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I’çrem (.)’kram

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Auteur ?

Trois choses sans rapport entre elles

Où l’on parlera de camouflage d’objets porno, de décryptage sociologique et d’ethnographie universitaire.

  • 1- Voici un exemple de camouflage relevé dans Une année d’amour de Louis Doucet (1969, éditions Eric Losfeld). En 1968, un disque de chants guerriers à 45 tours pouvait devenir autre chose à 33 tours :

    langoureux-disque

    Ces disques pornographiques existaient réellement. Dans le très oubliable magazine Couple 2000 (1974, n°11) l’on peut en effet lire :

    Les secrets de votre chambre d’amour
    (p.7) Le dernier élément indispensable de votre chambre d’amour doit être une armoire ou une commode fermant à clé. Vous y rangerez soigneusement, à l’abri de toute curiosité des enfants ou de la femme de ménage, vos gadgets amoureux :
    – un vibromasseur, très utile pour la recherche mutuelle des zones érogènes. (On en trouve en pharmacie)
    – différents anneaux, à pointes caoutchoutées, à cils de vison… que l’on trouve dans les sex-shops (ventes discrètes sur catalogue pour les timides ou les éloignés). (p.8) Ces anneaux se placent autour du pénis et procurent à la femme des sensations nouvelles (au moins à essayer).
    – des parfums aphrodisiaques tels les batonnets d’encens.
    – vaseline et cold-cream indispensables pour la pénétration anale.
    – quelques photos et disques pornographiques qui peuvent aider à renouveler ou varier les plaisirs. (…)

  • 2- Sans transition, via Denis Colombi : Panda Sociologue sur http://52articles.wordpress.com/ se propose de lire, en détail, un article de sociologie par semaine, et d’en expliciter les tenants et les aboutissants.
    L’une des choses que j’ai mis longtemps à comprendre, c’est que les sociologues n’écrivent pas des histoires : leurs textes s’inscrivent dans des débats scientifiques et sont à comprendre comme des arguments dans ces débats. (Pour les sociologues, la sociologie ne vaudrait pas une heure de peine si elle n’était pas ceci.) L’ennui, c’est que, le plus souvent, ces débats ne sont pas suffisamment explicités. L’allusion l’emporte, et comprendre un article nécessite alors toute une culture sociologique…
    Le Panda Sociologue apporte un décryptage, et plus encore…
    [Par ailleurs : j’en recherche d’autres, des blogs de sociologues…]
  • 3- Eli Thorkelson est un socioanthropologue américain… sur decasia.org il livre ses réflexions sur l’université française. Ici une comparaison entre P4 et P8.
  • 4- En bonus : What is Alsace ? sur Understanding Society.

Le “wiki ATER” + rangement

Après le “wiki auditions”, les sociologues universitaires sont maintenant dotés d’un “wiki ATER” mis en place par un doctorant de Nantes. Il manque encore des informations sur quelques universités (Toulouse 2 par exemple)…
Plus d’informations sur la mailing liste de l’ASES.

*

Ci dessous : pas grand chose, si ce n’est une preuve visuelle en vidéo d’un ménage de fin d’année réalisé la semaine dernière au département de sociologie de Paris 8…
[flashvideo file=”https://coulmont.com/blog/fichiers/2009/p8rangement200907.flv” width=480 height=270 /]
[et promis, bientôt je remplacerai le .flv par du H264 / OGG pour utiliser du HTML5 et surtout le tag <video>]

Instants volés

J’ai participé, cette année encore (comme l’année dernière) au concours d’entrée à l’ENS (côté jury). Sans avoir le talent des journalistes d’Envoyé spécial — qui suivaient quelques candidats, caméra au poing — voici trente secondes d’instants volés : salles vides, réunions… le concours côté jury.

[flashvideo file=”https://coulmont.com/blog/fichiers/2009/concours2009-1.flv” width=320 height=180 /]

Le wiki auditions (de l’ASES)

Cette année, c’est l’association des sociologues enseignants du supérieur (et Matthieu H.) qui a pris en charge le Wiki Auditions –
http://www.grouchomarx.cafewiki.org/index.php?Ases
.

