Occupations universitaires
Depuis lundi, des sans-papiers occupent un amphithéâtre de l’université Paris VIII, à Saint-Denis. Ce n’est pas la première fois, il y a eu des occupations au début des années 2000 [voir p. ex. cet article de l’Humanité, 29 mars 2000]. Le principal problème (outre, bien entendu, les questions de papier) semble être, pour l’administration de l’université, la question de la durée. En effet, cette occupation ne gênant pour ainsi dire personne, elle pourrait durer et s’éterniser. Les “Conseil de la vie étudiante” et “Conseil Scientifique” ont donc demandé la fin du mouvement pour vendredi soir :
Le Conseil des Etudes et de la Vie Universitaire apporte son soutien et approuve sans réserve la démarche entreprise par le Président qui a exprimé publiquement et au nom de l’Université Paris 8, sa solidarité aux
sans-papiers qui occupent depuis lundi les locaux de l’Université.
Il s’est engagé à apporter toute son aide, afin d’obtenir une régularisation des sans-papiers. A cette fin, il a proposé ce matin de transmettre au Préfet, qu’il rencontre cette après-midi, les dossiers que les personnels administratifs et enseignants se sont proposés de remplir avec les sans-papiers.
Le Conseil des Etudes et de la Vie Universitaire est par ailleurs pleinement conscient des contraintes relatives au fonctionnement de l’Université, aux conditions de sécurité et d’hygiène qui doivent être scrupuleusement respectées.
En raison de la fermeture de l’Université pendant les vacances, il exige qu’un terme soit mis à l’occupation au plus tard vendredi.
Il est vrai qu’occuper une université fermée pour les vacances d’hiver, donc vide (et non chauffée ?) pose questions. Il ne s’agit pas, en effet, d’occuper pour occuper, mais pour essayer d’agglomérer, autour de ses revendications, des acteurs susceptibles de poursuivre la mobilisation. Parmi ces acteurs : un enseignant du département d’anthropologie a lancé un appel à toute la communauté universitaire (le même avait fait grève de la faim dans le cadre d’une autre protestation l’année dernière — il dispose maintenant d’un blog très complet sur l’occupation en court : mes réserves portent principalement sur le style allusif parfois peu aisé à déchiffrer).
Cependant, les collectifs de sans-papiers refusent que les conditions de l’occupation soient dictées de l’extérieur, ce dans une déclaration du 21 décembre.
Il semble que certains syndicats étudiants soient opposés à l’occupation, ou trop favorables, et l’accueil nocturne d’un petit nombre de personnes dans un campus éclaté génère toujours des “incivilités” :
A l’attention des membres de la communauté universitaire
Le 20 décembre au soir le local de [syndicat étudiant] de l’université paris 8 a été forcé. Le local a été saccagé et la porte brisée. Tôt le matin, les membres de [syndicat étudiant] ont constaté la disparition du cachet de [syndicat étudiant] ainsi que des fichiers et des documents des étudiants étrangers de l’université Paris 8.
Les membres de la sécurité de l’université ont constaté à 21h30 le saccage et ont vu des individus en fuite avec des documents.
Alerté par des membres de la communauté universitaire, le président de l’université dénonce avec force cet acte et appelle la communauté universitaire à redoubler de vigilance afin d’éviter la répétition de tels actes.
mise à jour : Pigeon Perdu
mise à jour 2 : compte-rendu de l’évacuation (le 23 décembre 2006) ; un appel à résistance (au ton épique : “Toute la journée, les autorités universitaires ont exercé d’énormes pressions pour faire cesser l’occupation, maniant tour à tour les promesses frauduleuses, le chantage, la division […]. Malgré toutes ces tentatives de démoralisation, les sans-papiers réunis en AG viennent courageusement de décider […]”)
Mon livre : 



Avant-hier aussi, je reçois ce mail en provenance de France2 (les demandes arrivent toujours par vague) :