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Archives de la catégorie : 'Université'

Mes conditions de travail (suite)

Je découvre aujourd’hui, affiché dans l’université, un “courrier des lecteurs” paru dans Le Journal de Saint-Denis, un hebdomadaire municipal et recopié ci-joint. “Pauline G.”, étudiante en italien, est ma nouvelle héroïne !
Il semble que le Président de l’université va demander un droit de réponse. Je lui conseille de répondre point par point à l’étudiante. Mais pour cela, il faudrait que les fuites soient réparées, que les fenêtres soient changées, que les enseignants disposent d’un matériel adéquat… Sinon, franchement, répondre en disant “on a fait des efforts”… on peut faire plus malin. Car ce que je montrais dans un billet publié il a deux semaines (vitres cassées…) n’a pas été réparé… Et la salle A382, dans laquelle je passe plusieurs heures par semaines, est toujours dans le même état.
Extrait de la lettre de Pauline G.

En effet, nous avons des cours dans des salles où les fenêtres sont ouvertes et cassées (réparées une semaine plus tard par du ruban adhésif), un manque de tables et de chaises, il faut donc aller dans la salle d’à côté pour trouver une table et une chaise, des radiateurs qui ne fonctionnent pas et des papiers journaux en guise de rideaux.
Nous avons cours dans des petites salles, mais malgré notre nombre d’étudiants (une dizaine par cours), on se retrouve à quatre sur une même table et certains étudiants se voient obligés d’écrire sur leurs genoux… Et il n’y a pas que ça : lorsque les professeurs écrivent au tableau, ils doivent ramener eux-mêmes un chiffon et de l’alcool car il n’y a rien pour effacer à l’université. Il y a aussi des fuites d’eau (une semaine plus tard, un seau était mis pour récupérer l’eau, mais la fuite n’était toujours pas réparée) (…)
source

Fin de l’extrait
L’un des seuls lieux propres de l’université semble être la bibliothèque, très agréable. Mais là, aujourd’hui, j’ai cru que le fou au slip sur la tête s’était installé au milieu de la bibliothèque… En raison de la mort d’un ancien professeur, Georges Lapassade, le contenu de son bureau a été exposé, avec ses médicaments périmés, sa collection de vieux “Gai Pied”, ses sacs à merdouilles. Quel meilleur hommage à l’un des importateurs de l’ethnométhodologie que d’exposer sa collection de trucs pourris.

Liste de choses variées

Le robot vicieux de la BNF : Je l’ai vu fouiller dans des parties de mon site que robots.txt exclut explicitement de toute recherche…

Le robot n’est pas limité par les exclusions spécifiées dans le protocole robots.txt, en accord avec la loi (article 41) : “La mise en oeuvre d’un code ou d’une restriction d’accès par ces personnes [les producteurs ou éditeurs de sites Internet visés par la loi] ne peut faire obstacle à la collecte par les organismes dépositaires précités”.
source

Je vais devoir agir plus sévèrement : ce robot fouineur va maintenant recevoir des pages rien que pour lui ! Que dois-je ajouter au .htaccess pour envoyer au robot vicieux de la BnF des pages ne comprenant qu’un texte choisi s’il visite un certain dossier ?

*

Le Tigre inaugure le “portrait google” : tirez un inconnu au hasard — Marc L*** — et racontez sa vie grâce à google et aux traces laissées en ligne. Les descendants de Louis-François Pinagot vivent parmi nous.
Pour aider à un futur portrait : voici des morceaux de Raphaël M*** et Laetitia B*** lors de la dernière soirée du Tigre :

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Université et religion
Comment la religion est-elle présente à Paris 8 ? Elle l’est sans doute plus chez les étudiantes que chez les enseignantes-chercheures. On croise quelques têtes voilées. On croise des Témoines de Jéhovah (toujours à deux, parfois à trois, jamais seules) à la sortie du métro, proposant La Tour de Garde. On croise aussi, si l’oeil est averti, quelques affiches, que j’ai décrochées ces jours derniers pour en faire collection :


L’Eglise des Nations de Pantin, vous pourrez le constater sur leur site, a une activité d’évangélisation (médiatique ou non) qui semble importante [regardez par exemple ce reportage de M6].