Les postes sont renseignés. Presque tous. Quelques départements semblent résister à toute publicité : la sociologie à Toulouse 2 ne donne pas connaissance des dates des auditions… L’université de Reims est un peu cachottière. Un poste à Toulouse 1 est tellement secret que le comité de sélection reste invisible (Oups, encore un “comité invisible”, que fait la police ?). Le Havre reste entouré de mystère… C’est sans doute par manque de relais “là bas” et pas pour une autre raison : à l’ASES de se mobiliser pour obtenir les informations manquantes.
Les années précédentes, pour avoir accès aux informations secrètes, j’envoyais des dizaines de mails (à des camarades de l’ENS qui forment un bon réseau d’agents, à de jeunes collègues… et, de manière formelle, aux directeurs de département, leur demandant, innocemment, pourquoi donc tout était si secret chez eux). Et j’appelais aux renseignements directement par mail : beaucoup de candidat-e-s m’ont ainsi écrit, me disant ce qu’ils savaient. C’est peut-être ce qui manque sur le wiki de l’ASES : un mail auquel envoyer ce qui est connu.
Mais pour le reste : ça fonctionne bien, très bien.
Cette semaine (y compris samedi 23 ?) et la semaine prochaine : les auditions ont lieu, des classements (ou des signalements de classements à destination des conseils d’administration des universités) sont produits. Le wiki audition de l’ASES donnera accès aux classements des grands départements de sociologie (à Lille, Paris, Nantes, etc…) : non seulement parce que ces comités sont souvent fiers de leurs classements, mais aussi parce que des liens d’interconnaissances permettent aux informations de circuler jusqu’à l’ASES. Il va falloir surveiller les départements qui n’ont pas l’habitude de rendre leurs décisions publiques, et qui vont faire croire que la LRU, avec ses nouvelles règles, interdit toute publicité. A ce sujet la présidente de l’Association des enseignants-chercheurs en science politique écrivait récemment un mail à destination de ses collègues politistes : “Je conçois que la LRU rende le choix des jurys de comités de sélection plus fragile autrefois, et surtout non officiel. Mais ne pourrions nous au moins publier des classements provisoires (…)

*

Quand j’essaie de me souvenir de ce qui m’a poussé, en 2007, à mettre en place le “wiki auditions”, c’est une discussion lors d’une soirée chez Godechot (le 28 avril 2007) qui me revient à l’esprit. Je crois me souvenir avoir discuté avec un collègue (de Marne La Vallée ? d’Evry ?). J’étais assez fier d’avoir publié une liste de conseils de rédaction des CV et de rendre public, sur le site du département de sociologie de P8, la composition des commissions, la liste des auditionnés, le classement… Et ce collègue de me dire que, comparé au travail de l’ANCMSP, ce que je faisais, c’était du pipi de chat. Si mes souvenirs sont bons, nous avions discuté du fractionnement de la sociologie française, de la faiblesse des associations… et de l’impossibilité d’avoir accès aux informations.
C’est, je crois, cette discussion qui m’a incité à mettre en place un “wiki”, le 29 avril 2007 (le lendemain, donc). Une manière de tester ce dont nous avions discuté la veille.

Asile aux fous

Je suis depuis quelques années membre du comité éditorial des Presses universitaires de Vincennes, les PUV, où je peux suivre en partie le travail de publication des livres, de l’arrivée du manuscrit à la sortie, en passant par l’évaluation…
Il est inévitable que certains ouvrages m’intéressent plus que d’autres, et je voulais mentionner ici L’Asile aux fous de Philippe Artières et Jean-François Laé, notamment pour le beau travail réalisé par les PUV : le format (“paysage”), le papier crème, la couverture en kraft… donnent l’impression d’entrer dans une vieille enveloppe recelant des photos oubliées…

asilefous-2

Ces photos sont celles d’un médecin psychiatre, qui fixait sur la pellicule, en cachette, la vie des hôpitaux dans lesquels il était en poste. Photos interdites, bien entendu, ou alors à la limite de l’autorisé.

asilefous-1
(Mes photos, malheureusement, ne rendent pas justice à la qualité formelle du livre).

Pour plus d’informations….
Pour l’acheter sur amazon.
Scriptopolis, un blog tenu entre-autres par Philippe Artières : une photo, un texte.

