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L’identification animale

Comment les animaux domestiques sont-ils identifiés ? La plupart du temps, ils relèvent d’une identification “en face à face” : Gucci, c’est le chat de ma soeur. Mais, de plus en plus, ils relèvent, comme les humains, d’un régime d’identification “à distance”, qui passe par l’écrit ou toute une série de techniques qui permettent d’identifier un animal sans le connaître ou connaître ses propriétaires.
L’histoire de l’identification des personnes est maintenant bien connue, et je recommande la synthèse de I. About et V. Denis. L’histoire de l’identification animale l’est beaucoup moins, même s’ils sont parfois traités comme des personnes. Voici quelques éléments.
Cette identification est tout d’abord inscrite dans le droit, dans le Code rural, articles D212-63 à D212-71.

L’Article L212-10 précise :

Les chiens et chats, préalablement à leur cession, à titre gratuit ou onéreux, sont identifiés par un procédé agréé par le ministre chargé de l’agriculture mis en œuvre par les personnes qu’il habilite à cet effet. Il en est de même, en dehors de toute cession, pour les chiens nés après le 6 janvier 1999 âgés de plus de quatre mois et pour les chats de plus de sept mois nés après le 1er janvier 2012. L’identification est à la charge du cédant.

et le D212-63 se lit ainsi :

[L’identification consiste en] d’une part, le marquage de l’animal par tatouage ou tout autre procédé agréé par arrêté du ministre chargé de l’agriculture et, d’autre part, l’inscription sur le ou les fichiers prévus à l’article D. 212-66 des indications permettant d’identifier l’animal.

Décrivons plus en détail ce en quoi consiste l’identification.
1- Elle met en relation plusieurs agents, individuels et collectifs. Le ministère de l’agriculture, des “personnes habilitées”, les gestionnaires du “fichier” et le “cédant” ;
2- Elle consiste en un marquage sur ou dans le corps de l’animal, par tatouage ou implant électronique ;
3- Ce marquage au corps est lié à un “fichier national” (Article D212-66 « Les indications permettant d’identifier les animaux et de connaître le nom et l’adresse de leur propriétaire sont portées à un fichier national. »)

À ce niveau de généralité, il est possible d’établir des comparaisons avec l’identification humaine. L’identification étatique repose sur des agents moins divers (les officiers d’état civil), n’utilise pas fréquemment le marquage sur le corps, et la source de l’identification est souvent un fichier local (l’acte de naissance conservé par les communes) plus qu’un fichier national. Des variations existent (le registre des passeports ou des cartes nationales est peut-être géré au niveau national, ou départemental), mais l’un n’est pas le décalque de l’autre.

Ces différences sont peut-être liées aux logiques différentes de l’identification animale relativement à l’identification humaine. Les médecins ne sont pas au centre de l’identification humaine, les vétérinaires le sont pour les animaux. Un “Cours de législation et réglementation sanitaires… [pdf]” le précise fort explicitement : « L’identification, c.-à-d. l’attribution à chaque animal d’un numéro exclusif, s’est imposée comme une nécessité zootechnique et sanitaire. Il s’agit aussi pour certaines espèces (chevaux, chiens, chats) d’une disposition importante en matière de protection animale. »

Et de fait, les vétérinaires sont les agents centraux de l’identification animale. Ce sont eux les “personnes habilitées” à tatouer (ou à poser un implant), et ils le sont “de plein droit”. On peut probablement lire la phrase « l’identification s’est imposée comme une nécessité zootechnique » avec l’interprétation suivante : les vétérinaires ont réussi, collectivement, à étendre leur mandat, en obtenant le partage du monopole de l’identification animale (qui n’est plus donc un monopole), et surtout, le monopole de l’acte de marquage.
On retrouve les vétérinaires dans diverses opérations liées à l’identification : par exemple « En cas de perte de la carte d’identification, le propriétaire, accompagné de son animal, en fait la déclaration auprès d’un vétérinaire, lequel établit un document… » (Art. 6 de l’arrêté du 2 juillet 2001 relatif à l’identification par radiofréquence…). Alors qu’en cas de perte d’une carte d’identité humaine, c’est auprès de la police qu’il faut déclarer la perte, la déclaration de perte d’une carte d’identification animale se fait auprès de la vétérinaire.