Ils ne sont pas seuls. En bonne logique compétitive, d’autres églises protestantes évangéliques proposent leurs services :

Mais les affiches qui m’ont le plus étonnées sont les suivantes (cliquez sur l’image pour les voir en entier). Un groupe de missionnaires coréens, nommé “Good News Corps” ou “International Youth Fellowship”, propose toute une série d’activités :

Etude biblique proposée par mk993*… OK, ça semble direct… Mais l’affiche suivante proposait toute autre chose, des cours gratuits de coréens, avec la même adresse mail :


Cette histoire de cours de coréen m’a amusé : l’organisation qui les promeut, “Good News Corps” étant, si l’on cherche un peu sur leur site, une entreprise d’évangélisation.

D’autres affiches de la même organisation proposent des séjours à l’étranger, sans que soit à aucun moment mentionnée le but des activités, la conversion…

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Damien Babet travaille pour Obama, et fait de la sociologie :

J’avais un alibi sociologique pour participer à la campagne. Dans son livre Activism Inc., Dana Fishers décrit en détail le fonctionnement des organisations militantes (de gauche) qui s’appuient sur des troupes salariées, jeunes et mal payées. Quand, à Washington Square, un “militant” de Greenpeace vous demande un chèque, il n’est généralement pas bénévole. Il n’est même plus employé par Greenpeace. Il travaille pour une entreprise (généralement à but non-lucratif) sous-traitant le recrutement des donneurs [pour Greenpeace].

Liste de choses (14)

L’on découvrira dans cette liste que certains portent un slip sur la tête et que d’autres ouvrent un blog de sociologie quantitative…

  • Les sciences sociales par temps de crise : Alors que l’on vit aujourd’hui les débuts d’une crise financière, économique et sociale, le gouvernement va supprimer l’enseignement des sciences économiques et sociales au lycée pour le remplacer par une option : de la gestion et de la sociologie des organisations. A-t-on déjà vu projet plus mal-t-à-propos ?
  • Au département de sociologie de Paris 8, nous essayons d’inciter les étudiantes à partir étudier à l’étranger. Erasmus n’est malheureusement pas encore perçu comme une nécessité. Pour rendre ces séjours plus concrets, on demande aux étudiants partis de raconter leur séjour… Camille est en ce moment à Séville, l’année dernière Masinissa était à Montréal
  • L’alimentation des sans-abri de C. Amistani et D. Terrolle :

    Ces différents types d’aide alimentaire s’adressent à des personnes connaissant des difficultés diverses et répondant à une certaine hiérarchisation qui ne s’énonce pas officiellement, mais qui se décline fortement sur le terrain pour séparer les personnes « réinsérables » de celles qui sont déclarées « très désocialisées ». Aux personnes susceptibles d’évoluer dans un parcours de « réinsertion » s’ouvraient quelques possibilités d’accueil plus convivial et structuré comme le dictent les règles habituelles de la commensalité. Aux plus marginaux, les accueils « au lance pierre » dont la seule fonction pratique (se nourrir) est satisfaite. Ces derniers sont finalement maintenus à l’écart de l’aide sociale la plus sophistiquée et personnalisée et sont confinés dans un circuit de « l’extrême précarité » qui semble ne déboucher sur aucune solution d’insertion possible.