Le féminin neutre

Il n’est plus sérieux, aujourd’hui, si l’on est sociologue, de parler des “jeunes”, des “ouvriers” ou des “employés” sans préciser que ces populations sont le regroupement d’individus en partie hétérogènes. Il y a notamment, et toujours, des hommes et des femmes. Utiliser, par défaut, le masculin pour parler de ces classes d’êtres équivalents sous certains rapports conduit insensiblement à ne plus parler que des jeunes hommes, des ouvriers mâles ou des employés virils.
L’une des solutions qu’emploient des collègues sociologues est la suivante : on parlera d’employé°e°s ou d’ouvrier-ère-s, de sans-papiers et de sans-papières. Le modèle, probablement, est allemand : depuis les années quatre-vingt, si je me souviens bien, l’on y écrit parfois “Lehrer/Innen” pour parler des instituteur/trice/s
Je préfère, de loin, un modèle anglais, où le genre utilisé est par défaut féminin. Je cherchais des exemples, et en écrivant ce billet, je suis tombé sur cet extrait de Seeing Like a State de James C. Scott (dont La domination et les arts de la résistance a été récemment traduit et publié aux Editions Amsterdam).

gender-neutral

Dans l’exemple, “an outsider” a besoin d’un guide, mais “the outsider” est une femme : le pronom “her” l’identifie comme telle. Tous les exemples proposant un être a priori indéfini, “a doctor“, “a pilot“, “a guide“… seront traités au féminin.
Ce procédé est courant : la quasi totalité des textes anglographiés que je lis, en sociologie, histoire, “gay and lesbian studies“… procèdent ainsi. Et si l’on trouvait une mention spécifique en début d’ouvrage, pour ceux qui ont été publiés dans les années quatre-vingt, c’est fini maintenant.
C’est ce que je fais parfois dans ce blog, écrire au féminin neutre : pas systématiquement — ce serait, me semble-t-il, faire preuve de rigidité — mais quand ça m’amuse. Cela n’aurait pas (encore) de sens pour parler des prêtres catholiques ou des compagnies républicaines de sécurité (deux groupes qui sont encore fermés aux femmes), mais dans de nombreux cas, cela permet de changer de perspective, plus radicalement qu’en multipliant les redondances superflues (du type “ouvriers et ouvrières”).
J’utilise aussi pilotesse, directeure, instituteure et autres inventions.
Et j’ai été surpris de l’étonnement de certains lecteurs (jamais des lectrices) à cet usage. Je ne m’imaginais pas avoir une écriture aussi étrange. D’où, en forme de justification et d’explicitation, ce billet.

Note : quelques trolls ayant envahi les commentaires, j’ai du faire du ménage, effacer leur prose et fermer le formulaire.

Liste de sujets de master de sociologie

C’est l’époque : les étudiantes en fin de licence ou de M1 sont à la recherche d’un sujet de mémoire de master. Voici quelques sujets qui feraient, je pense, des mémoires de master intéressants, et que j’aimerais encadrer. Les étudiants et étudiantes qui seraient intéressées peuvent me contacter (ou laisser un commentaire plus bas).

  1. Les demandes de changement de prénom : les travaux de Nicole Lapierre nous renseignent sur les changements de nom de famille. On a relativement peu d’information sur les changements de prénom mis à part une série d’articles de presse. Ce mémoire s’inscrirait à la fois en sociologie du droit (il me semble que des observations in situ sur le travail des juges est nécessaire) et en sociologie de la famille ou de l’immigration…
    Françoise veut s’appeler Hania, Une histoire de prénoms, Quand Olivier préfère s’appeler Saïd, Quand Jean-Pierre préfère s’appeler Mohamed, The Obama effect and why François becomes Mohammed :

    The trend in which Louis, Laurent or Marie want to become Abdel, Said or Rachida has made the media recently, so, along with Marie Tourres, our Paris reporter, I looked into it.

  2. La nomination des animaux : Qui choisit le prénom des animaux domestiques ? Comment ces prénoms sont utilisés (par les vétérinaires notamment) ? Un début de réflexion ne me suffit pas. Ce sujet sera sans doute plus difficile à traiter : la question de départ est très mince si l’on ne trouve pas l’accès à des données solides. Mais comme les animaux domestiques (les chiens seulement ?) sont tatoués, il doit y avoir, quelque par un registre des animaux tatoués. La difficulté : obtenir l’accès à un extrait de cette base de données.
  3. Les dédicaces de BD (d’après une idée de Denis Colombi) :

    Y a-t-il pratique plus étrange que celle de la dédicace telle qu’elle s’est peu à peu institutionnalisée dans le monde de la bande-dessinée ? Elle consiste, lors de certains événements (sorties d’album, festivals, invitations de librairies…), à donner – le terme est important – un dessin réalisé sur le moment aux lecteurs ou à toute personne qui se présente. (…) Pourtant, ce don revêt souvent un caractère obligatoire à partir du moment où le dessinateur est présent. (source)

    Les dédicaces sont-elles présentes depuis le début des salons de la BD ? Voit-on une augmentation de leur place dans les programmes publiés ? Des entretiens avec des dessinateurs âgés pourrait donner des informations intéressantes. Prendre l’angle des dédicaces permettrait d’impliquer dans la recherche à la fois les producteurs et les consommateurs.