Une logique “zoosanitaire” préside donc à l’identification animale, qui met à profit l’existence d’acteurs non étatiques. Il existe un autre acteur, collectif, les “gérants du fichier national”. Pour les animaux domestiques, il s’agit, principalement, des Sociétés généalogiques félines et canines. La Société centrale canine gère la partie du fichier concernant les chiens : il s’agit, si mes renseignements sont bons, d’une “délégation de service public”. Cette fédération d’association d’amélioration des races canines étend ainsi sa surveillance de la santé raciale. Mais alors qu’elle avait la possibilité de ne pas reconnaître certaines races, elle doit, dans le fichier d’identification, accepter la présence de chiens sans race ou bâtards.

Il ne faudrait pas oublier qu’une logique commerciale (le pendant du contrôle des migrations humaines) vient s’ajouter à ces formes d’identification vétérinaires. Tout comme les humains ont leur passeport, les chiens et les chats, s’ils souhaitent circuler en Europe (ou plutôt, si leurs propriétaires souhaitent les faire bouger) doivent détenir un passeport. Le but « éviter que les mouvements commerciaux soient frauduleusement dissimulés comme mouvements non commerciaux d’animaux de compagnie » précise la Note de Service DGAL/SDSPA/N2008-8096 [pdf]. Mais là aussi, le contrôle zoosanitaire est au centre du dispositif : le passeport ressemble à un carnet de santé.

Les différents agents du régime d’identification n’ont pas les mêmes buts, et ces buts peuvent parfois diverger. Mais s’est mis en place une forme d’identification hybride, ni entièrement étatique, ni entièrement privée, disposant d’instruments inspirés des techniques appliquées aux humains (fichier central) ou non encore appliquées (implants électroniques).

Continuons. L’identification, ce n’est pas seulement la “singularisation” ou la “différenciation”, c’est aussi la “reconnaissance”. L’un des buts du tatouage ou de l’insertion d’un implant électronique sous la jugulaire gauche, c’est de pouvoir retourner à son propriétaire le chien qui fugue. Le propriétaire (maintenant nommé “détenteur”) est le dernier agent de la chaîne. Il dispose d’une carte d’identification (reproduite ci dessous) :

Cette carte est ici l’interface matérielle entre l’animal, son implant et son propriétaire. Elle relie concrètement un détenteur (dont l’identité est inscrite sur la carte) à un animal (désigné non seulement par un numéro, mais aussi par un nom et un nom d’usage, Fanny-Ardant dite Choupette). Ce doit être l’un des seuls formulaires étatiques (comprenant une “Marianne”) à indiquer encore un “type racial” (Fanny-Ardant est un bouledogue).

Le vieux qui hante

A quoi vous fait penser cette liste ?
“Marie, Pierre, Jean, Michel, Andre, Francois, Claude, Louis, Paul, Anne, Jeanne, Philippe, Isabelle, Jacques, Rene, Françoise, Bernard, Dominique…”
Peut-être à votre génération, si vous êtes nés avant 1970. Ou, pour certains prénoms, à la génération de vos grands-parents ou parents.
Je peux continuer : “Marcel, Nathalie, Alain, Sylvie, Nicole, Georges, Jacqueline, Christian, Roger”.
La plupart de ces prénoms sont aujourd’hui démodés. Et pourtant on les retrouve assez fréquemment portés par les bacheliers et bachelières de 2011. Ce sont leur seconds prénoms. [les premiers prénoms sont ici]
Un peu moins de la moitié des bacheliers de ma base (N~250000) portent des seconds ou troisièmes prénoms. Et ces prénoms, souvent, semblent arriver tout droit du passé. Les 50 premiers seconds prénoms, selon leur fréquence parmi les bacheliers et bachelières, sont caractéristiques du début du XXe siècle, avec un maximum au début des années 1940 (ils nomment 45% de la population née à ce moment là). Les 50 premiers “premiers” prénoms, eux, sont caractéristiques du début des années 1990 (ce qui est normal : les bachelières de 2011 sont nées vers 1993).

Ceci soutient l’idée selon laquelle les seconds prénoms, en France, sont aujourd’hui utilisés pour manifester un lien avec les générations précédentes. Au risque de donner à son fils le prénom de “Bernard”. Mais ces seconds prénoms mènent une existence fantômatique, ne se manifestant que dans des situations formelles comme le baccalauréat.