  • Dordjé Shugden : Dieu tutélaire ou Démon trompeur ? : Phersu au meilleur de lui-même.
  • Romain j. Garcier et le désert.
  • Jean-Louis Fabiani dit “Merci Luc Boltanski”, puis ferme son blog.
  • Frédéric Dejean décrit ce qu’est la Troisième vague évangélique.
  • (Godechot + Mercklé)^Barnier==QUANTI : un blog de sociologie quantitative. Voilà comblée une lacune de la francosocioblogosphère.
  • L’Homme au Slip :
    Chaque institution a ses fous, plus ou moins légers, des personnes qui se sont tellement identifiées à l’institution qu’elles pensent ne plus exister en son dehors, et qui pensent être indispensables à la survie de l’institution elle-même.
    Dans les années 1990, l’Ecole normale supérieure avait “Lui”, un vieil homme qui passait des journées entières à regarder entrer et sortir les élèves, sans jamais franchir le portique [la problématique est inverse ici : c’est le dedans qui posait problème]. Il se racontait que son fils était entré bikhâ pour mourir subitement, et que cela avait affecté la psyché du père. Il n’avait pas de surnom autre que “Lui”. Le “Faux Pétillon” était moins fou : il achetait juste des tickets de pot pour le Gros Rouge Qui Tâche alors en accès libre.
    L’université Paris VIII a aussi ses fous. Je croise souvent l’Homme Au Slip, dont l’histoire se murmure : il serait un ancien enseignant. [Et il a un groupe de fans sur facebook, où j’ai volé la photo volée.] Le problème : il porte un slip sur la tête et il squatte une salle de cours !
    Un des enseignants du département d’Arts Plastiques avait fait circuler un mail il y a quelques années. Parmi ses propositions :

    Faire en sorte que […] le clochard au slip sur la tête qui nourrit l’illusion qu’il est encore enseignant-chercheur en cinéma à Paris 8 et qu’il termine une thèse de doctorat d’Etat sur le cinéma… albanais, cesse de squatter cette salle. Il touche une pension d’invalidité et dispose d’un logement à Paris. Le problème dure depuis 20 ans! Il faudrait pour cela que le Président de l’Université prenne ses responsabilités. Ce n’est pas seulement un personnage folklo. Il peut être violent, perturbe le déroulement des cours ou des activités qui se déroulent dans cette salle et vandalise volontairement toute tentative de remise en état des locaux…

    Le pauvre est aussi sur youtube.

  • Le noyautage

    Après avoir été publiquement ridiculisé et professionnellement humilié, en faisant soutenir une non-thèse qui engageait sa responsabilité de directeur, Michel écrivait :

    […] pourquoi ne pas supprimer le CNU, superfétatoire et laisser les commissions puiser dans le vivier des docteurs, sur le fondement de leurs dossiers. Après tout, ce sont toujours des professeurs qui composent les jurys de thèses, le CNU et les commissions. Multiplier les échelons favorise le contrôle de tous sur tous, ou plutôt du petit clan de ceux qui «sont dans toutes les commissions» sur tous les autres.
    source

    C’était après avoir été nommé (par un ministre de l’enseignement supérieur) au Conseil d’Administration du CNRS.
    Puis il fait publier, par le CNRS, ses oeuvres complètes… (un gros tome pour l’instant, on attend avec impatience la suite)
    Puis il a été nommé (par une ministre de l’enseignement supérieur), au Conseil national des universités, qu’il souhaitait pourtant “supprimer”.
    Puis il a été nommé (contre l’avis du jury, par la même ministre de l’enseignement supérieur) à l’Institut univ*rsitaire de France.
    Bilan : quelques années après avoir théorisé qu’être partout favorise le contrôle sur les autres, il est presque arrivé au but. Toutes mes félicitations ! (J’espère qu’avec ça, il favorisera ma carrière.)
    Pour en savoir plus : Sylvestre Huet sur son blog ; Denis Colombi sur le sien ; liens-socio et T. Mendès-France.

    Comités de spécialistes sélection

    Le mode de recrutement des collègues a changé, dans l’université française. Les “comités de sélection spécialistes” ont remplacé les “commissions de spécialistes” : ces comités sont plus réduits, sont éphémères dans leur composition, et contiennent au moins 50% de membres extérieurs à l’université.
    Trouver ces 50% d’Extérieurs (l’adjectif a été substantivé) ne va pas être simple. Surtout quand l’on sait que ces comités ne sont plus disciplinaires, mais peuvent être composés pour partie de juristes, de médecins, de physiciens et autres musicologues pour proposer le recrutement d’une linguiste.