  4. Les seins nus à la piscine et plus largement les débats autour de la mixité et des normes de pudeur dans les piscines municipales : à la fois au confluent des politiques municipales et d’une sociologie du corps. Des actions “sein nu” étant menées actuellement, l’étudiante intéressée par un mémoire sur ce sujet aura le support d’un petit mouvement social.
  5. Les marchands de voile : je ne prends pas de mémoire sur les jeunes musulmanes portant un voile. Mais je serai très intéressé par un mémoire sur les vendeurs de voile, les coiffeurs (coiffeuses ?) islamiques, les boutiques de mode musulmane : en bref, ce qui m’intéresse, c’est le support commercial de l’expression religieuse.

En conclusion : étudiants intéressés par un master de sociologie à Paris 8, prenez contact.

Le rapport de soutenance de thèse

rapport-soutenanceLe rapport de thèse est, dans les dossiers de recrutement aux postes de maîtresses de conférences, le seul texte qui ne soit pas de l’auto-présentation. Il est donc considéré par les membres des comités de sélection comme un document important. Et souvent — malheureusement — le rapport de thèse est presque illisible alors qu’il devrait permettre de comprendre pourquoi telle thèse est réussie et telle autre moins bonne.
 
Après quatre bonnes années d’expérience en tant que recruteur de collègues, je pense avoir quelques conseils à donner (après avoir proposé, en 2005 quelques conseils sur la rédaction des CV analytiques). Voici donc, ici, quelques propositions pour les jurys de thèse, afin qu’ils et elles apprennent à rédiger des rapports utiles. [Pour un autre point de vue sur ces rapports, se reporter à l’ouvrage Un genre universitaire : le rapport de soutenance de thèse de Claudine Dardy, Dominique Ducard et Dominique Maingueneau.]

*

  1. Rappeler le nombre de pages de la thèse est toujours utile. Préciser s’il y a des coquilles, des fautes d’orthographe aussi. Ce n’est pas sacrifier à une vieille tradition sans signification. C’est décrire la qualité de la langue.
    Mais par ailleurs cher jury… il ne faudrait pas que votre rapport soit lui-même truffé de coquilles, de fautes d’orthographe et de grammaire, ou que votre enthousiasme à copiécoller conduise à des paragraphes sans sens.
  2. “Raconter” la thèse, partie par partie, n’est pas du temps perdu. Il me semble nécessaire, dans un rapport de thèse, qu’un résumé, chapitre par chapitre, soit présent. Quand il est fait par une des membres du jury (et accompagné d’une phrase soulignant la qualité du plan), cela prouve, aux yeux des lecteurs du rapport, que la thèse est assez facilement lisible.
  3. Synthétiser les résultats de la thèse est nécessaire. Ce n’est pas la répétition du passage précédent. Il doit y avoir, à un moment du rapport, une phrase construite de la manière suivante : “la candidate montre que…” Trop souvent on peut lire “cette thèse fera date”… sans que soient décrites les raisons de cet enthousiasme (factice ?) pour l’écrit. Les défauts de la “sociologie par objet” sont trop souvent visibles dans les rapports : que cette thèse soit “la thèse vers laquelle se tournera à l’avenir tout chercheur intéressé par / la pêche à la grenouille / les SDF unijambistes / les tourneurs-fraiseurs homosexuels” ne suffit pas… si la thèse apprend des choses sur des objets plus grands, comme la pêche, l’unijambisme ou l’homosexualité, ou si les objets eux-mêmes sont “dépassés” au profit des méta-objets comme le loisir, les classes populaires ou la domination, le rapporteur ne devrait pas hésiter à le mentionner. A part dans quelques départements localistes, aucun poste ne sera ouvert avec un flêchage sur les SDF unijambistes.
  4. Décrire finement les méthodes utilisées est indispensable : nous sommes sociologues, que diable ! Il ne suffit pas de dire “des entretiens”, mais il faut dire combien. Il faut mentionner leur durée ou décrire l’échantillonage ayant conduit à recueillir la parole de telle ou telle personne.
    Idem pour les “statistiques” : il faut décrire, dans le rapport, les données utilisées (création d’un questionnaire ou usage secondaire de données INSEE ?), il faut décrire les usages : 45 tableaux croisés ou 3 régressions logistiques ?
    Ajoutons qu’il faut aussi écrire à quoi ont servi ces différentes méthodes. La rapporteure devrait, à l’écriture de son rapport, avoir une check-list.
    [Note aux doctorantes : il est super-rentable, dans une thèse de sociologie, de faire “un peu” de statistiques. Plutôt que de retranscrire le n-ième entretien, passez deux ou trois mois, à plein temps, à vous familiariser avec R, SAS ou SPSS, écrivez un chapitre et insistez pour que la directeure de thèse consacre un paragraphe à ces usages du “quantitatif” dans son rapport.]
  5. Décrire, au delà des méthodes, les matériaux empiriques sur lesquels reposent les assertions de la doctorante est essentiel. C’est assez simple : citer une petite partie du guide d’entretien. Reprendre l’une des questions du questionnaire. Montrer, ensuite, comment ces données apportent une réponse, dans le corps de la thèse.
  6. Plutôt que de critiquer l’usage de tel ou tel concept, plutôt que de pointer des manques : souligner les inventions conceptuelles, les innovations langagières et leurs usages dans la thèse.
    Le plus souvent, il semble que les membres des jurys se font plaisir, dans les rapports. Untel parlera de tel point minuscule. Tel autre critiquera l’usage de telle auteure à la page 123… Unetelle enfin fera tout son topo sur “vous ne m’avez pas citée”. Ce qui est amené par le doctorant est passé sous silence. Est-ce parce que la thèse est ratée ?