Mais tous les parents, et tous les grands-parents n’avaient pas les mêmes premiers prénoms — ces prénoms devenus maintenant des seconds prénoms. Il est ainsi possible de mettre en évidence un lien entre le second prénom et la réussite au baccalauréat (mesuré par la proportion de mentions TB obtenues par les bacheliers et bachelières). Ainsi plus de 10% des bachelières ayant comme second prénoms “Clementine, Laure, Anna, Elisabeth, Suzanne, Claire, Charlotte ou Anne” ont obtenu la mention TB. C’est le cas de moins de 2% des porteurs de seconds prénoms comme “Jose, Daniele, Justine, Amandine, Romain, Fernand, Jessica, Danielle ou Jennifer”.
Cette toute dernière liste me perturbe un peu : on y trouve en effet des prénoms, comme Jessica ou Jennifer (et, très proches, à moins de 3% de mention TB, des prénoms comme Kevin, Sandra, Elodie, Cindy, Karine…) qui ne sont pas des prénoms de générations éloignées, pas des prénoms de grands-parents, mais des prénoms que pourraient porter des personnes de la même génération.

Cela indique, peut-être, que les seconds prénoms sont ici ceux qui n’ont pas recueilli le consensus des parents pour être mis en première position. On les aimait, mais pas assez. Essayons de voir si les données corroborent cette idée. Qui sont, par exemple, les enfants dont le second prénom est “Kevin” ? On trouve un peu de tout, des Thomas Kévin, des Florian Kevin, une série de Jordan Kévin, des Alexis K et des Anthony K. Mais aucun Louis Kévin, aucun Paul Kévin, aucun Grégoire Kévin, aucun Etienne Kevin… pour prendre les premiers prénoms masculins ayant plus de 10% de mentions TB au bac 2011.

Le second prénom semble ainsi renforcer certains des effets que le premier prénom rendait visible. Il faudrait continuer l’étude. Les Thomas, Pauline, Camille et Marie qui obtenaient une proportion moyenne de mention TB… sont-ils différents si leurs seconds prénoms sont Kevin ou Jeremy ou Jessica (par comparaison avec des seconds prénoms qui seraient Emma, Louise ou Louis) ?
Je parie que “Thomas Prénom à mention” a plus de mentions TB que “Thomas Prénom sans mention”.

Mise à jour : c’est en effet le cas :

Camille suivi d’un prénom “à mention” (comme “Louise”) : 10,3% de mention TB
Camille suivi d’un prénom “faible mention” (comme “Melissa”): 3,3% de mention TB
Marine + prénom à mention : 5,8% de mentions TB
Marine + prénoms à faible mention : 2,9%

Toilettes universitaires

Voici une photo prise une semaine après une demande explicite de nettoyage faite, comme il se doit, “par intranet”.

Donc, puisque “intranet” ne donne, dans une certaine université parisienne, aucune satisfaction, peut-être que “internet” aura plus de succès : après tout, il y va de la réputation de l’université. Il s’agit des toilettes du rez de chaussée du bâtiment B2, qui sont dans cet état depuis plus d’une dizaine de jours maintenant.
Et puisque j’y suis, et que là aussi des signalements ont été faits “par intranet”, sans succès. La porte de la salle B134 est sortie de ses gonds depuis janvier dernier. Plus de six mois n’ont pas suffit pour que les services chargés de l’entretien, de la serrurerie ou de la logistique arrivent à la réparer. (Ma dernière vérification date de mardi).

[Mise à jour : On m’annonce en commentaire que l’intervention-toilette a été réalisée hier. J’irai faire une photo rapidement. Rien, en revanche, concernant la réparation de la porte de la B134.]

Vous êtes ici. Là !

C’est peut-être le besoin de se rassurer, de s’assurer qu’on n’est pas seulement ici, mais bel et bien , qui fait se rencontrer le bout d’un doigt et la carte des stations.

Quand j’étais petit, et que Paris était une ville étrangère, ces zones arrachées m’indiquaient où j’étais : il suffisait de les repérer pour pouvoir ensuite s’orienter. Les traces d’usage collectif remplaçaient fort bien le “Vous êtes ici” accolé à certaines cartes. Crowdsourcing avant l’heure, objectivation d’une combinaison du volume de fréquentation de chaque station et de son caractère touristique. Aujourd’hui, dans la plupart des stations, les cartes sont protégées par un film plastique, qui empêche d’user trop vite la zone de la station.

En 1994, une artiste italienne, Paola di Bello, avait photographié, dans les 350 stations du métro, ces zones. Pour ensuite en reconstituer une grande carte du métro, sur lesquelles les stations étaient soumises à la disparition paradoxale. On trouve quelques explications de sa démarche sur le site de Paola di Bello.
Note : Ce billet est un effet secondaire de la lecture de Petite sociologie de la signalétique : Les coulisses des panneaux du métro.