    Je profite donc du blog pour me porter candidat à un comité, en tant que membre extérieur. Il ne devrait pas y avoir de recrutement de sociologues à Paris 8 pour la session d’automne. Mais pour la session de printemps, j’aimerais réussir à comprendre les nouvelles logiques de fonctionnement des “comités”. Mes compétences sont limitées, mais participer au recrutement d’une historienne, d’une sociologue, d’un sciencepolitiste ne me dérangerait pas.

    Mise à jour : Je me suis emmêlé les pinceaux de la terminologie. Gizmo a corrigé. Merci.

    Why blog ?

    On me demande pourquoi j’ai un blog… et on ne me le demande pas qu’une fois : André Gunthert s’associe à Timothée Poisot.
    Allons-y donc… (avec une certaine réticence… et en répondant un peu à côté)
    Historique : J’ai un site internet depuis fin 1995, qui a contenu des nouvelles policières non publiées et pourtant formidables, des exposés, puis mes premiers articles et d’autres textes. En 2001 et 2002, alors que je mettais de plus en plus souvent mon site à jour, j’ai découvert les blogs de Kieran Healy et celui de Andrew Sullivan. En juillet 2003, après quelques semaines d’expérimentations, j’ai ajouté une section “blog” au site, c’était plus simple que de rédiger en HTML et transférer par FTP…
    Raisons : Je ne sais plus pour quelles raisons j’ai ouvert un blog, ni dans quel but. Mais à l’origine, le “blog” n’était pas perçu (de l’extérieur) comme un outil lié à la recherche ou à la vie académique. Quand mon site a été référencé par liens-socio, voici comment il le fut (et comment il l’est toujours) : “Sur son site, vous trouverez un certain nombre d’articles portant sur les relations entre religion, mariage et homosexualité. Et depuis peu, son “blog”, journal personnel en ligne…
    En fait, il y a eu très peu de journal personnel, et surtout du journal de recherche (même si les premiers mois montrent rétrospectivement une voix qui se cherche). Très peu de compte-rendus de lecture, mais des morceaux de réflexion.

    Problèmes : Aucuns. Je n’ai jamais entendu d’échos négatifs [d’autres s’interrogent sur les conséquences sur la carrière]. Depuis la mise en place du “wiki-auditions“, c’est un peu différent : cette initiative (qui n’est pas un blog) est plus connue, et je rencontre des personnes qui lisent le blog mais que je ne connais pas. J’entends aussi quelques échos…
    Le principal problème “en ligne” aurait pu venir des commentaires. Ma politique n’est pas de modérer, mais d’effacer rapidement les commentaires qui ne me plaisent pas, et de fermer le formulaire de commentaire quand le billet devient utilisé à des fins autres. La discussion a les limites que je lui fixe.
    L’empilement antichronologique des billets m’a profondément gêné : j’en comprends l’utilité pour une lecture quotidienne (le dernier billet s’affiche en haut)… Mais une fois l’actualité passée, les billets doivent se lire dans l’ordre chronologique. Les Archives mensuelles et annuelles du blog sont donc publiées dans l’ordre chronologique, ce qui permet, sur certains thèmes, de suivre le déroulement de la recherche ou de la réflexion. De même les archives de L’Affaire Olesniak sont présentées dans l’ordre de l’écriture.

    Autre idée : J’ai démarré sans ligne directrice, mais à partir de juin/juillet 2004, ce que j’écris devient plus long, et s’oriente vers le journal de recherche, qui continue jusqu’aujourd’hui. Mes dadas ont peu changé en cinq ans : la sociologie des prénoms (le premier billet public était sur ce thème), l’objectivation spatiale des activités religieuses (si si…), le commerce pornographique. L’abandon progressif du thème central de ma thèse est lié à une profonde lassitude (qui a pris la suite d’un enthousiasme de trois ans).

    Ce qui me pousse à écrire aujourd’hui sous le mode du “blog” ? C’est principalement pour stabiliser des morceaux de pensée, que de toute manière je doit stabiliser par écrit avant toute rédaction finale. Accessoirement, c’est pour diffuser certaines informations (comme l’immonde saleté des toilettes du bâtiment B de Paris 8).