Avec un bon rapport, les membres des comités de sélection pourront savoir pourquoi telle thèse est bonne, excellente, parfaite ou simplement mauvaise. Si rien de ce qui précède ne s’y trouve, j’en jugerai à l’avenir que la thèse est mauvaise.

Enfin, deux conseils, aux doctorants :

  1. Demandez à lire quelques rapports de thèse et repérez les “mauvais élèves” ceux qui font des rapports de 3 lignes ou déblatèrent ad lib sur tel concept fumeux (des phrases comme “dans le postmoderne actuel la néo-libéralisation des ethno-centres déstructure — ou restructure — le système-monde” devrait vous dire : ouille ouille ouille, à éviter !). Ne les prenez dans votre jury que s’ils peuvent être utiles par ailleurs.
  2. Si les éléments précédents ne se trouvent pas dans le rapport, placez-les dans le CV analytique joint au dossier. [Je répète : résumé factuel, résumé des grandes conclusions, trouvailles ou résultats, description des méthodes, des outils et des données, et de leurs usages]. Nous (membre des comités de sélection) saurons ainsi ce qu’il y a dans la thèse.

Mise à jour : Dans les commentaires à ce billet, Olivier G. ajoute un point fondamental.

Travail

dossiers MCF 2009
Vous voyez au dessus des empilements de dossiers de candidatures aux 3 postes de maîtresses de conférences ouverts en sociologie à Paris 8. La “salle des enseignants” (le seul bureau disponible pour une trentaine d’enseignantes-chercheures) en est remplie. L’un des postes a attiré plus de 150 candidates… En tout, quelques 380 dossiers à répartir entre les 34 différentes personnes composant les comités de sélection, en évitant les conflits d’intérêts. Que dis-je… ce ne sont pas 380 dossiers, car tout arrive en double exemplaire (doubles exemplaires ?) : ce sont 760 dossiers à répartir (chaque impétrante a deux rapportrices) en prenant soin d’assurer une traçabilité.
J’entends parfois des candidates doucement se plaindre de devoir composer puis envoyer une vingtaine de dossiers. J’entends aussi des collègues se plaindre d’en recevoir plus d’une vingtaine.
Note : L’Association des Sociologues Enseignants du Supérieur, l’ASES, organise cette année un suivi de la campagne de recrutement. L’on dispose de nombreux renseignements sur la composition des comités (ne manquent à l’appel que Toulouse 2 et Metz… un peu cachottières cette année, ou en vacances).
Note (2) : Dans l’un des dossiers, que j’ai parcouru lors de la répartition, j’ai trouvé, pour la première fois, une page consacrée à l’Impact Factor des articles de la candidate. On y trouvait aussi son (ses ?) facteur h.

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Se tient en ce moment le Congrès de l’Association française de sociologie.
afs-2009
Ça se passe à l’université Paris 7, sur le site des “Grands Moulins”. C’est assez bien fait. On me dit que M*chel B*zon y a fait de jolies photos et Lou*s Ch*uvel de beaux powerpoints.