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Archives de la catégorie : 'General'

Quelques blogs en sciences sociales

Sans répéter le titre précédent :

  • Olivier Martin est professeur de sociologie à l’université Paris 5. [hélas… son blog n’a pas de flux RSS]
  • Anthropiques, de Jean-Michel Le Bot (université de Rennes), avec des réflexions sur l’anonymat sur internet.
  • Je connais depuis plus longtemps le blog de Fabrice Fernandez, mais je ne pense pas l’avoir jamais mentionné.
  • En connaissez-vous d’autres ?

    *

    Il existe aussi une poignée de blogs tenus par des enseignants de sciences économiques et sociales : Denis Colombi, Pierre Maura
    Anciennement : billet de 2006, un autre billet de 2005… En 2003, je n’avais trouvé qu’un autre blog de sociologue francophone (rappel).

    Mes conditions de travail

    Quand j’arrive à Paris 8, les portes de l’université annoncent une triste histoire. Cassées je ne sais comment il y a plusieurs semaines, elles ne sont pas réparées mais attendent probablement la fin de l’hiver :

    Sans regarder, dans le hall, le faux plafond qui tombe et les distributeurs de friandise eux aussi en panne, je me dirige vers le bâtiment B. Au rez de chaussée, le local des pompiers annonce toute une histoire : une vitre (blindée ?) est cassée et sortie de ses gonds. Comme pour les portes d’entrée de l’université, des bandes rouge et blanche disent “attention, c’est cassé”. C’est cassé depuis plusieurs jours, mais pas encore réparé :

    Je prends l’ascenseur, et en entrant, je vois ceci :

    Il y avait un miroir dans l’ascenseur, il a été cassé, je ne sais comment, et les réparations tardent : cela fait au moins une dizaine de jours. C’est un peu dangereux, tous ces éclats de verre, mais il semble qu’il faille faire avec.
    Si je me retourne pour éviter de voir les réfractions infinies de mon portrait dans ce miroir, me font face quelques propos graffités :

    Plus tard, je vous photographierai l’une de mes salles de cours, la A382, dont les fenêtres sont bouchées par des rideaux métalliques qu’il est impossible de relever. Cela a été signalé, mais comme “certains font refaire leur parquet” (oui, certains bureaux ont du parquet), les étudiants attendront avant d’avoir des conditions de travail simplement hygiéniques. Mais peut-être que ce billet aura plus d’effet que deux demandes de réparation, et que je trouverai, dans ma salle de cours, des fenêtres ouvertes sur le monde (enfin… sur la nationale).
    Pour en voir plus :
    Paris 8 sur flickr, une tentative de cambriolage, le classement de vincennes, pauvre université, une jolie photo,

    Liste de choses (14)

    L’on découvrira dans cette liste que certains portent un slip sur la tête et que d’autres ouvrent un blog de sociologie quantitative…

  • Les sciences sociales par temps de crise : Alors que l’on vit aujourd’hui les débuts d’une crise financière, économique et sociale, le gouvernement va supprimer l’enseignement des sciences économiques et sociales au lycée pour le remplacer par une option : de la gestion et de la sociologie des organisations. A-t-on déjà vu projet plus mal-t-à-propos ?
  • Au département de sociologie de Paris 8, nous essayons d’inciter les étudiantes à partir étudier à l’étranger. Erasmus n’est malheureusement pas encore perçu comme une nécessité. Pour rendre ces séjours plus concrets, on demande aux étudiants partis de raconter leur séjour… Camille est en ce moment à Séville, l’année dernière Masinissa était à Montréal
  • L’alimentation des sans-abri de C. Amistani et D. Terrolle :

    Ces différents types d’aide alimentaire s’adressent à des personnes connaissant des difficultés diverses et répondant à une certaine hiérarchisation qui ne s’énonce pas officiellement, mais qui se décline fortement sur le terrain pour séparer les personnes « réinsérables » de celles qui sont déclarées « très désocialisées ». Aux personnes susceptibles d’évoluer dans un parcours de « réinsertion » s’ouvraient quelques possibilités d’accueil plus convivial et structuré comme le dictent les règles habituelles de la commensalité. Aux plus marginaux, les accueils « au lance pierre » dont la seule fonction pratique (se nourrir) est satisfaite. Ces derniers sont finalement maintenus à l’écart de l’aide sociale la plus sophistiquée et personnalisée et sont confinés dans un circuit de « l’extrême précarité » qui semble ne déboucher sur aucune solution d’insertion possible.