    La question de l’autocensure : c’est la plus difficile à gérer. Jean-Louis Fabiani est parfois confronté aux conséquences de certaines publications.

    Conclusions : Je n’ai pas du tout apprécié écrire ce billet : je n’ai pas de théorie de ma pratique. Cela sera peut-être différent pour de plus jeunes sociologues. Un manuel tout récent de Serge Paugam, La pratique de la sociologie consacre quelques pages aux blogs de sociologues dans l’espace des publications. Je pense que dans quelques années, la question sera abordée lors des séminaires “pratiques” (“comment rédiger une demande de financement”, “faut-il avoir un blog”, “qu’est-ce qu’un bon CV”…) ou de lecture de textes (un bon exercice en master1 : comparer un article scientifique, un billet de blog et une tribune libre dans Le Monde, du même auteur, sur le même thème).

    Et pour reconclure : Les théories de la pratique sont toutes référencées chez Tom Roud, sur la Why Blog Meme Page.
    Il faut donner quelques noms pour que la chaîne continue. Prenons un sociologue de la politique Joël Gombin, un sociologue des loisirs Damien Babet et un sociologue de l’espace Romain j. Garcier.

    Etre étudiante à Paris 8

    Comme chaque année, un petit tour d’horizon.

    mise à jour (19 septembre)
    Decasia a visité l’université en août et parle d’une “étrange contradiction entre les slogans gauchistes, les graffitis colorés et l’architecture ultra-sécuritaire : caméras espion, fil barbelé et tout…” :

    I went to visit one of my possible fieldsites this summer, the University of Paris VIII Vincennes-St.-Denis, only to find it closed and locked for August vacations. (…)There were an odd contradiction between the leftist slogans and signs and the colorful student graffiti, and the security-laden architecture – security cameras, barbed wire and all

    mise à jour (28 septembre)
    Le Gourou Latex écrit :

    Ma fac est a Saint Denis, c’est paris VIII. C’est une fac d’art et quand on voit la ville on comprend pas. Puis on voit la fac, et on se dit qu’elle en a vu, tu vois?
    Le truc c’est que a seine saint denis, c’est pas trés hype comme département.
    Sa me rappelle une fois, jétait dans le métro, je repartais chez moi, et il y a eu ses 4 jeunes avec des mots tout moche qui sortait de leur bouche a l’infini. Tout le monde les regardaient, parce qu’ils parlaient mal. Ils devaient avoir une 15aine d’années.

    Et Misa écrit :

    Franchement y’a des jours où il vaudrait mieux ne pas se lever.
    Si on passe outre les problèmes personnels qui font détester les salades.
    On peut difficilement passer à coté de sa licence. Et pourtant.
    Dans ma super fac de merde. Et je le dis bien haut et fort. On se fout des étudiants qui ont une vie et qui ne campent pas sur la fac.

    Mélodie à Paris écrit :

    côté organisation des salles c’est mal foutu..on a pas mal tourné en rond Théo et moi. (…)Il semble me rester une seule étape a l’inscription, mais la [secrétaire] semblait avoir perdue mon dossier….pas cool!

    Fanny, étudiante de Paris 8 qui est en ce moment au Brésil, compare les bureaux des relations internationales :

    on a du aller aux relations internationales de notre fac pour l’inscription, voyant qu’on cherchait un appartement, qu’on galérait un peu, (…) et ça n’a posé aucunes problèmes…
    Ça nous a vraiment surpris, parce que connaissant le bureau des relations internationales de Paris 8, ça ne serait certainement arrivé :D !

    Nol, étudiante de Paris 8 en échange à New York, écrit :

    En parlant des cours, je ne pensais pas que ça allait être aussi intéréssant, en particulier les cours de scénario… Paris 8 c’est de la gnognotte à côté! J’ais déjà 4 ou 5 bouquins à lire (qui m’ont coûté les yeux de la tête) et des tones de films à voir, mais quand on analyse un épisode de WEEDS en classe ou qu’on étudie Gladiator, on se plaint pas!

