ses patates entretiennent très peu de liens croisés. J’ai aggloméré ici des sites qui n’ont que peu de liens entre eux. Il n’y a pas de blogo-paris8-osphère, du moins pas pour le moment. Les interlocuteurs sont extérieurs. Un seul exemple : L’année dernière, au moment où l’université était bloquée ou fermée, suite au CPE, une foule de blogs avaient été créés, indépendemment l’un de l’autre, recopiant souvent les mêmes informations (lieux de manifestation, décision des Assemblées générales…) sans l’établissement de liens entre blogs (ce qui rendait difficile la localisation des sites individuels). La grande partie de ces blogs, souvent tenus par des étudiant-e-s, est décédée, même si certains, la rentrée approchant, se réveillent (comme Paris 8 Arpla, qui proposait en mars-avril dernier les réflexions les plus solides).

mise à jour :
1- Versac propose d’aller plus loin.
2- Elodie Terret suit les blogs de l’université de Grenoble, et propose une LBU généraliste

P.S. : Xavier Zunigo, doctorant en sociologie et auteur notamment de Volontaires chez Mère Teresa. “Auprès des plus pauvres d’entre les pauvres” (Belin, 2003), lance son “pas-blog” :

Je vais donc essayer de “poster” régulièrement sur mes thèmes de recherche (politiques publiques de gestion du chômage et marché du travail humanitaire). Entreprise qui, a minima, me servira de bloc-note.

Familles archicubiques

Parmi mes lectures favorites figure L’Archicubier, l’annuaire des anciens élèves de l’Ecole normale supérieure. Il y a désormais un archicubier des vivants, et un archicubier des morts, recensant les morts de l’année écoulée, et leur consacrant une notice, plus ou moins longue. Bourdieu, qui avait étudié ces nécro, en même temps que les Rapports du Jury, écrivait qu’elles

mettent encore en oeuvre, dans le jugement dernier que le groupe porte sur l’un de ses membres disparus, les principes de classement qui ont déterminé son agrégation au groupe.
Bourdieu, Pierre, La noblesse d’Etat, Paris, Minuit, p.64

Cette année, L’Archicubier se dote d’un camarade, qui “succède au Bulletin de la Société des Amis de l’Ecole normale supérieure, nommé L’archicube (ISBN : 978-2-7288-0377-3). On y trouve, page 154, l’extrait suivant, qui ravira critiques et hagiographes de l’illustre institution :
Familles Archicubiques, l'Archicube, numéro 1, 2006

Sociologie, sexualité et réticences à répondre

Les enquêtes sur la sexualité sont certainement aussi difficiles à réaliser que les enquêtes sur les revenus. Voire plus difficile, car les revenus sont pour partie connus du fisc, et que ce dernier, en estimant par exemple le nombre de clients d’une boulangerie, peut se faire une idée du chiffre d’affaire. L’observation des comportements sexuels est peu fréquente (ou limitée et restreinte à des contextes où elle fait partie de la relation : voyeurisme / exhibitionnisme, échangisme, saunas…). Les enquêtes par questionnaires souffrent du scepticisme a priori des profanes : personne ne dirait la vérité, les gens tricheraient avec leurs actes privés, les chercheurs seraient dupes des réponses, seraient naïfs.
Dans un article fameux [Béjin, André, “La masturbation féminine : un example d’ estimation et d’analyse de la sous-déclaration d’ une pratique”. Population, 1993, 48: 1437-1450, disponible sur JSTOR], André Béjin analyse les réponses à quelques questions au sein d’une enquête sur la sexualité des Français et des Françaises, réalisée au début des années 1990, l’enquête ACSF. Dans cette enquête – réalisée principalement afin de mieux connaître les pratiques sexuelles pour mieux lutter contre les risques de transmission des maladies sexuellement transmissibles – deux questions portaient sur la masturbation. Une question « directe », qui demandait aux personnes interrogées si elles s’étaient déjà masturbées. Une question « indirecte », qui s’intéressait à l’efficacité de la masturbation pour aboutir à l’orgasme.
Béjin va s’intéresser aux réponses féminines, et principalement à deux choses. Premièrement il constate une forte différence entre la proportion de réponses affirmatives à la question directe dans l’enquête ACSF d’un côté et les réponses à des questions sur la masturbation dans diverses enquêtes américaines ou allemandes (les Américaines seraient plus masturbatrices). Deuxièmement, il s’intéresse précisément aux incohérences entre les réponses à la question « directe » et les réponses à la question « indirecte ». La question indirecte n’étant pas « filtrée », même les personnes ayant répondu « non » à la question directe ont du répondre à la question indirecte. Alors que les réponses des hommes sont comparables entre les deux questions (une proportion semblable d’hommes déclarent s’être déjà masturbé et avoir atteint un orgasme par la masturbation), les réponses des femmes ne le sont pas : un nombre non négligeable de femmes ayant répondu « non » à la question directe déclarent pourtant aboutir à l’orgasme plus ou moins facilement en se masturbant.
Les sceptiques diront : “ah ah, c’est bien la preuve qu’on vous ment”. Et ils jetteront le bébé avec l’eau du bain (parfois en pensant que seules des enquêtes “qualitatives” donneront des résultats de “qualité”). Ce n’est pas ce que cherche à faire Béjin.
Ce dernier va tenter de travailler avec les réponses données, et « redresser » les chiffres. Il appelle « masturbatrices sincères » les femmes qui répondent « oui » à la question directe (ces « sincères » peuvent répondre « non » à la question indirecte, c’est à dire trouver peu efficace la masturbation), « non-masturbatrices » celles qui répondent « non » aux deux questions et « masturbatrices réticentes » celles qui répondent non à la question directe et oui à la question indirecte. Si l’on additionne les populations des catégories « sincères » et « réticentes », on obtient une population de « masturbatrices » qui représente plus de la moitié des femmes interrogées (et non plus 4 sur 10).
Le « redressement » le plus important a lieu pour la tranche d’âge la plus jeune (18-24 ans) : seul un tiers des jeunes femmes répondaient « oui » à la question directe (proportion issue de l’enquête ACSF), alors que plus de deux tiers des mêmes jeunes femmes sont repérables au moyen de la méthode de Béjin. Au lieu d’être une pratique plus rare que la fellation ou le cunnilingus, ou une pratique expérimentée par les femmes après l’entrée dans une sexualité avec un partenaire, la masturbation pourrait être maintenant décrite comme une des formes de l’entrée dans la sexualité.
L’étude de l’insincérité apporte ainsi quelques résultats intéressants. Il faut toujours associer, à la valeur brute des chiffres issus d’enquêtes statistiques, les conditions de leur construction.

Synthèse des données sociales à Paris

L’APUR (association parisienne d’urbanisme) propose une étude de synthèse sur Paris. Une mine synthétique pour tout étudiant !
Obèses à ParisLes données ne sont pas extraites d’enquêtes propres de l’APUR mais de l’INSEE, du rectorat, de la DARES… Comme cette carte des enfants obèses des écoles de Paris.
Certaines autres données, sur le logement par exemple, comme la carte des foyers de travailleurs migrants, proviennent directement de l’APUR.
L’ensemble permet de se faire une idée rapide des différences sociales remarquables à Paris : au 16e s’oppose le 19e ou le 20e (par exemple en terme de lieux insalubres), au centre s’oppose les arrondissements extérieurs (par exemple en terme de nombre de commerce ou de “part des familles”).