  • Dordjé Shugden : Dieu tutélaire ou Démon trompeur ? : Phersu au meilleur de lui-même.
  • Romain j. Garcier et le désert.
  • Jean-Louis Fabiani dit “Merci Luc Boltanski”, puis ferme son blog.
  • Frédéric Dejean décrit ce qu’est la Troisième vague évangélique.
  • (Godechot + Mercklé)^Barnier==QUANTI : un blog de sociologie quantitative. Voilà comblée une lacune de la francosocioblogosphère.
  • L’Homme au Slip :
    Chaque institution a ses fous, plus ou moins légers, des personnes qui se sont tellement identifiées à l’institution qu’elles pensent ne plus exister en son dehors, et qui pensent être indispensables à la survie de l’institution elle-même.
    Dans les années 1990, l’Ecole normale supérieure avait “Lui”, un vieil homme qui passait des journées entières à regarder entrer et sortir les élèves, sans jamais franchir le portique [la problématique est inverse ici : c’est le dedans qui posait problème]. Il se racontait que son fils était entré bikhâ pour mourir subitement, et que cela avait affecté la psyché du père. Il n’avait pas de surnom autre que “Lui”. Le “Faux Pétillon” était moins fou : il achetait juste des tickets de pot pour le Gros Rouge Qui Tâche alors en accès libre.
    L’université Paris VIII a aussi ses fous. Je croise souvent l’Homme Au Slip, dont l’histoire se murmure : il serait un ancien enseignant. [Et il a un groupe de fans sur facebook, où j’ai volé la photo volée.] Le problème : il porte un slip sur la tête et il squatte une salle de cours !
    Un des enseignants du département d’Arts Plastiques avait fait circuler un mail il y a quelques années. Parmi ses propositions :

    Faire en sorte que […] le clochard au slip sur la tête qui nourrit l’illusion qu’il est encore enseignant-chercheur en cinéma à Paris 8 et qu’il termine une thèse de doctorat d’Etat sur le cinéma… albanais, cesse de squatter cette salle. Il touche une pension d’invalidité et dispose d’un logement à Paris. Le problème dure depuis 20 ans! Il faudrait pour cela que le Président de l’Université prenne ses responsabilités. Ce n’est pas seulement un personnage folklo. Il peut être violent, perturbe le déroulement des cours ou des activités qui se déroulent dans cette salle et vandalise volontairement toute tentative de remise en état des locaux…

    Le pauvre est aussi sur youtube.

  • Choses en liste (12) et censures réticulaires

    1. J’ai appris cette année que coulmont.com était inaccessibles sur certains ordinateurs : certaines académies interdisent aux lycéens et collégiens d’accéder à mon site, les ordinateurs de certaines compagnies font de même… et il semble que certaines universités américaines (merci Tom Roud) en interdisent aussi l’accès.
      Il y a probablement trop de S…X à l’intérieur (ou trop de sociologie, je ne sais). J’aimerais avoir une image plus précise de cette censure privée et automatisée, mais — oh enfer récursif — il est peu probable que ce billet arrive aux yeux des personnes qui pourraient me dire : “ici, coulmont.com est interdit.”
      Je vais donc demander l’aide des blogueurs qui ont accès à mon site/blog et qui pourraient relayer l’information ailleurs (par exemple sur leur blog). Que celles et ceux qui voient l’accès interdit à coulmont.com m’envoient confirmation sur censure@coulmont.com (dans l’idéal avec le nom du filtre qui empêche l’accès).
      [Ce n’est pas une tactique tordue pour augmenter le nombre de visiteurs…]
    2. Dans la série : les toilettes des universités françaises sont dégoûtantes, voici l’université de Nancy. Vous souvenez-vous des toilettes de Paris 8 ? [non ? Rappel alors]
    3. Advice for you first time teaching : in a nutshell : “prépare pas trop”.
    4. Des blogs d’hypokhâgneuses : un premier, et un deuxième, et un troisième. Est-ce moins khâgneux qu’un blog d’ancien khâgneux ?
    5. Vous ai-je dis que j’ai publié un manuel ?
    6. Est-ce que « ce genre de licence “fait bien sur le CV” ?… Grave question. Mal posée.
    7. Le Bilan 2008 des qualifications par le CNU (en section 19) : on veut en savoir plus (comme le taux de qualification par directeure de thèse depuis 5 ans par exemple…), mais on en a déjà pas mal.
    8. La Bourgeoise et le furet : transpiration et classes sociales, par Gérard Rimbert. [Du même auteur : La Tricoteuse et le Jeune cadre dynamique et Le Café du pauvre… G.R. est un jeune sociologue dynamique.]
    9. le grand test de la vache (département de sociologie de Genève) (via XZ Pasblog)
    10. Les Kalaï Elpides de Pandore ont repris. A suivre en continu toute l’année.