    Richard Ying rentre en master. Verdict :

    Malgré un rendez-vous à 9h, la responsable de filière n’est arrivée qu’à 10h45.

    mise à jour du 11 octobre
    Sandra, “assistante-éducation” écrit :

    Moi qui n’avais jamais mis les pieds dans une fac, j’ai été servie en profs doctorant, écrivains ou encore directeur de labo de recherche! Enfin que des têtes quoi! Je me suis sentie toute petite face à eux.

    mise à jour du 13 octobre
    Merle Noir écrit :

    a y est, j’ai fais ma rentrée à Paris 8. La fac est pas mal (bien qu’à 1h de métro de chez moi…c’est long…), le programme de mon Master est passionnant et mes “camarades” sont tous très sympa.
    Tout va donc pour le mieux, sauf que j’avais besoin d’un sac pour aller en cours.

    fin des mises à jour

    Trois petits points (le blog a déjà disparu…)

    M’enfin la journée d’hier a été assez fournie en péripéties xD Départ a Paris a 8h05 arrivée donc 30minutes après, avec Gabriel on s’dirige vers l’métro 13 et la …WAHOUU v’la l’monde >>” et j’ai même vu en chair et en os les agents de la RATP avec leur gilet orange fermer les portes du métro comme Gabriel m’avait raconter ..Youpi ça va être la joie tous les matins XD

    Minnilena :

    Je suis aussi en train de planifier ma futur annee scolaire. et oui je retourne a la fac!! ohoh, finalement apres avoir deserte les bancs pendant 2ans, je me suis incruste dans un master pro de creation numerique. Les cours ont l’air allechants, prometteurs mm. Alors haut les coeurs, motivons nous, motivons nous!!

    Devonie à Paris :

    i was able to enroll in all of the classes i wanted: a french cinéma class, a french theatre survey course, a class on media called “the word and the image,” and a class at l’université paris VIII on gender and sexuality (some of the reading will be in english!)

    Une comparaison : Clémence :

    Comme quoi, une fois passées les cérémonies en robe de satin et les banquets, il y a un côté très Paris 8 à Brown! (Ces “poses” militantes se traduisent toutefois moins concrètement qu’à Saint-Denis : ici, on ne fait pas la grève pour défendre les étudiants sans-papiers, on paye 40 000 dollars l’année et on cultive un jardin bio pour faire pression sur l’administration).

    Caroline in Paris :

    having that time slot on Tuesday’s now available leaves more opportunity to take a class at the University of Paris with other French students. I’m hoping to take either a music history class at the Sorbonne or a composition class at Paris 8. We’ll see how that goes.

    En connaissez-vous d’autres ? Do you know any other student blog ?

    Previously :
    200720062005une liste plein de blogs morts

    Reçus gratuitement

    Je reçois parfois des livres gratuitement… Cela fait sans doute partie de l’inscription dans le monde de la recherche et de la fréquentation de gens qui écrivent. J’ai notamment reçu, ces derniers mois :

    La revanche du clitoris de Maïa Mazaurette et Damien Mascret. Un livre court, synthétique et sérieux sur cette partie du corps méconnue : j’ai apprécié notamment l’usage qui est fait des enquêtes statistiques (du type ACSF / CSF) dans l’argumentation. Maïa Mazaurette blogue notamment sur sexactu.com.

    Les scripts de la sexualité : de John Gagnon. Un ouvrage important pour l’analyse sociologique des comportements sexuels. Les analyses en terme de “scripts” ont fait florès, principalement en langue anglaise. Ce livre devrait permettre leur importation en France. En tout cas, je sais que cet ouvrage va (me) servir.