Identification et exposition

Les graffitis sont partiellement en voie de patrimonialisation. On pourrait transformer une série d’anecdotes en corpus : 1- Des livres racontent les grandes heures des graffiteurs d’y il a trente ans. 2- Certains revendiquent pour leurs oeuvres l’étiquette de street art, et si c’est de l’art, c’est pour les musées. 3- De rares personnes accèdent au statut de “grand”, d’autres restent encore anonymes.
Mais parfois les dessins faits sur les murs peuvent dorénavant être attachés à des noms : les taggueurs avaient une signature, ils ont maintenant un corps, susceptible d’identification.
Or les instances d’identification, dans le monde contemporain, sont en concurrence, parfois. Les unes parient sur l’unicité, support de la grandeur géniale :

To the Los Angeles Museum of Contemporary Art, Revok is a renowned artist whose bright, sprawling work is worthy of display in its latest exhibit.

Les autres parient sur l’identité, qui permet de rattacher un corps à une trace :

To the Los Angeles County Sheriff’s Department, Revok is Jason Williams, also known as inmate No. 2714221.

Un article récent du Wall Street Journal s’amuse à poursuivre la concurrence entre musées et polices. Les premiers, en arrachant les tags de l’anonymat, participent à l’identification d’artistes… qui sont encore, dans l’état actuel des choses, soumis aux formes disciplinaires propres à la police.

“This is really the first time in the history of law enforcement that we’re making significant gains on identifying who the [graffiti] taggers are, and building a case against them,” says Lt. Vince Carter, who heads the sheriff’s graffiti unit. “We’re in this war against graffiti and we’re doing everything to stop it.”
In years past, authorities usually didn’t go out of their way to prosecute the artists, most of whom use pseudonyms to protect their identities.
Now, law-enforcement officials in major cities around the country are sharing information, creating catalogs of graffiti work by artist.

La joie policière : réussir à identifier les taggueurs. La joie muséale : réussir une belle exposition de taggueurs (mais juste des “meilleurs”, ceux dont le nom est remarquable). Il semble donc bien que le chemin vers l’état de “grand” passe désormais par la case prison (au sens du monopoly aussi, avec des amendes forfaitaires). Oh ! ironie que cette validation institutionnelle du charisme…
P.S. : si vous pouviez m’aider à identifier les artistes du coin, je vous serais reconnaissant.

Bienvenue aux auditeurs de La Tête au carré

Si vous arrivez ici après m’avoir entendu sur France Inter :

  1. Vous trouverez des informations sur Sociologie des prénoms ici
  2. Mes autres centres d’intérêt, actuellement, sont liés aux changements de prénom ou encore aux églises évangéliques et pentecôtistes “africaines” en région parisienne

Vous pouvez, si vous souhaitez commenter ce que j’ai dit, utiliser le formulaire de commentaire (pour un commentaire public) ou me contacter directement (pour un commentaire non public).

Quelques liens

On trouve de tout sur internet :

  1. Des conseils : Antidoctorat : ne faites pas de thèse.
  2. Des tutoriels : Extraire, avec R, les données d’une page web, ou encore Aligner des étiquettes sur un graphe circulaire, avec R.
  3. Des archives : Labo-contestation en texte intégral. J’avais parlé de cette revue éphémère il y a quelques années
  4. Des spermatozoïdes géants, dans le Collimateur ici ou ou encore . Et puisqu’on est dans le thème : Du cunnilingus chez Maïa Mazaurette, et de l’endurance/latex chez le Padawan, et une autre pratique sexuelle chez Matoo.
  5. Des nécros scientifiques : Harold Garfinkel est mort
  6. Des analyses : Bernard Boutter au sujet des enfants accusés de sorcellerie.
  7. De la nostalgie d’ancien subversifs : Je savais bien que graffiter ou taguer était un truc de vieux. Souvenirs-souvenirs chez Jean-No/Hyperbate
  8. Des dessins de doctorantes : où la thésarde cherche à communiquer avec son directeur. C’est d’autant plus drôle quand on sait qui est le directeur en question.