    L’observatoire de l’hétérosexualité

    L’observatoire de l’hétérosexualité vient d’être fondé par Louis-Georges Tin.
    Il arrive après l’observatoire du communautarisme, l’observatoire de la parité, l’observatoire des inégalités, l’Observatoire de Paris, et l’observatoire des observatoires (mais c’est le seul dont le flux ATOM est dans mon googlereader).
    mise à jour: l’adresse est maintenant http://heterosexualite.blogs.liberation.fr.

    Reçus gratuitement

    Je reçois parfois des livres gratuitement… Cela fait sans doute partie de l’inscription dans le monde de la recherche et de la fréquentation de gens qui écrivent. J’ai notamment reçu, ces derniers mois :

    La revanche du clitoris de Maïa Mazaurette et Damien Mascret. Un livre court, synthétique et sérieux sur cette partie du corps méconnue : j’ai apprécié notamment l’usage qui est fait des enquêtes statistiques (du type ACSF / CSF) dans l’argumentation. Maïa Mazaurette blogue notamment sur sexactu.com.

    Les scripts de la sexualité : de John Gagnon. Un ouvrage important pour l’analyse sociologique des comportements sexuels. Les analyses en terme de “scripts” ont fait florès, principalement en langue anglaise. Ce livre devrait permettre leur importation en France. En tout cas, je sais que cet ouvrage va (me) servir.

    Guide de l’étudiant européen en sciences sociales. Parmi les questions que je pose aux étudiants se trouve celle-ci : “Quand prévoyez-vous de partir à l’étranger : au cours de la deuxième année de licence ou en 3e année ?”. Le but : restreindre l’alternative. Ne pas leur demander “si” elles comptent partir, demander “quand”. Et passer le “guide” aux étudiantes qui voient des inconvénients à partir. (Ça doit être de cette manière que je l’ai perdu !)
    (Voir aussi un compte-rendu)

    Les nuits de la main courante : Les sociologues “objectivent”, c’est le point initial de la recherche… mais ils ne sont pas les seuls. Laé s’intéresse ici aux étapes liminaires de l’objectivation, les premières notes… et il se sert de cette activité de prime-objectivation comme matériel pour une analyse des “écritures au travail”.

    Géographie des prénoms

    Où les lecteurs apprendront comment repérer des ressemblances.

    Je continue mon exploration des données du “Fichier des prénoms” de l’INSEE, et je me plonge dans des outils statistiques que je ne maîtrise plus. Aujourd’hui, il s’agissait de combiner la “cluster analysis” et la cartographie.
    L’analyse de clusters consiste, en gros, à demander à un ordinateur de trouver, tout seul, des groupes de ressemblances dans un tas de données. Prenons un prénom. Au hasard, « Faustine ». Quels sont les prénoms qui, récemment, évoluent comme Faustine ? Apparemment, Maylis, et Oriane connaissent des variations proches celles de Faustine… plus proche, en tout cas, que les prénoms Constance et Fiona, qui connaissent des évolutions proches de celles de Gabrielle ou Florine.
    La chose est intéressante : il existe plusieurs dizaines de milliers de prénoms en usage, et il est impossible de repérer à l’oeil nu des proximités entre prénoms — sauf à se restreindre aux dix ou vingt premiers.
    La chose est intéressante, mais que fait-on une fois qu’on a trouvé ces groupes de ressemblance. Rarement, l’interprétation vient d’elle-même : des prénoms démodés de l’immigration maghrébine apparaissent parfois ensemble… Il faut le plus souvent essayer de construire des typologies…

    *

    Disposant de données départementales, et cherchant à trouver des spécificités régionales, j’ai essayé de combiner analyse de clusters et géographie. Les résultats sont fascinants, mais difficiles à interpréter. On voit bien apparaître des départements, ou des groupes de départements “collés” ensemble, mais qu’en tire-t-on ? C’est là qu’un-e géographe versé en statistiques me serait utile…

    Pour réaliser l’image précédente, j’ai sélectionné les prénoms masculins qui, en 1970, sont donnés dans tous les départements français au moins 3 fois, et j’ai demandé à Monsieur l’Ordinateur (à l’aide du logiciel “R“) de grouper en 4 ensembles les régions. Mon problème est le suivant : la répartition des ensembles n’est visiblement pas aléatoire, mais qu’en tirer ? Sont-ce des homogénéités culturelles basées sur des différences (le “pool” de prénoms donnés au moins 3 fois dans l’ensemble des départements n’est pas très grand)… Ce n’est pas vraiment “les zones les moins intégrées” versus “les zones les plus intégrées”. Bref, ça demande du travail !
    D’autant plus que la même commande, mais pour les prénoms féminins, donne un “truc” différent, mais où les quatre “coins” de l’Hexagone (Nord, Bretagne, Landes-basques, Corse et Alsace) apparaissent avec une espèce de distinction.