    Guide de l’étudiant européen en sciences sociales. Parmi les questions que je pose aux étudiants se trouve celle-ci : “Quand prévoyez-vous de partir à l’étranger : au cours de la deuxième année de licence ou en 3e année ?”. Le but : restreindre l’alternative. Ne pas leur demander “si” elles comptent partir, demander “quand”. Et passer le “guide” aux étudiantes qui voient des inconvénients à partir. (Ça doit être de cette manière que je l’ai perdu !)
    (Voir aussi un compte-rendu)

    Les nuits de la main courante : Les sociologues “objectivent”, c’est le point initial de la recherche… mais ils ne sont pas les seuls. Laé s’intéresse ici aux étapes liminaires de l’objectivation, les premières notes… et il se sert de cette activité de prime-objectivation comme matériel pour une analyse des “écritures au travail”.

    R et ses petites joies

    Je profite de l’absence de cours, et d’une atmosphère plus douce pour me pencher, des heures durant, sur le “fichier des prénoms” de l’INSEE (obtenu par l’intermédiaire du Centre Quételet). Je l’exploite avec R, le logiciel libre, que j’avais commencé à comprendre il y a quelques années puis oublié. Olivier Godechot m’y a replongé, avec son “Introduction à R”.

    Le “fichier des prénoms” se présente sous la forme suivante (j’ai gardé la structure et modifié les noms) :

      SEXE PREUSUEL ANNAIS NOMBRE
    1    1   PAUL     1954     3
    2    1   PAUL     1980     3
    3    1   PAUL     1986     3
    4    1   PAUL     1998     4
    5    1   PIERRE   1976     5
    6    1   PIERRE   1978     3

    Mais j’ai du mal à traiter les données ainsi structurées (par exemple pour trouver le rang qu’occupe un prénom une année donnée..). Il me faudrait quelque chose du genre :

    SEXE PREUSUEL 1900 1901 1902 ...
    1    PAUL     1    1    NA   ...
    1    PIERRE   2    NA   5    ...

    Après de longues heures de recherches, j’ai compris l’intérêt du package reshape. En modifiant les noms des colonnes ainsi :

      SEXE subject variable value
    1    1   PAUL     1954     3
    2    1   PAUL     1980     3

    et à l’aide d’une simple ligne de code :
    prenoms<-cast(prenoms2005,SEXE+subject~variable)
    …j’ai obtenu ce que je souhaitais ! [L’obligation de modifier le nom des colonnes reste étrange… mais ça ne marchait pas sinon…]
    De formidables graphiques ont suivi.

    Fumisteries

    On trouve une citation intéressante dans le livre de Gérald Houdeville, Le métier de sociologue en France depuis 1945 : Renaissance d’une discipline. Rennes, Presses Universitaires de Rennes, 2008, p.191.
    C’est une citation de Luc Boltanski, sur France Culture, le 24 novembre 2004 (émission “Travaux publics”), au sujet de la sociologie française contemporaine :

    Je pense qu’il y a actuellement un degré de professionnalisation et de spécialisation que je regrette. Vous avez des gens qui font une excellente thèse, par exemple, sur, je ne sais pas moi, sur les kinésithérapeutes par exemple et puis, ensuite, toute leur vie ils vont rester spécialistes des kinésithérapeutes et puis, quand il y a un drame chez les kinésithérapeutes, ils vont parler à la radio des kinésithérapeutes.
    Alors que si vous prenez les grands sociologues du passé, ils n’auraient plus leur thèse. Marcel Mauss n’aurait plus sa thèse, certainement, quant à entrer à l’Ecole des hautes études en sciences sociales, il ne faut même pas en parler. Marcel Mauss qui, dans un même article, mélange des informations sur les anciens germains et sur les argentins, vous imaginez ce fumiste. Et donc, c’est vrai, j’ai gardé un côté fumiste.

    Marcel Mauss n’aurait plus sa thèse ? Marcel Mauss n’a jamais eu de thèse… n’ayant pas réussi à la terminer. Si je me souviens bien, elle portait sur la prière. Son oncle, Emile Durkheim, était bien embêté : finis ta thèse ! lui écrit-il dans une large correspondance. (Mauss s’est aussi marié très tard, ayant longtemps papillonné, au grand désespoir durkheimien de l’Oncle).