Eurovision 2011

Qui a voté pour qui hier soir, lors du dernier concours de l’Eurovision ?
En prenant les votes comme des déclarations d’amitié, on peut dire que deux pays sont reliés si l’un d’eux a voté pour l’autre. Et l’on peut dire que des “communautés de pays” existent quand il y a plus de liens entre certains pays qu’entre d’autres.
Le traitement, avec R, et l’algorithme “walktrap.community” du paquet “igraph” donne ceci :

Rien de bien nouveau : toujours le groupe balkanique (Serbie / Bosnie / Croatie / Macédoine…), mais il n’a pas attiré d’autres pays ; un groupe “nordique” (de l’Islande aux Pays-Bas), et, par différence avec ce groupe, deux autres. L’un plus “Europe nordique”, avec l’Islande, la Norvège… l’autre plus “Europe orientale”, autour du gagnant, l’Azerbaïdjan.

The Incredibly Shrinking…

Les bibliomètres ont montré que les bibliographies des articles avaient tendance à augmenter au cours des années. Est-ce que cela se vérifie au niveau individuel ?
Je n’ai pas la patience de prendre les travaux de 100 de mes collègues et de compter le nombre d’articles et d’ouvrages dans leurs bibliographies.
Mais j’avais la patience de le faire pour un collègue, J*-C* Kaufmann, qui publie, bon an, mal an, un livre ou presque. J’avais l’impression que, le concernant, les bibliographies avaient tendance à ne pas se rallonger, voire à rétrécir.
J’ai donc compté. Et voici ce que cela donne.
En 2001 et 2005, Ego et L’invention de soi comptaient plus de 300 références. Depuis, la tendance est à la diminution : Sex@mour et le sac n’en comptent que 76 et 52 respectivement.
Un calcul rapide nous permet de prévoir que le Kaufmann de 2013 comptera probablement 0 (zéro) référence bibliographique : c’est là que la droite de régression croise l’axe des abscisses.

Mais en fait, ma droite de régression est inexacte. Car Kaufmann a déjà écrit le livre sans bibliographie (à savoir La vie ordinaire, publié en 1989). Et son La vie HLM, en 1983, ne comptait que 10 références bibliographiques (du Chamboredon, du Chombart de Lauwe). L’inflation eu lieu dans les années 1990 : 113 références pour la Trame conjugale (1992, 5 étoiles au classement du Coulmont), 191 pour La femme seule et le prince charmant (1999), 320 pour Ego. La tendance actuelle à la réduction des références ne pourrait bien être qu’un retour aux dispositions initiales.
Voici donc ce qu’une courbe polynomiale de régression (d’ordre 2) donne :

Une hypothèse, des données, des résultats. La science avance !

Quand je me moque, gentiment, de Luc Boltanski, ça amuse les lecteurs. Quand c’est de Lahire, ça énerve certains, qui cherchent à le défendre, comme s’il en avait besoin. J’espère que personne n’y verra, ici, trop de malice.

Chiffres de vente (1)

Il est difficile de recevoir des éditeurs les chiffres de vente de ses ouvrages. Il faut demander.
Et ce ne sont pas des informations très répandues. Sait-on combien d’ouvrage vend le professeur X ou Y.
En attendant les chiffres de vente de Sex-shops que j’ai demandés à Dilecta (entre 2007 et 2009, il s’en était vendu moins de 400), voici ceux du manuel que j’ai écrit avec Céline Béraud.

Annee  ventes cumul
2008    836    836
2009    652    1436
2010    270    1758

Les manuels sont donc plus “vendeurs”… mais ce sont des ouvrages moins légitimes : « c’est un auteur de manuel » dit-on de certains collègues. En plus comme Céline et moi avions touché une avance, nous sommes encore considérés comme débiteurs, malgré ce (hmm hmm) succès commercial !
Je n’ai aucune idée, de plus, des ventes des ouvrages collectifs auxquels j’ai participé, sauf le Dictionnaire des faits religieux.

Combien vendent les collègues ? Si vous avez des chiffres, indiquez-les en commentaire (ou, si vous avez un blog, indiquez-le sur votre blog). L’anthropopotame écrit par exemple sur twitter :

Il s’est vendu 64 exemplaires de mon précédent ouvrage, il faut battre ce record, quel challenge!
source

et il espère vendre quelques exemplaires de plus de son nouveau livre. J’espère aussi dépasser avec Sociologie des prénoms mon score précédent. D’ailleurs, soit-dit en passant, l’ouvrage est déjà en précommande sur amazon.fr (“Sociologie des prénoms”)
Pierre (par exemple) combien de Sociologie des réseaux sociaux (1ere édition) as-tu vendu ?