    Les deux images précédentes en PDF :
    cluster-region-1970-prenoms-feminins
    cluster-region-1970-prenoms-masculins

    Etat, prénoms

    Dans le Reichsgesetzblatt (I, 1938, p.1044) on lit, en caractères gothiques, que les Juifs qui n’ont pas les prénoms autorisés par le Reichsminister des Innern doivent prendre un prénom additionnel : Israel pour les hommes, Sara pour les femmes.
    Ce décret daté du 17 août 1938 est l’oeuvre de Hans Globke, qui, avant même l’arrivée de Hitler au pouvoir, alors qu’il était haut fonctionnaire prussien, avait donné l’ordre à son administration de s’opposer aux changements d’état-civil des Juifs (Annette Wieviorka, Le Procès Eichman, Bruxelles, Complexe, 1989, p.121-122). L’un des buts du décret : visibiliser les Juifs, par leur prénom, dans tous les actes juridiques qui ne requièrent ni l’interconnaissance, ni la co-présence. Le linguiste Victor Klemperer, visé par le décret, écrit en 1938 dans son journal :

    24 août 1938
    Que l’Allemagne serait belle si l’on pouvait encore se sentir allemand, et se sentir allemand avec fierté. (Je viens de lire, il y a cinq minutes, la loi récemment publiée sur les prénoms juifs. Il faudrait en rire si ce n’était pas à en perdre la raison. Pour la plupart, les nouveaux prénoms ne sont pas tirés de l’Ancien Testament, mais de la tradition yiddish et du ghetto, des noms aux sonorités bizarres. (…) Je suis donc moi-même tenu de signaler aux bureaux d’état civil de Landsberg et de Berlin, ainsi qu’à la mairie de Dölzschen, que je m’appelle Victor Israel, et je dois signer de ce nom toutes mes lettres officielles. Je ne sais pas encore si Eva doit désormais s’appeler Eva-Sara.)
    source : Victor Klemperer, Mes soldats de papier. Journal, 1933-1941 Paris, Seuil, (trad. Ghislain Riccardi), p.406.

    C’est là un cas limite de l’action de l’Etat sur l’identification des personnes puisqu’il consiste à rendre étranger, ou “bizarre”, toute une catégorie de population.
    Demande de renseignement : je n’ai pas réussi à trouver la “liste des prénoms autorisés” pour les Juifs par le Reichsminister des Innern… et je ne sais pas trop où chercher.

    Etat, nation, prénom

    Pour Embruns et Sasa Laloute, apparemment intéressés par le “Top 50” des prénoms… voici les prénoms belges :
    Métro Bruxelles Prénoms
    Il existe, entre unité nationale et unité onomastique, un bel accord, qui disparaît quand l’unité de la nation se désagrège… Statbel, organisme statistique fédéral propose listes wallonnes (Léa, Clara, Manon… Noah, Hugo, Nathan…) et listes flamandes (Emma, Lotte, Lore… Milan, Wout, Robbe…).
    Soit dit en passant, Statbel donne accès gratuitement à des données fort riches (au contraire de notre INSEE nationale, qui fait payer…) mais sans mention du groupe social des parents : on ne peut pas connaître facilement les prénoms appréciés des bourgeois belges.

    Un inédit de Roland Barthes

    Lors de mon séjour en Roumanie, au Bureau du livre des Services culturels, j’ai retrouvé, au fond d’une malle, un inédit de Roland Barthes. J’ai vérifié : il ne figure pas dans ses oeuvres publiées. Même dans Roland Barthes par Roland Barthes (de Roland Barthes). Le texte est court :
    Roland Barthes Roumanie
    Je crois que c’est en rentrant de Roumanie que Roland Barthes (par Roland Barthes) s’essaie un moment à la sociologie : on le trouve associé au Centre d’études sociologiques, mais il quittera vite cette association illégitime.
    Le deuxième extrait, ci-dessous, est une copie (véridique) d’un article de Bucarest Matin (un éphémère quotidien francophone subventionné par l’Ambassade), datant de 1999 ou 2000. L’article donne une idée assez subtile de la place des expatriés français dans ce pays au charme étrange (très étrange). Il ouvre aussi une porte vers ce qu’il est convenu d’appeler la psyché nationale. J’en conseille vivement et la lecture, et la lente relecture :
    supercoiffure